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La crise de coexistence au Moyen-Orient

Les événements actuels entre les Palestiniens et Israël ont prêté à penser une chose  : le calme ne signifie pas la résorption de la violence. Ils ont prouvé que les périodes de silence ne sont que prélude à de nouveaux épisodes de violence, de guerre et de boucherie. Ce n’est pas une base sur laquelle on peut s’appuyer pour parler de l’avenir de la sécurité et de la stabilité des peuples.

Des millions de Palestiniens et d’Israéliens ont le droit de vivre en sécurité. Ils doivent être capables de rester dans leurs maisons sans craindre que leurs chambres soient leurs tombes éternelles dans des escalades en guerre.

Je ne m’exagère pas si je parle de guerre. Les guerres que les gens avaient l’habitude de regarder dans le passé lointain et proche sont à tout jamais révolues. Le monde assiste à leur dérive dans de telles scènes. Des affrontements ont lieu entre des organismes et des armées, ou entre organismes.

Or, si on est habitué à ces scènes, ça ne veut pas dire qu’elles sont moins dangereuses que les guerres conventionnelles. Le danger est même supérieur. En effet, elle vise les civils et sèment la peur, l’angoisse et la panique depuis les champs de bataille des déserts dans les cœurs des mères, des enfants et des vieux dans les villes et les rues des deux camps.

Au milieu de ce tourbillon d’agitation, de cohue, de fracas, de cris médiatiques, et de réactions à chaud, certaines campagnes soufflent sur le feu de la sédition. Celles-ci sont menées par des médias fidèles à certaines parties et pays qui voient dans l’embrasement d’un vaste conflit au Moyen-Orient une précieuse occasion de brouiller les pistes et de soutirer des gains aux dépens de civils innocents, tant palestiniens qu’israéliens.

Elles sont soutenues par de nombreuses parties en crise qui pâtissent de problèmes à différents niveaux. Ces dernières ont trouvé dans l’escalade une précieuse échappatoire pour masquer ses échecs dans la gestion de ses propres crises.

Dans ce panorama, notre région a peut-être un besoin pressant et urgent de la voix de la raison et de la sagesse absente. De nombreuses parties régionales et internationales n’ont pas la volonté politique de faire face à la vague actuelle de violence. D’autres ne peuvent pas développer une vision précise pour comprendre ce qui se passe et prendre la bonne décision. Et d’autres sont préoccupés par d’autres problèmes qu’ils croient plus importants que la violence entre les Palestiniens et Israël.

Certes, c’est trop tôt pour tirer des leçons de ce qui se passe. Mais nous vivons une scène récurrente depuis les deux dernières décennies. Les scénarios sont tellement similaires que l’observateur se sentira un peu bête s’il n’arrive pas à comprendre l’environnement de cette tourmente et à en tirer des conclusions.

Les événements défilent au milieu de la confusion qui accable les décisions et les comportements politiques et sécuritaires de tous sans exception. Mais quoi qu’il en soit, il faut que chacun soit conscient que toute accalmie sans de réelles bases de paix, de sécurité et de stabilité dans ce point géographique miné (points de contact entre des millions de Palestiniens et d’Israéliens) ne sera pas synonyme d’un lendemain meilleur.

À dire vrai, chacun doit réfléchir rationnellement à l’avenir de millions d’enfants et de jeunes des deux côtés, à leur destin et à leur droit de vivre en sécurité.

Ce n’est pas une question de médiation. Elle peut réussir à arrêter les tirs de roquettes, les frappes aériennes et une éventuelle guerre terrestre. Mais elle ne parviendra pas à poser une véritable base de stabilité si elle n’est pas suivie d’un réel effort des puissances régionales et internationales pour éradiquer les causes de conflit et de violence connues de tous.

La paix par des solutions et des approches justes et globales n’est ni une utopie ni une impossibilité dans notre monde. La condition  : une bonne et forte volonté politique de faire la paix.

Aussi, chacun dans notre région doit prêter attention à la gravité de la semence de la haine et du rejet de l’autre qui porte tout le danger pour l’avenir de dizaines de millions de personnes au Moyen-Orient.

Beaucoup, comme des organismes terroristes, des régimes sponsors et des États expansionnistes, se nourrissent du renversement d’une coexistence déjà fragile. Ils alimentent une culture de haine et poussent à des politiques violentes basées sur la confrontation non seulement avec Israël mais aussi avec les autres pays et peuples arabes.

Je ne me cache pas que ces gens existent aussi en Israël. Les partisans de la ligne dure des deux côtés sont encore et toujours prêt à souffler sur le feu de la sédition. C’est le climat à même de leur assurer une présence médiatique et politique si l’attention est jamais tournée.

La coexistence est le seul terrain solide qui garantit la survie de tous dans une région souvent minée par les facteurs de conflit et de violence. Il n’y a pas moyen de gagner unilatéralement et il n’y a pas moyen d’exclure l’autre.

Le seul moyen sur lequel toutes les forces régionales et internationales éprises de paix doivent travailler est de commencer immédiatement à prendre l’initiative et à rechercher des solutions politiques sérieuses, ainsi que de déployer un effort soutenu pour inculquer une culture de la coexistence. C’est en tout cas ce qu’il faut faire si l’on veut assurer aux générations futures un avenir plus sûr et plus stable.

 


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2 réactions à cet article    


  • Schrek Séraphin Lampion 3 juin 2021 11:30

    Il y a une crise de coexistence dans mon poulailler depuis qu’un renard a trouvé la clé.


    • Jonas 4 juin 2021 07:40

      Juste une question a l’auteur.

      A quoi peut servir un 22e Etat Arabo-musulman , vu les échecs dans tous les domaines de ceux qui existent déjà ? 

      Que peut-il faire de plus ou de mieux , qu’une Algérie qui regorge d’hydrocarbures et qui n’arrive ni à garder sa population sur place ni à la nourrir ni a lui donner une perspective d’avenir. Où la seule voie de salut est l’immigration . 

      Sans parler des autres pays comme la Libye en dislocation , la Tunisie en état de faillite , le Liban où tout s’écroule et que le pas de jours sans manifestations contre la pauvreté et ne tient debout que par la grâce du FMI et de la Banque mondiale . La Syrie ravagée avec ses 500 000 morts et et dont le régime tient grâce aux parrains Russes et iraniens .  L’Egypte gouvernait d’une main de fer . L’Irak , la Somalie ,le Soudan, la Mauritanie etc . Les seuls pays stables dans le monde arabo-musulmans sont les monarchies , qui tiennent les populations d’une main ferme comme à Bahrein. 

      Bref , les pays arabo-musulmans , pour ne parler que de ces pays , sont des grands fournisseurs d’immigrés. Immigrés qu’ils stockent en réserve pour faire du chantage et les monnayer. 

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