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Accueil du site > Tribune Libre > « Geronimo », inconscience ou lapsus mais en tous cas erreur

« Geronimo », inconscience ou lapsus mais en tous cas erreur

Entre Français, sans trop bien connaître l'histoire de cet Indien, nous semblons être une majorité à considérer qu'il avait de bonnes raisons de se révolter et probablement de tuer les Américains qui lui tiraient dessus.

( Pour en finir avec Geronimo entouré de 18 guerriers et 53 femmes et enfants, l'armée américaine lui a mis sur le dos 5000 hommes, 500 éclaireurs Apaches et des milliers de miliciens. Malgré ça, le rebelle a encore résisté pendant cinq mois) 

Mais les Américains, qu'ils connaissent mieux que nous leur Histoire ou pas, ont probablement un avis inverse au nôtre. Sans rien en savoir vraiment, posons qu'il y ait 30% des Américains trouvant la résistance des Indiens légitime et 70% ayant un avis contraire. Là-bas, et sur ce sujet, il y aurait donc deux bien-pensance (qu'une pensée soit largement soutenue ou pas, du moment qu'elle est repérée et repérable c'est une bien-pensance. Il peut donc y en avoir plusieurs sur un sujet donné)

Aux EU, chacun ayant conscience qu'il existe deux courants de pensée concernant la légitimité de la lutte des Indiens, chacun émettra son opinion en tenant compte de l'analyse qu'il fait de son auditoire et de l'effet qu'il cherche à produire sur lui. Par exemple, quelqu'un voudrait faire une tranquille promenade à cheval dans les réserves indiennes, il dira, quand il passera une soirée avec des Indiens, que leur lutte avait été légitime. Il parlera dans le sens de la bien-pensance probable de ce groupe d'Indiens et passera une bonne nuit. Et s'il fait ensuite un passage dans un ranch de Blanc, ce promeneur va s'exprimer en versant dans le sens de la bien-pensance qu'il estime être celle des cow-boys. Il dira donc que la lutte des Indiens était vaine voire stupide et dormira tranquille.

Dans la pratique, vous le savez comme moi, le promeneur qui cherche à éviter les noises ira mollo sur les positionnements trop polémiques. En attendant de savoir quelle est exactement la position de ses hébergeurs, il parlera de la pluie et des nuages. Il cherchera à saisir le sens du vent, de la bien-pensance de l'endroit, avant de se prononcer.

Lorsque les temps sont calmes, un promeneur qui se montre trop prudent, qui ne dévoile pas sa position, est toléré. Mais lorsque les temps sont à la guerre, le promeneur trop neutre sera tout de suite suspecté et attaqué. 

 

Lorsque quelqu'un du staff de la Maison Blanche a proposé d'appeler Ben Laden Geronimo, il ne se sera trouvé personne dans ce saint des saints pour protester puisque ce nom de code a été retenu. Ca indique que dans ce groupe, la bien-pensance affichée est largement cow-boyiste et que personne n'a osé ramer à contre courant en ces moments guerriers. Pour eux, il n'y a pas de lézard, Geronimo et ses guerriers étaient des salauds à tuer.

Le groupe de la Maison Blanche est donc dans la même mouvance ou bien-pensance que celle du grand-père de G W Bush qui avait trouvé normal d'extraire le crâne et quelques accessoires de la tombe de Geronimo et d'exhiber ces trophées dans une vitrine de son université de Yale.

Jusque là, au sein de ce cercle, pas de problème, pas d'état d'âme.

Mais autour de ces dirigeants, il y a 300 millions d'Américains. Même parmi les Américains Blancs, je serais étonné qu'ils soient tous à considérer que Geronimo était une déjection. Il y a probablement 20% des Blancs américains qui estiment que Geronimo avait eu raison de mener son combat. Et puis il y a les Noirs, les Latinos qui sont probablement neutres voire compréhensifs sur cette question de la légitimité de Geronimo.

Et il y a les Indiens eux-mêmes. Ils sont 3 millions.

Que certains Indiens aillent à considérer que les luttes jusqu'au-boutistes contre les Blancs étaient ridicules voire contre productives, c'est possible. Mais ces plus réservés des Indiens ne peuvent tout de même pas accepter que la lutte de Geronimo soit comparée à celle de Ben Laden. Enfin, il a certainement 2 millions d'Indiens considérant que le combat de Geronimo était tout à fait légitime et glorieux. Quelques uns n'ont d'ailleurs pas manqué de protester contre cet appariement non autorisé par eux.

S'il y a aux EU, une bien-pensance portée par 70% qui va à dire que l'appariement Ben Laden-Geronimo ne pose aucun problème, il y a 30% des Américains qui doivent être en train de ruminer dessus et quand ils auront formalisé une pensée protestataire, ils formeront une bien-pensance minoritaire mais remarquée. 

Si les apparieurs cow-boyistes persistent et ne s'excusent pas, la rumination des 30% devra nécessairement déboucher sur deux options : 

 Soit reléguer Geronimo au rang de terroriste lâche.

 Soit élever Ben Laden au rang de combattant légitime et courageux. Ce qui est plutôt plus facile à faire après sa mort que de son vivant (Che Guevara, qui a lui aussi exécuté froidement des gens désarmés, a commencé à devenir un mythe après sa mort). Et comme lors des 10 années passées on a pensé à tout sauf à étudier l'idéologie de Ben Laden, ses motivations, ses motifs de protestation, ces 30% vont les examiner de plus près et y verront forcément des choses pertinentes.

