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Accueil du site > Tribune Libre > Hannah Arendt : « éduquer, c’est transmettre des savoirs. (...)

Hannah Arendt : « éduquer, c’est transmettre des savoirs. »

Hannah Arendt (1906-1975)

"La disparition générale de l'autorité ne pouvait guère se manifester de façon plus radicale qu'en s'introduisant dans la sphère prépolitique, où l'autorité semblait prescrit par la nature elle-même, indépendamment de tous les changements historiques et de toutes les conditions politiques. D'autre part, l'homme moderne ne pouvait exprimer plus clairement son mécontentement envers le monde et son dégoût pour les choses telles qu'elles sont qu'en refusant d'en assumer la responsabilité pour ses enfants. C'est comme si, chaque jour, les parents disaient : "En ce monde, même nous ne sommes pas en sécurité chez nous ; comment s'y mouvoir, que savoir, quel bagage acquérir sont pour nous aussi des mystères. Vous devez essayer de faire de votre mieux pour vous en tirer ; de toute façon vous n'avez pas de comptes à nous demander. Nous sommes innocents, nous nous lavons les mains de votre sort." (page 245)

"C'est bien le propre de la condition humaine que chaque génération nouvelle grandisse à l'intérieur d'un monde déjà ancien, et par suite former une génération nouvelle pour un monde nouveau traduit en fait le désir de refuser aux nouveaux arrivants leurs chances d'innover."(page 228)

(Hannah Arendt, "La Crise de l'Education", in La Crise de la Culture, Huit exercices de pensée politique, traduit de l'anglais sous la direction de Patrick Lévy, Gallimard, 1972, pg. 242-243)

S'il est un domaine où se manifeste de façon spectaculaire la crise générale qui s'est abattue sur le monde moderne, c'est bien celui de l'Education.

Cette crise s'est tout d'abord manifestée aux Etats-Unis, mais Hannah Arendt, au moment où elle écrit cet Essai, en 1951, estimait qu'elle s'étendrait bientôt à l'Europe : "On peut en effet poser comme règle générale de notre époque que tout ce qui peut arriver dans un pays, peut aussi, dans un avenir prévisible, arriver dans presque tous les autres pays (page 224) 

Elle a pris un caractère particulièrement aigu aux Etats-Unis et elle est devenu un enjeu politique du fait que les Etats-Unis sont une terre d'immigration et que l'Education y joue un rôle plus fondamental qu'ailleurs dans l'intégration et la "fusion" des groupes éthniques les plus divers en un seul Peuple. (le "melting pot")  :

"Nulle part, les problèmes d'éducation d'une société de masse ne se sont posés avec tant d'acuité et nulle part ailleurs les théories pédagogiques les plus modernes n'ont été acceptées de façon si serviles et si peu critiques. Ainsi, la crise de l'Education en Amérique annonce d'une part la faillite des méthodes modernes d'Education et d'autre part pose un problème extrêmement difficile car cette crise a surgi au sein d'une société de masse et en réponse à ses exigences." 

L'erreur fondamentale est de vouloir faire jouer un rôle politique à l'éducation en croyant "fonder un nouveau monde avec ceux qui sont nouveaux par naissance et par nature" (page 227).

Cette illusion très ancienne devient pathos de la nouveauté dans ce pays d'immigration que sont les États-Unis, où l'on s'est emparé des "théories modernes de l'éducation" venues d'Europe. Est en jeu la volonté égalitaire qui aboutit au nivellement.

Selon Hannah Arendt, trois idées sont à la base des réformes catastrophiques qui ont été faites :

1) L'idée d'une autonomie du monde de l'enfant par rapport au monde des adultes.

"Affranchi de l'autorité des adultes, l'enfant n'a donc pas été libéré, mais soumis à une autorité bien plus effrayante et vraiment tyrannique : la tyrannie de la majorité. En tout cas, il en résulte que les enfants ont été pour ainsi dire bannis du monde des adultes. Ils sont soit livrés à eux-mêmes, soit livrés à la tyrannie de leur groupe, contre lequel, du fait de sa supériorité numérique, ils ne peuvent se révolter, avec lequel, étant enfants, ils ne peuvent discuter, et duquel ils ne peuvent s'échapper pour aucun autre monde, car le monde des adultes leur est fermé. Les enfants ont tendance à réagir à cette contrainte soit par le conformisme, soit par la délinquance juvénile, et souvent par un mélange des deux."

 

fureur-de-vivre-11-g.jpg 

James Dean dans La Fureur de vivre de Nicolas Rey (1955)

2) L'idée que la pédagogie est une science de l'enseignement en général, au point de pouvoir s'affranchir complètement de la matière à enseigner. 

3) L'idée que l'enfant ne peut savoir et comprendre que ce qu'il a fait lui-même et sa mise en pratique dans l'Education : substituer, autant que possible, le "faire" à "l'apprendre" (le "pragmatisme"), ainsi que le jeu.

Ce constat fait surgir deux questions :

a) Quels aspects du monde moderne et de sa crise se sont réellement révélés dans la crise de l'Education, ou, pour quelles raisons a-t-on pu, pendant des années, parler et agir en contradiction si flagrante avec le bon sens ?

b) Quelles leçons pouvons-nous tirer de cette crise quant à l'essence de l'Education, en réfléchissant au rôle que l'Education joue dans toute civilisation, c'est-à-dire à l'obligation que l'existence des enfants entraîne pour toute société humaine ?

