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Accueil du site > Tribune Libre > L’en soi et le pour soi de Jean-Paul Sartre dans le refus du prix (...)

L’en soi et le pour soi de Jean-Paul Sartre dans le refus du prix Nobel de littérature en 1964

  Jean-Paul Sartre a publié en pleine guerre mondiale un livre qui a fait sa renommée mondiale, l’Être et le néant. Mobilisé en 1939, prisonnier de guerre en 1940, après l’occupation de la France par l’Allemagne, relâché en 1941, il est nommé professeur en khâgne au lycée Condorcet. Khâgne est un mot argot scolaire signifiant « classe préparatoire littéraire », une des quatre filières préparant les élèves au concours d’entrée aux grandes écoles, en France. Et c’est en pleine guerre qu’il rédigea le volumineux ouvrage philosophique de 722 pages, « l’Être et le Néant », qu’il publia en 1943 (Édition Gallimard).

 

 Dans cet « essai d’ontologie phénoménologique », Jean-Paul Sartre a cherché à définir le réel existant de l’humain dans son essence ? L’œuvre est immense, nous ne retenons que quelques passages de son livre, « l’Être et le Néant », et voir ce que son approche philosophique peut avoir d’utilité dans le vécu des hommes.

 

 « Une étude de la réalité-humaine doit commencer par Je cogito. Mais le « Je pense » cartésien est conçu dans une perspective instantanéiste de la temporalité. Peut-on trouver au sein du cogito un moyen de transcender cette instantanéité ? Si la réalité-humaine se limitait à l’être du Je pense, elle n’aurait qu’une vérité d’instant. Et il est bien vrai qu’elle est chez Descartes une totalité instantanée, puisqu’elle n’élève, par elle-même, aucune prétention sur l’avenir, puisqu’elle qu’il faut un acte de « création » continuée pour la faire passer d’un instant à l’autre.

 

Mais peut-on même concevoir une vérité de l’instant ? Et le cogito n’engage-t-il pas à sa manière le passé et l’avenir ? Heidegger est tellement persuadé que le Je pense de Husserl est un piège aux alouettes fascinant et engluant, qu’il a totalement évité le recours à la conscience dans sa description du Dasein. Son but est de le montrer immédiatement comme souci, c’est-à-dire comme s’échappant à soi dans le projet de soi vers les possibilités qu’il est. C’est ce projet de soi hors de soi qu’il nomme la « compréhension » (Verstand) et qui lui permet d’établir la réalité-humaine comme étant « révélante-révélée ».

 

Mais cette tentative pour montrer d’abord l’échappement à soi du Dasein va rencontrer à son tour des difficultés insurmontables : on ne peut pas supprimer d’abord la dimension « conscience », fût-ce pour la rétablir ensuite. La compréhension n’a de sens que si elle est conscience de compréhension. Ma possibilité ne peut exister comme ma possibilité que si c’est ma conscience qui s’échappe à soi vers elle. Sinon tout le système de l’être et de ses possibilités tombera dans l’inconscient, c’est-à-dire dans l’en-soi. Nous voilà rejeté vers le cogito. Il faut en partir. Peut-on l’élargir sans perdre les bénéfices de l’évidence réflexive ?

Que nous a révélé la description du pour-soi ? Nous avons rencontré d’abord une néantisation dont l’être du pour-soi s’affecte en son être. Et cette révélation du néant ne nous a pas paru dépasser les bornes du cogito. Mais regardons-mieux.

 

Le pour-soi ne peut soutenir la néantisation sans se déterminer lui-même comme un défaut d’être. Cela signifie que la néantisation ne coïncide pas avec une simple introduction du vide dans la conscience. Un être extérieur n’a pas expulsé l’en-soi de la conscience, mais c’est le pour-soi qui se détermine perpétuellement lui-même à n’être pas en soi. Cela signifie qu’il ne peut se fonder lui-même qu’à partir de l’en-soi et contre l’en-soi. Ainsi la néantisation, étant néantisation d’être, représente la liaison originelle entre l’être du pour-soi et l’être de l’en-soi. L’en-soi concret et réel est tout entier présent au cœur de la conscience comme ce qu’elle se détermine elle-même à ne pas être. Le cogito doit nous amener nécessairement à découvrir cette présence totale et hors d’atteinte de l’en-soi. Et, sans doute, le fait de cette présence sera-t-il la transcendance elle-même du pour-soi. Mais précisément c’est la néantisation qui est l’origine de la transcendance conçue comme le lien originel du pour-soi avec l’en-soi. Ainsi entrevoyons-nous un moyen de sortir du cogito. Et nous verrons plus loin, en effet, que le sens profond du cogito c’est de rejeter par essence hors de soi. [...]

 

 De toutes les négations internes, celle qui pénètre le plus profondément l’être, celle qui constitue dans son être l’être dont elle nie avec l’être qu’elle nie, c’est le manque. Ce manque n’appartient pas à la nature de l’en-soi, qui est toute positivité. Il ne paraît dans le monde qu’avec le surgissement de la réalité-humaine. [...]

