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#26 des Tendances

L’argent coûte plus cher – le réveil brutal des étatistes, politiciens et collectivistes

Pendant quinze ans, la France a vécu sous anesthésie générale. Quinze années de taux zéro, d’assouplissement quantitatif et de fausse monnaie injectée par les banques centrales ont fini par convaincre toute une nation d’une absurdité économique totale : l’argent n’aurait pas de prix, la dette n’aurait pas de coût, et l’État pourrait éternellement financer l’incurie par un simple jeu d’écriture comptable.

Ce carnaval est terminé. L’argent coûte plus cher, et surtout, l’argent se fait rare. Le capital redevient ce qu’il a toujours été : une ressource mobile, exigeante et sans pitié pour l’inefficacité. Mais dans le musée à ciel ouvert qu’est devenue la France, les élites politiques, la caste statutaire et l’intelligentsia collectiviste refusent obstinément d’ouvrir les yeux.

Le gouffre entre l’offre et la demande de capital : la fin du crédit automatique

Le nœud du blocage actuel tient en une loi économique élémentaire : la demande d’argent ne rencontre plus l’offre.

D’un côté, la France affiche une soif inextinguible de capitaux : un État aux abois qui doit renouveler des centaines de milliards de titres de dette pour financer son train de vie courant, des collectivités locales surendettées, et une multitude de projets obsolètes qui réclament des perfusions publiques pour survivre. De l’autre côté, l’offre – les épargnants, les investisseurs privés, les fonds souverains et les marchés internationaux – refuse désormais de prêter à l’aveugle.

Prêter à perte, c’est fini. Les détenteurs de capitaux exigent aujourd’hui :

Une rentabilité réelle capable de battre l’inflation et le coût du capital.

Une prime de risque pour chaque incertitude juridique ou politique.

Des garanties solides de solvabilité que l’économie administrée française est incapable de fournir.

Le taux des OAT à 10 ans, qui avait été artificiellement écrasé pendant des années, évolue désormais autour de 4,5 %. La charge d’intérêts de l’ensemble des administrations publiques a atteint près de 66 milliards d’euros en 2025, soit 2,2 % du PIB, en hausse de plus de 11 %. La dette publique a grimpé à 115,6 % du PIB. Face à une demande française boulimique mais stérile, l’offre se détourne tout simplement. L’argent existe, mais il refuse de financer le gouffre sans fond d’un modèle non rentable.

L’infirmité française : zéro fonds de pension et haine du capital productif

Pourquoi la France est-elle dramatiquement incapable de mobiliser ses propres ressources ? Parce qu’elle a méticuleusement détruit toute culture de l’investissement.

Alors que les démocraties anglo-saxonnes, scandinaves ou asiatiques s’appuient sur de puissants fonds de pension – qui injectent des milliers de milliards dans l’innovation, les entreprises et les infrastructures pour financer les retraites –, la France a fait le choix ruineux de la répartition intégrale. Les chiffres sont sans appel : fin 2024, les actifs des fonds de pension représentaient à peine 13 % du PIB en France, contre 151 % aux Pays-Bas, 206 % au Danemark, 116 % en Suède, 153 % aux États-Unis et près de 80 % au Royaume-Uni. L’épargne des Français ne sert pas à bâtir des géants technologiques : elle est engloutie dans les dépenses courantes de l’État ou enfermée dans des placements stériles et sans risque (Livret A, fonds en euros), garantis par la collectivité pour financer des dettes publiques.

Le résultat est tragique : la France n’a aucun muscle financier domestique d’envergure. Ses pépites doivent mendier des capitaux aux États-Unis ou en Asie pour grandir, faute de fonds de retraite français capables de prendre des risques à long terme.

La tyrannie des « revenus statutaires » sur le secteur privé

Pire encore : l’économie productive subit la tyrannie morale et réglementaire d’une caste qui ne produit rien. Les banques, les gérants d’actifs et les entreprises privées sont désormais ligotés par une armée de régulateurs, de magistrats administratifs et de hauts fonctionnaires au revenu mensuel statutaire garanti.

