• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > L’exécution de prisonniers serbes au Kosovo pour récupérer leurs (...)

L’exécution de prisonniers serbes au Kosovo pour récupérer leurs reins

Tout le monde s'en fout.

Une affaire assez folle est sortie tout récemment, et elle produit dans la presse française un silence assourdissant.

Dick Marty, membre de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, suisse, vient de rendre un rapport dans lequel il affirme, nombreux éléments de preuve à l'appui, que l'UCK (indépendantistes kosovars) aurait abattu des prisonniers serbes, de façon répétée, pour revendre leurs organes à des cliniques. L'un des organisateurs de ce trafic ne serait personne d'autre que l'actuel premier ministre du Kosovo, Hashim Thaci.

Le Temps (Suisse) écrit :

Le document de 28 pages, résultat d’une investigation de deux ans, parle d’un « noyau restreint mais incroyablement puissant de personnalités de l’UÇK » impliquées, appelé « Groupe de Drenica », dont le parrain n’était autre que l’actuel premier ministre du Kosovo, Hashim Thaçi. L’UÇK, considéré comme un allié des forces internationales, avait joué un rôle important au cours du conflit qui opposait l’OTAN à la Serbie au début des années 2000. Parmi les membres de ce réseau criminel aux ramifications internationales, le rapport identifie une autre figure historique de l’UÇK, Shaip Muja. Ce chirurgien est actuellement conseiller auprès du cabinet de Hashim Thaçi.

[...]

Le rapport poursuit : « Lorsqu’il était confirmé que les chirurgiens chargés de la transplantation étaient en place et prêts à opérer, les prisonniers auraient été menés un à un hors du « refuge », sommairement exécutés par balle par un agent de l’UÇK et leurs corps étaient transportés rapidement à la clinique où avait lieu l’opération. »


Marty ne dit rien dans son rapport sur les receveurs de ces organes, mais il déclare ceci au Temps :

En savez-vous plus sur les bénéficiaires de ces organes en 1999 et les pays impliqués ?

– Oui, j’en sais plus, mais nous n’avons pas donné de détails par respect pour le procès en cours actuellement sur le trafic d’organes qui a eu lieu en 2006 à la clinique Medicus à Pristina, cela sous le nez des internationaux. Et je suis persuadé que ce sont en partie les mêmes personnes qui ont collaboré au trafic de 1999-2000. Aussi, je ne voulais pas être accusé de vouloir influencer ce procès.

Dick Marty avait déjà révélé l'existence en Europe de centres de torture de la CIA.

L'information est suffisamment établie pour que la présidente suisse ait finalement refusé de recevoir un prix kosovar.

Naturellement, comme l'Unon européenne a encouragé le démantèlement de la Yougoslavie, et géré le Kosovo, un grand silence s'impose sur ces révélations.

Comme l'écrit le Temps (qui consacre un vrai dossier à ce sujet), la facture politique est lourde pour Bruxelles :

"L’Union européenne le sait : tout ce qui sortira sur l’implication criminelle du premier ministre Hashim Thaçi la placera en position d’accusée. Comment continuer d’exiger de Belgrade l’arrestation du général bosno-serbe toujours en fuite Ratko Mladic ? Ou comment, surtout, contrer ceux qui, comme le jeune politicien kosovar nationaliste Albin Kurti, demandent le départ d’Eulex pour cause de compromission avec l’élite au pouvoir ?"

Il faut lire l'ensemble du dossier du Temps pour comprendre à quel degré de cynisme sont parvenus Bruxelles, et le camp occidental (Le Temps : "Il y a ceux qui sont dégoûtés, juge un diplomate. Et les autres pour qui, mafieux ou pas, Hashim Thaçi a au moins le mérite d’être un pragmatique possible à contrôler.")

Le Monde joue son rôle de défenseur de la chrétienté l'Europe, et se déshonore en expédiant le rapport Marty d'un titre infâme : "Kosovo, les faiblesses du rapport sur les trafics d'organes".

L'auteur y cite le rapport Marty en employant systématiquement le conditionnel, pour finir en donnant la parole à Jacques Rupnik, un professeur à Sciences-Po : "Avec un tel rapport, vous intervenez directement dans le jeu politique du Kosovo, en délégitimant celui qui est arrivé en tête et doit organiser des négociations de coalition." L'universitaire ne nie pas le contenu du rapport, il fait sans doute partie de ceux qui trouvent que "mafieux ou pas, Thaci a au moins le mérite d'être possible à contrôler..." Il explique juste qu'il est urgent de regarder ailleurs.

Rupnik a travaillé pour un think tank américain et a été membre de la commission indépendante pour le Kosovo en 1999-2000. Le journaliste du Monde aurait pu trouver une personnalité moins impliquée peut-être pour commenter ce rapport.

