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Accueil du site > Tribune Libre > Je suis un salopard de correcteur gréviste !

Je suis un salopard de correcteur gréviste !

Pourquoi je rendrai en retard les notes et les copies de 132 candidats au baccalauréat

Rétention des notes

Comme l'immense majorité des professeurs de philosophie en lycée, je corrige tous les ans une bonne centaine de copies de baccalauréat. Habituellement, je respecte scrupuleusement les délais qui me sont imposés. Cette année, pourtant, je serai en grève à partir de la date butoir (mardi 2 juillet, à midi). Ce faisant, je sais que je vais mettre en colère le rectorat de mon académie (Nancy-Metz), certains collègues des jurys de baccalauréat où j'ai été convoqué, et plus de 130 candidats ainsi que leurs familles respectives.

Mécontenter le rectorat, cette courroie de transmission du ministère de l'éducation nationale, me fait plutôt plaisir. Le but d'une grève est bien de faire pression sur les supérieurs hiérarchiques, non ?

Mécontenter certains collègues m'indiffère plus ou moins. Ils devront partir un peu plus tard en vacances, voilà tout. Surtout, c'est plutôt moi qui ai de bonnes raisons de leur en vouloir. De mon point de vue, en effet, tous les correcteurs devraient retenir les notes et les copies - à part, sans doute, les enseignants ayant un statut précaire où ceux qui ont de graves problèmes financiers. Car s'il faut faire une grève, c'est bien celle-là !

Mon seul souci, ce sont les candidats et leurs familles. J'espère qu'ils comprendront que ma démarche ne vise pas à leur nuire, mais à résister au saccage du service public d'enseignement. Et même si j'assume cette grève, je considère que les principaux responsables sont le ministre de l'éducation nationale, Jean-Michel Blanquer alias le bulldozer, le premier ministre et, last but not least, le président Macron.

J'ai déjà expliqué à deux reprises pourquoi les enseignants sont particulièrement en colère en ce moment. Vous pourrez trouver mes articles ici et .

J'ai également accordé une interview à Politis, comme deux collègues de mon lycée et des professeurs d'autres établissements. Par ailleurs, j'ai écrit il y a quelques jours un papier résumant l'état de la mobilisation des correcteurs du bac et diffusant les décisions prises par les assemblées générales qui se sont réunies dans diverses régions françaises.

Mais pour ceux qui n'auraient pas la patience de lire tout cela, voici un résumé.

 

Les principales raisons de cette grève

Les raisons de la colère, d'abord. La « réforme » du bac et des lycées peut paraître séduisante sur le papier. Dans la réalité, elle contribue à accroître les inégalités entre les établissements et entre les élèves, tout en mettant les disciplines encore plus en concurrence que la précédente « réforme » du lycée. De plus, elle s'effectue dans un contexte de réduction du budget de l'enseignement national pour le second degré. Quand on sait cela, on comprend qu'elle est d'abord un moyen de créer des groupes à 35 élèves ou plus.

Un autre motif de mécontentement : Parcoursup et la sélection des bacheliers que cet outil rend possible à l'entrée des universités. Au lieu de créer des postes d'enseignements dans le supérieur, le gouvernement de M. Philippe a réalisé le projet que MM. Chirac et Devaquet avaient dû abandonner en 1986, face à une mobilisation massive des lycéens et des étudiants : rendre possible un tri des bacheliers par les universités, sur des critères qui risquent d'être d'autant plus arbitraires que la réforme du bac va faire perdre au baccalauréat son caractère national. On peut très bien imaginer qu'un élève d'un « bon lycée » de centre-ville sera préféré (ou est déjà préféré) à un élève d'un lycée d'une ville ou d'un quartier défavorisé.

Les enseignants, par ailleurs, ont de bonnes raisons de penser que le gouvernement cherche à les museler. Le fameux article 1 de la loi « pour l'école de la confiance » va dans ce sens. Avant même le vote de cette loi, plusieurs enseignants ont déjà subi une répression inhabituelle, comme on peut le voir ici, ou encore .

Plus grave encore, peut-être, la loi pour une « réforme » de la fonction publique. Si elle est définitivement adoptée par le parlement et appliquée, elle va accroître encore le recours aux contractuels (personnels non fonctionnaires), accroître le pouvoir des supérieurs hiérarchiques et affaiblir considérablement le pouvoir des syndicats. Pour plus d'informations, on pourra lire cet article ou celui-là.