Ces individus, dont le virement tombe le 28 du mois quoi qu’il arrive dans le monde réel, dictent avec une arrogance inouïe la manière dont le capital privé doit être alloué. À coups de normes ESG démentes, de comités d’éthique hors-sol et de paperasse inquisitoriale, cette caste statutaire terrorise le secteur financier privé. Elle ne comprend ni le risque, ni le rendement, ni la défaillance. Habituée à l’impunité financière, elle s’arroge le droit de régenter ceux qui prennent des risques réels, asphyxiant dans l’œuf toute velléité d’audace capitalistique.

La fuite des capitaux : la loi impitoyable de la compétition mondiale

Si l’argent déserte la France pour bouder cette demande artificielle, ce n’est pas un accident, c’est un arbitrage rationnel. Le capital mondial va spontanément là où il est respecté, là où il rapporte, et là où les perspectives sont réelles : vers l’intelligence artificielle, les data centers, les infrastructures technologiques de pointe et les pays qui libèrent l’initiative privée sans lui coller un boulet au pied.

Pendant que les capitaux s’investissent massivement là où il y a le moins de contraintes et le plus d’avenir, que leur propose la France ?

Un enfer bureaucratique et réglementaire : Un pays sur-administré, gangrené par le principe de précaution, où monter un projet industriel ou technologique relève du parcours du combattant face à des empilements de normes absurdes.

Le matraquage fiscal : Une sur-imposition confiscatoire sur la production, le travail et le capital, traitant tout succès entrepreneurial comme une anomalie à ponctionner.

L’insécurité juridique permanente : Une volatilité fiscale et réglementaire toxique, où les règles changent au gré des humeurs parlementaires, interdisant toute projection à long terme pour les investisseurs internationaux.

Face à une compétition internationale féroce pour attirer les cerveaux et les liquidités, la France érige des barricades administratives. Le résultat est mathématique : l’offre de capital va s’investir ailleurs, laissant la demande locale crier dans le vide.

Une classe politique colonisée par les fonctionnaires et déconnectée du réel

Le problème ne se limite pas à la gauche radicale ou socialiste, dont les délires égalitaristes sont connus. Le mal est bien plus profond et contamine l’ensemble de l’échiquier politique : nos assemblées et nos cabinets ministériels – qu’ils se prétendent du centre, de droite ou de gauche – sont saturés d’élus issus de la fonction publique ou assimilés. Les données confirment une surreprésentation massive du secteur public parmi les députés, bien au-delà de son poids réel dans l’emploi. Ces gens n’ont, pour l’immense majorité, jamais créé une entreprise, jamais signé le bas d’une feuille de paie avec leur propre argent, jamais risqué leur patrimoine et jamais investi un centime dans un projet productif. Nourris au biberon de la sécurité de l’emploi et de la fiche de paie garantie, ils ignorent tout de la mécanique de l’investissement et de la rencontre entre offre et demande de capital. Leur unique logiciel intellectuel face à chaque crise se résume à deux réflexes pavloviens : inventer une nouvelle taxe et créer un nouveau comité administratif. Ils sont structurellement incapables de concevoir la création de richesse, car leur existence entière repose sur sa ponction et sa redistribution.

Le déni organisé et la dette toxique

Les politiciens ont bâti leur carrière sur une escroquerie simple : acheter la paix sociale et des voix électorales avec de l’argent qui n’existait pas. Pour chaque fermeture d’usine, chaque hausse de l’énergie, chaque caprice catégoriel, la réponse était invariable : un chèque, un fonds de soutien, une subvention.

Aujourd’hui, la charge de la dette explose et devient l’un des premiers postes de dépense de la nation, dévorant le fruit du travail productif. Pourtant, nos gestionnaires continuent de pérorer sur les plateaux comme si de rien n’était, incapables d’envisager la moindre réduction du périmètre de l’État. Ils ont confondu la planche à billets avec la création de richesse ; ils découvrent que la réalité financière se moque de leurs éléments de langage.

L’agonie du modèle statutaire

À leurs côtés, le monde des « rentiers du statut » tremble. Une bureaucratie pléthorique, protégée de la faillite, gavée d’agences publiques inutiles et d’emplois déconnectés de la rentabilité, s’indigne que l’on ose questionner son train de vie. Habitués à considérer les impôts comme un puits sans fond et l’effort individuel comme une variable négligeable, les apparatchiks de l’administration découvrent avec effroi que le contribuable ne peut plus payer les intérêts de leur confort. Dans le secteur privé, quand l’argent devient cher et rare, on sabre les coûts superflus, on optimise, on produit. Dans le secteur public français, on réclame des postes supplémentaires et on qualifie de « saccage » le moindre gel de crédit.

