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Accueil du site > Tribune Libre > Grèce, le retour ?

Grèce, le retour ?

Il est de bon ton de se féliciter depuis la semaine dernière du retour de la Grèce sur les marchés financiers. Cette dernière a pu emprunter sur 5 ans, 3 milliards d’euros à un prix d’ami de 4,5 %. Et de surcroît, ce ne sont pas que les « hedges funds » qui se sont intéressés à la dette grecque. De vrais investisseurs à long terme se sont aussi engagés. Le redressement de la Grèce pourrait donc sembler bien parti ! Seulement voila, il y a plusieurs mais… 

Même si Angela Merkel a pu passer féliciter les grecs sans se faire lyncher, la situation économique, sociale et politique reste très tendue (voire même franchement particulièrement tendue…). Au point que l’on peut se demander si les investisseurs qui ont acheté de la dette grecque avaient bien toute leur tête.

Tout d’abord, la Grèce a un taux de chômage de 27 %, la situation sociale est très difficile pour la très grande majorité de la population et le niveau de vie s’est effondré. A titre indicatif, le PIB depuis son plus haut a diminué de 24 % et la croissance ne repartirait (à 0,4 %) que cette année 2014. Pour mémoire, il convient de rappeler que les partisans de l’euro craignaient une baisse théorique de 20 % du PIB si la Grèce sortait de ce dernier. La démonstration est donc faite que le maintien de la Grèce au sein de la monnaie unique lui aura couté plus cher (voir http://www.christophebugeau.fr). Dans l’hypothèse où ils auraient eu raison et que le PIB grec auraient diminué d’autant, ce qui n’est pas prouvé !

Ensuite, la Grèce connaît une situation politique explosive, la coalition au pouvoir est flageolante et les partisans de la gauche radicale, le Syriza n’attendent qu’un faux pas du gouvernement d’Antonis Samaras pour demander (et sûrement obtenir) de nouvelles élections qui remettraient en cause tout l’édifice.

Car c’est là le problème de base. La situation est loin d’être résolue. La dette, malgré la restructuration imposée aux créanciers représente toujours 174 % du PIB. Or, même si les grecs arrivaient à emprunter des sommes importantes à 4,5 % en moyenne (hors l’emprunt n’était qu’à 5 ans). C’est tout de même prés de 8 % du PIB qui devrait être payés chaque année en intérêt d’emprunt !

D’où le problème qui se profile : la Grèce va devoir négocier un nouveau plan d’aide après le mois de juin ! D’où sûrement de nouveaux efforts demandés à la population ! La question étant, combien de temps pourra se continuer ce petit jeu ? Probablement plus très longtemps !

Il est donc fort à craindre que la Grèce ne soit finalement contrainte à quitter la zone euro malgré tout les efforts consentis et que cela aura quelques effets négatifs sur les autres pays européens.

Il est temps désormais que nos dirigeants cessent de se voiler la face et commencent sérieusement à envisager des portes de sortie. Ce n’est pas la Grèce qui a besoin de réformes, mais plutôt l’euro lui-même qui doit faire l’objet d’une refonte (nouveau système monétaire européen ou monnaie commune). Car, il y a fort à craindre que sous sa forme actuelle, il ne fasse pas de vieux os…


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5 réactions à cet article    


  • Alpo47 Alpo47 15 avril 2014 13:07

    Rien n’est résolu, ni en Grece, ni ailleurs ...
    Il s’agit juste d’une opération de promotion de l’UE ... avant les élections à venir dont les résultats pourraient s’avérer très hostiles.
    Evidemment, quasiment personne ne mord à l’hameçon.


    • foufouille foufouille 15 avril 2014 13:10

      les ploutocrates europhile enverront l’armée. on voit déjà comment cela se passe avec la crimée


      • ZEN ZEN 15 avril 2014 13:20

        Situation très tendue, avez-vous dit ?
        Euphémisme...


        • izarn izarn 16 avril 2014 00:55

          Si j’ai bien compris pour rester dans l’euro il fait dimininuer son PIB de 25% et avoir 27% de chomage, diminuer son esperance de vie, et accepter que des français meurent faute de soins de maladie...bébé, jeunes ou vieux.
          On se demande si Merkel se fout pas de la gueule des grecs de manière ouverte, ou alors elle est trés conne.
          Mais les cons ça ose tout, c’est meme à ça qu’on les reconnait !


