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Accueil du site > Tribune Libre > La confusion entre production et richesse fait des ravages

La confusion entre production et richesse fait des ravages

En ce jour de fête du travail rappelons-nous que le travail produit mais qu’il ne crée pas systématiquement des richesses. Faut-il mentionner qu’une vache produit de l’urine et du lait, des veaux et des bouses, et que tout n’est pas richesse ? Du haut en bas de l’échelle sociale la confusion entre production et richesse fausse pourtant toutes les réflexions économiques et entraîne les peuples à l’abîme sous le regard satisfait de leurs dirigeants.

De Philippe Aurain, financier reconnu après avoir été déformé à l’université Paris Dauphine, à Nathalie Arthaud représentante autoproclamée du peuple, en passant par tous les journalistes qui assènent que le PIB est le chiffrage de la création de richesses et que la croissance en est l’approche qualitative non définie, il y a quasi-unanimité pour confondre production et richesse.

Philippe Aurain déclame sentencieusement dans Contrepoints du 23 avril « un choix économique peut affecter le volume de production (donc de richesse) et la répartition de cette richesse. Les premiers correspondent à la ‘’taille du gâteau’’, les seconds à l’allocation des ‘’parts du gâteau’’ ». Nathalie Arthaud voit le 8 avril sur Europe1 notre société qui « regorge de richesses » et les ouvriers qui « font les richesses ». Chacun s’évertue à trouver comment améliorer la répartition d’un gâteau qui n’existe pas.

Alors que la production est le constat d’une réalité, la richesse n’est qu’un regard sur une possession. Mais ce regard peut se transformer en constat collectif par le chiffrage en argent dépensé pour acheter cette possession au vendeur. La notion d’échange, réalisé ou simplement possible, est fondamentale dans l’idée de richesse. C’est l’acheteur réel ou potentiel, et lui seul, qui transforme une production en richesse en l’échangeant contre de l’argent. L’économie n’est qu’échange et non création, contrairement à une croyance quasi générale. Depuis 50 ans cet échange est faussé par la déconnection des monnaies de valeurs antérieurement reconnues comme l’or, l’argent ou tout résultat de travail humain déjà effectué efficacement.

Nous nous croyons riches parce que depuis la deuxième guerre mondiale, avec un emballement frénétique depuis 1971, nos dirigeants fabriquent, qui des dollars, qui des euros, qui des livres, pour pouvoir transformer toutes les productions en richesses, en faisant monter à l’infini des dettes irremboursables.

Cette fabrication, à la pelle et à l’envi, crée mathématiquement un esclavage à réaliser quelque part pour nourrir cette énergie monétaire factice par une énergie humaine bien réelle mais avec une contrepartie déjà consommée. Personne ne s’interroge sur la quantité d’esclaves qu’il va falloir sur cette Terre pour rééquilibrer notre consommation de productions bien réelles qui ne sont que des richesses imaginaires.

Les universitaires regardent ailleurs, trop occupés par leurs carrières et leur idéologie. Les politiques pensent tout régler par la création de richesses, plus par bêtise que par méchanceté et trop préoccupés par créer l’émotion qui les fera réélire. Beaucoup de petits salopards font des fortunes démesurées en s’appropriant des productions avec le concours de banques qui leur prêtent un argent créé pour eux. Cet argent transforme des productions superflues en richesses habilement vendues. Les médias n’y comprennent volontairement rien, mais ce que l’on appelle « l’état profond » qui mène l’occident, est conscient de l’impasse dans laquelle nous avançons et imagine des solutions que les peuples vont devoir subir sans les connaître car ils se révolteraient sans pour autant comprendre que notre façon de vivre depuis 50 ans rend ces solutions inéluctables tant que le monde accepte l’idée d’une solution unique partout.

Là se situe le vrai clivage entre les peuples qui ne désirent que vivre au mieux chez eux en échangeant leur énergie avec leurs voisins, et les prétendues élites, soudoyées par l’état profond et soumises à lui, qui veulent limiter l’humanité à 500 millions par n’importe quels moyens dont bien évidemment la guerre nucléaire, mélanger cette humanité jusqu’à ce qu’elle soit uniforme, la digitaliser pour tout connaître d’elle et éliminer les récalcitrants, et enfin lui imposer une solution unique, aujourd’hui inconnue appelée innovation, recherche ou développement. La seule chose certaine est que cette solution, pour l’instant inconnue, ne s’encombrera pas de spiritualité.

