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Accueil du site > Tribune Libre > Infanticides encore : quid de la responsabilité du géniteur (...)

Infanticides encore : quid de la responsabilité du géniteur ?

Une femme est accusée d’infanticide. Elle reconnait avoir étouffé 8 nouveau-nés. Son mari est tout de suite mis hors de cause. Comment est-ce possible ?

Non seulement c’est impossible à croire sauf à considérer que le mari est handicapé sensoriel, hypothèse dans laquelle une expertise médicale devrait confirmer le handicap avant de mettre le mari hors de cause.

Pourquoi une telle précipitation à innocenter d’office et officiellement un géniteur qui est biologiquement responsable à 50% de la conception des bébés ?

Une telle attitude encourage les hommes à ne pas assumer les conséquences de leur activité sexuelle et ramène les femmes à ces ventres que l’on veut féconds et jouissifs sans vouloir respecter la personne dont ils sont partie constituante.

Dominique avait élevé avec amour deux filles. L’une d’elle, encore très jeune avait accouché d’un enfant auprès duquel elle avait parfaitement tenu son rôle de grand-mère. Le père du bébé avait abandonné la fille et le bébé. Encore un géniteur irresponsable. Douleur pour la grand-mère.
 
Dominique ne voulait pas d’autre enfant. C’est son droit. Elle avait eu de mauvaises relations avec les médecins, ce qui n’est pas exceptionnel. Sans relation de confiance, elle ne pouvait pas aborder les questions de contraception avec des professionnels. Il est possible aussi qu’elle ait été très mal dans son corps obèse, qu’elle ait porté en elle toutes sortes de traumatismes physiques et psychologiques transformés en inhibitions, qu’elle n’ait eu personne à qui se confier à commencer par son mari. Il est difficile d’imaginer qu’une femme puisse décider en toute liberté intime de se faire féconder, de mener les grossesses à terme et d’étouffer le bébé une fois sorti de son ventre.
 
Il est plus vraisemblable qu’une femme soit dans le déni de la fonction reproductrice de son corps, qu’elle fasse comme si de rien n’était, qu’elle n’ait pas suffisamment de recul pour faire une demande d’avortement, voire en prendre la décision et qu’elle laisse courir jusqu’à ce que au moment de l’accouchement dans des conditions de désespoir et détresse extrême elle étouffe le nouveau né qui n’ayant été ni désiré ni porté spirituellement ne représente pour elle qu’une masse de chair encombrante.
 
Tous les psychologues expliquent que le désir d’enfant vient avant la conception, que l’embryon, le fœtus, le nouveau né prennent existence dans le désir de la mère et du père d’avoir un enfant. Un enfant non désiré est un fardeau qui sera voué à une non-vie, qui se trainera dans un chemin douloureux de comportements suicidaires parfois dangereux aussi pour autrui. Combien de criminels, combien de délinquants, combien de drogués et d’alcooliques, combien de SDF, combien de dépressifs ont été des bébés non désirés et abandonnés de facto, confiés à l’adoption ou placés par la Ddass dans des familles dont ils étaient le gagne-pain et traités en conséquence ?
 
Il est trop facile de faire porter sur la responsabilité des seules femmes l’infanticide, l’avortement ou l’abandon. Il faut être deux pour faire un enfant. Ne pas le rappeler, c’est encourager les hommes, déjà trop nombreux à le faire, à copuler sans assumer leur responsabilité. Oui, quand on copule, on peut attraper des maladies mais aussi et surtout des bébés. Un homme qui ne veut pas d’enfant, c’est son droit, utilise systématiquement un préservatif et ne se réfugie pas derrière des arguments aussi lâches que : elle m’a dit qu’elle prenait la pilule, elle m’a fait un enfant dans le dos, elle avait ses règles, elle m’a dit qu’elle était stérile, etc.
 
Le mari de Dominique devait être sacrément sensoriellement handicapé. Il n’a pas senti que la poitrine de sa compagne gonflait et durcissait-peut-être que du liquide en jaillissait, il n’a pas vu qu’elle était fatiguée ni que son humeur changeait, il n’a pas senti qu’elle changeait d’odeur ni que sa température se modifiait, il n’a pas perçu que son bassin se transformait, il n’a pas senti les contractions de son utérus, il n’a pas vu qu’elle n’avait plus de règles, il n’a pas compris qu’elle était soucieuse et ne lui a pas posé de questions, il ne s’est pas soucié de savoir si elle était sous contraceptifs et il n’a pas utilisé de préservatif.
 
Beaucoup de gens sont pudiques et inhibés pour parler de leur corps et de leur sexualité du fait de leur éducation, de leur religion, de leur personnalité. C’est une réalité qui mérite de l’indulgence et de la compréhension. Dominique et son mari étaient sans doute dans ce cas.
 
Mais condamner Dominique à la prison à vie pour avoir étouffé des morceaux de chair, ces non-enfants qu’elle ne désirait pas et écarter d’office la responsabilité de son époux qui avait participé à la création de ces chairs est une aberration, une injustice et la marque du mépris profond dans laquelle notre société tient ses femmes.
 
Soit on inculpe aussi le mari au titre de sa responsabilité de géniteur, soit on décide d’un non-lieu pour le couple.
Toute ma sympathie va à ce couple, à ses enfants, à ses petits enfants et leurs amis qui les soutiennent.

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139 réactions à cet article    


  • anty 31 juillet 2010 08:52

    Votre article est un scandale

    Vous soutenez les meurtres des femmes sous prétexte qu’elles sont femmes et toutes les excuses sont bonnes
    C’est un peu trop simple
    Pourquoi ne faites vous pas la même chose avec les les meurtres que commettent les hommes ?
    Votre idéologie féministe haineuse vous conduit a des raisonnements absurdes dénuées de toute humanité ...


    • Fergus Fergus 31 juillet 2010 11:46

      Bonjour, Pigripi.

      Sans aller jusqu’à parler de scandale comme Anty, je suis quand même assez stupéfait du contenu de cet article.

      D’une part parce qu’il banalise, plus ou moins consciemment, ces 8 infanticides.

      D’autre part, parce qu’il accrédite sans difficulté cette difficulté de relation de la mère au personnel médical, certes crédible chez une femme quelconque, mais assez incroyable dans le cas d’une aide-soignante que les collègues décrivent comme parfaitement intégrée et à l’aise dans le milieu. Et que dire de l’absence de contraception chez une aide-soignante ? Même en délicatesse psychologique avec les médecins, elle n’aurait eu aucune difficulté à se faire prescrire une ordonnance, fut-ce sans contact direct avec ces personnages « honnis », précisément en raison de son aversion.

