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Ingérence de l’administration Trump dans le scrutin présidentiel de 2027

L’administration Trump a affiché la couleur dans un document de stratégie nationale officiel publié en décembre 2025 : elle entend comme ce fut le cas dans les élections en Hongrie ayant conduit à l’échec de Viktor Orban (lors desquelles J.D.Vance s’était déplacé) peser sur le scrutin français de 2027 et au-delà sur tous les autres, c’est-à-dire pratiquer ouvertement une forme d’ingérence en faisant la promotion des partis populistes placés à l’extrême droite de l’échiquier. C’est-à-dire compléter le travail de la firme X et d’Elon Musk, lequel fit une intervention en visio conférence lors de l’élection du candidat de l’AFD en Saxe.

Un livre écrit par la journaliste de CNN Melissa Bell, Sous influence américaine (sortie le 17 septembre 2026) raconte par le menu cette offensive impérialiste assumée dans les affaires intérieures françaises et au-delà européennes. Laquelle entre nous ne constitue en rien une surprise : l’actuel Président américain avait déjà fait état de son constat selon lequel l’Europe était en train de dévisser sur la pente civilisationnelle et devait selon les dogmes des télévangélistes américains qui l’entourent revenir aux vraies valeurs, celles du catholicisme le plus réactionnaire : chasse aux woke, condamnation des dérives LGBT et du transgenrisme, recul sur l’IVG et lutte contre l’invasion migratoire afin de préserver la pureté blanche des invasions musulmanes, telle est la recette du cocktail magique.

Disons-le, les ingérences américaines par soft power et think tanks interposés n’ont pas débuté avec l’administration Trump, c’est le fond de sauce de l’Open Society que de promouvoir le modèle de démocratie occidentalo-libéral à tendance libertaire. Barak Obama en son temps ne s’est pas gêné pour tenter d’influencer les anglais à refuser le Brexit, et les présidents américains ont toujours eu leur mot à dire sur les scrutins étrangers, notamment ceux en Amérique Latine.

« Depuis 1945, le Département d’État américain dépense de l’argent pour porter l’influence étasunienne dans le monde » et « propager la démocratie libérale » par des « éléments de soft power » comme des « radios libres », rappelle Melissa Bell. « Cet argent est toujours dépensé » à des fins « plus idéologiques », notamment « pour aider les groupes, partis et think tanks qui promeuvent la vision du monde »

La différence avec l’administration Trump c’est qu’elle agit de manière beaucoup plus offensive et beaucoup moins décomplexée. Comme le fait en empire conquérant pour ne pas dire invasif. Des think tanks de la droite radicale chrétienne américaine sont apparus dans les années 2010, que ce soit Heritage Foundation ou Cato Institute, lesquels apportent leurs soutiens à des think tanks européens conservateurs afin, comme le font Zemmour et Sarah Kanfo (dont le dernier ouvrage vante la destruction du modèle social français au profit des Hedge Funds et de la privatisation tous azimuts), de conduire le combat sur un champ culturel et civilisationnel, au contraire de la ligne défendue par Marine Le Pen et le Rassemblement National, lesquels contrairement à 2016/2017 se tiennent à distance, préférant jouer la carte ô combien plus orthodoxe de Georgia Meloni. L’empire Bolloré, plus sournoisement BFM TV, un nombre impressionnant de médias sur différentes plateformes (dont la plus grosse : YouTube) qualifiés de dissidents ou alternatifs, complètent le dispositif, pour certains (Géopolitique Profonde, Richard Boutry, Egalité et Réconciliation…) soutenus par le Kremlin, pour d’autres indirectement par la droite chrétienne télévangéliste. Laquelle, rappelons-le, défend la ligne ultra sioniste et colonisatrice de Benjamin Netanyahou, grand allié de Donald Trump.

Sur le qui-vive, le Quai d’Orsay, sous mandat de l’exécutif, a mis tous ses écouteurs en mode radar et suit de très près cette ingérence inédite dans le prochain scrutin. On apprend depuis les chancelleries européennes à regarder désormais l’allié historique américain comme un ennemi.


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