Fermons les yeux une seconde. Imaginons qu'on découvre un jour que la Chine couvre un trafic d'organes en Corée du Nord, ou en Iran. Nul doute que le Monde publierait cette information en employant force conditionnels, et se contenterait de la traiter dans un petit article en pages intérieures. BHL se tairait et personne n'en entendrait parler...

Je dois à Fred Delorca d'avoir attiré mon attention sur cette information, et sur la façon honteuse dont elle a été traitée par le Monde. Il y a un moment où ne rien dire sur ce que l'on sait, c'est consentir à l'ignoble. Plus l'information est disponible, plus ceux qui soutiennent l'Union européenne, qui tient l'étouffoir dans cette affaire, peuvent être considérés comme moralement complices.

Dernière réflexion. La Suisse de Ziegler et de Marty honore le monde. Quand Fred m'a parlé de cette affaire, je me suis dit que les journaux suisses devaient l'avoir traitée convenablement. Eux ne sont pas mouillés dans la promotion constante de l'Union européenne. Le jour où, cédant à la pression, ce pays entrerait dans l'Union, le monde en sortirait amoindri. Comme chaque fois qu'une voix indépendante et originale se noie dans une organisation stérilisante et servile. Vive la Suisse libre !

Post scriptum : article moins corrosif de Mediapart (http://www.mediapart.fr/club/blog/henry-moreigne/181210/kosovo-et-trafic-d-organes-une-verite-qui-derange-trop-0#)


Moyenne des avis sur cet article :  4.9/5   (39 votes)




Réagissez à l'article

19 réactions à cet article    


  • DANIEL 22 décembre 2010 13:17

    Oui, vive la SUISSE libre, mais attention car même, il se pourrait que la mafia KOSOVARE place le fruit du trafic d’organes en ses banques...
    La création KOSOVO est une faute. La guerre froide est toujours d’actualité. 


    • Jean d'Hôtaux Jean d’Hôtaux 22 décembre 2010 14:08



      «  La Suisse de Ziegler et de Marty honore le monde. »

      Et bien non M. l’auteur !

      Si l’on peut dire que la Suisse de Dick Marty honore le monde, je n’en dirais pas autant de Jean Ziegler. Ce dernier est certes adulé en France où il colporte ses clichés sur la « l’oligarchie », terme qu’il affectionne particulièrement et dont il est lui-même issu, et la Suisse. Adulé, car il caresse l’opinion publique française dans le sens du poil, mais peu crédible, car peu rigoureux et surtout frappé d’un égo hyper développé !

      Marty : oui !
      Ziegler : non ! Il y a longtemps qu’il n’intéresse plus personne en Suisse où personne ne le prend plus au sérieux !


      • brieli67 22 décembre 2010 18:24

        aH le Parpaillot toujours des nôôôôôôtres !!


        il abhore Ziegler par tous ses pores
        il adoooooooooooooooooooooore sur moultes points le facho fédéral Blocher 
         ses moutons Necker/noirs/nigger zum bei spiel

        Nestlé delenda est ... 
        ça roule ma poule !


      • Montagnais Montagnais 22 décembre 2010 15:28
        L’exécution de prisonniers serbes au Kosovo pour récupérer leurs reins.. Tout le monde s’en fout.

        Vous voyez-bien ! 4 réactions pour votre excellent texte seulement, sur l’instant.. Et pas un seul mot au spectron ou dans les média-godillots. La preuve : 

        « exécution prisonniers serbes » dans Google actualités, à peine 4 résultats ! Dont deux AgoraVox.. Au passage, on démontrera ainsi l’hyper-utilité d’AV.

        En quelques mots, vous dressez une image précise et définitive du monde, tout y est, la corruption, la complicité du politique et des médias, l’horreur, le crime pour argent, le mépris de la vie, l’indifférence.. 

        A titre de comparaison, Taponier ghesquiere, les chéris du Barnum, donne 160 résultats dans Google Actualité.

        Je sais.. Je sais.. Je devrais m’abstenir de comparer.

        Vous n’auriez pas la version : « L’exécution de prisonniers kosovars en Serbie pour récupérer leurs reins » ? Malheur ! Là ça serait vendeur.

        On peut être le pire criminel.. pour autant que l’Empire du Bien ne vous ait pas désigné comme tel. En revanche, s’il le dit, gare à vos abattis.

        • 2102kcnarF 22 décembre 2010 18:57
          A titre de comparaison, Taponier ghesquiere, les chéris du Barnum, donne 160 résultats dans Google Actualité.

          Perso je ne me plainderais jamais que des journalistes français soient retenus en otage. Les afghans les ont voulu, qu’ils les gardent !