      Enfin, cet article fait fi du travail des enquêteurs et sous-estime manifestement le type de relation sexuelle que pouvait avoir le mari avec cette femme : il n’y a pas que des hommes très attentifs ni très experts, et pour beaucoup l’acte sexuel peut se résumer à un contact instinctif dénué de toute véritable sensualité et de toute attention à la partenaire. Qui plus est, cette femme est obèse, ce qui modifie sans doute considérablement les possibilités de perception, et l’homme était semble-t-il assez souvent absent.

      Laissons l’enquête se dérouler le plus sereinement possible.


    • Fergus Fergus 31 juillet 2010 16:16

      En outre, je ne crois pas que le procureur ait décidé quoi que ce soit à l’encontre du mari. S’il ce dernier lui semble « hors de cause », j’ai personnellement compris, en l’écoutant, qu’il laisserait au juge d’instruction le soin de décider s’il y a lieu, en relation avec les suites de l’enquête, de le renvoyer ou non devant un jury.


    • zadig 31 juillet 2010 09:53

      A Pigripi,

      Merci pour ce article plein de vérités.
      Je suis content d’avoir un avis féminin sur ce sujet très douloureux.
      Je partage totalement votre avis.
      Je n’arrive pas à croire à la fable du mari ignorant de tout.
      Ou alors pour l’homme la femme n’était qu’un objet propre à assouvir un besoin.

      Néanmoins toute ma compréhension à ce couple certainement très fruste.

      Pour terminer être pour IVG pour tenter de réduire de pareils drames est un réflexe
      d’humanité.

      Cordialement.


      • FRIDA FRIDA 31 juillet 2010 13:35

        « Il n’a pas senti que la poitrine de sa compagne gonflait et durcissait-peut-être que du liquide en jaillissait, il n’a pas vu qu’elle était fatiguée ni que son humeur changeait, il n’a pas senti qu’elle changeait d’odeur ni que sa température se modifiait, il n’a pas perçu que son bassin se transformait, il n’a pas senti les contractions de son utérus, il n’a pas vu qu’elle n’avait plus de règles, il n’a pas compris qu’elle était soucieuse et ne lui a pas posé de questions, il ne s’est pas soucié de savoir si elle était sous contraceptifs et il n’a pas utilisé de préservatif »
        Tout est dit dans ce paragraphe. Effectivement, je me pose toujours la même question dans ces affaires criminelles similiaires où l’infiticide est commis par une femme mariée, tout à fait à l’opposé des mères-filles ou mères adultères ayant peur de la répression pénale et sociale de la société. Pourquoi en arriver là alors que la société a évoluer pour proposer des solutions au refus catégorique d’avoir ou d’assumer un enfant. Il y a l’accouchement sous x, l’avortement, et l’abandon de l’enfant.
        D’un autre côté, c’est quoi cette relation entre mari et femme, qui laisse un mari incapable de voir les changements physiques flagrants de sa femme, à moins qu’il soit absent pour la totalité de la période de la grossesse et de l’accouchement ??? un homme qui ne connaît rien à la femme, pour qui l’activité sexuelle est un besoin comme aller aux toilettes ???

        Je donne mes encouragements à l’auteur, et je trouve les critiques hors sujet et injustes.
        Il y a un autre phénomène de même type chez certaines mères qui ne voient jamais l’inceste commis par le père, elles refusent tout simplement de le voir ; ne pas voir la souffrance de l’enfant qui subit de telles agressions est de même type que les maris qui ne voient pas la souffrance physique et psychique de leur femme ;

        Les psychologues et les psychiatres que j’ai entendus sur cette affaires et autres, n’ont vraiment pas grand-chose à expliquer sauf parler de déni alors qu’il y a plus que ça.


      • Fergus Fergus 31 juillet 2010 16:26

        Bonjour, Frida.

        Vous avez entièrement raison concernant l’inceste que manifestement certaines femmes ne veulent pas voir pour ne pas mettre en péril leur couple, le cas échéant parce qu’elles sont, hélas, économiquement dépendantes de leurs maris.

        Sur le premier point, c’est méconnaître que la sexualité des personnes n’a rien à voir avec l’image d’expertise qu’en donne la plupart des films et des romans. Nombre d’hommes sont en effet si peu attentifs aux besoins et aux attentes de leurs épouses que cette histoire n’est finalement pas si étonnante qu’elle en a l’air.


      • supradine 31 juillet 2010 16:26

        Moi non plus je ne peux pas croire au mari ne voyant rien...la montée de lait après l’accouchement, les saignements, le bébé qui prend sa place dans le ventre de sa femme, la naissance elle-même, les cadavres dans le garage, voyons, c’est impossible à croire, surtout 8 fois ! Et les amis, les voisins, l’employeur, personne n’a rien vu ? Hum....

        C’est très choquant et incompréhensible de dédouaner ainsi le mari, de lui donner l’absolution sans chercher plus loin, de le rendre sourd , muet, aveugle, idiot , irresponsable


      • FRIDA FRIDA 31 juillet 2010 18:05

        @Fergus,

        Ce n’est pas une migraine, invisible, c’est des choses concrètes. Certains devinent en observant, mais parce que les signes sont là, qu’une femme est enceinte et c’est rare de se tromper ; combien de fois nous avons prédit qu’une femme que l’on connaît de loin qu’elle est enceinte pour que quelque temps après elle confirme la « rumeur ». Ne pas voir c’est aussi parfois ne pas vouloir voir.


      • Rounga Roungalashinga 31 juillet 2010 23:46

        Moi non plus je ne peux pas croire au mari ne voyant rien...la montée de lait après l’accouchement, les saignements, le bébé qui prend sa place dans le ventre de sa femme, la naissance elle-même, les cadavres dans le garage, voyons, c’est impossible à croire, surtout 8 fois !

        Souvent les femmes atteintes de déni de grossesse la grosseur est indétectable. Je connais l’exemple d’une fille maigre comme un clou qui a perdu les eaux en plein cours au lycée, à la stupeur générale. Donc il est tout à fait possible que le mari n’ait rien vu, pour peu qu’il ne soit pas très observateur ou que sa femme ne le laisse pas accéder à son intimité ( ce qui es plus que probable étant donné son problème psychiatrique appelé « déni »).