 

 L’être qui est livré à l’intuition de la réalité-humaine est toujours ce à quoi il manque ou existant. Par exemple, si je dis que la lune n’est pas pleine et qu’il lui manque un quartier, je porte ce jugement sur une intuition pleine d’un croissant de lune. Ainsi ce qui est livré à l’intuition est un en-soi qui, en lui-même, n’est ni complet ni incomplet, mais qui est ce qu’il est tout simplement, sans rapport avec d’autres êtres. Pour que cet en-soi soit saisi comme croissant de lune, il faut qu’une réalité-humaine dépasse le donné vers le projet de la totalité réalisée – ici le disque de la pleine lune – et revienne ensuite vers le donné pour le constituer croissant de lune. C’est-à-dire pour le réaliser dans son être à partir de la totalité qui en devient le fondement. Et dans ce même dépassement le manquant sera posé comme ce dont l’adjonction synthétique à l’existant reconstituera la totalité synthétique du manqué. [...]

 

La réalité-humaine est dépassement perpétuel vers une coïncidence avec soi qui n’est jamais donnée. Si le cogito tend vers l’être, c’est que par sa surrection même il se dépasse vers l’être en se qualifiant dans son être comme l’être à qui la coïncidence avec soi manque pour être ce qu’il est. Le cogito est indissolublement lié à l’être-en-soi, non comme une pensée à son objet – ce qui relativiserait l’en-soi – mais comme un manque à ce qui définit son manque. En ce sens la seconde preuve cartésienne est rigoureuse ; l’être imparfait se dépasse vers l’être parfait ; l’être qui n’est fondement que de son néant se dépasse vers l’être qui est fondement de son être. » (Pages 121, 122, 125,126)

 

Ce développement de la pensée de Jean-Paul Sartre dans son essai sur l’ontologie phénoménologique, s’il est certes complexe, difficile pour en saisir le sens, il demeure qu’il est saisissable par la pensée qui cherchera à penser la pensée de Jean-Paul Sartre. Il est évident que la pensée ne pourrait pas s’opérer avec son approche philosophique qui ne fera qu’ajouter la confusion à l’incompréhension tant ses mots sont enchevêtrés mais cependant ont tout leur sens ; dans des faits concrets, dans le quotidien des hommes que nous développerons au fur et à mesure dans cette analyse, le lecteur pourra juger en lui-même, à travers son vécu, le sens de son en-soi et le pour-soi. Tous les exemples qui seront retracés par la vision sartrienne sont du ressort du vécu de l’être dans la réalité vivante de son existence.

 

 Cependant il convient d’avertir que Sartre reste très logique dans la structure qu’il propose de l’être. Le seul problème est la complexité du sujet, donc de l’homme et sa nature humaine sur le plan ontologique ; ce qui n’est pas facile d’aborder, d’entrevoir puisque l’ontologie s’interroge sur le sens de l’être ; qu’est-ce que finalement, après les méandres philosophiques de Sartre, l’être humain ? Comment il se structure vis-à-vis de lui-même et vis-à-vis du monde extérieur ?

 

Une question de l’essence et comme l’essence humaine est inconnue, ce sont des déterminations métaphysiques qui prennent le dessus. L’homme n’a pas le choix ; ne se connaissant pas par l’essence, il se connaît par des « détours logiques » qu’il conceptualise, qu’il structure pour rendre explicite le mouvement de sa pensée dans la compréhension de l’être, de son être, de son soi qu’il définit en en-soi, et le pour-soi qui néantise son en-soi, signifiant par là qu’il efface son en-soi pour être ce qu’il est pour-soi ; et c’est ce qu’il a tenté de faire Jean-Paul Sartre.

 

 Ceci étant, que propose-t-il en clair Jean-Paul Sartre dans son système « en-soi et pour-soi » ? Et cette réalité-humaine qui commence par le Je cogito. Emprunté à Descartes, le cogito est « je pense donc je suis ». C’est une vérité, si l’homme pense, c’est qu’il est, qu’il existe, qu’il ne peut être sans pensée.

 

Mais l’homme ne pense pas par le seul fait de penser ; en pensant, il doit attester de son être ; plus encore, il faut dire que la réciproque est aussi vraie, tout en pensant l’être, il est aussi pensée par sa pensée, c’est par elle qu’il est. Sans sa pensée, Jean-Paul Sartre n’aurait pu penser et écrire ce gros volume « L’Être et le néant » de 681 pages, en 1943, en pleine Deuxième Guerre mondiale.

 

Dans l’existence, dans la vie tout court, il y a un tumulte d’événements qu’il faut comprendre et comment l’être en tant que pensée « devient » ; car, en fin de compte, ce que l’homme cherche s’il veut se comprendre est qu’il trouve les mécanismes qui lui permettent de se comprendre en tant qu’être de pensée, de conscience dans ce monde où il se trouve existant.

