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Accueil du site > Tribune Libre > L’ignorance une chance

L’ignorance une chance

Curieusement nous avons besoin de Savoirs pour comprendre la complexité du monde et c'est l'ignorance qui nous sauve. Si nous n'étions pas ignorants nous n'aurions jamais la curiosité de comprendre et de déchiffrer le monde qui nous entoure.
Que ce soit par la peur de voir le ciel nous tomber sur la tête ou bien de comprendre comment faire germer la plante nourricière, il nous faut une raison.

Le connu rassure.

Dans notre société, traiter quelqu'un d'ignorant c'est le rabaisser, lui infliger une humiliation. Nous fusionnons allègrement l'ignorance comme synonyme de bêtise ou d'imbécile. 
Ne pas savoir ce que nous aurions pu apprendre est être ignorant. Pouvons-nous tout apprendre non, pouvons-nous tout savoir non. 
Alors pourquoi avons-nous des vérités ? Que cherchons nous la vérité ou la certitude. Nous recherchons la certitude, et lorsque nous faisons une observation qui nous l'apporte, nous affirmons que c'est vrai, et devient vérité.
Ce rapport entre la certitude et la vérité nous rassure. De fait nous n'avons aucune envie, aucun désir de voir cette relation s'emousser, s'amenuiser, être remise en cause parce que par elle nous nous installons dans le déterminisme, dans la normalisation, dans la rationalité.

Dans ce qui est mesurable et dévient connu.

100 ans.

La curiosité de notre existence est que cette volonté ne se vérifie que dans certaines situations. Dans un environnement qui soit propice à son développement, au point que l'on ne puisse pas mesurer l'évolution inévitable de la planète. Pour peu que les cycles se renouvellent régulièrement à notre perception, nous vivrons sans jamais nous en rendre compte, limité en cela par la durée de notre existence.

Les tribus endémiques d'Amazonie sont totalement ignorantes de nos modèles d'existences. Leur monde est vrai car il est durable et certain. Elles n'ont aucun besoin de transformer leur environnement et de ce fait, n'ont aucun besoin de comprendre les fondements de toutes choses car l'on n'apprend pas par curiosité. Ce sont donc des sociétés véritablement stables qui ignorent que l'humain peut vivre au delà de 100 ans.

Et nous pourquoi ?

Intéressante question. Avons-nous été curieux, certainement pas au delà de ce que l'on pouvait mettre à la bouche, toucher, sentir, entendre.
Tous les jours nous en vivons la raison.
C'est par elle que tout est advenu, lentement, puis plus rapide grâce au mimétisme social, d'apprentissage en apprentissage sélectif d'une génération à l'autre. Nous avons écarté les erreurs sans en compter les morts comme aujourd'hui, mais en les enterrant. 
Un signe essentiel que l'humain accédait au savoir. Un pas énorme dans la conquête de cette terre inconnue qu'est le magasin de la méconnaissance comme Edgar Morin qualifie l'ignorance.

Parménide

L'ignorance n'est pas invalidante c'est la terre à conquérir, c'est l'économie des savoirs de demain.
Pour la seule raison que nous sommes ignorants de tout ce qui reste à découvrir et cela est une chance.
Si notre connaissance des choses et du monde était complète nous n'aurions aucune marge de progression, nous en serions arrivés au même stade que les tribus arborigènes. Cela nous porterait à croire que la société dans laquelle nous vivons est irréductible. 
Cette vision de disposer du savoir nécessaire pour se faire une place dans la société où nous naissons, porte à croire que ce qui nous est utile pour nous affirmer et absolument et une vérité intangible.
Depuis Parménide, le mouvement comme objet de toute vie est connu. C'est cinq siècles AV JC. Nous avons fait usage de ces savoirs. La mort, vers un au-dela fait de paradis et d'enfer, le mouvement, un soleil qui tourne autour de la terre.

La fève.

Deux vérités qui auront tenu des siècles avant de tomber en creusant l'ignorance.
Aujourd'hui encore nous nous rassurons de vérités, il y a celles scientifiques qui sont refutables, chacun peut se saisir du protocole et en vérifier l'exactitude.
Puis il y a celles économiques qui sont. Irréfutables, c'est à dire qu à aucun moment en se saisissant du protocole l'on ne pourra en vérifier l'exactitude car elles dépendent de la perception suggestive de chacun sur la valeur qu'il accorde au choses. Je dis souvent les Aztèques accordaient autant de valeur aux fèves que nous à l'or.
Entre les deux pour vivre il est préférable de disposer de fèves.
Cette comparaison montre que ce ne sont pas les valeurs intrinsèques des choses que nous apprécions, mais celle que suggestivement nous lui reconnaissons. Ce n'est donc pas la raisons qui guide l'économie, contrairement à ce que l'on nous assène pour soutenir une vision capitalisme du monde. 
La vision capitaliste du monde n'est pas une vérité, mais seulement le résultat de relations distordues, par la culture et la concentration humaine sur des lieux de productions, en constante évolution. Le capitalisme est pour ceux qui le soutiennent la même situation idéologique que ceux qui soutenaient que le soleil tournait autour de la terre.