Hannah Arendt va s'efforcer, tout d'abord, de répondre à cette seconde question :

L'Education de l'enfant se présente sous un double aspect :

a) L'enfant est nouveau dans un monde qui lui est étranger (responsabilité du rapport à la culture)

b) L'enfant est en devenir (responsabilité du rapport à la vie)

Ce double aspect distingue le petit homme du petit animal. Les parents ont donc une double responsabilité vis-à-vis de l'enfant : la responsabilité de la vie et du devenir de l'enfant et celle de la continuité du monde.

Pour Hannah Arendt, le problème de l'Ecole, institution intermédiaire entre la famille et la société, vient du fait que les adultes ont tendance à refuser d'assumer leur reponsabilité du monde.

Hannah Arendt fait ensuite une distinction essentielle entre autorité et compétence :

a) la compétence du professeur consiste à connaître le monde et à être capable de transmettre cette connaissance.

b) son autorité se fonde sur son rôle de responsable du monde : "Vis-à-vis de l'enfant, c'est un peu comme s'il était un représentant de tous les adultes, qui lui signaleraient les choses en lui disant : "Voici notre monde."

La crise de l'autorité dans l'Education est étroitement liée à la crise de la tradition, c'est-à-dire à la crise de notre attitude envers le passé.

Pour l'éducateur, cet aspect de la crise est particulièrement difficile à porter, car il lui appartient de faire le lien entre l'ancien et le nouveau.

Dans le monde moderne, le problème de l'Education tient au fait que par sa nature même, l'Education ne peut faire fi de l'autorité, ni de la tradition, et qu'elle doit cependant s'exercer dans un monde qui n'est pas structuré par l'autorité, ni retenu par la tradition.

C'est au seul domaine de l'Education que nous devons apporter une notion d'autorité et une attitude envers le passé qui lui conviennent, mais qui n'ont pas de valeur générale et ne doivent pas prétendre détenir une valeur générale dans le monde des adultes.

Il en résulte que le rôle de l'Ecole est d'apprendre aux enfants ce qu'est le monde (instruire), et non pas de leur inculquer l'art de vivre (aux Etats-Unis, dans les années 60 : apprendre à se conduire en société, à être populaires ou, plus récemment, en France : éduquer à l'éco-citoyenneté, socialiser...)

"L'Education est le point où se décide si nous aimons assez le monde pour en assumer la responsabilité, et de plus, le sauver de cette ruine qui serait inévitable sans ce renouvellement et sans cette arrivée de jeunes et de nouveaux venus. C'est également avec l'Education que nous décidons si nous aimons assez nos enfants pour ne pas les rejeter de notre monde, ni les abandonner à eux-mêmes, ni leur enlever leur chance d'entreprendre quelque chose de neuf, quelque chose que nous n'avions pas prévu, mais les préparer d'avance à la tâche de renouveller un monde commun." (page 252)

Hannah Arendt ne subit pas l'influence du "misonéisme" (haine des choses nouvelles) de Heidegger, pour autant que Heidegger puisse être qualifié de "misonéiste". Et si elle subit l'influence de la phénoménologie, c'est plutôt celle de Husserl (l'intuition des essences, comme il le fait avec la concept "d'Europe" dans la conférence de Vienne, en 1935) que de Jaspers.

Hanah Arendt en évidence ce qui constitue l'essence de l'éducation, et donc ce qu'est et ce que n'est pas l'éducation.
Pour elle, l'essence de l'éducation ne réside ni dans le jeu, ni dans le fait d'apprendre en faisant soi-même (John Dewey), mais dans la transmission de savoirs. Ce qui ne veut pas dire que l'on doive interdire aux enfants de jouer, de bricoler ou de "s'épanouir" (comme on dit), ni que la transmission ne puisse se faire dans la joie et dans la bonne humeur.

Ce n'est pas par "misonéisme" qu'Hannah Arendt se réfère au passé, mais parce qu'elle estime que le savoir (et donc l'éducation) est ontologiquement lié au passé, dans la mesure où l'enfant est toujours plus jeune que le monde dans lequel il entre (et que le monde est toujours plus vieux que l'enfant).
 
Le rôle de l'enseignant, selon Arendt est de dire à l'enfant : "Voici notre monde, voici le monde dans lequel tu entres." (sous-entendu, tu as le droit d'en être mécontent et de vouloir le changer).

Mais l'éducation, pour Hannah Arendt est au service du futur et non pas du présent ou du passé : l'éducation est la condition de la liberté, car, pour Hannah Arendt, héritière de la philosophie des Lumières (Condorcet, Kant et Hegel), il n'y a pas de liberté sans pensée et sans connaissance.

C'est l'avenir de l'enfant qui est en jeu et sa liberté (les conditions depossibilité de sa liberté en tant que possibilité de créer du nouveau) dans le fait de lui transmettre ou de ne pas lui transmettre des connaissances.