 

Dans le reste du Monde, seuls les plus américanistes ne voient aucune difficulté à cet appariement. Les autres, très nombreux, ruminent le morceau en attendant de trouver une rhétorique à déployer.

Dans cette rumination, il sera tenu compte des attentats du 11 sept. mais comme les complotistes imposent de plus en plus leur bien-pensance (qui représente peut-être déjà 60% du bruit) le sens de la lutte de Ben Laden peut facilement ressortir pertinent surtout si l'attitude US perdure et si de nouveaux arguments viennent conforter la thèse complotiste (Au fond, il ne peut qu'y en avoir de plus en plus)

Ce qui compte c'est le rapport de force entre plusieurs bien-pensance car c'est la plus puissante qui fait la vérité.

Les ruminations des uns et des autres aboutiront forcément à ce qu'on pose à la Maison Blanche les questions suivantes :

Etes-vous les dépositaires légitimes de la mémoire de Geronimo et de son nom ?

Le combat de Geronimo était-il légitime ?

Etait-il digne de respect et d'admiration ?

Est-il normal d'avoir profané sa tombe ?

Qu'elles soient en oui ou en non, ses réponses mettront le feu

 

Appendice 1

Le point Godwin provient du fait que Hitler est le seul personnage de l'Histoire faisant toutes les unanimités officielles contre lui en même temps qu'il est l'initiateur de l'ère du chiffrisme (victimes par millions, victimes industrielles, victimes de production, victimes en masse pour être victimes anonymes, victimes réduites à une odeur, une fumée, où le chiffre vaut plus que la personne). Comparer quelqu'un à Hitler, c'est chercher à le condamner également à cet isolement absolu.

A contrario, accoler le nom d'un terroriste à n'importe qui d'autre que Hitler, c'est lui donner une chance d'avoir de la compagnie.

Avoir accolé Ben Laden à Geronimo était soit une inconscience totale soit un lapsus révélant que pour White House, Ben Laden était d'une sous-espèce à traiter comme celle des Indiens et vouée à l'extinction.

Les Indiens se sentent rabaissés par leur comparaison avec Ben Laden et les Arabes se sentent rabaissés par leur comparaison avec les Indiens. Ces deux parties se plaignant de la même chose, elles peuvent trouver intéressant de rejoindre leurs efforts.

 

Appendice 2

Après le démarrage de l'affaire Geronimo, qui remonte à quasiment un an déjà, les stratèges de White House ont eu une autre opération à conduire, concernant la Libye et qu'ils sont codée Aube de l'Odyssée.

Or dans l'Odyssée, en tous cas à la fin de l'Iliade, se situe une des scènes les plus dramatiques et dures : celle ou Achille, fou de rage, traîne le corps d'Hector sous les remparts de Troie à la vue des Troyens épouvantés et de sa famille effondrée. Sa colère apaisée, Achille avait tout de même fini par rendre ce corps.

Lors de la bataille de Mogadiscio en 1993, (Cf. La chute du faucon noir) comme ça s'était mal passé et que des soldats US étaient tombés entre les mains du chef de guerre qu'ils avaient cherché à éliminer, l'Amérique eut à se cogner les images de leur soldat traîné derrière une voiture.

La chute d'un hélicoptère, la possibilité de tomber dans un nid de guêpes et de laisser des hommes entre les mains de l'ennemi sont des mauvaises tournures qui n'ont alors plus jamais cessé de hanter les stratèges US (Que le Viet Nam avait déjà bien échaudés)

Du coup, les Américains ont une vision des choses qui tourne constamment autour de ces horreurs à éviter aux leurs mais à infliger aux autres. Les mauvais traitements qu’ils font constamment subir à leurs prisonniers, cette manie de soustraire les cadavres à leurs familles ou de confisquer des ossements, de contrevenir aux transcendances de leurs prisonniers, de les utiliser même pour les violer jusque dans l'âme, c'est leur névrose guerrière. On ne peut pas voler les cadavres et torturer les gens en utilisant leurs croyances tout en étant honnête homme.

 

Appendice 3

A l'époque, Geronimo avait certes failli être exécuté mais les Chefs Blancs avaient hésité et finalement renoncé pour se contenter d'humilier le chef Indien en vie, en le transformant même en paria parmi les siens. 

Même si un siècle plus tard les stratèges de la Maison Blanche ne sont pas forcément très au fait de l'histoire de cet Indien, ils devaient savoir vaguement qu'il n'avait pas été exécuté. Je me dis donc que la Maison Blanche avait dû concevoir de prendre Geronimo-bis vivant. Il a dû se passer quelque chose d'imprévu dans les derniers moments (peut-être la perte d'un hélico ou le dépassement du timing) qui auront conduit à la décision de le flinguer.

D'autre part, l'idée d'entrer dans cette maison (qui aurait pu être piégée et envoyer tout le monde au tapis en un éclair) qui aurait également pu comporter un tunnel de fuite, plutôt que d'y envoyer un missile après quelques petits coups de feu histoire d'être certain que la maison était bien un fort Chabrol abritant une teigne, est très valable puisqu'elle seule pouvait permettre de mettre la main sur des documents.