L’approche que fait Sartre sur l’être a été d’abord la compréhension de ceux qui ont pensé l’être avant lui, Heidegger a été l’un d’eux. Celui-ci énonce dans « c’est ce projet de soi hors de soi qu’il nomme la « compréhension » et lui permet d’établir la réalité-humaine comme étant « révélante-révélée » ». Partant de cet échappement de soi vers les possibilités de l’être, Sartre le définit comme un pour-soi.

 

« Ma possibilité ne peut exister comme ma possibilité que si c’est ma conscience qui s’échappe à soi vers elle. » Cette conscience qui s’échappe à soi, donc à l’être puisque l’être c’est soi, Sartre l’appelle le pour-soi. Que signifie concrètement le pour-soi ? 

 

Tout d’abord, c’est une pensée et il ne peut être autrement. Et soi, l’être, c’est aussi le siège de la pensée. Mais la pensée n’est pas figée, elle s’échappe de soi pour retourner à soi. Un homme qui pense, par exemple, à son travail, alors qu’il est rentré chez lui, sa pensée est vers là où l’homme l’a pensée. Dans son bureau. Peut-être qu’il (ou elle) n’a pas fermé son bureau à clé, qu’il n’a pas mis des documents sensibles dans son coffre-fort, par exemple. Ou bien il est en Algérie, il (ou elle) pense à son fils en France où il fait des études. Donc, il projette sa pensée en dehors de soi. Il regarde par exemple une montagne de la fenêtre et il voit la neige ; il a une pensée, c’est le monde extérieur qui vient à son pour-soi ou son pour-soi vient au monde.

 

Dans cette « liaison originelle de l’en-soi et le pour-soi » en chacun des êtres, la seule réponse est qu’elle est métaphysique, l’être est habité par une transcendance sinon il ne peut être. On ne peut croire que dire de soi, de l’en-soi et le pour-soi suffirait à définir l’essence de l’être au sens humain. Rappelons-le l’homme se sait et ne se sait pas. Et cette affirmation est très importante, d’autant plus que sa vie est finitude ; c’est un être-fait-pour-la-mort ; tout être ne vit qu’une vie qui lui est donnée. Et cette vie lui est réellement donnée.

 

En naissant, tout homme est ainsi, et tout philosophe que sont les philosophes sont ainsi. De Sartre, Heidegger, Kant, Schopenhauer, Spinoza… aux anciens, Platon, Aristote, et aux Présocratiques, Parménide, Héraclite..., ils n’ont eu qu’une vie pour exister. Et c’est la raison de dire que c’est ainsi, que l’homme ne se sait pas, que la philosophie existe, et, par son essence, la philosophie est devenue la mère des sciences. Pourquoi ? Pace que les sciences dérivent de la pensée qui pense ; c’est la pensée qui a fécondé la philosophie féconde aussi les sciences ; et le chemin des sciences n’est pas fini ou n’a pas de fin, l’humain qu’est l’être ne peut savoir parce que dans l’absolu, il ne sait pas réellement son être, tout au plus se sait humain par sa pensée qui le lui témoigne. Et que fait la philosophie ? Elle étudie la pensée qui tente de comprendre ce qui s’engendre en lui. Et c’est ce que s’efforce Jean-Paul Sartre de comprendre.

 

 Prenons l’intuition, une faculté humaine, fille de la pensée. Lorsque Jean-Paul Sartre dit : « L’être qui est livré à l’intuition de la réalité-humaine est toujours ce à quoi il manque ou existant. » Et il prend l’exemple de la lune qui n’est pas pleine et qu’il lui manque un quartier, c’est l’intuition pensante qui lui fait savoir qu’en fait ce n’est pas que le quartier manque mais simplement qu’une partie d’elle n’est pas visible et la lune demeure en réalité toujours dans sa totalité. L’intuition pensante, à travers le pour-soi qui s’est projeté vers le croissant de lune et en retournant dans l’en-soi, n’a fait que réordonner le rapport qui existe entre le quartier manquant et sa totalité pour le constituer en croissant de lune, dans l’évolution de son mouvement dans le temps.

 

 Il existe donc en l’être un facteur essentiel dans la pensée pour la compréhension de soi et du monde. Et ce facteur dans la pensée est celui qui unit, qui clarifie, qui fait naître la compréhension dans cette liaison originelle de l’être vis-à-vis du monde. Comprendre soi et hors de soi ou l’intériorité et l’extériorité passe par ce facteur qui s’appelle le Cogito et qui est un mouvement intelligent de la pensée qui lie toutes les pensées naissantes de l’en-soi de l’être. Cependant en-soi, pour-soi, pensée, cogito viennent tous de l’essence de l’être et qui n’est pas accessible à l’être. Et cette affirmation est très importante.

 

L’homme sent cette essence plus qu’il ne la connaît ; l’homme ne la raisonne que parce que la connaissance qu’elle lui octroie lui est donnée ; réponse de cette essence rationnelle, raisonnée et raisonnante, active en lui dans le sens que ce qu’elle donne elle-même s’opère par elle-même. En guidant l’être humain dans ses actes immédiats, dépassant l’intuition, l’intelligence de la pensée, prenons, par exemple, les pensées machinales.