La manière de transmettre ces connaissances (la didactique et la pédagogie) n'est pas le propos d'Hannah Arendt dans ce texte et elle se serait certainement désinteressée des arguties concernant les méthodes de lecture (globale/alphabétique/mixte), du moment que l'enfant apprend à lire et à écrire correctement.

Elle ne vise dans la "progressive education", les méthodes modernes d'éducation, que le fait de faire reposer l'éducation sur autre chose que le fait de transmettre des connaissances. Ce ne sont donc ni les élèves, ni les professeurs qui sont au centre du processus de l'éducation, mais les savoirs.
 
Hannah Arendt ne dit pas que les méthodes modernes d'éducation sont un tissus d'absurdités, mais qu'elles sont un mélange d'absurdités et de choses vraies.
 
Pour donner des exemples précis, elle aurait sans doute accepté que les élèves écrivent un Journal où ils parlent de leur vie quotidienne (la méthode Freinet), mais certainement pas le fait de réduire la grammaire française à un opuscule de trois pages et de n'en faire qu'un "instrument", comme le fait Célestin Freinet et de borner l'éducation à l'environnement proche. Elle aurait admis que l'apprentissage puisse être un plaisir, mais certainement pas de fonder l'apprentissage sur le jeu. Elle aurait sans doute admis le bien fondé de certaines idées de Philippe Meirieu (faire commencer les rédactions en classe et donner des conseils individuels aux élèves ou les faire travailler de temps à autre en binôme), mais certainement pas l'idée que "l'élève est au centre du système éducatif", elle aurait admis l'idée que les élèves doivent s'exercer au travail manuel, mais certainement pas l'idée qu'ils ne peuvent apprendre qu'en faisant et en construisant eux-mêmes leurs propre savoir comme le préconise John Dewey. Elle aurait sans doute admis le bien-fondé de la pédagogie en tant "qu'art" (Montaigne aussi), mais elle n'admet pas l'idée que "la pédagogie est une science de l'enseignement en général, au point de pouvoir s'affranchir complètement de la matière à enseigner".
 
Arendt qui a écrit sur le totalitarisme, n'aurait pas non plus admis la devise de nos pédagogistes de "changer l'école pour changer la société".
 
Pour Arendt, l'Ecole n'a pas pour fonction de créer un "homme nouveau", mais de donner aux enfants les moyens d'exercer leur liberté de pensée et d'action dans le monde, sachant qu'ils sont toujours plus jeunes qu le monde, en leur transmettant des savoirs (Voici notre monde.)

l’École est nécessairement "conservatrice" (par essence et par nécessité), mais ce qui est valable pour l’École ne doit pas être étendu, à l'ensemble de la société. Des changements peuvent et doivent s'accomplir. Simplement l’École ne peut pas et ne doit pas être, au risque d'en dénaturer la fonction, le lieu de départ (l’origine) de ces changements.
 
L'idéologie "pédagogiste" (la progressive education") repose sur une forme de scepticisme : ses représentants ne croient pas à la valeur émancipatrice du savoir. Ce qu'Hannah Arendt reproche donc à la "progressive education", c'est de ne pas éduquer.
 
Note :
 
La progressive education est définie en 1918 par les Principes cardinaux qui furent à la source du pédagogisme aux États-Unis :

1. Santé. (Health)
3. Conception élevée de la vie familiale. (Worthy home membership)
4. Orientation professionnelle. (Vocation)
5. Éducation civique. (Civic education)
6. Conception élevée des loisirs. (Worthy use of leisure)
7. Caractère éthique. (Ethical character)

Il n’y avait pas ce qui fut le point n° 2 dans cette version initiale du texte de W.H. Kilkpatrick ; la référence à la nécessaire maîtrise de savoirs académiques en était absente et la version finale ne les mentionne qu’en en diminuant l’importance :

2. Maîtrise des fondamentaux (Command of fundamental processes) : les fondamentaux sont l’écriture, la lecture, l’expression orale et écrite et les mathématiques. Il a été décidé que ces connaissances de base devaient être appliquées à de nouveaux domaines au lieu d’être enseignées en suivant les méthodes traditionnelles.

« Il manquait même dans la première version des Principes cardinaux la mention de la phrase “maîtrise des processus fondamentaux” (c’est-à-dire la lecture, l’écriture et l’arithmétique) qui dans la version finale était la seule allusion aux buts scolaires ».

E. D. Hirsch Jr, The schools we need and why we don’t have them, 1996, p. 48.

Richard Hofstader, historien et Prix Pulitzer, notait en 1963 que « la Commission a dressé un ensemble d’objectifs scolaires dans lesquels ni le développement de la capacité intellectuelle ni la maîtrise d’une discipline scolaire n’étaient mentionnés. »
 
(source : Paratge, néoprofs)

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23 réactions à cet article    


  • raymond 26 avril 2016 11:03

    C’est quoi cette mise en page ?


    • Radix Radix 26 avril 2016 11:57

      Bonjour

      Ne pas confondre « éduquer » et « instruire »  !

      Transmettre un savoir c’est instruire, apprendre les codes de comportement en société c’est éduquer.

      Cette confusion est source de problèmes car l’école est chargée d’instruire et la famille d’éduquer, de plus en plus l’école doit éduquer car l’éducation dispensée par un nombre important de familles n’est pas en phase avec la société dans laquelle elles vivent.
      Or les enseignant ne sont pas formé pour cette mission et se heurtent à la résistance des gamins à qui on a transmis une éducation différente.