La saisie de ces documents est très importante en ce qu'elle permet de connaître des vérités sur l'ennemi et aussi d'en inventer. Une fois la bête tuée, la Maison Blanche peut faire dire tout ce qu'elle veut aux ordis saisis et affirmer que Ben Laden préparait des dizaines d'attentats un peu partout pour le faire apparaître vraiment mauvais. Nos histoires étant désormais numérisées, n'importe qui peut, après notre mort, saisir nos DD et USB pour modifier nos documents, nos journaux intimes et tout réécrire.

 

Appendice 4

A poser que Geronimo ait par exemple fait sauter des trains, il aurait alors donné l'impression d'avoir combattu contre les colonisateurs Blancs sur son propre territoire. Disons qu'il aura terrorisé sur son propre territoire. Spartacus pareil.

En comparaison, Ben Laden aura nettement donné l'impression de terroriser hors place.

Il existe, dans nos esprits, une tendance allant à reconnaître une légitimité d'antériorité territoriale. Selon cet esprit (qui forme une bien-pensance soutenue peut-être par 80% des Français) nous trouverions légitime la révolte des colonisés contre les colonisateurs. Mais parce que nous restons tout de même dans le camp colonisateur, nous n'apprécions pas du tout que la révolte d'un colonisé se traduise par des attentats commis chez le colonisateur, hors place pour les révoltés donc.

Pourtant, à l'aune de la mondialisation des moyens et effets internationaux des impérialismes en tous genres, nous devrons progressivement trouver logique qu'un opprimé sévisse hors place. Nous avons certes été choqués par le WTC perpétré hors place comme nous avons été choqués par les attentats commis à Paris ou dans des avions volant hors place. Mais nous trouvons déjà logique que des attaques cyber se produisent hors place et frappent en plein cœur des sites producteurs d'impérialisme.

Plus les impérialismes militaires, politiques, énergétiques, économiques, financiers, informatiques, biologiques, nucléaires, agissent de manière tentaculaire et hors place, plus les réactions de révolte deviennent tentaculaires et hors place.

Si, 100 ans plus tard, nous trouvons logique qu'un Geronimo ait fait sauter des choses en Amérique, nous finirons par trouver logique qu'un oppressé de l'Américanisme habitant à l'autre bout du Monde, fasse sauter des tours dans New York.

 

Appendice 5

Concernant les Pakistanais, le fait que Ben Laden ait été surnommé Geronimo leur donnera probablement l'impression, après rumination, que les Américains considèrent ce territoire sur lequel le rebelle résidait depuis des années comme une sorte de réserve indienne destinée à passer sous leur contrôle total.

 

Appendice 6

Pour beaucoup d'anti-américains, le port de la barbe, du turban, est difficile s'ils ne sont pas musulmans. Par contre, le port d'un bandeau est beaucoup plus facile.

 

Appendice 7

Pendant la Guerre du Pacifique, les stratèges US avaient eu l'idée d'appeler 400 Navajos à l'aide pour coder et transmettre les messages militaires parce que leur sémantique est extraordinaire et confondait les Japonais. Ces 400 codeurs devaient forcément se trouver sur les lignes les plus avancées pour transmettre des indications intéressantes. Ils ont donc été très braves. Or les Navajos sont aussi des Apaches

 

Appendice 8

The last but not least. Ceux qui ont le plus participé à la construction de ces tours en poutrelles d'acier qui ont fait l'orgueil de l'Amérique, ce sont les Indiens.


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49 réactions à cet article    


  • velosolex velosolex 9 mai 2011 10:39

    Sur France inter, lors de la matinale, hier, un journaliste a évoqué cette affaire en émettant benoitement l’hypothèse que le nom de Géronimo n’était peut-être après tout qu’un hommage rendu au grand chef indien et à sa force.
    AH AH AH, vous n’aviez pas pensé à ça !...
    Et bien moi non plus.
    Pas plus que les amérindiens, qui protestent.
    J’en suis resté comme deux ronds de flanc.

    Cette radio m’étonne de plus en plus !

    Mais les serviteurs sont prêts à prendre mordicus la défense de leur bon maître.
    Je vous laisse apprécier ce qu’ils auraient pu dire à différentes époques de l’histoire : Sous le gouvernement de Vichy, à l’époque de la guerre d’Algérie.
    L’histoire est écrite par les vainqueurs, on le sait bien. Les fondements de la construction américaine repose sur une escroquerie, une appropriation illégitime. La représentation des indiens en sauvages hirsutes et assoiffés de sang légitime la colonisation, comme nous l’avons d’ailleurs fait en Afrique, et les Romains en Gaule. 

    Surgit immanquablement une figure charismatique, un révolté, un terroriste diront les autres. Vercingétorix, Géronimo, Gandhi, Mandella, Lumumba, Zapata, ( et tant d’autres que j’oublie) Bien que très différents, la plupart de ces hommes ont renoncé à une position bourgeoise facile que leur donnait leur rang, pour des idéaux que beaucoup jugeaient fumeux.
    Leur révolte et les outils qu’ils utiliseront seront en rapport avec leur personnalité, leur culture, l’époque, l’oppresseur, mais tous parviennent à fédérer un sentiment de colère et un refus de continuer à courber l’échine.
    On parle de patrimoine de l’humanité.
    Ces noms ont leur place au panthéon.
    On a pas le droit de les jeter en pâture aux chiens.
    C’est faire offense aux millions de gens qui continuent à se battre pour les droits les plus élémentaires.