 

La plupart des gens ont des pensées machinales, des réactions machinales, et ils agissent machinalement, et cela est dû à leur pour-soi qui a assimilé la routine comme une importante partie de l’existence de leur être. Ce n’est pas que les êtres humains sont des machines, mais ils ne peuvent penser en permanence leurs pensées ; ce sont leurs pensées qui pensent pour eux dans leur existence de tous les jours, de tous les moments où ils n’ont point besoin de penser. La routine qui est réelle, tout se fait en l’être comme un automatisme.

 

Pour la compréhension, prenons un cas concret, pris dans le quotidien de nombreuses personnes dans le monde. Un homme traverse une rue encombrée de voitures. En Algérie, par exemple, avec l’explosion du marché des voitures depuis une quinzaine d’années, il est souvent difficile de traverser en sécurité les boulevards. On a cette impression qu’il y a plus de voitures que de passants. Le nombre de voitures a explosé en Algérie grâce au boom du pétrole et la politique agressive de Bush contre le monde arabe et aujourd’hui Joe Biden, après Donald Trump, mais là c’est une autre histoire.

 

Pour traverser, un homme se trouve toujours à regarder les voitures, même s’il est sur un passage piéton. Les voitures ne s’arrêtent pas. Soit il leur fait signe de s’arrêter, soit avec l’encombrement, lorsqu’elles s’arrêtent, il profite pour passer. Mais il ne passe pas entièrement, il s’arrête au milieu de la chaussée en faisant attention qu’une voiture n’arrive du sens inverse. Il regarde donc à droite et à gauche si d’autres voitures n’arrivent pas rapidement de l’autre sens. Précisément, des voitures arrivent, et il attend, de nouveau des motocyclistes arrivent souvent des deux sens, et il attend toujours. Parfois, la file qu’il vient de dépasser se trouve doublée par une autre voiture qui veut les dépasser, voire même en accélérant.

 

Mais que s’opère-t-il dans l’homme face à ce désordre qui ressemble à une traversée de l’Himalaya, tellement le danger est là et qu’il faut éviter. Et souvent, dans certains endroits, c’est le lot de tous les jours. Comment arrive-t-il à répondre à cette situation pour se préserver ? Il a ses yeux pour regarder. Mais elle ne lui donne qu’une vision de la situation. Il faut surtout qu’il pense ce qu’il doit faire, c’est-à-dire avancer ou patienter encore. Et sa tête se retrouve à tourner à droite et à gauche et rapidement pour trouver une éclaircie et traverser. Parfois il hèle avec sa main, et souvent les voitures ne s’arrêtent pas. Mais intérieurement qu’est-ce qui le fait mouvoir ? Sa pensée ? Oui, il doit penser et raisonner très vite.

 

Précisément, c’est là où entre l’intuition. C’est elle, par l’intermédiaire de ses yeux qui sont comme des capteurs, qui lui donne sa situation dans ce désordre qui peut comporter des dangers. Donc, c’est elle, instant après instant, en scrutant l’abord immédiat du boulevard, sans qu’elle donne connaissance à l’homme qu’elle est là, qu’elle pense en lui, qu’elle le guide, que c’est elle qui lui fait tourner la tête à droite et à gauche très rapidement.

 

Le temps donc presse et « elle doit lui faire regagner rapidement l’autre trottoir. » Il ne doit pas rester au milieu de la chaussée parce qu’il y a danger. Précisément, c’est elle qui va décider pour le faire avancer. Une éclaircie et même si une voiture arrive rapidement ou un motocycliste, elle lui « commande » d’avancer. Bien sûr, tout en lui soufflant intérieurement, ou simplement en pensant en lui, lui disant « tu traverses, mais tu n’es pas assuré d’une sécurité totale, cependant, tu dois avancer, tu n’as pas le choix, tu ne peux attendre indéfiniment que les voitures s’arrêtent pour toi ». Elles aussi, leurs conducteurs ont leur en-soi et le pour-soi, et leur intuition ; ils doivent trouver dans cet encombrement une éclaircie pour passer. Et c’est souvent, au bonheur la chance, malgré son intuition, que l’homme traverse cet enchevêtrement de voitures dans les boulevards des villes depuis le boom pétrolier-voiture-moto.

 

Ainsi, malgré qu’intuitivement, l’homme pense qu’il peut passer, il sait intérieurement qu’un accident peut lui survenir. Pour peu qu’un automobiliste ou un motocycliste qui s’est mal réveillé, et donc un en-soi et un pour-soi non maîtrisé, et une intuition inattentive, et il peut créer un désastre en blessant ou en tuant un passant involontairement. Et là faudrait-il dire plutôt volontairement par la situation dont étaient son en-soi, son pour-soi et son intuition mais que lui involontairement n’avait pas « décelés ».