L’hystérie collectiviste face aux lois de la physique économique

Quant aux idéologues de gauche (LFI, PS et leurs satellites), ils redoublent de frénésie. Prisonniers d’un marxisme de salon relooké en étatisme vert, ils continuent d’exiger la semaine de quatre jours payée trente-cinq, la retraite par répartition financée par des emprunts d’État et la spoliation fiscale des derniers entrepreneurs qui n’ont pas encore fui. Pour eux, le taux d’intérêt n’est pas le signal vital qui alloue sainement le capital : c’est un complot de la finance internationale. Ils sont incapables d’admettre qu’on ne redistribue pas ce que l’on n’a pas produit, et que faire payer aux générations futures les gabegies du présent n’est pas de la solidarité, mais du parasitisme institutionnalisé.

L’heure du grand réajustement

Le réveil sera violent, mais il est inéluctable. La rupture brutale entre l’offre et la demande de capitaux est en train de faire ce que le courage politique n’a jamais osé : imposer la discipline du réel.

Il va falloir accepter ce basculement :

La création de vrais fonds de pension : Remplacer le gouffre de la répartition par une capitalisation massive qui transformera enfin les épargnants français en actionnaires et copropriétaires de l’économie mondiale.

La fin du terrorisme administratif sur le secteur financier : Briser la mainmise des régulateurs statutaires sur l’allocation du crédit privé et laisser les banques et les investisseurs financer le risque sans entraves morales ou bureaucratiques.

La fin de l’État-nounou : L’État ne pourra plus éponger les aléas de la vie économique. Les faillites d’entreprises zombies et les restructurations d’activités non rentables sont indispensables pour libérer le capital vers les vrais créateurs de valeur.

L’alignement sur la compétition internationale : Si la France veut que l’offre de capitaux revienne, elle doit démanteler ses barrières réglementaires, stabiliser son droit et baisser massivement ses impôts de production pour offrir un terrain fertile aux secteurs d’avenir (IA, énergie compétitive, infrastructures technologiques).

Le retour de la responsabilité individuelle et du risque : L’effort, l’épargne productive, la prise de risque et le mérite doivent redevenir les seuls étalons de la réussite, loin des privilèges corporatistes, des statuts viagers et des rentes d’appareil.

La purge bureaucratique : Rendre son autonomie à la société civile et réduire drastiquement le poids d’une machine publique gérée par des non-producteurs n’est plus un débat idéologique, c’est une exigence mathématique de survie.

L’ère de l’argent facile a permis tous les mensonges. Le fait que l’argent coûte plus cher et qu’il refuse de financer l’improductif signe l’arrêt de mort des illusions collectives françaises. Ceux qui s’obstinent à ignorer la rareté du capital seront broyés par les faits, car aucune incantation politicienne, aucune loi bavarde et aucun décret préfectoral ne pourra jamais forcer un investisseur à financer un modèle condamné.

Par Spartacus Lequidam sur X : @lequidampost 


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9 réactions à cet article    


  • sylvain sylvain 22 septembre 19:05

    L’ensemble de l’occident est peu ou proux dans le meme etat. A vrai dire notre dette se situe dans la moyenne. Et les grandes entreprises francaise ne sont pas en si mauvaise posture. Si les fonds de pension etaient la solution miracle, le reste de l’occident ne serait pas dans cette situation.

    Concernant le manque d’investissement dans les secteurs productifs, c’est la meme chose et particulierement dans toute l’europe. La raison prinicpale etant l’austerite maladive des ordo liberaux

    Les problemes de l’europe, c’est une energie hors de prix du fait des guerres insensees de l’occident en general et de trump en particulier. Et la Chine, qui est en passe d’arriver a la moitie de la production industrielle mondiale. Vous conviendrez avec moi que la Chine ne mise ni sur les fonds de pensions, ni sur la finance deregulee, ni.. en fait sur aucune des recettes de nos « amis » libertariens


    • sylvain sylvain 22 septembre 19:14

      Ce qui est vraiment etonnant avec les obsedes du liberalisme, c’est qu’apres 40 ans de politique ultraliberale l’occident en est arrive la ou il est maintenant. Et ils ont le culot, la malhonnetete intellectuelle ou la betise — le tout se resumant peut etre par le terme « ideologues fanatiques » de dire qu’il nous faut juste encore plus de liberalisme


      • Octave C Lebel Octave C Lebel 22 septembre 20:24

        Quelques repères du monde réel (2/2).