      Radix


      • Phoébée 26 avril 2016 13:44

        @Radix
        J’allais le dire. Instruire c’est transmettre des savoirs et éduquer transmettre des valeurs. Ce n’est pas à L’Education Nationale ( Ex instruction Nationale) d’éduquer. On voit ce que cela donne : LGBT pour tous. Fromage et dessert, service compris ....


      • Jo.Di Jo.Di 26 avril 2016 12:42

         
        Comme l’a très bien vu Naïade Vagino Bécassine la benêtisation anationale sert de formatage à la pensée dominante mondialiste
         
        -
        stage de mariage pédéraste en Mairie au primaire (véridique), mépris des traditions
        -
        pensée dominante mondialiste donc suppression de l’Histoire souchienne
        - pensée dominante multi-ethniqueuse donc formatage au multi-acculturalisme (pièces de théâtre mondialiste « où inclusif » jouées par les petits formatés)
        - pensée consumériste donc tablette verroterie pour tous
        etc...
         
        Comme ne pas avoir de Nike fait passer pour un con chez les petits bobos, l’Argent est ainsi le fétiche de l’amitié .... dès la maternelle.
         
        Le pensée dominante sert les intérêts de la classe dominante, l’éducation est son relais. Ceci depuis Aristote.


        • Jo.Di Jo.Di 26 avril 2016 12:46

           
          « La société de masse ne veut pas la culture mais les loisirs. »
          Hannah Arendt
           
          « Le racisme ne s’interprète nullement comme une pathologie du nationalisme, mais au contraire comme une idéologie ayant pour but de fournir un « ersatz de nation » à une époque où s’annonce déjà la crise ou le déclin de l’Etat national. Le racisme fournit la base idéologique la plus adaptée pour faire tenir ensemble une masse déracinée d’individus atomisés, privés de liens sociaux par la désagrégation des structures organiques et des solidarités traditionnelles induite par la modernité. C’est cette masse déracinée qui va fournir le terreau des totalitarismes, avec leur volonté de « mobilisation totale », d’arrêt de l’histoire et de création d’un « homme nouveau » L’impérialisme va alors de pair avec le racisme. » Hannah Arendt


        • Daniel Roux Daniel Roux 26 avril 2016 13:00

          Arendt, comme tout le monde est le produit de son milieu, de son époque et de son éducation. Ses idées sur la question n’ont pas plus de valeurs ou de vérité que celle d’un autre parent qui réfléchirait sérieusement sur la question.

          Les enfants vivent le monde avec le développement intellectuel de leur âge ou plutôt de leur maturité. Ce ne sont pas des adultes déficients dans un monde établi et pourtant, c’est ainsi qu’ils sont traités avec le mépris et l’autoritarisme qui va avec.

          Ils ne comprennent que ce qu’ils sont capables de comprendre mais ils peuvent apprendre ce qu’il ne comprennent pas, la compréhension viendra plus tard ou non.

          La répétition et l’imitation sont des sources d’apprentissage essentielles.

          Si vous tentez d’inculquer « c’est pas bien de faire ceci et cela » à un enfant tout en faisant ceci et cela, l’enfant en tirera une leçon, celle que tout le monde connait et pour cause : Faites de ce je dis mais ne faites pas ce que je fais.

          Un enfant normalement intelligent s’adapte au monde et à ses éducateurs tout en poursuivant des buts qui lui sont propres. S’il veut préserver sa tranquillité, il vous dira ce que vous voulez entendre. A l’inverse, s’il veut tester les limites pour pouvoir, éventuellement, les franchir, il vous dira l’inverse.

          Souvenez-vous de votre propre enfance.


          • bakerstreet bakerstreet 26 avril 2016 13:05

            On a beau nous le sortir en boucle, je ne dirais pas que l’enfant est au centre du système éducatif en France. Ca serait même plutôt le contraire, au vue des centaines de milliers de jeunes qui sortent sans diplôme du circuit scolaire chaque année. 

            Pire, avec une idée d’eux même dévalorisée. Tout est là, dans l’image que vous avez de vous, qui vous conditionnera dans votre capacité à vous soumettre, à dévier, ou à vous investir. Voilà pour moi ce qui doit être au centre des enjeux, au delà de la démagogie. 
            On pourra dire facilement une chose et son contraire, mais on peut constater que les méthodes d’éducation Prussiennes, ont à la fois enfanté Wittgenstein, et Hitler. 
            Et que Heidegger se situe entre les deux : A la fois un cerveau conceptuel, à la fois une ordure nazie, faisant le grand écart entre des thèses philosophiques absconses et des points de vue misérables, dont ses fameux petits carnets noirs révèlent l’ignominie. 
            Anna Arendt non plus, en tant que girouette, n’a pas toujours eu la capacité de s’extraire de ses intérêts personnels et de ses émotions , comme dans l’affaire du procès Eichman, à Tel Aviv,où elle se montrera d’une curieuse mansuétude avec ce nazi, le transformant en monsieur tout le monde, avec sa fumeuse théorie de la banalité du mal, à géométrie variable.

