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Accueil du site > Tribune Libre > La finalité de la vie et de la mort, la finalité du monde

La finalité de la vie et de la mort, la finalité du monde

 

 Dans « La mort et son mystère » (1), livre d’une grande humanité, Camille Flammarion pose le problème de la signifiance de la mort sur l’existence humaine. La mort est l’événement suprême de la vie. On doit comprendre plus que la naissance. Ne pas vouloir l’étudier est une puérilité enfantine. Pour avoir une meilleure vision de sa pensée, écoutons-le. « Atome pensant, emporté sur un atome matériel à travers les immensités de la Voie lactée, l’homme peut se demander s’il est par l’esprit aussi insignifiant que par son corps, si la loi du Progrès ne doit pas l’élever dans une ascension indéfinie, et s’il y a un système du monde moral harmonieusement associé au système du monde physique ». (1)

Il est évident que si ces mots furent énoncés par le très respecté savant, à cette époque – ce livre, rappelons-le a été édité en 1920 – c’est qu’ils étaient ressentis, au plus profond de son être. Et il le dit : « L’Esprit n’est-il pas supérieur à la matière ? Quelle est notre véritable nature ? Quelle est notre destinée future ? Ne sommes-nous que des flammes éphémères un instant pour s’éteindre à jamais ? Ne reverrons-nous plus ceux que nous avons aimés et qui nous ont précédés dans l’Au-delà ? Les séparations sont-elles éternelles ? Tout meurt en nous ? S’il reste quelque chose, que devient cet élément impondérable, invisible, insaisissable, mais conscient, qui constituerait notre personnalité durable ? Survivra-t-il longtemps ? Survivra-t-il toujours ? 

 Être ou n’être pas ? Telles est la grande, l’éternelle question posée par les philosophes, les penseurs, les chercheurs de tous les temps et de toutes les croyances. La mort est-elle une fin ou une transformation ? [...] Ne sommes-nous pas devant les arcanes du monde invisible différent de celui qui tombe sous nos sens et impénétrable à nos moyens d’investigation positive ? Ne peut-on essayer, chercher, si certains faits, correctement et scrupuleusement observés, sont susceptibles d’être analysés scientifiquement et acceptés comme réels par la critique la plus sévère ? Nous ne voulons plus de phrases, plus de métaphysique. Des faits ! Des faits ! Il s’agit de notre sort, de notre destinée, de notre avenir personnel, de notre existence. Ce n’est pas seulement la froide raison qui questionne ; ce n’est pas seulement l’esprit ; c’est aussi le sentiment ; c’est aussi le cœur. » (1)

Ce flot de questions posées par l’auteur a-t-il une réponse ? Que va-t-elle répondre la raison froide qui questionne et raisonne ? La raison que l’on sait en nous et dont nous ne savons rien de son essence. Comme du reste l’esprit en nous dont on ne sait rien. Et seul le sentiment d’être nous l’indique et nous fait sentir les problèmes du monde et de notre être, parfois allant jusqu’à nous faire sentir l’absurdité de notre existence. Dans le sens que nous existons pour qu’ensuite nous disparaissons comme si nous n’avons jamais existé.

 Au sens de l’humain, ces questions n’ont pas de véritables réponses qui peuvent nous dire : « Oui, nous sommes nous ! Et nous précisent sur quel support nous reposons ! Quel est l’essence qui fait notre existence ? ». Tout au plus l’humain que nous sommes les appréhende par l’esprit en nous, selon la conscience que l’on a de lui, selon du sens qu’il nous donne de la vie, selon la compréhension que l’on se fait du progrès du monde. C’est précisément cette conscience, ce sentiment que l’humanité est en perpétuelle ascension, que le progrès qui se manifeste en elle la pousse toujours à aller plus loin dans ses investigations les plus vastes, les plus profondes, quel que soit le domaine considéré qui a trait à la vie ; commandées par cet esprit en elle, ces facultés intuitives et abstraites en nous qui viennent presque du néant, dans le sens que notre vide intérieur dûment rempli est ainsi constitué et fait que ce qui relève de nous avance toujours sans même comprendre comment nous eussions fait pour que ce processus de progrès s’opère ; et il s’opère en nous, pour nous et malgré nous.

