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Interprétation de la Déclaration de Jérusalem

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Des événements rapides se déroulent au Moyen-Orient ces jours-ci. Puisque les événements et leur séquence dans l’agenda de cette région ne sont pas une affaire temporaire, la nouveauté est que les événements apportent des changements stratégiques majeurs qui dessinent sans doute une nouvelle histoire et réajustent les relations et les alliances, c’est-à-dire les équations de sécurité régionales.

Le voyage du président Joe Biden est au premier plan de ces événements. Il comprenait une visite en Israël, en Cisjordanie et en Arabie Saoudite. Un regard sur ces trois arrêts souligne l’importance de suivre tous les détails, les suites, et les implications régionales et internationales potentielles de ce qui s’est passé.

En Israël, la première étape du voyage, le président Biden et le Premier ministre Yair Lapid ont signé une déclaration conjointe, connue sous le nom de Déclaration conjointe de partenariat stratégique USA-Israël de Jérusalem, dans laquelle ils s’engagent à ce que les États-Unis ne permettent pas à l’Iran d’acquérir des armes nucléaires et réaffirment et renouvellent leur engagement historique envers la sécurité d’Israël.

Cela explique pourquoi la déclaration caractérise les relations américano-israéliennes en des termes qui rassurent l’allié israélien sur la profondeur de l’engagement américain à cet égard. En évoquant des liens «  indéfectibles », la déclaration semblait également plus proche de la formulation de l’engagement international que des déclarations conjointes similaires.

Les États-Unis ont réaffirmé qu’un élément clé de cet engagement est l’obligation de ne pas permettre du tout à l’Iran de posséder une arme nucléaire. Cet engagement clair, direct et explicite est l’engagement souverain américain le plus fort à ce jour pour œuvrer à ce que l’Iran ne possède pas d’arme nucléaire.

Non seulement cela, mais c’est un engagement explicite et direct et une déclaration de préparation. Les États-Unis utilisent «  tous  » les éléments de leur puissance nationale pour assurer ce résultat (la menace nucléaire potentielle de l’Iran).

En outre, la Déclaration historique de Jérusalem contient plusieurs autres points importants, notamment l’engagement des États-Unis à travailler avec d’autres partenaires pour contrer ce que la Déclaration appelle l’agression et les activités déstabilisatrices iraniennes, que ce soit directement ou par l’intermédiaire d’agents et d’organisations terroristes comme «  le Hezbollah, le Hamas et le Jihad islamique palestinien ».

Il ne semble pas s’agir d’une déclaration faite au hasard, car l’annonce a été faite peu avant le sommet 9+1 en Arabie saoudite, auquel ont participé le président américain, les dirigeants des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) et les dirigeants du Royaume de Jordanie, de l’Égypte et de l’Irak.

Cet événement reflète une volonté claire des États-Unis de régler les problèmes au Moyen-Orient et de restaurer les relations américaines avec leurs alliés dans cette région. L’Iran semble jouer un rôle central dans toutes les discussions à la table du sommet.

Un autre point de l’annonce fait référence à un changement relatif du calendrier des options américaines dans le traitement de la question iranienne.

La déclaration conjointe comprend un engagement explicite à utiliser «  tous  » les éléments des forces américaines pour empêcher l’Iran de posséder des capacités nucléaires, ce qui implique directement que la force militaire a été ajoutée au calendrier des options stratégiques américaines pour faire face à la menace iranienne.

Cela représente un changement qualitatif par rapport à l’administration Biden, qui excluait complètement toute référence à la force militaire dans toute déclaration ou allusion, mais qui prenait grand soin de cadrer les outils de dissuasion potentiels des États-Unis et de les entourer d’un contexte conceptuel minutieux afin de ne donner aucune possibilité d’interprétation ou d’analyse.

Elle n’est pas allée au-delà des outils diplomatiques et de l’utilisation du mécanisme de sanctions maximales comme plafond de la puissance dure, si tant est qu’elle puisse être envisagée dans ce cadre.

Néanmoins, il convient de noter que l’inclusion dans la déclaration, dans laquelle les États-Unis s’engagent à soutenir la supériorité militaire d’Israël dans la région et sa capacité à «  se défendre », représente un gain stratégique pour Israël, car elle élargit la marge de manœuvre d’Israël et renforce individuellement la capacité de dissuasion d’Israël contre les menaces potentielles.

Un objectif qui s’aligne indirectement sur la politique d’engagement non militaire de l’administration Biden au Moyen-Orient. C’est la politique de Biden, malgré ses tentatives de parler de correction des erreurs et autres.

La promesse d’utiliser la force contre l’Iran n’était pas dans la déclaration de Jérusalem, mais elle a précédé une importante déclaration du président Biden à la veille de sa visite en Israël, dans laquelle il a dit qu’il ne s’opposait pas à l’utilisation de la force comme «  dernier recours  » contre l’Iran.

