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Accueil du site > Tribune Libre > La dévaluation est-elle une source de croissance ?

La dévaluation est-elle une source de croissance ?

Septembre 1992, éjectée du système monétaire européen, la livre chute de 20%. La dévaluation permet au Royaume-Unis d’accélérer sa reprise et le rétablissement de ses comptes extérieurs. Comme chaque dévaluation avec un effet positif sur la croissance, cet événement ravive les débats sur la politique monétaire et la monnaie unique. A mon sens, la politique de dévaluation n’est ni un miracle ni un mirage, mais un outil monétaire avec des avantages et des inconvénients, dont l’efficacité dépend avant tout de la structure de l’économie du pays concerné et de sa situation conjecturelle. 

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La dévaluation est-elle une source de croissance ? Le débat est vieux comme Hérode et je me rappelle de débats à table durant lesquels mes oncles regrettaient les dévaluations de l’ère Gaullienne. Si ce débat est aussi vieux, c’est qu’il est fondamental, car l’étude des conséquences de la dévaluation sur la croissance économique d’un territoire pourrait remettre en question l’ensemble de notre organisation monétaire. 

Historiquement, c’est à ne rien y comprendre ! En 1992, c’est la dévaluation qui sauvait l’Italie, le Royaume-Uni et l’Espagne de la crise du système monétaire européen. Cependant, la dépréciation du dollar entre 2002 et 2014, celle du yen après 2013 et de la monnaie chinoise en 2014 n’ont pas eu d’effet sur la croissance des pays concernés. Alors, la dévaluation est-elle un levier viable pour relancer la croissance ?

 

Une politique de dévaluation est une mesure de politique économique prise par les autorités monétaires et qui consiste à modifier la parité de la monnaie nationale en diminuant sa valeur. Plus simplement, c’est une politique des autorités monétaires visant à diminuer la valeur d’une monnaie nationale par rapport à un étalon de référence. 

Dès la mise en vigueur du régime de change fixe, soit un régime où le cours d’une devise est fixé par rapport à un étalon, la dévaluation monétaire a été une arme économique pour promouvoir l’exportation. Ainsi, les dévaluations font leur apparition dans l’entre-deux guerres, avec la dévaluation du franc par Poincaré en 1928 et la dévaluation du dollar par Roosevelt en 1933.

Dès la fin du système de Bretton Woods en 1973 et l’instauration des monnaies flottantes, dévaluer devient plus complexe et nécessite une plus grande activité des banques centrales. Aujourd’hui, la libéralisation des échanges et de la finance, ont rendu les dévaluations presque impraticables. Alors, la perte de ce levier de politique monétaire est-elle fondamentalement grave ?

 

Si l’on s’en tient à la théorie économique, la dévaluation monétaire améliore la compétitivité des produits domestiques et permet de restaurer l’équilibre de la balance commerciale.

Pour être plus précis, les conséquences d’une dévaluation se décomposent en deux effets : un effet prix et un effet volume. A court termes, la dévaluation aggrave le déficit commercial car les termes de l’échange se dégradent : le prix des importations se renchérit alors que le pouvoir d’achat des exportations diminue, c’est l’effet prix. A moyen terme, intervient un impact sur les volumes, la dévaluation permet d’accroître la compétitivité des exportateurs. Ce changement de prix relatif conduit à une demande plus importante venue de l’extérieur et à une substitution des biens importés pour des biens locaux dans la consommation domestique. Grâce aux phénomènes multiplicateurs, cette hausse de la demande de biens d’exportation et de substitut s’étend à l’ensemble de l’économie entrainant une hausse de la demande globale stimulant la croissance.

Albert Einstein nous a déjà avertis sur les limites d’une approche purement théorique : « la théorie c’est quand on sait tout et que rien ne fonctionne ». Ainsi, si théoriquement, dévaluation est synonyme de croissance, il est important de confronter cette théorie à la structure des économies contemporaines.

 

En effet, différentes caractéristiques de la structure de nos économies justifient que les variations des taux de change ne jouent plus autant sur l’économie réelle. 

Premièrement, la mondialisation crée des chaines de productions mondiales avec des biens intermédiaires provenant de nombreux pays. Comme une dévaluation baisse le prix des exportations mais augment le prix des composants importés, une politique de dévaluation augmente les coûts de productions des entreprises domestiques. Par ailleurs, ces composants ne peuvent pas être fabriqués domestiquement, soit dans des veilles économies, car la main d’œuvre y est trop chère. Face à l’augmentation de leurs coûts, les entreprises domestiques augmentent leurs prix pour rester rentables, réduisant la demande intérieure. Un processus inflationniste se met en place car, face à la baisse de leurs pouvoir d’achat, les salariés réclament une hausse de salaire. 

Deuxièmement, la baisse du poids de l’industrie dans certains pays réduit l’influence des politiques monétaires car le prix des produits manufacturés est plus sensible aux mouvements des taux de change que le prix des services.

 

En fait, l’impact de la politique de la dévaluation dépend avant tout de la structure économique du pays concerné, et il n’existe aucune règle immuable selon laquelle dévaluation égale croissance

Par exemple, l’effet du taux de change dépend significativement du poids des produits importés dans les exportations d’un pays Comme expliqué précédemment, le processus inflationniste se déclenche avec la hausse des coûts d’importations entrainant l’augmentation des coûts de productions des entreprises domestiques. Ainsi, en Argentine où la part des produits importés dans les exportations est 7% une politique de dévaluation devrait être plus efficace qu’au Vietnam où les produits importés représentent 44% des exportations.

Ainsi, si l’on étudie les politiques de dévaluation passés ayant eu un effet positif sur la croissance, plusieurs éléments structurels et conjecturels permettent d’expliquer ces réussites.