      • dereck 2 août 2010 18:36

        Cette article est un scandale il déresponsabilise le meurtrière.
        Il déresponsabilise une sérail killeuse.
        Mais surtout il occulte et nie la violence féminine !

        Non seulement c’est impossible à croire sauf à considérer que le mari est handicapé sensoriel, hypothèse dans laquelle une expertise médicale devrait confirmer le handicap avant de mettre le mari hors de cause.

        ==> C’est justement la qu’on voit que la mère en question n’est pas une sainte mais une tueuse de sang froid et déterminé.
        Son mari est sous emprise psychologique tout comme son entourage, c’est une véritable manipulatrice.

        La société occulte et nie la violence féminine en bloque car elle est incapable de la voir, ce ceci au grand malheurs des victimes de la violence fémine.


      • pigripi pigripi 31 juillet 2010 10:46

        @Zadig

        Merci pour votre commentaire réfléchi.
        Toutefois je ne suis pas OK avec ceci Néanmoins toute ma compréhension à ce couple certainement très fruste.

        Ce couple n’était pas forcément très frustre, tout comme le couple Courjault. La sexualité humaine est très complexe et les religions monothéistes très culpabilisantes, même quand on n’est pas pratiquant. C’est dans nos cultures.

        Outre que les relations entre hommes et femmes sont difficiles, la sexualité est la plupart du temps le lieu intime où se jouent des rapports de force, des rattrapages de traumatismes vécus dans l’enfance, la mise en acte de non dits masochistes empreints de mauvaise image de soi, de recherche de paradis perdus fantasmatiques, de rattrapage de frustrations quotidiennes, etc.

        Contrairement aux discours entendus, l’acte sexuel n’est pas toujours un moyen de rechercher le plaisir et uniquement le plaisir.

        Et puis il est évident que les hommes ne cherchent pas la même chose que les femmes dans le coït.


        • anty 31 juillet 2010 12:01

          La sexualité humaine est très complexe et les religions monothéistes très culpabilisantes, même quand on n’est pas pratiquant.

          Qu’est ce que la religion a avoir dedans

          Propos débiles d’une idéologue qui cherche tous les prétextes plus ou moins foireux pour expliquer l’ inacceptable.
          Mettez vous dans la tête qu’une femme est un homme comme un autre qui peut faire des saloperies comme tout le monde
          Lui chercher des excuses pour 8 meurtres est tout simplement inadmissible


        • Catherine Segurane Catherine Segurane 31 juillet 2010 10:59

          D’accord avec l’auteur.



          • pigripi pigripi 31 juillet 2010 11:05

             

             AFFAIRE DE VALOGNES : TRISTE ECHEC DE LA CONTRACEPTION

            DATE : 10/19/2007

            Ce que j’écrivais le 4 novembre 2006 à propos de l’affaire des « bébés congelés » est toujours valable aujourd’hui pour la triste affaire de Valognes où on a retrouvé 5 bébés morts dans une caveLa mère serait une femme de 36 ans, mère d’un enfant de onze ans, active à la FCPE et dans les actions humanitaires organisés par les Téléthons

            Ce drame me peine énormément car il révèle une grande souffrance chez la femme mise en cause et s’ajoute à la longue liste de ces « infanticides » récurrents qui rappellent que beaucoup de femmes n’ont pas la maîtrise de leur corps malgré l’existence de nombreux moyens contraceptifs et que les hommes ne prennent pas leur responsabilité par égoïsme et lacheté, même dans les couples constitués

            BEBES CONGELES, INFANTICIDES ET ECHEC DE LA CONTRAcEPTION

            La vie d’un être commence avec le désir de ses parents. Sans amour, un être humain ne peut pas croître harmonieusement tout comme les plantes dépourvues de soins périssent. La plupart des SDF que j’ai rencontrés avaient été abandonnés par leurs parents et placés dans des conditions indigentes et instables par la DDASS. Une fécondation non désirée reste une fécondation. Ce n’est ni un bébé, ni un enfant, ni un être. Ce n’est qu’un phénomène biologique. Une femme qui se découvre enceinte contre son désir connaît une véritable terreur. Elle ne voit pas de bébé grandir dans son ventre mais un cancer qui la ronge, une tumeur dont elle doit se débarrasser. Le refus de grossesse entraîne le déni de grossesse. Les psychiatres font état de cas de femmes dont la grossesse reste indétectable jusqu’à leur accouchement qu’elles ne vivent pas comme la naissance d’un bébé mais l’expulsion d’une tumeur. Je le sais pour en avoir fait l’expérience et avoir pu avorter alors.

            Les faits divers récents révèlent un drame de santé publique : l’échec de la contraception. La presse et la justice qualifient d’infanticide ce que je considère comme des avortements tardifs. Aujourd’hui en France, il y a encore, malgré tous les moyens de contrôler les naissances, 200 000 avortements par an. Il s’agit des avortements déclarés et effectués légalement dans les cliniques et les hôpitaux français. Ce chiffre déjà énorme ne tient pas compte des avortements « maison » ni de ceux réalisés à l’étranger lorsque le délai légal a été dépassé. Les spécialistes admettent que la planification des naissances est un échec. Il y a encore beaucoup trop d’avortements et de naissances non désirées, surtout chez de très jeunes filles. Comment est-ce possible alors que les moyens contraceptifs sont facilement accessibles, que la pilule du lendemain est vendue sans ordonnance et distribuée dans les établissements scolaires ?

            On ne peut pas comprendre le problème si on ne part pas du principe que la sexualité est une chose complexe, mystérieuse, passionnelle, troublante, encore tabou et que la perception de leur corps et de leur genre par les femmes est extrêmement compliquée en même temps que la plupart des hommes s’en désintéressent puisqu’ils profitent de l’aliénation des femmes dans leur rapport biologique et psychologique à la procréation. D’un côté le corps des femmes est exhibé, marchandisé, manipulé par la pornographie et le commerce, de l’autre, le puritanisme des intégrismes religieux, les archétypes sur les relations hommes/femmes et les rapports de force entre les hommes et les femmes créent une confusion dans l’esprit des plus sensibles, des plus fragiles, des plus jeunes et des plus démunies.
             
