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Accueil du site > Tribune Libre > La horde sauvage

La horde sauvage

Le titre d'un film. Cela fait quelques siècles qu'elle se répand sur terre. Il ne reste plus trop d'espace ou l'homme n'a pas posé ses pieds.
Si ça n'avait été que les pieds nous ne serions pas dans la m---,e. Mais voilà il y a posé son regard et son intelligence, au service de ses désirs pour accomplir sa destinée, qui a fait le reste.
C'est comme cela que se déroule notre existence.
Nous savons utiliser notre intelligence, celle de faire les associations appropriées entre nos désirs et ce que l'on trouve à disposition dans la nature pour y parvenir.

Naturellement sur la planète il n'y a pas le bien et le mal. Seulement ce qui peut nous faire vivre et ce qui peut nous tuer. Et si mourir n'est pas le mal, l'anticiper pour satisfaire des désirs l'est.
Nous savons aussi que notre destinée dépend de tous les effets qu'auront engendré nos millards d'actions. 
Alors gérer, prévoir des milliards d'actions est notre défie quotidien d'un instant T au cours duquel en quelques millisecondes ils se réalisent tous. Nous vivons cela que nous le voulions ou non.
si quelqu'un arrive à faire un choix dans ce laps de temps c'est qu'il est un transhumain, comme le font les ordinateurs des traders.

Notre cerveau est plus lent, donc beaucoups d'événements ont lieu avant qu'un nous arrive aux neurones.

Sur la planète nous ne vivons pas tous à la même vitesse, et elle conduit le rythme de nos vie.
Particulièrement pour vivre libre.
Nous comprenons tous qu'à pied nous allons où nous voulons, en avion rapidement vers une destination, durant le temps d'un voyage où nous ne disposons plus de notre existence.
La vitesse est privative de liberté. Elle ne nous rend pas libre, nous satisfaisons un désir de se déplacer rapidement. Il n'y a donc aucune liberté à aller plus vite, seul le mode de vie change où la liberté s'échange contre un confort. 
Entrer en contact avec les autres au bout du monde en millisecondes n'est pas la liberté. La liberté c'est pouvoir se déplacer ou bon nous semble. Et il y a donc des siècles que nous ne sommes plus libre. Aussi la liberté, celle d'aller où bon nous semble, à la vitesse que l'on veut sans devoir être aliéné par le travail se construit à la vitesse de notre cerveau lentement.

La liberté n'est donc pas de se connecter au bout du monde mais d'y aller.

Hier nos ancêtres qui ont essaimé ignoraient que la terre était ronde. Eux ils allaient toujours tout droit, comme nous. Les aborigènes Amazonie ou d'ailleurs sont libres. Ils ne sont pas aliénés au travail.
 Il peuvent aller à pied où bon leur semble et pourtant ils ne quittent pas leur milieu.
 La liberté dépend donc aussi de ce que l'on connait du monde.
 Nous comprenons que lorsque l'humain dispose des ressources nourricières à porte de main, il ne quitte pas l'arbre qui le nourrit.
Nous avons toujours ce même comportement, nous voulons rester là où nous avons nos attaches. Chacun a connu cela dans son existence, devoir changer de classe, d'établissement et perdre les amitiés. 
Né dans un lieu nous le quittons que contraint, le plus souvent par la recherche d'un travail ou par des rencontres plus distantes rendues possibles par les moyens de communications de plus en plus rapides.
Sans en être totalement conscient, aller vite, gagner du temps c'est inscrit dans nos comportements.
Le temps et ce que l'on peut faire nous conduit à cette expression : manger la vie. Cet appétit de consommation n'est que la satisfaction de désirs sans limite de l'humain. Pour les satisfaire il s'est prolongé par la technologie.

