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Accueil du site > Tribune Libre > La mondialisation vue par Heidegger

La mondialisation vue par Heidegger

La mondialisation est une source de richesse considérable, elle a permis de sortir des centaines de milliers de personnes de la pauvreté (ce qui se reflète peu dans le taux de pauvreté mondiale puisque dans le même temps la population augmente) et semble profiter globalement aux pays riches comme aux pays pauvres, à l’exception d’une grande partie de l’Afrique. L’efficacité du libéralisme et du capitalisme financier ne saurait donc être remise en cause, c’est le système le plus productif qui soit. Cependant, cette efficacité se fait en partie au détriment de la qualité de vie des individus : moins de sécurité d’emploi, plus de flexibilité, une grande pression sur les salariés en particulier sur les cadres,... Il semble que nous vivons dans un monde où l’homme n’est plus au centre. Une raison principale semble expliquer cette situation : l’effacement progressif de l’éthique face à la technique.

La technique est vue par beaucoup comme un moyen utilisé par l’homme : il la contrôle et l’utilise pour poursuivre d’autres fins comme le progrès. C’est à cette vision que s’est opposé le philosophe Heidegger, pour lui la technique n’est plus un moyen mais une fin, le monde moderne se caractérise selon lui par la victoire de la "pensée calculante" sur la "pensée méditante". Le projet moderne, depuis Galilée et Descartes, consiste en effet en une tentative d’objectivation de la nature, cela a commencé avec les sciences de la nature, ce qui a permis un extraordinaire développement technique, pour continuer avec les "sciences sociales". L’économie, la sociologie, la didactique,... tout aujourd’hui est technique. L’essence même de l’homme est réduite à une fonction d’utilité censée représenter ses préférences et le but de l’entreprise se résume à maximiser un profit.

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que personne ne "tire les ficelles", il n’y a pas de réunions secrètes de méchants capitalistes qui cherchent à dégrader les conditions de vie des salariés : chacun agit individuellement en se disant que s’il refuse telle décision pour des considérations éthiques, cela ne changera rien puisque les concurrents n’auront pas les mêmes états d’âmes. De plus, la technique rassure en même temps qu’elle déresponsabilise : il est facile de se cacher derrière un objectif de performance qu’on essaye de remplir plutôt que d’examiner les conséquences (sociales, environnementales,...) de ses actes. La spécialisation des carrières, que ce soit dans la finance, le commerce ou l’industrie accroît encore cette déresponsabilisation des acteurs économiques : plus personne ne sait exactement quel est son rôle et sa place exacte dans l’économie, nous manquons cruellement d’une vision globale de la société et de son organisation.

Jusqu’où l’homme peut-il aller, instrumentalisé par la technique ? Très loin malheureusement, les grands conflits du XXème siècle sont là pour le rappeler. On peut penser bien sûr à l’organisation méthodique de la politique d’extermination nazie qui a conduit ce qu’il est convenu d’appeler de "braves pères de famille" à prendre part à des actes de pure barbarie. Un autre exemple frappant est celui de la guerre du Vietnam, rapporté dans le film-documentaire "Hearts and minds". On y entend des pilotes chargés de bombarder des villages Vietcongs expliquer comment ils avaient réussi à se perfectionner aux fur et à mesure de leurs missions, faisant abstraction totale des victimes civiles. Bien évidemment, ces deux exemples ne visent pas à comparer la barbarie des guerres à la dureté du capitalisme mondialisé, ils sont simplement là pour rappeler les risques encourus si l’homme n’est plus le maître de la technique mais son esclave.

Quelle réponse peut-on apporter face à cette situation ? Seul un retour de l’éthique et une prise de conscience des limites du projet moderne pourront remettre l’homme au centre de la société. L’homme se caractérise avant tout par sa volonté de liberté, il n’acceptera pas d’être un artefact du marché, il comprendra que son bonheur ne dépend pas uniquement de l’argent qu’il gagne en étant performant, il voudra redonner du sens à son existence et à son travail. On commence à voir se dessiner un tel mouvement avec l’investissement croissant des individus dans des associations d’utilité publique ou dans des ONG, souhaitons qu’il ne s’agisse pas simplement d’un phénomène de mode mais d’une prise de consicence plus profonde.


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40 réactions à cet article    


  • (---.---.38.189) 2 mars 2007 11:00

    La mondialisation est effectivement une chance pour les peuples courageux qui savent s’y adapter et en tirer parti, dirigés par des gouvernants qui ont du leadership et de la détermination.

