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L’impunité mal du monde

L'impunité mal du monde

 
 Tout le mal du monde vient du moment que nos actes ne sont pas reliés à leur conséquences, l’impunité est clairement la racine des problèmes de notre civilisation.
Si en achetant un rouge à lèvre on déposait devant chez moi un cadavre de baleine alors je chercherais des alternatives pour me maquiller.
Si quand je me brosse les dents on déposait devant chez moi des milliers de brosses à dents usagées alors je chercherais des brosses à dents biodégradable.

Ce raisonnement est aussi applicable à l'échelle d'un patron d’entreprise.
Si quand il faisait des grands plan de licenciement on lui enlevait une partie conséquente de sa fortune alors il ne mettrait des gens à la porte que en cas d'extrême nécessité.

Ou d'un chef d’État :
Si quand un chef d’État choisi de déclarer une guerre à un pays on mettait devant sa porte l'ensemble des cadavres qu'elle a généré alors il éviterait de faire des guerres pour des intérêts industriels.
Il faut donc relier l'acte initial à sa conséquence qu'il s'agisse de l'achat d'un rouge à lèvre ou de la déclaration de guerre d'un chef d’État...

L'impunité inhérente aux superstructures ?


On peut voir ça comme un syndrome propre aux superstructures mais pas dans le sens dont en parlait Marx comme concept philosophique, mais plutôt comme d'une entité qui serait trop importante pour être viable.

L'économie mondialisée est une superstructures, celle-là même qui fait que les tomates des jus de tomate estampillés "Made in Italie" sont chinoises, casse totalement le lien entre l'acte et sa conséquence quand j'achète ces jus de tomates je ne sais pas qu'elles sont le fruit de l'exploitation de milliers de chinois dans des conditions déplorables et qu'elles ont un coût carbone désastreux et ceux grâce à l'économie mondialisée ; pareil pour un Iphone ou le dernier Samsung, je ne vais pas mener une enquête d'investigation avant d'acheter mon téléphone ou une sauce tomate...

Quand je vote Sarkozy, Hollande ou Macron je ne vote pas pour la guerre généralement mais pour des idées ou pour une personnalité au pire, mais malheureusement ce vote fait des morts, fait que la France est un des 5 plus grands trafiquants d'armes au monde, fait que des migrants se noient en méditerranée...
 

Alors tout cela je ne le sais pas comment m'en vouloir ?

 

Si tu ne le sais pas, effectivement on ne peut pas t'en vouloir vraiment, on peut juste invoquer un manque de curiosité, de subversivité mais au fond c'est peut être plus un réflexe inconscient pour se protéger qu'une occultation consciente.
 

En revanche il y a ceux qui savent mais qui n'agissent pas... 

 

 Plus on a du mal a légitimer notre action auprès de notre conscience, plus on devrait se remettre en question.

L'usager qui sait que son rouge à lèvre la fabrication c'est pas très net mais c'est utile, pareil pour les haribo c'est pas top mais bon c'est bon... C'est à cela qu'il faudrait mettre un cadavre de baleine ou de la graisse de porc devant la porte.

Mais attention on pourrait croire que je suis dans la culpabilisation des consommateurs comme trop le sont à la grande joie du système qui, si on accuse les petites gens n'a pas à le faire envers ses amis industriels...
Alors que non absolument pas, il faut relier les actes aux conséquences au niveau des entreprises prioritairement quelque soit leur taille et il est clair, que pour des groupes comme Airbus, Total, Coca, Facebook et plein d'autres la tâche est impossible d'où le problème des superstructures de ce type, qui ont sentiment d’impunité total ne pouvant constater le mal social, sociétal, environnemental qu'elles produisent, ne pouvant l'évaluer, ne pouvant le quantifier...

L'idée est donc qu'il faut certainement impérativement compartimenter ces superstructures pour relier de nouveau l'acte et sa conséquence et éviter l’impunité dont elles jouissent.

La superstructure la plus importante et qu'on devrait cette fois défendre et pas attaquer c'est notre écosystème, celle-là on ne peut la compartimenter il faut donc apprendre à composer au mieux avec cette dernière comme nombres de peuples l'avaient fait jadis à leur échelle.

Si les politiques se permettent tout ce qu'il y a de plus abjects, si les chefs d'entreprises leur emboitent le pas et si beaucoup de gens cautionnent ce système c'est parce-qu'ils ont ce sentiment profond ancré en eux d'impunité.

La solution ? Peut-être faire de l'éducation populaire et expliquer par tous les moyens imaginables aux gens à relier les actes aux conséquences. L'idée, faisant son chemin, finira tôt ou tard par atteindre les sommets des superstructures...

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3 réactions à cet article    


  • JL JL 19 décembre 2018 14:02

    Pas faux.

     

    ’’Si les politiques se permettent tout ce qu’il y a de plus abjects, si les chefs d’entreprises leur emboitent le pas et si beaucoup de gens cautionnent ce système c’est parce-qu’ils ont ce sentiment profond ancré en eux d’impunité. ’’

     

    C’est vrai, et l’impunité est à géométrie variable : la présomption d’innocence et son corolaire la mansuétude judiciaire, sont directement proportionnelles à la fortune et au pouvoir du contrevenant.

     

    « Nos plaies ouvertes saignent parce que les gens voient qu’un tas de connards à qui ils ne confieraient même pas un stand de hot-dogs dirigent leurs vies. » Tim Willocks

     

    Aux USA, mais chez nous c’est pareil, il suffit de 3 mois pour mettre un médicament sur le marché ; il faut plus de 30 années de rudes combats pour espérer pouvoir l’en retirer.

     

    J’appellerai ce système politique qui assure l’impunité à tous le niveaux de Ripoucratie.


    • Sergio Sergio 19 décembre 2018 14:07

      Faites plus court, en France on punit, quand même faut pas exagérer, mais il y a l’IMMUNITE, ça va plus vite à dire et à faire, surtout, ça fait des économies judiciaires !


      • Hervé Hum Hervé Hum 19 décembre 2018 23:18

        Vous suivez parfaitement bien la logique causale en écrivant qu’il faut relier les actes à leurs conséquences, le problème, c’est qu’un acte et sa conséquence sont rarement des cas isolés, mais surtout des cas reliés à d’autres actes et leurs conséquences.

        Pour exemple, un tribunal dit impartial, juge selon le principe de la loi du talion, à savoir, définir ce qui dans la chaîne de relations de causalité, à conduit à l’acte répréhensible et d’en tirer les éléments à charges et à décharges. Bien sûr, le principe a évolué dans sa forme, mais fondamentalement, il s’agit toujours de juger en proportion !

        c’est pour ne pas devoir être relié aux conséquences de ses décisions provoquant l’action, qu’un président de la république est considéré comme irresponsable, sauf en cas de haute trahison. De fait, il est strictement interdit d’accabler un président de déclarer la guerre, même de la provoquer, mais il faut alors chercher les causes d’une telle immunité.

        Et la réponse est qu’un président ou un dictateur, peu importe, incarnant le droit du peuple en tant que son représentant et affirmant sa souveraineté, n’a aucun devoir à remplir, sauf celui de se soumettre à plus fort que lui.

        Bref, c’est en raison de la séparation du droit et du devoir de chacun, que l’irresponsabilité sociale est la règle. Autrement dit, répondre de ses actes en ses conséquences, implique de suivre la maxime suivante ; tout droit implique un devoir, tout devoir applique un droit.

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Calvero

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