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Hommage à Eric Laforge, immortel chantre radiophonique du pop rock

HOMMAGE A ERIC LAFORGE,

IMMORTEL CHANTRE RADIOPHONIQUE DU POP ROCK

Eric Laforge Samedi, 15 février 2020. Il était 9h09’, très exactement. En ce froid mais lumineux matin d’hiver résonnait sur les ondes de Classic 21, peut-être la meilleure des stations de musique pop rock de la Radio Télévision Belge Francophone (RTBF), cet hymne à l’héroïsme juvénile, tout en douceur chaloupée et rythme lancinant, telle une moderne cantate électrique, qu’est le sublime « Heroes » du grand, immortel David Bowie. Puis, au terme de ces notes ainsi subtilement distillées dans l’air frais mais ensoleillé du matin, soudain la voix triste et la gorge nouée, le ton grave par-delà sa notoire sensualité, de la belle Delphine Isaye. Elle annonçait, affectée par un indicible chagrin malgré son indéfectible dignité, la mort aussi choquante qu’impromptue, à l’âge de 56 ans seulement, d’Eric Laforge, l’un des animateurs les plus populaires, avec son excellente émission quotidienne, en semaine, du « Morning Club », sur Classic 21 précisément.

Je ne connaissais pas, personnellement, Eric Laforge, sinon par sa voix, éminemment « radiophonique » comme on dit de quelqu’un, par le charisme qui se dégage de sa personne, qu’il est « télégénique » : une voix à la fois aimable et chaleureuse, claire mais posée, sincèrement amicale, d’où émanait toujours, immanquablement, une profonde gentillesse, une réelle attention, faite d’une générosité manifestement non feinte, pour ses fidèles auditeurs, dont, justement, je fus.

Non, je ne connaissais pas Eric. Et, pourtant, il fut, pour moi, qui suis de la même génération que lui, quoique un peu plus âgé (62 ans), comme un ami. Car chaque matin, en effet, il m’accompagnait ponctuellement, entre 7h et 8h, sur la route du travail lorsque, écoutant son émission à la radio, je me rendais, en voiture, à l’Académie Royale des Beaux-Arts de Liège, où j’enseigne la philosophie de l’art.

Ah, que ne m’a-t-il rendu mes matins ainsi plus cléments et moins blêmes, cet amène Eric, lorsque, d’un humour parfois impertinent mais toujours bienveillant, il rompait, par la sympathie de sa voix veloutée tout autant que par l’ampleur de son savoir très rock and roll, la monotonie du réveil ! Il réussissait même souvent, surtout lorsqu’il était emporté par un incontrôlable fou-rire, à me faire sourire, sinon rire, à la vie, lui qui est à présent, paradoxalement (j’ai même du mal à y croire), mort ! Et que j’aimais son élan, sa bonne humeur communicative lorsque, galvanisé par sa passion musicale, il envoyait, comme déchirant soudain le silence matinal, les brumes de l’automne, le friselis de l’hiver, les parfums du printemps ou les arômes de l’été, les refrains bondissants, tantôt tendres et tantôt espiègles, de son chanteur de rock préféré : le « boss », Bruce Springsteen en personne, dont il parlait, en outre, admirablement bien !

Ainsi, ce prochain lundi, après-demain, lorsque je m’en irais, comme d’habitude chaque matin, sur le chemin du travail, en écoutant dans ma voiture, entre 7h et 8h, les ondes de Classic 21, tu me manqueras, cher Eric. Je ne te connaissais certes pas et, pourtant, par la magie de la radio, tu fus, grâce à ta voix reconnaissable entre toutes, comme le plus fidèle, presque le plus intime et sûrement le meilleur des amis.

Adieu, donc, très cher Eric !

Il me vient soudain l’envie de te dédier, à la mémoire de ta belle personne tout autant que de ton infaillible professionnalisme, l’un de mes derniers livres, écrit au lendemain même de la mort de cet autre monument du pop rock, et que tu aimais aussi tout particulièrement, que fut l’héroïque David Bowie justement, choisi donc, avec raison, par Delphine Isaye, ce matin même, pour annoncer ta disparition, aussi brutale qu’inopinée. Le titre de cet ouvrage, paru il n’y a guère si longtemps (Alma Editeur, Paris, 2018), te sied, du reste, à merveille en ces heures sombres, ce temps douloureux : « Traité de la mort sublime – L’art de mourir de Socrate à David Bowie ».

Il est, idéalement, pour toi, sublime ami !

DANIEL SALVATORE SCHIFFER*

*Philosophe, auteur, notamment, de « Petit éloge de David Bowie – Le dandy absolu » (François Bourin Editeur), « Traité de la mort sublime – L’art de mourir de Socrate à David Bowie (Alma Editeur), « Divin Vinci – Léonard de Vinci, l’Ange incarné » (Erick Bonnier Editions) et « Le Dandysme – La création de soi » (François Bourin Editeur). A paraître : « Gratia Mundi – Raphaël, la Grâce de l’Art » (Erick Bonnier Editions).

LIEN POUR MON « TRAITE DE LA MORT SUBLIME – L’ART DE MOURIR DE SOCRATE A DAVID BOWIE (ALMA EDITEUR) :

https://www.google.com/imgres ?imgurl=http ://t0.gstatic.com/images ?q%3Dtbn:ANd9GcTSaJqy-V6WuArxcB4g-fYA_kgwBDUx7JIkQyPka-6FcbfQA7Qy&imgrefurl=https ://books.google.com/books/about/Trait%25C3%25A9_de_la_mort_sublime_L_art_de_mour.html?id%3DdmZIDwAAQBAJ%26source%3Dkp_cover&h=1080&w=788&tbnid=jNuGZWy0NSpSIM :&q=daniel+salvatore+schiffer+trait%C3%A9+de+la+mort+sublime&tbnh=160&tbnw=116&usg=AI4_-kQ8ZomUSyuuvS5SahHuS-2AneZHlw&vet=12ahUKEwjh0LW18eDfAhUJfxoKHeM8Am4Q_B0wCnoECAAQEQ..i&docid=uznP4Dn1Ou52wM&itg=1&sa=X&ved=2ahUKEwjh0LW18eDfAhUJfxoKHeM8Am4Q_B0wCnoECAAQEQ


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3 réactions à cet article    


  • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 15 février 15:21

    Marrant qu’une voix de radio émeut plus qu’un écran ...


    • stranger 16 février 13:25

      Merci pour votre article hommage à Eric Laforge. J’ai vraiment eu un choc ce samedi matin en apprenant la triste nouvelle. J’ai perdu un « compagnon de route ». Tous les matins sur la route du boulot, c’est Classic 21 et le Morning Club. Sa voix matinale si douce...me faisait oublier et même apprécier les embouteillages du matin jusqu’à mon arrivé au boulot. R.E.P Eric, tu me manques déjà.


      • sls0 sls0 16 février 14:45

        Effectivement traverser la Belgique en écoutant classique 21 est agréable, une radio de qualité.

        Rendre hommage à une personne qui a enchanté les matinées de beaucoup de personnes est normal.

        Était il nécessaire ce placement de produits en fin d’article ? Ca fout en l’air le coté hommage.

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