    La Chine, l’Inde, le Japon par exemple deviennent des protagonistes de cette révolution planétaire.

    La mondialisation au contraire est un drame pour les pays faibles ayant choisis des gouvernants à leur image. Elle les tire inéluctablement vers le sous développement, la faillite.

    La France, et nombre d’autres pays Africains en sont déjà les victimes.


    • Gai nihiliste (---.---.220.222) 2 mars 2007 14:37

      Peuple courageux ? En voilà un concept bizaroïde. Je trouve étrange, venant de la part de ce que je devine être un chantre de l’individualisme de se compromettre dans des théories fumeuses sur le « courage collectif ».


    • Radix (---.---.162.37) 2 mars 2007 11:23

      Bonjour

      La mondialisation ? Terme vague (volontairement ?) il vaudrait mieux parler d’une dérégulation économique à l’échelle mondiale.

      Parler d’éthique à des entreprises dont le terrain de jeux est la planète et où la seule règle est la survivance du plus fort reviens à faire l’éloge du végétarisme à un lion affamé.

      La correspondance avec le nazisme, au niveau des mécanisme de cloisonnement mis en place, est très pertinente surtout que Heidegger n’a pas cacher ses sympathies pour ce régime. Dans le cas des entreprises la déresponsabilisation s’étend même aux dirigeants qui ne font que suivre leurs actionnaires et ceux-ci leurs intérêt. En fin de compte le responsable c’est « le marché ».

      Radix


      • Forest Ent Forest Ent 2 mars 2007 11:44

        « La mondialisation est une source de richesse considérable, elle a permis de sortir des centaines de milliers de personnes de la pauvreté et semble profiter globalement aux pays riches comme aux pays pauvres. »

        Ah tiens ? smiley

        Sources ? Faits ? Eléments de démonstration ?

         smiley


        • Clearstream (---.---.33.243) 2 mars 2007 12:21

          La mondialisation profite d’abord formidablement aux mafias, corrupteurs et corruptibles particuliers, en tant qu’espace démultiplié, ouvert et insécurisable.

          La ressource n’étant pas illimitée, quand untel en profite, un autre en pâtit proportionnellement.


          • aquad69 (---.---.33.228) 2 mars 2007 12:26

            Bonjour la République !

            « La mondialisation est une source de richesse considérable... »

            D’accord avec Forrest Ent, je trouve vous ne fondez votre postulat sur rien.

            Quand à moi, je l’accuse d’être une affirmation mensongère et grotesque ; ou alors il faudrait penser que nous en sommes revenus à l’époque où l’on croyait en la génération spontanée ; on pourrait « créer » des richesses à partir de rien, comme les souris naissaient du linge sale.

            En vérité, le système économique moderne, basé depuis ses origines, sur le « marché libéral », et plus ou moins tempéré par le « socio-libéralisme », ne « créé » pas de richesses, mais il les concentre.

            Il les concentre dans les centres et « pôles » économiques, au dépens des zones économiquement périphériques ; il y a transfert de richesses, et les habitants de ces zones "économiquement périphériques sont obligés, poussés par la misère, de suivre ces richesses...

            C’est un processus que l’on a vu se produire en France tout au long de son développement industriel et qui est à l’origine de cet immense mouvement que l’on a un peu oublié aujourd’hui : l’exode rural.

            Mais au moins à l’époque,l’on permettait aux gens de suivre ces richesses qui s’envolaient, et l’on n’a jamais organisé de « charter » pour renvoyer chez eux les Bretons et les Bougnats qui montaient à Paris pour survivre.

            Toute différente est la situation aujourd’hui : car ce système économiques s’étant étendu au monde, les pôles économique sont à l’échelles de la planète, et les zones déshéritées à celles de continents.

            Du fait de la division administrative de ce monde en pays limités par des frontières, on ne permet plus aux populations de suivre les richesses et les capitaux qui s’en vont ; le système des frontières perméables aux capitaux et aux marchés, mais fermées aux populations a généré sur terre une situation d’une iniquité et d’une injustice totalement monstrueuse.

            Votre discours n’est rien d’autre que le refrain et la langue de bois idéologiques et parfaîtement criminels que des institutions et autres états modernes absoluments corrompus nous servent tous les jours.

            Personnellement, s’il n’y avait un Mr Bayrou dans la course, j’appellerais à la grève et au boycott de toute élection aussi longtemps que vous ne fonderez pas vos discours sur des arguments sérieux.

