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Accueil du site > Tribune Libre > L’Est ostalgique

L’Est ostalgique

Une génération depuis la fin de l’URSS. Vive la Russie et ses satellites. La nostalgie est pourtant là, latente. La Roumanie n’arrive pas à suivre le mouvement d’Est en Ouest sans une certaine « ostalgie ».

La démocratie à l'occidentale donne-t-elle des soucis et des regrets ? Pas sous cet aspect, mais latente, une certaine nostalgie de l'Est de papa est bien présente dans les pays de l'ancienne URSS.

Nostalgie que l'on a appelé l'ostalgie en relation avec l'esprit nostalgique de la RDA. C'est, plutôt, du socialisme, fondé sur la propriété collective, que par le communisme pur et dur, vécu par le passé que cette nostalgie prend forme.
Au lendemain de la chute du Mur de Berlin, les partisans d'une "démocratisation" rassemblaient à peine 5% des voies. Les autres attendaient la chute du communisme avec impatience. Faire le deuil de l'ancien système, personne n'y pensait. Les progressistes, appelés les Ossis, avaient tout rejeter sans réfléchir avec le rêve de l'Ouest en tête dont ils ne connaissaient que des clichés transitées par les ondes hertziennes en provenance des pays dit "démocratiques" qui devaient théoriquement leur apporter liberté et succès. Cette "ostalgie", depuis, existe avec une connotation indéfinissable qui serait ni positive ni négative. Mélancolie lancinante qui dirait que c'était, seulement, mieux "avant". En est ressorti des Ostalgies-Partys qui passent par des chansons du passé, des produits alimentaires du terroir, des émissions radio et des télés nostalgiques. Les vieilles Trabant ressortent des garages lors des fêtes.

Parmi les déçus du "système capitaliste", ce ne sont pas seulement les "vieux", les anciens. Non politisés, dans les campagnes, beaucoup d'anciens pouvaient vivre une vie entière sans connaître le moindre problème avec une "règle du jeu" réglée par la seule proximité et la solidarité. Il est vrai que tous n'ont pas connue les affres de la Stasi, c'est, à fortiori, le cas pour la nouvelle génération qui, déçu, vivent mal les contraintes de la vie à l'occidentale. Le droit à la parole et son besoin sont très dépendants de ses utilisateurs et parfois, de ses commanditaire.

La liberté donne le vertige à certains si elle n'est pas modulée ou non préparée avec l'expérience du temps. La compétition "tranquille" conviviale et familiale a été perdue pour devenir une "struggle for life" avec les inégalités, imposées de fait, au bout du tunnel.  De plus, dans ses fondements, l'idéologie communiste avait incontestablement des points positifs dans ses fondations. Société sans classe, sans État, sans propriété privée sinon collective, mais dans laquelle le travail était garanti, cela peut être bien mieux que dans les pays occidentaux. La conquête du travail pour les femmes n'existait pas en RDA où 86% des femmes travaillaient et n'étaient pas limités à 56% comme c'est le cas aujourd'hui. On trouvait des logements bon marchés. On jouissait d'une santé presque gratuite et pas moins performante. Mais les salaires ne prenaient pas des altitudes incompréhensibles comme on le connaît dans les pays occidentaux. Ce choc d'idéologies est encore sensible à Cuba, mais qui vit dans un esprit révolutionnaire permanent. 1.jpg

Face à une évolution explosive, trop vite, trop forte, la Chine éprouvera, tôt ou tard, cette même "ostalgie" de temps plus calmes des campagnes, face aux mégapoles envahissantes.  

Cette liberté donne envie à ceux qui en ont été sevrés trop longtemps comme nous le rappellent les événements récents des régimes dynastiques modernes" en Tunisie, en Jordanie, au Yemen et en Égypte. La différence, avec le cas des pays de l'Est, c'est que, cette fois, cette stratégie du soulèvement n'entrait pas dans les projets de l'Occident.

1.jpgPas de doute, la sécurité dans les pays de l'Est avait été conçue avec des règles énergiques de contrôle. Après avoir voulu copier le modèle des pays de l'Ouest, les plus mal lotis de l'Est, récupérés, l'ont appris à leurs dépends.

  Les goûts ne changent pas rapidement, par effet de mode, mais par des évolutions successives, moins révolutionnaires qu'il n'y parait, mais suite à un dégoût pour une situation détériorée qui perdure.

Une génération,  depuis 1989 et la chute du Mur de Berlin. Qui s'en souviendra encore demain sans les anniversaires et quand la liesse est complètement retombée ?
Juste après ces moments de la "révolution", 1250 milliards d'euros avaient été investis dans les Länder de l'Est. Des 9,7 millions d'emplois qui existaient alors, il n'en restait que 6 millions en 2004.
 
La blessure s'est creusée par ces Ossis pour qui seul comptait le progrès et les efforts dans une phrase qui rompait toutes discussions avec les anciens. "Nous n'avons plus besoin de vos compétences, vous êtes des inutiles". A l'Ouest, ce n'est guère différent entre "jeunes" et "vieux". Mais progressivement, l'instruction aidant, les choses évoluent dans plus de "consanguinité" du raisonnement.  
 La métaphysique de la liberté comme véhicule unique de la pensée a conduit le libertarianisme vers l'exploitation, presqu'un esclavage de l'homme par ou pour un "système" et certains autres hommes qui en font partie, dans une décadence de l'absolu.
  
Du temps de la "vieille garde" en URSS, la blague qui circulait sous le manteau des ouvriers était "Eux font semblant de nous payer, nous on fait semblant de travailler".

Déjà en 1880, le droit à la paresse faisait partie des pensées de Paul Lafargue. A cette époque, celui-ci trouvait ridicule de ne pas distribuer uniformément le travail au lieu d'avoir une indigestion de tâches réservées sur quelques têtes et dans un temps de plus en plus raccourcis. La différence, la limite à ne pas dépasser, apparaissait immédiatement. Elle existe toujours, entre ouvriers et employés dans la prise en charge du travail n'est pas dans la manière de la rémunérer ou la compenser à sa juste valeur. Prendre du temps pour soi pour se sentir bien rend une efficacité plus raisonnable, sortir de l'agenda rempli à ras bord, sont encore des valeurs justes. 

 Chanteur engagé,  Jean Ferrat, avait une profonde conviction dans le communiste. Dans sa chanson "La jungle ou le zoo", il avait ressenti le mouvement obligatoire du replis en voyant s'effondrer le communisme de l'URSS et découvrant que tout n'était pas aussi rose derrière le rideau de fer avec un idéal communiste dévié de sa nature par les pouvoirs vieillissants de ses dirigeants. Gouverner sans se remettre en question, c'est toujours programmer un étouffement.

Le Kollectiv de l'Est et son "confort" qui se construisaient entre besoins individuels et collectifs, a généré, sans nul doute, plus de sentiments de solidarité que ne peut le faire le mode occidental.