Sans prendre conscience du désastre que crée partout une énergie monétaire venant de nulle part, on ne peut comprendre la réélection de Macron, la déconstruction systématique des civilisations, la guerre en Ukraine, la volonté occidentale de pousser la Russie à la guerre nucléaire, l’achat de la partie la plus veule des peuples pour donner l’apparence de pouvoir aux minorités tout en appelant cela la démocratie. La Russie et l’Islam résistent mais ils sont bien seuls et bien diabolisés.

Nous avons oublié les deux bases d’une civilisation qui sont une religion et l’harmonie entre la réflexion, l’action et la communication. Notre civilisation continuera à s’éteindre tant que nous ferons de la laïcité, un ersatz de religion fade sans créateur et sans fidèles. Elle s’éteint en se réduisant à de la communication, la réflexion s’étant absentée et l’action étant confiée à une énergie monétaire factice et donc en réalité à un esclavage à ressusciter d’urgence tout en le condamnant vigoureusement.

Pourtant rien n’est perdu et l’Histoire nous apprend que le bon sens humain gagne toujours contre les constructions intellectuelles brillantes mais inadéquates.

C’est lorsque les peuples reprendront l’initiative en acceptant de mourir pour ne pas simplement survivre sans vivre, que l’état profond perdra sa bataille et que chaque civilisation construira sa solution en complémentarité et en respect des solutions des autres.

Il faut être repu pour chanter avec Brassens « Mourir pour une idée, d’accord mais de mort lente ». L’énergie monétaire nous a rendus repus et rondouillards, nous lamentant sur les exceptions dont nous avons besoin pour ne pas nous regarder nous-mêmes. Nous n’avons surtout pas envie de regarder les réalités en face.

Nous ne trouverons des solutions que lorsque nous accepterons de prendre conscience de l’ampleur du problème et pas simplement de certaines de ses conséquences en les prenant séparément et émotivement, une par une, pour les diluer sans les affronter.


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32 réactions à cet article    


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 2 mai 08:41

    « Nous ne trouverons des solutions que lorsque nous accepterons de prendre conscience de l’ampleur du problème et pas simplement de certaines de ses conséquences en les prenant séparément et émotivement, une par une, pour les diluer sans les affronter. »

    Le problème est bien connu depuis longtemps : c’est celui de la propriété privée des moyens de production qui amène les propriétaires à rechercher le profit et non la satisfaction des besoins. Et ce qui est le plus juteux n’est pas forcément le plus nécessaire à l’humanité, comme l’explique l’article de Chevrier su AV aujourd’hui à propos du marché des armes.



    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 2 mai 08:43

      @Séraphin Lampion

      PS : sans urine et sans bouses, il n’y aurait pas de lait et pas de veaux.


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 2 mai 08:50

      @Séraphin Lampion

      PPS : les financiers ne font pas la confusion entre production et richesse : ils ne s’intéressent qu’à la richesse et ne se soucient pas de son origine, à partir du moment où elle fait des petits.


    • Clocel Clocel 2 mai 08:55

      @Séraphin Lampion

      Le problème est que nous faisons beaucoup trop appel à notre tête (si facilement hackable) et pas assez à notre cœur et à nos tripes.

      Encore et encore « JE est un autre ».


    • L'apostilleur L’apostilleur 2 mai 09:16

      @Séraphin Lampion
      « ...les financiers.. ne s’intéressent qu’à la richesse et ne se soucient pas de son origine.. »

      C’est un peu plus compliqué pour Régis Debray qui synthétise différemment :

      « ...Les salariés ne sont plus un espoir de croissance mais un manque à gagner pour les actionnaires... »

      Une réalité brutale et indiscutable, un temps oubliée dans les kolkhoz ou les kibboutz. 


    • Clocel Clocel 2 mai 08:50

      Tout à fait d’accord Marc, notre problème principal est bien le manque de religion, de spiritualité...

      Les « Lumières » ont fait de nous des tubes digestifs sur pattes, les meilleurs d’entre nous ont été consommé dans des guerres débiles, les autres s’aliènent dans des boulots de merde et se font lobotomiser devant leurs écrans et n’ont toujours pas compris que ce qu’ils appellent « le confort » est leur pire ennemi.