    A moins que ce soit l’effet voulu.
    Une volonté d’amalgamer les luttes les plus foireuses aux plus nobles.
    Il est des gens pour qui c’est strictement la même chose.
    Des emmerdeurs, quoi.

    Donc, pas du tout une erreur de casting !


    • easy easy 9 mai 2011 12:25

      «  »« Sur France inter, lors de la matinale, hier, un journaliste a évoqué cette affaire en émettant benoitement l’hypothèse que le nom de Géronimo n’était peut-être après tout qu’un hommage rendu au grand chef indien et à sa force. »«  »

      Je ne peux préjuger des intentions de ce journaliste et encore moins de ses éventuelles allégeances. 

      Peu importe donc ce qui aura poussé cet animateur à dire ça, le résultat est que Ben Laden se retrouve bel et bien associé à un combattant courageux, ce qui ne peut, en principe, qu’aller à l’encontre de la stratégie de White House.


    • velosolex velosolex 9 mai 2011 15:52

      Il me semble que vous dites exactement là le contraire que dans votre article.


    • easy easy 9 mai 2011 17:50

      Dans mon article, j’ai essayé de dire que si l’objectif de WH était de ruiner l’image de BL, associer son nom à Geronimo que la plupart des Terriens considèrent comme courageux et légitime dans sa lutte, est une erreur d’inconscience ou un lapsus qui révèle qu’au fond d’eux mêmes, ces stratèges ont soit considéré BL comme un brave, soit considéré Geronimo comme une ordure.

      Et j’ai dit que comme ils ont fait d’eux-mêmes cette association, sans l’aide de personne, on pourrait leur poser des questions sur Geronimo, ce qu’ils en pensent, et là tout va exploser car inconscience ou lapsus 1 ou lapsus 2, dans les trois cas c’est du feu.

      Vous aviez compris l’inverse ?




    • aetius320 9 mai 2011 10:41

      Bonjour,


      C’est juste pour vaut dire que vous parlez de Ben Laden par ci, Ben par là, comme si vous aviez la preuve qu’il était bel et bien mort dans cette maison.
      On en a toujours pas la preuve.

      Il est toujours dangereux de bâtir une argumentation sur un postulat pouvant se révéler faux. Demandez donc aux économistes libéraux ce qu’ils en pensent.

      • easy easy 9 mai 2011 12:36


        Vous êtes sûr qu’il n’y a pas de choses plus dangereuses que d’ouvrir une discussion fondée sur la mort de Ben Laden le 2 Mai 2011 ?

        De toutes manières, mon sujet est l’appariement Ben Laden-Geronimo qui a été fait par le staff de la Maison Blanche. 
        Quand bien même BL serait en vie ou mort depuis 10 ans, qu’il soit mort dans cette maison ou dans la maison voisine, cet appariement reste, à mes yeux, une mauvaise appréciation des incidences ou un lapsus révélateur.


      • aetius320 9 mai 2011 10:42
        Correction
        vous dire

        • paul 9 mai 2011 10:57

          Le nom Géronimo donné à cette opération de pure vengeance, aboutit à l’inverse de ce qu’il voulait signifier pour B.L. : il l’identifie à la résistance courageuse d’un chef indien contre des
          envahisseurs génocidaires .
           l’Empire est encore très loin d’un devoir de mémoire, qui nous accable parfois .

           Noam Chomsky : ma réaction à la mort d’Oussama Ben Laden - Des bassines et du zèle. 


          • slipenL’air 9 mai 2011 12:59

            Paul
            merci pour le lien,je cite une réflexion de chomsky
            C’est comme pour le nom « Opération Geronimo ». La mentalité de l’empire est tellement ancrée dans l’esprit de toute la société occidentale que personne ne réalise qu’ils encensent Ben Laden en l’identifiant à la résistance courageuse contre les envahisseurs génocidaires. C’est comme si on donnait à nos armes meurtrières le nom de victimes de nos crimes : Apache, Tomahawk … C’est comme si la Luftwaffe appelait ses avions de combats « juif » ou « tzigane ».
            Il y a encore beaucoup à dire sur tout ça, mais même les faits les plus évidents, les plus élémentaires doivent nous donner matière à réfléchir.


          • easy easy 9 mai 2011 13:18

            Ahh Slip en l’air,

            Je vois, grâce à vous que j’ai oublié les histoires d’hélicoptères Apache, Iroquois, de missile Tomahawk
            Que d’indiennité dans ces désignations !


          • velosolex velosolex 9 mai 2011 16:14

            Effectivement, les américains ont recyclés la culture indienne à leur profit. Leur diabolisation des indiens avait ses limites. Ce mode de vie proche de la nature, cet idéal guerrier fait de fierté, l’appartenance au clan, le nomadisme, le refus d’intégration et de perte de ses valeurs, ont fait que l’évocation de toutes ces tribus, comanches, indiens, sioux, apaches, cheyennes sont autant de portes ouvertes au rêve, et s’emparent de notre imaginaire bien plus sûrement que les mots de l’économie....
            Les mots de leur culture sont imprégnés de la même force.
            Tomahawk....Cet hache de guerre est sans doute bien moins puissante que la winchester, pourtant, son évocation à un signifiant de force 10, s’il y avait une échelle de graduation faite à cet effet.
            Le mot véhicule non seulement l’idée de l’objet, mais la force du lanceur, sa précision, son assise. Une énergie quasi religieuse.
            Pas étonnant que les tristes vainqueurs veulent s’en emparer. Pourtant on ne peut se féliciter de cette appropriation, qui tient du vol.
            Limité, il faut l’admettre. On peut voler un tomahawk.
             Mais pas l’esprit du guerrier.