            • Phoébée 26 avril 2016 13:58

              @bakerstreet

              ’une ordure nazie’, ’ girouette qui n’a pas toujours eu la capacité de s’extraire de ses intérêts personnels et de ses émotions , comme dans l’affaire du procès Eichman, à Tel Aviv,où elle se montrera d’une curieuse mansuétude ’

              Bien sûr vous êtes hors sujet. Mais je vais l’être aussi. Sa position à propos du procès Eichman est plus ambiguë que cela. Quand au procès d’Eichman, son rapt et sa pendaison prouvent que l’on peut être dans le camp d’en face et être une ordure.


            • Et hop ! Et hop ! 26 avril 2016 16:06

              @bakerstreet : Hannah (abréviation de Johanna, et non Anna) Arendt est un très très grand philosophe, très au-dessus de Wittgenstein et de Heidegger, à commencer par le fait qu’elle formule ses idées dans une langue simple, accessible à tout le monde, et non dans un jargon abstrait qui masque les imperfection de la pensée. Lisez son chef d’oeuvre : La Condition de l’homme moderne. Sa source d’inspiration est Saint Augustin sur l’oeuvre du quel elle avait fait sa thèse (le concept d’amour chez Saint Augustin), rien à voir avec la pensée prussienne donc. C’est aussi le seul vrai philosophe qui soit une femme, à ma connaissance, Simone Veil n’étant pas du tout du même niveau. Adolphe Hitler est un homme d’État, d’origine autrichienne et catholique, il n’a rien de comparable et il n’est pas issu du système d’instruction prussien. Quant à Albert Einstein, ce n’est pas un philosophe mais un scientifique qui s’est beaucoup servi des oeuvres du français Raymond Poincaré, premier à avoir publié sur la théorie de la relativité.


            • Richard Schneider Richard Schneider 26 avril 2016 17:25

              @Et hop !
              Rien à ajouter. Vous avez dit l’essentiel. Bravo.


            • bakerstreet bakerstreet 26 avril 2016 18:06

              @Et hop !
              Faire un hit parade des philosophes, m’apparaît un postulat plus sportif que philosophique. La vie et l’oeuvre apparaissent toujours malgré tout intimement liés, révélateur de la sincérité et de l’engagement d’un esprit...Regardez combien les gens sont déçus, et on les comprend, d’apprendre que Vargas Llosa, prix nobel de littérature, est lié à l’affaire « panama papers »,tout comme Almodovar, tombant lourdement de leur socle....

              Hannah Arendt est loin d’être toujours exemplaire, avec son attachement amoureux à Heidegger, et cela gâche un peu son oeuvre, qui est loin bien sûr d’être à jeter...Elle s’égarera lors du procès Eichman en tout cas, accablant les juifs d’Europe d’avoir été l’instrument passif de leurs bourreaux. Rien à dire à ce niveau pour saint augustin, ni pour Van Gogh, des mystiques, dont l’engagement extrême illumine un peu plus sa peinture....Voyez aussi Socrate, Marc Aurèle.... Par contre Céline déçoit beaucoup à l’oral....Il y eut de grands artistes autrichiens, dans le mouvement « Die brücke ». Pas le cas du peintre Hitler ...Il a fait la guerre, au sein de l’armée allemande, dont on sait combien l’organisation prussienne a influencé la discipline, dans un pays uni depuis Bismarck dans une certaine conception étatique, militaire, et hégémonique, où la Prusse a occupé une place déterminante.... 
              Je me permet donc de faire moi aussi un pot pourri de penseurs et d’artistes. Certains intransigeants, d’autres vaniteux..Wittgenstein qui abandonna fortune et carrière, pour se lancer dans un parcours atypique, fuyant l’Allemagne nazie,excella autant dans le domaine des mathématiques, de la musique et bien sûr de la philosophie, et fut aussi intransigeant que Simone Weil, qui distribuait son salaire d’agrégé aux ouvriers en grève. On est loin d’Heidegger dont je ne me souviens plus s’il est autrichien ou prussien, comme pas mal de SS, ou porteurs de le croix de fer, comme lui...Les grands artistes et penseurs ne sont pas infatués de leur personne, et savent très bien ce qu’ils doivent à ceux qui les ont précédé, contrairement aux esprits petits, comme Heidegger. Enfin, comme Wittgenstein, j’ai tendance à penser que les sciences et les arts ne sont pas forcément séparés les uns des autres, que la musique est une représentation mathématique de l’espace par exemple. Et que l’univers des fractales de Mandelbrot, autre esprit insaisissable, est l’exemple type qui unit sciences, art, et même religion, dans un motif harmonieux en expansion.

            • Daniel Roux Daniel Roux 26 avril 2016 19:02

              @Et hop !

              Simone de Beauvoir est aussi une vraie femme philosophe ou une vraie philosophe, femme.

              Comment distingue t-on un vrai philosophe d’un faux et qui décide ?

              Pour les femmes, je connais la réponse.