            La « liberté des mœurs » profite avant tout aux commerces de porno, qu’il soit hard, soft ou chic et aux hommes, qu’ils soient maquereaux ou nomades sexuels. Sans parler des cas de viol et de viol par inceste ou par pédophilie, beaucoup de relations sexuelles sont obtenues sous une contrainte « douce » : persuasion, manipulation, chantage affectif, promesses, séduction perverse, etc. Ces types de relations ne laissent pas de place à la contraception féminine et les hommes ne s’embarrassent pas de « précautions » ou de l’utilisation du préservatif. Le baiseur ignore la solidarité avec sa partenaire. Certaines jeunes filles tombent enceintes dès le premier rapport sexuel qu’elles n’avaient pas planifié. Innocence, timidité, pudeur, crainte d’être rejetée et ignorance sont des obstacles à la prévention des grossesses indésirées. Non seulement prendre un rendez-vous chez une gynécologue alors qu’on n’a pas encore eu de rapport sexuel demande de la détermination mais il faut aussi avoir les moyens de payer la consultation et les plaquettes de pilules ou autres moyens contraceptifs, tous onéreux.

            Dans les grandes villes, les jeunes filles peuvent se rendre au planning familial pour bénéficier de consultations gratuites et anonymes mais déjà il faut en connaître l’existence et toutes les jeunes filles ne vivent pas en ville. Chez les femmes plus âgées, éventuellement mariées, les grossesses indésirées peuvent advenir par oubli de la pilule, par abandon de celle-ci quand les relations conjugales se font rares et semblent ne plus justifier la prise quotidienne d’un médicament, lorsqu’il n’y a pas de communication dans le couple ou lorsque les partenaires sont inhibés par les préceptes du Pape ou de je ne sais quel ayatollah. Il peut aussi y avoir désaccord dans le couple sur le nombre d’enfants souhaités. Les violences psychologiques et physiques, le viol conjugal et l’état de sujétion d’une partenaire soumise à la loi du mâle empêchent la femme de maîtriser son corps. L’alcoolisme est également un facteur aggravant.

            Dans tous les cas, la responsabilité de l’homme est immense. S’il refuse d’utiliser un préservatif, il doit être conscient du fait qu’il peut aussi bien « attraper » des maladies que des bébés. Malheureusement, trop nombreux sont ceux qui considèrent que la femme doit assumer les risques, que ce n’est pas une affaire d’homme. Utiliser un préservatif n’est pas une question financière pour un homme déterminé à prendre ses responsabilités car beaucoup de centres donnent des préservatifs gratuitement. Mais beaucoup d’hommes se plaignent de « ne plus rien sentir » lorsqu’ils habillent leur pénis de quelques millimètres de caoutchouc. J’avais lu il y a un ou deux ans un rapport de l’INED (Institut des études démographiques) sur la persistance de l’avortement en France et son utilisation moyen tardif de contraception. Il ne semble pas que le Ministère de la Santé en ait tiré toutes les conclusions qui s’imposent.

            On imagine mal dans la France catholique bienséante des campagnes de communication sur la contraception. Cela peut paraitre aberrant en 2006 mais la contraception reste encore un sujet tabou car, que ce soit chez les chrétiens, les juifs o u les musulmans, il faut « croître et multiplier ». Quant à l’avortement, l’église catholique l’interdit et les médecins qui travaillent dans les centres d’orthogénie sont mis au ban de la profession. Ces services manquent de moyens et de main d’œuvre au point que certaines femmes ne parviennent pas à se faire avorter dans les délais légaux et doivent se rendre en Espagne au prix d’un énorme effort financier qui n’est bien sûr pas accessible à tout le monde.

            Qu’en est-il aujourd’hui de l’éducation sexuelle et de l’information sur la planification des naissances dans les écoles ? Une campagne en faveur de la contraception a été vue quelques temps à la TV en septembre mais elle ne s’adressait qu’aux femmes Qu’en est-il de la position des gynécologues sur l’information de la contraception auprès des jeunes filles et des femmes de tous âges, mariées, pacsées ou célibataires ? Qu’en est-il de ces médecins cathos qui pour soulager leur conscience travaillent étroitement avec des associations cathos qui promettent aux jeunes femmes enceintes en détresse de s’occuper de leur bébé à naitre et font un véritable racolage au nom de « laissez-les vivre » ? Et qu’en est-il de la liberté des femmes d’en parler avec leur partenaire ? Pourquoi certaines n’y parviennent pas ?

            Les lobbys gays ont réussi à développer des campagnes nationales très visibles et constantes sur la nécessité d’utiliser le préservatif contre le VIH et c’est une excellente chose. Cela semble plus facile et acceptable que lancer de grandes campagnes d’information sur la contraception aussi bien à l’adresse des femmes que des hommes. Gays ou hétéros, les hommes savent défendre leurs intérêts. Les femmes ont encore un long chemin à parcourir et la société ne les y aide pas en acceptant implicitement que la maternité soit un boulet ou un handicap, notamment à l’embauche. (pour justifier des salaires inférieurs de 30% à ceux des hommes pour le même emploi).


            • jef88 jef88 31 juillet 2010 11:20

              Elle avait eu de mauvaises relations avec les médecins, ce qui n’est pas exceptionnel
              Pour une aide-soignante modéle, c’est quand même rare...

              Mais condamner Dominique à la prison à vie pour avoir étouffé des morceaux de chair, ces non-enfants qu’elle ne désirait pas et écarter d’office la responsabilité de son époux qui avait participé à la création de ces chairs est une aberration, une injustice et la marque du mépris profond dans laquelle notre société tient ses femmes

              Dorénavant je regarderai mon steack haché avec beaucoup plus de compassion.
              Votre propos est détestable ! Que l’homme ait une responsabilité oui ! Mais ce n’est pas lui qui sent le bébé grandir dans son ventre et qui l’étrangle.....

              De toute façon il y a trop d’inconnues dans ce dossier pour avoir un propos définitif :
              - Le père n’était il vraiment au courant de rien ?
              - La mère a t’elle toute sa raison ?
              - Qui est le vrai père ? Attendons l’ADN
              - Personne n’a vraiment rien vu ni deviné ?
              -Etc etc...