Mikhaël Bakounine préconisait un idéalisme rationnel avec une organisation sociale qui irait de bas en haut par la fédération des travailleurs avec des échelons associatifs progressifs de communes, de régions, de nations pour arriver au niveau international et universel.

1.jpg Passons à la Roumanie. Pourquoi elle ? Parce que le contraste entre "anciens" et "modernes" y est, semble-t-il, encore plus difficile à supporter. La croissance est négative (-1,9%). En 2009, un prêt de 20 milliards d'euros ont été demandé au FMI qui a demandé en échange un régime d'austérité sans précédent. Salaires de la fonction publique diminués de 25% en 2010 (350 euros). TVA augmentée de 4 points. Retraites gelées (200 euros). 
Si en 2007, la CE avait mis à disposition 3,7 milliards d'euros pour financer des programmes pour améliorer le sort des minorités marginalisées (2 millions de ROM). 38 millions seulement ont été utilisés. En 2010, des milliers de fonctionnaires licenciés.

Dans les années 70, de la Roumanie, je n'ai eu que des impressions, des intuitions d'un avant qui nécessitait un "nettoyage de printemps" et une ouverture vers l'occident. Elle n'est pas arrivée au printemps. Ce fut à la Noël de 1989 qu'elle s'est concrétisée. Une envie, par certains, de sortir des sentiers trop limités qui brimaient les envies.

Nous sommes 20 ans, plus tard. De ces années d'avant, cet article, "Roumanie, le coup d'Etat de 1989", donnait un reflet intéressant. Après un quart de siècle de cauchemar et dix jours sanglants, le 26 décembre, le sort du "génie des Carpates", alias le "Danube de la pensée", du dictateur Nicolae Ceausescu, est réglé en cinquante-deux minutes, au cours d'un procès à huis clos et est exécuté avec son éminence grise, son épouse Elena. Ceausescu vivant dans son monde devenu mégalomane, coupé des réalités, n'a rien compris de ce qu'on lui reprochait. Mais, alors, comment une telle "dictature" reste-t-elle en place, sans que la population ne bronche ? Il suffit d'une étincelle pour soulever un peuple s'il est bien préparé à un "coup d'Etat". En externe, d'autres pays ou des gens en internes, y trouvent leurs avantages. La seule fin de changer l'histoire justifie les moyens, après coup. Le manipulation de l'affaire de Timisoara a malheureusement été découverte, un mois plus tard.

Gorbatchev a été, pour les États-Unis, l'homme providentiel qui allait redorer le blason des échecs américains au Vietnam. Plus jeune, "Gorby" pouvait incarner et propager l'esprit du progrès jeune à l'occidentale. Des Ossis étaient probablement là pour le seconder, en secret ou plus ouvertement, pour protéger des intérêts particuliers.

Dans "Terre des affranchis", Liliane Lazar parlait de sa Roumanie natale avec des yeux d'occidentaux. Avec son livre, elle a connu le succès par son avantage dont elle pouvait tirer par les deux faces d'un même problème. Son "Nouveau Monde" était vu par sa vision personnelle progressiste. Elle démontrait aussi à ses fans occidentaux qu'ils vivaient, eux, dans le meilleurs des mondes et cela pouvait les rassurer.  
Le ratio restera très dépendant de chacun et de son perçu d'une même situation.
Les hommes ne font pas l'histoire, c'est l'histoire qui les fait.  
Comme un peu partout en Europe, la Roumanie participe à la montée de la droite, voire de l'extrême droite. La gauche, dénigrée, niaisé, non productive de progrès. Avec 8,65% des voies en 2009, le PRM a obtenu 2 mandataires européens : Vadim Tudor, chef du Parti de la Grande Roumanie et Gigi Becali, dirigeant d'un club de football et qui a quelques casseroles de corruptions aux pieds. Anti-Roms, anti-Hongrois, de surcroit dans un nationalisme affirmé, partisan de la Grande Roumanie. Les Hongrois ne le sont pas moins avec la vision de leur "Grande Hongrie" d'antan. Hongrois qui viennent de prendre la présidence européenne dans un certain remous avec une nouvelle loi promulguée qui déstabilise les droits de la presse.

1.jpgLa chercheuse roumaine,  Nina Georgescu, vit à Bucarest. Elle m'a proposé de publier une de ses analyses qui tente d'expliquer la situation actuelle de sa Roumanie.
Avant de vous le laisser lire, je reprends un de ses commentaires déjà éloquents sur la situation à l'intérieur de la Roumanie : "Dans la période des années 1970 le système socialiste mondial se consolidait. Il était déjà devenu attractif sur le plan mondial. Le Socialisme était un concurrent pour le Capitalisme sur le plan politique, économique et social. Le système socialiste mondial représentait 26 % de la surface terrestre. Plus de 30 % de la population du monde était socialiste. Ce système détenait 12 % du volume du commerce mondial, donnait 32 % du volume du Produit Brut mondial et plus de 40 % de la production des biens matériels. En 1975, sur un total de 650 millions de salaires, 220 millions revenaient aux pays socialistes. Ceci confirme l'aspect important du nombre des salariés engagés dans la production matérielle. Cela, tout en restant faire partie du modèle culturel de la modernité, par l’industrialisation socialiste, par l’urbanisme, par l’enseignement de masse et par l’accès à la culture pour toutes les couches sociales. Aujourd'hui, avec le capitalisme, la vie est de plus en plus difficile puisque tous les prix augmentent, produits alimentaires, chauffage, électricité, eau potable. Le pétrole roumain a été vendu pour des prunes aux Autrichiens par nos gouvernements et gouvernants qui ont suivi et suivent encore les conseils du FMI et des Conseillers occidentaux présents parmi nos ministères. Chez nous, le pétrole est vendu plus chers qu'en Autriche. Le gaz et l'eau potable n'appartiennent plus à la Roumanie mais a la France. Les pensions civiles et surtout militaires ont été diminuées, pour certaines catégories jusqu'à 70 %. Pour Dumitru Prunariu, le premier cosmonaute roumain, les 3 ou 4 années d'entraînement  qu'il a suivi en Union Soviétique avant et pendant son voyage dans le Cosmos, ne sont pas reconnus pour sa retraite. Après 1989, nous sommes devenus une nouvelle colonie avec un niveau de vie, en chute libre pour la majorité des Roumains. Le nombre des sans-abris, des sans boulot augmente tous les jours. Cette situation de survie en est devenue explosive. Le comble est qu'on nous dit que nous sommes dans la bonne direction du redressement.".

A l'origine de ce recul en arrière, elle y voit une autre "Thérapie du Choc". Son article est paru dans des journaux locaux et sur les sites de piatza.net et de sudulextrem.ro.
Je lui cède la place, après un rappel d'un poème de Bertold Brecht qui pose une question gênante :
 Je suis assis au bord de la route
 Le chauffeur change une roue
 Je ne me sens pas bien là d'où je viens
 Je ne me sens pas bien là où je vais
 Pourquoi est-ce que j'observe le changement de roue
 Avec impatience ?