 

L’intuition pensante de l’homme n’est pas infaillible, et ne peut être infaillible ; tout peut arriver ; l’homme relève des contingences de l’existence et aussi de la nécessité, malgré que contingence et nécessité sont antinomiques. « L’homme est, il existe mais ne peut garantir qu’il sera. » Il ne dispose pas de son avenir qui appartient à l’essence. L’intuition cherche à le protéger à son insu, pense en lui sans qu’il ne se rende compte réellement, mais ne peut s’opposer à ce qui peut arriver. Comme pour cet homme, il croit qu’il traverse, en réalité, c’est elle qui le guide et lui fait traverser le boulevard, en lui évitant au maximum le danger.

 On comprend dès lors que l’homme par cette intuition pensante est un « être-au-monde », un « être-pour autrui » et un « être libre jusqu’à ce que cette liberté trouve par elle-même sa limite ». Et c’est elle qui lui « fait » régir son existence. Traverser une rue encombrée de voiture est un exemple édifiant des possibilités que renferme l’intuition humaine.

 

Un autre exemple intéressant à analyser. Prenons une structure publique ou privée, et deux hommes, deux fonctionnaires qui y travaillent et ne s’entendent pas. Un est un supérieur, l’autre est un adjoint à ce supérieur, ou même sous-adjoint. Ils sont très proches dans le travail. Partons d’une situation où le supérieur n’est pas content de son adjoint ou de son sous-adjoint. Et il fait tout pour le rabaisser. La situation peut s’envenimer comme elle peut rester stable, mais toujours avec des rapports difficiles. On peut se poser la question pourquoi ce supérieur en a après son adjoint. Craint-il pour sa place que cet adjoint la lui prenne ? Ou cet adjoint fait-il partie de gens qui médisent sur lui ? Ou pour d’autres raisons connues de lui ? Ou simplement des raisons de caractère que le supérieur n’arrive pas à cerner ? Et qui provoque une antipathie naturelle, par exemple, « cet homme n’est pas moi, et je ne peux m’empêcher de le rejeter. » Et cela arrive parfois ce type de relation entre les êtres.

 

Sur le plan du discours sartrien, ils ont tous deux un en-soi et pour-soi, et comme on l’a montré, l’être a une intuition qui guide ses abstraits, dans le sens ses pensées, qui sont globalement les mêmes en tout être. Avec des différences dans les caractères, tout être est lui-même et cherche sa projection, cherche à projeter son image en l’autre. Et cela a relation avec l’affectivité de chacun. Pour comprendre l’animosité entre ces deux hommes, on peut supposer que le supérieur craint pour sa place, d’être remplacé par son adjoint ; ce qui est une possibilité. Mais si ce supérieur monte dans la hiérarchie et son adjoint le remplace, c’est aussi une possibilité ; et les relations peuvent être cordiales. Et ce n’est pas ce cas qui nous intéresse, puisque ce processus est tout à fait naturel et se déroule sans animosité.

 

Mais si on prend le cas général où il n’y a aucune crainte pour le supérieur (dans une structure publique ou dans une entreprise privée), donc indépendamment ou non de toute promotion sociale ou de tout litige en affaire, et cet adjoint horripile le supérieur ou un responsable de l’entreprise privée, et peu importe la raison. Il est évident que l’agacement du supérieur ne provient pas ex nihilo. Il vient quelque part de son en-soi intérieur, et celui-ci est « cimenté » par son affectivité. L’être en-soi et pour-soi qu’il est aime avant tout son soi. Et tout être normal aime son soi. Par ce soi, qui est aussi son image de ce qu'il est, l’être peut aimer autrui, peut sympathiser avec autrui surtout si l’être est ouvert au monde, et donc il est réceptif de par son caractère même. Un autre être peut être le contraire ; introverti, il est moins réceptif. Et entre l’extraverti et l’introverti, il existe une multitude de caractères. Et généralement, dans les sociétés humaines, ce sont majoritairement les caractères extravertis qui sont tournés vers le monde extérieur.

 

 Donc, ces deux hommes se différentient par leur affectivité, et celle-ci s’inscrit dans leur soi, dans leurs images qu'ils donnent l'un à l'autre ; par conséquent, il existe des raisons d’ordre intellectuel et affectif qui ne sont pas visibles voire même non raisonnées qui font que le supérieur se trouve irrité intérieurement par la relation qu’il a avec son adjoint. L’un, par exemple, a un caractère du type rugueux, dur et l’autre un caractère, du type flexible, et ce contact entre caractères opposés créé la mésentente. On peut même supposer que le supérieur refoule en soi quelque chose de passé, de mal vécu que son adjoint lui rappelle, ce qui explique le rejet de l’autre irraisonné.

