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Inflation

Certains prétendent que dans son essence il était jacobin, socialiste dirait-on aujourd’hui, sans doute pour le dépeindre sous son meilleur jour. En même temps, Adolf Hitler et Benito Mussolini l’étaient. Non, il était capitaliste, Napoleone Buonaparte, et quand l’actuel président français prend grand soin de lui rendre ses lettres de noblesse, il a le mérite d’être cohérent.

Une chose est sûre, l’empereur aimait l’argent et il savait s’enrichir, au moyen de raids militaires d’une part, mais également par l’emprunt bancaire. Fin stratège, il avait reconnu très tôt que le vrai pouvoir n’est point en mains des militaires, mais des banquiers.

En s’inspirant du principe de la mise en gage des biens de l’état, volés à l’aristocratie et au clergé par les révolutionnaires, par l’émission d’une nouvelle monnaie fiduciaire, les assignats, l’empereur créa, avec un groupe d’amis banquiers, la Banque de France dont il fut le premier actionnaire, au même titre que sa mère, Letizia, son épouse Joséphine, la belle-famille, les Beauharnais, ainsi que son beau-frère Joachim Murat, futur roi de Naples. Il faut dire que le fonctionnement de la Banque de France de l’époque n’est pas très éloigné de celui de la Réserve Fédérale, la banque centrale américaine, aujourd’hui, également une institution privée.

Au même titre que l’empereur, qui se servait du monopole de la création monétaire pour s’enrichir, en déclenchant le phénomène de l’expropriation, appelé « inflation pour le commun des mortels », les révolutionnaires avant lui se servaient de la pratique de l’agiotage.

En période de tumultes révolutionnaires, la nouvelle classe émergeante, la noblesse mobilière, aujourd’hui on les appellerait les capitalistes, avaient pour coutume d’accumuler des biens, en spéculant sur la hausse de leur prix sous le coup de l’inflation. C’est exactement ce que font actuellement les grands fonds d’investissement en période de pandémie et de crise économique en achetant de l’immobilier et des commerces en détresse.

Entre eux, la classe dominante commerçait naturellement en monnaie sonnante et trébuchante, l’or, laissant à la plèbe l’assignat, dont la cotation était tombée à 30 % de sa « valeur or » lors de la prise de pouvoir par Maximilien de Robespierre, pour remonter à 70% vers la fin de son bref « intermezzo collectiviste ». (Henri Guillemin)

L’arrêt du vol institutionnalisé des biens de l’état dans la lutte contre l’inflation y était sans doute pour quelque chose, notamment l’introduction d’une centrale d’achat de matériel de guerre, rendant obsolète les « fournisseurs de guerre », les intermédiaires, tels que le philosophe Voltaire, qui se sucraient sur le dos de la collectivité, en prélevant de juteuses commissions sur l’achat de matériel de guerre (Henri Guillemin) créant ainsi, indirectement, de l’inflation, en volant l’état. Il faut dire que la pratique fut réintroduite par les thermidoriens après la chute de l’incorruptible, ou devrait-on dire le naïf, et demeure en vigueur à ce jour sous la forme du partenariat public-privé.

Les causes de l’inflation, dont on craint le retour actuellement, ne diffèrent guère de celles de cette époque lointaine. Ce qui a peut-être changé, ce sont les méthodes de marketing dont se sert le système pour l’expliquer, notamment, en rendant sa compréhension aussi difficile que possible pour le commun des mortels.

Toujours est-il, le capital, injecté dans les marchés financiers depuis la dernière crise économique par les banques centrales est en train de s’intéresser à nouveau à l’économie réelle, toujours en quête de rendements intéressants, dans l’immobilier par exemple et pourquoi pas dans cette myriade de petites et moyennes entreprises qui ne tardera pas à mettre la clé sous le paillasson sous le coup de la pandémie du covid. L’inflation, pour le commun des mortels, se fera sentir, une fois que tous ce beau monde, les fonds d’investissements et les banques, se seront servis. C’est ce qu’on appelle l’effet Cantillon, nommé après l’économiste irlandais, Richard Cantillon, mort en 1734.

Certes, l’inflation peut avoir d’autres causes, comme l’explique l’économiste marxiste le plus célèbre des Etats-Unis, Richard Wolff, dont les lumières sont en très forte demande actuellement.

Les manuels scolaires parlent de l’inflation par la demande, selon la théorie desquels une quantité limitée de biens face à des consommateurs disposant d’une quantité illimitée d’argent provoquerait automatiquement une hausse des prix, parce que les acheteurs augmenteraient les enchères pour obtenir le sésame. C’est une supposition qui relève du domaine de la psychologie, car les consommateurs, du moins en période d’opulence, pourraient très bien renoncer à l’achat. Seulement ce serait contraire à la doxa « greed is good ».

L’inflation par les coûts, les coûts de production le long de la chaine logistique, matières premières, puces électroniques, semi-conducteurs, est un phénomène qu’on peut observer actuellement dans le contexte de la pandémie du covid et l’arrêt momentané de l’économie. L’ensemble des fournisseurs se sont vu obligés de réduire leurs capacités de production voire orienter celles-ci vers d’autres produits, ce qui mènera fatalement à une pénurie, voire une hausse des prix, là encore, à condition que la demande suive, ce qui n’est pas nécessairement le cas pour tous les produits, mais certainement pour ceux de première nécessité, comme l’essence, la nourriture, les soins médicaux, l’habillement. 

