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L’année 2023 pourrait marquer la fin du règne d’Erdogan

Le président turc sortant Recep Tayyip Erdogan risque de perdre l'élection de 2023 au second tour si l'opposition avançait un seul candidat. 

L'ancien premier ministre turc Ahmet Davutoglu, chef du Parti de l'avenir, plaide pour l'avancement par l'opposition d'un seul candidat à l'élection présidentielle de 2023. Cela pourrait significativement réduire les chances de victoire du président sortant. Ce dernier est victime d'une crise de confiance à cause d'une situation économique difficile, et les démarches en politique étrangère à l'instar de l'opération lancée en Syrie ne lui permettront pas d'améliorer sa popularité au vu d'un taux de chômage et d'une inflation élevés. D'après les sondages, aux moins deux politiques d'opposition briguent la présidence du pays en 2023, les maires d'Ankara et d'Istanbul. 

"Le nouveau président sera soi le chef de l'un des six partis, soit un candidat extérieur", cite les propos de l'ancien premier ministre le journal Karar. Ahmet Davutoglu a déclaré que quel que soit le candidat commun, il devrait suivre certains principes qui seront mis au point par l'opposition. Et en cas de victoire de ce candidat, il devrait tenir compte de l'alliance qui l'a soutenu. 

Ahmet Davutoglu n'a pas employé l'expression "république parlementaire". Mais son discours insinue que la présidence du vainqueur d'Erdogan y ressemblerait davantage qu'au système actuel où le président possède de grands pouvoirs. Et dans l'ensemble, l'opposition turque prône une république parlementaire. Il ne reste plus qu'à persuader les électeurs qu'il faut remplacer le chef d'État. 

Les prochaines législatives et présidentielle sont prévues pour juin 2023. L'Alliance populaire au pouvoir, qui inclut le Parti de la justice et du développement et le Parti d'action nationaliste, a déjà annoncé la candidature de Recep Erdogan. 

La position actuelle de ce dernier est difficile. Selon un sondage du centre MetroPOLL, publié en mai dans le Financial Times, en cas d'un second tour entre le maire d'Ankara Mansur Yavas et Recep Erdogan, ce premier recueillerait 53,9% des voix, contre seulement 36,5% pour le second (9,6% d'indécis). Une situation similaire se produirait en cas de duel entre le maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu et le président sortant, avec 49,7% et 40,8% des voix respectivement. Ce sont des chiffres très inquiétants pour Recep Erdogan. Il n'avait encore jamais été moins populaire que ses deux principaux rivaux. 

La raison principale de la chute de la cote de Recep Erdogan est la situation économique. L'inflation annuelle en Turquie a atteint presque 70% en avril. Toutefois, selon les prévisions de la banque centrale du pays, d'ici la fin de l'année elle ralentira à 42,8%. La livre turque, en décembre 2021, a chuté de près d'un tiers par rapport à d'autres devises. Ce qui résulte de la politique de Recep Erdogan, qui avait insisté pour que la Banque centrale réduise le taux directeur, à hauteur de 14% aujourd'hui. Cela affecte surtout la classe moyenne turque. C'est pourquoi le soutien du président sortant est plus élevé en province que dans les grandes villes. 

Toutefois, il reste à savoir si l'opposition saura profiter de la situation actuelle et au moins s'entendre sur un candidat commun, en surmontant ses différends. 

Les forces opposées à Recep Erdogan possèdent souvent une idéologie différente. Par exemple, les mouvements de gauche et les partis plutôt marxistes, comme le Parti des travailleurs de Turquie, n'ont certainement pas beaucoup de points de convergence avec les nationalistes. Autrement dit, quelqu'un devra forcément faire des concessions pour avancer un candidat unique, ce qui ne sera pas facile. 

Par ailleurs, les démarches réussies en politique étrangère et appréciées par la population aident à maintenir la popularité de Recep Erdogan : les exigences vis-à-vis de la Suède et de la Finlande, le forage illégal de gisements en Méditerranée et l'opération contre les formations kurdes en Syrie, dont le début a été annoncé mercredi. 

Mais les problèmes économiques pourraient rayer tous les succès en politique étrangère. Ce qui aura au moins pour résultat un second tour inévitable pour le président sortant. Où il lui sera très difficile de remporter la victoire.

Alexandre Lemoine

Les opinions exprimées par les analystes ne peuvent être considérées comme émanant des éditeurs du portail. Elles n'engagent que la responsabilité des auteurs

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Source : http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=3915


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5 réactions à cet article    


  • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 8 juin 18:22

    Bravo, Bravo...

    L’économie surnage toujours au dessus d’un nid de coucous. 


    • ZXSpect ZXSpect 8 juin 21:25

      .
      18 copiés-collés du site observateurcontinental.fr attendent leur validation par l’équipe d’AgoraVox. En n’en poussant qu’un ou deux quotidiennement le media citoyen prive ses lecteurs de la haute valeur journalistique des « articles » de P Bravo smiley


      • YANKEE-GOHOME ! 9 juin 07:45

        Faut pas rêver !

        Le grand mamamouchi a appris depuis longtemps à jongler avec les alliances.

        Tantôt avec Moscou, tantôt avec l’Ouest... tantôt les deux comme en ce moment.

        Le Gaulois de base n’est généralement pas ouvert à ces « subtilités »... quand on a la chance de la double culture ça aide. Évidemment !


        • ZenZoe ZenZoe 9 juin 10:40

          Si vous le dites...

          Moi, j’attends surtout la fin du règne de Macron, dans 5 ans normalement.


          • Zolko Zolko 10 juin 13:24

            si l’opposition avançait un seul candidat

             

            C’est débile : ils ont essayé ça en Hongrie, mais c’était tellement nul et flagrant que la victoire de Orbán était encore plus grosse qu’avant.

             

            En effet, ce genre de manœuvre calculatoire prend les électeurs pour des cons, en imaginant qu’ils ne se rendront pas compte que ce candidat unique ne représente absolument rien, et pire, il est, en réalité, téléguidé par le gouvernement mondial de l’ombre.

             

            Donc, si c’est vraiment le plan des neo-conservateurs Américains car ce sont eux aux commandes ils vont se prendre une veste sévère et faire élire Erdogan dans un fauteuil.

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Patrice Bravo

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