          • easy easy 9 mai 2011 17:52

            «  »«  »« On peut voler un tomahawk.
             Mais pas l’esprit du guerrier. »«  »«  »"

            Clap clap clap !


          • gaijin gaijin 9 mai 2011 11:31

            ce sont inévitablement les vainqueurs qui écrivent l’histoire
            et l’histoire n’est écrite que pour pouvoir mieux diriger les peuples
            des terroristes dirigés par un traitre sont devenus les symboles d’une france libre et victorieuse
            aprés deux guerres perdues ( une contre les allemands et une contre les angloaméricains en tant qu’alliés des allemands )
            des français dont un grand nombre avaient dit plutôt hitler que le front populaire se sont reveillés aprés des années de collaboration active ou passive résistants de l’après guerre dans une françe victorieuse grâce a quelques communistes et aux réalisme diplomatique des américains qui avaient tout intérêt a ce que ce peuple majoritairement de droite et d’ extrème droite puisse servir de frein a ces mêmes communistes en europe
            étrange histoire qu’il est toujours possible de réécrire de plusieurs manières différente
            de géronimo a ben laden en passant par jean moulin et che gueverra ......
            ou et comment trouver une objectivité ?
            ça ça serait une bonne question


            • easy easy 9 mai 2011 13:43

              «  »ou et comment trouver une objectivité ? «  »

              P’tet en ne croyant pas, en ne recherchant pas la vérité en ce qu’elle est passée ou future.
              P’tet vaut-il mieux se concentrer sur la vérité du ici et maintenant.


            • gaijin gaijin 9 mai 2011 14:41

              ça me va plutôt pas mal comme programme le ici et maintenant
              malgré tout notre maintenant est en partie déterminé par le passé et connaître et comprendre l’histoire permet d’essayer de ne pas répeter toujours les mêmes erreurs ( peut être )


            • tinga 9 mai 2011 11:56

              Géronimo est un clin d’ œil au génocide des indiens, les skull and bones prétendent avoir son crane, les américains adorent les guerres de lâches canons et mitrailleuses contre arcs, missiles et drones contre kalachnikov.Si tant est qu’elle est eu lieu, l’exécution d’un vieillard sans défense par un paquet de brutes est bien dans la noble tradition américaine, Géronimo fut le dernier résistant, c’est bien aux états unis que furent inventés les camps de concentration pour humains entourés de fils barbelés, aussi il ne s’agit ni d’inconscience ni de lapsus, il s’agit de montrer une fois de plus le sort réservé à ceux qui résistent à l’empire, ils auront à faire face à la justice divine. 

              • Sandrine Lagorce Sandrine Lagorce 9 mai 2011 12:28

                L’occupant nazi en France considérait comme terroristes ceux que nous considérons comme résistants, comme Tsahal au Sud-Liban considère comme terroriste le Hezbollah qui se considère lui-même comme résistant légitime.
                Le gouvernement américain (républicain ou démocrate) restera toujours cette famille de cow-boys bardée de fusils dans sa roulotte qui s’enfonce vers l’Ouest pour s’y implanter. On retrouve la même chose aujourd’hui, sauf que ça se passe à l’Est. C’est culturel : les gentils et les méchants, les cow-boys et les Indiens, la suprêmatie blanche et les bougnoules. Le Mal est terrassé, on souffle sur le canon et on range son colt. Justice est faite, alleluia ! chantent-ils en coeur, God bless America !
                C’est curieux, il paraît que je suis une Occidentale, pourtant, culturellement, intimement, profondément, je me sens plus proche des bougnoules que des yankees, plus proche des musulmans de base que des chrétiens évangéliques. Faudrait qu’on m’explique...


                • easy easy 9 mai 2011 17:15

                  Si une bombe explosant à Paris m’arrachait 2 jambes et si elle était signée par Kadhafi, je dirais que c’est bien fait pour moi.

                  Si elle était signée de qui que ce soit en fait.

                  Je suis porté par un principe de responsabilité large. Je me sens responsable de ce que fait la nation où je vote. Si je vote contre une guerre au loin et qu’un attentat perprétré à Paris m’esquinte, je hurlerais contre ceux à qui j’avais dit de ne pas y aller et je ne reprocherais rien à ceux qu’on a bombardés en tirant un coup au lit (car nous en sommes là. Pendant que nous baisons, nos avions bombardent)

                  Selon le même principe, bien que je sois contre le nucléaire civil parce qu’il aliène au-delà de nous, je me sens co responsable de Fukushima vis à vis des sardines et méduses (car j’étais et je reste nettement mieux placé qu’elles pour agir sur la chose)

                  Vis à vis des bestioles, je suis responsable de tout ce que mon espèce humaine fait.
                  Vis à vis des Dogons ou Karen, je suis également complètement responsable des pollutions qu’ils subissent, d’où qu’lles viennent, pourvu qu’elles viennent de la civilisation où je vote et où je parle.


                  Si un Karen me traite de sale pollueur ou assassin, je ne vais pas lui répondre « J’y suis pour rien » ou « C’est pas moi c’est l’autre »

                  Rien n’est plus insupportable pour les gens opprimés que de ne pas trouver qui est le responsable et où il se planque dans ce sac de noeud moderne.



                • easy easy 9 mai 2011 19:37

                  Ouille, c’est quoi un chochu ?


                • easy easy 9 mai 2011 20:13

                   Ahhh l’alcool de riz !

                  Le choum. Que des Français, sur place, doublaient souvent en choum-choum puisque c’est le nom du champignon qui permet la fermentation du riz
                  Il est parfois servi avec quelques petites boulettes de ce riz


                • Sandrine Lagorce Sandrine Lagorce 9 mai 2011 21:02

                  Pfff, la jeune et pure Sandrine (qui vient de dépasser la quarantaine) pense que nous n’avions rien à faire en Libye. Je connais bien le Proche-Orient pour y avoir vécu dans mes jeunes et pures années et pour y avoir encore des points de chute... Je faisais juste un constat : les résistants des uns sont les terroristes des autres et vice-versa. Vous semblez, à tort, être en colère. Mais de quoi au juste ?
                  Pour répondre à votre question : si je me prenais une bonbonne de vis d’une quelconque frange libyenne dans les dents, ce ne serait plus mon problème vu que je serais probablement morte. Si cette bonbonne de vis m’arrachait les bras, j’apprendrais à retoucher avec mes pieds. Certes, je ne serais pas très contente parce que ces bras m’appartiennent et qu’on ne m’a pas demandé la permission de les pulvériser mais je me dirais probablement que les bombes que nous avons balancées sur la tête de la population libyenne sont à peu près du même registre. Donc kif-kif.
                  Et je souscris à 100% à ce que vient de dire Easy.


                • easy easy 9 mai 2011 13:15

                  Whaoouhhh !
                  Sandrine Lagorce,

                  Carrément !
                  En plein sur mon stand !

                  Trop content je suis.




                  «  »« Faudrait qu’on m’explique... »«  »

                  Ahhh ah ah , vous expliquer, à vous !

                  Mah, jouons à faire semblant d’expliquer à une personne qui fait semblant d’avoir besoin d’explications
                  .

                  Sur le plan professionnel, vous protégez des fragilités, d’évidentes fragilités. Ca passe certes par des aspects très matériels, mais tant vos maîtres que vous-même, vous justifiez vos efforts parce que vous voyez une utilité et une satisfaction à protéger, à travers des oeuvres matérielles, des transcendances souvent à fonds collectif mais toujours arrangées par l’artiste, donc uniques. C’est une grande part de l’âme de l’artiste que vous protégez et médiatisez. Et vous faites ce travail alors que l’âme de cet artiste est en position fragilissime et vous fait confiance.

                  « Sandrine, fais de moi ce que tu veux, ce que tu peux »

                  C’est toute la problématique des morts qui ne peuvent que s’en remettre aux vivants pour préserver ce qu’il est possible de préserver de leur dignité.
                  (C’est Nostradamus, il me semble, qui, peu confiant, avait demandé à être enterré debout)

                  Votre contexte personnel vous a conduit à vous consacrer à la protection du fragile, vous ne pouvez être du côté de la force brute. Vous ne pouvez être que du côté de la force douce.

                  Mais vous l’avez constaté, cette dévolution est très contraignante. Vous ne pourriez pas restaurer un vieux tableau après avoir insulté ou battu un âne tant votre main tremblerait.
                  Vous vous êtes obligée à la douceur et interdite à la fureur.

                  Vous devez même faire rempart de votre être entier pour protéger ces fragilités qui s’en remettent à vous corps et âme.


                  • velosolex velosolex 9 mai 2011 16:26

                    Drôle d’idée de concevoir l’art et l’artiste comme au centre des fragilités.
                    Il est au contraire au centre des rapports de force.
                    Habitué à se coltiner à l’âpreté des choses.
                    A essuyer les vents contraires, à prendre des claques dans la gueule.
                    A garder toute sa fureur, même en faisant de l’aquarelle.

                    Ce n’est pas Nostadamus, mais Bottechia, un coureur cycliste Italien, qui avait demandé d’être enterré debout, sur son vélo.
                    Un artiste à sa façon. Un visionnaire, un original, opposé d’ailleurs à Mussolini.
                    On dit que celui ci lui aurait fait sa fête.
                     Une sorte d’apache sans tomahawk, sans palette de couleurs.


                  • easy easy 9 mai 2011 16:40


                    Sandrine est restauratrice d’oeuvres d’art.

                    Lorsqu’elle intervient sur une oeuvre, l’artiste est le plus souvent mort. Elle devient donc l’ange gardien de son oeuvre.
                    Quand son créateur n’est plus là pour la garder, nonobstant l’éventuel blindage des musées si elle est célèbre, son oeuvre est forcément fragile. A toutes sortes de choc, à la lumière, à l’humidité, aux moisissures, à la chimie mais aussi à l’oubli, à la déformation, à la récupération intellectuelle, au plagiat etc.


                  • Sandrine Lagorce Sandrine Lagorce 9 mai 2011 21:35

                    Battre un âne ?? Mon dieu, quelle horreur...
                     smiley


                  • Cocasse Cocasse 9 mai 2011 13:29

                    Les indiens aux états unis, les français de souche auront le même avenir en France.


