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Accueil du site > Tribune Libre > Individu mondialisé ou démondialisé ?

Individu mondialisé ou démondialisé ?

Pourquoi la mondialisation nous fait-elle peur ? Pourquoi suscite-t-elle tant d’inquiétude ? Et dans le même temps, nous utilisons ses productions et nous fonctionnons comme enfant de mondialisation. Avons-nous peur de ce que nous ne maîtrisons pas, ou avons-nous peur d’un devenir qui nous serait tragique sans aller jusqu’à dire qu’il nous serait fatal ?

Rapidité, fluidité, mouvements, interpénétration des cultures, tout cela fait partie de sa dimension. Elle nous interpelle. Elle nous façonne même. Nous sommes devenus ces individus atomisés, sans repère ferme ( une éducation qui n’a plus son caractère unique, empreint d’une culture, mais une éducation mélangée dont les vérités multiples s’opposent ou fusionnent, semblerait fragiliser l’individu).

Nous vivons avec de multiples possibilités d’être, d’agir, car la connaissance de notre monde pluriel grandit. Il a commencé à éclairer de plus en plus d’individus. La multitude des peuples se mélange, se confronte, s’autoréfléchit, s’aventure par leurs connaissances mutuelles et parallèles vers une vision du monde qui lui est plus proche, tout en lui donnant une sensation d’inconnu, d’inquiétude, de désarroi, une sorte de frayeur assaillante de désenchantement de l’acquis.

Et voilà une crédulité qui se développe au sein des refus d’anciennes crédulités. Il y a comme un mouvement incessant qui bouleverse les pensées, qui semblerait pourtant conduire l’homme vers un mieux vivre, un mieux vivre en paix, en harmonie relationnel. Il pourrait posséder tout les éléments pour le vivre et pour condenser ce contentement tant attendu. Cependant, cette voie s’avère le mener vers un accomplissement qui avorte à chaque fois qu’il semble naître.

Est-ce donc la mondialisation qui fait peur ou est-ce la perte de référent (ou d’une multiplicité de référents), la perte de construction solidaire issue d’une unité de peuple, de culture, je n’ose pas dire civilisation (ne pourrions-nous pas admettre aussi qu’il peut y avoir une construction solidaire issue de peuples unis, de cultures associées) ?

Est-ce la fragilisation de l’individu au sein d’un environnement mondial plus clair, plus accessible mais dont la forte présence aurait tendance à déconstruire l’humain sans lui donner pourtant les moyens d’être capable d’être et d’être avec, c’est-à-dire d’être avec l’autre dans ce monde si riche en potentiel relationnel ?

Je reprendrai les mots d’Edgar Morin qui avait répondu ceci : "Je crois que nous sommes à la fois mondialisés et démondialisés, que la mondialisation est un processus complexe qui porte en elle aussi les pires possibilités (y compris destructives et autodestructives) que positives (l’émergence d’une société monde dans une Terre-Patrie)."

Ne pourrions-nous pas voir dans les phénomènes négatifs de la mondialisation, c’est-à-dire ses capacités "destructives et autodestructives", une extension du processus que nous pourrions repérer déjà dans une structure nationale ? Cependant, la mondialisation n’est-elle pas l’expression d’une société-monde singulière et que Zygmunt Bauman nomme la "modernité liquide" ? Je retrouve là cette notion d’individus atomisés et éclatés dans le rapport à l’étendu que forme la mondialité, cet espace mondial. Evidemment, c’est plus ou moins présent selon les civilisations du monde, mais il me semble que la mondialité touche toutes les nations, toutes les cultures.

Quelle articulation peut-il y avoir entre ces deux processus de mondialisation et de démondialisation portés sur l’individu ? Ne pourrions-nous pas les comparer à un phénomène physique de la matière et de son correspondant d’antimatière ? Evidemment, toute métaphore a en elle ses propres limites (par exemple, nous savons qu’une matière et une antimatière en contact provoquntn leur annihilation brutale et une explosion d’énergie extraordinaire. On ne peut parler d’annihilation quand les deux processus mondialisation/démondialisation se font face). Faut-il voir de ce double effet de la mondialisation comme étant l’issue d’une cause propre à la constitution de l’individu, l’individu ne peut être que par l’existence d’un ensemble d’individus ?