              • Annie 31 juillet 2010 11:32

                Je n’ai pas assez suivi cette affaire pour porter un jugement, ou pour accuser ou disculper le mari ou la femme. Mais l’ignorance du mari n’est pas très différente de celle des femmes qui vont au terme de leur grossesse sans se rendre compte qu’elles sont enceintes. Il me semble (et je l’espère) qu’il s’agit d’un cas extrême et exceptionnel, à partir duquel il est impossible de généraliser, ou de tirer des conclusions .



                  • anty 31 juillet 2010 12:49

                    Les meurtriers des femmes dans les pays islamiques ont souvent le village derrière eux..

                    Ceci n’excuse pas le meurtre


                  • Catherine Segurane Catherine Segurane 31 juillet 2010 12:56

                    Anty :

                    « Les meurtriers des femmes dans les pays islamiques ont souvent le village derrière eux..

                    Ceci n’excuse pas le meurtre »

                    ___

                    Ces meurtres là, d’après vos commentaires sur d’autres articles, on n’a pas l’impression que vous les condamnez très fort.


                  • anty 31 juillet 2010 13:03

                    Détrompez vous je ne suis pas comme vous qui exploite les faits divers pour condamner une autre partie de la population sous prétexte qu’il ne sont pas femmes


                  • Causette Causette 31 juillet 2010 11:40

                    bonjour Pigripi, je ne comprends pas bien, après avoir voté OUI à votre article de 66 + le compteur est passé à 62 !!!

                    pour en revenir à votre article, comme beaucoup c’est la question que je me pose :

                    comment un homme peut-il être à ce point inattentif et autant indifférent aux sentiments et aux agissements de sa compagne tout en ayant des relations sexuelles avec elle ? ce qui est certain c’est que cette femme était terriblement seule pour affronter ses problèmes.


                    • Waldgänger 31 juillet 2010 12:37

                      Il pouvait s’agir de sexualité sans sentiments pour la femme, ni attirance physique, mais je sais que dans ce genre de cas on ne s’intéresse pas au corps de la femme. 

                      Ce genre de relations m’est arrivé, mais dans ce genre de situations, on ne s’engage pas et on ne promet rien du tout, sans même parler de se mettre en ménage voire de faire des enfants. Mais sans rentrer dans les détails, disons qu’on ne fait plus du tout attention à l’humanité de l’autre personne.

                      Après tout, la sexualité sans amour existe, ce n’est pas nouveau. 

                    • Causette Causette 31 juillet 2010 13:15


                      Wald je suis d’accord avec vous
                      je parlais d’une relation entre deux personnes qui vivent ensemble depuis des années, il paraît assez évident que dans cette affaire ce couple ne communiquait plus que pour la liste des courses à faire


                    • Waldgänger 31 juillet 2010 13:46

                      J’essayais de m’imaginer ce que j’avais pu éprouver dans certaines circonstances, en les transposant dans ce qui était peut-être devenu la triste réalité d’un couple. 

                      Je vous suis, ça ne devait pas être gai tous les jours entre eux, selon toute probabilité. Là, il faut se demander aussi pourquoi la société pousse à la mise en couple systématique, sans se demander ce que les partenaires ont vraiment à se dire ou à s’échanger.

                    • avshareli avshareli 31 juillet 2010 11:46

                      « Mais condamner Dominique à la prison à vie pour avoir étouffé des morceaux de chair, ces non-enfants qu’elle ne désirait pas  »

                      Votre article madame est un scandale et votre raisonnement une aberration ; que vous estimiez que le mari ait autant de responsabilités que sa femme dans ces crimes odieux soit , mais que vous cherchiez à justifier ces actes monstrueux , là ,stop ! Votre féminisme ranci vous aveugle complètement !
                      Une maman qui tue sa progéniture et de plus, à répétitions n’est pas normale et a besoin d’être internée dans un asile psychiatrique, point barre. J’ai vu des mamans sans le sou, sans amour, sans soutien avoir plusieurs enfants sans le désirer et sans pour autant les trucider. Comment pouvez-vous chercher à disculper ces actes , madame ? La seule défense de cette femme est la folie , car tuer ses propres enfants relève de la psychiatrie . 
                      Vos propos sont dangereux madame vous défendez l’indéfendable. Il faut se poser des limites même dans son amour immodéré pour la cause des femmes.

                      • Le chien qui danse 31 juillet 2010 12:00

                        +1, il semble que pour l’auteur les enfants n’existent qu’au travers du désir de la mère qui peut en « disposer » à son gré.
                        J’espère avoir mal compris le texte ou que c’est un défaut de syntaxe !!!!


                      • antonio 31 juillet 2010 11:48

                        N’importe quoi : vous êtes duper-douée pour expliquer et « excuser » un tel geste, sans connaître la mère, ni le dossier ! ! !
                        Cette mère avait déjà mis au monde et élevé deux filles : comment ces nouveaux-nés non désirés pouvaient-ils n’être pour elle qu’une « masse de chair encombrante » ?

                        Et si c’était le mari qui avait tué les huit bébés à la naissance, auriez vous la même
                        « mansuétude » ??? Parleriez -vous de « déni » de paternité, de « masses de chair encombrante » ?? ?

                        Ce « fait divers » horrible révulse. Bien sûr qu’on peut s’interroger sur ce qui a conduit cette pauvre femme à de telles extrémités.
                        Pour ma part, je m’estime incapable de comprendre et d’expliquer. et bien sûr d’excuser.

                        Quant au mari, certes, j’ai du mal à concevoir qu’il n’ait rien vu ; mais qui connaît le mystère des relations dans un couple quand il est seul ? Je connais beaucoup de couples qui sont de mes amis et pourtant je ne m’aventurerais pas à prétendre expliquer leur intimité...

                        J’ajouterai qu’il existe bien des enfants dont la naissance ne fut pas « désirée » et qui se sont élevés et épanouis comme des enfants « désirés ».

                        Quand le « féminisme » devient dogmatique, sectaire et agressif ( à l’égard des hommes) , il me déplaît fortement....


                        • antonio 1er août 2010 07:20

                          @ rodier _ a

                          Bien d’accord avec vous.