        1/2 Inégalités mondiales : comment les ultra-riches accumulent au détriment de tous.

        https://sociologique.ch/inegalites-mondiales-ultra-riches-accumulation

        Ultra-riches et inégalités : décryptage des mécanismes d’accumulation extrême et des pistes pour une économie plus juste. Données, analyses, solutions ( Élisabeth de Marval,1/11/25 Économie, Travail & Classes sociales, Enjeux & Débats contemporains).

        Extraits : Cette concentration extrême de richesse (1 % de la population détient 45 % de la richesse planétaire, selon le rapport 2024 du Crédit Suisse) n’est pas le fruit du hasard ou du simple mérite individuel. Elle résulte de mécanismes structurels profondément ancrés dans le capitalisme financiarisé contemporain. Cet article analyse comment l’architecture économique mondiale permet à une infime élite d’accumuler des fortunes colossales en exploitant des failles systémiques, et explore les conséquences sociales de cette captation de richesse à l’échelle planétaire.


        • Octave C Lebel Octave C Lebel 22 septembre 20:26

          Quelques repères du monde réel (2/2).

          ►1/2 Inégalités mondiales : comment les ultra-riches accumulent au détriment de tous.

          https://sociologique.ch/inegalites-mondiales-ultra-riches-accumulation

          Ultra-riches et inégalités : décryptage des mécanismes d’accumulation extrême et des pistes pour une économie plus juste. Données, analyses, solutions ( Élisabeth de Marval,1/11/25 Économie, Travail & Classes sociales, Enjeux & Débats contemporains).

          Extraits : Cette concentration extrême de richesse ((1 % de la population détient 45 % de la richesse planétaire, selon le rapport 2024 du Crédit Suisse) n’est pas le fruit du hasard ou du simple mérite individuel. Elle résulte de mécanismes structurels profondément ancrés dans le capitalisme financiarisé contemporain. Cet article analyse comment l’architecture économique mondiale permet à une infime élite d’accumuler des fortunes colossales en exploitant des failles systémiques, et explore les conséquences sociales de cette captation de richesse à l’échelle planétaire.


          • Octave C Lebel Octave C Lebel 22 septembre 20:27

            @Table des matières

            1. La machine à concentrer : mécanismes de l’accumulation extrême
              1. Globalisation financière et optimisation fiscale systémique
              2. Dérégulation néolibérale et privatisation du commun
            2. Les ravages sociaux de l’accumulation asymétrique
              1. Érosion des services publics et précarisation massive
              2. Reproduction des inégalités et fracture éducative
            3. Pouvoir oligarchique et capture démocratique
            4. Résistances et alternatives en construction
            5. Vers une refondation économique : pistes et horizons
              1. Réforme fiscale radicale et justice contributive
              2. Réinvestissement massif dans les communs
              3. Innovation institutionnelle et démocratie économique
            6. Conclusion
            7. FAQ
            8. Bibliographie

            CHIFFRE-CLÉ : Entre 1980 et 2020, la part des richesses détenue par le 1 % le plus riche est passée de 16 % à 45 % du patrimoine mondial, selon le World Inequality Database. Parallèlement, la part des 50 % les plus pauvres est passée de 4 % à 2 %.