 

Cependant, la machine humaine réagit toujours dans les mêmes conditions, quelles que soient les circonstances. Il y a toujours l’en-soi, le pour-soi et l’intuition qui guident leur être, et au-delà de leur affectivité. Si le supérieur cherche à se débarrasser de son adjoint soit en le mutant, soit en trouvant un moyen quelconque qu’il ourdit lui-même pour lui porter préjudice et se débarrasser de lui. Ou s’il est patron en le congédiant simplement quelles que soient les raisons que le patron peut invoquer. Dans tout ce que fait le supérieur, c’est son en-soi et pour-soi et l’intuition qui va dicter son comportement. Toutes ces pensées pour se débarrasser de cet être-là est pour rester dans son avoir-être, avoir qui est ce qu’il est, et donc sa plénitude. L’autre créait une brèche dans sa plénitude. Donc la haine, le rejet refoulé, l’égoïsme de son être vont jouer dans cet en-soi et cet aller et retour du pour-soi vers l’autre qui vont dicter le comportement de ce supérieur pour arriver à ses fins.

 

S’il ne trouve pas de solution à son affectivité, parce qu’en fait c’est ce soi affectif qui est en jeu, il sera obligé d’accepter cette présence-là ; mais il continuera à refouler ses mauvaises pensées ; en fait, il est intérieurement malheureux, mais cela n’apparaît pas sur son aspect extérieur.

 

 Qu’en est-il pour l’adjoint ? Le même processus. Lui aussi est confronté à cet agacement de son supérieur. Il ne comprend pas l’homme face à lui qui s’agace. Dans son en-soi, et son pour-soi, il pressent par son intuition le rejet de l’autre. Et l’adjoint lui aussi réagit au moyen de ses abstraits. Il cherche à se protéger de l’autre ; son intuition, en fait sa pensée immédiate, lui dicte son comportement. Soit laisser faire le temps, et se protéger autant que possible en ne répondant pas à l’animosité parce qu’il n’a pas d’issue ; il n’a d’autre travail que ce travail, et « il en a besoin pour vivre, et s’il a une famille à charge, raison de plus. » Soit de changer autant que possible pour plaire et ainsi lui éviter cet agacement. Surtout d’un patron qui peut le congédier à tout moment. Et il a besoin de cet emploi pour lui et sa famille s’il est le soutien. Soit s’il a une possibilité de s’en sortir, il se fait muter de service. Soit il démissionne s’il peut trouver un autre travail.

 

Quatre possibilités pour régler cette situation qui l’afflige, et ce sera toujours l’intuition pensante qui « intelligera la situation » et lui dictera son comportement. Comme lorsque cet homme qui traversait un boulevard encombré.

 

Au final, peut-on dire que c’est l’« intuition pensante » à travers cette conscience qui est pour soi et cette non-conscience mais à venir qui est dans l’en-soi que cette confrontation de deux consciences et non-consciences que le conflit se dénouera par l’acceptation de part et d’autre ou par la séparation. Sans oublier une situation où des sentiments refoulés surtout chez le supérieur peut se terminer en exacerbation du conflit, et en violence ; l’être se trouve amené à des limites qu’il n’a pu commander ; limites qui proviennent de cet en-soi qu’il ne connaît pas, une non-conscience de ce qu’il fait. Ainsi peut-on comprendre ce qui est et ce qui peut survenir dans certaines situations où les êtres se trouvent dominés par ce qui est leur réalité-humaine, en somme leurs images qu'ils ont l'un pour l'autre et contre lesquelles ils ne peuvent rien sinon à suivre leur en-soi et leur pour-soi qu’ils ne connaissent tant ces instances sont imbriquées l’un et l’autre.

 

Enfin, ce qui va pour le supérieur contre son adjoint peut s’appliquer à l’adjoint pour son supérieur. L’en-soi et le pour-soi peut se généraliser à tous les êtres. Dans la vie d’un couple, il peut y avoir une animosité intérieure entre les époux et provoquer de fortes souffrances pour chacun d’eux et finir par une rupture ; et si ce n’est pas une rupture physique, ce sera alors une rupture affective et un vivre-ensemble difficile. Et qui en est le fautif ? Toujours cet en-soi incompris et ce pour-soi dérivant de cet incompris, ce qui relève, à travers d'eux, de leurs propres images qu'ils se donnent l'un à l'autre. Avant leur union, ils se donnaient une image, après leur union apparaissaient leurs propres images qui souvent n'étaient pas ce qu'elles étaient, et ainsi naissaient les frictions. Les images sont pour ainsi dire les pour-soi extérieurs aux en-soi intérieurs ; ces derniers qui ne sont pas saisis pour ce qu'ils sont sont néanmoins rattachés aux pour-soi sinon l'être n'est pas, ne peut être sans en-soi.

 

Des frères ou des sœurs qui ne s’entendent pas ; à l’école, au lycée, des camarades peuvent avoir des différends qu’ils n’arrivent pas à comprendre et c’est à mettre à l’incompréhension de leur soi, à travers leurs en-soi et pour-soi. Bref, des harcèlements qui peuvent aller jusqu’au suicide. Et toujours cet en-soi et pour-soi qui montrent chez l’être une fragilité affective incomprise au point qu’elle peut lui provoquer des souffrances indicibles.

 

Et c’est là l’apport philosophique de J. P. Sartre pour prendre connaissance, à travers ces deux concepts-clé en-soi et pour-soi, qui fait de la théorie existentialiste un véritable monument qui n’est pas encore bien déchiffré.