Le président Biden semble avoir eu besoin de le faire de manière urgente avant la visite pour éviter tout désaccord avec la partie israélienne sur cette question et pour s’assurer que la visite remporte le plus grand succès possible.

Une analyse du contenu et des implications de la déclaration de Jérusalem met en évidence des questions importantes, dont certaines sont liées aux objectifs de politique intérieure du Premier ministre Yair Lapid et du président américain Joe Biden. D’autres sont liées à la stratégie américaine dans le traitement de la question iranienne en général.

Dans ce contexte, il convient de souligner que la déclaration a un double objectif, car elle représente le message de pression le plus fort sur l’Iran à ce jour, à un moment où les tentatives de relance de l’accord nucléaire semblent avoir échoué.

Le président Biden souhaite désormais maximiser la pression sur Téhéran afin de l’éloigner de sa position de négociation dure et de faire des concessions qui permettraient de mettre fin aux négociations marathoniennes avec un accord répondant aux intérêts minimaux des deux parties, les États-Unis et l’Iran.

D’autre part, l’engagement américain vise à apaiser les préoccupations israéliennes concernant les capacités nucléaires croissantes de l’Iran et les implications sécuritaires pour Israël d’éventuels arrangements pour relancer l’accord nucléaire. Le président Biden cherche ainsi à rassurer l’allié israélien tout en faisant pression sur l’Iran.

Mais la question demeure  : dans quelle mesure ces deux objectifs peuvent-ils être atteints simultanément  ? Certes, tout est lié, et il est difficile de séparer l’un de l’autre.

En fin de compte, l’engagement des États-Unis en faveur de la sécurité d’Israël reste une affirmation, bien qu’elle ne soit pas sans mérite, dans la mesure où l’administration Biden fait passer un message clair et direct, en s’appuyant sur une approche historique américaine éprouvée, sans tenter de prendre le juste milieu ou de laisser la question de la sécurité d’Israël à l’interprétation, comme dans le cas de l’accord nucléaire de 2015 de l’administration Obama.

Cela confère une signification exceptionnelle à cette annonce, qui était directement une déclaration officielle des États-Unis et non une déclaration d’un parti démocrate. La question de la pression sur l’Iran reste dépendante de la manière dont le régime iranien interprète les résultats du voyage du président Biden, que ce soit en Israël ou en Arabie saoudite, qu’il soit annoncé ou non.

C’est ici qu’intervient la prochaine visite du président russe Vladimir Poutine à Téhéran et l’évocation d’une éventuelle rencontre avec le guide suprême iranien Ali Khamenei. Les objectifs de la visite ne peuvent être considérés indépendamment du voyage du président Biden et de ses résultats.


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7 réactions à cet article    


  • Clark Kent Séraphin Lampion 28 juillet 08:41

    Enlève ton masque, Massada !


    • Massada Massada 29 juillet 08:34

      @Séraphin Lampion
       smiley


    • Com une outre 28 juillet 09:08

      Rien de nouveau : les US maintiennent le bordel dans cette région par un soutien aveugle à Israël et conservent l’Iran dans le viseur, trop proche des russes à leur goût. Le problème est justement la relation Israël/USA, et aucune solution de pacification n’est possible tant que cette relation perdure en l’état, tant qu’Israël aura l’arme nucléaire, dans la plus grande opacité. Il faut trouver un équilibre juste entre états du proche et moyen orient et cela ne viendra pas des US, de ça au moins nous sommes sûrs. Heureusement, les USA sont de moins en moins influents mondialement et c’est un espoir pour tous les pays.


      • chantecler chantecler 28 juillet 09:41

        @Com une outre
        D’autant que le bordel dans la région ça permet aux USA d’intervenir et de « contrôler » le pétrole . ( cf : Syrie et les autres pays à genoux)
        Et le pétrole c’est sacré pour eux , plus que les DDH : comme le $ , dieu , le libéralisme , et la domination du monde .
         Pour les aider on peut compter sur UK et Israël .


      • Clark Kent Séraphin Lampion 28 juillet 09:49

        @Com une outre

        « un soutien aveugle à Israël »

        Comme les Anglais à Gibraltar et les Français à Djibouti ! Ils ne vont pas tirer dans leurs buts, quand même ?


      • Clark Kent Séraphin Lampion 29 juillet 10:28

        Et ça continue encore et encore.

        Et ça continue, d’accord, d’accord…

        (paroles et musique)


        • Jetokex Jetokex 30 juillet 00:55

          Je le lis par ce qu’il est drole mais la c’étais pas drole.

          J’ai perdu mon temps, gg

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