Ce qui fait que l’individu, en tant que tel, résultat d’agencements complexes entre sa propre énergie (ses propres pensées et ses propres actes) et celle d’un ensemble d’individus qui sont l’association des énergies mais dont la production serait ce qui est retenu, relevé, approuvé et gardé par cet ensemble. L’individu relié est le "vrai" individu, celui qui pourra se développer. Si nous cassons la liaison, nous atomisons l’individu. Nous l’éclatons, il devient comme un château de cartes disloqué par la fureur du vent. Un atome constituant un objet n’est pas seul, il est relié à d’autres par des forces électromagnétiques. Certains atomes ont un lien très fort avec d’autres et constituent la molécule. Ces ensembles forment l’objet. Vient une énergie d’un autre ordre ou plus puissante et voilà qu’elle déstabilise les liaisons et l’objet se transforme, change. J’y vois bien là la métaphore de l’objet mondialisation qui génère, par le fait qu’elle possède en elle toute une gamme d’énergies, d’intensités variables, une oeuvre productive de forces opposées au sein d’une même entité. C’est pour cela que je parlais de matière et d’antimatière.

Il y a un effet de résistance entre ces deux processus.

Je prendrai un exemple, simple, à la limite enfantin, pour me permettre de souligner cette affirmation en la concrétisant. La conseillère de ma banque y travaillant depuis assez longtemps m’a fait cette remarque que je trouve bien représentative de cette résistance aux deux processus. Grâce à la mondialisation, une plus grande possibilité d’échanges s’offre à l’ensemble des acteurs et donc des entreprises, des banques. Ils se voient placés sur un terrain dont les marchés deviennent de plus en plus concurrentiels. Cela exige des participants à ce marché un travail de qualité, d’efficacité qui doit aller croissant ( jusqu’où ?). Donc, ma conseillère me disait qu’à cause de cela, la politique de sa banque demandait un travail plus conséquent à ses employés. Elle leur fournit des moyens matériels plus efficaces ( une informatique en évolution constante) mais, par contre, pas de moyens humains supplémentaires - qui sont à mon sens les moyens les plus puissants. Ainsi le réseau informatique devient plus sophistiqué mais elle accuse une négligence marquée par l’absence de formation pour bien l’exploiter, ce qui va conduire ses employés à prendre plus de temps pour comprendre et pour faire fonctionner le moyen censé rendre le travail plus efficace ( plus rentable). La banque demande aussi une plus grande mobilité géographique de ses conseillers. Ils deviennent des pions sur l’échiquier du plan de travail. Cette mobilité est difficile pour les familles et aussi pour ceux qui désirent faire un travail sérieux (gérer et faire fructifier leur portefeuille). La pression psychologique sur ces employés devient forte, à la limite du supportable. Nous savons qu’il n’y a pas là une volonté de détruire l’employé mais cette volonté de mieux produire, d’avoir une qualité plus grande du service, crée en même temps une usure des forces vives qui ne se sentent plus concernées par l’esprit d’entreprise, celle d’un individu qui se forme, s’épanouit au sein d’une collectivité (en tout cas au même niveau qu’il pouvait y avoir dans le passé). Il y a un morcellement qui se crée. C’est la survie ou la volonté de vivre mieux en dehors du travail qui animent le travail de ces employés. J’y vois là un effet de résistance, à un niveau local, du processus de mondialisation et de démondialisation. Il est subtil, car les effets se croisent, en cachent parfois d’autres. La résistance est la conséquence de la confrontation de l’événement, du désir et cela de toutes les parties en cause.

Nous discernons ces forces qui influencent le panaroma exposé. Et pourtant nous avons du mal à comprendre pourquoi leurs rapports de forces, leurs synergies, leurs distributions, voire leurs annulations, dessinent ce complexe. Nous serions chinois, et taoïstes, nous parlerions du yin-yang de ce processus de mondialisation.

Tant de questions, favorisées certainement par cette atomisation si prégnante dans nos sociétés occidentales, et qui paradoxalement appellent à des réponses plus reliantes ou qui cherchent à s’imprégner d’un monde si complexe et pourtant beaucoup plus présent dans ce XXIe siècle que nous vivons et cela en considérant même nos vies quotidiennes.