      Satprem avait raison, c’est bien d’une mutation anthologique que nous avons besoin, les chimpanzés du forum économiques mondial l’ont bien compris même si ce sont les ténèbres qu’ils tentent de faire triompher.


      • L'apostilleur L’apostilleur 2 mai 08:56

        @ l’auteur 

        "...La Russie et l’Islam résistent mais ils sont bien seuls et bien diabolisés... :


        Vous le regrettez ?


        • Clocel Clocel 2 mai 09:06

          @L’apostilleur

          C’est quand même dans le temple que le diable est le mieux habillé et servi, les branches pourries de l’Islam font ce qu’elles peuvent, mais elles ne seront jamais à la hauteur, ils traînent des trucs encombrants, culture, traditions, rites...

          Le temple dépense sans compter pour en faire de médiocres bouchers.


        • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 2 mai 09:33

          @Clocel

          toi, tu vas pas tarder à te faire crifer !


        • Marc Dugois Marc Dugois 2 mai 09:37

          @L’apostilleur

          Je le constate sans le juger.


        • Clocel Clocel 2 mai 10:25

          @Séraphin Lampion

          C’est factuel et ça oblige les gardes-chiourme à s’exposer dans des situations de plus en plus intenables.


        • Jason Jason 2 mai 09:33
          Bonjour,

          Il serait nécessaire de faire la nuance importante entre échange facultatif et échange forcé. Echange facultatif : les produits ou services qui ne sont pas de première nécessité, cette première nécessité étant déterminée par le niveau de confort d’un groupe donné. Ce qui est nécessaire pour l’un ne l’étant pas pour l’autre.

          Echange forcé : les produits ou services formant les dépenses contraintes des ménages (loyers et charges, nourritures, et en général le panier de produits indispensables dans une société donnée).

          Les économistes qui parlent de termes génériques comme l’échange, le marché, le commerce, le PIB, la croissance, l’inflation, etc. feraient bien d’aller voir de plus près de quoi il s’agit.

          La macroéconomie, en délaissant les affects, le vécu, suscite le populisme. Les décideurs doivent descendre dans la rue et s’efforcer d’être, pour changer, un peu démocrates et laisser de côté les privilèges des notables. Or, jusque-là on est loin du compte.

          Pour le reste de votre billet, l’hégémonie de la finance reste, à ce jour, incontournable, quoi qu’on en dise.

          • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 2 mai 09:34

            @Jason

            le marché des armes (le plus juteux) est un échange facultatif ?


          • Jason Jason 2 mai 10:34

            @Séraphin Lampion

            Au niveau de certains Etats il est nécessaire. Toutefois, il y a des Etats qui n’ont pas d’armée comme le Costa Rica.


          • L'apostilleur L’apostilleur 2 mai 09:35

            @ l’auteur 

            « ...Là se situe le vrai clivage entre les peuples qui ne désirent que vivre au mieux chez eux... »


            Il y a toujours eu deux sortes de peuple, ceux qui produisaient des richesses et ceux qui les convoitaient.


            L’histoire des peuples et leurs cultures différentes les a conduits à des niveaux de richesse qui se creusent si vite que les plus pauvres ne rattraperont jamais les plus riches.

            Ne vous méprenez pas, les pauvres préféreront l’immigration à leur « chez eux ».






            • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 2 mai 09:45

              @L’apostilleur

              Le problème, c’est quand les « peuples » dont vous parlez habitent dans le même pays depuis longtemps et qu’ils ont la même nationalité, ceux qui avaient une particule et ceux qui n’en avaient pas, ceux qui naissent à Neuilly et ceux qui naissent à Bobigny.
              L’écart entre pauvres et riches n’est pas seulement une question géopolitique.


            • L'apostilleur L’apostilleur 2 mai 10:09

              @Séraphin Lampion
              « ...Le problème, c’est quand les « peuples » dont vous parlez habitent dans le même pays depuis longtemps... »

              Votre glissade est hors-sujet de l’auteur, je ne l’ai pas abordé non plus.

              « .. L’écart entre pauvres et riches n’est pas seulement une question géopolitique... »

              Bien sûr. 