            Avec le plus profond mépris Thierry à suivre


            • nostradamus (---.---.121.227) 2 mars 2007 12:45

              Quelle chance l’humanité a, quelle malchance nous contemporains nous avons, le dilemme est là.

              Le capitalisme promettait la réalisation de tout un chacun sa perversité prend aujourd’hui forme, la mondialisation sera à plus long terme le plus grand bien que le capitalisme aura engendré par ses propres mécanismes,

              son autodéstruction est née dans le germes du capitalisme. Le jour où le système capitaliste disparaitra, il laissera une imbrication fatale entre les peuples et les nations qui disparaitront par ailleurs puisque tout le monde sera formaté au même moule (l’objectif utopique de l’ordre marchand mais désormais réaliste avec la mondialisation).

              l’altruisme apparaitra comme le seul comportement viable par nos descendants et tant mieux.


              • Henri Alberti (---.---.40.53) 2 mars 2007 12:53

                Bien sur Forest Ent, mais un « philosophe » comme Heidegger et ceux qui le prennent en exemple n’ont pas besoin de sources, faits et éléments de démonstration. C’est un mode de penser.

                C’est consternant de voir que des positivistes logiques exécrés en France ( le plus connue, Bertand Russell )avec leur froide logique étaient pratiquement tous pacifistes avec des idées sociales plutôt avancées et avaient tous compris de ce qui se tramait dès 1933 pour certains et 1938 pour les moins lucides, et que l’on ait adulé Heidegger ( pas de sympathie, affilié et zélé collaborateur du parti nazis ) qui n’a jamais exprimé le moindre regret !


                • pingouin perplexe (---.---.190.188) 2 mars 2007 15:27

                  ... juste remarque à propos de Heidegger. Il est à mon avis assez regrettable que l’on s’interroge peu à propos des sources du discours heideggerien à propos de la technique. Interrogation d’autant plus nécessaire que tout est dans le texte de Heidegger ! A noter la référence à l’ingénieur N.Wiener, lequel a tout de même contribué à l’élaboration de saloperies autoguidées telles que les V2 pour le régime d’Adolf. Ce n’est pas rien. smiley D’où la nécessité de retenir la description d’un destin de la technique dont il convient de se méfier. A bien y regarder, d’ailleurs, la pensée heideggerienne est déjà très orientée dès 1927, l« ontologie fondamentale » prenant alors la forme d’une mythologie de l’authenticité qui visait à la déconstruction de la notion de subjectivité moderne. Cela déjà, en quelque sorte semblait « annoncer » 1933. Bien entendu, Heidegger était un intellectuel, qui la jouait « soft », mais pour qui sait lire... smiley

                  Je suis plutôt d’accord avec votre remarque concernant le positivisme logique. On en trouve des suites intéressantes chez des auteurs comme Erich Fromm, du mouvement culturaliste.


                • herbé (---.---.192.91) 1er avril 2007 00:49

                  Il n’est pas nécéssaire de parler d’Heidegger sans en avoir lu la première ligne comme dans le cas de l’auteur de cet article.

                  Heidegger a été recteur (élu) de l’université de Fribourg du 21 avril 1933 à février 1934, succédant à Husserl, dont il fut le second, qui refuse de partir aux Etats- Unis. A cette occasion, il a été membre du parti nazi.

                  Sur cette période, pour laquelle on manque de documentation, on a écrit des dizaines d’ouvrages à peu près sans aucun intérêt.

                  Dans une courte brochure : Heidegger résistant, éditions du Mégare, 1996, Marcel Conche écrit : « Mon propos est de laver Heidegger du soupçon de national- socialisme, pour la simple raison qu’il est absolument exempt de ce qui est essentiel au national-socialisme : le racisme et l’antisémitisme » et conclut : « Membre du parti national-socialiste, il a été comme le ver dans le fruit. »


                • parkway (---.---.18.161) 2 mars 2007 13:38

                  voir l’excellentissime frédéric lordon sur son site :

                  http://frederic.lordon.perso.cegetel.net/

                  Si le sieur Vive la république n’est pas un jean-foutre politicien, c’est au minima un imbécile ou un aveugle, au choix...


                  • parkway (---.---.18.161) 2 mars 2007 13:45

                    re l’adresse du site :

                    http://frederic.lordon.perso.cegetel.net/


                  • Nicolas (---.---.175.108) 2 mars 2007 14:28

                    Merci, mais vous nous donnez l’adresse d’une tour d’ivoire. Sommes-nous voués à n’être que de tranquilles jardiniers ?