L'ignorance une chance.

Imaginons que le magasin de la méconnaissance n'existe pas, nous passerions notre existence soumis à d'autres. Nous le sommes sous divers paradigmes et considérer que c'est une vérité nous soulage, mais nous maintient dans l'ignorance, voire l'imbécilité pour certains.
Ainsi l'ignorance est une chance de pouvoir sortir du capitalisme de faire tourner le travail autour de l'humain et non l'humain autour du travail.

Comment y parvenir.

Par l'enseignement. Du temps de Parménide les initiés instruisaient les initiés car apprendre était un privilège. Cela a duré jusqu'à l'invention de l'imprimerie où le savoir a pu se diffuser.
On lui doit les lumières et le libéralisme bourgeois. Ensuite avec le socialisme l'école de la République ouverte à tous que refusaient les ouvriers car le salaire de leurs enfants étaient nécessaires.

Demain.

Aujourd'hui nous n'avons guère avancé dans la distribution du savoir, il y a les initiés qui vont dans les grandes écoles et se spécialiser à l'Université et ceux qui travaillent et ceux qui consomment du temps libre. Ceux qui ont accès à la complexité du monde et des choses et ceux qui en restent ignorants et croient toujours que le soleil tourne autour de la terre.

Nous avons une étape à franchir, réorganiser l'enseignement supérieur pour le rendre accessible à tous tout au long de l'existence. Et de ces citoyens en sortiront ceux qui puiseront à l'aide de leurs savoirs acquis, dans le magasin de la méconnaissance ou de l'ignorance le monde de demain.

Les être salvateurs ce sont nos parents quand l'on est enfants.

 


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11 réactions à cet article    


  • berry 11 avril 14:03

    "Aujourd’hui nous n’avons guère avancé dans la distribution du savoir, il y a les initiés qui vont dans les grandes écoles et se spécialisent à l’Université et ceux qui travaillent et ceux qui consomment du temps libre."

    C’est encore plus vrai aux USA.

    https://lesakerfrancophone.fr/la-pravda-americaine-discrimination-raciale-a-harvard


    • ddacoudre ddacoudre 11 avril 18:31

      @berry

      Bonjour

      Il est difficile d’essayer de compredre l’ensemble des interactions humaines qui se d ?veloppent dans la croyance que c’est nous qui ma ?trisons notre destin ?e. Souvent pour illustrer cette difficult ? j’utilise des ?tudes sur les temps de perception humain. Nous recevons une information de l’environnement a 500 moi/s environ , il faut 300 mil/s pour qu’elle arrive au cerveau et nous rendons le r ?sultat presque dans la seconde. Nous avons vraiment peu de chance de toit analyser car il ne fait aucun doute que ces informations nous affectent. Nous traduisons cela par l’expression l’intuition et pour d ?montrer notre lenteur nous parlons de reflexes Et sachant cela ’ous continuons aparlet de v ?rit ? m ?me les juifs savaient qu’elle ?tait que divine, comme le christianisme ne l’a reconnu qu’au p ?re.

      D ?j ? ces r ?flexions nous ouvraient sur la necessaire r ?flexion sur son existence, mais nous nous sommes plut ?t fermes pour avoir crue ce que nous savions ?tait absolu. Cordialement ddacoudre overblog.


    • eddofr eddofr 11 avril 14:20

      Trois citations pour tout dire :

      « Est fanatique celui qui est sûr de posséder la vérité. Il est définitivement enfermé dans cette certitude ; il ne peut donc plus participer aux échanges ; il perd l’essentiel de sa personne. Il n’est plus qu’un objet prêt à être manipulé. »


      « Le doute est un état mental désagréable, mais la certitude est ridicule. »

      « Cette certitude d’avoir raison qui est, à mes yeux, le signe infaillible de l’erreur. »

      Citations de Voltaire, Rostand et Jacquard (dans le désordre).


      • ddacoudre ddacoudre 11 avril 18:36

        @eddofr

        Bonjour Il ’y a pas grand chose a ajouter si non que ce sont de tels hommes qu’il faudrait ?lire. Cordialement ddacoudre overblog


      • L'enfoiré L’enfoiré 11 avril 14:36

        La culture coûte cher, essayons l’ignorance....

        Question de goût, de sens, de potentiel, de...


        • ddacoudre ddacoudre 11 avril 18:56

          @L’enfoir ?