            • Jason Jason 2 mai 10:40

              @L’apostilleur

              L’immigration est une constante de l’humanité. Sans l’immigration la terre n’aurait pas été peuplée comme elle l’est. Questions d’échanges (de produits, d’idées), de partage, de mixité culturelle. Voyez l’une des causes de la chute de l’Empire romain.


            • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 2 mai 11:31

              @Jason

              La seule cause de la chute de l’empire romain, c’est le fait qu’ils ne payaient plus les armées supplétives composées de « barbares » commandés par des chefs de guerre « barbares » qui sont venus à Rome se payer en nature et ont créé leurs propres états dans un ensemble disloqué, corrompu et en banqueroute. 
              La colonisation romaine n’était pas une colonisation de peuplement, et les « barbares » (qui n’étaient pas plus cons que les Romains mais moins centralisés) ne demandaient qu’à rester chez eux.
              Les grandes migrations avaient eu lieu beaucoup plus tôt, et les Eduens avaient demandé aux Romains de les aider à empêcher la dernière, celle des Helvètes qui voulaient aller s’installer du côté de ce qui est la Gironde aujourd’hui.


            • L'apostilleur L’apostilleur 2 mai 11:51

              @Jason
              A quelle cause faites-vous référence pour la chute de l’empire romain ?

              Lequel d’Occident, d’Orient... ? 

              Les migrations se sont toujours déroulées suivant deux principes depuis des millénaires. la soumission volontaire ou involontaire. Les deux finissaient de la même manière ; l’assimilation voulue ou forcée . 

              Les romains attribuaient la citoyenneté au mérite.


            • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 2 mai 12:02

              @L’apostilleur

              L’assimilation de Neandertal par Sapiens était-elle volontaire ?

              En tous cas, certaines séquences d’ADN acquises par Homo sapiens auprès des Néandertaliens se sont avérées bénéfiques, comme celles favorisant l’adaptation au climat froid ou la résistance aux maladies. Elles ont été sélectionnées positivement alors que d’autres, délétères, ont été éliminées du génome humain par sélection négative.


            • L'apostilleur L’apostilleur 2 mai 12:07

              @Séraphin Lampion
              « ...La colonisation romaine n’était pas une colonisation de peuplement... » 
              Oui.

              « ...et les « barbares ».... ne demandaient qu’à rester chez eux... »

              Lesquels ??

              La cause de leur migration est indéterminée pour les uns, et poussée par les Huns notamment pour d’autres.
              Tous les « barbares » (Angles, Saxons, Francs, Wikings, Wisigoths, Ostrogoths ...) cherchaient à s’enrichir et prospérer sur des territoires en avance sur leurs societes. Les motifs se retrouvent encore aujourd’hui. 

              Ils ont quitté l’Europe centrale pour leurs conquêtes depuis l’actuelle GB jusqu’à l’Anatolie d’où ils sont revenus pour piller Athènes, Rome...

              Ces migrations violentes aboutissaient parfois à des compromis ségrégationnistes sans se mélanger pour autant. Voyez l’exemple de Ravenne (*). Ou de Chypre, ou des Balkans ou de...partout.

              (*) https://onenpensequoi.over-blog.com/2022/03/apres-mille-ans-et-milan-ravenne-devenait-la-nouvelle-et-derniere-capitale-des-romains-d-occident.html


            • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 2 mai 12:30

              @L’apostilleur

              « et poussée par les Huns notamment pour d’autres. »

              j’aurais écrit : les huns et les hautres...


            • L'apostilleur L’apostilleur 2 mai 13:41

              @Séraphin Lampion

              Si vous voulez nous persuader de l’intérêt qu’il y a à mélanger les individus, vous nous trouverez en grande majorité convaincus avec vous.


            • pipiou2 2 mai 10:41

              Un discours qui commence par le PIB et finit sur la Religion, wouaho !

              Effectivement, les gens perdent leurs repères.


              • Francis, agnotologue Francis, agnotologue 2 mai 11:15

                La spéculation a pour objet le profit, qu’importe le moyen ;

                L’investissement a pour objet la création de richesses, qu’importe le profit.


                • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 2 mai 12:05

                  @Francis, agnotologue

                  D’où la distinction faite par les disciples de Calvin entre les investissements productifs et les autres et la différenciation des activités des banquiers en conséquence, à l’origine de la notion des banques de dépôt et des banques d’affaires que les financiers se sont ingéniés à enfouir sous le tapis.


