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Accueil du site > Tribune Libre > L’Occident doit aussi à la Grèce ce que l’Egypte a bien voulu (...)

L’Occident doit aussi à la Grèce ce que l’Egypte a bien voulu lui apprendre

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 Giscard d’Estaing avait imposé la Grèce à l’Union européenne au motif qu’« On ne ferme pas la porte à Platon ». Chacun avait compris sa reconnaissance aux grecs de l’Antiquité pour leurs contributions aux fondements de notre civilisation. Mais savait-il à quelles sources ils s’étaient instruits, qu’on découvrira des traces des théorèmes attribués à Pythagore et à Thalès, datées de plus de mille ans avant eux ? …

Déjà, les chrétiens du XVIe s. célébraient la connaissance, avec « l'Ecole d’Athènes » et sa soixantaine de figurants grecs parmi les plus illustres dont la fresque de Raphaël qui marque encore les murs du Vatican.  

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« l’Ecole d’Athènes »

                  

Levant le voile de l’origine de leurs curiosités, les témoignages des grecs anciens racontent leurs nombreux séjours et leur fascination pour la «  sagesse », les « sciences  » et la «  religion » de l’Egypte. Hérodote, Platon, Pythagore, Thalès, Solon, Socrate… ont capté longtemps l’exclusivité de notre admiration pour les contributions philosophiques et scientifiques antiques révélées autour des VIe - IVe siècle av JC.

Cependant, l’extraordinaire concomitance d’événements intellectuels aussi remarquables, par autant de prodiges et sur une période aussi courte pouvaient laisser pantois. C’est à la curiosité de ceux qui s’en étonnèrent, comme Paul Tannery avec ses travaux sur la science antique, Eduard Zeller historien de la philosophie et autres archéologues, que nous en devons l’explication. Ils ont cerné pour ces grands personnages les conditions de leurs apports et aussi les écoles de leurs compétences.

Pendant cette période effervescente, Buddha et Confucius s'éveilleront plus loin. 

Comme les arabes des califats de Bagdad puis de Cordoue plus tard, les grecs surent transmettre les connaissances recueillies, déjà avant la conquête grecque de l’Egypte par Alexandre le Grand (-330 av JC).

La période de leurs premiers contacts reste obscure. Platon ouvre une piste avec le récit de Critias qu’il rapporte à propos de grecs anciens dont personne n’avait entendu parler et qui seraient déjà venus en Egypte ; « …Solon (VIe s. av JC) ayant interrogé sur les antiquités les prêtres (de Saïs) les plus versés dans cette matière… fut saisi d’étonnement et pria instamment les prêtres de lui raconter exactement et de suite tout ce qui concernait ses concitoyens d’autrefois ». D’après A. Severyns des passages de l’Odyssée d’Homère (-1200/-800 ? av JC) qui concernent des raids corsaires d’Ulysse et de Ménélas dans le Delta (du Nil) au départ de Crète, seraient plausibles pour de nombreux motifs qu’il justifie (10). On verra plus loin les traces très anciennes des relations entre égyptiens et phéniciens.

Dès le VIIe-VIe s. av JC, le pharaon Psammétique Ier laisse les grecs de Milet (patrie de Thalès), s’installer dans l’antique ville d’Abydos, des colonies s’installent le long du Nil dont celle commerciale de Naucratis avec « Le plus grand de ces sanctuaires, le plus célèbre et le plus fréquenté, appelé Hellénion, fondé en commun par les cités ioniennes, doriennes de Rhodes, de Cnide, d’Halicarnasse, de Phasélis, de Mytilène… » Le pharaon « Amasis (VIe s. av JC) ne pouvait pas se passer des Grecs, tant sur le plan intérieur que sur le plan extérieur. » (3)