            La question n’est donc pas économique mais fondamentalement politique : quel type de société voulons-nous ? Une oligarchie où quelques milliers d’individus concentrent plus de ressources que des milliards d’êtres humains, ou une démocratie réelle où la prospérité est partagée et où les institutions servent l’intérêt général plutôt que les intérêts particuliers ? Notre réponse collective déterminera l’avenir du projet démocratique lui-même


          • Octave C Lebel Octave C Lebel 22 septembre 20:28

            ►2/2 Ultra-riches en Europe : quels pays comptent le plus de millionnaires à plus de 30 M$ ?

            https://fr.euronews.com/business/2026/06/19/ultra-riches-en-europe-quels-pays-comptent-le-plus-de-millionnaires-a-plus-de-30-m

            La population d’ultra-riches en Europe a bondi de 25 % en cinq ans : plus de 20 personnes rejoignent chaque jour le club des fortunes de plus de 30 M$, contre 89 dans le monde


            • Octave C Lebel Octave C Lebel 22 septembre 20:30

               

              Finances publiques : l’économiste Anne-Laure Delatte (Économiste, chercheuse au CNRS, membre du laboratoire LEDa de l’université Paris-Dauphine, spécialiste de la finance, des paradis fiscaux et de la zone euro) réfute le discours alarmiste (Mardi 15 septembre 2026 , 53 mn).

              https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/zoom-zoom-zen/zoom-zoom-zen-du-mardi-15-septembre-2026-1521941

              Dans son dernier livre Riches ensemble ! publié aux éditions du Seuil, l’économiste Anne-Laure Delatte, directrice de recherches au CNRS rattachée à l’université Paris-Dauphine-PSL, part à contre-courant des discours politiques alarmistes et pose la question de ce que nous pouvons et voulons réellement financer collectivement.

              Au bord de la récession, pas de la faillite

              L’Insee prévoit une croissance de 0,4 % du PIB cette année, la plus faible depuis 2012 hors Covid. Pourtant, pour Anne-Laure Delatte, la France n’est pas, comme on le dit communément, « au bord de la faillite », mais "au bord de la récession« .  »Je ne vais pas vous dire qu’on n’a pas de problème de dette ni de problème budgétaire – on a un déficit qui est deux points au-dessus des limites autorisées – et surtout, ce déficit a du mal à se ralentir, à se réduire. En plus, on a un problème de croissance. On n’est pas au bord de la faillite, mais on a toutes les conditions réunies pour que, si ça continue, effectivement, on n’arrive pas à redresser la barre."

              Selon elle, la panne est structurelle. "On a un régime de croissance en panne parce qu’on n’a pas investi aux bons endroits. On n’a pas fait les investissements rentables du type éducation et environnement." Elle reste néanmoins optimiste : "Il n’est jamais trop tard et la France est quand même encore dans un sentier qui va bien, donc c’est tout à fait le moment de le récupérer."

              Le « gaslighting économique »

              L’économiste emprunte au vocabulaire féministe le terme de « gaslighting », pour décrire un discours qui, face à la crise climatique, place la réduction de la dette au-dessus de tout. "On a une crise climatique, on a un vrai danger qui met en péril notre planète, notre existence, et on nous parle comme si ça n’existait pas. On nous dit que l’essentiel est de rembourser la dette… C’est hyper important de réduire le déficit, mais ce n’est pas l’essentiel."

              Elle entend souvent que la protection sociale n’est plus soutenable, que "la France ne peut plus se le permettre". L’économiste décèle dans ces arguments l’expression d’intérêts économiques : "Quand les dépenses publiques disparaissent, les besoins ne disparaissent pas et donc vous passerez par du privé. Aujourd’hui, on le voit sur le secteur de la santé et de l’éducation supérieure. Beaucoup d’écoles privées se sont ouvertes suite à la dégradation de l’université.«  Sur le sujet des retraites, elle ajoute :  »Il y a une littérature en sciences politiques qui a montré que beaucoup de fonds de pension s’expriment contre le régime de retraite publique."

              Un contrat social modifié sans le dire

              Pourquoi paie-t-on beaucoup d’impôts alors que les services publics et le modèle social se dégradent ? Plutôt qu’une « gabegie », l’autrice pointe un changement discrètement engagé il y a une vingtaine d’années : une partie de l’argent public a été « détournée », dit-elle, vers les entreprises pour soutenir leur compétitivité et les aider à créer de l’emploi. "En réalité, il y a vraiment une partie de la CSG et de la TVA qui, aujourd’hui, paie les cotisations sociales des entreprises à la place des entreprises. Donc quand vous pensez payer pour l’éducation ou pour l’hôpital, en réalité, vous êtes en train de payer les cotisations sociales à la place du patron."