Rien n'arrive parce-que nous le voulons, ce sont les enchaînements de nos actions qui nous reviennent.
Le savoir est important quand nous entrons dans la recherche de responsabilité.
Nous ne savons pas faire la différence entre être responsable et être acteur de son existence.
Nous ne sommes que les acteurs agissants qui construisent leurs pièces au quotidien en l'enchainant aux souvenirs qu'ils ont appris des scènes jouées par leurs prédécesseurs dans un décor qui influencera leurs choix.
À aucun moment ils ne peuvent être responsables des choix que leurs imposent une pièce qu'ils n'ont pas écrite et qu'ils doivent continuer de jouer en désirant en être l'acteur principal reconnu.
Cela n'ôte rien à la conscience de son rôle qui cherchera à trouver la place qui découle de l'acte dans lequel il apparaît.
Quand survient un évènement bien ou mal, bon ou mauvais, utile ou nuisible, il sera la résultante d'un ensemble plus ou moins grand que nous limiterons arbitrairement pour ne pas en arriver à comprendre que nous y avons participé. Et nous dirons : c'est la société. Incapable de pouvoir cerner le responsable nous nous focalisons sur l'acteur qui a émergé pour tenir le rôle qui découle des choix qu'il fait en conscience, mais qui ont été écrits par d'autres.
C'est pour cela que nous distribuons des médailles ou coupons des têtes.
Regarder notre existence sous cet angle est possible, la vivre certainement pas nous ne pouvons pas vivre sans nous sentir décideurs de nos actes, sinon nous serions dans le déterminisme absolue.
Or cette perception d'agir en fonction de l'environnement tient à nos limites biologiques où la part de l'inconnu, de l'ignorance nous impose de choisir parmi les opportunités celles qui conviendront à l'acteur que nous sommes devenus, et puisque nous le sommes devenus nous pouvons changer de rôle car il n'est qu'aléatoire.

Nous pouvons comprendre que n'ayant aucune certitude nous soyons toujours en recherche de confirmations, et rien n'est plus rassurant que la mesure, que ce que l'on peut faire entrer dans une norme dans un ratio pour se préparer à jouer le rôle qui en decoulera, et dont les ignorants nous rendrons ou tiendrons responsable par peur ou envie.

Nous sommes donc encore une Horde Sauvage qui court de plus en plus vite et fait remplacer sa lenteur par des technologies qui la dépasse.
Non comme capacité de réflexion car notre cerveau restera supérieur à la machine, car nous l'aurons créée à notre ressemblance. Mais par ce que là où la machine met une seconde nous il nous faut une journée. La machine ne nous est supérieur qu'en vitesse de traitement des données.
Sera-t-elle plus juste non, elle ne retiendra que ce en quoi nous l'aurons autorisé.
Influencera-t-elle notre existence, certainement, et il ne faut pas le craindre.
Si cette horde sauvage, prend le temp d'apprendre elle pourra maîtriser sa pièce et non seulement chercher à vivre au rythme des machines.

Les traders sont idéal pour faire la démonstration de la horde sauvage. Ils sont dans la recherche permanente d'un gain de temps pour faire des transactions. A la city de Londres les traders ont réclamé au maire qu'il interdise la circulation des piétons sur le trottoir qui conduisait à leurs bureaux car ceux-ci les ralentissaient.

Demain nous ne travaillerons plus, les machines faites à notre image feront le boulot, alors dans le cadre de la pensée de la horde sauvage actuelle interdirons-nous l'humain.
Ma réflexion à l'air d'une boutade, mais c'est ce que nous faisons. Au lieu de libérer l'homme nous voulons le maintenir entre des murs, des barbelés, des frontières, nous faisons de son espace une prison, non que nos frontières ont changé, mais parce que nous y arrivons plus vite.
Hier il n'y avait que des aventuriers ou des commerçants pour faire le tour du monde, aujourd'hui nous y partons en vacances.

Demain les humains ne serons plus une source d'exploitation pour d'autres. Si nous laissons ceux qui nous dirigent au pouvoir, qu'ils détiennent de l'exploitation des autres. Pensons-nous sérieusement qu'ils vont renoncer à leurs pouvoirs, ou vont-ils rendre l'humain servile de la machine plutôt que l'inverse.
Le choix des dirigeants sera encore plus important dans l'avenir. Déjà nous n'élisons pas les bons pour lutter contre la pollution.
Croyons-nous qu'ils vont engager de la monnaie pour assurer le bien être des hommes. Tous les jours ils font la démonstration du contraire, en calculant suivant des normes et des ratios s'ils en retireront un gain.

Comprenons tous de même. Pour s'enrichir ils ont développé la politique de l'offre, avec à la clé une pollution en conséquence. Et maintenant que la société leurs dit dépolluez, ils répondent oui si les déchets que l'on a produits nous rapportent un gain. C'est avec ce résonnement que la horde sauvage pense. 
Rien ne nous interdit de le comprendre

 


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