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Accueil du site > Tribune Libre > Grand débat ou catharsis républicaine ?

Grand débat ou catharsis républicaine ?

La France souffre de ses nombreuses contradictions et la V° République semble à bout de souffle, recouvrera-t-elle un second souffle ? Cette question contient toutes les autres, car les problèmes auxquels la société est confrontée ressemblent à un artichaut, il faut en ôter toutes les feuilles et le foin pour en goûter le cœur. Les Gilets jaunes entendent participer aux affaires de la Nation et semblent résolus à outrepasser les politiques par leur « révolution sociale » qui reste à mettre en forme, car la misère réelle ou ressentie n'est pas la cause déterminante de la contestation qui reste à confirmer en terme de participation et des propositions retenues. Toujours se méfier du silence du mort (proverbe jésuite). En mai 2017, un sang neuf a chassé ceux qui depuis des décennies occupaient les avenues et les strapontins du pouvoir, mais celui-ci semble tourner en eau de boudin. Il n'y a pas de politique, mais des politiciens bien résolus à ne pas transiger sur leur privilèges, d'invoquer sans vergogne, leur intégrité face aux lobbies... Ces médicastres me font penser aux psychanalystes qui clament que le paiement de leurs honoraires est une partie de la thérapie ! 

L'encadrement du Grand débat ne doit pas en faire oublier le fond ni s'apparenter à « SOS Fraternité républicaine » au risque d'être assimilé à un grand déballage ou de voir le fond remonter à la surface. La liste du président n'est pas celle du père Noël, elle est encadrée : limitation et regroupement du nombre de sujets - questions fermées - délimitation des réponses - question par une question (pratique jésuitique). Le président ne cherche pas à « séduire » ni avoir pris un certain recul par rapport à la fonction, signe d'une maturité présidentielle qui lui permettrait de comprendre les contradictions et les désirs de changements d'une partie de la population laborieuse. Il incarne un rôle « imaginé », son air hautain, voire dédaigneux reste son pire ennemi. Le : « qu'Ils viennent me chercher » fut l'épée de Damoclés dont « Bibi » a tranché la corde lui même.

L'apparence bravache n'est peut-être qu'un écran émotionnel, son allure altière une fragilité, son arrogance dissimuler la peur de l'autre, et son parler cash celui d'un adulescent. L'homme qui nous dit qu'il n'y a pas de « Tabou ni de Totem » fait-il référence à Totem & Tabou de Sigmund Freud (paru en 1913) ou fusse un lapsus ? Le profil œdipien intrigue. Que penser d'un « quadra » qui n'a pas connu les joies de la paternité et marié à une femme appartenant à la génération précédente ? Veut-il rester le petit garçon choyé ?

On parle de plusieurs centaines de doléances ! En fait, toutes se retrouvent dans la pyramide de Maslow : besoins physiologiques : boire, manger, dormir, se vêtir - besoins de sécurité : emploi, logement, finance - besoins affectifs : aimer, être aimé, apprécié - besoin de considération : être reconnu (profession, famille, société) - besoin d'appartenance : à un groupe, une personne, à une lignée, à une culture - besoin de se connaître - besoin esthétique - d'évasion. Cela se transforme en craintes : économiques (hausse des prix continuelle, perte de revenus, paupérisation) - perte de ses repères (sociétaux, technologiques, culturels) - du lendemain (enfants, petits-enfants, chômage, de l'inconnu) - domaine de la santé (disparition médecins, délocalisation hôpitaux) - de l'autre (urbains, ruraux, étrangers, clandestins) - la nature (écologie, empreinte carbone, dérèglement climatique) - solitude (isolement humain, géographique) - insécurité (routière, agression, vandalisme, cambriolages) - des organisations (partis politiques, syndicats), etc.