À propos de cette « réforme » de la fonction publique, j'ai bien conscience qu'elle peut séduire une bonne partie de mes concitoyens. Que les fonctionnaires soient davantage sous la coupe de leurs chefs et qu'ils soient amenés à disparaître peu à peu, au fur et à mesure des départs à la retraite, cela peut sembler une bonne idée. Après tout, les représentants des Français n'ont-ils pas voté pour l'abolition des privilèges en 1789 ? Seulement, on peut se demander s'il ne serait pas plus équitable de niveler la société par le haut. Plutôt que de supprimer la sécurité de l'emploi en remplaçant les fonctionnaires par des salariés plus précaires, ne pourrait-on pas mettre en œuvre une politique ambitieuse de plein emploi, en partageant le temps de travail et en mettant enfin en œuvre la transition écologique ?

Ensuite, n'est-il pas plus équitable de s'attaquer aux gros privilèges plutôt qu'aux petits ? Qui sont les vrais privilégiés, dans la société d'aujourd'hui ? Ce sont les héritiers, les patrons des grosses entreprises, les hauts fonctionnaires, les gros actionnaires... Bien évidemment, ce n'est pas à eux que vont s'attaquer MM. Macron et Philippe. Ils préfèrent montrer du doigt les fonctionnaires, mais aussi les chômeurs et les pauvres (qui coûtent, ne l'oublions jamais, un « pognon de dingues »). Diviser pour régner, jamais cette devise n'a été mieux appliquée qu'aujourd'hui.

Enfin, mettre au pas les fonctionnaires, c'est s'efforcer de tuer dans l’œuf de futurs mouvements sociaux, y compris ceux qui visent à défendre les services publics. Car, on le sait bien, il est plus facile de faire grève quand on est fonctionnaire que quand on est plus directement sous la coupe d'un supérieur hiérarchique. À ce propos, on peut rappeler que la sécurité de l'emploi pour les fonctionnaires a été instaurée pour les inciter à remplir consciencieusement leurs missions de service public sans avoir à subir des pressions politiques, au gré des changements de majorité... Vouloir les remplacer par des salariés précaires, c'est donc mettre en danger la qualité du service public.

Une autre revendication des enseignants – la première qui a été mise en avant par le mouvement des Stylos rouges – concerne la revalorisation des salaires. Je ne reviens pas sur ce point, dont j'ai parlé dans mes précédents articles.

J'ajouterai que, dans quelques académies, dont la mienne, beaucoup d'enseignants se plaignent que le conseil régional (en collaboration avec le rectorat) impose une numérisation outrancière des lycées : un ordinateur et le pack Office (il faut bien soutenir financièrement ce pauvre Bill Gates...) sont offerts à chaque élève, les manuels papiers sont remplacés par des manuels numériques, la WIFI est installée partout... Ces mesures ne sont pas sans poser d'importants problèmes écologiques, économiques, sanitaires (exposition prolongée daux écrans et aux ondes électromagnétiques) et pédagogiques.

 

Pourquoi une grève maintenant, au moment du bac ?

Les raisons d'être en colère ne manquent pas, on le voit. Mais fallait-il pour autant aller jusqu'à perturber le baccalauréat ? N'aurait-il pas fallu agir avant ? À ces questions, je répondrai deux choses. D'abord, il y a eu de multiples actions qui ont été effectuées durant cette année scolaire : grèves, manifestations, occupations provisoires de lycées, démission de la fonction de professeur principal, rétention de notes durant l'année scolaire.... Le ministère de l'éducation nationale a décidé de répondre à ce mouvement des enseignants par le mépris ou l'indifférence. Si le baccalauréat est sérieusement perturbé, il en portera la responsabilité.