                          Vous savez, on peut tout imaginer à propos de cette femme : peut-être, ressentait-elle un réel plaisir à être enceinte « en secret » et aussi un plaisir pervers à étrangler les nouveaux-nés...c’est une hypothèse parmi des centaines d’autres...comme l’auteur dit n’importe quoi, je me permets de faire comme elle ! !
                          Hier, une de mes amies m’a raconté que dans son entourage professionnel, elle avait connu 2 dénis de grossesse.
                          Une dame de forte corpulence avait consulté plusieurs fois son médecin pour « des maux de ventre ». Ce dernier n’a pas pensé qu’elle pouvait être enceinte. Aucune de ses collègues non plus. Eh bien, quand à sa grande surprise, elle a accouché seule, chez elle, elle dit que son premier geste a été de mettre l’enfant au sein...et celui-ci a été élevé normalement avec amour.
                          Il en a été de même pour une plus jeune femme dont la silhouette n’avait pas changé. Elle a accepté et aimé son enfant sans difficulté.

                          La femme est un être humain, et comme tout être humain, elle peut avoir des pulsions criminelles ; Sa « féminité » ne l’excuse en rien.

                          Et je prends « en grippe » Pigripi !

                           !


                        • pigripi pigripi 31 juillet 2010 11:51

                          @causette

                          Oui, malheureusement, beaucoup trop de femmes sont désespérément seules lorsqu’il s’agit de leur corps, de leur fonction de reproduction et de leur relation à la maternité dans une société qui considère généralement que l’instinct maternel est la règle.
                          Toutes les petites filles doivent jouer à la poupée, toutes les femmes doivent aimer les enfants et aimer en avoir tout plein.

                          La société est aussi dans le déni des réalités et le respect des individualités.

                          Les hommes aussi sont malheureux de cette situation mais ils ne l’admettront jamais, virilité oblige.

                          Au total tout le monde est malheureux pour s’accrocher aux principes et ne pas vouloir admettre la complexité des réalités ni respecter leurs propres sentiments et sensibilités.


                          • Catherine Segurane Catherine Segurane 31 juillet 2010 13:02

                            Pigripi :

                            « La société est aussi dans le déni des réalités et le respect des individualités. »
                            ____

                            J’aime bien cette remarque sur le déni de la société.

                            En fait, il y a une chaîne de dénis, c’est à dire de refus de voir des choses pourtant grosses des maisons.

                            La société dénie (c’est à dire qu’elle écarte une perception alors qu’elle a parfaitement vu) qu’une grossesse peut être une terrible violence faite à une femme ;

                            La femme dénie qu’elle est enceinte.

                            L’homme dénie qu’il a vu que sa femme est enceinte.




                          • rocla (haddock) rocla (haddock) 31 juillet 2010 15:10

                            Qui c ’est ce Denis  ?


                          • pigripi pigripi 31 juillet 2010 11:59

                            Les commentaires agressifs vis à vis de mon article proviennent d’hommes.

                            Alors, Messieurs, je vous pose une question :

                            Quand vous copulez, à chaque rapport, demandez-vous à votre partenaire si elle désire être fécondée ?
                            Et si elle répond non, utilisez-vous sans commentaires ni pression un préservatif ?


                            • Le chien qui danse 31 juillet 2010 12:05

                              Vous avez un regard sur les hommes et leur sexualité pour le moins réductrice, élargissez votre champ relationnel, tout les hommes ne sont pas des violeurs en puissance !!!


                            • anty 31 juillet 2010 12:14

                              Les commentaires agressif vis à vis des hommes vient des femmes ou plut^t d’une femme :vous

                              Les femmes les vraies (que vous prétendait représenter ) sont souvent autrement plus durs avec cette meurtrière sur les autres sites

                              Encore une posture victimaire d’une féministe déboussolée par ses propos stupides et la véhémence justifiée des internautes


                            • jef88 jef88 31 juillet 2010 12:27

                              UN SCOOP :
                              La contraception.... ça existe......


                            • slipenfer 31 juillet 2010 18:03

                              @ pigipi
                              Quand vous copulez, à chaque rapport, demandez-vous à votre partenaire si elle désire être fécondée ?
                              Et si elle répond non, utilisez-vous sans commentaires ni pression un préservatif ?

                              Je pose la question avant,pendant,ou après ?
                              une journée de travail ?
                              en vacances ?
                              Avoir bu 10 bières
                              sous mdma
                              sous N,N-diéthyllysergamide
                              a ma femme légitime
                              a ma voisine
                              a ma collègue de travail
                              a mon ex
                              a ma meilleur amie
                              a une inconnue
                              a 2
                              a 3
                              a 4 ex....
                              il faut définir un cadre de réflexion,pour faire une statistique.
                              et puis si on est un peu facétieux,ex :
                              pratiquer la méthode indienne (forte pression de l’Urètre a la base du pénis
                              avant éjaculation),puis se retirer discrètement, sa évite les questions.
                               pour plus d’info
                              je n’ai jamais essayé votre méthode,mais je prend note. smiley
                              j’ai un ami qui a subit une vasectomie (volontaire) il ne sent plein pas
                              3 enfants lui on suffit.

                              Vous réduisez la sexualité a la copulation et la conception d’un enfant
                              c’est d’un triste ,malheur, en plus sur un article concernant un fait
                              divers grave.Qui relève de la maladie mental.
                              Les causes de ce dysfonctionnement psychique,peuvent être débattus effectivement.
                              cordialement.



                            • pigripi pigripi 31 juillet 2010 12:05

                              C’est faire preuve d’humanité que de compatir à la souffrance de Dominique dont les filles disent qu’elle était « secrète ». Elle a du vivre dans une douleur extrême, compensant par une hyperactivité auprès de sa famille et ses clients.

                              Si elle avait maitrisé la situation, elle aurait pu utiliser un moyen de contraception ou demander à son mari d’utiliser un préservatif.

                              Si elle avait maitrisé la situation, elle aurait pu faire les démarches nécessaires à un avortement légal.

                              Il est évident que Dominique subissait et ne maitrisait pas la situation. Pourquoi ?


                              • easy easy 31 juillet 2010 12:18

                                Ce qui caractérise l’humanité (le sentiment humaniste) c’est la solidarité d’abord (mais ça beaucoup d’animaux la pratiquent) et l’entraide au sens où on l’accomplit malgré tout, malgré les différences, malgré le fossé, malgré le désaccord. C’est quand on prouve que le sang, que la vie des autres est toujours sacrée. 

                                L’entraide entre soldats de la même armée, n’a rien du sentiment humaniste, au contraire. C’est l’entraide entre ennemis (Cf. Joyeux Noël) qui relève du sentiment humaniste. C’est la Croix-Rouge qui aide les blessés des deux camps qui est humaniste.