 

Il reste un autre point majeur qui n’est pas très bien compris, c’est celui de son refus du Prix Nobel de Littérature, qui lui a été attribué en 1964. Pourquoi ce refus d’un prix tant convoité par tous les intellectuels et savants du monde ? En devenant le seul écrivain du monde et de l’histoire depuis la création du prix Nobel (premier prix en 1901) à avoir décliné la distinction, confirme-il que l’être humain qu’il est est plus humain qu’humain ? En clair son humanité lui suffit et qu’il estime qu’il n’a pas besoin de ce prix, qu’il ne peut accepter ce prix pour des raisons personnelles.

 

Et le philosophe anticipe et fait parvenir une lettre à l’Académie Suédoise, pour les avertir qu’il refuserait le prix s’il lui serait attribué. La lettre adressée à l'Académie Suédoise.

 

« Monsieur le Secrétaire,

D'après certaines informations dont j'ai eu connaissance aujourd'hui, j'aurais cette année quelques chances d'obtenir le prix Nobel. Bien qu'il soit présomptueux de décider d'un vote avant qu'il ait eu lieu, je prends à l'instant la liberté de vous écrire pour dissiper ou éviter un malentendu. Je vous assure d'abord, Monsieur le secrétaire, de ma profonde estime pour l'académie suédoise et le prix dont elle a honoré tant d'écrivains. Toutefois pour des raisons qui me sont personnelles et pour d'autres qui sont plus objectives, je désire ne pas figurer sur la liste des lauréats possibles et je ne peux ni ne veux, ni en 1964, ni plus tard, accepter cette distinction honorifique.

 

Je vous prie, Monsieur le secrétaire d'accepter mes excuses et de croire à ma très haute considération. » (1)

 

Le ton est clair, péremptoire, J. P. Sartre ne peux ni ne veux, ni en 1964, ni plus tard, accepter cette distinction honorifique. » Et il motive ses raisons qui lui sont personnelles et d’autres encore plus objectives. Il est évident que l’écrivain-philosophe a, dans ses écrits, disséqué la nature humaine, et en même temps sa propre nature. Et une telle dissection de l’essence humaine pensée, vue, appliquée, confirmée par soi par l’être qu’il est ne peut que l’ordonner avec soi-même et autrui ; énonçant l’en-soi et le pour-soi par sa pensée, forcément sa pensée influe sur lui ; par conséquent, il est lui-même ce en-soi-pour-soi-pour-autrui.

 

Et il le dit : « L'égale dignité d'être de mon être pour autrui et de mon être pour moi-même permet une synthèse perpétuellement désagrégative et un jeu d'évasion perpétuelle du pour-soi au pour-autrui et du pour-autrui au pour-soi. […]

 

La sincérité se présente comme une exigence et par conséquent elle n'est pas un état. Or quel est l'idéal à atteindre en ce cas ? Il faut que l'homme ne soit pour lui-même que ce qu'il est, en un mot qu'il soit pleinement et uniquement ce qu'il est. Mais n'est-ce pas précisément la définition de l'en-soi. » (page 92)

 

C’est précisément cet en-soi qui a prise sur lui et qui a dicté son pour-soi dans le refus du prix Nobel ; il veut être lui-même et donc ne pas dépendre d’aucune institution qui l’élève à ce qu’il n’est pas, ce qu’il ne veut pas.

 

Un point cependant, dans tous ses écrits philosophiques, J. P. Sartre, s’est-il pensé par sa pensée ? Dans le sens s’est-il remis en question que peut-être qu’il est ce qu’il est et n’est pas ce qu’il est. Comme il écrit : « il faut que la réalité­humaine ne soit pas nécessairement ce qu'elle est, puisse être ce qu'elle n'est pas. Qu'est-ce que cela signifie ? 

 

Si l'homme est ce qu'il est, la mauvaise foi est à tout jamais impossible et la franchise cesse d'être son idéal pour devenir son être ; mais l'homme est-il ce qu'il est et, d'une manière générale, comment peut-on être ce qu'on est, lorsqu'on est comme conscience d'être ? Si la franchise ou sincérité est une valeur universelle, il va de soi que sa maxime « il faut être ce qu'on est » ne sert pas uniquement de principe régulateur pour les jugements et les concepts par lesquels j'exprime ce que je suis. Elle pose non pas simplement un idéal du connaître mais un idéal d'être, elle nous propose une adéquation absolue de l'être avec lui-même comme prototype d'être. » (page 93)

 

Et c’est cet idéal qu’il vise, qu’il ne veut pas être comme autrui, qui est ancré dans son en-soi qui dicte en fait sa conduite dans son existence. Le problème est que l’en-soi, l’écrivain ne le connaît pas, il le rattache à l’essence, mais l’essence humaine pour lui n’indique rien, tout au plus qu’elle n’est pas prédéterminée. Il demeure pourtant qu’il a écrit une lettre à l’Académie Suédoise pour l’avertir de son refus ? Forcément, on doit déduire que tout relève de son en-soi et pour-soi qui est ce qu’il est pour Sartre lui dictant cet idéal en lui qu’il assume pleinement.