Cependant, si le progrès du monde est infini, l’homme dans cette humanité reste toujours l’homme dans cet étant du monde ; qu’il se dise « être ou n’être pas », il est à la fois cet être-là qui vit et cet être qui ne vit pas, parce que l’homme ne vit pas par ses propres moyens ; il est créé, vit par cet Être extérieur à lui, c’est-à-dire l’Esprit du Monde, le Créateur du monde. Dès lors se pose la question du sens de la vie ? Du sens de la mort ? Et l’homme savant dans Camille Flammarion a entièrement raison de poser ces questions qui interpellent l’humanité entière.

L’homme naît, vit, mène une vie constituée de mille événements que le plus souvent il subit à son corps défendant. Il se dit « pourquoi je suis cet être-là ? Qui je suis ? ». Et, sans réponse, ce flash de questions disparaît, et pris dans les vicissitudes de l’existence, l’homme continue sa route. Et peu importe sa situation, qu’il réussisse ou non sa vie ; il existe, il est simplement jusqu’au crépuscule de sa vie ; là, il disparaît comme il est venu, ou plutôt comme s’il n’est jamais venu. Ne témoignerons de lui que ceux qui l’ont connu, qui, à leur tour, disparaîtront comme s’ils n’étaient eux aussi jamais venus ; la vie deviendrait alors vide, une illusion d’avoir existé.

Dès lors, l’existence est-elle absurdité ? En apparence, oui ! Puisque nous rencontrons inéluctablement la mort. Nous existons pour ensuite ne pas exister. La question qui se pose : « L’absurdité signifie-t-elle inintelligence ? ». On peut répondre d’emblée : « Impossible ! L’absurdité ne peut être inintelligence. » L’absurdité en tant que sentiment que nous témoignons est une partie intrinsèque de notre vision humaine de notre être et du monde, donc fait partie de l’existence. Une Terre qui tourne par on ne sait quelle force peut paraître absurde et sans sens. Même s’il demeure que c’est une Force Infinie qui la fait tourner. Comme nous aussi nous existons et que nous avons été créés. Et l’absurdité qui nous vient tire sa logique de notre impossibilité de nous représenter l’Essence du monde. Donc tout nous apparaît absurde parce que nous ne comprenons pas notre finalité et la finalité du monde.

De même, lorsque, par exemple, par les beaux matins ensoleillés, on regarde heureux la nature paisible, l’harmonie qui se dégage d’un beau paysage, la verdure, un ciel et un horizon majestueusement éclairés, ou que l’on soit au bord de la mer, au lever du soleil, ou au coucher du soleil, ou dans une ville qui commence doucement à se réveiller..., et partout où nous rencontrions cette félicité de l’existence, pourrait-on dire que ces beaux paysages sont absurdes ? La beauté, l’harmonie du monde, par essence, ne sont pas absurde. Ils ont un sens. De là, on déduit que l’absurde et le sensé sont en nous. C’est précisément cette opposition de deux sentiments en nous qui donnent le sens de notre existence. De même, il en va de la vie et de la mort, elles sont en nous.

Donc absurdité de l’existence et son opposé, l’existence sensée et raisonnable, sont à relativiser. Il demeure qu’il y a un principe intelligent qui régit le monde. Comme la vie pour l’homme pensant est une partie intrinsèque de son existence, la mort configurée comme opposée à la vie est aussi une partie intrinsèque de son existence.

 Pour simplifier le raisonnement, et rendre compréhensible cette approche du sens de la vie et la mort, on peut citer l’expérience de Kastenbaum. « Dans une enquête écrite, en deux parties, il a demandé à 214 étudiants inscrits à un cours traitant de questions liées à la mort d’exprimer de manière concise leurs sentiments au sujet de la vie dans un monde sans vieillissement ni mort. Le travail fut donné avant toute lecture sur le thème du cours. Dans cette première phase, 88% des réponses furent clairement positives. Les commentaires écrits furent de ce type : « Et comment ! Est-ce que ça commence maintenant ? ». Ou « J’aime beaucoup cette idée ! Vous me rendez heureux ! » On donna alors aux étudiants un travail contenant des instructions précises où ils devaient énumérer a) les « effets qu’un monde sans mort pourrait avoir sur les autres et sur la société en général », et b) « les effets d’un monde sans mort sur la manière dont vous-mêmes vous vivez et faites l’expérience de votre propre vie. »