Les VIe V et IVe s. av JC verront défiler en Egypte les grandes figures de la Grèce. « …Dans la famille de Platon couraient des récits égyptiens rapportés par d’illustres voyageurs… des personnes de grand âge affirmaient que Solon revenant de la vallée du Nil avait failli devenir un merveilleux poète plus illustre qu’Homère… tant il avait reçu là-bas un noble et beau savoir… des Hellènes s’étaient fait initier aux mystères égyptiens, à la passion d’un Dieu mort-vivant… Les sanctuaires égyptiens disposaient d’interprètes attitrés pour discuter avec les grecs… Ils pouvaient consulter par personne interposée, des bibliothèques d’une valeur inestimable, un recueil d’observations astronomiques millénaire… ils rencontraient des exégètes capables d’exposer le sens ésotériques des rites, des mythes…  » (1) Platon vécut trois ans à Héliopolis, d’autres vingt ans.

 

S’agissant de la « Sagesse égyptienne ».

Les « sagesses  » édictent des recommandations d’éthique, de vertu et de morale pour l’harmonie de la famille et l’équilibre d’une société irréprochable. Depuis -2400 av JC, avec l’enseignement de Ptahhotep, un des premiers philosophes de l’humanité, l’Egypte ancre dans sa civilisation des valeurs vertueuses ; la justice, l’humilité, la discussion, la bienveillance, l’attention à porter aux autres, la raison… Vers -1000av JC. les préceptes d’Amenemopet « Dieu préfère celui qui fait honneur au pauvre à celui qui vénère le riche. » perpétuent l’enseignement de la « sagesse égyptienne » reprise notamment par les auteurs grecs et israélites.

Antonin Causse (7) justifiera son commentaire ; « …l’origine étrangère de la sagesse juive est une constatation qui s’impose à mesure des découvertes archéologiques égyptiennes », avec les nombreuses sources égyptiennes des textes juifs. Les recherches de Thomas Römer (8) objet de conférences remarquables sur « Ce que doit la Bible à la Mésopotamie », « Sagesse des égyptiens et mésopotamiens dans la Bible »… démontrent les recopies multiples des préceptes de la « Sagesse égyptienne  » retrouvés dans la Bible hébraïque (Proverbe, Nombre…). D’autres absorptions égyptiennes seront constatées chez les israélites polythéistes

Les règles de « Sagesse  » se confondront avec celles religieuses que les clergés des religions associeront à leurs enseignements. La « Sagesse  » des arabes préislamiques s’immiscera dans le Coran qui syncrétisera Dieu et la Sagesse. Associées aux pouvoirs politiques elles s’imposeront aux civilisations.

Vers le VIIe s. l’Egypte apprécie les voyageurs hellènes, les plus illustres (une cinquantaine ?) dont les « Sept sages » en profiteront, les intellectuels grecs fréquenteront les prêtres « gardiens de la mémoire de l’humanité et de l’histoire des débuts de tout  ».

Typhaine Haziza (3) dit de la Sagesse égyptienne qu’elle « …trouve ses origines dans un courant préexistant à Hérodote, qui avait pris toute sa consistance au sein des Grecs d’Ionie (côte ouest de l’Anatolie d’où les turcs ont chassé les derniers grecs en 1922) ». Elle rapporte que le roi (grec) d’Egypte Ptolémée Ier (IVe s. av JC) demanda à Hécatée d’Abdère d’écrire une histoire de l’Égypte, dans laquelle « il applique de façon systématique la théorie faisant dépendre la culture et la religion grecques de l’Orient, en l’occurrence de l’Égypte. »

 

S’agissant des sciences

D’illustres grecs ont puisé aussi en Egypte leurs connaissances. Bien qu’aucun écrit de lui n’ait été conservé, nous savons que « la cosmologie de Thalès (VIe s. av JC) est presque identique à celle des Héliopolitains d’Egypte » (H. Galiment). « Nous savons que Thalès s’est distingué par ses connaissances en mathématiques et astronomie. C’est lui qui transporta ces sciences des pays orientaux et méridionaux en Grèce » (E. Zeller)