 

Dès que le choix du Jury de l’Académie Suédoise est connu, et qu’il lui est annoncé pour le prix Nobel de Littérature, Jean-Paul Sartre fait parvenir un texte à plusieurs rédactions, « dont Le Monde et Le Figaro, dans lequel il revient sur son refus, déjà auréolé d'un air de scandale. » Il écrit :

« Je regrette vivement que l'affaire ait pris une apparence de scandale : un prix est distribué et quelqu'un le refuse. [...]

 

J'y ai invoqué deux sortes de raisons : des raisons personnelles et des raisons objectives.
Les raisons personnelles sont les suivantes : mon refus n'est pas un acte improvisé. J'ai toujours décliné les distinctions officielles. Lorsqu’après la guerre, en 1945, on m'a proposé la légion d'honneur, j'ai refusé bien que j'aie eu des amis au gouvernement. De même, je n'ai jamais désiré entrer au Collège de France comme me l'ont suggéré quelques-uns de mes amis. [...]

Ce n'est pas la même chose si je signe Jean Paul Sartre ou si je signe Jean Paul Sartre prix Nobel. [...] L'écrivain doit donc refuser de se laisser transformer en institution même si cela a lieu sous les formes les plus honorables comme c'est le cas. […] Veuillez croire à ma très haute considération. » (1)

 

Jean-Paul Sartre a été un écrivain, un philosophe et surtout un idéaliste ; il a été favorisé par la nature ; l’en-soi, le pour-soi et le pour-autrui a tout son sens. La seule chose est que sa pensée est en avance sur son temps ; l’humanité ne se connaît pas suffisamment encore ; certes le progrès explose partout, dans tous les domaines ; mais cette humanité se recherche encore ; elle est ce qu’elle n’est pas et n’est pas ce qu’elle est ; le pour-soi sartrien englobe en fait pas un individu ou des individus pour ce qu’ils sont ce qu’ils ne sont pas et ne sont pas ce qu’ils sont, mais l’humanité entière qui tout simplement ne se sait pas.

 

Lorsque l’on regarde les guerres qui se sont jouées et s’y jouent encore aujourd’hui, et certainement continueront encore à jouer parce que telle est la nature humaine, force de dire que l’humanité n’est pas mature ; qu’il lui reste encore du temps pour changer, pour se développer, pour apprendre de son destin. Elle s’est certes développée aujourd’hui mais insuffisamment, à voir les guerres qui continuent à faucher des vies innocentes qui ne demandent qu’à vivre, alors que leurs politiques qui décident de leur destin ne visent que la puissance et point la paix.

 

Un état en fait de leur en-soi et pour-soi qui est ce qu’il n’est pas et n’est pas ce qu’il est, en deux mots un « manque d’être ». Précisément, c’est la marche de l’histoire qui se chargera de corriger ce manque d’être comme l’humanité l’a connu après la fin des empires coloniaux au XXe siècle. L’humanité est en train d’avancer ; il est possible que l’écrit de J. P. Sartre reviendra sur la scène humaine, et les êtres humains pourront prendre ce qui a de positif et corriger, préciser, compléter ce qui n’est pas dit, ce que la pensée n’a pas tout dit à la pensée de Jean-Paul Sartre parce que c’était peut-être au XXe siècle, encore trop tôt.

 

Peut-être que J. P. Sartre deviendrait un Platon ou un Aristote, par ses écrits, dans quelques siècles ou millénaires ; sa pensée restant toujours vivante, et qu’en fait c’est l’Essence par laquelle est le monde qui le rappellera aux humains à venir. Le monde humain est donc en devenir, pour avancer inexorablement mais progressivement pour remplir ce qui lui est prescrit dans son existence ; dans l’en-soi et le pour-soi, il est dans l’essence qu’il ne connaît pas et pour l’essence qu’il doit connaître pour exister. Telle est la nature et la destinée humaine.

 

Medjdoub Hamed
Auteur et chercheur spécialisé en Economie mondiale,
Relations internationales et Prospective

 

Note :
1. Le 22 octobre 1964, jour où Sartre refusa le Prix Nobel. Prix littéraires

https://actualitte.com/article/48360/prix-litteraires/le-22-octobre-1964-jour-ou-sartre-refusa-le-prix-nobel
 


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1 réactions à cet article    


  • Julien30 Julien30 11 octobre 2023 16:21

    Sartre, qui s’entendait bien avec les Allemands pendant la guerre, le précurseur des thèses indigénistes (voir sa préface aux Damnés de la terre dans laquelle il encourage l’assassinat d’européens : « Abattre un Européen, c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé : restent un homme mort et un homme libre ») pendant que sa compagne lui rabattait les jeunes filles qu’elle avait manipulée et participait elle à développer les fondements de la théorie du genre avec son « on ne nait pas femme on le devient », bref des pré-wokistes, beurk et rebeurk !

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