Ensuite, force est de reconnaître que la mobilisation n'a pas été suffisamment forte. Très présente dans certains endroits, comme à Toulouse ou en Île-de-France, elle a été plus modérée dans d'autres régions. Pour expliquer l'échec relatif de cette mobilisation, je proposerai une hypothèse, mais qui n'est évidemment pas la seule possible : les enseignants n'ont pas (ou plus) l'habitude d'engager un bras de fer avec le gouvernement. Ils sont prêts, pour certains, à s'engager dans des actions symboliques (grève d'un jour, manifestations...) mais peu d'entre eux se sentent prêts à aller plus loin. Il me semble que les syndicats (ou la plupart d'entre eux, en tout cas) ont une part de responsabilité là-dedans. Depuis des années, ils appellent régulièrement à une journée de grève par-ci par-là. Ces grèves n'aboutissent généralement à rien, sinon à faire perdre un trentième de salaire mensuel aux grévistes. Elles ont contribué à discréditer les syndicats auprès d'une grande partie des enseignants. Qu'on me comprenne bien : je ne suis pas en train de dire que les syndicats sont inutiles – je suis d'ailleurs syndiqué moi-même. Les syndicats apportent des informations précieuses, permettent aux salariés de coordonner leurs actions et les défendent contre l'arbitraire des supérieurs hiérarchiques. Mais quand il s'agit de construire un véritable rapport de force, au niveau national, il me semble qu'ils ne savent pas s'y prendre. Bien entendu, je n'ai pas de recette miracle, et je sais très bien qu'une grève reconductible ne se décrète pas d'en-haut. Mais les centrales syndicales pourraient au moins tenir ce discours à leurs adhérents : « Nous vous proposons de faire grève tel jour pour telles et telles raisons. Mais nous tenons aussi à être honnêtes envers vous : le gouvernement ne cédera pas à nos revendications si nous ne sommes pas prêts à engager un mouvement long et difficile contre lui. C'est pourquoi nous avons mis en place une caisse de grève pour soutenir financièrement les salariés les plus engagés dans le mouvement. » Voilà un discours réaliste que beaucoup d'enseignants, je pense, seraient prêts à entendre, même si certains d'entre eux rêvent encore de pouvoir faire plier le gouvernement à l'aide d'actions peu coûteuses.

 

Je ne serai pas le seul à faire une rétention de notes !

Oui, de nombreux enseignants ont désormais compris que les petites grèves traditionnelles ne sont plus un outil efficace, en admettant qu'elles l'aient été un jour. Dans plusieurs académies (Toulouse, Créteil, Versailles, Paris, Rouen, Dijon, Lille, Amiens) des correcteurs ont voté pour une rétention des notes, parfois à une très large majorité. Dans mon académie (Nancy-Metz) la mobilisation est un peu moins intense, mais nous sommes plusieurs correcteurs à vouloir faire grève au moins trois jours pour perturber sérieusement le bac. J'ignore encore combien nous serons, mais nous pensons que cette grève a un sens pour nous, à cause des académies où la mobilisation est nettement plus forte. Il s'agit bien d'un mouvement national, et non régional. Pour plus de renseignements, on peut consulter cet article que j'ai écrit le 19 juin dernier et réactualisé plusieurs fois depuis lors.

Je signale aussi l'existence d'un site, « Notre fête à Blanquer », qui recense le nombre de copies dont la note va être retenue par les correcteurs grévistes. Ce nombre augmente de jours en jours. À l'heure actuelle, il est de 90 000 (contre 80 000 hier et 70 000 avant-hier).

Une intersyndicale assez large avait déjà appelé à faire la grève des surveillances le 17 juin. Dans un récent communiqué, elle soutient les professeurs participant au mouvement des professeurs qui s'est poursuivi après cette date, et notamment les correcteurs rétentionnaires. Un préavis de grève a été déposé pour toute la période des concours et des examens (brevet des collèges et baccalauréat).

Pour terminer, je signale (ou je rappelle) qu'une caisse de grève a été mise en place par des professeurs du mouvement des Stylos rouges. Cela s'appelle « ParraineTonProf ».


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20 réactions à cet article    


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 29 juin 10:56

    « Ce faisant, je sais que je vais mettre en colère le rectorat  »

    et certains élèves et certains parents peut-être ?


    • covadonga*722 covadonga*722 29 juin 12:13

      yep , votre classe ,votre caste de petit bourgeois éduqué de gauche . A capté l’ascenseur social a l’usage exclusif de sa progéniture saupoudrée d ’un iotas de ségrégation positive pour garder sa petite âme de gauche bien propre sur elle.

      Votre classe éduquée nantie du statut a soutenu impavidement l’umps.Qui nous a livré nous le prolétariat sous-chiens a l’envahissement du sol concomitamment avec la terreur économique.Votre caste m’a intimé l’ordre moral pendant 50 ans de partager espace service cité et boulot avec l’exotique .Vous avez condamnés mes fils a des lycés a 8/12 langues. Lycée dont vous avez protégés votre progéniture .