La valeur économique d’un bien ou service est déterminé par la quantité de travail, nécessaire à le produire (Marx), ce qui ne représente pas son prix mais sa valeur, à laquelle il faut ajouter, pour obtenir son prix, le coût du capital un facteur essentiel de l’inflation. Ainsi, la simple suppression du coût du capital, l’intérêt ou le dividende, éliminerait la pression inflationniste.

Ainsi, au niveau micro-économique, le niveau de l’inflation est essentiellement le résultat du comportement des acteurs économiques, confrontés à une pénurie ou pléthore de services et produits, au niveau macro-économique en revanche, la clé de la résolution du problème de l’inflation réside dans le monopole de la création monétaire, en mains privées depuis Robespierre.


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10 réactions à cet article    


  • Docteur Faustroll Séraphin Lampion 10 mai 08:57

    Le petit caporal était bien placé pour dire :

    « Lorsqu’un gouvernement est dépendant des banquiers pour l’argent, ce sont ces derniers, et non les dirigeants du gouvernement qui contrôlent la situation, puisque la main qui donne est au-dessus de la main qui reçoit. L’argent n’a pas de patrie ; les financiers n’ont pas de patriotisme et n’ont pas de décence ; leur unique objectif est le gain. «  

    On peut se demander où il a trouvé l’argent qui a financé ses tueries italienne et russe. Sans doute une cagnotte en ligne ? D’aucuns prétendent pourtant que certains banquiers « suisses » n’y seraient pas pour rien. Comme quoi la démagogie a toujours été utilisée par les imposteurs pour endormir le peuple, leur principale victime qui les vénère avant de leur couper la tête (parfois).


    • zygzornifle zygzornifle 10 mai 09:55

      Napoléon aurait eut la technologie des Nazis il aurait plongé le monde dans une guerre totale écrasant tout sur son passage et teintant la mer des océans en rouge sang .... 


      • Plus robert que Redford 10 mai 10:16

        @zygzornifle
        Ouais, bien sûr...
        Si Napoléon avait eu...

        Si ma tante en avait, on l’appellerait Mon Oncle !



        • titi 10 mai 16:00

          @L’auteur

          « Ainsi, la simple suppression du coût du capital, l’intérêt ou le dividende, éliminerait la pression inflationniste. »

          Tout ça pour en arriver à ça ?


          Sauf que déjà là

          « La valeur économique d’un bien ou service est déterminé par la quantité de travail,  »

          Vous avez tout faux.

          Votre règle marxiste elle était peut être vraie au temps de Marx il y a plus d’un siècle, mais elle est totalement fausse aujourd’hui.

          Comment expliquez vous qu’un blouson Lacoste se vend 5x plus que celui d’une marque lambda, alors qu’ils sortent de la même usine chinoise ?


          • Bruno Hubacher Bruno Hubacher 10 mai 16:06

            @titi
            Vous donnez l’explication vous-même. La rémunération du capital investi, le profit.


          • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 10 mai 19:56

            @titi bonsoir et bonsoir @l’auteur,
              
              Il faut de l’inflation. C’est le résultat de la dépréciation du matériel...
              J’oserais même dire la ’dépréciation de l’humain’ qui se fait avec l’âge.
              L’expérience contre la nouveauté...
              Non, la valeur économique d’un bien ou d’un service s’associent à beaucoup de paramètres : le besoin et la rareté. 
              La capitalisme a en général répondu aux besoins par la quantité et pas par la qualité pour diminuer les prix.
              Reproduire à l’infini, jusqu’au moment où un autre produit prend la relève en étant aussi copié.
              La rareté reste chère. Elle est créée par l’imagination de ses créateurs.
              Allez chez Sothesby’s et vous verrez la différence entre ce qui est commun, et ce qui ne l’est pas.
              C’est la grande différence entre un artiste et un artisan qui reproduit ce qu’un artiste a imaginé.
              J’ai visité samedi, une expo dont je parlerai bientôt, présentait des copies, des faux, des contrefaçons.


          • titi 10 mai 20:53

            @Bruno Hubacher
            « La rémunération du capital investi, le profit »
            Ma question portait que la cause, pas sur la conséquence.

            Qu’est ce qui fait qu’un client est prêt à accorder 5x de valeur au blouson Lacoste qu’à celui de la marque lambda, fabriqué par les mêmes ouvriers dans la même usine ?


          • Montagnais Montagnais 10 mai 17:25

            Poléon le sanguinaire .. et dire que les Français continue d’adorer .. 

            L’Histoire officielle, complètement falsifiée, continue d’émerveiller

            Heureusement que Poléon a gagné à Waterloo .. c’est le pigeon de mon pote Nath qui l’a dit à Londres.


            • Jean Keim Jean Keim 15 mai 18:14

              Il y eu une époque où nous avions peur de l’inflation, puis ce fût en qq. 30 ans le tour de l’endettement, et maintenant cerise sur la pièce « montée »... nous aurons les deux.

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