A la suite de ce travail, la question initiale fut de nouveau posée aux étudiants. Les résultats furent significativement inverses avec 82% de réponses négatives et 18% de positives. » (2)

Il est évident que les premières préoccupations qui ont exprimées par les étudiants à propos des effets de l’absence de mort sur la société portaient d’abord sur le problème de surpeuplement. La Terre ne serait pas aujourd’hui à 7,3 milliards d’êtres humains auraient été peut-être le quadruple si la mort a toujours été absente. Et 100 milliards d’êtres humains dans 100 ans. Où irait le monde quand on sait que déjà la Terre est exigüe pour l’humanité. On tente partout d’ériger des frontières infranchissables contre les migrants qui pourtant les franchissent. Partout en Europe, entre les États-Unis et le Mexique, en Asie, entre la Russie et la Chine, et entre l’Asie et l’Europe. En Afrique du Nord, avec la poussée migratoire des pays du Sahel. Et les flux migratoires ne vont pas cesser tant qu’il y a des pays riches et des pays pauvres.

On comprend dès lors la prise de conscience des étudiants que cette situation de non-mort dans l’humanité perturberait gravement la vie sur terre. Les milliards d’hommes et femmes âgés et de bébés qui naîtront non seulement mettront en faillite le système économique mondial mais créerons un décalage entre le nombre élevé d’êtres humains âgés qui s’accumulent et ne vieillissent pas et ne meurent pas. Une situation démographique et économique de l’humanité devenant complexe et à terme la Terre ne suffirait pas pour subvenir à leurs besoins.

Sur un plan purement existentialiste, que serait la vie sans la mort ? Il n’y aura plus cette crainte de mourir, l’être humain aura une existence perpétuelle ; il n’y aura plus ce doute sur la vie. Peu importe que l’homme vivra dans l’exiguïté. Or l’homme sans le doute ne sera plus cet être humain créateur, plus cet homme curieux de la nature, puisque assuré de vivre dans l’éternité ; il ne sera plus l’homme à se protéger de l’autre, de l’envahissement de l’autre ; il est assuré d’exister, et donc d’être pris en charge, quel que soit le moyen pour exister. Dès lors, la vie deviendrait monotonie, l’existence perpétuelle tuerait tout sentiment d’existence, toute joie de vivre dès lors que ses joies auraient été prisées au début de l’existence puis progressivement tombant dans la routine de l’existence, elle deviendrait sans sens.

D’autre part, des dictateurs vont prendre le pouvoir dans tous les pays du monde. Sans la mort, la démocratie perdra son sens. Des dictateurs entourés de gardes prétoriennes vont gouverner les peuples dans l’éternité. Sans contre-pouvoir, tout au plus des luttes entre dictateurs pour le pouvoir qui ne mourront pas, les plus faibles devenant la plèbe des vainqueurs. Au final, nous aurons trois classes ; le haut sommet constitué de dictateurs et de leurs subalternes directes, la classe prétorienne chargée de maintenir le système, la classe plébéienne constitué d’artisans, de ruraux et d’invalides. Mais qui va subir la charge du système, c’est la plèbe devenant un peuple-esclave. Et cela par le seul fait qu’il n’y a pas la mort ; il n’y a pas la crainte que la plèbe se soulève, et change le système ; tout soulèvement est réprimé dans le sang mais sans mort. Les blessés vont augmenter la cohorte d’invalides qui ne meurt pas ; les dictateurs n’auront pas besoin d’armements nucléaires, ceux-ci ne pouvant tuer même s’ils venaient à exister. Il y aura beaucoup de Néron sur terre, les dictateurs, pour tromper l’ennui, incendieront leurs villes.

Que deviendra donc l’existence de l’homme sans la mort ? L’humanité sans la mort ? La perpétuité, l’éternité de son existence serait en fait inexistence. L’homme serait à l’image de cette Terre qui tourne, sans savoir pourquoi il tourne. Il existe simplement. Le sens de l’humain perdrait son sens. D’humanité, l’humanité deviendrait une humanité stérile, une inhumanité. L’homme aurait-il besoin d’une croyance ? D’un Dieu ? D’une pensée d’un Paradis plus doux que cette existence monotone sur terre ? Il est clair qu’il n’aura plus d’espoir parce qu’il n’y aura plus d’Au-delà, pour espérer d’échapper à son destin d’homme-néant existant à l’infini.

En revenant à l’expérience de Kastenbaum, les réponses de ses étudiants que rapporte l’auteur sont significatives de cette prise de conscience du danger qui se présenterait à l’homme s’il devait ne plus mourir : « Impossible de penser que je pourrais vivre sans fin et que les choses pourraient ne pas finir. Il faudrait que je me demande à quoi sert la vie, et je ne suis pas sûr de pouvoir répondre. » « Je ne peux tout simplement pas m’imaginer à quoi ressemblerait vivre une vie dans un tel contexte. Pour être honnête, je ne sais pas quel sens aurait la vie pour moi si je savais qu’elle continuerait encore et toujours... » (2)

Ces réponses des étudiants confortent la crainte de perdre la mort. L’humain que nous sommes et qui concerne le plus grand nombre des humains, qui ne sont pas aux premières loges de la hiérarchie et doivent lutter pour leur existence, que vivre sans fin leur ferait peur ce qu’ils seront, si déjà le peu de l’existence qu’il vive leur est déjà difficile, ne sachant rien de leur devenir. Que sera leurs existences s’ils vivront sans fin. Un paradis ? Un enfer ?

 Dès lors se pose-t-on la question sur la vie et la mort. A un ami, j’avais écrit ans une lettre de bonne année : « Chaque année qui passe alourdit notre âge, comme tu le dis, et 2017 le fera autant que 2016. Une loi de la nature qui nous a créé, mais que l’on doit accepter parce qu’elle est naturelle. Elle n’est pas de l’homme mais de Dieu, et tous les hommes quel que soit leur rang, leur richesse dans la société, leur lieu d’origine sur cette terre, y passent. J’ai l’impression, Mohammed, que la vie n’est qu’un prêt que Dieu nous a accordé. Et nous ne faisons que le rembourser en existant. Si on le rembourse bien, on aurait atteint ce pourquoi il nous a créé. Si on le rembourse mal, il acceptera ce mal puisque nous provenons de Lui. Évidemment, il y aura la sanction à tout bien ou à tout mal. Par conséquent, accepter d’être et sa vieillesse, et tout ce qui peut arriver et en priant Dieu qu’il nous préserve, ou même si on est frappé par la maladie, qu’il nous la rend supportable, qu’il ne nous enlève pas la sérénité. C’est cette clémence que l’on cherche dans notre intérieur, et je crois c’est le plus important. Comme tu le fais d’ailleurs en espérant que nous passerons l’année avec de bonnes surprises. Moi aussi, je joins mon vœu à ton vœu, et inconsciemment en l’adressant à nous, on l’adresse aussi à Dieu. Voilà, mon ami, mes meilleurs vœux. »

Dans cet écrit, il y a cette quête de Dieu dans ce miracle de la vie et de la mort pour l’homme. L’Une ne va pas sans l’autre, et l’autre ne va pas sans l’une. Il y a aussi cette impression, cette sensation puisque la vie nous est donnée, puis elle doit nous être enlevée, et « enlevée pour qu’elle donne sens à la vie », parce que, sans la mort, il n’y a pas de vie, de véritable vie. Dès lors, dire que la vie est un prêt du Créateur n’est dans un sens une vérité. Le Créateur reprend ce qu’il nous a donné pour que l’on se sente libre d’exister, d’espérer ici-bas ou dans l’Au-delà. Que l’on croit on non, l’essentiel est d’exister et d’espérer.

Dans l’entre-vie-et-mort, le Créateur aura aussi à nous juger pour ce que nous aurons fait. Mais le Créateur en nous jugeant, il juge sa Création. Et sans Lui, nous n’aurons pas existé. Dès lors, le prêt qu’il nous octroyé pour venir à la vie doit avoir un sens, et donc une Finalité qu’Il a inscrite dans nos existences, dans l’existence de toute l’humanité, dont nous ne savons rien.

Pour comprendre cette Finalité que Dieu a mise dans sa création, reprenons la lecture du livre du savant Camille Flammarion : « Pendant l’infâme guerre allemande, qui a supprimé dans la fleur de l’âge quinze millions de jeunes hommes ayant droit à la vie, élevés par leurs pères, par leurs mères, souvent au prix d’énormes sacrifices , ce sont des centaines de lettres qui me sont arrivées, accusant l’injustice et la barbarie des institutions humaines, regrettant que la haine de la Guerre qu’un groupe d’amis de l’humanité prêche depuis longtemps n’ait pas été comprise des gouvernants, se révoltant contre Dieu qui permet ces épouvantables destructions, et déclarant leurs existences brisées pour toujours en des deuils irréparables.

Plus que jamais, l’atroce problème des destinées se dresse devant nous.

Hélas ! Les religions, qui ont, toutes, pour origine ce besoin de nos cœurs, ce désir de connaître, la douleur de voir devant soi le cadavre muet d’un être aimé, n’ont pas apporté les preuves qu’elles promettaient. Les plus belles dissertations théologiques ne prouvent rien. Ce ne sont pas des phrases que nous voulons, ce sont des faits démonstratifs. La mort est le plus grand sujet qui ait jamais occupé la pensée des hommes, le suprême problème de tous les temps et de tous les peuples. Elle est le terme inévitable auquel nous tendons tous ; elle fait partie de la loi de nos existences, au même titre que la naissance. L’une et l’autre sont deux transitions naturelles dans l’évolution générale, et cependant la mort, qui est aussi naturelle que la naissance, nous paraît contre-nature. »

Le savant n’a pas si bien dit que « la mort qui fait partie de la loi de nos existences » entre dans un processus naturel de transition. Dès lors doit-on admettre que l’infâme guerre allemande, qui a supprimé quinze millions de jeunes hommes ayant droit à la vie, entre dans un processus naturel de l’existence. En d’autres termes, la première guerre mondiale relevait d’un ordre nécessaire faisant partie de la loi de nos existences. Et que cette guerre entre aussi dans un processus de transition – une naissance de la guerre et une fin de la guerre –, se termine néanmoins avec une transformation de l’ordre mondial.

Dès lors, la Deuxième Guerre mondiale qui a suivi la Première entre aussi dans un processus de transition. Une Deuxième Guerre mondiale que Camille Flammarion n’a pas vécue et qui a fauché plus de quatre fois le nombre de jeunes hommes ayant droit à la vie, élevés par leur et leur mère... se révoltant contre Dieu qui permet ces épouvantables destructions.

La question que pose Flammarion prend-t-elle en compte la Raison du monde, en tant que Finalité suprême de la réalisation du monde ? Parce qu’il faut le souligner que l’humanité se réalise via toutes les œuvres des hommes bonnes ou mauvaises ; en se réalisant les œuvres des hommes, le plan de l’Intelligence universelle se réalise en même temps. Aussi peut-on dire « n’existe que ce qui est nécessaire pour exister, et ce, au-delà des œuvres des hommes qui sont comprise dans la Nécessité de l’existant. »

Le sens des guerres de ces Deux épouvantables Guerres mondiales qui se sont succédé pratiquement à 20 ans d’intervalle, peut être appréhendé par ce qu’elles ont apporté au monde. Et qu’ont-elles apporté ? Des centaines de millions de colonisés ont recouvré leur liberté, leur indépendance. D’abord la destruction de trois empires européens (allemand, austro-hongrois et ottoman) qui a permis l’indépendance de peuples des Balkans sous tutelles impériales, et par conséquent, la création de plusieurs États (Pologne, Yougoslavie, Tchécoslovaquie, Finlande, Croatie-Slovénie, Lituanie, Lettonie...), à la fin du Premier Conflit mondial. La Deuxième Guerre mondiale termina le reste. Deux continents (Afrique et Asie) se sont libérés de l’impérialisme occidental. Le sacrifice de millions d’êtres humains, au regard de l’histoire et de la libération de centaines de millions d’êtres humains, n’aura pas été vain.

Sans ces deux guerres mondiales, sans ce sacrifice de millions d’êtres humains, le monde serait resté ce qu’il était au début des années 1900, c’est-à-dire un monde constitué de métropoles et de colonies, un monde qui n’aurait pas avancé.

 On comprend dès lors qu’au-delà des guerres et de la mort tout court, à la lumière de ce qui s’est passé au XXe siècle, et au-delà de la mort et la crainte qu’elle peut susciter, l’homme sans la mort deviendra une chose pour l’éternité, à la merci de systèmes contre lesquels il n’aura aucun recours, aucun pouvoir. Vivre une destinée sans destinée, son sort serait plié pour l’éternité. Donc, au-delà de l’horreur que la mort peut susciter, de la disparition d’êtres chers, ou de notre disparition – nous mourons tous un jour – il demeure cependant qu’elle est nécessaire à la vie. La mort entre dans la finalité de la vie. Sauf que l’être humain ne s’aperçoit pas de ce qu’elle apporte à son existence ; il n’en voit que le néant qu’elle suscite, que sa propre mort qu’il refuse, voulant toujours vivre.
 

Medjdoub Hamed
Auteur et chercheur en économie mondiale,
relations internationales et prospective
 

Notes :

1. « La mort et son mystère – Avant la Mort », par Camille Flammarion. Edition Flammarion. Paris 1920

2. « Sens et valeur de la mort », par Ira Byock, M.D., Professeur de philosophie, Université du Montana. Conférence 18 et 19 novembre 2000
http://irabyock.org/wp-content/uploads/2015/01/Byock-Sens-et-valeur-de-las-mort-MP-2003.pdf

 


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28 réactions à cet article    


  • Francis, agnotologue Francis, agnotologue 6 juillet 10:44

    La vie est inséparable de la mort comme la lumière de l’obscurité.

    Sans la mort, aucune vie ne serait viable.


    • Géronimo howakhan Géronimo howakhan 6 juillet 18:09

      @Francis, agnotologue

      Hello, oui, je dirais même plus aucune vie ne serait...cela dit une majorité d’humains en refusant la mort et-ou en ne sachant pas que faire de cela, refusent la vie en même temps ...d’où le désastre bien sur..long sujet d’une vie + 3 jours pour la résurrection..

      je te salue...


    • Francis, agnotologue Francis, agnotologue 6 juillet 18:43

      @Géronimo howakhan
      salut,
       
       ’’oui, je dirais même plus aucune vie ne serait...’’
      tu as raison, c’est mieux ainsi.
       
      Bonne soirée.


    • Géronimo howakhan Géronimo howakhan 6 juillet 20:53

      @Francis, agnotologue

      De même....A bientôt..


    • Furax Furax 6 juillet 12:10

      Beau travail, très intéressant.

      Vous devriez vous pencher sur la possibilité que la conscience ne dépende pas du cerveau donc de la matière.

      De grands noms ont affirmé cela : Sir John Eccles (prix Nobel). Pim van Lommel etc.

      Je vous conseille de rechercher les vidéos de trois personnes, trois femmes :

      -Miriam Gablier (journaliste, philosophe et historienne.

      -Sylvie Dethiollaz (docteur en physique moléculaire)

      -Evelyne Josse (psychologue, enseignante à l’Université)

      Une nouvelle spiritualité, hors de toute religion, est peut-être en train de naïtre ;


      • Francis, agnotologue Francis, agnotologue 6 juillet 13:07

        @Furax
         
         ’’Vous devriez vous pencher sur la possibilité que la conscience ne dépende pas du cerveau donc de la matière.’’
         
         Voilà un ’’donc’’ très audacieux, et donc très contestable.


      • Furax Furax 6 juillet 17:13

        @Francis, agnotologue

        Puisque vous êtes paresseux, voici quelques éléments de réponse :
        https://www.youtube.com/watch?v=sb2s7dbvChA
        https://www.youtube.com/watch?v=QLqPyCHpYLk
        https://www.youtube.com/watch?v=VBPIaVWgm5g
        https://www.youtube.com/watch?v=73JrGBn1JEw

        Bien sûr, ce n’est pas incontestable, mais ça rallie de plus en plus de monde.
        Ce sera très violemment combattu, la peur étant le moteur du contrôle de nos sociétés


      • Francis, agnotologue Francis, agnotologue 6 juillet 18:36

        @Furax
         
        dit : ’’Puisque vous êtes paresseux, voici quelques éléments de réponse ’’

        et le gus, il propose 4 heures d’écoute !!!
         
        Y en a qui doutent de rien.


      • Furax Furax 6 juillet 19:41

        @Francis, agnotologue

        Quand on aime, on ne compte pas !
         smiley


      • Géronimo howakhan Géronimo howakhan 6 juillet 12:17

        Salut, naître = mourir...devenu incapables par choix de vivre cet absolu..nos désormais non vies, sont une suite de souffrances diverses et variées , avec ou sans pognon ne change rien sur le fond.

        il n’y a aucun dialogue possible de la part de MOA donc de la pensée analytique, une de nos capacités, avec cet absolu..que nous refusons, d’où la démence globale des humains issu de la souffrance que ce refus créé.,mais avec des machines..

        De ne plus intégrer cela à la pensée est l’origine du drame humain dont le tournant s’est produit il y a un nombre x de millénaires (Saisir Adam et Eve mode vision) , lorsque la pensée analytique a pris le contrôle total de la psyché humaine, empêchant nos autres capacités elles aussi innées, mais qui ne créent pas de « Je » illusoire séparé de la vie,..

        Dommage...ceci donne l’horreur humaine et cette déchéance de plus en plus lourde..

        Quel désastre !


        • Géronimo howakhan Géronimo howakhan 6 juillet 13:59

          @Géronimo howakhan

           je cite : empêchant nos autres capacités elles aussi innées

          phrase manquante : de fonctionner


        • LUNATIC LUNATIC 7 juillet 12:55

          Ojectivation de mot, la « mort » se prête à toute manipulation sémantique... !


          • LUNATIC LUNATIC 7 juillet 15:18

            La VIE, rien que la VIE !


            • LUNATIC LUNATIC 7 juillet 15:32

              Rien, au delà de la VIE, même pas le « néant » !


              • Excellent article. Lire le cristal et la fumée de Atlan. La mort est porteuse de vie. Exemple : le tabou des règles chez les femmes (Signifiant qu’elle n’est plus féconde). Ce ne fut pas toujours le cas. A une certaine époque, les lavandières tordaient le linge rougi par la mort (le sang) pour le mettre sur l’humus... 


                • Nous avons le net sentiment que notre civilisation est en bout de course. Réjouissons-nous, déjà se profile un autre futur.... quand l’ancien est consumé, soudain le nouveau naît de la cendre." GOETHE.


                  • De toutes les spiritualités, seuls les rosicruciens estiment que la vie commence dès le premier souffle de l’enfant. La 13ème carte du Tarot : MEM : LA MORT, explique parfaitement le point de vue de l’auteur que je remercie. http://soleildelumiere.canalblog.com/archives/2013/01/24/26239902.html


                    • La spiritualité se trouve dans le glande pinéale (troisième oeil) qui active la zone inconsciente et les rêves. Ce sont nos rêves qui nous disent si nous sommes en vie. La preuve... Si on empêche quelque de rêver, il meurt...


                      • Ce qui est logique. On rêve quand le corps (la matière) se met en repos... C’est à ce moment que la porte de la spiritualité (souffle) s’ouvre.... parce que la glande pinéalé est activée. 


                        • Le carrousel de la vie. En un éclair, elle eut la vision d’une humanité enchaînée sur un même manège qui tourne sans fin depuis des millénaires. Des têtes apparaissent le temps d’une ronde, puis disparaissent au tour suivant, remplacées par d’autres visages douloureux ou souriants. Les mêmes passions déforment les traits des acteurs, les mêmes rêves illuminent leurs yeux, les mêmes dépravations leur tordent la bouche..sans fin. Un véritable jeu de massacre se déroule devant nos yeux aveuglés par maya. Nous avons la prétentions de devenir des dieux. Ce but lointain est inscrit dans les pages vierges, non encore codée, de notre ADN... de devenir humains et fraternels.... Ce jour là, Gaïa retrouvera le sourire. Dans 2000 ans peut-être...


                          • Ce que nous vivons actuellement est bien une guerre de religion. Depuis toujours Templiers alchimistes furent opposés aux catholiques pro vie (et très potes avec les nazis...). Les guelfes et les gibelins (Léonard de Vinci, Dante).... Voilà que le Georgia guidestones (sur lequel était inscrit quelques bêtises, il faut le reconnaître..) vient d’être dynamité par la droite platiste, catholique et trumpienne. Celle qui est persuadée qu’il existe un complot mondial (de la gauche) visant à réduire la population à 500 000 habitants. Dans l’alchimie on parle d’androgyne. Mais ces imbéciles d’LGBTQI ont pris cette fiction au premier degré en devenant trans. C’est comme transformer le plomb en or. Il s’agit d’une allégorie signifiant dépasser la matériel (corporel) en spirituel. Cette transmutation étant psychique et nullement somatique.... (Yin et Yang). c’est comme la lecture de la bible. Certains la prenne au premier degré et les autres perçoivent les autres dimensions. La folie est des deux côtés.


                            • En plus, l’alchimie selon jung, parle d’individuation. A ne pas confondre avec individualisme, égoisme, ....


                              • Le déni de la mort est propre à la psychose. Et il y en a autant à gauche qu’à droite... Platistes contre LGBTQet bla bla bla...


                                •  C BARRATIER C BARRATIER 8 juillet 12:10

                                  Article intéressant, mais qui chue en finale.Quel créateur ?Comment aurait il été créé ?créationaiste ? C’est à la mode, sauf que toutes les avancées dans la connaissance font découvrir l’évolution, pas seulement humaine.

                                  voici mon humble réflexion sur le sujet, en table alphabétique des news :

                                  Sens de la vie, sens de l’univers http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=59


                                  • LVIV 29 juillet 20:16

                                    Voici un bel article et une belle discussion qui honorent les intervenants et AGORAVOX. C’est passionnant. Ce n’est pas de l’infox, mais de la réflexion, un échange non violent. Ça change (pour le mieux). Bravo !

                                    Mon petit grain de sel : il n’y a pas de vie sans mort. Les galaxies meurent et se mangent, la matière part en matière noire, mangée dans les trous noirs. C’est un recommencement. Qu’en es-t’il de l’éternité, de la création, du sens et du pourquoi ? Au big bang il y a une énergie immense, qui chauffe, d’où explose un magma de microparticules agitées, qui vont s’organiser pour former des atomes (grâce à la gravitation), des soleils, des planètes etc... Dans des conditions favorables, certaines planètes (comme la terre), vont pouvoir développer des formes de vie, de plus en plus complexes et structurées. Combien et ou ? Sommes nous seuls ? D’autres son-t’ils bien plus avancés que nous ? On-t’ils un langage ou son-t’ils capables de communiquer par ondes et sensations ?

                                    La matière est déjà une sacrée organisation, la vie relève presque du miracle, la pensée est une « divine » surprise. Y a t’il un créateur ? Es-t’il capable de s’occuper de chacun d’entre nous ? Devrons nous comparaître au jugement dernier ? Probablement que non. La vie est un cadeau. Des milliards de spermatozoïdes n’ont pas trouvé d’ovules. Être venu au monde est le fruit d’un hasard incroyable, en cela on peut dire que nous sommes « élus ». D’autant plus que la terre est belle.

                                    La mort es t’elle la fin de tout, le néant silencieux, comme avant de naître ? Personne ne le sait. Il faut être mort pour le savoir, et encore est-on conscient quand on est mort ?????


                                    • hamia 3 septembre 16:24

                                      « Béni soit celui dans la main de qui est la royauté, et Il est Omnipotent.

                                      2 Celui qui a créé la mort et la vie afin de vous éprouver (et de savoir) qui de vous est le meilleur en œuvre, et c’est Lui le Puissant, le Pardonneur. »

                                      Coran , el mulk

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Hamed


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