Ces assertions sont vérifiables avec les papyrus découverts déjà au XIXe s. Celui de Rhind (-1650 av JC) contient 84 problèmes (arithmétique, algèbre, géométrie…) avec leur solution, dont l’auteur, le scribe Ahmès, ne cache pas des origines plus anciennes. On y trouve notamment celles du théorème de Thalès, de Pythagore, l’approximation de pi… Le papyrus de Moscou (-1850 av JC), est un recueil de formules mathématiques dont celle de la pyramide tronquée…

L’école pythagoricienne est une secte philosophique, scientifique et religieuse, installée dès le VIe s. av JC dans le sud de l’Italie, qui durera jusqu’à l’époque romaine. Pour Pythagore (4) "Les nombres contiennent le secret des choses et Dieu est l'harmonie suprême". Leibniz pensera au XVIIe s. qu' "…il n'y a pas de vie sans nombre, le monde se fait quand Dieu calcule. A partir du néant du 0 Dieu crée le 1 et donc tout. Le 0 et le 1 ordonne le monde, ces deux chiffres sont le fondement de tout ce qui est. Sur la terre comme au ciel. Au commencement était le nombre et le nombre était en Dieu…. La création peut être calculée car elle est structurée par des formules et des Nombres… »

Le1 et le 0 représentent aujourd’hui le système binaire de notre informatique.

Dans un autre domaine, Hérodote rapportera ces observations à propos de l’horoscope ; « Les Egyptiens ont découvert ceci encore : les divinités auxquelles appartiennent chaque mois et chaque journée, les sorts réservés à chaque homme selon le jour qui l'a vu naître, avec la mort qui l'attend et le caractère qu'il aura. »

 

Plus largement, Champollion défendra dans son discours d’ouverture du cours d’archéologie au Collège Royal de France, plus qu’une intuition que ses successeurs confirmeront avec leurs découvertes ; « L’interprétation des monuments de l’Égypte mettra encore mieux en évidence l’origine égyptienne des sciences et des principales doctrines philosophiques de la Grèce ; l’école platonicienne n’est que l’égyptianisme, sorti des sanctuaires de Saïs ; et la vieille secte pythagoricienne propagea des théories psychologiques qui sont développées dans les peintures et dans les légendes sacrées des tombeaux des rois de Thèbes, au fond de la vallée déserte de Biban-el-Molouk. »

 

S’agissant des religions.

Deux traits de la religion des égyptiens se sont répandus. Celui mystique du « livre des morts » dont l’essence se retrouvera aussi chez les monothéistes, et l’autre avec des dieux dans les panthéons grec puis romain.

La croyance égyptienne fait voyager l'âme du défunt qui quitte le corps jusqu'au tribunal d'Osiris, Maat pèse alors sa conscience. Si sa vie a été jugée méritante alors il accède au royaume des purs, sinon il est dévoré par la déesse Ammout…

Chez les grecs la mort est suivie du jugement de l'âme évaluée aussi en fonction de la vie du défunt qui lui ouvrira l'accès à un monde intelligible pour éviter l'Hadès chez les grecs. Pour les juifs (Shimône Zini) « Les multiples « Au-delà » individuels ne sont rien d’autre que la conséquence exacte du vécu par l’Homme en monde terrestre… ». Pour les musulmans « Au jugement dernier une balance soupèse les bonnes et les mauvaises actions ».

 

Les panthéons égyptien et grec ont fait vivre leurs dieux séparément en conservant des similitudes qui souvent les confondent au point de les réunir parfois. Les grecs identifièrent des concordances entre leurs dieux, comme Ammon-Râ et Zeus qui devint Zeus-Ammon, et d’autres nombreuses équivalences (9). Hérodote pensait que « les rituels grecs étaient un héritage des égyptiens », il rapportera Osiris, Isis et Horus en Grèce (-450 av JC).