Par exemple, pour la dévaluation anglaise en 1992, le contexte économique et la structure de l’économie britannique à l’époque expliquent l’effet positif de cette politique sur la croissance. En 1992, comme prévoit le processus théorique, la dévaluation anglaise a permis aux exportations, mesurées en monnaie locale, de croitre plus rapidement en Angleterre qu'en France. L’augmentation des exportations est contrebalancée par une augmentation des coûts de production pour les entreprises locales qui aurait dû résulter en une augmentation généralisée des prix. Mais, en 1992, l’économie britannique échappe à la spirale inflationniste. Cette prouesse tient probablement à trois explications. D'abord, la livre était surévaluée en 1992, dû aux efforts de sa banque centrale pour maintenir le pays dans le système monétaire européen (SME), et il ne s'agit donc finalement que d'un retour à la normale. Ensuite, la dépréciation a eu lieu à la sortie d'une récession particulièrement profonde, décourageant les velléités inflationnistes. Enfin, la Grande-Bretagne sortait d’un processus de dix ans de conversion au libéralisme déclenchée par Margaret Thatcher. 

 

Ainsi, la politique de dévaluation n’est ni un miracle ni un mirage, mais un outil monétaire avec des avantages et des inconvénients, dont l’efficacité dépend avant tout de la structure de l’économie du pays concerné et de sa situation conjecturelle.

 

PS : Merci de m'avoir lu jusqu'à la fin, n'hésitez pas à me laisser votre avis en commentaires ainsi que vos points d'accord et de désaccord.


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58 réactions à cet article    


  • Lonzine 15 septembre 10:10

    J’ai le sentiment que la dévaluation n’est plus possible, les états ne pilotent plus leur monnaies, l’inflation oui (elle a court en ce moment)


    • Docteur Faustroll Séraphin 15 septembre 10:22

      @Lonzine

      J’aime bien aussi l’inflation vue par Rachida Dati.


    • Docteur Faustroll Séraphin 15 septembre 10:25

      @Lonzine

      Cela dit, on peut très bien dévaluer l’Euro sans que ça se voie. Question de parité avec le Dollar, le Yen et le Tuan. C’est entre les banques centrales et BlackRock que ça se passe.


    • Baptiste 15 septembre 10:31

      @Lonzine
      Merci pour ton commentaire.

      Je suis d’accord que la dévaluation est devenue presque impraticable pour de nombreux états aujourd’hui, particulièrement pour les états européens.

      C’est en partie le sens de cet article et ce qui rend la question de l’efficacité des politiques de dévaluation particulièrement intéressante. En effet, si l’efficacité des politiques de dévaluation est avérée il faut alors repenser notre organisation monétaire. 


    • Lonzine 15 septembre 10:32

      @Séraphin
      oui, je sais et c’est bien le problème (un des problèmes...) la décision est passée d’un pouvoir élu à un pouvoir non élu et plus discret.


    • Docteur Faustroll Séraphin 15 septembre 10:45

      @Lonzine

      ce passage ne s’est pas fait que dans le domaine financier
      le « pouvoir élu » ne décide plus grand chose, il renvoie simplement l’ascenseur à ceux qui l’ont installé en lui fournissant une feuille route confidentielle sans aucun rapport avec les discours de campagne.


    • Baptiste 15 septembre 10:48

      @Séraphin
      Merci pour ton commentaire.

      Dans cet article, je ne traite que de la gestion étatique de la monnaie.

      La question de l’impact des autres acteurs financiers est aussi intéressante et mériterait sûrmement une étude intégralement dédiée.


    • amiaplacidus amiaplacidus 15 septembre 10:49

      @Séraphin
      Eh bien moi, j’aurais plutôt peur de l’inflation vue par R. Dati, parce qu’avec les dents qu’elle a ...


    • Docteur Faustroll Séraphin 15 septembre 11:02

      @Baptiste

      Le dollar, monnaie-étalon depuis Bretton Woods, a toujours été une monnaie privée.
      Et le système manétaire international fonctionne en cascade.
      L’impact des autres secteurs financiers est donc premier par rapport à ce qu’est la gestion étatique de la monnaie depuis 1945, ce qui n’était pas le cas avant..


    • mmbbb 16 septembre 20:15

      @Baptiste La dévaluation c est l arme des pays dont l economie est faible 
      Lorsqu il y avait la lire , j aimais aller en Italie , je me sentais riche avec ces liasses de billets 


    • Docteur Faustroll Séraphin 15 septembre 10:19

      La dévaluation est surtout une source d’enrichissement pour les spéculateurs et les initiés.


      • Aimable 15 septembre 14:05

        @Séraphin
        Et l’appauvrissement des épargnants , épargne 9% , inflation 14%, vu sous Giscard , perte de pouvoir d’achat 6% des sommes épargnées , mais aujourd’hui l’épargne n’est pas plus en sécurité car elle peut disparaitre par la magie de Macron ou de son successeur ( e ) .


      • Docteur Faustroll Séraphin 15 septembre 14:34

        @Aimable

        il est bien évident que la fable de la cigale et de la fourmi n’est qu’une fable !
        ce sont en fait toutes les petites fourmis d’épargnants et « petits » porteurs qui engraissent les grosses cigales qui se gobergent !


      • Clocel Clocel 15 septembre 10:29

        Petit retour aux fondamentaux...


        • Durand Durand 15 septembre 12:35

          Déjà, parler de dévaluation pour les états membres de la zone euro est un non sens car la BCE prend ses décisions indépendamment de leur avis. 

          Ensuite, quand-bien-même la BCE dévaluerait l’euro, il y a peu de chance que la France soit réellement plus compétitive puisqu’il faudrait toujours se coltiner la sacro-sainte « concurrence libre et non faussée » imposée par les traités européens... Ça reviendrait à fournir les meilleurs chaussures à crampons à un coureur, tout en lui laissant son boulet accroché au pied...

          Une nation, un peuple, une monnaie : le Frexit sinon rien !

          ..


          • Baptiste 15 septembre 13:56

            @Durand

            Pour votre premier point, je suis d’accord et c’est d’ailleurs une question soulevée dans l’article. cf. « Alors, la perte de ce levier de politique monétaire -la dévaluation- est-elle fondamentalement grave ? »

            Sur le deuxième point, c’est vrai que la BCE aurait aujourd’hui beaucoup de mal à annoncer publiquement une politique de dévaluation. De plus, il faudrait que tous les pays de l’Union Européenne soient d’accord/profitent de la mise en place une telle politique, ce qui semble peu probable.

            Enfin sur le Frexit, il est évident que la question de l’indépendance de notre politique monétaire est une des questions sous-jacentes de cette publication.
            Dans mon article, je conclue que la dévaluation n’est pas nécessairement synonyme de croissance et donc que la perte de cet outil monétaire n’est pas grave à la vue de la structure de notre économie. 
            Il est aussi important de préciser que même hors de l’euro la France aurait beaucoup de mal à dévaluer sa monnaie (cf. les reproches faient à la Chine).

            De manière plus générale, le Frexit aurait pleins d’autres conséquences que le retour de notre indépendance monétaire qui mériterainet chacune de longues études, mais le Frexit n’est pas le débat de cet article.
             


          • Durand Durand 15 septembre 14:16

            @Baptiste

            Pour moi, personnellement, le débat sur le frexit est clos... C’est d’abord et avant tout de démocratie qu’il s’agit !

            Battre monnaie est impossible – indépendance de la BCE oblige –, faire les lois est impossible – le droit communautaire prévaut sur le droit national –, rendre la justice est impossible – pour la raison pré citée – décider de la paix et de la guerre est impossible – art.42 du TUE : la politique de sécurité et de défense des états membres doit être « compatible » (dans le texte) avec le cadre du traité de l’Atlantique Nord, c’est à dire avec celle de Washington–... 

            On voit donc bien que les piliers principaux de notre souveraineté n’existent plus et donc, notre démocratie non-plus. 

            Alors à moins que vous ne soyez pas démocrate, je ne comprends pas vos ratiocinations sur le frexit ou alors vous auriez dû préciser que votre article ne concernait pas les états membres de l’Union Européenne !

            ..


          • Durand Durand 15 septembre 14:29

            @Baptiste

            « Il est aussi important de préciser que même hors de l’euro la France aurait beaucoup de mal à dévaluer sa monnaie (cf. les reproches faits à la Chine). »

            Il est important de vous signaler que la France hors de l’Euro n’aurait pas le choix : une dévaluation minimale de 15 à 25% reste le seul moyen pour rééquilibrer notre balance commerciale.

            Vous faites de la monnaie et de la dévaluation un outil facultatif : il est juste indispensable !

            Qu’allez vous nous pondre quand vous vous attaquerez aux autres piliers de notre souveraineté, égarés entre Bruxelles et Washington ?!!!... Facultatifs, eux aussi ?

            Vous avez de la chance que Marlo et la clique UPR aient piscine, aujourd’hui !...

            ..


          • Durand Durand 15 septembre 14:52

            @Durand

            « Dans mon article, je conclue que la dévaluation n’est pas nécessairement synonyme de croissance et donc que la perte de cet outil monétaire n’est pas grave à la vue de la structure de notre économie. »

            Vous concluez mais vous ne démontrez rien !...

            Quand vous écrivez : « Par exemple, l’effet du taux de change dépend significativement du poids des produits importés dans les exportations », vous raisonnez à l’envers car c’est en grande partie à cause de la valeur trop élevé de l’euro que la France est passée de 25% à 10% de produit industriel dans son PIB en seulement 20 ans ! 

            L’Euro est une monnaie trop forte pour la France et trop faible pour l’Allemagne, qui en profite à plein pour exporter sa production industrielle haut de gamme !

            ..


          • titi 15 septembre 16:05

            @Durand

            « L’Euro est une monnaie trop forte pour la France et trop faible pour l’Allemagne »
            Vous avez la mémoire courte.

            Au début des années 2000, le Monde faisait des articles sur la Francallemagne en arguant des intérêts convergents des deux pays.
            Les deux avaient un déficit abyssal et allait pleurer à Bruxelles.
            Les deux avaient dit non à Bush pour la guerre en Irak.

            Sauf que depuis l’Allemagne a mené des reformes : lois Hartz, TVA sociale, privatisation.
            Tout ce que la France n’a pas voulu.

            Dire maintenant que c’est à cause de la monnaie que la France est déclassée c’est un peu court.
            La France est déclassée car c’est un pays du Club Med qui n’a pas pris les décisions qui s’imposaient à temps.
            Dévaluer n’y changera rien.


          • titi 15 septembre 16:11

            @Durand

            Article de 2003 :
            https://www.nouvelobs.com/monde/20031013.OBS7942/chirac-et-schroeder-unis-face-a-bruxelles.html

            En parlant des déficits : 
            « Car, Paris et Berlin sont en la matière deux mauvais élèves en Europe »

            Presque 20 ans plus tard ça ferait presque sourire.


          • Guy Troisbord 15 septembre 13:04

            19
            Le spectacle est l’héritier de toute la faiblesse du projet philosophique occidental qui fut une compréhension de l’activité, dominé par les catégories du voir ; aussi bien qu’il se fonde sur l’incessant déploiement de la rationalité technique précise qui est issue de cette pensée. Il ne réalise pas la philosophie, il philosophie la réalité. C’est la vie concrète de tous qui s’est dégradée en univers spéculatif.


            • titi 15 septembre 13:08

              @L’auteur

              La dévaluation n’est qu’un outil qui vise à faire artificiellement baisser le coût du travail.

              Vous êtes payés 100. Après la dévaluation vous êtes toujours payés 100.

              Par contre votre panier moyen chez carrefour il est passé de 50 à 55.

              On peut très bien faire baisser le coût du travail sans dévaluer.

              La dévaluation sert aussi à financer ses déficits.

              On peut très bien s’en passer : il suffit de ne pas avoir de déficit.

              La dévaluation n’est qu’un moyen d’une politique. Ce n’est pas la politique.


              • Durand Durand 15 septembre 13:48

                @titi

                « Par contre votre panier moyen chez carrefour il est passé de 50 à 55. »

                Faux !... A très court terme, le contenu du « panier moyen chez carrefour » peut être produit avantageusement par les Français eux-mêmes au lieu de recourir à l’importation et le panier restera à 50 euros. Et puis l’on pourra remettre au goût du jour ”la chasse au gaspi” pour ce qui est importé. 

                A noter également qu’en cas de frexit, la dévaluation permettrait de payer nos dettes non répudiées (toujours libellées en Francs) à moindre coût, sans que nos créanciers puissent trouver à y redire, sauf devant les tribunaux français mais là, je leur souhaite bonne chance !

                ..


              • Baptiste 15 septembre 14:07

                @titi

                Merci pour ton commentaire.

                Je suis d’accord que la dévaluation est un outil politique.

                Sur les conséquences de la dévaluation et la spirale inflationniste que vous évoquez. J’ai détaillé les conséquences de l’inflation d’un point de vue théorique dans l’article :

                « Pour être plus précis, les conséquences d’une dévaluation se décomposent en deux effets : un effet prix et un effet volume. A court termes, la dévaluation aggrave le déficit commercial car les termes de l’échange se dégradent : le prix des importations se renchérit alors que le pouvoir d’achat des exportations diminue, c’est l’effet prix. A moyen terme, intervient un impact sur les volumes, la dévaluation permet d’accroître la compétitivité des exportateurs. Ce changement de prix relatif conduit à une demande plus importante venue de l’extérieur et à une substitution des biens importés pour des biens locaux dans la consommation domestique. Grâce aux phénomènes multiplicateurs, cette hausse de la demande de biens d’exportation et de substitut s’étend à l’ensemble de l’économie entrainant une hausse de la demande globale stimulant la croissance. »

                J’ai aussi précisé que les conséquences d’une politique de dévaluation dépendent avant tout de la sturcutre économique du pays en question. Par exemple, en Angletterre en 1992, la dévaluation n’a pas résultée en une inflation. 

                Vous parlez aussi de la stabilité en valeur absolue des salaires face à l’inflation, ce n’est pas toujours le cas, les salaires peuvent être indexé sur l’inflation.


              • titi 15 septembre 14:33

                @Durand

                « eut être produit avantageusement par les Français eux-mêmes au lieu de recourir à l’importation et le panier restera à 50 euros. »

                Vous croyez vraiment que Samsung va ouvrir une usine en France pour vendre ses appareils ?
                La bonne blague.

                Je prend l’exemple de Samsung, mais sachez que même les producteurs de fromages « made in France » font venir du lait lyophilisé d’Europe de l’Est.

                A part si vous dévaluer par 10, ils continueront à le faire.


              • titi 15 septembre 14:39

                @Baptiste
                « onséquences d’une politique »
                Quand je parle conséquence politique, c’est plus dans l’idée de dire que la dévaluation, c’est une forme de lâcheté.
                D’ailleurs ça se voit dans les réponses à votre sujet.
                On est sur « c’est la faute à l’Allemagne si on peut pas dévaluer »...
                Bah non. Le problème c’est que le coût du travail est trop cher.
                Sauf que ça faut pouvoir l’assumer : dire au gens au SMIC qu’ils ne sont pas concurrentiels et qu’il faut baisser leur salaire.

                On peut débattre de la dévaluation comme jadis on débattait du sexe des anges.

                La problématique c’est qu’il faut c’est baisser le cout du travail.
                C’est possible. Il suffit de regarder chez nos voisins : flexibilité, TVA sociale.
                Tout cela sans revenir sur les traités signés.

                Ca peut être fait en une semaine, le temps d’un aller/retour parlement/sénat.


              • Baptiste 15 septembre 14:49

                @titi

                Le coût de la main d’oeuvre des « veilles économies » est en effet un élément fondamental dans l’étude de l’impact supposé qu’aurait une dévaluation sur notre économie.

                Ci-dessous la partie de l’article qui intègre cette dimension : 

                « Premièrement, la mondialisation crée des chaines de productions mondiales avec des biens intermédiaires provenant de nombreux pays. Comme une dévaluation baisse le prix des exportations mais augment le prix des composants importés, une politique de dévaluation augmente les coûts de productions des entreprises domestiques. Par ailleurs, ces composants ne peuvent pas être fabriqués domestiquement, soit dans des veilles économies, car la main d’œuvre y est trop chère. Face à l’augmentation de leurs coûts, les entreprises domestiques augmentent leurs prix pour rester rentables, réduisant la demande intérieure. Un processus inflationniste se met en place car, face à la baisse de leurs pouvoir d’achat, les salariés réclament une hausse de salaire. » 

                Cependant, je ne pense pas que la baisse du SMIC soit la solution. L’étude du SMIC est, d’ailleurs, une question importante à laquelle je compte dédier un article prochainement (j’espère que vous le lirez ;))


              • Durand Durand 15 septembre 15:15

                @titi

                « A part si vous dévaluer par 10, ils continueront à le faire. »

                Vous oubliez que les producteurs laitiers français sont artificiellement limités dans leur production et dans sa rémunération par l’Union Européenne et la PAC qui, entre autre, les maintient dans le cadre d’une concurrence effrénée qui nous amène à consommer des produits importés de plus en plus dégueux...

                Je ne m’étendrai pas sur les suicides d’agriculteurs, sur le coût financier et social du chômage rural, ni sur les achats des terres agricoles (abandonnées par nos agriculteurs non compétitifs) par des sociétés chinoises ou autres...

                A vous lire, Baptiste et vous, on pourrait facilement croire que vous trollez, certes très maladroitement mais discrètement et sûrement, pour l’Union Européenne !...

                ..


              • titi 15 septembre 15:15

                @Baptiste

                « Cependant, je ne pense pas que la baisse du SMIC soit la solution »
                Je ne pense pas non plus.

                Le problème n’est pas en bas de la fiche de paie, mais en haut.


              • titi 15 septembre 15:41

                @Durand

                « que vous trollez, »
                Bah voyons...

                Des dévaluations il y en a eu 4 entre 1981 et 1987.
                Ca a réglé quoi ?
                Le chômage ? Non.
                Le commerce extérieur ? Non.
                La dette ? Non plus.

                La dévaluation c’est l’arbre qui cache la forêt.
                Le débat c’est la coût du travail, le coût du système social, le coût de l’appareil d’Etat.
                Sauf que dans le pays de yakafaukons et des cépamafotes, c’est plus facile de dire que c’est la faute de l’Europe, de l’Allemagne et yaka dévaluer.


              • Lonzine 15 septembre 16:12

                @titi
                « La problématique c’est qu’il faut c’est baisser le cout du travail. »
                Le cout salarial dans le prix d’une voiture est ridicule, quelques dizaines d’heure par véhicule.


              • Durand Durand 15 septembre 16:45

                @titi

                Les dévaluations de Mitterand étaient des mesures d’ajustement pour le SME sur le chemin de Maastricht et de la monnaie unique. Rien à voir avec la dévaluation nécessaire en cas de frexit. Ces trois dévaluations ont d’ailleurs été assez faibles et ce sont faites avec l’ensemble des états membres de l’époque qui tous, ajustaient leur monnaie.

                Encore tout faux !

                ..


              • titi 15 septembre 16:58

                @Durand

                Quand on vous démontre que les dévaluations ne règlent rien vous trouvez une pirouette : c’étaient pas des vraies.

                Ben voyons.

                « Ces trois dévaluations ont d’ailleurs été assez faibles »
                Plus de 15% par rapport au Mark, et vous dites assez faible ?

                Ben voyons

                Vous vous rendez compte du ridicule ?


              • Durand Durand 15 septembre 17:00

                @titi

                Vous « oubliez » aussi de prendre en compte l’augmentation abyssale des emprunts que Mitterand a contracté pour financer ses promesses électorales ! En 1986, le déficit dépassait les 100 milliards de Francs, quatre fois plus qu’avant son élection...

                On paye toujours les interêts de la dette qu’il nous a laissée... Pour le capital, on verra plus tard...

                Il est donc normal que l’injection massive de liquidités ait fait dévaluer le Franc.

                ..


              • titi 15 septembre 17:06

                @Lonzine

                « Le cout salarial dans le prix d’une voiture est ridicule, quelques dizaines d’heure par véhicule. »

                C’est quand même entre 500 et 1000 euros pour une 208.
                Pour PSA, produire une 208 en France coûte 500 euros de plus qu’en Slovaquie | Les Echos

                Mais rien qui ne soit pas rattrapable avec une TVA sociale.


              • Durand Durand 15 septembre 17:09

                @titi

                Vous n’avez rien démontré du tout et vous faites comme si les ajustements monétaires et leSME en prévision de la monnaie unique n’avaient pas existé...

                Vous aimez l’Union Européenne, grand bien vous fasse !...

                ..


              • titi 15 septembre 17:10

                @Durand

                « Il est donc normal que l’injection massive de liquidités ait fait dévaluer le Franc. »

                Donc on passe de dévaluations « faibles » à « injection massive » ?
                C’est mieux.

                Mais finalement vous me réjoignez : la dévaluation ce n’est pas l’alpha et l’oméga de la politique.
                Si on fait n’importe quoi en terme de budget, alors la dévaluation ne sert à rien.

                Donc débattre de la dévaluation possible ou pas, c’est l’arbre qui cache la forêt.

                Ce qu’il faut d’abord c’est une politique économique saine.


              • Durand Durand 15 septembre 17:23

                @titi

                « Donc on passe de dévaluations « faibles » à « injection massive » ?
                C’est mieux. » 

                Vous vous accrochez à ce que vous pouvez mais vous êtes en perdition, là !

                15% de dévaluation en 4 fois sur 6 ou 7 ans, non, ce n’est pas énorme. Et plus de 100 milliards de Francs d’emprunts et une dette publique multipliée par 4 dans le même délai, oui, c’est une augmentation massive de la dette, ne vous en déplaise.

                Et encore une fois – la dernière – , ces ajustements monétaires concernaient tous les états membres de l’époque et n’avaient pas pour but de relancer l’économie française mais de cadrer avec le projet de monnaie unique. Mais peut-être que comme notre hôte, vous n’étiez pas encore né, à l’époque !...

                ..


              • titi 15 septembre 17:28

                @Durand

                « 15% de dévaluation en 4 fois sur 6 ou 7 ans, non, ce n’est pas énorme »

                15% ce n’est pas énorme ? Et c’est moi qui suit en perdition ?

                C’est quoi alors une dévaluation « énorme » ?


              • Spartacus Lequidam Spartacus Lequidam 15 septembre 15:29

                La dévaluation est une taxe sur les entreprises et les particuliers et une perte de valeur de tout ce que l’on possède.

                Une monnaie en baisse n’améliore pas la santé des entreprises, elle les taxe de la perte de valeur de la monnaie. Le coût d’importation augmente simplement au-delà du prix précédent du bien importé.

                Non seulement cela augmente le coût d’achat des intrants nécessaires à la production de biens marchands, mais cela réduit en même temps les bénéfices des entreprises.

                Si la valeur de la monnaie diminue, tout le monde diminue la valeur de sa monnaie gagné par son travail. 


                • HELIOS HELIOS 15 septembre 16:45

                  @Spartacus Lequidam

                  ... enfin un avis de bon sens ...


                • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 15 septembre 20:00

                  @Spartacus Lequidam
                  « Une perte de valeur »
                  Absolument.
                  Pour avoir une vision analogique, imaginez-vous sur une planche en pente savonneuse sur laquelle vous devez monter. Même si on vous donne de plus en plus de moyens (financiers) mais vous glisser tout de même..
                  Les taux d’intérêts en compensation de vos investissements à la fin du 20ème siècle atteignaient des taux autour de 10% sans beaucoup de risques.. 
                  On vous donne toujours plus d’argent pour faire une action sous forme des salaires mais cela ne permet plus d’obtenir la même chose en compensation.
                  Même avec une inflation quasiment au plancher aujourd’hui..
                  La conversion à l’euro a surtout intéressé les sociétés qui dans la zone euro, n’avait plus à s’inquiéter des taux et des prix dans leurs échanges entre pays.
                  N’oubliez pas une règle du commerce, plus il y a d’argent en marche, moins il a de valeur.
                  Regardez les montants qui sont engagés pour répondre aux crises en Europe ou aux Etats Unis, ils n’ont jamais été aussi élevés.
                  Pourtant il n’y a rien d’autre que du virtuel qui permette de trouver une justification..
                    


                • zygzornifle zygzornifle 15 septembre 16:18

                  De toute façon on se fera plumer d’une manière ou d’une autre ....


                  • HELIOS HELIOS 15 septembre 16:36

                    Dans un pays, il y a deux sortes de gens :

                    (1) ceux qui vivent de leur travail...

                    (2) ceux qui vivent des echanges physiques ou monetaires

                    Alors la dévaluation est une benediction pour ceux qui de cette deuxieme categorie, car ils ont le pouvoir d’ajuster leurs prix créant ainsi un ecrémage économiques

                    La 1ere categorie, elle n’a aucun choix... son revenu dépend uniquement de son travail. Le prix de l’electricité, des tomates des loyers etc monte et ils ne peuvent rien faire que d’accepter, se priver et courber la tête.

                    Je voudrai bien savoir, moi, si on effectuait un indice des prix, non pas sur un panier moyen dans lequel on place un smartphone au même niveau qu’une baguette de pain mais avec un correctif pour ajuster la valeur de vie (comme on montre le prix au kilo plutot que le prix au paquet)... ET que simultanement on applique un ajustement (une indexation) sur les salaires a partir de cet indice, si ceux qui chantent les bienfaits de l’inflation seront toujours aussi satisfaits !

                    La réalité de l’inflation ... est un outil de plus dans la grande escroquerie du marketing, merchandising et autre « ing » qui permet de voler au sens propre les revenus de ceux qui ne peuvent rien répercuter et se faire plumer au quotidien.

                    Entre l’obsolescence programmée et la qualité « minimum » pour que la durée de vie d’un produit soit « payante » pour le producteur... et...la financiarisation de tout avec laquelle on vous vante qu’une voiture a 20 000 euro sur 10 ans (parc automobile français) cela ne vous fait « que » 2000 euros (166 euros par mois) et qu’a ce prix il vous est préferable d’en louer une quand vous en avez besoin (c’est bon pour les parisiens, ça) ... nous vivons dans un monde de prédateurs et c’est le kon qui paye avec un salaire ou une retraite qui se degrade chaque mois un peu plus.

                    Alors, je ne dis pas que les systemes commerciaux sont mauvais, je dis simplement que nous dérivons vers une société inacceptable et comble, ceux qui devraient defendre l’equilibre économique et la réalité sociale et environnementale... comme la réalité mentale d’abord, c’est a dire ceux qui se preoccuipent du developpement économique et social, ne font pas leur travail, se trompent  surement parce qu’ils sont directement ou indirectement impliqués  et agissent a l’envers au nom d’on ne sait quel dogme pas verifié (si verifiable)... comme les ecolos que nous voyons nous offrir des fleurs de plus en plus empoisonnées.

                    L’inflation : NON, ce qui en parlent maintenant, qui l’espèrent, sont ceux qui ne la vivrons jamais dans leur chair et comme d’habitude, exiger pour les autres, c’est toujours facile.


                    • HELIOS HELIOS 15 septembre 16:43

                      @HELIOS

                      Note complementaire....

                      Il n’y a qu’un seul moyen de se proteger d’une inflation devenue necessaire par les déséquilibres économiques, c’est de reguler les echanges entre les zone exterieures et l’interieur d’un pays.

                      Cette régulation s’appelle « droit de douane » qui doit etre couplée ( si on accepte le principe de la TVA, mais il y en a d’autres) avec une régulation interieure en particulier sur les marges financieres et les marges commerciales qui même s’il n’est pas question de les bloquer, il peut etre tres éfficaces de les encadrer exactement comme on encadre les revenus avec des tranches de fiscalisation.

                      Apres tous, hors produits de 1ere necessité, les marges doivent etre libres, mais réfléchies et c’est a l’etat de récuperer sa part sur cet avantage concedé a la liberté.


                    • titi 15 septembre 17:13

                      @HELIOS

                      La TVA sociale est en place en Allemagne depuis 15 ans.

                      Ah mais j’oubliais. C’est des cons.
                      Nous les Français ca fait 40 ans qu’on a pas eu un budget à l’équilibre, et 20 ans que notre balance commerciale est déficitaire... mais nous avons raison, les autres sont des cons.


                    • HELIOS HELIOS 16 septembre 20:01

                      @titi

                      Je n’ai pas dis que les allemands sont des cons.

                      D’abord, la tva sociale est une option comme une autre, mais elle est « aveugle » puisqu’elle frappe tout sans distinction, et elle reporte la charge des services régaliens de l’etat sur la population quel que soit sa place.

                      c’est donc un choix avec ses avantages et ses inconvenients.


                    • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 15 septembre 18:12

                      La dévaluation a toujours été un moyen pour relancer la machine écoimique.

                      Il faut pour cela que les biens du matériel et les prix du travail dévaluent de la même façon.

                      Les prix d’achats actuels sont-ils surévalués ?

                      C’est ça la question à mettre dans la balance.

                      Les taux de change sont maintenus artificiellement constants et bas pour relancer l’économie.

                      C’est une récession qui ne tient pas compte de la dépréciation du matériel.


                      • Orélien Péréol Orélien Péréol 15 septembre 23:31

                        Vous écrivez : «  Comme chaque dévaluation avec un effet positif sur la croissance, »

                        Comme tous les économistes, vous oubliez les deux bouts de la banane, et le premier : ce qu’on extrait sans le payer à personne, sans monnaie donc et qui appartient au processus économique :

                        https://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/le-lampadaire-economique-234378


                        • LeMerou 16 septembre 07:37

                          @L’Auteur

                          Mouaiff... Moi aussi je me rappelle de ces débats de réunion de famille....

                          Bref, les dévaluations d’hier et d’aujourd’hui n’ont plus rien à voir.

                          Si hier un état comme la France, véritablement souverain et bénéficiant encore d’industrie en tout genre pouvait dévaluer sa monnaie pour tenter de « relancer » son économie, ne paraît plus tellement possible aujourd’hui même en faisant fi de l’UEE.

                          La mondialisation étant passée par là, notre dépendance aux produits importés est énorme, dangereuse même, nous ayant conduit à une sorte d’asservissement aux autres. Et l’on continue encore et encore arrivant à faire ce que nos concurrents n’osaient même pas espérer en rêve.

                          La France des cerveaux, de la technologie (incapable toutefois de produire un vaccin...), de l’innovation, etc.... est asservie dans son mode de vie, totalement incapable de se suffire à elle même. Nous l’avons vu récemment.

                          Beaucoup de « financiers » disent ou prédisent que dévaluer est dangereux, car si cela peut conduire à une augmentation de exportation (difficile pour un Pays comme le notre au tissu industriel désagrégé, d’augmenter ses exportations qui ne sont pas notre fort) mais provoquera une catastrophe économique interne par une augmentation considérable du coût des produits importés.

                          Et bien évidemment pour marquer l’esprit des Mougeons, ont prend comme exemple le pétrole, avec son inévitable coût à la pompe, ce qui fait peur au Mougeon ayant peur de ne plus pouvoir changer de pré avec sa cariole.

                          Si certes, une partie de cette affirmation est vrai, pour le restant cela ne l’est pas, nombre de produits importés sont vendus à des coûts très, très bas, dont évidemment nous n’en voyons pas l’avantage, mais bénéficions des désagréments d’un produit à bas coût.

                          Donc une dévaluation entrainerai ou devrait entrainer une baisse des marges faites sur ces produits que l’on nous vends, certes pas trop cher, juste histoire de, mais sur lesquelles les marges sont ahurissantes, voire scandaleuses.

                          Celui qui s’enrichi n’est pas l’importateur (ou si peu), ni celui qui le consomme (car le prix de vente n’est pas en rapport avec le coût d’achat),mais le vendeur.

                          Bref la France, hier souveraine, aujourd’hui sous tutelle européenne quoi que l’ont en dise ne peut dévaluer sa monnaie, qui ne lui appartient plus. Une dévaluation de l’Euro est presque inenvisageable car d’autres Pays sont dans la même situation que nous en plus.. 


                          • chantecler chantecler 16 septembre 07:54

                            J’ai du mal à suivre .

                            Dans mon esprit la dévaluation s’inscrivait comme outil politique et monétaire : quand le chômage devenait trop important et menaçait le climat social d’un pays on dévaluait :

                            Ca stimulait les exportations , et donc faisait décroitre le chômage en faisant tourner les usines .

                            Et ça renchérissait les importations .

                            Sachant que certaines importations sont incontournables comme le pétrole et certaines matières premières .

                            Et d’autres non .

                            On se contentait d’une 4L et ne rêvait pas d’un 4x4 allemand .

                            Ca déplaisait au détenteurs de capitaux qui voyaient leur fortune ou leurs économies décroître .

                            Mais la dévaluation s’accompagnait automatiquement d’une hausse des salaires de rattrapage pour ne pas mettre les salariés en difficulté sur des choses essentielles : nourriture , chauffage...

                            L’opération était menée dans le secret pour éviter la spéculation , « les délits d’initiés » sur les valeurs des monnaies qui auraient cassé l’intérêt de dévaluer .

                            Aujourd’hui comme il a été signalé il n’y a plus théoriquement de dévaluation ( mais dans les faits, si ).

                            Mais nos états s’ont endettés de façon ahurissante et sont devenus dépendants des détenteurs de capitaux qui prêtent et s’épanouissent .

                            Nos balances commerciales sont outrageusement déficitaires .

                            Nos états n’ont plus les moyens de maintenir une économie mixte avec un secteur public qui compense (hôpitaux ,santé ,justice, transports etc etc) relativement les faibles revenus .

                            Si on gagne plus en régime libéral mais que tout coûte très cher parce que lié à la rentabilité et à la concurrence , il n’y a pas beaucoup d’avantages .

                            Aux USA il y a plein de gens qui ne peuvent plus se soigner , se loger , éduquer leurs enfants correctement , tant c’est cher ,inatteignable .

                            Par contre la violence dans ces sociétés explosent avec le nombre d’homicides et de suicides à la clé ...

                            C’est le retour à la loi de la jungle .


                            • Spartacus Lequidam Spartacus Lequidam 16 septembre 11:48

                              Mais nos états s’ont endettés de façon ahurissante et sont devenus dépendants des détenteurs de capitaux qui prêtent et s’épanouissent .

                              S’épanouir avec des obligations d’état ? Parfois négative ?

                              Si on gagne plus en régime libéral mais que tout coûte très cher parce que lié à la rentabilité et à la concurrence , il n’y a pas beaucoup d’avantages .

                              La concurrence, c’est ce qui fait baisser les prix, les monopoles d’état c’est ce qui les fait monter. 


                              Aux USA il y a plein de gens qui ne peuvent plus se soigner , se loger , éduquer leurs enfants correctement , tant c’est cher ,inatteignable .

                              C’est beau les stéréotypes.

                              Si on faisait un pays avec les 20% des habitants les plus pauvres des USA, ce serait comparé à tous les pays d’Europe le plus riche.

                              Mais va expliquer ce factuel a des français qui attendent tout de l’état lobotomisés à l’anti-americianisme primaire.

                              https://www.justfacts.com/news_poorest_americans_richer_than_europe


                            • Silence, on pique ! Silence, on pique ! 16 septembre 13:15

                              @Spartacus Lequidam

                              IL y a deux façons de voir l’Amérique, Celle selon les mondialistes, (Biden) qui détruisent tout sur leur passage et selon Trump (réveil des nations). Quand on parle d’anti-américanisme on parle d’antimondialisme plutôt.


                            • LeMerou 17 septembre 07:59

                              @chantecler

                              « Si on gagne plus en régime libéral mais que tout coûte très cher parce que lié à la rentabilité et à la concurrence , il n’y a pas beaucoup d’avantages »

                               smiley


                              C’est tout le paradoxe caché, le libéralisme, le néo-libéralisme est comme ça, car basé sur un concept d’une croissance sans limite (alors que les ressources nécessaire à la croissance le sont, elles).

                              Tout ça à débuté dans les années 80, ou un Président élu, à pris des décision, des orientations pour le Pays (Alors que ces dernières n’ont absolument pas été décrites aux votants, peut être incapable de comprendre ce qu’une certaine élite nantie savait, car pour eux rien ne change au contraire).


                              Nous nous sommes fait Bai... par un malfaisant, et sa clique, mais ayant instillé cet idéal dans l’esprit de beaucoup, faisant ressortir pour les masses votantes des avantages, qui s’avèrent finalement insignifiants par rapport aux dégât causés quarante piges plus tard, et ça continu, car enseigné dans les écoles formants les élites.

                              Et de génération en génération les masses votantes adhèrent à ce concept, pire ont peur de la perte de ce concept n’ayant rien connu d’autre. 

                              Tout a une limite, dans la vie, surtout physique, il serait trop long d’énumérer ces dernières et d’avoir basé un système mondial sur une croissance sans limite est ...(diable je n’arrive pas à trouver d’adjectif pour qualifier cette absurdité).

                              Bref, la chute sera dure, très dure, surtout dans une société ou règne majoritairement l’égoïsme de vie, l’intolérance et la futilité.

                              Pour sûr que tout sera fait pour maintenir le système le plus longtemps possible.

                              .


                            • Jean Keim Jean Keim 16 septembre 07:54

                              Avant nous avions une économie avec une dévaluation régulière, puis vînt une économie basée sur le principe de la dette par l’emprunt sur les marchés financiers, et maintenant cerise sur le gâteau, hourra ! hourra ! Nous avons les deux, avec comme conséquence que toutes les activités économiques basculent dans le privé.

                              Il est temps d’imaginer une nouvelle civilisation qui ne sera plus axée sur le profit.


                              • Silence, on pique ! Silence, on pique ! 16 septembre 12:06

                                @ Baptiste

                                La photo de l’article montre le général de Gaulle. C’est l’occasion de rappeler toutes les mesures ineptes qu’a pris le général sous la pression de son entourage très libéral. De Gaulle est manipulé par une « cinquième colonne » qui n’a pas cessé depuis 1958 de mettre la France à l’ancan. 

                                1958, (création de la 5eme république), de Gaulle est aux manettes officiellement. Antoine Pinay, aux Finances, surnommé monsieur Confiance, il est chargé par le général, de ré-évaluer le franc. Ce qu’il fait. 

                                Après cela, il est remercié, il a cessé de plaire. 

                                Pinay devait stabiliser la monnaie et assurer le redressement économique. 

                                D’abord dévaluer en remplaçant l’ancien franc par un nouveau franc  désormais 1000 anciens francs valent 100 fois plus avec le nouveau franc. Tour de passe-passe !

                                Le général veut assurer les investissement étrangers en France,sur la pression des spéculateurs. Une véritable duperie pour les entreprises françaises. Nous avions une souveraineté industrielle et économique, avec cette réforme, elle disparait peu à peu. Plan Marshall oblige.

                                Jusqu’en 1958, l’administration française sous la IVe république, restait très prudente sur les investissements étrangers. Ils freinaient autant qu’ils pouvaient par des mesures de protections règlementaires de changes. En plus de la lenteur administrative-très dissuassive pour les investisseurs étrangers. Les investissements étrangers étaient difficilement réalisables. 

                                Sous la IVe république, l’industrie restait en majorité française ! 

                                Dès que de Gaulle prend les rênes, c’est le début d’une colonisation industrielle de la France. Il faut rembourser comme on peut le Plan Marshall. 

                                A partir de la réforme Pinay/Debré, les investisseurs étrangers, pour acheter en France des valeurs mobilières françaises cotées en bourse (industrie), ne sont plus obigés d’en passer par l’autorisation de l’Office des Changes. Ils peuvent en toute liberté acquérir par le ministère d’un notaire, des biens meubles et des droits immobiliers situés en France. 

                                Il ne s’en priveront pas.

                                Les investisseurs se précipitent et c’est un trafic éhonté de devises et d’investissements. 

                                Pinay inquiet des conséquences de sa réforme, dépose une plainte au lendemain de la dévaluation contre les spéculateurs qui avaient bénéficié d’une indiscrétion et trafiqué sur le franc. L’enquête n’a jamais eu de suite. 

                                Pinay est remercié. 

                                Sous l’effet de la nouvelle législation gaulliste, les investissements étrangers qui atteingaient tout juste 90 millions avant 1958, sous la 4eme république, atteignent après l’arrivée de de Gaulle et la réforme PInay/Debré, 563 millions qui augmenteront considérablement les années suviantes. 

                                En 1964, nos entreprises sont colonisées par les investisseurs étrangers à raison de très forts pourcentages. 

                                98 % de nos appareils photographques et pellicules

                                95 % de notre café soluble

                                90 % de nos disques

                                90 % de notre margarine

                                90 % de notre caoutchouc synthétique

                                80 % de notre lait en poudre ou concentré

                                75 % de notre matériel agricole

                                70 % de nos machines à écrire ou de bureau

                                65 % de la distribution de notre pétrole

                                60 % de notre biscuiterie

                                50 % de nos pneus

                                50 % de nos postes radio et télévision

                                50 % de nos lampes électriques.

                                Le Ministre Chalandon s’en émeut lui aussi. Le 31 octobre 1964, il dit dans « Entreprise », un quotidien économique qu’on « allait réduire peu à peu nos entreprises »à l’état d’exécutants". 


                                • Marc Dugois Marc Dugois 19 septembre 10:00

                                  C’est très bien d’être passionné d’économie mais encore ne faut-il pas être de ces étudiants de Dauphine qui, lors d’un café-philo il y a une vingtaine d’années, m’avaient tellement surpris par leur dogmatisme que je leur avais dit « J’ai vraiment l’impression que vous répétez sans comprendre ce qu’on vous a embecqué », et qui au lieu de m’agonir d’injures, m’ont très étonnamment répondu : « ben oui ! ».

                                  Je vous rappelle que la croissance est l’accroissement des échanges entre l’énergie humaine et l’énergie monétaire et qu’elle peut être totalement fausse comme c’est le cas présent avec une énergie monétaire factice nourrie que de l’esclavage à venir.

                                  Je vous rappelle également qu’une dévaluation est une erreur qui cherche à rectifier une autre erreur. La vraie valeur d’une monnaie par rapport à une autre est donnée par la balance commerciale qui est intellectuellement équilibrée par définition. Le troc effectué entre deux pays est chiffré par chacun dans sa propre monnaie et l’identité de ces deux chiffrages donne le vrai change entre les deux monnaies.

                                  Donner une valeur arbitraire à une monnaie, soit avec un change fixe, soit en spéculant sur sa valeur future, est le scandale contemporain que les dévaluations cherchent sans y arriver à rectifier.

                                  La dévaluation n’est pas une source de croissance. C’est la croissance faite avec la fausse monnaie actuelle qui est source de dévaluation subie et non décidée.

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