L'enfoiré,


La Thérapie du Choc ou le Léninisme renversé de Jeffrey Sachs

Dans les années 1989-1991, le Socialisme de l’Europe de l’Est a reçu un lourd coup souterrain, qui n’a pas été compris par la plus grande partie de la population des pays de l’Est et de l’Ouest. Ce coup était présenté sous le concept de Révolution avec de profondes résonances positives dans la mémoire de l'humanité.

Cette manœuvre politique-militaire faite sous le patronage des États-Unis et de l’OTAN a conduit au renversement et à la destruction du Socialisme européen que j’ai nommée - la guerre secrète des années 1989-1991 – et dont le nom codifié de CIA est « Covert Operation ». Ce fut la plus grande victoire de l’histoire des services secrets adversaires du Socialisme.

Après les métamorphoses politiques, imposées aux sociétés socialistes européennes sous la couverture de révolutions, toute l’Europe de l’Est se retrouvait dans une situation bizarre et bouleversée. Les émergents des dites révolutions avaient accaparé le pouvoir politique de ces États. Mais combien de partisans étaient-ils ? A peine une poignée de gens dans chaque pays socialiste.

Il restait un puissant mode de production qui était soutenu par des centaines de millions de gens. Et ce mode de production se trouvait à la base de la société socialiste existante. Cela se fit par des changements du mode de production, dans ses éléments composants, dans les relations et les forces de la production, pour finaliser le changement de toute la superstructure et du changement de la vie spirituelle.

Il restait le fondement économique de la société socialiste basée sur la propriété socialiste sur les principaux moyens de production et sur les relations de collaboration et d’aide réciproque. Toute l’essence de la société socialiste devait être changée. Ce changement ne pouvait pas se faire du jour au lendemain. Pas de durée fixée, ni de dépenses nécessaires en faveur de qui se produisait ce changement. Dans un but manipulateur, cette période a été nommée « Transition » par les commissaires politiques étrangers et autochtones.

En réalité, cette période de changements radicaux de société fut rapide. Trop rapide. Pas une transition mais une rupture brutale du Socialisme et de l’abdication de la souveraineté économique des pays est-européens. En plus, la transition du système socialiste vers un autre système non nommé, n’a pas été présentée comme une option aux nations socialistes mais comme une obligation. Passage abrupte en démantelant les structures économiques socialistes sans que celles-ci puissent être remplacées par les structures de l'économie de marché capitalistes. Celles-ci n’avaient même pas commencé à en prendre les contours en précisant qu’il s’agissait d’un processus de transformation radicale de la société socialiste en société capitaliste primitive. Le résultat de ces destructions a été un gigantesque saut dans un espace vide sans substance.

L'histoire nous prouve que tous les passages d’un régime à un autre régime, devrait assurer une meilleure évolution pour les conditions de vie des populations des pays respectifs. Sans cette finalité, le changement ne se justifie pas.

Dans ce processus imposé, dans cette nouvelle zone géopolitique dans laquelle sont impliqués les États-Unis, la Transition a eu comme base théorique, doctrinaire, l'idée libérale américaine et anglaise des années ’80, présentée à l'époque par Margaret Thatcher et Ronald Reagan, qui exprimait, au fond, un néolibéralisme extrémiste.

A partir de 1990, le Roumanie et d'autres pays socialistes européens, à la suite de l'abdication de la souveraineté politique, lorsque les émergents ont accaparé le pouvoir, le néolibéralisme s'est accaparé de l'État par la « Thérapie de Choc » de Sachs, par le Consensus de Washington et par la contribution roumaine de l’académicien Tudorel Postolache. La voie du Chaos a été considérée par lui comme seule alternative comme transition vers l'économie de marché. Le 20 avril 1990, l’Esquisse de Perspective de la Roumanie, adoptée par le Gouvernement Provisoire, n’a été qu’une astuce pour pouvoir assumer d’une manière dissimulée le Plan de Sachs.

En dehors de la libéralisation des prix, du commerce extérieur, il était aussi proposé que la première Loi du Parlement de Roumanie soit celle de la Propriété, de la privatisation sur une large échelle de la richesse publique, sans consultation des citoyens par referendum. Modèle pour orienter non seulement les Gouvernements de Roumanie qui ont eu pour but de remodeler toute la vie économique et sociale en conformité avec les objectifs économiques et politiques, par la stratégie qu’avait les États-Unis dans l’Europe de l’Est.

Jusqu’en 1997, la Roumanie a assumé le Plan de Sachs d’une manière dissimulée sous le nom de « La Thérapie de Choc ». Les autres Gouvernements des pays de l’Europe de l’Est ont adopté, dès le commencement, ce Plan d’une manière plus visible.

Résultats : arrêt brusque, immédiat du rôle de l'État dans le réglage du fonctionnement de l'économie. Ce fut le feu vert donné à la majorité des Gouvernements néolibéraux occidentaux, aux institutions économiques financières internationales et aux agents économiques du Groupe G7, pour pénétrer, sans efforts, dans les régions de l’Europe de l’Est, avec leurs produits et leur capital vers la globalisation et l'intégration rapide en Europe.

Le 13 janvier 1990, la « Transition », conçue selon le Plan du professeur de l'Université de Harvard, Jeffrey Sachs, fut lancé par la Revue « The Economist » dans une étude sous le titre significatif : « What is to be Done ? » .

Dans le même style que Lénine, cette étude mais dans une forme inversée, comme Peter Gowan l'écrit dans « La théorie néolibérale et sa mise en œuvre dans l’Europe de l’Est » en précisant que ce n’est pas seulement une question de style, mais qu'elle concerne toute la méthodologie. Le programme comprend le renon à la collectivisation des grandes exploitations agricoles, au morcellement de l’industrialisation, l’abandon de l’instruction de masse, de la modernisation, à l’urbanisme, à la recherche, dans une thèse de remodelage de la vie.

Le comble est qu'on entend dire que les pays socialistes auraient sollicité eux-mêmes les services de Sachs. La journaliste Silvia Benedetti affirme dans un article, que « Sachs, une fois arrivé dans les pays socialistes, a travaillé avec des équipes locales discrètes formées d’environ 10 jeunes économistes et a formé ses économistes en collaboration avec des Universités pro-occidentales et avec le soutien de la presse nationale ».

Doué de qualités incontestables de diplomate, Sachs a su tisser des contacts privilégiés avec des gens politiques clé des gouvernements, tout en refusant d'être payé par les pays socialistes qu’il a conseillés.