Dans son livre « L’enquête » Hérodote raconte la diffusion du dieu Dionysos à Thèbes (Grèce), dont il a vu le culte « …des Thraces aux Éthiopiens, à Méroé, en passant par les Arabes… » et à Thèbes (Egypte) où Osiris est vénéré et en qui les grecs reconnaissaient Dionysos. Deux Thèbes, des villes homonymes avec des dieux semblables.

Henri Galiment (5) situe les débuts du syncrétisme gréco-égyptien avec Hérodote.

Ayant approché le secret des dieux en Egypte, Hérodote dira à propos des mystères sacrés « …ce dont j’évite par‑dessus tout de parler… Ce qui me fut dit sur les dieux, je n’ai pas l’intention de le rapporter… à mon avis les hommes n’en savent pas plus les uns que les autres. » Plutarque parlera d’un papyrus inquiétant ; « Celui qui révélerait cela, il mourrait de mort violente, parce que c’est un grand mystère. ». Le Talmud Babylone met en garde aussi : « on ne doit pas interpréter (enseigner) l’œuvre de la Création du Monde en public. »

Si égyptiens et grecs ont reconnu ces similitudes, reste la question de l’origine des dieux grecs si proches. Au IIe millénaire av JC, Poséïdon, Zeus, Dionysos… occupaient déjà les panthéons Mycénien (sud de la Grèce) et Minoens (Crète). Reste à démontrer une porosité égypto-minoenne ou égypto-mycénienne qu’une visite du palais de Cnossos (-2000 av JC Crète) ou de Mycènes ne démontrera pas. Chacun ne reconnaitra pas dans ces architectures aussi dissemblables une parenté avec les grands sites égyptiens, contrairement à celle des athéniens quinze siècles plus tard.

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Palais de Cnossos Crète.

                                  

Plutôt que vers la Grèce, on remontera la côte vers la Phénicie (Liban), et le temps avec les tablettes égyptiennes d'Amarna (XIVe s. av JC) qui révèlent des liens entre Byblos et les égyptiens, avec le commerce ancien du bois de cèdre pour la construction de leurs temples. Dès -2800 av JC, la déesse égyptienne « Hathor-Isis » coiffée d’un disque solaire entre deux cornes de vache était rebaptisée « Baâlat Gubal » (Déesse de Byblos). Les pharaons adresseront leurs offrandes au temple qui lui sera dédié. 

Au sud de Byblos, Tyr comme les cités phéniciennes s’imprégnait des cultures des peuples avec lesquels elle échangeait. La mythologie grecque attribue à Tyr l’histoire de la famille de son roi Agénor, originaire d’Egypte. Ses fils à la recherche de leur sœur Europe enlevée par Zeus, resteront en Grèce dont Cadmos fondateur d’une des plus anciennes cités grecques Thèbes (vers -2100 av JC.) La mythologie sensée plus persuasive est destinée aux non-savants, intriquée ici avec l’histoire elle revendique une parenté égyptienne.

 

En conclusion.

Si nous approuvons cette métaphore ; « Ce fut une part du génie de la Grèce d’avoir su recueillir sur les fleurs épanouies mais fragiles de cette plante millénaire, le miel impérissable dont elle devait nous transmettre le goût » (6), et si nous admettons la valeur historique de cette profusion de témoignages, alors nous devons reconnaître aux explorateurs grecs de nous avoir rapporté cette érudition des origines. Aussi, notre civilisation romaine, chrétienne et grecque se grandirait à accorder à l’Egypte une place au Panthéon de nos reconnaissances.