        • Alpo47 Alpo47 22 décembre 2010 16:23

          « Tout le monde s’en fout ». Ce n’est sans doute pas le cas, mais comme on le sait, pour les « masses, tout ce qui ne passe pas au 13 heures, n’existe pas. Comment réagir à ce que l ’on ne connait pas ?
          Sans doute d’abord parce que nos dirigeants nous ont sur-vendu la Serbie comme les méchants et les Kosovars comme les »gentils". Mensonge flagrant. Je soupçonne qu’ils aient un peu de mal faire leur méa-culpa. N’est ce pas, Mr kouchner ?
          Deuxième raison, les destinataires des organes, voir l’article hier de Morice. Là, aussi, nos dirigeants ont du mal à revenir sur leurs mensonges.

          Ce qui est important à retenir, c’est que la communication politique, et encore plus en période de crise, est mensonge, manipulation, compromission.


          • KOM Bernard (BEKO) 22 décembre 2010 17:18


            Bon travail de recherche


            • OMAR 22 décembre 2010 17:38

              Omar 33

              Bonjour Edgar : "Tout le monde s’en fout....

              Oh non, Edgar, un être humain normal ne peut rester insensible devant de tels actes sataniques.

              Mon Dieu, comment des médecins censés sauver des vies ont acceptés ces organes.
              Et que dire des receveurs....

              Peut-être que finalement, Jocef Mengele est toujopurs vivant...


              • ELCHETORIX 22 décembre 2010 17:39

                la SUISSE n’est libre que dans la mesure où elle est le coffre-fort des multinationales et des milliardaires Européens et même mondiaux , dont ceux du CAC 40 et ceux d’une grande partie de sportifs de « haut-niveaux » et quelques « vedettes » du schow-biz , bref les nantis !
                Quant aux monstruosités des prélèvements d’organes sur les prisonniers Serbes , il ne reste plus qu’à la justice internationale pour faire éclater la vérité et rendre justice , càd pendre haut et court les responsables de ces atrocités .
                RA .


                • 2102kcnarF 22 décembre 2010 19:00

                  La justice internationale = la justice occidentale.

                  Je vois pas que les responsables kossovar soient inquiétés.


                • brieli67 22 décembre 2010 19:25

                  La Confédération H a sa vedette Oskar et Blocher son chef de meute

                   

                  nous avons notre DocDory  et son idole Pôôôôl

                  PS : j’avais fait en 2007 un article amusant sur ce référendum suisse déjà en projet à l’époque , il reste tout à fait d’actualité, le voici :

                  http://www.agoravox.fr/tribune-libr...

                  Inutile de préciser que, si j’étais un citoyen suisse , je voterais sans hésiter en faveur de cette initiative anti-minarets !


                • ELCHETORIX 22 décembre 2010 21:07

                  Quand j’écris « justice internationale » , c’est une justice comprenant des membres de toute la communauté internationale ; - dans ce cas « d’espèce » des magistrats neutres feront leur travail , donc des juges issus
                  d’Amérique Latine , de l’Asie et de l’Afrique , pour une justice équitable !
                  Puis les responsables de ce crime contre l’humanité ne seraient pas que de nationalité Kosovare , si tant est que ce pays soit légal !
                  RA .


                • Catherine Coste Catherine Coste 23 décembre 2010 09:27

                  Bravo pour cet article si clair et si bien documenté !


                  • Leviathan Leviathan 23 décembre 2010 17:10

                    Pour en savoir plus sur cette affaire de trafic d’organes, visionnez cette playlist :
                    http://www.dailymotion.com/playlist/x1diyi_jackyshow38_reseaux-criminels-2#videoId=xg699k


                    • kiwi 23 décembre 2010 19:55

                      Je pense qu’un avis d’un expert est le bienvenu pour contredire un peu vos hypothèses plus que imaginaires...

                      lien : http://www.letemps.ch/Page/Uuid/4112940a-0e14-11e0-9273-ab938913f4a9/Kosovo_de_la_col%C3%A8re_au_doute

                      En tant qu’ancien chef de service responsable pendant plus de 20 ans de la logistique de la transplantation rénale (choix donneur/receveur) à l’Hôpital de l’Ile à Berne, en rapport étroit avec diverses organisations de transplantation en Europe (Eurotransplant et autres), le rapport de Dick Marty m’a tout d’abord plongé dans une profonde révolte et colère. Puis, à la lecture attentive du rapport et à l’étude de diverses notices sur Internet, me sont venus de profonds doutes, en tout cas sur l’ampleur du trafic dénoncé.

                      Selon le rapport, plusieurs centaines de prisonniers de l’UÇK (300 selon l’ex-procureure du TPIY Carla Del Ponte, 500 selon le procureur de Serbie), soit la plupart des 470 disparus après juin 1999, auraient été assassinés et victimes d’un prélèvement d’organes, essentiellement de reins, en l’espace d’une année jusqu’en août 2000. La presse retransmet ces chiffres sans commentaires.