Il s'agit pour les Gilets jaunes de voir leurs revendications aboutir, pour le gouvernement de permettre à la tension de retomber, et ensuite, parvenir à un vivre ensemble apaisé. Autant dire que le débat est biaisé dès le départ. Des Gilets Jaunes espèrent une « embellie » tandis que d'autres s'entredéchirent et que les menaces de mort semblent monnaie courante. Le gouvernement y perçoit une forme de chantage de la rue, une illuminée une main étrangère, à moins qu'il ne s'agisse de «  la main de ma sœur dans la culotte d'un zouave » (Manon des sources). Il ne saurait être question, pour l'État, de se soumettre à tous les diktats de la rue. Peu importe : « La parole nous a été donnée pour déguiser notre pensée » (Talleyrand).

Les tractations à venir vont-elles reposer sur : le rationnel, le pragmatisme, l'émotionnel, les relations humaines ou sur la fermeté ? Le président l'a dit et écrit, il ne reviendra pas sur certaines réformes engagées ou à venir. En l'absence de dialogue aboutissant à un accord, aucune sortie de crise ne sera possible. Pour voir une proposition acceptée, il faut qu'elle n'aille pas à l'encontre des convictions profondes ni qu'elle sorte du cadre de référence que les parties se sont fixées. Comment aboutir à un accord satisfaisant à partir de souhaits exprimés aussi divergents ?

Vouloir chambouler la vision du Monde présidentielle revient à priver Macron de ses repères, l'homme n'est pas taillé pour naviguer à vue comme certains de ses prédécesseurs qui allaient jusqu'à naviguer en eaux troubles. Le président a-t-il à ses côtés des vigies capables de modifier sa perception de la société française et d'ébranler ses certitudes ? A écouter certains de ses « proches » (G. Colomb, Benalla), on peut en douter. Il semble plutôt isolé au milieu d'un marigot de courtisans qu'illustre la fable de Maitre corbeau... Les membres d'une « fraternité » (université, diplôme, confrérie) ou caste (titres, privilèges, appartenance) en réservent l'accès par un pouvoir discrétionnaire.

Les experts sont à peu près tous d'accord pour reconnaitre que l'art de la communication est la capacité d'obtenir de l'autre, d'une manière acceptable, ce que l'on désire. Il y a toujours un gagnant et un perdant ! Le gagnant / gagnant n'existe pas, c'est une illusion qui permet de sauver la face. Il y a toujours un insatisfait. De nombreux écueils guettent les participants au Grand débat : la communication phatique : établir la relation - la communication cathartique : libération d'une émotion - la communication informative : le partage d'informations - la communication persuasive : modifier le comportement de l'autre. Autre écueil, la tendance à vouloir se projeter dans les propos de l'autre. Notre humeur, nos convictions, notre disponibilité mentale, agissent comme autant de filtres.

L'évaluation d'une situation est relative et personnelle à chaque individu. Entre le message émis et son interprétation par l'autre partie, de nombreux obstacles peuvent en compromettre l'interprétation finale. Les mots peuvent être : ambigus, connotés, dénotés, prendre une valeur affective, etc. Les mots ne signifient rien par eux-mêmes, ce ne sont que les instruments véhiculaires de la pensée auxquels chacun donne une signification particulière. Je peux écrire le mot « OR », cela ne donne ni le matériau ni l'éclat du précieux métal. De la poudre aux yeux en quelque sorte, nous ne sommes pas loin de la manipulation. Seuls les politiciens alchimistes habiles sont parvenus à réussir la transmutation de belles paroles devant les yeux ébahis des gogos.

République et Monarchie ne sont que deux « maux » appliqués à une même réalité, elles ne valent que par les hommes qui les servent. Le président a des devoirs et des obligations envers le Peuple français. Un régime se doit d'être équilibré, sinon il est ressenti comme une domination ou une injustice. La richesse est bien plus qu'une accumulation ou possessions, elle est souvent symbole de prestige, de domination. Au nom de quels principes démocratiques une majorité d'électeurs déçus ou trompés ne pourrait demander une rupture anticipée du contrat de confiance qui les liait au président ?