      La bien endogame éducation nationale a collaboré a notre effacement . Ma classe sociale est morte laminée et livrée au mercanti du mondialisme , mondialisme que par pure idéologie vous avez approuvé comme classe de gauche bienveillante. Tout en veillant a vous en protéger.Hélas la déferlante après avoir éradiqué le prolétariat

      sous -chien vas balayer votre classe collaboratrice , votre statut vos privilèges pffffff

      livrés au marché !Si vous entendez une sarabande autour de la fosse ou finira votre classe éduquée , ne soyez pas surpris c’est le peuple travailleur de ce sol que vous avez trahi qui se réjouis de votre liquidation.

      Asinus : ne varietur


      • Fifi35 Fifi35 29 juin 21:28

        @covadonga*722

        Tu as raison sur toute la ligne !
        Les enfants de nos chers politiques, y compris de gauche, inscrivent leurs enfants dans des écoles privées, comme le faisaient leurs parents. Il suffit de se renseigner un peu pour se rendre compte que ces donneurs de leçons à la moraline font exactement le contraire de ce qu’ils disent.
        Idem pour les enfants des profs de l’EN, surtout s’ils font partis de la caste des agrégés.
        Maintenant que ces gens sont également touchés par les maux qu’il ont eux-mêmes soutenus comme des valeurs humanistes et progressistes, ils se rendent comptent que leurs idées impactent dorénavant leur réel. Dur réveil de cette élite qui pensait être la référence doctrinaire après avoir mortifiée les valeurs du bon sens du paysan ou de l’ouvrier...

        Fifi 35, un prof d’anglais non syndiqué et révolté depuis toujours par Panurge et ses moutons, dont ses enfants sont malheureusement scolarisés dans le public...   


      • Albert123 29 juin 12:16

        « Le ministère de l’éducation nationale a décidé de répondre à ce mouvement des enseignants par le mépris ou l’indifférence. Si le baccalauréat est sérieusement perturbé, il en portera la responsabilité. »


        les vrais combats qui ont une véritable importance finissent avec des yeux éborgnés et des mains arrachés. les autres sont des clowns.

        là vous défendez juste votre petit confort professionnel en prenant en otage des lycéens qui n’attendent qu’une chose  : obtenir leur diplôme pour passer à l’étape suivante.


        • sirocco sirocco 29 juin 16:23

          Le corps enseignant a été traité de « mammouth » par certain ministre... A juste titre ! Voilà des mois que le gouvernement a annoncé la couleur et que les profs savent qu’ils pourront être au besoin remplacés par des pions ! C’est pourtant clair, non ? Cela veut dire que la profession d’enseignant va être précarisée, c’est dans les projets à court terme de la macronie qui ne s’en est même pas cachée !

           

          Bientôt finis le statut de fonctionnaire, la garantie de l’emploi, les multiples avantages... Le point d’indice n’a pas été revalorisé depuis x années ? Ne vous formalisez pas, votre salaire (on dit traitement, je crois) va être sérieusement rogné dans les mois qui viennent. Si vous n’êtes pas content, ce sera la porte, sans indemnité. On embauchera un migrant pour vous remplacer, à un coût encore moins élevé que le vôtre. Il n’aura pas les diplômes ? On s’en tape, il conviendra très bien pour l’école du peuple. Les riches, eux, auront les moyens d’offrir à leurs gosses des établissements privés payants et des enseignants compétents.

           

          Ne venez pas chouiner aujourd’hui en prétendant que les bras vous en tombent et que vous n’avez rien vu venir. Vos capacités d’analyse politique sont supérieures à celles du citoyen lambda. Vous attendiez, pour agir, un mot d’ordre de mobilisation de la part de vos « représentants syndicaux » qui n’est jamais venu ? Ben oui mais là aussi, vous aviez les capacités intellectuelles de comprendre que vos représentants, comme tous les secrétaires généraux de tous les syndicats français, sont corrompus et roulent pour le gouvernement.

           

          Il aurait donc fallu vous mobiliser individuellement et localement depuis longtemps et rejoindre en masse le mouvement des Gilets jaunes dès novembre 2018. Avec votre poids et le fait que vous auriez été rejoints par d’autres fonctionnaires, nous n’en serions sans doute pas là. Au lieu de cela nous avons assisté à des « sorties » ridicules de « stylos rouges » soigneusement programmées hors des samedis... Par exemple une pitoyable « manif » a réuni une cinquantaine d’enseignants sous les fenêtres du rectorat de Bordeaux en décembre. Heureusement les employés du rectorat n’ont pas balancé des contenus de pots de chambre sur les badauds en bas, comme ça se faisait au Moyen-Age...