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7 réactions à cet article    


  • dom y loulou dom 5 juin 2007 14:12

    lje me demande parfois ce que l’on nomme mondialisation... c’est un terme inventé par les marchands, friands de globalisation, de rendre la planète aussi étroite que ne le sont les échanges commerciaux ou comme on se déplace dans un supermarché, la planète est selon eux, un grand supermarché où il n’y a qu’à se servir et vendre... et acheter bien sûr, le tout ficellé dans un six pack de monnaies qui font croire que le monde vivant n’est qu’une réserve de matières à marchander. Ce qui amène celà plus en profondeur sont deux choses, la première est la conscience que l’humanité a pris de sa planète, conscience qui en soi n’implique rien hormis plus de compréhension sur le fonctionnement du monde vivant, mais la mondialisation marchande prétend rabougrir cette conscience de toutes les cultures, vivant comme un arc-en-ciel multicolore et varié, en reflet de l’esprit saint de la divinité, à un melting pot, un restaurant de luxe où toutes les denrées doivent se trouver partout à la fois, ce qui est ruinant pour l’équilibre des énergies et aberrant, issu d’esprits incapables de s’intéresser à d’autres plats que ceux servis chez eux et qu’ils veulent pouvoir manger n’importe où. En plein sahara, comme sur les steppes de mongolie il serait « normal » de trouver du cocacola et jusqu’au Groenland il faut trouver des casquettes de baseball, sur la tête de gens qui n’ont même jamais vu un terrain de baseball... cette marchandisation du monde, orchestrée par des gens qui ne connaissent strictement rien d’autre que le profit à tout prix (même à celui d’un 11 septembre) n’en ont cure des cultures, ils les assimilent à des espèces en voie de disparition, de là toutes les horreurs que renferme la globalisation marchande. Ce groupe de gens en cravattes qui se réunissent dans le G8, prétendent être au-dessus des lois, au-dessus des nations, mais ne supportent pas qu’on parle d’unir des nations (même en UE) et surtout veulent tenir les rennes des avoirs planétaires, ce qui ne va pas sans rappeler les plus sombres histoires d’esclavage d’autres temps. Pourtant, sous leur houlette, nous sommes tous esclaves, il n’y a même pas d’autre choix restant, on travaille à l’usine, on va bien tant qu’on a un numéro d’AVS et un domicile chiffré, nmérisé, sécurisé, un emploi du temps reconnaissable et surtout l’allégeance au n’importe quoi, à la caricature de l’homme et au cynisme triomphant, grand favori de la globalisation. Ainsi les animaux sont devenus des créatures de rêve dessinées par Disney et se sont transformés ensuite en de pataudes créatures plutôt effrayantes puisqu’elles n’ont plus rien de vivant et des mickey grimaçants et figés. La globalisation prétend permettre aux individus les plus paresseux envers la compréhension de leur existence (ce qui de tous temps fut un facteur décisif d’évolution)de s’appuyer entièrmeent sur une machinerie les dorlotant (seulement à la télé) les endormant sous des masses d’informations désuettes, tragiques, catastrophistes, une réalité où on assimile aujourd’hui la torture comme un outil sécuritaire et où on enseigne aux bébés à devenir de vrais GIs en goguettes sur les jeux virtuels. Faut-il rappeler que si tous ces jeux sont essentiellement militaires celà ne tient pas du hasard ou de la volonté de néophytes, mais relève d’une sadique stratégie coordonnée, c’est parce qu’ils ont tous été façonnés par l’industrie militaire américaine et que version propagande on ne peut guère faire mieux question lobotomie des eenfants et des esprits en général. L’hyperviolence de ces jeux amène les ado à trouver une claque anodine, même s’entre-tabasser n’est rien en comparaison avec des jeux où vous égorgez et faites exploser vos copains.

    Ne peut-on donc concilier ce qui semble s’opposer sans cesse ? Ne peut-on donc laisser les cultures là où elles sont et les denrées spécifiques aux régions tout en promoeuvant le tourisme et la visite de la planète ? En l’occurence promouvoir une société dont les membres apprennent à s’enrichir de la différence de l’autre et qu’elle soit une réjouissance parce qu’elle est liée àun endroit sur la planète et non une menace parce qu’elle voudrait s’implanter partout ? Idem pour notre société marchande, ne peut-elle donc laisser d’autres peuples vivre selon d’autres standards, fussent-ils du moyen-âge ou de la préhistoire ? En quoi celà chagrine-t-il les encravattés ? Il faut les englober ? Digérer tout ce qui fait l’histoire de l’humanité à-travers eux et à laquelle les enfants du futur ne pourront plus que se référer par des livres et des dessins animés faussant les vérités historiques ? On passe même par arte pour expliquer aux baves gens que l’humanité a commencé à Sumer en 5000 avant le Christ... stupide quand il y a des traces d’hommes jusqu’à 250 000 avant le Christ.