La Thérapie de Choc de Sachs est une théorie américaine de laboratoire qui n’a jamais été utilisée que sous la forme de la Thérapie de Choc, élaborée par Milton Friedman.  En 1975, celui-ci est le premier économiste américain qui a utilisé ce terme de Thérapie de Choc à Santiago de Chili et pas pour une crise économique majeure dans le monde réel  . La journaliste canadienne,  Naomi Klein, montre dans son livre « La Doctrine du Choc : la naissance du Capitalisme des désastres »  (Stratégie du Choc) que la  Thérapie de Choc de Friedman, selon laquelle une contraction subite ébranlera l'économie vers l'amélioration, n’a pas été vérifiée. Elle montre qu’il y a une ressemblance frappante entre la logique de Friedman et la logique des psychiatres des années 40-50 qui recommandaient à leurs malades des électrochocs en étant convaincus que l’introduction délibérée des crises convulsives fortifiantes rechargeait d’une manière miraculeuse le système d'opération de la mémoire de ces malades. C'est ainsi que conseilleur d'Augusto Pinochet, après l'élimination en 1973 de Salvador Allende, il voulait mettre en œuvre sa "Thérapie" dans l'économie du Chili.

Pinochet fut le premier leader politique de notre planète à tester la Thérapie de Choc en transformant son pays en un laboratoire pour les théoriciens américains.

Le « New-York Times » écrivit à propos de ce sujet : « Il n’arrive pas souvent qu’à un économiste de premier rang, dont les perspectives sont si robustes, lui soit offerte la chance de pouvoir tester ses prescriptions spécifiques pour la remise en bon état d’une économie si malade. Il est encore plus inhabituel le cas lorsque le client de l'économiste respectif est, par hasard, un autre pays et non pas son propre pays ».

Tel que présenté dans son livre "Capitalisme et Liberté", pour Friedman, la Thérapie de Choc, est le seul « médicament miracle » qui doit être administré à une économie malade. Trois objectifs : la privatisation massive et rapide, l'élimination du contrôle du Gouvernement sur l'économie et la diminution des dépenses sociales dans une courte période de temps, avec une récupération ultérieure rapide. Il utilise le mot "choc" d’une manière obsessionnelle et souligne que l’utilisation d’une thérapie graduelle n’est pas un bon choix.

Le miracle économique promis à la "sauce FRIEDMAN" ne s’est pas produit.

Au contraire, l'économie qui était déjà dans le chaos financier en Chili, a jeté le pays dans de vraies convulsions, le chômage, l'inflation,... à des niveaux alarmants.

Pinochet, et son conseiller, Sergio di Castro, ont détruit le système d’assistance sociale, en réduisant brusquement les dépenses sociales à hauteur de 27 % , jusqu’en 1980, lorsque ces dépenses ne représentaient plus que la moitié en comparaison avec la période de Allende.

Même la Revue « The Economist » qui passe pour le journal de l'économie du marché libre, en parlant de ces réductions de dépenses sociales, les a nommées comme étant « une orgie de l’automutilation ».

La Sante et l'Éducation qui ont été les plus frappées.   

Dans les anciens pays socialistes, elle n’a pas produit une transition, mais elle a provoqué une rupture catégorique avec la société socialiste, pour exclure toute possibilité de restauration du Socialisme comme idéologie, comme doctrine, comme mouvement social et comme système d’organisation économique et social. 

Nina GEORGESCU (E-mail : georgescu.nina@yahoo.fr)


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67 réactions à cet article    



    • L'enfoiré L’enfoiré 31 janvier 2011 14:26

      Mais, kéké.... on ne ferait que la révolution à voir vos liens. smiley
      Je n’ai ajouté (et en très peu de lignes) les événements de l’Afrique du Nord que pour parallèles, non comme article spécifique.
      J’ai vu que beaucoup d’articles sont sortis sur le sujet sur cette antenne.
      Je n’ai pas voulu en rajouter une couche, même si j’en connais quelques points très spécifiques, pour y avoir été sur place.


    • french_car 31 janvier 2011 10:42

      Bonjour Guy,

       Merci pour cet excellent article, j’espère que chacun l’aura lu in extenso avant que de le noter ou de le commenter ici.
       Il se trouve que je connais un peu ces pays, que je travaille avec la Russie et la Roumanie, que j’ai fait un peu de tourisme et en République tchèque, ex-Yougoslavie mais là c’est un peu différent et que j’ai de proches amis polonais. Je pense pouvoir parler de choses que je connais un peu.
       L’Ostalgie c’est du folklore, en France aussi on fait des Fest Noz ou autre foires locales, il est toujours bon de se souvenir de ce qui a bercé notre enfance. Il n’est pas exceptionnel que l’on réédite tel ou tel auteur, tel ou tel meuble, que l’on « chine » telle ou telle vieillerie.
       Par contre au delà de la mode il est un fait : nous Français avons bénéficié d’une forme de protection sociale au travers des réformes issues du Front Populaire, consolidée lorsque le pays fut délivré de la tyrannie au travers des acquis du CNR que Sarkozy essaie de liquider avec la violence que l’on sait. Les peuples de l’Est bénéficiaient de la protection sociale sans liberté politique. Lorsque la tyrannie fût vaincue c’est le modèle américain qui s’imposa dans toute sa violence. On ferma les crèches, les hopitaux, les usines bien-entendu, on libéra les prix des produits administrés etc etc ... Ce fut d’autant plus vrai pour les pays qui ne faisaient pas partie de l’URSS qu’ils adhérèrent immédiatement à la CEE qui imposaient une dérégulation immédiate et destructrice. Et surtout, les profiteurs de tous poils - qu’on appelle Woerth, Tapie ou autre ici - passèrent de la Nomenklatura à la Maffia - surtout pour ce qui concerne les pays hors CEE comme la Russie. 
      A tout ceci s’ajoute une insécurité qui étaient alors inconnue de régimes qui étaient -avouons-le - policiers. Il est assez curieux d’ailleurs de constater que notre régime sarkozyste est de plus en plus policier mais que l’insécurité n’en régresse pas pour autant, s’agirait-il d’un phénomène mondial ?
      L’ouverture sur le monde a libéré les ex pays communistes de l’embargo américain leur donnant accès à nombre de richesses qui leur échappaient mais il a aussi ouvert la porte aux délocalisations. Quelques entreprises ont délocalisé de l’Ouest vers l’Est, mais l’application de nos normes de productivité les plus échevelées et les délocalisation vers d’autres contrées encore plus « juteuses » ont tués les emplois par centaines de milliers.
      Comme vous le faites remarquer à juste titre, l’adoption du système scolaire ouest allemand et le démantèlement des crèches, les suppressions d’emplois ont contribué à faire tomber l’emploi des femmes est-allemandes de 90 % à environ 20% comme à l’ouest et fait chuté la natalité d’une manière plus qu’alarmante - actuellement 1,3 enfants par femme.
      Et l’homme de la rue dans tout ça ? Cerains pays se laissent berner par des nationalistes anti-européens qui collent toutes les responsabilités sur le dos de la CEE et l’on voit apparaitre un Orban en Hongrie, voter Kaczynski massivement en Pologne - ce dernier n’ayant pour programme que de rétablir la grandeur de la Pologne mais sans que l’on sache comment, avec quels moyens etc ...
      Ces pays où - au fond - tous étaient solidaires, soit de par la nature du régime soit en opposition au régime quand on regarde la période « Jaruzelski » de la Pologne, ne sont plus que des jungles où les plus malins tirent leurs marrons du feu tandis que les autres se débattent pour survivre. 
       