           

          Et là vous allez rendre les corrections en retard... Bigre ! Quelle audace ! Vous rendez-vous compte que vous allez faire trembler la macronie par votre rébellion insensée ?... 

           

          Plus sérieusement, si les enseignants ne descendent pas en masse (et peut-être par la suite en armes) dans la rue au lieu de faire la rentrée en septembre, ils sont foutus. Vous serez accompagnés par les Gilets jaunes. Il est temps de comprendre que vous êtes en guerre contre un régime ennemi qui veut votre asservissement. Vous avez les vacances pour mobiliser vos troupes.


          • Clouz0 Clouz0 29 juin 17:31

            Si j’ai bien compris les motivations, c’est :

            1  Pour faire chier Blanquer

             Pour faire chier Blanquer 

            Pour faire chier Blanquer (+ l’académie et les collègues qui n’ont pas la même attitude) 

            Donc, pour faire chier votre ministre, dont les réformes n’ont pas votre agrément (! !!), vous allez en toute connaissance de cause faire d’abord chier, et pas qu’un peu, des milliers d’élèves et leurs familles.
            Vous n’avez jamais du passer le bac vous-même ! 
            Et évidemment pour couronner votre raisonnement spécieux, ce sera d’après vous, la faute à Blanquer. Bin voyons !

            Ai-je correctement résumé la situation ?


            Donc, plus que le « salopard » de votre titre, qui me parait bien faible, j’aurais choisi un autre terme pour vous qualifier. Je vous laisse faire votre choix parmi les différents mots qui sont à votre disposition mais n’hésitez pas à choisir le pire.


            • Clouz0 Clouz0 29 juin 19:03

              @Donatien
              Ce fameux BEPC dont déjà, à l’époque à laquelle je l’ai passé, tout le monde se foutait !  smiley 
              J’ai entendu Blanquer le défendre et en exagérer l’importance. Sans doute lui est-il impossible de faire autrement car effectivement cela semble être un Totem intouchable.

              Il n’en est pas de même du bac qui conditionne la suite.

              Mais, à mon avis, notre prof de philo fait ici un pur exercice de style, un essai ’philosophique’ sans conséquences et il rendra bien ses notes en temps et en heure, quoi qu’il puisse prétendre.
              Il ne perdra surtout pas ses précieux /30èmes et ne s’exposera évidemment pas à des sanctions désagréables.
              Mais il aura fanfaronné et il pourra continuer à prendre la posture du rebelle qui a l’air de lui plaire si particulièrement.


            •  C BARRATIER C BARRATIER 29 juin 21:18

              Presque tous les élèves on leur bac, il est inutile de maintenir un examen, ce sera aussi bien de le DONNER A TOUS à l’issue de la Terminale. Les élèves ne se plaindront pas, les parents non plus.

              Vous donnez par votre grève un excellent créneau au Ministre pour supprimer cet examen bidon. Quelle économie ensuite pour le contribuable.

              Quant à vous, les copies ne vous appartiennent pas, elles appartiennent aux élèves. J’espère que plusieurs élèves porteront plainte pour recel. C’est aux gendarmes d’allerl es chercher et aux juges ensuite de prononcer la sanction.


              • titi 29 juin 21:36

                @L’auteur

                Si vous êtes contre les décisions de votre ministre de tutelle, pourquoi ne démissionnez vous pas tout simplement ?


                • Eric F Eric F 29 juin 23:18

                  Dès lors qu’il ne s’agit pas de refuser de corriger, ni de trafiquer les notes (comme la menace de mettre 20 à tout le monde), mais de retarder la remise des notes, cela me parait une action acceptable, de toutes façons les inscriptions dans « parcoursup » sont déjà effectuées, et la finalisation se fera à la rentrée.

                  Par contre, l’accumulation de divers motifs est discutable, notamment le reproche de trop de moyens informatiques donnés aux élèves, alors que c’est la tendance dans l’ensemble du monde, et que l’on entend souvent la France être accusée de retard. Là où il y a vrai problème, c’est la suppression des filières avec des matières à la carte, rendant hétérogènes les connaissance des élèves en entrée dans les études supérieures, qui devront passer du temps à mettre tout le monde à niveau, perte de temps pour les uns et rabâchage pour les autres..


                  • San Jose 30 juin 07:58

                    J’ignorais que des travaux de philosophie se corrigeassent. 

                    Au nom de quoi, au nom du jugement et de l’opinion de qui, je vous prie ? 

                    Pour le reste, soyez philosophe et contentez-vous de votre traitement. 

                    Félicitez vos collègues d’Amiens pour l’emploi de l’orthograph-e-s inclusif-ve-s. 


                    • San Jose 30 juin 08:03

                      Excusez-moi pour le trait d’union (le trade union, diraient vos collègues britanniques) inopportun à la troisième ligne. 


                    • gaijin gaijin 30 juin 10:59

                      @San Jose
                      « J’ignorais que des travaux de philosophie se corrigeassent. »
                      on parle ici de l’endoctrinement national et les mots n’ont pas le même sens : a la place de « philosophie » entendez psittacisme
                      (signé un mec qui a eut l’inconscience de citer confucius au bac = 2 même pas le prix du plan .....)


                    • Lambert 30 juin 09:54

                      Malgré le déferlement de haine que votre décision provoque, je vous soutiens. Vous avez raison. Il est plus facile pour certains de se déchaîner sur un individu isolé que de s’en prendre aux puissants qui sont à l’origine de votre réaction. Quant à ceux qui vous accusent de retenir des copies, ils auraient mieux fait de s’en prendre au système qui a fait que beaucoup n’ont pu s’inscrire en fac, la rentrée dernière. Fort avec les faibles, faible avec les forts. C’est la nouvelle devise de ce pays. Une grosse poignée de mains de soutien.


                      • Spartacus Spartacus 30 juin 10:42

                        @Lambert
                        Un petit mot pour les victimes dont l’examen est l’aboutissement, le but ultime et le pourquoi ils vont à l’école ?

                        Si ta fille est victime d’un accident grave nécessitant une opération lourde .
                        Tu soutiendra aussi le chirurgien qui viendra en dilettante dans 3 jours parce qu’on a changé les repas à la cantine et qu’il ’y a plus de frittes ?


                      • Lambert 30 juin 12:23

                        @Spartacus

                        Pas de problème. Grâce aux mesures qui détruisent tout dans le pays, et grâce à ceux qui laissent tout passer et préfèrent s’en prendre à ceux qui protestent contre elles, il n’y aura bientôt plus de chirurgien pour opérer ma fille, ni de prof pour l’éduquer. De plus, il est vrai qu’une copie corrigée en retard met la population en danger de mort.


                      • Spartacus Spartacus 30 juin 22:03

                        @Lambert

                        Belle inversion de la responsabilité. 
                        Concrètement la seule chose détruite dans cette affaire c’est l’examen des élèves, les vacances des collègues, et toute l’image d’une profession.
                        Et ceux qui laissent passer ce sont les victimes, par la contrainte de sectaires.

                        En résumé le mot pour les victimes c’est le mépris. Seule la gueule de statutaire privilégié et en monopole qui compte.
                        Et le corporatisme de caste.


                      • gaijin gaijin 30 juin 10:46

                        « Qu’on me comprenne bien : je ne suis pas en train de dire que les syndicats sont inutiles »

                        vous n’avez pas encore tout pigé ( normal pour un prof de philo qui vit coincé dans le monde des idées ) : les syndicats sont utiles pour organiser l’inefficacité et la dilution des luttes sociales


                        • pipiou 2 juillet 12:36

                          Vous semblez être contre tout ; pele-mele : la réforme, la sélection, parcoursup, le numérique, etc...

                          ça ne vous donne pas une image très positive.

                          Quand vous semblez indifférent aux nuisances que vous procurez à vos propres collègues ça ne parait pas très positif non plus.

                          Je ne vais pas revenir sur vos nombreux arguments, mais quand vous dites que la réforme va « accentuer les inégalités » c’est loin d’être évident, surtout que l’école française étant déjà très inégalitaire c’est probablement difficile de faire pire.

                          Sur le terrain les profs se plaignent que l’on n’est pas assez exigeant envers les élèves et ensuite officiellement ils demandent que l’on soit moins exigeant !

                          Bref votre démarche est plutôt jusqu’au-boutiste ; mais au final elle a peu de chances d’aboutir et le résultat sera de noircir encore plus l’image publique des enseignants.

                          Se déclare en colère en permanence a ses limites.


                          • Aristide Aristide 2 juillet 12:50

                            Pas assez nombreux pour bloquer les examens, vous voilà à utiliser courageusement une méthode dilatoire ... Affligeant ...

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Jordi Grau

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