 

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Déesse Nout

                                

  1. « Platon à Héliopolis d’Egypte » Roger Godel et François Daumas, nous disent qu’en -450 av JC, Hérodote voyage en Egypte.
  2. Tablette sumérienne (tablette de Shuruppak - 2600 av JC, « conseils de sagesse de Gilgamesh) et sources égyptiennes, " l'instruction de Mérikavé, d'Amenemopé ou celle de Dwa-Khety "description ironique des métiers" (XIIIe s. av JC)
  3. Typhaine Haziza, agrégée d'histoire et docteur de l'Université Paris IV Sorbonne, est maître de conférences d'Histoire ancienne
  4. Thales donnait des leçons à Pythagore (celui qui a été annoncé par la pythie) et dira de lui, « ni mes facultés intellectuelles ni ma science n'égalent ce que j'ai pu percevoir en lui ». Il restera 22 ans en Égypte dans les écoles de mystère égyptienne. Il aurait reçu l'initiation - Voltaire parlera de circoncision - dans le temple de Den Dehra. Avec l'arrivée des Perses il est capturé et envoyé à Babylone pendant 12 ans. 
  5.  H. Galiment dans « Hérodote et les débuts du syncrétisme gréco-égyptien » donne une longue liste des voyageurs grecs en Egypte.
  6. Tiré du « Bulletin de l’association Guillaume Dubé 1956 ».
  7. Antonin Causse, pasteur protestant, professeur d’Ancien testament et d’histoire des religions. Revue d’histoire et de philosophie religieuse « Sagesse égyptienne et sagesse juive  »
  8. Thomas Römer, titulaire de la chaire Milieux bibliques au Collège de France.
  9. Voir la liste de W. Burkert ; - Zeus/Amon, Apollon/Horus, Déméter/Isis, Artémis/Bastet, Neith de Saïs/Athéna, Thot/Hermès...
  10. Albert Severyns « L’antiquité classique »

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26 réactions à cet article    


  • eddofr eddofr 11 janvier 11:58

    Et de qui l’Egypte peut-elle bien avoir hérité les bases sa sagesse millénaire ?

    Après-tout, nulle civilisation ne saurait prétendre être sortie du néant.


    • L'apostilleur L’apostilleur 11 janvier 15:29

      @eddofr
      Avant les égyptiens c’est vite fait. La prodigieuse civilisation sumérienne et ses inventions dont l’écriture (-3500 av JC) produira l’essort en Mésopotamie dont les égyptiens profiteront dans une mesure difficile à dire.

      Nous devons aux arabes de Bagdad VIIIe s.. d’avoir rassemblé les connaissances accumulée par les grecs notamment. Ceux de Cordoue avec Averroès le « grand commentateur » les transmettrons aux chrétiens (Paris la Sorbonne...) qui en feront leur miel. 


    • velosolex velosolex 11 janvier 17:41

      @L’apostilleur

      Tout vient de Mésopotamie. A noter le formidable travail de reconstruction que les Allemands ont entrepris en rassemblant les débris de la porte d’Ishtar, qui était une des portes de Babylone, la mythique, dont l’emplacement avait disparu dans le désert, et qu’Hérodote célébrait. https://bit.ly/3qpqMpb Amenés par caisses, comme des puzzles à rassembler, il y a cent ans, au musée de Berlin, la porte fut reconstituée et a échappé sans aucun doute à l’oubli total. Ou au vol des pièces archéologiques qui suivit l’invasion de l’Irak par les américains. Tout le contraire dans la démarche que le vol des frises du Parthénon, toujours scandaleusement déplacées au british muséum.


    • L'apostilleur L’apostilleur 11 janvier 21:56

      @velosolex
      Merci pour le lien. 
      Arte avait montré la reconstitution de la porte au musée de Pergame je crois. Ce qui pose la question de la restitution de ces oeuvres qui auraient été perdues.
      Je partage votre avis pour l’instant sur l’importance mésopotamienne.
      Des fouilles par nos archéologues français sont en cours dans le Kurdistan irakien à mi-chemin entre le fabuleux site de Göebekli Tepe en Anatolie (-10000av JC) et la Mésopotamie (-4000 avJC).
      Que vont-elle nous apprendre ?