                      Or ce nombre présumé correspond à près de trois fois le nombre de reins de cadavres transplantés en Suisse en une année, et à près d’un tiers à la moitié des transplantations rénales effectuées dans un grand pays européen tel que la France ou l’Italie. Le problème logistique et infrastructurel que représenterait le prélèvement de 300 – 500 reins en une année me paraît absolument insurmontable dans les conditions de l’Albanie à cette époque.

                      Mais surtout, où ces reins auraient-ils été transplantés ? Le rapport ne parle que des « donneurs », il est silencieux sur le problème des receveurs. Il est quasiment exclu que les receveurs présumés se soient situés dans les pays de l’UE, où les receveurs potentiels sont identifiés, listés et leur sort soigneusement enregistré. Alors où ? En Turquie ? En Israël ? En Russie ? Il me semble tout à fait impossible et improbable qu’une activité de transplantation rénale de cette ampleur, à l’abri de l’omerta albanaise, ait pu se dérouler sans attirer l’attention. Il ne peut être exclu, par contre, que cela ait été le cas dans une ou quelques dizaines de cas, une « poignée » comme l’indique le rapport Marty à un endroit.


                      • edgar edgar 23 décembre 2010 20:28

                        Kiwi, votre réaction est à côté de la plaque. Le Premier ministre du Kosovo n’aurait trempé « que » dans « quelques » assassinats ? Et le rapport Marty contenait lui-même cette précision !
                        Personne n’avait l’intention de remettre en question l’utilité des transplantations à la lecture du rapport Marty. Votre intervention est juste déplacée, dans tous les sens du terme.


                      • tony 24 décembre 2010 18:16

                        Tout le monde s’en fout de cet article, oui. Car il est basé sur un faux rapport de ce Marty. Il n’a apporté aucune preuve, seulement des accusations. Vous devez garder une certaine éthique journalistique et parler au conditionnel. De plus, ce que Marty affirme a déjà été enquêté à TROIS reprises et aucune preuve n’a été trouvé. Et savez vous que des gens de Serbie ont été arrêtés au Kosovo, images à l’appui, et qui demandaient à certains Albanais de faire de FAUX témoignages sur cette histoire. En échange, ils offraient jusqu’à 100.000 euros. De l’argent qui venaient de l’Etat serbe, disaient-ils. Je ne sais pas si ce Marty a quelque chose à avoir là-dedans (ce qui ne serait pas étonnant pour qqun connu pour son côté pro-serbe et anti-albanais : il s’était notamment prononcé contre l’indépendance du Kosovo) mais si c’est le cas, c’est le Conseil de l’Europe et la Suisse qui en prendraient un gros coup. Pour revenir à ce personnage contraversé, vous savez comment il a répondu à Thaçi qui a annoncé qui allait le traduire devant la justice : « Je suis protégé par l’immunité en tant que membre du Conseil de l’Europe », a dit Marty à un journal serbe. Cela veut tout dire.


                        • Laureline 2 janvier 2011 18:45

                          Tout le monde a la mémoire courte

                          Jusqu’en 1997, les États-Unis considèrent l’UÇK comme une organisation terroriste soutenue en partie par le trafic de l’héroïne[5]. Le représentant spécial du président Bill Clinton dans les Balkans, Robert Gelbard, décrit l’UÇK comme un groupe indubitablement terroriste[6]. Néanmoins, avant février 1998, l’UÇK est supprimée de la liste des organisations terroristes du Département d’État des États-Unis[7]. Selon des sources fiables, des représentants de l’UÇK auraient rencontré, dès 1996 et possiblement plusieurs années plus tôt, des services de renseignements américains, britanniques et suisses[8]. En 1998, l’hebdomadaire britannique The European mentionne que des services de renseignements militaires et civils allemands auraient participé à l’entraînement et à l’équipement de la guérilla dans le but de consolider l’influence allemande dans les Balkans[9]. L’ancien conseiller au Parlement allemand, Matthias Küntzel, prouvera plus tard que ces services secrets ont joué un rôle essentiel auprès de l’UÇK depuis sa création[10]. Selon le Sunday Times de Londres, des agents de renseignements américains ont admis avoir participé à la formation militaire de l’Armée de libération du Kosovo avant le bombardement de la Yougoslavie par l’OTAN[11]. L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, après son départ du Kosovo avant les bombardements, a laissé du matériel de téléphonie satelitaire à certains membres de l’UCK qui possédaient même le numéro de téléphone mobile du général de l’OTAN Wesley Clark[11]. http://fr.wikipedia.org/wiki/Arm%C3%A9e_de_lib%C3%A9ration_du_Kosovo

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès