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La dette : ce qui garantit la pérennisation d’un contrôle externe sur les conditions de survie de la population française

 

Grâce à la vidéo d’Olivier Passet, nous avons pu redécouvrir que, lors de l’établissement du budget pour 2013, le gouvernement Ayrault était parti à la pêche de 45,2 milliards d’euros… Voyons comment il a procédé, et si cela est tout aussi facile qu’on pourrait le croire, et surtout lorsqu’il y a, dans la cible, ceux dont on pense qu’ils pourront puiser dans leurs économies pour maintenir leur consommation à un niveau normal. En ce cas, et s’il agit d’invoquer un « amortisseur », ainsi que le souligne notre analyste :

« La concentration de l’ajustement sur les revenus supérieurs et sur les grandes entreprises y contribuerait. Le matelas de liquidité et l’accès au crédit de ces catégories doivent lisser le choc. »

Et cependant l’animal visé ici par le fisc ne se laissera peut-être pas dépouiller aussi facilement que n’importe quel petit salarié dont la fiche de paie passe d’abord par les mains de son employeur qui authentifie la réalité de ce qu’il aura perçu et sur quoi il devra éventuellement acquitter son impôt sur le revenu… S’agirait-il donc d’aller à la pêche « aux gros » avec cet attirail d’amateur qu’il n’est pas assuré que le budget de l’Etat puisse s’en porter mieux et la dette s’y sentir vraiment concernée :
« Le risque est de voir la France établir un nouveau record en termes de prélèvement obligatoire, avec des résultats faibles en termes de déficit. »

Reprenons cela dans le détail, nous dit Olivier Passet, qui va donc serrer de près les conséquences de la démarche du gouvernement :
« Un, il taxe les assiettes les plus mobiles ou du moins celles qui peuvent jouer au maximum l’optimisation fiscale… le retour sur impôt peut être en deçà de ses espérances. Deux, les PME, par capillarité seront touchées. Elles prennent de plein fouet les effets du ralentissement de la demande intérieure. Et c’est sur les PME… en tant que sous-traitants…que les grandes entreprises reportent une part de l’ajustement. Trois, c’est en période de faible trésorerie et de hausse du chômage que la rigueur budgétaire produit le plus de dégâts sur la croissance. »

Comme nous le voyons, c’est le bas du système de travail qui est frappé : côté entreprise et côté main-d’oeuvre… Et tout cela parce que les différents tuyaux ont été installés de la meilleure des façons possible pour atteindre régulièrement ce très joli résultat… D’où l’intérêt de disposer d’une dette… à laquelle il faut absolument sacrifier une grande partie de la population travailleuse : ce qui ne peut que la convaincre de devoir rester là où elle est : en bas, tout en bas. Voilà ce que lui apporte – et à la grande bourgeoise, mais pour des raisons inverses – le « modèle allemand ».

Pendant ce temps, qu’en sera-t-il de cette dette elle-même qu’il faut impérativement faire durer pour continuer, grâce à elle, à voir décidément fonctionner la belle et bonne tuyauterie d’ensemble ? Ainsi que le montre le graphique que nous délivre Olivier Passet, la voici consolidée grâce à de très heureuses convergences…

Evidemment, d’un pays à l’autre, les tuyauteries diffèrent… mais, fort heureusement pour les capitaux européens et pour leurs employés de haute et de moyenne volée, le résultat sur les peuples est le même. C’est bien à Olivier Passet d’en faire le constat, même si cela ne lui plaît évidemment pas du tout :
« L’Espagne et de l’Italie en font l’amère expérience. Malgré la rigueur ces pays font du sur place en matière de dette. »

Mais il veut surtout insister ici sur un autre risque… qui est tout de même essentiel si nous voulons bien considérer que nous appartenons au mode capitaliste de production… de plus-value. Et que tout le mal qui peut venir frapper l’outil de production dans ses dimensions diverses occasionnera à la population exploitée des bobos qui peuvent ne pas être que de surface…
« L’ajustement sera certes amorti par l’épargne. »

Mais…
« Le choc amorti de demande privé se double d’un choc de consommation publique. »