      • L'enfoiré L’enfoiré 31 janvier 2011 13:30

        Bonjour french_car,

         Comme je l’ai écrit, je n’ai connu que l’époque roumaine avant 89. Le premier article « L’Est dans tous ses états » que j’en ai fait à l’époque ouvrait déjà la discussion, mais je voulais en savoir plus de l’évolution en interne. Que savons-nous de la Roumanie ? I Ah, oui, qui dit Roumanie, dit ROM. Pour les jeunes, on apprend même qu’il y a de terribles hackeurs sur internet.
         D’accord sur l’ostalgie et son idée « folklorique ». Mon prochain article reviendra sur la question par une autre aspect. Je ne passerai qu’en vitesse sur le problème français.
         Nina que je remercie ici pour m’avoir éclairé, que ce n’est pas le passage d’un régime à un autre qui est en cause, mais sa rapidité, son manque réle de transition qui fait perdre pied.
        Les événements d’Afrique du Nord, en est un autre exemple. Une phrase entendue « on sait ce qu’on ne veut plus mais on ne sait pas encore dans quel système on veut se greffer ».
         Régime policier, absolument. Le rapprochement que vous faites avec votre situation sarkozienne, est exact. La démocratie est un régime qui demande beaucoup de temps pour être compris, pour être apprécié et maintenu. En définitive, on ne veut maintenir que les avantages et pas les obligations. Chez nous, on est en obligation d’aller voter, heureusement.
         Dans tous les régimes, il y aura toujours les pros et les contres. Ceux qui tirent les marrons du feu et ceux qui apportent les marrons et qui les brûlent. smiley


      • Julius Julius 31 janvier 2011 10:53

        C’est étrange. Si les gens sont tellement nostalgique de leur paradis communiste, comment expliquez-vous que, dans presque toutes les dernières élections, les partis libéraux ont gagné. Souvent, par une grande marge.


        • french_car 31 janvier 2011 11:37

          Julius, ceci n’est pas exact.
          En Pologne il s’en est fallu de peu que Kaczynski ne soit élu et en Hongrie nous avons vu apparaitre Orban, en Roumanie la social démocratie et les nationalistes font à peu près jeu égal, idem en Slovaquie.
          Le Tchèque Klaus lui serait plutôt « ultra-libéral » dérégulant et déclarant qu’il « ny a pas d’argent sale ».


        • Julius Julius 31 janvier 2011 11:59
          Proportion des libéraux dans les parlements :

          Czechie : 118/200
          Slovakie : 79/150
          Pologne : 235/460
          Hongrie : 263/386
          Roumanie : plus complexe en raison de minorités, la coalition gauche-droite


        • L'enfoiré L’enfoiré 31 janvier 2011 13:36

          Julius,

           "Si les gens sont tellement nostalgique de leur paradis communiste, comment expliquez-vous que, dans presque toutes les dernières élections, les partis libéraux ont gagné. Souvent, par une grande marge."

           Tout d’abord, cela fait 50 ans que je voyage. J’ai eu l’occasion de voir quelques pays et îles dites paradisiaques ou non. Je n’ai JAMAIS découvert le paradis. Le paradis, on l’a dans sa tête ou sous le pied.
           Pourquoi les partis libéraux ont gagné ? Je crois que Nina, par son texte, répondait parfaitement à la question. La marge n’a aucune importance. Ce sont souvent les petites gens qui n’ont pas droit au chapitre qui se font avoir par les sirènes des partis extrémistes.
           Les manipulations sont légions. Je crois que vous n’avez pas lu ce que j’ai écrit au sujet de Haïti et surtout de mon expérience en République Dominicaine. smiley 
           


        • Julius Julius 31 janvier 2011 13:48

          Je ne connais pas Haïti ou la République dominicaine. Mais je connais assez bien les pays de l’Europe centrale. Et je sais que l’Ostalgie n’est pas différente de la nostalgie habituelle pour la période quand nous étions jeunes. Peut-être avec une exception de la Russie, qui est nostalgique de son empire (« nous étions pauvres, mais tout le monde avait peur de nous »).

          > Ce sont souvent les petites gens qui n’ont pas droit au chapitre qui se font avoir par les sirènes des partis extrémistes.

          Il n’y a rien extrémistes avec les partis libéraux qui sont au pouvoir en République tchèque, la Pologne ou la Slovaquie. Et les « extrémistes » en Hongrie sont de loin pas aussi extrémistes que certains partis (neocommunist, trockist, maoïste,...) en France.

          Il est important de noter, que la division politique français de gauche-droïde ne peut pas être facilement appliquée aux autres pays. Les partis les plus forts en Europe centrale sont les parties droit-libérale-libertaire. Ce courant n’existe pas en France. En France, les deux côtés sont etatiste et liberticide. Par exemple, la gauche à la française n’existe pas en Pologne, où la politique est polarisée entre la droite libérale et la droite conservatrice.


        • L'enfoiré L’enfoiré 31 janvier 2011 14:13

          Julius,

           Si vous ne connaissez pas la République Dominicaine, relisez ce que j’en disais plus précisément dans ce billet en sautant la partie « Haïti ».
           
           Je ne sais si vous suivez les événements pays par pays en Europe. Ce n’est plus vraiment de la droite qui s’installe en Europe, mais de plus en plus de l’extrême droite. Cela va de la Suède, en passant par l’Autriche, un peu de Suisse. on verra avec Marine en France, La NVA séparatiste, qui a supplanté le Vlaamse Belang en Belgique.
           En Europe centrale, avec la Hongrie, je viens de le rappeler.
           Non, en France, nous vous n’avez pas seul le privilège d’avoir des partis « liberticides », « étatiste », « nationaliste ». La gauche français n’existe pas en Pologne. Je vais vous demander si la conception de gauche correspond à celle que l’on trouve sur Wiki « Les partis de gauche se rassemblent généralement dans la promotion d’idéaux progressistes et de liberté, la critique de l’ordre social et la volonté de réformer celui-ci dans un sens égalitaire et rationnel. »
           Ce qu’on appelle « gauche » ou « droite » est parfois très dépendant de la conception qu’on en a et pas des réalités.


        • Julius Julius 31 janvier 2011 14:41
          Nous parlons d’Europe centrale et dOstalgie ici. Autriche, Suède, Suisse, ... est un autre problème. Et Haïti est encore une autre.

          > « Les partis de gauche se rassemblent généralement dans la promotion d’idéaux progressistes et de liberté, la critique de l’ordre social et la volonté de réformer celui-ci dans un sens égalitaire et rationnel. »

          Mon experiance est différent.

          1) Pendant les longues années de l’empire communiste en Europe centrale, les partis de gauche n’ont presque jamais aidé la résistance anticommuniste. Même aujourd’hui, ils ont encore l’appui des régimes criminels à Cuba, la Biélorussie, ... Donc, je ne pense pas qu’ils aident la liberté.

          2) En ce qui concerne « progressisme », cela dépend de ce que vous considérez être progressive. Un grand nombre de libertés (sexuel, féministe, économique,...) sont mieux défendus par les partis libéraux. Dois-je note que beaucoup de parties, que vous appelez extrémistes, luttent pour les droits des homosexuels et des femmes ?

          3) ... que les mêmes parties libéraux lutte contre l’obscurité religieuse, donc pour la rationalité ?


        • L'enfoiré L’enfoiré 31 janvier 2011 14:57

          Julius,

           Voilà, exactement ce que je voulais vous faire dire.
           Être de gauche ou de droite ne veut rien dire. Chacun a son interprétation, son expérience.
           Personnellement, j n’ai jamais été d’aucun parti pris. En France, vous êtes peut-être bien plus bipolarisés, plus proche des USA que vous le pensez. Vous ne connaissez que vaguement le milieu. J’ai discuté avec beaucoup de Français qui me l’ont confirmé. Le centre MODEM & Co faisait beaucoup sourire. Ici, il n’en est pas question de cette opposition en chien de faience. Ce qu’à vécu Mittérand dans la cohabitation, la confrontation avec Chirac, gauche -droite, nous l’avons eu en permanence. Nous travaillons à la proportionnelle d’après la constitution.
           Voyons votre expérience.
           1. Exact. Les loups ne se mangent pas entre eux. Ils s’évitent. La Biélorussie, je ne connais pas. Cuba par contre, lisez mon billet « Un cuba libre, por favor ».
           2. Etre progressiste ? Wik qiti :  
          Le progressisme est la volonté d’instaurer un progrès social, des réformes, lorsqu’elle conçoit le présent comme un progrès par rapport à une époque passée jugée plus primaire, plus difficile, ou encore plus ignorante, par opposition au conservatisme.
          3. obscurantisme religieux ?
          Je crois que là, c’est ajouté une nouvelle couche. La laïcité, la science comme rationalité. Là, on touche a un autre chapitre de cette poupée russe.
           smiley


        • Julius Julius 31 janvier 2011 15:15

          > Être de gauche ou de droite ne veut rien dire. Chacun a son interprétation, son expérience.

          Je suis d’accord avec vous.

          > Nous travaillons à la proportionnelle d’après la constitution.

          Le même dans la plupart des pays d’Europe centrale.

          Peut-être juste une expérience :
          En France, le droit est généralement associé avec les personnes âgées, dans campagne, moins instruits, ...
          En Tchéquie, c’est exactement l’inverse : le droit (= libérales) sont les jeunes, plus instruits, les gens des villes.

          > Le progressisme est la volonté d’instaurer un progrès social, des réformes, lorsqu’elle conçoit le présent comme un progrès par rapport à une époque passée jugée plus primaire, plus difficile, ou encore plus ignorante, par opposition au conservatisme.

          Donc, les libéraux sont aujourd’hui les plus progressistes.


        • Julius Julius 31 janvier 2011 15:19

          Mais malgré les différences dans la classification, les partis de droite libérale-libertaire sont presque absents en France (sauf pour les petits, presque invisibles parties, comme AL ou PLD).


        • french_car 31 janvier 2011 15:40

          Donc d’après vos chiffres ce serait moitié-moitié sauf en Hongrie où vous voyez des libéraux et moi des dirigistes nationalistes. Quoique certains par le passé aient désigné Pinochet comme libéral, tout est question de vocabulaire.


        • L'enfoiré L’enfoiré 31 janvier 2011 15:40

          "En France, le droit est généralement associé avec les personnes âgées, dans campagne, moins instruits, ...« 

          J’ai aussi, dans mon texte apporté une autre pierre dans ce jardin-là, celui de la Chine. Car là aussi, dans les villes, se réunissent les plus instruits. L’éducation est un problème dans les campagnes. Comme j’ajoutais dans mon texte la version d’un de nos journaux qui disaient pour la Tunisie »La révolution des têtes pleines et non des ventres creux".

          > Le progressisme est la volonté d’instaurer un progrès social, des réformes, lorsqu’elle conçoit le présent comme un progrès par rapport à une époque passée jugée plus primaire, plus difficile, ou encore plus ignorante, par opposition au conservatisme.
          Donc, les libéraux sont aujourd’hui les plus progressistes.« 

          On associe souvent le progressisme avec l’outil de la technologie et de la science. Pourtant ni l’un ni l’autre n’ont une direction unique sans palliatif ou de marche arrière vis-à-vis d’un futur que l’on veut meilleur. On pousse l’esprit jeune et on oublie les »vieux« et leur expérience dans nos civilisations dites »modernes« . J’en ai fait partie pendant 40 ans de ce mouvement, donc je peux en parler. » Croire au progrès ne signifie pas qu’un progrès ait déjà eu lieu." disait Franz Kafka


        • french_car 31 janvier 2011 15:51

          Julius comme vous le soulignez en Pologne il s’en est fallu de peu pour que la droite libérale ne soit balayée par la droite extrême - elle le fût d’ailleurs lorsque le Kaczynski survivant fût le premier ministre du défunt.
          Je maintiens que le libéralisme économique n’est pas franchement majoritaire dans ces pays où malheureusement le peuple cherche refuge dans un nationalisme stérile.


        • Julius Julius 31 janvier 2011 16:30


          Excusez-moi, c’est un anglicisme. Le nom correct est Tchéquie
          Et oui, je le sais mieux, je suis tchèque  smiley.

        • Nina Georgescu Nina Georgescu 31 janvier 2011 18:17

          Bonsoir Julius ,

          Il faut preciser qu’en Roumanie il n’ y a plus de Parti Communiste. Il a ete mis hors la loi en 1991 par la Loi de la Securite Nationale. Tous les partis qui pretendent etre de gauche ont des programmes liberaux. On gagne les elections avec des slogans de gauche et on gouvernent avec des programmes de droite. La contribution de mass-media a ete et elle est encore tres importante pour la reussite de la droite. Mass-media n’arrete pas de promouvoir le mithe liberal bien que l’industrie roumaine qui donnait le pouvoir economique au pays et qui assurait les conditions decentes de vie pour l’ensemble de la population de la Roumanie a ete detruite par les politiques du FMI , de la BM , le Consensus de Washington et UE , ce qui a jete en chommage des immenses collectivites de salaries , bien que l’acces a la sante , culture , enseignement est obstructionne par les conditions precaires de vie survenues apres dec. 1989 , , bien que tous les prix soient en hausse et les revenus en chute libre , bien que les retraites deja imposees sont reduites encore par d’autres mesures et que toutes les factures augmentent pour le gaz , l’electricite , l’eau , les carburants et surtout pour la nouriture .
          Les actuels partis de gauche roumains clignotent a gauche et tournent a droite . Pouvez vous vous immaginer quel sera le resultat ?


        • Julius Julius 31 janvier 2011 18:47

          > industrie roumaine qui donnait le pouvoir economique au pays et qui assurait les conditions decentes de vie pour l’ensemble de la population de la Roumanie (avant 1989 ? - Julius) a ete detruite par les politiques du FMI , de la BM , le Consensus de Washington et UE , ce qui a jete en chommage des immenses collectivites de salaries , bien que l’acces a la sante , culture , enseignement est obstructionne par les conditions precaires de vie survenues apres dec. 1989

          Je n’ai pas assez d’informations sur la Roumanie d’aujourd’hui. Mais quand j’ai lu cela et quand je sais ce qui a été la situation de la Roumanie avant 1989, eh bien, je doute de la véracité de vos affirmations.


        • L'enfoiré L’enfoiré 31 janvier 2011 18:57

          Bonsoir Nina,
           Je vous ai laisser la bride pour les visions de l’intérieur du pays.
           Bucarest, je ne connais pas. Je n’ai pas eu l’occasion d’y aller.
           La plus grande ville dont je me souviens c’était Constanta.
           Si je reprends mon autre article où j’ai laissé mes souvenirs d’il y a 36 ans, j’’écrivais : "Le plus grand hôtel de Mamaia, l’International de Mamia, était réservé aux voitures avec plaques spéciales. Attention, faut pas, à l’intérieur, le confondre avec le confort occidental. Dans les rues, en douce, on venait auprès du touriste trop reconnaissable, pour échanger des devises à un tarif sans concurrence avec celui pratiqué par l’officiel. Le leu se transformait tout à coup en lei, son pluriel. Les magasins, eux, pratiquaient une ségrégation de fait. Touristes d’un côté, autochtones de l’autre. Nourriture top niveau pour les premiers, pour devises étrangères et en deuxième source, avec tickets de rationnement, pour les autres, quand il y en avait. Pas de mélange. Les étalages reflétaient plus encore cette différence par des tarifs dissuasifs convertis en devise."

          Est-ce encore le cas ? Je sais que la monnaie est maintenant l’euro, mais une ségrégation existe-t-elle encore ?
           


        • Julius Julius 31 janvier 2011 19:03

          > Touristes d’un côté, autochtones de l’autre.

          Les touristes en provenance des pays communistes ont été avec les autochtones  smiley Donc, je sais combien il était difficile d’acheter même les produits de base.

        • L'enfoiré L’enfoiré 31 janvier 2011 19:17

          «  Touristes d’un côté, autochtones de l’autre. »

          En effet. J’aime cette confrontation. On est né quelque part, comme chante quelqu’un. A force d’être dans un pays, on en arrive à avoir une idée trop formatée. Il faut des yeux neufs, des yeux qui de préférence ont été voir partout. C’est pour cela que je voyage depuis 50 ans et que parfois je retourne bien longtemps après comme en pèlerinage car les choses évoluent en permanence. Quand Nina m’a présenté quelques textes, j’ai sauté sur cette occasion de confronter les époques.


        • Julius Julius 31 janvier 2011 19:21

          Mais je dois dire qu’il y avait des touristes français, qui étaient avec nous dans les montagnes, dans les mêmes conditions que autochtons et nous. (la Roumanie est très francophone)
           


        • L'enfoiré L’enfoiré 31 janvier 2011 19:30

          « la Roumanie est très francophone »
          Tout à fait. J’en ai été très étonné de le constater récemment quand on parlait de l’anniversaire de la francophonie sur Kiosque de TV5Monde.
          Nina est une preuve, également.
          Elle n’a peut-être pas d’accents sur les lettres de son clavier, mais elle pourrait très bien donner des leçons de français à certains Français. smiley


        • Nina Georgescu Nina Georgescu 1er février 2011 11:39

          A l’Auteur ,

          J’interviens pour faire trois precisions :
          1. La Roumanie n’est pas encore passee - grace a Dieu - a l’Euro
          2. Le therme de segregation est utilise d’habitude pour la segregation raciale , religieuse ..
           et ca n’a as pas ete le cas en Roumanie. Dans les autres situations il s’agit de differences essentielles entre le travail phisique et le travail intellectuel , entre le travail gricole et le travail industriel , entre la ville et la campagne . Ces differences peuvent evoluer soit vers une opposition , soit vers une diminution de leur intensite . En Roumanie , en 45 ans de construction socialiste a eu lieu une diminution de ces differences refletee dans le niveau general de culture et de civilisation de la Roumanie. Il va sans dire que nous avions encore beaucoup a faire dans cette direction , mais notre chemin a ete interrompu en decembre 1989 et nous avons ete retournes aux temps qui existaient avant la Deuxieme Guerre Mondiale.

          2. Aujourd’hui il existe en Roumanie. de grandes differences. La difference entre :
           a. les riches et les tres riches , peux nombreux , dont la plupart sont les agents de la CIA et des autres services secrets occidentaux recrutes dans la periode 1973-1989 qui ont eu pour mission , pendant une longue periode , de preparer les conditions pour la sanglante « Revolution » roumaine et
           b. les pauvres , les moins pauvres , les tres pauvres et ceux qui n’arrivent plus a joindre les deux bouts et se suicident.

          A propos , il y a 36 ans je pouvais descendre , moi et ma famiile , au grand hotel International de Mamaia. En voiture DACIA (ex. R 12) , sans plaques speciales . Ej je ’n’etais pas la seule . Il y decendaient aussi d’autres intellectuels , toujours sans plaques a leurs autos et meme des ouvriers. Je me souviens d’un jeune musicien Aurelian Andreescu qui s’installait pres de nous , sur la plage , derriere l’hotel , face a la mer. Et il n’etait pas le seul , d’autres musiciens et acteurs roumains y venaient . Leurs voitures n’avaient pas de plaques speciales . 
          Aujourd’hui l’hotel International de Mamaia a change de nom , il s’appele REX , comme mon chien qui garde ma maison de campagne > Il est maintenant un 5 etoiles . A cet hotel ne peuvent descendre aujour’hui , en bon systeme capitaliste , que les nouveaux richards roumains et les touristes etrangers riches qui arrivent en leurs belles voitures
          Mercedes S 500 , Ferrari , Audi 8 , etc. 
          Nous , les autres Roumains , a cause des prix astronomiques , nous ne pouvons plus y aller . Ni dans nos belles stations touristiques de montagne ou avant 1989 nous avions tous acces  : les intellectuels , les ouvriers , les paysans , les fonctionnaires , les techniciens , les engenieurs , les medecins , les retraites , les enseignants , les proffesseurs , etc..pour ne plus parler des ecrivains qui avaient des maisons speciales de creation. Aujourd’hui il n’en reste rien de tout ca . Ils sont pourtant libres tous de descendre dans les rues , de crier famine , de couvrir d’injures les politiciens et les gouvernants , meme le president de la republique sans risque d’etre punis . 
          Vive la democratie occidentale , vive le Capitalisme des bandits.
          Nina GEORGESCU



        • L'enfoiré L’enfoiré 1er février 2011 12:14

          Nina,

          1 Tout à fait. Mea culpa. Membre de l’UE, mais ne fait pas partie à l’heure actuelle de la zone euro.
          2. Le mot « Ségrégation » est mal chois, je l’avoue. A remplacer par « Dissocier ».
          Il y avait bien des magasins qui étaient destinés aux touristes qui payaient en devises et d’autres pour les autochtones. J’ai connu la même situation à Cuba, bien des années après.
          Pour l’hotel International de Mamaia, c’était probablement une impression d’un touriste de l’époque. Il a bien changé
          Je n’y étais pas. Je ne me souviens plus de l’hotel que j’ai occupé.
          Pour Cuba, la dissociation par plaques minéralogiques existait, quand j’y ai été.
          Amusant de constater que Mamaia a quelques ressemblances de configuration d’environnement avec Varadero, mais c’est à peu près tout.
           
          Merci pour les rectifications. smiley 


        • french_car 1er février 2011 14:13

          Allons Nina reconnaissez au mois que votre Logan est confortable et ne vous laisse jamais en panne, au contraire de votre vieille Dacia 1310 :)


        • L'enfoiré L’enfoiré 1er février 2011 14:20

          Salut french,
           Cette allusion me fait sourire, comme je suis sûr fera sourciller, Nina.
           Ce serait intéressant de savoir combien d’heure de travail fallait il a l’époque et aujourd’hui, pour se payer ce confort.


        • french_car 1er février 2011 17:08

          En 2008 lorsqu’apres 3 semaines de grève la direction de Renault promit 20 % d’augmentation aux employés de l’usine de Pitesti, le gouvernement hurla à la contagion et de fait une cascade de grèves dans le pays s’en suivit afin d’obtenir des augmentations équivalentes.
          Attendons de voir si la mise en activité de l’usine de Tanger aura une influence sur la charge de l’usine roumaine.
          On peut imaginer que pour l’instant la demande en pièces carrosseries et mécanique reste forte de la part des diverses usines assemblant des Logan de par le monde durant encore quelques années mais attention ...
          Notons au passage que le bureau d’étude de Bucarest commence à piquer furieusement de l’activité à celui de Guyancourt. Il emploie environ 3000 personnes désormais contre 11 000 en France.
          Toujours cette course au coût salarial le plus bas ...


        • Nina Georgescu Nina Georgescu 1er février 2011 18:41

          Bonsoir French_car

          Je ne roule pas en LOGAN , les LOGAN nous vous les envoyons en France.
          Moi j’ai une Mercedes 250 D confortable et en tres bon etat.
          Nina


        • french_car 2 février 2011 17:57

          Bonsoir Nina, mais nous les aimons bien vos Logan, elles sont confortables fiables et économiques. Roulez roumain smiley


        • Adrian Adrian 31 janvier 2011 11:30

          Comme l’a démontré Mises, dans un système socialiste le calcul économique est impossible, ce qui rends absurde toute planification centrale. C’est du « tâtonnement dans le noir ».
          Si l’URSS a « duré » c’est grâce aux pays aux économie mixtes, riches en matières premières, et donc source de devise... Devise qui ont permis d’acheter du blé aux américains...Les planificateurs utilisaient les cours de la bourse mondiale pour tenter de fixer un prix ( Chicago ) .


          • french_car 31 janvier 2011 11:45

            Mais l’URSS dure encore. Elle a certes libéré les pays envahis depuis 1945 comme les pays baltes, l’Ukraine ou le Bélarus - assez curieusement elle s’est récemment brouillée avec Loukatchenko qui est tombé dans l’exagération tyranique - mais elle opprime toujours les petites républiques caucasienne, garde toute sa capacité de nuisance sur la Géorgie comme on l’a vu et une influence importante en Arménie.
            Qu’est-ce qui a changé depuis la chute de l’URSS en Russie ? Une certaine liberté d’expression tant que l’on n’aborde pas la question de l’intégrité du territoire - cf l’assassinat d’Anna Politkovskaïa et d’autres, tant que l’on ne fait pas trop d’ombre au pouvoir. Sans quoi pas de liberté politique - qui pourrait penser que les élections y sont libres ? - et pas de vraie lutte contre une corruprion endémique qui en quelque-sorte s’est substituée au racket institutionnel de la nomenklatura.
            La vraie nouveauté c’est que les magasins regorgent de richesses qu’une petite minorité de nouveaux riches peuvent s’offrir.


          • L'enfoiré L’enfoiré 31 janvier 2011 14:22

            French_car,
             Rappelez moi de vous contacter au moment où je vais sortir mon billet sur la Russie (en préparation).  smiley
             Les « incidents » ou plutôt « attentats » dans l’école, du métro de l’année passée, de l’aéroport de Moscou devraient être éclaircis. Il y a Tchétchènes, et les autres.... smiley 


          • Vipère Vipère 31 janvier 2011 11:50

            Bonjour à l’enfoiré et à tous

            « Le miracle économique promis à la sauce Friedman n’a pas eu lieu ».

            Et pis, « de la thérapie de choc » les populations de l’ex R.D.A. (Allemagne de l’Est), de Roumanie ou globalement des Pays de l’Est« n’auront eu que »le choc", d’une brutalité inouïe, à laquelle ils n’étaient pas préparés, passant sans transition d’un régime communiste au rêve capitaliste, - un phantasme paradisiaque - qui n’a pas tenu ses promesses, à l’épreuve des réalités. D’un système et de ses vices cachés.


            • L'enfoiré L’enfoiré 31 janvier 2011 14:18

              Bonjour Vipère,
               C’est exactement le message de Nina.
               J’ai repris son texte (avec son accord) en supprimant quelques redites, pour lui permettre de venir en communion avec mon introduction qui a elle aussi subit quelques « élaguages ».


            • Vipère Vipère 31 janvier 2011 15:44

              A l’enfoiré,

              L’ Allemagne libérale a abandonné en chemin, bon nombre d’allemands (de l’Est) notamment des femmes isolées et sans travail, frappées d’ un chômage endémique et auxquelles il n’est offert que « l »euro job", substitut d’un emploi réel, une sorte d’assistanat social qui ne dit pas son nom et, de surcroît ne veut pas entretenir des gens à ne rien faire.

              A titre d’exemple, une habitante de Roscoff, (orthographe incertaine), reconnait avoir l’obligation de se lever tôt, une heure par jour, pour se rendre dans une église, nettoyer des coulures de bougies afin de bénéficier du dispositif.
               


            • french_car 31 janvier 2011 15:55

              Ils ont des chapeaux ronds ... Roscoff c’est en Bretagne, l’orthographe était effectivement approximative s’agissant de Rostock.
              Mais vous avez raison, d’ailleurs si Friedman avait fait des miracles ça se saurait, il a eu beau conseiller Pinochet on attend encore le miracle.


            • Nina Georgescu Nina Georgescu 31 janvier 2011 18:35

              Bonsoir la Vipere ,
              Votre commentaire est correct . Vous avez tres bien compris mes articles . Vous avez tres bien mis les accents , les points , sur les iiii . Je vous en remercie

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