          Bonjour

          Le fait utiliser la rationalit ? pour mesure ’os existence et me monde n’est pas un probl ?me quand on l’utilise pas pour se nuire quand l’on en prend conscience. Nos anc ?tres qui ont du mourrir avant de percevoir quels ?taient les bons champignons n’ont pas continu ? ? se nourrir d’amanite tue mouche. Nous c’est ce que nous faisons avons fait et faisons toujours non pour nous r ?jouir de la vie avec mes innovations qu’elle nous apporte, mais pour fabriquer des bulles car c’est la seule mesure, non de la raison et de la ratipnalite, mais de l’esp ?rance sans limite d’une accumulation car nous ne savons pas trouver l’intiateur de satiete Cordialement ddacoudre overblog


        • L'enfoiré L’enfoiré 13 avril 15:21

          @dd bonjour,
           Aujourd’hui sortait le 3ème épisode d’une saga qui parlait de l’intelligence d’une manière hebdomadaire et que j’avais commencé lors du 1er avril en parlant de notre 2ème cerveau et que j’ai continué par le résumé du livre du Dr Alexandre.
          Les 3 comportaient en finale de l’humour dont nous avons beaucoup besoin aujourd’hui..
          La semaine prochaine, le dernier.
          Conclusion : il n’y a aucune entreprise humaine exempte de points positifs et négatifs.
          Alors, d’une manière plus numérique, il faut à certains moments, les mettre en balance pour s’apercevoir si les résultats étaient en correspondance avec les espérances.
          Cher DD il faudra changer de type de clavier. Les caractères avec accents ne sont pas traduits de la bonne manière. smiley


        • Jean De Songy Jean De Songy 11 avril 14:56

          Si nous n’étions pas ignorants nous n’aurions jamais la curiosité de comprendre et de déchiffrer le monde qui nous entoure.

           

          Bobo le gaucho est une inépuisable source d’ex de crétineries pseudo-spéculatives qu’adore analyser la philo, il est merveilleux pour ça : sophisme, paralogisme, aporie, contradiction performative et j’en passe... smiley

           

          Bobo ayant la doxa multiculturelle du Ministère de la Vérité et ses journalopes, il est un ignorant qui s’ignore.... et donc ne cherche pas (Socrate). La proposition précédente n’a que l’apparence du syllogisme, c’est juste un sophisme même pas un paralogisme.


          • ddacoudre ddacoudre 11 avril 19:12

            @Jean De Songy

            Bonjour S’il y avait que les gens instruits qui ?crivaient il y aurait pas grand monde sur terre et tu ferais partie des morts.

            Car toute cellule qui ne re ?oit rien de l’ext ?rieur meurt sous ces propres dechets. J’avoue m’interroger de savoir si sur mon article J’aurai ton commentaire et ce n’est pas par machisme ni sanisme, on voit bien que la curiosit ? de niche partout. J’en garde un peu pour le prochain.

            Cordialement ddacoudre OverBlog.


          • Jean De Songy Jean De Songy 11 avril 21:01

            A la question « Pourquoi l’homme cherche ? » il y a une antique réponse :
             
            Le mythe de sa création par Épiméthée : l’homme n’est pas défini, il n’a ni croc, ni fourrure, ni vélocité, il est nu, DONC cherche son possible car il est le seul qui n’est pas pré-défini ds la Nature et donc le peut (De la Mirandole) , Épiméthée a tt donné aux animaux, alors Prométhée lui donne les arts (la Technique) et le feu (la puissance des dieux) pour ça.
             
            « Prométhée est le vrai dieu des grecs » Vernant.

             
            L’homme c’est le « Néant » dans l’être et le néant de Sartre, l’homme générique de Marx où Dasein d’Heiddegger (pour qui justement seul le non-défini voit l’Être, l’animal défini n’est pas séparé de la Nature). L’homme se transforme tjrs lui-même, il se nie sans cesse, il est tjrs en référence à néant.
             
            Alors vient la fascination de l’outil miraculeux (Hegel), la Technique (Heidegger/Ellul) qui s’autonomise et court seule, (et Dasein oublie qu’il est néant le seul voyant l’Être), il se réifie en chose de la Technique, et son outil devient lui-même Volonté, il est la capital qui étend ses capacités de production pour lutter contre la concurrence en détruisant la Planète, il est « l’homme qui le fait mais ne sait pourquoi » Marx.
            Ainsi vient le monde de Nietzsche, la volonté de puissance pour la volonté de puissance. Qui culminera dans le transhumanisme. Et l’homme changera ainsi d’espèce, ce qu’espérait N se désespérait que ce fusse possible..


          • Jean De Songy Jean De Songy 11 avril 21:17

            Les Lumières, l’invention de la société moderne, s’est niée dans une dialectique hégélienne.
            Au 17e-18e elles ont utilisé la Raison, Descartes pour se libérer des préjugés, tabla rasa et doute hyperbolique, « l’Histoire n’est pas notre code », ainsi les cartésiens sont descendus ds la rue et sont devenus les Jacobins (Tocqueville). 1ère négation.
            Puis les catégories de la Raison, la recherche de la société parfaite, se sont elles-mes niées dans par leur objectivation en être-là pour pontifier (la réalisation pratique), et vint la Technique folle qui roule sans maître, le connu trop connu devenu inconnu et mystérieux (pourquoi détruisons ns la Planète ds la surponte africaine des vaccins de Bill Gates ?).
            Cette dialectique est propre à tout ce qui touche à la raison humaine, de la perception à la société. La fourmilière et le gauchistan des barbus, les sociétés immobiles de Engels, n’ont pas ce pb, leurs paradigmes sont stables depuis des millions d’années.
             

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