    Ce qui est sans doute le plus navrant c’est que nous vivons cette pensée marchande comme une systématique recherche de banalisation, il n’y a aucun intérêt à aller voir un peuple des andes si je peux trouver leurs fringues sur les marchés de noel, leur culture en bouquins et leur maïs dans mon supermarché de quartier. Quelle est la résultante de cet exemple ? Le peuple en question disparait et je ne m’en apperçois même pas, ce n’est que dix ans plus tard que je lirai un livre sur la dramatique disparition d’un peuple des andes livré aux paramilitaires pendant ces joyeuseries de commerce. Ne peut-on donc s’organiser pour que les traditions soient locales et qu’ainsi notre planète humaine corresponde à la planète nature, qu’ainsi même le tourisme soit justifié, non pas en termes de villages de vacances qui regardent les autochtones comme des terroristes tout en bouffant leurs services derrière des murs de Berlin version club med ? La tolérance est insuffisante, irrespectueuse, dangereuse-même, le respect doit être le minimum et c’est ce qui n’existe pas dans cette machinerie occidentale envers les autres cultures qui n’ont pas envie de transformer leur bout de monde en supermarché. C’est un droit inaliénable que Bush et consorts veulent simplement aplatir, éradiquer en faveur d’une société qui n’a plus aucun sens moral hormis enclos dans la bible, référence non pour sa propre éducation mais juste en vil drapeau, signe d’allégeance à ce qu’on ne veut surtout pas comprendre.

    N’ais-je pas lu dernièrmeent une bonne chrétienne qui disait que Jésus était notre chef à tous... c’est bizarre mais il me semblait que c’est jusement parce qu’il n’avait pas voulu faire le chef qu’on l’avait crucifié, mais les chrétiens savent mieux que le Christ aujourd’hui, ils sont le Christ donc ils ont la science infuse et détruire le monde que la divinté a généré ne présente pas de problème puisque c’est inscrit dans la bible, ce monde disparaîtra, c’est certain, mais rien n’est dit dans la bible que nous devons opérer cette destruction , les savants de l’ancien temps aussi savaient que le soleil un jour disparaitrait et que, de fait, ce monde sombrera dans les flammes de la supernova que notre soleil formera un jour. A aucun moment ne se rendent-ils compte que l’entretien de ce monde, que le combat contre le mal fait partie de leur affiliation, le principe est clair comme de l’eau : si quelqu’un t’agresse je te donnerai ma vie pour te protéger, mais s’il m’agresse moi je ne me défendrai pas, pas par lâcheté, mais pacre que je n’ai pas d’autre moyen pour lui faire comprendre que je ne désire pas être son ennemi et que nous sommes tous deux des reflets de l’esprit de Dieu.

    Tous les peuples de la terre ont compris maintenant que nous formons une humanité, sur une seule planète qui a ses propres lois d’équilibre que nous n’ordonnons pas, que nous ne décidons pas, auxquelles nous sommes fatalement subordonnées, ce sont des lois d’amour et d’harmonie qui portent notre monde où seule l’humilité face à des forces surcolossales peut nous garantir une survie, ainsi avons-nous donc compris que la terre flotte au sein-même du royaume des cieux, mais comme toute connaissance, toute compréhension, des petits malins pensent toujours qu’il faut absoluement en faire quelque chose, le terme d’enfer n’est pas loin.

    Et l’allégeance aux peurs, cette vielle habitude guerrière, régit les rapports emtre les hommes comme une évidence surnaturelle et mystifiante, il est naturel d’avoir des ennemis, allégeance à ces légions de démons T-rex tapis dans nos instincts primaires et par lesquels les hommes égotiques et affamés de pouvoir tiennent leur consistence en faisant toujours référence aux terreurs sourdes de l’humanité, quitte à en inventer de toutes pièces, comme les terroristes ou la grippe aviaire. Le monde est un champ de bataille entre le royaume des morts régnant sur des esprits courbés sous la terreur des démons et par la grâce des forces de Dieu qui soutiennent toutes les réalités sans distinction, car elle n’offrent que des possibles. Ainsi n’oublions pas que ce monde n’appartient à aucun homme, ni aux marchands ni aux rois, mais à toutes les créatures y vivant, qu’elles soient termites ou baleines et nous n’y trouverons la paix que si nous arrivons à être en paix avec nous-mêmes, avant-même d’être en paix avec le voisin, mais si nous ne cherchons pas cette paix (ce que fait nimporte quelle créature digne et noble dans l’univers) comment pourrions-nous l’imposer à d’autres ? Voici l’aberration complète où nous mène la marchandisation du vivant et le « monde libre » est une méchanique aveugle suivant un plan débiloïde de pillage d’autres peuples sans compréhension aucune de l’unité du vivant qui nous permet d’être et qui nous prête vie et qui nous met aujourd’hui tous en danger, par pure soif de pouvoir, dans l’oubli complet du simple fait que nous serons toujours incapables de nous générer nous-mêmes, plus nous le prétendons pourtant, plus nous dégénérons. On peut le dire puisqu’il y en a tant qui se courbent devant d’aberrants personages haineux et rigolards voulant imposer cette pensée-là unique et ridicule : tous les problèmes nous les règlerons par la force des armes ! Et qui trouvent la guerre naturelle au plus grand désespoir de tous les enfants du monde vivant. smiley


    • gwinblad 5 juin 2007 14:42

      Voui. Moi je crois plus simplement que la mondialisation c’est simplement la reprise au niveau planétaire du modèle socio-économique occidental, modèle érigeant en système le principe de concurrence entre les individus. Ce modèle fonctionne, il a fait ses preuves, il attire de plus en plus de monde, qu’on le veuille ou non, qu’on le déplore ou l’approuve. Rien ne peut arrêter cette vague déferlante puisqu’aucun modèle alternatif n’est en mesure de rivaliser en efficacité et en pouvoir attractif. Et ceci pour une raison simple : l’homme est anthropologiquement programmé pour fonctionner de manière concurrentielle. On peut toujours essayer d’en atténuer les effets les plus négatifs mais il n’empêche que dans tous les domaines l’individu aura tendance à copier, imiter puis rivaliser avec son voisin. La sphère géographique de concurrence transcende aujourd’hui les frontières, les océans, les barrières culturelles en raison de la quasi instantanéité des échanges informatifs et de la rapidité croissante du transport physique des produits matériels. Vous parlez d’atomisation pour caractériser l’individu, je parlerais plutôt de fusion pour décrire ce que vit aujourd’hui la vie communautaire de l’espèce humaine.


      • moebius 5 juin 2007 19:12

        « L’homme est anthropologiquement progammé pour fonctionner de maniere concurentielle » L’homme n’est pas programmé, il programme et l’homme qui programme exerce la profession de progammeur. Il peut « fonctionner » de maniére concurentielle, c’est indéniable mais si cette concurence est un facteur de saine émulation pour lui et la communauté elle peut aussi le détruire, lui et la communauté. La concurence peut contituer un risque c’est donc un sujet de débat dans la société, un fait culturel qui se situe hors du champ d’une nature naturante ou programmante, meme anthrospolpologiquement


        • Christian Pradel Christian Pradel 5 juin 2007 23:05

          J’encourage ceux qui apprécient le sujet à lire l’ouvrage de Constantin von Barloewen « anthropologie de la mondialisation » ( ed. des Syrtes) dont l’éclairage apporte une contribution intéressante et stimulante, notamment cet apport « des cultures du monde, à la recherhce des clefs intellectuelles et spirituelles susceptibles d’ouvrir les portes d’une civilisation fondée non plus sur la recherche du profit, le règne de la technique et le pouvoir du »logos« , mais sur le dialogue entre les cultures dans une civilisation de l’ »holos« . »

          Chaleureusement,

          Christian


        • ZEN ZEN 6 juin 2007 03:23

          Merci Mr Pradel pour cette réflexion si enrichissante sur un sujet si complexe, aux multiples aspects.Cet effet d’atomisation alors que les dépendances se resserrent est un paradoxe sur lequel il faudra revenir. Comme le suggère Forest , il est l’effet d’un système économique, qui homogénéise les valeurs, nivelle les désirs et les aspirations...


        • Christian Pradel Christian Pradel 6 juin 2007 13:31

          Oui, c’est juste Zen...il y a un effet « rupture et lien » dans ce qui touche à l’individu...Un vrai régime de fou...pour rappeler une réminiscence deleuzienne ( et non platonicienne) !

          Chaleureusement,

          Christian


        • Forest Ent Forest Ent 6 juin 2007 02:26

          Trop philosophique. Les sociétés étaient déjà en concurrence entre elles il y a des millénaires. Alexandre a laissé un royaume en Afghanistan. Les romains étaient déjà en contact avec les chinois. Mais chacune avait son identité, qui ne se confondait pas nécessairement avec sa religion.

          Ce n’est pas cela qui a été nouveau à la fin du 20ème siècle.

          La nouveauté, c’est que ni la France, ni l’Europe ne se pensent plus comme nations, ni comme empire. Elles ne se pensent plus comme rien. Elles ont pris leur retraite, médicalisée par les US.

          La mondialisation, telle qu’elle est pratiquée actuellement, est quelque chose de simple. C’est une baisse tendancielle des revenus du travail relativement à ceux du capital, qui s’exprime par la mise en concurrence des mains d’oeuvre de marchés différents, de systèmes sociaux, et la généralisation de paradis fiscaux.

          C’est de l’ordre de l’économique, du politique. En français courant : de l’escroquerie.

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