Une partie de la population semble émerger d'un long, très long syndrome de Stockholm. Elle pense avoir les cartes en main et gommer une vie de soumission et de frustration. Les Gilets jaunes ne veulent pas d'un constat sommaire, il est interdit d'interdire, ils souhaitent l'aboutissement de leur volonté... Comment définir celle-ci alors qu'ils ne sont déjà pas d'accord entre-eux. Comment atteindre les besoins communs sans léser personne quand 20 % des contribuables participent à hauteur de 70 % à la redistribution ! Les Gilets jaunes semblent feindre d'ignorer qu'ils ne détiennent un « pouvoir » qu'au regard de la passivité des gilets bleus, foulards rouges, du gouvernement, sans oublier la majorité silencieuse et les véritables impécunieux. Combien d'automobilistes ont placé le gilet jaune en évidence sur le tableau de bord pour franchir les ronds-points afin de pouvoir aller gagner leur « croute » et finir la fin du mois ? Les opposants aux Gilets jaunes qui misent sur la fermeté raisonnent au nom de l'ordre, de leurs propres intérêts et de la libre circulation.

Le gouvernement a parfaitement compris que les Gilets jaunes, seuls, ne peuvent être la voix ni la voie de la France, d'insister que le plus grand nombre de citoyens se doit de participer au Grand débat. Le but est important, mais le chemin l'est plus encore, 67 % pense que le débat ne permettra pas de sortir de la crise ! Le symbolisme associé à la couleur jaune sera-t-il démenti ou assisterons-nous à une fin vaudevillesque ? A force de parler de révolution en lieu et place d'évolution, les journalistes et les politiques vont finir par lui donner corps. Envisager le pire ne peut que conduire certains esprits fragiles à s'y préparer inconsidérément. Un espoir cependant, chaque nouvelle situation est créatrice d'événements susceptibles de venir modifier le cours des événements. Les résultats du Grand débat pourraient bien être inattendus. Quel événement sera déterminant (loi de Paretto) ?

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46 réactions à cet article    


  • François Pignon François Pignon 18 janvier 08:29


    ’Quel événement sera déterminant (loi de Paretto) ? ’

    On utilise habituellement l’expression « principe de Pareto » pour signifier qu’environ 80 % des effets sont le produit de 20 % des causes, et c’est sans doute ce que vous avez voulu dire.

    Or, ce n’était pas du tout ce que Pareto lui-même voulait montrer en analysant données fiscales de l’Angleterre, la Russie, la France, la Suisse, l’Italie et la Prusse à la fin du 19ème siècle.

    Ce qu’il a mis en évidence, c’est simplement que, même si les niveaux d’inégalités sont variables selon les pays, le pourcentage de la population dont la richesse est supérieure à une valeur x est toujours proportionnel à A/xα, le coefficient α variant selon les pays.

    Quand on étudie les inégalités dans une perspective historique, ce qui est important ne sont pas les légères stabilités, mais les changements qui eux sont considérables.

    Quoi qu’il en soit, ce faux débat du président qui n’écoute et n’apprend pas mais fait semblant de prendre des notes ne peut être qu’un simulacre, la comedia del arte.


    • Sergio Sergio 18 janvier 09:29

      @François Pignon

      80% de la population est d’accord pour revoir la limitation des 80 Km/h, là pour le coup, quelle aubaine pour Mr Macron. La tendance s’est inversée et du coup il y a déséquilibre et on dira :

      « je suis gagné d’avoir content et j’espère faire fois la prochaine mieux ! »

      Ça sonne comme du Barretto et c’est de la musique, réglée comme du papier, et pour te rejoindre (Comédia del arte/Divine comédie ), au 9 ème cercle de l’enfer de Dante, celui qu’il faudra inventer.


    • François Pignon François Pignon 18 janvier 09:47

      @Sergio

      j’espère que ça ne veut pas dire que 80% de la population est d’accord pour imposer la limitation à 20 Km/h


    • Arogavox 18 janvier 18:25

      catharsis  ?!
       Cette façon de voir est bien là où le bat blesse :
       La dictature c’est « ferme ta gueule » ; la « démocratie » c’est « cause toujours » !
        
      Voilà qui est rejoint, après le titre, par ces mots de l’article : 
       « Cela se transforme en craintes » 

       Celles et ceux qui n’auraient tendance à ne voir, dans le mouvement des Gilets Jaunes, que sentiments à dominer (catharsis), dont « craintes » à dépasser, sont manifestement atteints de cécité.
        Les chômeurs ont-ils peur de devenir chômeurs ?
        Les indigents ont-ils peur de devenir indigents ?
        Les ’protestataires’ pacifiques qui ont été mutilés ont-ils peur d’être mutilés ?
        etc ...

       Il est vrai que la malheureuse femme qui a été tuée n’a pas peur, et qu’elle ne risque pas trop de contester celles et ceux qui lui reprocheraient de n’avoir pas su fuir les manifestations outrecuidantes des craintifs qui ont bravé les tirs de grenades à létalité réduite ... qui ont déjà mutilé des dizaines de craintifs téméraires !


    • math math 18 janvier 08:46

      La République n’y est pour rien..ce sont les politiciens qui pourrissent le paysage...


      • François Pignon François Pignon 18 janvier 08:52

        @math
        *si les politiciens pourrissent le paysage, c’est parce que cette république-là est fondée sur un système de clientélisme intitulé « démocratie représentative » sans proportionnelle dans laquelle la majotrité qui décide a été élue par une minorité de la population.
        S’il s’agit bien d’une république, il ne s’agit pas d’une « démocratie », mais d’une « oligarchie » dans laquelle les dirigeants sont interchangeables mais sont toujours au service de la même frange de la population qui est une classe sociale.


      • François Pignon François Pignon 18 janvier 09:07

        @math

        la « république » des doges de Venise, elle aussi ; était une « républiques ». Vous diriez que c’était une « démocratie » ?


      • math math 18 janvier 09:48

        @François Pignon....Mon pauvre votre « république » n’est que le sac ou l’on met la merde des politiciens...


      • JL JL 18 janvier 10:20

        ’’Comment atteindre les besoins communs sans léser personne quand 20 % des contribuables participent à hauteur de 70 % à la redistribution !

        ’’

         

        Leur participation à la re-distribution n’est qu’une restitution d’une partie du trop perçu, puisque la tare rédhibitoire de l’économie capitaliste est de générer une distribution outrageusement inégalitaire, inique.


        • Fergus Fergus 18 janvier 11:39

          Bonjour, JL

          D’accord avec votre commentaire, à l’importante nuance près que cette « distribution outrageusement inégalitaire, inique » n’est pas opposable aux 20 % mais plutôt aux 3 % !


        • JL JL 18 janvier 14:07

          @Fergus
          bonjour,
           
           en effet vous avez raison. Comme la limite est indéfinissable, il faut voir ça comme une façon de parler.


        • Eric F Eric F 18 janvier 22:19

          En effet, si on regarde les 20%, c’est totalement contrasté :
          Les 3% du haut de l’échelle
          sont ceux dont le pouvoir d’achat augmente le plus mais la contribution fiscale baisse sous Macron.
          Par contre c’est l’inverse pour les 17 pourcents suivants dont le taux effectif de prélèvements est supérieur à celui des 3% en question (courbe de Piketti -échelle logarithmique dans la partie droite-), qui pratiquent l’optimisation fiscale, bénéficient de la flat tax ...et de conseillers fiscaux.
          Le fameux « diagramme de l’éléphant » s’applique aux impacts des mesures socio-fiscale selon les tranches de revenus, ceux situés dans la tranche de 80% à 95% sont la seule catégorie dont le mécanisme de prélèvements/redistribution fait baisser le pouvoir d’achat depuis 2017 (source OFCE -voir graphique 5 ).

          La flat tax et la suppression de l’ISF sur les capitaux financiers profite donc aux 3% supérieurs et à eux seuls, c’est là (et non pas dans le maintien de la TH dont les 17 autres % seraient assujettis) qu’il y a problème d’équité fiscale : les revenus du capital sont moins taxés que les revenus du travail et retraites.


        • Fergus Fergus 18 janvier 11:33

          Bonjour, Gérard

          Intéressant article. J’en partage complètement ces deux phrases du paragraphe de conclusion :

          « Un espoir cependant, chaque nouvelle situation est créatrice d’événements susceptibles de venir modifier le cours des événements. Les résultats du Grand débat pourraient bien être inattendus. »

          Et c’est pourquoi participer à ce débat est une évidence à mes yeux pour sortir du blocage actuel.


          • troletbuse troletbuse 18 janvier 11:38

            @Fergus
            Et vive Micron  smiley


          • Shaw Shaw 18 janvier 11:39

            @troletbuse

            Et vive Momo smiley smiley


          • Fergus Fergus 18 janvier 11:40

            Bonjour, troletbuse

            Chacun ses héros ! Personnellement, je n’ai jamais eu la chance de voir une personnalité politique pour laquelle j’ai voté accéder à l’Elysée !!!


          • Aristide Aristide 18 janvier 11:44

            @Fergus

            Vous avez voté Giscard ?


          • troletbuse troletbuse 18 janvier 11:51

            @Fergus
            Donc vous êtes mauvais. Mais qu’avez vous voté en 81 et 88 ?


          • Fergus Fergus 18 janvier 11:59

            Bonjour, Aristide

            J’ai voté Mitterrand en 81 et en 88, mais au 2e tour par défaut ! Et c’est évidemment également par défaut que j’ai voté Chirac en 2002. Le véritable choix, c’est celui du 1er tour !


          • troletbuse troletbuse 18 janvier 13:19

            @Fergus
            Il me semblait que ce que vous affirmiez était faux. Que ce soit par défaut ou pour, vous avez bien voté 3 fois pour un candidat qui ont été au pouvoir.
            .


          • troletbuse troletbuse 18 janvier 13:21

            @Fergus
            Et si vous avez voté Chirac en 2002, la logique etait de voter Micron en 2017.  smiley


          • Aristide Aristide 18 janvier 13:41

            @Fergus
            Le véritable choix, c’est celui du 1er tour !

            Non le véritable vote à mon sens, celui qui a une influence sur le pouvoir que l’on donne à un élu, c’est au deuxième tour. Le suffrage universel consiste avant tout à désigner par le vote des responsables qui auront du pouvoir et appliqueront tout ou partie d’un programme. C’est au second tour que cela se passe.

            Après, on peut se faire plaisir et choisir celle ou celui que l’on veut au premier tour, genre celui qui lave plus blanc que blanc et qui n’a aucune chance d’être au pouvoir, c’est une opinion. N’empêche que passé ce tour, cela n’a aucune actualité. Et là, il faudra choisir entre les deux qui restent. 

            De Gaulle il me semble l’avait dit sous cette forme « Au premier tour, on choisit ; au second, on élimine »"

            Prenons le cas Mélenchon, quoiqu’en pense les exaltés des insoumis, pour une grande part issus de l’extrême gauche et des communistes, le fait de s’éloigner du pouvoir par un engagement aussi ... minoritaire est la porte ouverte aux mauvaises surprises, on a pu le constater aux dernières. Rajouter à cela, son désir de ne passer aucune alliance ...C’est d’ailleurs la même chose avec Hamon et autre ancien socialos qui ont tous un ego surdimensionné, créant ici et là des micros partis qui balkanise la vie politique.

            PS : Je passe sur le vote blanc et l’abstention qui est pour moi la pire fumisterie dont les plus excusables sont les pécheurs du dimanche. Les abstentionnistes qui boudent au second me font bien rire. 


          • Aristide Aristide 18 janvier 13:42

            @troletbuse

            Et vous, vous avez fait quoi ? Le blanc ou l’abstention ?


          • troletbuse troletbuse 18 janvier 13:47

            @troletbuse
            2002 abstention vu que le résultat était certain.


          • Eric F Eric F 18 janvier 22:29

            @Aristide
            "Les abstentionnistes qui boudent au second me font bien rire

            « 
            C’est un rire bien superficiel, car si le résultat est certain (sondages avec une avance supérieure à la marge d’erreur), et que vous ne voulez ni ajouter au triomphe du vainqueur, ni cautionner le vaincu, ne pas exprimer de suffrage est une décision »opérante". Si davantage de ceux qui ont voté pour Macron par défaut s’étaient abstenu, et qu’il ne fut élu qu’à une très courte tête, celui-ci n’aurait pas considéré sa victoire comme un blanc seing pour appliquer son programme à marche forcée.


          • Aristide Aristide 19 janvier 12:27

            @Eric F et @troletbuse

            Attendez, je ne condamne pas cette décision opérante,quoique ... Oxymore quand cette décision consiste à ne pas en prendre. Je la juge assez ridicule et intellectuellement indéfendable.

            Ce qui me parait bizarre, c’est cette manière de laisser les autres y aller (*), assez pour éviter le pire sans cautionner le vaincu et trop pour donner un sentiment de triomphe au premier.

            Mais bon, critiquer le peu et le trop et s’en préserver en ne participant pas est assez élégant et surtout assez ... commode pour balancer à tous ceux qui y sont aller qu’ils des collabos.

            (*) Imaginez que tous ces collabos qui ont participé au « triomphe » ait pris aussi cette décision opérante que vous vantez.


          • Eric F Eric F 19 janvier 21:23

            @Aristide
            La marge d’incertitude des sondages est à prendre en considération pour voir si le résultat est juste probable ou s’il est quasi-certain. Dans le cas de la dernière présidentielle, l’avance de Macron était le double de la marge d’incertitude, autant dire que le résultat était certain. Aller « au secours de la victoire » d’un candidat que l’on désapprouve, juste pour « marquer le coup » contre un autre candidat que l’on désapprouve davantage, cela ne peut que renforcer la détermination de l’élu. Mieux vaut qu’il ne soit pas trop sûr du soutien dont il dispose. On le voit aujourd’hui, il a été élu par défaut, mais avec une avance significative, il s’est donc cru approuvé sans réserve, ce que l’actuel mouvement de protestation dément. En effet, les 80% de soutien aux GJ au pic du mouvement montrent qu’y compris une grand nombre de ses électeurs du second tour désapprouvent sa politique (le soutien se limitait au score du premier tour).


          • keiser keiser 18 janvier 13:16

            @ L’auteur

            « quand 20 % des contribuables participent à hauteur de 70 % à la redistribution »

            Je suis un peu dubitatif quand à cette affirmation.

            Que faites vous de la TVA et autres impôts ?

            La TVA représente déjà une grosse moitié des recettes fiscales.

            L’impôt sur le revenu ne contribue pas à 70 % de la redistribution.

            Je pense même que c’est l’inverse ou pas loin car il ne représente que le cinquième des recettes fiscales.

            Il est d’ailleurs largement battu par la CSG.

            Mais peut-être pouvez vous apporter plus de précision ?


            • Arogavox 18 janvier 18:01

              @keiser
              Oui, et je suis d’autant plus dubitatif que ce chiffrage d’un angle de vue uniquement économiciste laisse présager d’un manque de réflexion quant à l’acceptation officiellement actée (quoique d’une façon diablement foireuse : fort bizarre dans son application distordue, partielle et partiale) du principe d’une progressivité de l’impôt !
                
               Peut-on raisonnablement avoir cautionné (sans jamais l’avoir démenti) ce principe en restant complice de l’illusion de son application, et arriver « en même temps », à ne pas le comprendre ?
               Ce principe, s’il était honnêtement appliqué sans mensonge, impliquerait une redistribution du la participation individuelle serait effectivement exponentielle.
               Soit on accepte ce principe sans broncher, soit on le combat en apportant des arguments consensuels (qui devraient ne pas être supposés ou sous-entendus, mais détaillés : si jamais ils existent ?) 
               
               Ce qui serait intéressant de divulguer, c’est le pourcentage des sommes totales distribuées qui ont été captées par ces 20% avant qu’ils n’en « redistribuent 70% !
                Si une »Loi de Parieto" laisse supposer que ces 20% ont capté 80% , de quoi oseraient-ils donc se plaindre !
               Pire : si le principe d’une progressivité de l’impôt a été instituée, n’est-ce pas pour contrebalancer artificiellement des certains défauts, lacunes et inadaptations de l’approche uniquement économiciste de questions humaines et pas seulement comptables ? ...


            • keiser keiser 18 janvier 18:58

              @Arogavox

              Ben oui, j’y ai réfléchi cet après-midi et je n’arrive toujours pas à comprendre ce que l’auteur a voulu dire dans cette phrase. 
              C’est dommage car cela me pose un problème par rapport à l’article que je n’ai pas trouvé mauvais.
              Il est facile de jouer l’angélisme et d’un coup lâcher une petit bombe.
              Manière de culpabiliser un peu plus les petites gens ( dont les gilets jaunes ).
              Alors pour quelqu’un qui prône la catharsis ...
              Je trouve que ce discours s’approche plus de la dialectique du petit prince.
              Et c’est pour cela que je n’ai pas voté pour cet article, désolé pour l’auteur.
              Mais peut-être que son passage en Suisse lui aura laissé quelques séquelles.
              Je connais, j’y ai travaillé aussi . smiley


            • Eric F Eric F 18 janvier 22:40

              @keiser
              Il s’agit certainement de l’impact global de la redistribution : par définition les plus modestes reçoivent davantage qu’ils ne contribuent, et les plus aisés contribuent sans recevoir d’allocation ou primes (l’écart des revenus est divisé par 2 après redistribution). Cela inclue probablement aussi ce qui est appelé par l’INSEE de la redistribution en nature (par des services de santé ou d’éducation notamment, au delà des prélèvements que l’on verse) cf INSEE https://www.insee.fr/fr/statistiques/1280665



              • zygzornifle zygzornifle 18 janvier 14:23

                Haaaaa le grand débat ....

                Macron va vous promener comme un parent promène son enfant turbulent pour le fatiguer et l’envoyer ensuite au lit ....


                • Fergus Fergus 18 janvier 16:01

                  Bonjour, zygzornifle

                  Parce que vous croyez qu’en restant silencieux et ne tentant par d’instaurer un rapport de force par le biais de ce débat ce ne sera pas le cas ?

                  Il n’est jamais bon de ne pas user d’une occasion d’exprimer et de formaliser ses revendications ! En l’occurrence, ce qui vaut pour les entreprises vaut également pour l’Etat !


                • baldis30 18 janvier 17:45

                  @Fergus

                  bonsoir
                   « en restant silencieux....  »

                  le piège c’est de parler .... le silence est le mépris des grands ... soyons grands !


                • keiser keiser 18 janvier 19:37

                  @zygzornifle

                   zygzornifle, je crois que tu as visé juste.
                  Allez Macron ... sort du corps de Desmaretz Gérard


                • Eric F Eric F 18 janvier 22:45

                  Les macronistes ne vont pas manquer de participer au débat, et ce qui va sortir de ce débat sera présenté comme les propositions des citoyens. Il faut donc être nombreux pour contrebalancer, c’est du reste ce qui est fait dans les mairies rurales.


                • baldis30 19 janvier 08:42

                  @Eric F

                  bonjour,
                   on peut discuter de cette attitude .... l’effet inverse serait de ne participer sous aucun prétexte afin que chaque proposition tordue reçoive, comme dans certaines consultations électorales, des pourcentages de 99 voire 100 % d’approbation ...

                  Quoiqu’il y aurait encore un fort pourcentage de sincères béats d’admiration devant une telle unanimité ! C’est beau la sincérité au pays de l’hypocrise politicienne !


                • samy Levrai samy Levrai 19 janvier 10:56

                  @Eric F
                  Les GJ veulent le RIC , pourquoi discuter du sexe des anges à part pour gagner du temps comme avec les cahiers de doléances d’avant révolution 1789 dont le pouvoir n’avait que foutre ? 


                • Eric F Eric F 19 janvier 19:23

                  @samy Levrai
                  Le RIC fait partie des demandes, mais il n’est pas l’alpha et l’oméga pour la totalité des GJ (justice sociale, ISF, etc.). Par ailleurs si un très grand nombre de contributeurs au débat le réclament, le pouvoir ne pourra pas l’esquiver dans les conclusions à ratifier par referendum.

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