    • velosolex velosolex 12 janvier 08:20

      @L’apostilleur

      J’avais vu cette émission. Arte propose souvent de bonnes émissions archéologiques. L’archéologie, c’est l’ancètre du genre polar. Je viens de lire un article sur des archéologues prouvant l’immigration d’une très forte population venant du continent en Angleterre il y a 3000 ans avant le Brexit


    • Séraphin Lampion Schrek 11 janvier 12:20

      En plus, la Grèce antique, c’était l’empire séleucide qui allait jusqu’à l’Indus, mais aussi toutes les côtes de l’Asie mineure » (Turquie actuelle) et les rives du Pont-Euxin (Mer Noire actuelle), la Sicile (où a vécu Archimède), le sud de l’Italie, Chypre, la Crète et la Phénicie, etc.

      La représentation de la culture grecque antique (qui était constituée de cités et n’a jamais formé un état comme celui de la Grèce actuelle) est totalement fausse chez la plupart des gens et, manifestement, nos dirigeants ! L’argument évoqué en début d’article est donc tout aussi illégitime que celui qui a repoussé la candidature de la Turquie à l’Europe sous prétexte de non christianité alors que Marie est supposée être née à Ephèse et que Byzance était la capitale d’un empire chrétien.


      • Séraphin Lampion Schrek 11 janvier 13:20

        @Schrek

        Pourquoi « fermer la porte » à Saint Augustin, un des quatre pères de l’Eglise d’occident, né à Thagaste (l’actuelle Souk Ahras, en Algérie), et mort à Hippone (actuelle Annaba, anciennement Bône lors de la colonisation française, « Bouna » pour les autochtones) ?


      • L'apostilleur L’apostilleur 11 janvier 13:42

        @Schrek

        Bon exemple. 

        Saint-Augustin a bénéficié d’une éducation chrétienne et romaine comme tout le Maghreb d’alors avec ses évêchés multiples jusqu’à l’envahisseur arabe. 

        Un exemple pour tout ceux qui n’ont toujours pas compris le conseil qu’il demandait à Ambroise de Milan ;

         « Si tu es à Rome, vis comme les Romains ; si tu es ailleurs, vis comme on y vit »

        A en juger par les traces des monuments de cette époque, une période de grande civilisation, inégalée depuis au Magrheb. 


      • Séraphin Lampion Schrek 11 janvier 14:56

        @L’apostilleur

        Il y a autant de rapports entre Saint Augustin et l’Algérie actuelle qu’entre Platon et la Grèce actuelle, c’est tout. Que pensez-vous de l’architecture d’Athènes ?


      • Olivier Perriet Olivier Perriet 11 janvier 15:14

        @Schrek

        Toujours aussi hors sol mon pauvre Séraphin :

        vous avez vu à quel moment l’Algérie contemporaine ou la Turquie contemporaine se réclamer du christianisme, de Saint-Augustin ou de la Vierge Marie ? smiley)


      • Olivier Perriet Olivier Perriet 11 janvier 15:19

        @Schrek

        et cela sans parler de l’Italie contemporaine, qui a autant de rapport avec la cité romaine de la Louve, que l’Algérie contemporaine de Saint-Augustin, hormis peut-être la langue et une volonté affirmée de s’y rattacher un petit peu « par delà les siècles et les siècles », M le Raisonneur Gros-Nigaud smiley


      • Séraphin Lampion Schrek 11 janvier 15:44

        @Olivier Perriet

        on dit la même chose, mais vous ne savez pas lire


      • Olivier Perriet Olivier Perriet 11 janvier 15:55

        @Schrek

        ben pas vraiment, puisque je suis sûr que dans les écoles de la Grèce contemporaine on enseigne l’histoire de la grèce antique, ce qui n’est vraisemblblament pas le cas pour Saint-Augustin et le christianisme dans l’algérie moderne.

        Ah, il y a l’histoire de la langue aussi, même si le grec moderne n’est pas le même que le grec ancien, il s’en rapproche sûrement plus que l’arabe du latin ou le turc du grec.