              Faire contribuer les "zones fiscales de non-droit"

              Réduire le déficit reste nécessaire, mais Anne-Laure Delatte propose d’aller chercher des recettes dans ce qu’elle appelle "les zones fiscales de non-droit en France", auprès des ultrariches, des très grandes entreprises - qui, assure-t-elle, paient proportionnellement moins d’impôts qu’une PME - et dans les niches comme le pacte Dutreil sur les successions. "Il y a plein d’endroits où il y a des trous dans la raquette. Et ça pose un problème de consentement à l’impôt. On est dans une grosse colocation, et si vous avez un ou deux colocs qui ne participent pas du tout, c’est plus dur de mettre au pot commun."

              Elle évalue à 50 ou 60 milliards d’euros les sommes récupérables sur six ou sept ans, dont une partie irait au déficit et l’essentiel à l’éducation et à l’environnement, pour relancer l’activité.

               


              • Octave C Lebel Octave C Lebel 22 septembre 20:39

                Une réflexion plus personnelle.

                Du titre honorifique de peuple souverain aux moyens de l’exercer.Pyramide des besoins et pyramide des moyens.

                La politique vis-à-vis de ses adversaires, c’est toujours un rapport de force et LFI au pouvoir largement soutenu désormais au-delà de son noyau d’origine en raison des solutions apportées et du combat mené devra pouvoir compter sur notre lucidité et notre fermeté et implication de citoyens. Les classes dirigeantes actuelles résisteront mais craignent toujours les mouvements d’opinion et l’accélération de la conscience et de la compréhension politique que cela apporte. C’est pour cela que les médias cherchent à nous entretenir dans une situation de clientèle molle et influençable vis-à-vis des politiciens pour à la fois décourager une partie d’entre nous, nous diviser et espérer nous soumettre à tel ou tel comme cela a été le cas avec Macron. Et toujours de justesse ne l’oublions pas. Depuis Hollande, nous n’avons que des élus par défaut. Et par supercherie. Nous devrons une fois l’élection gagnée,  jouer, nous les électeurs en question, le rapport de force du citoyen qui tient tête s’il le faut, qui propose, qui s’implique, qui demande des comptes. Nous devrons rappeler ce qu’est un engagement démocratique et un rapport de force démocratique. Nul doute qu’un tel exemple sera compris et contagieux au-delà de la France. Nous aurons désormais non le titre honorifique de peuple souverain mais les moyens de l’être et il s’agira de s’en servir et de les faire respecter pour ne plus revenir en arrière. L’économie tournera et les forces économiques y trouveront leur compte parce qu’elles ne peuvent pas se passer de notre travail et de notre consommation qui augmentera par la satisfaction des besoins du plus grand nombre . Les forces économiques ont besoin de bases stables pour fonctionner et se développer dans un monde complexe pour lequel nous avons tous intérêt à contribuer en planifiant les objectifs et leur mise en œuvre. Nous sortirons du modèle des deux pyramides qui nous asphyxie. La pyramide des moyens financiers où une minorité possède la plus grande part des moyens et la pyramide inverse, celle de la satisfaction des besoins où le plus grand nombre ne peut satisfaire correctement ses besoins faute de moyens financiers suffisant quand la minorité surconsomme d’un peu tout avec un bilan écologique hors norme qui plus est.

                 


                • jakem jakem 23 septembre 10:14

                  Une bonne analyse critique de notre situation.

                  Il faudrait/faudra aussi nous libérer de contraintes eurokraturistes qui nous plombent ainsi que celles, spécifiquement françaises, qui empêchent une évolution saine.

                  Par exemple reprendre le contrôle d’EdF, supprimer tous les avantages imaginés par les trotskocos, et y créer un fonds de pension.
                  Cette entreprise nous appartient et il est scandaleux qu’elle soit soumise aux délires de fonctionnaires agissant par crétinisme idéologique.

                  La SNCF et la RATP et d’autres entreprises devraient être totalement réformées, reprises en main par des directeurs ayant le souci de rendre les services à elles dédiés et acceptant d’accomplir la mission confiée, après examen de la candidature par l’ AN et le Gvnt.

                  Je pense qu’on pourrait envisager un statut d’entreprise semi-publique sous la surveillance, l’autorité de l’État, sans rendre les employés fonctionnaires.

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