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La chute du mur : un roman exceptionnel à lire cet été

Pour celles et ceux qui seraient passés à côté du roman La chute du mur d'Olivier Guez et de Jean-Marc Gonin, paru il y a dix ans, n'hésitez-pas à vous le procurer neuf ou d'occasion. Ce récit proche du docu fiction qui relate les évènements de 1989 en ex-RDA est tout simplement génial. 

Olivier Guez est grand reporter au Figaro, Jean-Marc Gonin vit et travaille à Berlin depuis longtemps. Ils ont recueilli les témoignages des acteurs anonymes de la chute du mur de Berlin qui marqua la fin de la guerre froide. Simples citoyens de Berlin-est, contestataires du Nouveau forum (opposants au régime d'Erich Honecker), militaire sous les drapeaux, ex-officier de la stasi (police politique de la RDA), proches des dirigeants au pouvoir, tous les points de vue sont regroupés pour développer une trame historique prenante digne des meilleurs thrillers.

C'est agréable à lire, en prime. Nous comprenons mieux le contexte de la fin du régime de Berlin-est ; cadres du parti au pouvoir déconnectés des réalités qui assimilent les opposants à des hooligans, impossibilité de réformer ce système malgré l'ouverture d'Egon Krenz qui succède à Honecker dépassé par les évènements, une police politique qui reste féroce et répressive jusqu'en novembre 89 avec de vieux cadres dans le déni des réalités (Erich Mielke). Et surtout les simples citoyens qui aspirent à la liberté de conscience, de circuler, de choisir ses représentants. Certains passent par la prison où ils sont maltraités autant par les gardiens que par leurs co-détenus qui leur reprochent des opinions trop "progressistes", dans cet univers où il était interdit de penser autrement que ce qui était permis.

Fait intéressant, les jeunes opposants (plutôt écolos et anars que droitistes) ne remettent pas en cause l'économie planifiée et nationalisée. Ils s'opposent aux privilèges des encartés au SED (parti communiste unifié), à la paranoia du régime, ils aspirent au socialisme à visage humain. Un récit qui complète l'essai Le pays disparu de Nicolas Offenstadt qui montre les désillusions du peuple est-allemand après la réunification, véritable annexion par l'ouest avec privatisations sauvages à la clé au profit de quelques rentiers. On observe le suivisme de la population lors des manifestations de Leipzig et de Dresde, l'engagement des églises protestantes malgré l'entrisme de la Stasi, les fameuses marches pour la paix...

Tous les points de vue sont abordés, y compris celui de l'officier de la sécurité intérieure qui voit son univers s'écrouler du jour au lendemain. Gorbatchev en super-héros de la liberté, Helmut Kohl en observateur roublard et les quarante ans de cette république fondée par les soviétiques qui virent à un prébiscite public pour la perestroika.

Les amateurs de récit historique ne seront pas déçus. C'est bien ficelé, sans faux col. On lit La chute du mur autant pour comprendre que pour se divertir.

 

La chute du Mur, Olivier Guez et Jean-Marc Gonin, Le livre de poche, 2011 (prix variable, en principe autour de huit euros).

 


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5 réactions à cet article    


  • Philippulus Séraphin Lampion 5 juillet 14:45

    Les derniers modèles de « Trabant » étaient équipés de deux tuyaux d’échappement. ça permettait, grâce aux deux tuyaux, de s’en servir comme brouette.

    PS : Et la lunette arrière avait un dégivrage électrique pour ne pas se geler les mains quand on poussait en hiver. L’inconvénient, c’est que ça mettait rapidement la batterie à plat.


    • Jean de la Beauce Jean de la Beauce 5 juillet 15:22

      @Séraphin Lampion  Merci pour ces précisions Séraphin. 


    • Yann Esteveny 5 juillet 14:48

      Message à tous,

      Notre pays va droit dans le mur. C’est au présent et ce n’est pas un roman.


      • Rincevent Rincevent 5 juillet 16:48

        A propos de : l’officier de la sécurité intérieure qui voit son univers s’écrouler du jour au lendemain, voir (ou revoir) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Vie_des_autres


        • ZenZoe ZenZoe 6 juillet 16:12

          Et surtout les simples citoyens qui aspirent à la liberté de conscience

          La fameuse quête de la liberté est largement un mythe. Entre la sécurité et la liberté, l’individu lambda choisira presque toujours la sécurité. Les révolutions ont toujours lieu parce qu’il y a des gens qui ont faim et qui galèrent, pas parce qu’ils veulent plus de démocratie, et l’Occident fait toujours rêver non pas grâce au droit de vote, mais grâce à sa promesse d’aisance matérielle.

          C’est triste ? Oui bien sûr, mais c’est comme ça. Le ventre d’abord, la tête après.

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