      • velosolex velosolex 11 janvier 17:27

        @Schrek
        Saint Augustin est tout de même retourné au pays, alors qu’il avait fait carrière à Rome. Un exemple parfait de la méritocratie Romaine, qui permettait à l’élite des territoires annexées d’avoir une culture au diapason de l’empire. La chute de l’empire romain, c’est la première fin du monde. Une agonie lente, dont il fallut des siècles pour se remettre, et refonder des pouvoirs éclairés. 


      • Octave Lebel Octave Lebel 11 janvier 12:26

        Je vois que vous ne croyez pas à la créolisation.

        Vous devriez vérifier le concept avant de bondir.


        • L'apostilleur L’apostilleur 11 janvier 15:37

          @Octave Lebel

          « Le mot créolisation désignait le processus par lequel un esclave nouvellement déporté devait s’acclimater à son nouvel environnement, aux usages des colonies, et donc se soumettre à la volonté de ses maîtres créoles. »
          Les tentatives de ceux qui veulent adapter notre culture à celle de leur minorité exogène voudraient retourner sa définition et s’en servir pour masquer une assimilation ratée.
          Comme Mélenchon frustré pour ce motif aussi.
          Que nos migrants et leurs descendances suivent le conseil d’Ambroise de Milan et ils seront alors les bienvenus. 


        • mursili mursili 11 janvier 13:31

          Un peu plus loin dans le Timée de Platon on trouve le passage suivant dans lequel un prêtre égyptien s’adresse à Solon :

          Un des prêtres les plus âgés lui dit : O Solon, Solon, vous autres Grecs vous serez toujours enfants ; il n’y a pas de vieillards parmi vous. — Et pourquoi cela ? répondit Solon. — Vous êtes tous, dit le prêtre, jeunes d’intelligence ; vous ne possédez aucune vieille tradition ni aucune science vénérable par son antiquité. En voici la raison. Le genre humain a subi et subira plusieurs destructions, les plus grandes par le feu et l’eau, et les moindres par mille autres causes. Ce qu’on raconte chez vous de Phaéton, fils du Soleil, qui, voulant conduire le char de son père et ne pouvant le maintenir dans la route ordinaire, embrasa la terre et périt lui-même frappé de la foudre, a toute l’apparence d’une fable ; ce qu’il y a de vrai, c’est que dans les mouvements des astres autour de la terre, il peut, à de longs intervalles de temps, arriver des catastrophes où tout ce qui se trouve sur la terre est détruit par le feu. Alors les habitants des montagnes et des lieux secs et élevés périssent plutôt que ceux qui habitent près des fleuves et sur les bords de la mer.

          http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/platon/cousin/timee.htm



          • Séraphin Lampion Schrek 11 janvier 15:01

            @mursili

            Alexandrie était quand même une ville grecque, et la dynastie lagide, une famille grecque, les Ptolémée dont Cléopâtre (Théa Néôtera Philopatris  ) était membre.


          • mursili mursili 11 janvier 22:04

            @Schrek

            Oui, et l’alphabet copte dérive de l’alphabet grec, mais Platon est antérieur à Alexandre.


          • Jean Keim Jean Keim 11 janvier 21:05

            Merci pour cet article intéressant et instructif.

            Quelle est l’origine du savoir le plus ancien connu ?

            Platon ne donne-t-il pas une piste ?

            Pourquoi pas les Atlantes. ?

            Mais même cette hypothèse ne répond pas à la question posée supra, des hommes supérieurs, quasiment considérés comme des dieux (Thot-Hermes...) sont cités dans beaucoup de cultures pour avoir diffusé des savoirs permettant le redémarrage d’une nouvelle civilisation après qu’une catastrophe de grande ampleur ait détruit les fondements d’une ancienne, mais même ces êtres exceptionnels sont concernés par la question qui n’a toujours pas de réponse.