                    • easy easy 9 mai 2011 13:47


                      Vous prédisez qu’en France, il y aura des missiles Biniou, des hélicoptères Alsacien, Auvergnat ?


                    • carmina carmina 9 mai 2011 16:37

                      pour les français de souche ,vous remontez,jusqu’à quel siècle.... ?


                    • alberto alberto 9 mai 2011 13:47

                      Bonjour, easy :

                      L’humour de ton article m’éloigne un moment de la trivialité de l’Histoire !

                      Mais n’y aurait-il pas derrière ces baptêmes approximatifs, au final, un vrai déficit de culture ?

                      Il y eut bien ici, l’opération « princesse de Clève »...

                      Bien à toi.


                      • easy easy 9 mai 2011 14:06



                        Le coup de la Princesse de Clèves a été celui d’une seule personne et on peut lui accorder d’avoir pondu sa réflexion disons à chaud.

                        Le coup de Geronimo ça fait quasiment un an qu’ils le tripotent et ils sont au moins une quinzaine dessus. Quinze personnes qui tripotent cet appariement pendant 10 mois sans qu’aucune ne dise « Euh les copains, c’est p’tet pas une bonne idée là, Geronimo », ça me laisse perplexe.

                        Je ne peux pas croire que dans un staff pareil, il y ait eu un déficit de connaissance de l’Histoire. Leur Histoire, ils la connaissent forcément mieux que nous.
                        Je crois donc qu’ils ont été aveuglés par la vision probablement majoritaire des Blancs Américains, vision très cow-boyiste qui ne conçoit pas qu’il puisse en exister une autre.$

                        Punaise, ils doivent en avaler des couleuvres, les minoritaires !


                      • easy easy 9 mai 2011 14:29

                        Alberto, c’est qui ce petit (soldat ?) qui joue de la flûte ?


                      • alberto alberto 9 mai 2011 16:48

                        Re-bonjour easy :

                        Le petit bonhomme, c’est lui !

                        Je l’aime bien avec son pantalon trop grand et le petit air impertinent que j’imagine s’échapper de son flûtiau...

                        Mais dis-moi easy ton avatar à toi, c’est quoi au juste ?

                        Bien à toi


                      • easy easy 9 mai 2011 16:57

                        Trop mimi.

                        Il avait fait la couverture de Télérama il y a plusieurs années de ça il me semble. C’est étrange le force qui s’en dégage. Je ne sais pas doù elle sort. Peut-être de l’incroyable concentration sur le seul sujet et du trait ferme. Peut-être aussi de la concentration du joeur de fifre lui-même.

                        Mon avatar, c’est trop nul. C’est la vue intérieure du matrimandir d’ Auroville . Au milieu c’est la grosse boule de cristal et il y a deux personnes qui méditent au fond


                      • easy easy 9 mai 2011 16:49

                        Chaque fois que je vois des films comme Danse avec les loups, je me remets à espérer que les Américains acceptent enfin de partager la Douleur de l’Homme, d’être plus tolérants. Mais je regarde ensuite ce qu’ils font au niveau de la Maison Blanche ou des grandes compagnies et là, je suis à nouveau affligé.
                         


                      • Le péripate Le péripate 9 mai 2011 15:52

                        Je crois que c’est vous qui avez une mauvaise perception de Géronimo. Pour comprendre les relations complexes entre l’institution de la chefferie (et Géronimo n’était pas chef seulement aspirant-chef et pas chamane non plus comme il est parfois écrit) et la société indienne il faudrait parler des études anthropologiques de Pierre Clastres, aujourd’hui un peu délaissées.
                        Quoi qu’il en soit la société indienne est une « société contre l’état », une société où le pouvoir est sévèrement limité. Et de fait, la guerre est le moment des chefs, des guerriers, qui y trouvent leur raison sociale. Mais le plus souvent leurs entreprises pour entraîner le clan sont vouées à l’échec : hormis la célèbre attaque contre les mexicains qui le fera connaître, il ne réussira le plus souvent à entraîner qu’une poignée de jeunes hommes. Bien loin la légende de la résistance, même si ses retours étaient fêtés quand il n’y avait pas trop de casse.

                        Ce qui fait que d’une certaine manière il y a une identité entre Géronimo et Ben Laden : les deux étaient isolés dans leur monde, ils voulaient entraîner le groupe dans la guerre, mais le groupe les a rejetés.

                        Mais je ne sais pas si c’est la raison du choix de ce nom.


                        • easy easy 9 mai 2011 16:30

                          J’avais fait exprès de ne pas jouer l’exégèse de Geronimo pour en rester à l’idée floue qu’une grande majorité de gens ont sur les chefs Indiens.

                          J’ai écrit ce papier pour dire ce que les gens, la grande masse des gens, surtout non Américains, en feront. Et ils feront sans exégèse.

                          Si ce staff, probablement très informé sur le cas Geronimo, avaient eu quelque espoir que cet appariement frappe le reste du Monde et en négativant Ben Laden, il aurait dû vérifier que 6 milliards d’individus en sussent autant qu’eux sur cet Indien.
                          Comme ils n’ont pas fait cette vérification, ils n’ont pas réalisé que la plupart des gens considérent Geronimo comme un héros courageux et digne. Ils auront donc fait une erreur.
                           
                          Vous me diriez que la Maison Blanche pourrait encore rectifier le tir en précisant alors à quel point Geronimo était nul ou lâche. Mais ils mettraient alors le feu.