            • Rincevent Rincevent 26 avril 2016 19:23

              @bakerstreet

              Bonsoir bakerstreet
              D’habitude, je suis souvent d’accord avec vous mais, là, non. Je ne pense pas qu’il s’agisse de mansuétude et sa théorie ne me semble pas si fumeuse. Je viens de relire Eichmann à Jérusalem (un pavé). Jusqu’à elle, la responsabilité de l’abomination nazie avait été déléguée aux dirigeants et à quelques organisations (la SS principalement), alors que d’autres, bons pères de famille et pas nazis à priori, avaient bien participé aussi : http://www.lesbelleslettres.com/livre/?GCOI=22510100128970 . Ça avait la « vertu » d’exonérer plus ou moins le reste du peuple allemand. C’était bien pratique, surtout qu’en pleine guerre froide on allait avoir besoin d’eux.

              Elle a montré que c’était la mentalité allemande et le fonctionnement de tous les jours qui avaient bien facilité ce qui était arrivé, remettant des responsabilités (proportionnelles) à tous les niveaux. Eichmann, pendant son procès, est apparu non pas comme un idéologue qui aurait plongé dans le crime, mais comme un petit fonctionnaire obsédé par ses objectifs à atteindre (nombre de déportés, disponibilité des trains) ergotant sur les chiffres. Comme lui, beaucoup d’autres se sont concentrés sur leur tâche, sans se poser de questions sur d’où venaient ces gens, ou ils partaient, pour faire quoi. La tradition d’obéissance et les consignes de silence au plus haut niveau ont fait le reste.

              La banalité du mal (des criminels de bureau, disait-elle) elle était bien là.


            • bakerstreet bakerstreet 26 avril 2016 19:58

              @Rincevent
              Il y a bien une banalité du mal, liée à l’exécution kafkaienne des serviteurs zélés et dociles, mais même là je me permettrai d’opposer ceux qui se sont rebellés, et qui n’étaient pas forcément des intellos ( comme drieu la rochelle, car la culture peut aussi vous mettre sur un piédestal, vous transforme en élu, en surhomme...) Quantité de « petites gens », comme on les appelle un peu dédaigneusement on fait le choix de s’opposer à la barbarie. Face à la banalité du mal, il y a la banalité du bien pour nous réconcilier avec la vie. 

              Mais Eichman fait partie des maîtres, pas des petites mains. Il a planifié la solution finale. Ce type n’est absolument pas banal, et n’a rien d’un petit fonctionnaire. C’est un de ces types infatué d’eux mêmes et plein de morgue, n’ayant aucune empathie pour leurs semblables, ne pensant qu’à leur carrière. Il est le « pour autrui » de sartre, dont la vanité et l’image qu’il a dépend de son rang social. Une crapule, pour tout dire, tentant de tromper son monde, roulant Arendt dans la farine. Mais ce n’est pas la première fois qu’une séduction trouble se passe entre criminel et soi disant expert, les premiers étant mettre dans la manipulation. ( voir le docteur Mabuse de Fritz Lang)
               C’est Eichman qui a planifié la solution finale, excusez du peu...... Voilà pourquoi cette théorie si elle est pertinente ne s’adapte pas à lui. Annah Arendt arrivera à Tel aviv en voulant plaqué collé sa théorie, sachant déjà avant le procès ce qu’elle allait objecter, et n’assistant d’ailleurs que de façon embryonnaire à celui-ci, tout le contraire d’une pensée impartiale, claire et indépendante. 

            • mmbbb 26 avril 2016 20:39

              @bakerstreet ce qui est paradoxal avec cette philosophe et l’auteur de cet arclicle, est le parti nazi qui n’etait pas uniquement un regroupement de brutes epaisses mais aussi avaient de grand intellos de tous les univers Speer architecte par exemple L inventeur de la fusee V2 issu de l’aristocratie prussienne, fut des plus meprisable lorsqu il utilisa sans etat d’ame a DORA des milliers d’ouvriers dont la plupart creverent Le nazisme n’avait pas neglige le volet culturel Cosima Wagner directrice de Bayreuthn le chef d’ orchestre Karajan joua devant les nazis etc etc L elite francaise se vautra durant l’occupation Il eut fallu attendre 1995 sous chirac pour les justes du peuple entra au pantheon Ces justes etait des gens du peuple sans grande instrution et qui eurent des vie remarquable en sauvant des vies Ces articles sur l’education et l’instruction me laissent souvent perplexe il y a eu des grand intellos comme Brassiclah qui n’en furent pas moins de grand salaud lui perdit au moins la tete au sens strict Quant a anotre philosophe national Sarte son engagement politique dut une meprise une erreur totale ( Staline avait lui envisage la solution finale


            • Pomme de Reinette 27 avril 2016 12:39

              @Phoébée

              Quand au procès d’Eichman, son rapt et sa pendaison ....

              Beaucoup de nazis se sont enfuis via des « filières » d’évasion et ont échappé à la Justice. Eichmann fait partie de ceux là, il a échappé au Procès de Nuremberg.
              Il a eu droit à un procès en règle (contrairement aux millions d’innocentes victimes assassinées par les nazis). Le verdict et le châtiment c’était vraiment la moindre des choses pour un responsable avéré de la « solution finale ».


            • Pomme de Reinette 27 avril 2016 12:44

              @bakerstreet

              Entièrement d’accord avec vous sur H.A., horripilante à certains égards et qui s’est laissée tromper, tant sur Heidegger que sur Eichmann.