En effet, non content de mettre les contribuables dans une situation inconfortable, la dette étrangle plus ou moins la dépense publique… ce qui est très important pour un pays comme la France qui sort, à sa façon, de ce que certains n’hésiteront pas à qualifier de… « soviétisme », terrain sur lequel l’Allemagne n’a surtout pas mis les pieds… protégée qu’elle a été, sur son versant RFA, par la Loi fondamentale de 1949…

Que la consommation privée et publique soit ainsi frappée (grâce à la dette), que peut-il en résulter pour la production franco-française ?… Pas que du bonheur, sans doute…

NB. Cet article est le quarantième d'une série...
« L’Allemagne victorieuse de la Seconde Guerre mondiale ? »
Pour revenir au document n° 1, cliquer ici


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6 réactions à cet article    


  • armand 2 mai 10:38

    Très bien, merci. Personnellement j’ai compris la supercherie ( le hold up) de la dette dans la décision de fixer au maximum de 3% le plafond du déficit.

    En toute logique ( surtout que depuis des décennies la croissance dépasse rarement 1%) le plafond devrait être à 0% puis correction en cours d’année si la croissance dépassait 1% ( on peut rêver)


    • Michel J. Cuny Michel J. Cuny 2 mai 11:25

      @armand
      Merci pour votre commentaire.
      En fait, le taux de croissance du PIB n’est pas ce qui a permis de parler de 3%.
      Ce pourcentage-là est simplement le niveau moyen de très longue période du taux de profit...
      La croissance n’a, elle-même, qu’un lien indirect avec le profit. Elle n’a été mise en avant qu’à travers les travaux de Keynes, et dans le but de mettre au point un système de développement qui permette de sauver la livre sterling (après la Première Guerre mondiale) en prenant appui sur une consommation intérieure précisément définie et d’apparence évolutive.
      La croissance a l’avantage de donner aux populations l’impression de concerner les valeurs d’usage (c’est-à-dire notre vie en général). Le taux de profit, lui, ne parle que de la valeur d’échange. En système capitaliste, c’est donc lui qui commande tout.


    • Ruut Ruut 3 mai 07:33

      Le bon sens serait de faire un budget basé sur les ressources directes.

      Les bonus pouvant être intégrés dans des améliorations du quotidien plus tard.

      Faire un budget basé sur des hypothèses ou des projection est un non sens total.


      • Yaurrick Yaurrick 3 mai 10:56

        @Ruut
        Effectivement, il faudrait inscrire dans le marbre l’obligation d’avoir un budget annuel au minimum à l’équilibre.
        Il n’y a aucune raison à signer des budgets déficitaires, et tant pis pour les élus qui ne pourront pas se faire mousser et les thuriféraires de la dépense publique


      • lala rhetorique lala rhetorique 3 mai 09:17

        La dette se promène, un peu comme dans la chanson de Brel « Madame promène son cul sur les remparts de Varsovie ». Reste à avoir le détail, euro par euro, de cette fameuse dette sortie d’un chapeau un beau matin, comme un lapin blanc et qu’on nous brandit comme une menace perpétuelle. Donc ya quoi dans la dette ? De même depuis le passage à l’euro, on n’a eu de cesse de nous dire que les prix n’augmentaient pas beaucoup et que nous avions juste une impression (une température ressentie comme dit la météo). Sauf que nous ne savons toujours pas avec précision ce que contient le fameux « panier » de l’INSEE..... qui pourtant sert à beaucoup de choses dans la vie courante pour tout ce qui y est assujetti !Ce panier est « secret » et l’INSEE invoque que c’est pour que sa liberté par rapport à la politique.... Et mon cul, c’est du poulet ? Donc, ces deux éléments sont mon avis essentiels si on veut que le peuple reprenne la main et que donc la démocratie retrouve un tout petit peu de couleur. Sinon on ne peut parler de rien, ces deux éléments étant les clés de tout !


        • zygzornifle zygzornifle 3 mai 09:17

          La dette est le fond de commerce du gouvernement comme la carie celle du dentiste ....

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