            Il existerait, pourquoi pas, une mémoire dans laquelle seraient mémorisés tous les savoirs qui ont vu le jour, mais cette hypothèse ne donne toujours pas de réponse.

            Il nous faudrait peut-être chercher du côté de l’intelligence, quelle est-elle, quelle est sa nature, comment se manifeste-t-elle, dans quelle condition, peut-on la diriger, nos manières d’être peuvent-elles la bloquer... ?


            • L'apostilleur L’apostilleur 11 janvier 22:04

              @Jean Keim
              Il est admis que l’invention de l’écriture est sumérienne, comme la division du temps par 60, comme la roue, comme le mythe du déluge, Adan et Eve, l’agriculture et l’irrigation...
              En attendant de connaître ceux qui auraient pu les inspirer, les sumériens restent à l’origine de la première civilisation. 


            • Jean Keim Jean Keim 12 janvier 08:15

              @L’apostilleur

              Littéralement je crois qu’à tous les niveaux nous n’inventons rien, si l’esprit est dans des conditions idoines il reçoit l’inspiration, ensuite la pensée de l’inspiré agit au mieux de ses possibilités pour transmettre un contenu, ce qui engendrera une première déformation ; puis celui à qui est transmis les informations et qui les transmettra à son tour amènera une autre déformation, et ainsi de suite ; c’est pour cela entre autres que les enseignements les plus élevés, à leur origine, ne comportent quasiment pas de contenus révélateurs.


            • eddofr eddofr 13 janvier 15:46

              @L’apostilleur

              L’invention de l’écriture c’est, quelque part, l’invention de l’histoire.

              Il sera difficile, sinon impossible, de déterminer l’héritage des prédécesseurs des sumériens sans trace écrite, sauf à trouver un texte sumérien y faisant référence.


            • L'apostilleur L’apostilleur 13 janvier 18:54

              @eddofr
              « L’invention de l’écriture c’est, quelque part, l’invention de l’histoire... »

              Oui, la préhistoire se termine -3500 av JC avec la naissance de l’écriture. 


            • rogal 12 janvier 09:46

              Bel article sur le transfert du savoir.

              À noter que, dans le cas des mathématiques, il s’est passé quelque chose de radicalement nouveau en Grèce : l’invention de la démonstration et, avec elle, celle de la méthode hypothético-déductive.

              On ne se contente plus de l’efficacité des méthodes pratiques, que ce soit en arithmétique ou e géométrie ; on prouve des théorèmes sur la base de principes (définitions, axiomes et postulats).

              Juste retour des choses toutefois : Euclide était d’Alexandrie.


              • microf 12 janvier 13:04

                Très bon article.

                Ce paragraphe m´a beaucoup remué.

                S’agissant de la « Sagesse égyptienne ».

                Les « sagesses  » édictent des recommandations d’éthique, de vertu et de morale pour l’harmonie de la famille et l’équilibre d’une société irréprochable. Depuis -2400 av JC, avec l’enseignement de Ptahhotep, un des premiers philosophes de l’humanité, l’Egypte ancre dans sa civilisation des valeurs vertueuses ; la justice, l’humilité, la discussion, la bienveillance, l’attention à porter aux autres, la raison… Vers -1000av JC. les préceptes d’Amenemopet « Dieu préfère celui qui fait honneur au pauvre à celui qui vénère le riche. » perpétuent l’enseignement de la « sagesse égyptienne » reprise notamment par les auteurs grecs et israélites."

                Lorsqu´on voit comment a évolué ce monde oú nous honorons et vénèrons plus le riche et négligeons le pauvre.

                Et surtout aussi cette fin " Aussi, notre civilisation romaine, chrétienne et grecque se grandirait à accorder à l’Egypte une place au Panthéon de nos reconnaissances.

                "

                Cela se fera, mais prendra du temps.

                Alors comme pour Dieu un jour c´est comme mille ans et mille ans c´est comme un jour, laissons le temps au temps comme l´a dit un en Occident.

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