          • BA 16 avril 2014 10:52
            L’économiste Bernard Maris publie une série d’articles explosifs dans l’hebdomadaire Charlie Hebdo.

            Cette série d’articles explique pourquoi l’économiste Bernard Maris, qui était favorable à l’euro depuis 25 ans, a changé d’avis : aujourd’hui, il est pour la sortie de l’euro.

            Charlie Hebdo, mercredi 16 avril 2014, page 6 :

            « Le sophisme de Benoist Apparu.

            Faut-il sortir de l’euro ? Oui. Est-ce possible ? C’est une autre paire de manches. Comment vivait la France avant l’euro ? Sa monnaie fluctuait au gré des dévaluations par rapport au dollar, décidées par les gouvernements en fonction des attaques contre la France (autrement dit, des ventes massives de francs par les résidents ou les étrangers, autrement dit, des sorties massives de capitaux). En ce temps-là, les marchés de capitaux étaient plus faciles à contrôler. D’abord, il n’y avait pas de capitaux offshore, flottant entre les Etats. Ensuite, le volume de l’épargne cherchant à se placer ici ou là était beaucoup plus faible. Malgré tout, le capital circulait et les Etats contraient cette circulation par le contrôle des changes ou la dévaluation. Arrivé au pouvoir, de Gaulle dévalue de 20 %. L’économie repart à tour de bras.

            Les temps ont changé. Les marchés de capitaux offshore, internationaux, brassent des sommes considérables. En zone euro, les marchés ne peuvent plus attaquer directement les monnaies (le franc a disparu), mais les contreparties de l’euro, les supports de l’euro. Il y en a trois : l’or (négligeable), les créances sur les économies (la dette Suez, la dette Renault, etc) et, surtout, les dettes publiques, les dettes sur les Trésors publics. Tout se passe exactement comme avant, sauf que les Etats ne peuvent plus répliquer en jouant sur la valeur de leur monnaie.

            Avant d’envisager de sortir de l’euro, il faut réfuter le sophisme de Benoist Apparu. Sur une chaîne de télé, il dit :  »La dette française est de 2000 milliards (dont 1300 milliards sont détenus par des étrangers). Sortir de l’euro dévalue l’eurofranc (la nouvelle monnaie) de 25 %. Automatiquement, on doit 400 milliards de plus. Autrement dit, un budget annuel de l’Etat. Donc on ne peut pas sortir, CQFD.« 

            Sauf que c’est faux. La dette, le jour où l’on sort de l’euro, n’est plus libellée en euros, mais en eurofrancs. Donc on doit illico 2000 milliards d’eurofrancs. Et on rembourse en eurofrancs émis par la Banque de France. Benoist Apparu raisonne comme si on changeait de monnaie sans sortir de la zone euro. Sophisme. Le 15 août 1971, Richard Nixon a aboli la convertibilité du dollar, pourtant garanti urbi et orbi 35 dollars l’once d’or. L’or s’est mis à flamber, et la FED à émettre des dollars. A un journaliste du Monde qui lui demandait si un jour les Etats-Unis parviendraient à rembourser leur dette colossale, l’économiste Milton Friedman répondit justement :  »Notre dette est en dollars, donc on ne vous doit rien."

            Petit bémol, néanmoins, car tout semble trop facile. De quelle juridiction dépend une dette ? Les pauvres pays d’Afrique se sont endettés jusqu’à l’os et n’ont jamais pu rembourser leurs dettes, parce qu’elles étaient gérées et défendues par les tribunaux des nations prêteuses. Pour passer en douce de l’euro à l’eurofranc, encore faut-il que les dettes publiques françaises dépendent de juridictions françaises. Est-ce le cas ? Oui, à 93 %. 93 % des contreparties de la dette, des OAT (Obligations Assimilables du Trésor, les bons entre cinq et cinquante ans émis par le Trésor et garantis par l’Etat), sont de droit français. Il n’en va pas de même pour les banques et pour les entreprises : elles sont endettées pour 300 milliards d’euros, et sont soumises au droit luxembourgeois, au droit britannique et, pour certaines, au droit des îles Caïmans.

            Difficile d’imaginer une renationalisation de la dette. Donc il faudrait refinancer les banques et les entreprises en eurofrancs, afin de leur permettre de rembourser leurs dettes. Mais alors ... l’inflation ? (A suivre)

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Christophe Bugeau

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