                                Le sentiment humaniste est rare. Si nous ne nous entretuons pas plus souvent, c’est parce que nous n’avons pas le droit de le faire, pas par humanisme. Dès qu’un droit nous est donné de tuer ou de lyncher, la plupart d’entre nous en profitent (en tous cas suffisamment d’entre nous en profitent pour que le sang coule).

                                Des mères tuent leur enfant.
                                Quelques fois en meutre unique qui les traumatise (comme un avortement traumatise) et quelques fois en série, et avec le même géniteur et là, il est clair que leur premier infanticide ne les a pas traumatisé. Elles sont dans une bulle dans laquelle le concept d’amour universel, étendu à tous, à n’importe qui, semble ne pas avoir de place.
                                Lyncher une personne parce qu’elle n’a pas de sentiment humaniste, c’est valable pour ceux qui, comme une telle criminelle, n’ont pas trop ce sentiment en eux ou s’asseoient facilement dessus dès qu’ils se trouvent quelque bon droit, voire un devoir de le faire.

                                Un humaniste va toujours chercher à partager, à reconnaître une responsabilité commune. Dès qu’on a cette obsession ou névrose, on peut effectivement trouver toutes sortes de preuves qu’on est co-responsable du déraillement d’un train à l’autre bout du monde. 

                                J’ai passé mon enfance dans deux très sales guerres et j’ai cette névrose ou obsession de toujours réunir, jamais séparer. Comment je juge les cas d’infanticide en série, ou les cas Kerviel ou Polanski ?
                                Essentiellement dans leur attitude après. Leur attitude APRES dépend essentiellement de l’attitude des sages face au constat de leur crime. Ca dépent de la manière dont on les stigmatise, les isole et les pousse vers l’abîme. Car quand on chope une personne pour la traîner vers une branche, même une personne qui n’a pas grand chose à voir avec ce dont on l’accuse, elle va sortir un couteau de sa cuisine et mouliner tout ce qu’elle pourra. Bec, griffes, dents, insultes, elle utilisera tous les moyens contre la meute hystérique qui veut la tuer. Elle joue sa vie d’urgence, elle ne peut pas réfléchir, méditer, soupeser, partager puisqu’elle est aux abois (et elle a une sale tête du coup). Trop menacée, trop effrayée une telle personne ne peut qu’apparaître repoussante, bestiale comme ses pourchassant se plaisent à dire. 

                                Si en aucun endroit on ne reconnaît le moindre partage de responsabilités avec elle, la personne accusée se sent isolée et joue l’isolement (ce que Jeanne d’Arc aurait fait lors de son procès. Infiniment isolée elle s’écartait des hommes, se rapprochait de Dieu et pouvait apparaître folle aux yeux de qui en avait envie)

                                Quand des criminels, même en série, sont chopés et traités avec humanisme, ils sortent souvent de leur embullement (self-endoctrinement ou encartement) et faire preuve non pas de repentance puisque c’est un concept flou, fourre-tout, non objectif, inquisitorial (on prétend lire la pensée d’autrui) et infiniment exigeant pour les procureurs, mais d’une sortie de la vision originelle. Ils peuvent se dire « C’est fini, je ne recommencerai plus jamais un truc pareil ». Et ils ne recommencent plus. Le nombre de gens qui ont commis une faute, même non officiellement condamnable comme par exemple abandonner son chien, son enfant ou son conjoint ou accuser à tort quelqu’un, et qui ne recommencent plus jamais, est inconnu mais forcément énorme. Nous sommes très, très nombreux à ne jamais récidiver nos erreurs (y compris en matière de drogue, d’alcoolisme, de conduite dangereuse, etc.)

                                Nous apprécions quand, après avoir forcé sur la vitesse, les gendarmes nous arrêtent et nous offrent un désembullage avec humanisme au lieu de nous coller direct un PV. Nous ressentons cet esprit « d’entraide malgré tout » et nous ne pensons pas « Connard ». Et c’est très souvent qu’ensuite, dans un esprit plus fraternel et responsable, nous levons le pied. 

                                Il faut traiter les mères infanticides, même en série, avec le plus d’humanité pour les faire sortir de leur bulle. Et dans ce mouvement d’entraide malgré tout, il est totalement illogique d’écarter du principe du partage des responsabilités, leur conjoint. 

                                Ecarter le conjoint du Partage, c’est poser clairement l’idée qu’untel, qu’un autre, que tout le monde, même quelqu’un d’extrêmement proches d’elle, peut être exclu de responsabilités dans ce drame. Exclure les proches de toute responsabilité c’est super exclure les moins proches de toute responsabilité. C’est le propre des juges d’Etat de s’exclure de toute responsabilité dans les fautes de ceux qu’on soumet à leur jugement. Le roi peut juger parce qu’il est innocent.

                                Juger en parangon de vertu, c’est donc isoler infiniment celle qui a tué et c’est augmenter son embullement (qui vaut un embullement de Brigade Rouge, d’ETA ou de Talibans). La condamner par un super isolement, c’est la punir, la faire souffrir en prétextant que c’est pour qu’elle blanchisse, pour qu’elle se purifie ou pour qu’elle paye. Alors qu’il ne s’agit que de vengeance, de défoulement et de sacrifice d’autrui au dieu volcan.


                                Dans la mise en examen -qui veut essentiellement dire qu’on examine tout ce qu’il y a à examiner- il serait humaniste d’examiner sinon les 6 milliards de personnes qui font ce Monde, du moins les 15-30 personnes qui font le contexte de cettepersonne. Chaque fois qu’on est dans un cas où il n’y a pas de risque évident que le criminel recommence immédiatement un autre crime, il faut le traiter comme tous les examinés de son affaire et tous les examinés doivent alors être traités avec humanisme, ce qui renvoie à redéfinir la mise en examen et aussi la GAV.

                                Que ce soit Treiber, Jeanne d’Arc ou Kerviel ou Salem, il fallait examiner tout un groupe et leurs père et leur mère, non une seule personne.

                                Rien n’est plus absurde que d’isoler une personne alors qu’on lui reproche une attitude isolée.


                                On doit examiner le groupe dans lequel a évolué celui qui a découvert le virus du Sida et on doit examiner le groupe dans lequel a évolué celui qui a commis un crime. Il reste possible de remettre le prix Nobel à une seule personne mais on doit citer son équipe et même ses rivaux qui l’ont aiguilonné. Il reste possible de condamner plus spécifiquement une personne unique mais on doit dire les moindres co responsabilités de son groupe.