                • Florian LeBaroudeur Florian LeBaroudeur 2 mai 13:12

                  « C’est lorsque les peuples reprendront l’initiative en acceptant de mourir pour ne pas simplement survivre sans vivre, que l’état profond perdra sa bataille et que chaque civilisation construira sa solution en complémentarité et en respect des solutions des autres. »

                  Hélas, quand vous avez grandi dans la dite « modernité », il est déjà trop tard pour rebrousser chemin. Au mieux vous pouvez jouer au sauvage en vous laissant pousser les cheveux, en vivant dans une caravane, en vous soignant avec des huiles essentielles ou en cultivant un potager que vos voisins iront piller quand ils n’auront plus rien à se mettre sous la dent.

                  C’est dur de comprendre que les hommes les mieux lotis sont sur une voie unique sans issue vers l’abime et qu’ils sont incapables d’engendrer quelque chose de sain.  


                  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 2 mai 13:39

                    En fait, la confusion concerne investissements et spéculation, et non pas production et richesses.

                    Puisque vous placez le débat sur le terrain religieux, il faut savoir que Calvin a été le premier à lever l’interdiction que le christianisme avait dès ses origines fait peser sur le prêt à intérêt. En 1545, un gentilhomme bressan, Claude de Sachin, a demandé par lettre à Calvin de l’éclairer sur la légitimité du prêt à intérêt. La réponse de Calvin a été que l’ »écriture sainte » n’interdisait pas le prêt à intérêt (pour se procurer des biens de production, par exemple, et satisfaire les besoins de la population), mais le mauvais usage qui en serait fait pour opprimer les pauvres (l’usure et la spéculation raréfiant les produits pour faire monter les cours). Pour lui, on pouvait donc le pratiquer dans la justice et dans la charité. Plus tard, les calvinistes ont su accumuler des richesses. Ce n’est pas pour ça qu’on peut rendre le calvinisme responsable d’une forme économique, le capitalisme, qui est le fruit d’une époque et non d’une conception religieuse.

                    Par contre, banquiers, assureurs et courtiers en bourse se sont ingéniés à enterrer les recommandations de Calvin.

                    Bien sûr, forcément, tout ça n’est pas très catholique et ne va donc pas dans le sens que vous voulez.


                    • biquet biquet 2 mai 18:14

                      « L’économie n’est qu’échange et non création, contrairement à une croyance quasi générale »

                      C’est effectivement vrai pour des tribus vivant en autarcie, où le moyen d’échange est le troc. Il est certain que certains biens sont parfois vendus sans contre partie monétaire, comme c’est le cas pour les armes livrées à l’Ukraine, mais ces armes sont bien le fait d’une création issue de leur fabrication. Mais vous touchez un point important c’est l’uniformité de la monnaie, le dollar, dans les échanges internationaux, cela créé une richesse totalement artificielle en faveur des USA alors que le pays est sur-endetté.


                      • LeMerou 2 mai 18:30

                        @Marc Dugois

                        Bonjour

                        Bon article.

                        Quiconque sain de corps et d’esprit s’aperçoit que le modèle économique ou le modèle de société tend vers sa fin. Tout les subterfuges seront hélas mis en oeuvre pour la repousser. (les endettements irremboursable en sont un)

                        La croissance, ce mot magique, censé apporter au peuple un espoir de vie meilleure, etc, sur une planète aux limites fixes est hérétique. Personne ne voudra revenir en arrière, nous irons jusqu’au bout du bout.

                        Maintenant quant au peuple qui se révolte, il va quand même en falloir pour que ce dernier se décide ou décide de prendre son destin main. La seule chose qui fait bouger, se révolter c’est la faim. 


                        • mmbbb 2 mai 18:32

                          " Notre civilisation continuera à s’éteindre tant que nous ferons de la laïcité, un ersatz de religion fade sans créateur et sans fidèles

                          " Vous êtes avocat , la laicité n est pas une religion, l Etat garantit la liberté de conscience , inscrite dans la constitution , loi organique .

                          Désormais , il y a un recul de l acceptation de la laicite puisque celle ci n est plus normative puisqu il la gauche a voulu voir dans cette altérité , l expression de cette religion et l avènement de ce dogmatisme .

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