            • bakerstreet bakerstreet 26 avril 2016 19:02

              Pour revenir à cette pensée : « Éduquer c’est transmettre des savoirs », ça me semble tout de même bien lambda, et très court. 

              Eduquer est une chose complexe, qui ne passe pas seulement dans la transmission, dans un jeu de vases communicants et de fractales répétitives, mais lié pour moi davantage à former un esprit, à lui donner des moyens de se développer et de s’adapter plus tard aux nécessités. En quelque sorte, donner envie de, indépendamment des maîtres...Forger l’enthousiasme et la curiosité d’un être humain me semble des éléments appréciables. Tout autant que l’esprit critique, et le développement des émotions, de l’empathie, qui sont essentielles à une vie d’homme, et tenteraient même à en faire la condition première. Les lois morales s’inscrivant bien sûr en continue, dans l’esprit d’Emmanuel Kant : « La loi morale en moi et le ciel étoilé au-dessus de ma tête ! »
              C’est ainsi qu’il me semble qu’il ne viendrait jamais à l’esprit d’un esprit structuré, ( comme je viens de le lire dans les actualités...) même s’il est habile dans l’intelligence virtuelle, de rouler en bon haker le bangladesh, et de détourner près de 100 millions de dollars d’un des pays les plus pauvres de la terre.

              • Jo.Di Jo.Di 26 avril 2016 23:45

                 
                L’apprentissage de la participation future à la vie publique (par l’éducation) n’a plus de signification car la société n’a plus de signification pour les individus, hors intérêt égoïste économique, c.a.d non politique donc non sociale
                 
                Il n’y a rien à inscrire dans la vie collective, rien à apprendre.
                 
                L’éducation est l’apprentissage d’une vision collective, d’un substrat communautaire, or chez bobo il n’y a que le supermarché à considérer, à « objectiver », à « enseigner » ....
                 
                Comme disait Hegel, un citoyen d’Athènes faisait en quelque sorte d’instinct ce qu’il devait faire, pour bobo c’est seulement d’aller à l’auge.


                • Le Gaïagénaire 27 avril 2016 03:10

                  @ tous

                  « On en est resté à l’idéalisation des parents et de leurs exigences, qui peut aisément être transposée au Führer ou à l’idéologie correspondante. Étant donné que les parents ont toujours raison dans ce qu’ils exigent, ce n’est pas la peine de se casser la tête à chaque fois, pour savoir si leur exigence ponctuelle est également juste. D’ailleurs, comment pourrait-on en juger, où trouverait-on les critères, quand on s’est toujours laissé dire ce qui était bien ou mal, que l’on n’a jamais eu l’occasion de faire l’expérience de ses propres sentiments, et qu’en outre toutes les velléités [sic] de critique que les parents ne supportaient pas présentaient un danger mortel ? Si l’adulte n’a rien bâti qui lui soit propre, il se voit livré pour le meilleur et pour le pire aux autorités, exactement comme le nourrisson aux mains de ses parents ; un « non » opposé aux détenteurs du pouvoir lui paraît à tout jamais mortellement dangereux. » 

                   

                  Hannah Arendt, qui s’est tant révoltée à l’observation d’Adolf Eichmann en qui elle a cru distinguer la « banalité du mal », n’a jamais pu comprendre réellement comment un tel homme pouvait exister[127]. Et pourtant, il en existe beaucoup tels que lui[128].


                  En effet, pour Miller[129] :

                   

                  « On peut considérer que le « trait de génie » de Hitler consista à donner aux Allemands, éduqués si tôt à la dureté, à l’obéissance et à la répression des sentiments, les juifs comme objets de leurs projections [voir les pages 99 et ss. concernant le mécanisme de dissociation et de projection]. Mais l’utilisation de ce mécanisme n’avait rien de nouveau. On a pu l’observer dans la plupart des guerres de conquête, dans l’histoire des croisades, de l’Inquisition, et même dans l’histoire la plus récente [je me risquerai ici à dire : le génocide rwandais]. Mais on n’a guère pris la peine de voir, jusqu’à présent, que ce que l’on nomme l’éducation de l’enfant repose en majeure partie sur ce mécanisme et, inversement, que l’exploitation de ce mécanisme à des fins politiques ne serait pas possible sans ce mode d’éducation. Le trait caractéristique de ces persécutions est qu’elles relèvent d’un domaine narcissique. C’est une partie du moi que l’on combat, et non pas un ennemi réellement dangereux, comme par exemple dans le cas d’un réel risque de mort. »

                   

                   Je terminerai sur le point de l’Allemagne d’Hitler, en revenant sur la sensibilité en tant que faculté permettant de refuser de faire le mal. Le passage suivant des écrits de Miller est, encore une fois, éloquent à ce propos[130] :

                   

                  « Des êtres sensibles ne se laissent pas transformer du jour au lendemain en exterminateurs. Mais dans l’application de la « solution finale », il s’agissait d’hommes et de femmes qui ne pouvaient pas être arrêtés par leurs propres sentiments parce qu’ils avaient été éduqués dès le berceau à ne pas ressentir leurs propres émotions mais à vivre les désirs de leurs parents comme les leurs propres. Enfants, ils avaient été fiers d’être durs et de ne pas pleurer, d’accomplir « avec joie » toutes leurs tâches, de ne pas avoir peur, autrement dit, dans le fond : de ne pas avoir de vie intérieure. » 

                  Cordialement


                  • bakerstreet bakerstreet 27 avril 2016 13:20

                    @Le Gaïagénaire
                    La fabrique de l’horreur ne date pas d’hier. Elle passe par le déterminisme le plus simple qui consiste d’une part, à justifier l’acte par sa rationalité, sa nécessité, et son urgence : Exterminer le « vil ». Dans ce sens le priver de caractère humain, en faire un sous-homme, un animal. 