                          D’où mon assertion. Quoi que dise désormais WH sur ce sujet et sauf à admettre leur erreur, elle mettra le feu aux esprits assoupis.




                          En dehors de ça, vraiment en dehors et pour parler pour la première fois ici de Geronimo, en réponse à vos remarques, je dirais assez simplement qu’à partir du moment où une guerre, même légitime, est constellée de défaites et surtout se termine par une défaite, il y a matière à critiques. Surtout internes. Car le vainqueur lui, ne trouve rien à redire puisqu’il en sort avec une glorieuse victoire. Dans le camp qui vacille, les rejets du chef sont ordinaires.

                          Spartacus (et d’autres avant lui) avait eu des raisons fort valables de se révolter. Mais comme ça s’est mal terminé, il n’y a guère de gens dans son camp pour chanter ses louanges.

                          Peu importe que dans le camp Romain il y ait eu bien plus de tués, c’était la fête.

                          (A Dien Bien Phu, les Viets avaient eu beaucoup plus de pertes que les Français. S’ils avaient perdu, c’en eût été fini du nationalisme Viet. Heureusement pour eux, ils ont gagné)
                           


                        • velosolex velosolex 9 mai 2011 17:13

                          Les indiens n’étaient pas les incas ( et pourtant même eux ont été laminé). Un ensemble hétéroclite de tribus se querellant parfois entre elles. Pas de place forte, un armement dérisoire. Pas de technique de guerre structurée. Du moins dans un premier temps. Ils durent faire l’apprentissage douloureux de leurs adversaires.
                          Rapidement ils se rendirent compte que leurs jours étaient comptés, devant l’arrivée d’immigrants de plus en plus nombreux. Opprimés, baffoués, repoussés sans cesse dans des réserves qui n’étaient que des déserts, leurs chefs savaient très bien que leur cause était perdue. Il ne leur restait que leur honneur. Mais pour un indien c’était tout. Faut-il raconter la pauvre histoire de Géronimo et de son clan, pour se convaincre que c’était la lutte d’un homme libre comme un rouleau compresseur qui ne s’embarrassa pas, et liquida des milliers de femmes et d’enfants.
                          La volonté génocidaire des américains était patente. Il ne restait plus que l’énergie du désespoir. La même qui anima les juifs du ghetto de Varsovie à prendre les armes.
                          Les origines du désespoir sont souvent semblables.
                          Géronimo aura été un héros malgré lui. Il aurait sans doute préféré resté chaman. L’avez vous observé, ce sont eux qui laissent le plus grand sillage : Gandhi, Mandela, et même d’une certaine façon le général de Gaulle quand il tourne le dos à ses galons et à sa carrière pour partir en Angleterre.
                          Certains triomphent, d’autres non.
                          Ils restent tous des hommes révoltés, dont l’exemple parcourt le monde et fait des petits.
                          Aucun romantisme la-dedans, juste des faits : L’oppression qui suscite des réactions, le suivi pour certains, la révolte pour les autres.


                        • dawedOo 9 mai 2011 17:05

                          Vraie ou pas leur histoire de commando,

                          Geronimo n’a pas été tué par les cowboys, il les a courageusement combattu tant qu’il a pu, vaincu, il aurait fini sa vie, surveillé, mais pas dans un cachot, d’une pneumonie vers l’âge de 79ans (je n’ai cherché que dans wikipedia comme des millions d’autres l’ auront sans doute fait..)

                          Le choix est plutôt judicieux, en gros on en retient que ça n’est pas la première fois que l’on déploie des moyens disproportionnés pour en finir avec une poignée de « résistants » et que l’idée n’était effectivement pas de tuer.

                          L’honneur des partisans jihadiste de Bin Laden est plutôt flatté par cette comparaison, qui va se plaindre d’être comparé à un fier résistant ? la comparaison laisse comprendre sans le dire que l’on peut etre un vaincu honorale au courage reconnu et mourrir de vieillesse.

                          Le peuple Americain, comme bon peuple guerrier, reconnaît volontiers le courage et les qualités guerrières de leurs ennemis, cela mettant d’autant plus en valeur les leurs.

                          Les références à la culture guerrière Amérindienne pour désigner des missiles comme le « Tomahawk » (espèce de hache de combat)

                          Ou encore les Helicoptères « Apache » sont surtout une référence à l’efficacité redoutable de ce peuple au combat.

                          Ceux qui doivent vraiment se sentir insultés par cette comparaison sont les Amérindiens, une minorité mise totalement hors circuit et sans influence, hélas.


                          • easy easy 9 mai 2011 17:57

                            «  »«  » ...les Amérindiens, une minorité mise totalement hors circuit et sans influence, hélas.«  »"

                            Je suis troublé par ce fait tellement injuste, mais en effet, ils ne sont vraiment pas assez nombreux pour être d’influence.


                          • Annie 9 mai 2011 17:18

                            L’utilisation du mot Geronimo dans l’armée américaine et surtout pendant la deuxième guerre mondiale chez les parachutistes était courante : http://www.b-westerns.com/geronimo.htm. Il semblerait que le parachutiste qui a crié Geronimo la première fois qu’il a sauté en parachute, avait été impressionné quelques jours auparavant par le courage du chef indien, interprété au cinéma par un Indien de la tribu des Chirokee dans le film Geronimo de 1939. Quelle est la part de légende dans cette histoire ?

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