                                On se doute bien que les parents d’un criminel se disent in petto qu’ils ont une part de responsabilité. On se doute bien que le mari d’une femme qui tue ses enfants, qui avorte, qui les abandonne, se dit in petto, qu’il y est pour quelque chose. Alors pourquoi ne pas traduire officiellement ce fait du partage des responsabilités ? Parce qu’on a tous le méta souci d’être innocent. C’est parce que nous tous, nous tenons à notre innocence, parce que nous préférons nous poser en victimes plus qu’en responsables, que nous acceptons depuis des millénaires qu’une personne se retrouve absolument isolée.
                                 « Lui là, dans le volcan, et on sera tous blanchis, épargnés ! »


                                Rien que ma manière de recourir au NOUS en irrite déjà des milliards qui préfèreraient ne pas être impliqués dans ce que je dis. « Arrête Easy, je n’ai rien à voir avec ça, je suis innocent, lâche-moi ». C’est le cercle vicieux de l’innocence et non celui du crime qui est le problème de fond.

                                Qu’à chaque début de guerre, chacun déclare qu’il est co-responsable de la tension et la guerre n’aura pas lieu. Que chacun se prétende innocent et elle a forcément lieu.

                                Ce qui se passe au premier plan est qui est contrôlé est TOUJOURS un masque. Accuser autrui (comme nous le faisons à longueur de topics ici) masque la réalité de notre besoin de nous innocenter. Dieu seul sait de quoi, lui qui a séparé les hommes en coupables d’un côté et innocents de l’autre.


                                • oncle archibald 31 juillet 2010 12:19

                                  Ce qui est difficile à accepter dans votre article,c’est le passage du cas particulier à la théorie générale ...

                                  Le cas particulier ne peut qu’appeler notre compassion. De toute évidence cette femme souffre d’une grave carence affective et de troubles pshychiques impressionants ... Je suis tout à fait d’accord sur le fait qu’il vaudrait mùieux des medecins que des juges pour l’aider à se rendre compte de ce qu’elle a fait ...
                                  En revanche, tirer de cet horrible fait divers la conclusion que l’on peut « étouffer des morceaux de chairs » juste après la naissance au nom du féminisme triomphant puisque ces bébés n’étaient pas voulus et attendus .. alors la ! les bras m’en tombent ...
                                  Et pour répondre à la question de votre dernier post : je ne copule pas, je fais l’amour à ma femme. Nous avons eu trois enfants dont deux voulus formellement, et un autre résultat d’un dérapage de stérilet ... Ca n’en a pas fait un morceau de bidoche pour autant et il a été aimé et élevé exactement de la même façon que les « programmés » ...

                                  • anty 31 juillet 2010 12:22

                                    Les meurtres des bébés connus par les services de police ne sont qu’une partie de l’iceberg.
                                    Les femmes tuent leurs bébés dans les couches sociales la pauvreté n’explique pas tout
                                    Voici quelques affaires connus

                                    CHRONOLOGIE - Ces affaires ne sont pas exceptionnelles. Mais le cas divulgué mercredi constituerait le plus important depuis une trentaine d’années.

                                    Voici les principaux infanticides multiples jugés ou encore à l’instruction :

                                    - 27 avril 1984 : Solange Playe, 34 ans et son époux Gilbert, 44 ans, sont condamnés par la cour d’assises de l’Allier à 5 ans d’emprisonnement, dont 3 avec sursis. La mère avait étouffé deux nouveau-nés en 1978 et 1981. Un troisième avait été tué en 1982 par le père.

                                    - 13 novembre 1984 : Jean-Pierre Leymarie, 45 ans, et son épouse Rolande, 33 ans, sont condamnés par la cour d’assises de la Corrèze, respectivement à 8 ans de réclusion et 5 ans d’emprisonnement avec sursis, pour avoir tué entre 1976 et 1983 sept nouveau-nés. Le père étouffait les bébés et les enterrait.

                                    - 25 novembre 1988 : Rosita Garnier, 38 ans, est condamnée à 6 ans de réclusion à Blois pour avoir supprimé trois nourrissons en 1985, 1986 et 1987. Son mari Claude, 37 ans, est condamné à 4 ans d’emprisonnement pour complicité.

                                    - 12 mars 1990 : Sylvie Coulon, 27 ans, aide-puéricultrice, est condamnée à 12 ans de réclusion à Limoges. Elle avait jeté quatre nouveau-nés aux ordures.

                                    - 14 décembre 1990 : Marie-Françoise Buisson, 27 ans, animatrice de radio, est condamnée à 8 ans de réclusion à Limoges, pour avoir tué quatre nouveau-nés entre 1982 et 1989.

                                    - 13 janvier 2000 : Une mère de 40 ans est incarcérée après la découverte des corps de trois nouveau-nés dans le congélateur de son ancien appartement à Pithiviers (Loiret).

                                    - 18 mars 2003 : Quatre corps de bébés sont découverts à Tinténiac (Ille-et-Vilaine). Christine F., 41 ans, sera condamnée en novembre 2005 à Rennes à 15 ans de réclusion.

                                    - 21 octobre 2003 : Les cadavres de cinq nouveau-nés, empaquetés dans des sacs-poubelles, sont découverts dans une forêt à Galfingue (Haut-Rhin). L’ADN révèle qu’ils sont issus de la même mère.

                                    - 27 janvier 2006 : Trois cadavres de nourrissons sont trouvés enterrés dans un jardin à Contres (Loir-et-Cher). La mère, ancienne occupante des lieux, est mise en examen.

                                    - 22 août 2007 : Trois nouveau-nés morts en 2001, 2003 et 2006 sont retrouvés à Albertville (Savoie) au domicile de leur mère dans des malles et dans un congélateur. La femme avoue les faits.

                                    - 17 octobre 2007 : Les corps de six nouveau-nés sont découverts dans une cave de Valognes (Manche). La mère, Céline Lesage, 34 ans, avoue les avoir tués entre 2000 et 2007. Elle est condamnée à 15 ans de prison.

                                    - 18 juin 2009 : Véronique Courjault, 41 ans, est condamnée à Tours à 8 ans d’emprisonnement pour le meurtre de trois nouveau-nés, commis en 1999 en France, en 2002 et 2003 en Corée-du-Sud............

                                     

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