                    Ce que les nazis feront des juifs, des tziganes. Mais la même dynamique est à l’oeuvre chez les Turcs lors du génocide arménien. Les photos prises par l’armée se complaisent comme pour les allemands a montré une image de celui qu’on doit tuer, volontairement dégradée, animale...Pas une première évidemment, puisque l’esclavage entre autre se justifiait par l’animalité des noirs, à qui on pouvait refuser ainsi toute compassion. 
                    C’est donc un travail intellectuel et non son absence qui peut vous faire entrer dans cette dynamique ; elle retranchera cette valeur fondamentale de l’homme, qui font que les justes n’ont pas besoin d’évoquer l’héroïsme pour expliquer leur attitude d’aide aux exclus : La compassion, l’empathie, qui travaillent faire de nous des humains, en dehors de toute culture. 
                    Plusieurs mécanismes sont à l’oeuvre dans un lynchage, et l’on voit dans les carnavals le roi carnaval brûlé de dernier jour en exutoire, par la foule transposant sur ce corps qu’on brûle, la volonté de se débarrasser des affres de l’hiver, dans un rituel orgiaque....
                    La foule donne le sens, il suffit de suivre, de se laisser étourdir, et jouir...On peut parvenir aisément au viol, légitimé par le fait des forts sur les faibles, comme dans « orange mécanique ». Là dedans l’éducation est un bien léger vernis, pour résister à ces exutoires. Elle peut même potentialisé l’acte, sur fond de musique wagnérienne. Les criminels nazis sont parfois des docteurs en philosophie, comme Goebels, ou de grands pianistes. Ils ont bien une vie intérieure, mais ils ont choisi de se cliver, de mettre des barrières de protection en eux, comme un mur, rejetant la moitié de l’humanité de l’autre coté, condition suffisante pour se situer dans le camp des « élus ». La race....Les seigneurs....Banalité, vraiment ?

                  • Le Gaïagénaire 27 avril 2016 21:59

                    @bakerstreet 27 avril 13:20


                    « Les criminels nazis sont parfois des docteurs en philosophie, comme Goebels, ou de grands pianistes. Ils ont bien une vie intérieure, mais ils ont choisi de se cliver, de mettre des barrières de protection en eux, comme un mur, rejetant la moitié de l’humanité de l’autre coté, condition suffisante pour se situer dans le camp des « élus ». »

                    Alors que j’écrivais CLAIREMENT :

                    qu’ils avaient été éduqués dès le berceau à ne pas ressentir leurs propres émotions mais à vivre les désirs de leurs parents comme les leurs propres.

                    ET

                    C’est une partie du moi que l’on combat, et non pas un ennemi réellement dangereux, comme par exemple dans le cas d’un réel risque de mort.

                    ET 

                    Si l’adulte n’a rien bâti qui lui soit propre, il se voit livré pour le meilleur et pour le pire aux autorités, exactement comme le nourrisson aux mains de ses parents ; un « non » opposé aux détenteurs du pouvoir lui paraît à tout jamais mortellement dangereux. 

                    Donc, ils n’avaient pas de vie intérieure et n’ont pas choisi de se cliver.

                    Cela vaut aussi pour les eugénistes Anglais impérialistes, pour les croisades...et aussi plus près de nous, les djihadistes.

                    Pourquoi vous clivez-vous ?

                  • bakerstreet bakerstreet 27 avril 2016 12:34

                    Quand aux sources du nazisme, il me semble qu’elles tiennent évidemment aux conséquences désastreuses de la guerre de 14 d’une part, et de la montée du bolchevisme d’autre part. Pas une révélation. Mais l’exemple d’Hitler est parlant, puisque ce peintre, qui avait raté son concours d’entrée aux beaux arts, et qui fut même SDF, s’il prit part à la guerre de 14 en temps que caporal, eut vraiment la révélation de son pouvoir sur les foules, et la qualité de charisme, le jour où on lui proposa au sein de l’armée d’être un propagandiste anti-communiste, afin de prévenir l’adhésion des jeunes recrues aux idées nouvelles venant de l’est. Voilà la genèse d’un mauvais génie, qui n’aurait pas fait de mal en peignant des monstruosités....Je ne sais pas donc si l’on peut imputer véritablement le nazisme à l’éducation prussienne, car de façon générale, elle n’était pas tendre à cette époque en général, et particulièrement en Angleterre, où plus d’un écrivain a évoqué ce régime totalitaire, cette fabrique des chefs, sur fond d’humiliation, de perversion et de clivage. Connely, bien sûr, et Orwell, qui dut s’inspirer de ses années de collèges, plus que de son expérience à Eton où il était boursier, pour écrire 1984 plus tard. 

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