                    Invitez plutôt ce monsieur à venir parler aux béotiens que nous sommes et aux citoyens actifs que nous aspirons à devenir...

                    Cordialement


                  • aquad69 (---.---.33.228) 2 mars 2007 13:57

                    A la « République », suite :

                    « l »homme se caractérise avant tout par sa volonté de liberté, il n’acceptera pas..."

                    Encore un exemple de litanies mièvres, dépourvues de sens, du niveau de slogans publicitaires, et exclusivement composées de ces lieux communs éculés, mis bout à bout, qui composent la prière quotidienne du républicain humaniste d’aujourd’hui !

                    « Il n’acceptera pas » ! Mais qui lui demandera son avis ? Les multinationales, peut-êtres ? Ou les organismes financiers internationnaux sur lesquels les prétendus gouvernements, élus ou non, n’ont guère de pouvoirs ?

                    Tartuffes ! Escrocs ! Je dénonce mon contrat social ! Mais... Au fait, où trouver un concurrent chez qui en signer un autre ?

                    Car, le libéralisme économique, ayant envahi la planète entière, il y exerce donc de fait un monopole. Bizarre, pour des missionnaires prêchant toujours les beautés de la concurrence...

                    Et puis, un contrat signé par la contrainte, quand on n’a pas le choix, est illégal, et donc nul et non avenu. Dites-moi, mon brave, sur quoi fondez-vous cette idée illusoire et un peu saugrenue qu’il puisse y avoir une res publica dans ce pays ? Et fondée sur un accord populaire actif, et non sur un abandon par lassitude de la part des gens ?

                    La grande question, ce n’est pas de composer des clubs artificiels de « citoyens » s’exerçant à la langue de bois dans des débats totalement creux autour de fausses notions ; c’est de savoir s’il est possible aujourd’hui de faire germer et de faire pousser une société humaine dont les membres soient liés entre eux réellement, affectivement, et quotidiennement, par un sentiment identitaire dans lequel chacun puisse trouver son avantage, disciplinée plutôt par une culture de reconnaissance valorisante que par la contrainte, sans uniformisation, et avec la possibilité pour chacun de s’en retirer ou de prendre ses distances, quand il le veut.

                    Vision totalement idyllique de rêveur idéaliste ?

                    Mais non,c’est la description même des société naturelles d’antan, que l’on a toujours qualifiées de « primitives », et qui ont vécu pendant des dizaines de milliers d’années.

                    Incompatible avec une société moderne ?

                    Sûrement incompatible avec une société de profit, oui, mais non avec la technique :

                    Les sociétés dites du « Sud », qui ont souvent gardé leurs structures sociales, maîtrisent parfaîtement les nouvelles techniques ; c’est la puissance économique qui leur manque dans un système basé sur la force et qui fait qu’elles se font aujourd’hui écraser.

                    Mais évidemment,ça ne se décrète pas, même par élections, et celà ne pourrait venir que d’en bas ; c’est donc d’y parvenir avant que ne se produise un bouleversement majeur qui a bien l’apparence d’une rêverie idyllique...

                    Thierry


                    • Nicolas (---.---.175.108) 2 mars 2007 14:21

                      Avec Heidegger vous frappez fort. Personnage très disputé et très discuté. Il y en avait d’autres, romanciers, philosophes, sociologues, économistes, hommes politiques, la liste est longue.

                      Pardonnez mon ironie. Face à ce que je considère comme un effet d’annonce de votre titre, je préfère citer Alfred de Vigny, se plaignant déjà des méfaits de la première ligne de chemins de fer Paris-ST. Germain, et de la pollution de la machine à vapeur. Prosopopée (c’est la Terre qui parle) : « Avant vous j’étais belle et toujours parfumée ».

                      Je partage votre sentiment, mais pas la façon dont vous l’exprimez, et je doute des effets de notre indignation, si vertueuse soit-elle.

                      Cordialement


                      • filux (---.---.220.222) 2 mars 2007 14:54

                        « La mondialisation est une source de richesse considérable, elle a permis de sortir des centaines de milliers de personnes de la pauvreté et semble profiter globalement aux pays riches comme aux pays pauvres. »

                        En Chine, on estime à 300 millions le nombre de Chinois que la « mondialisation » à sortit de la « pauvreté » comme vous dites. Leur mode de vie s’est occidentalisé va t’on dire. Je vous ferai cependant remarquer que les Chinois sont 1.2 millards, soit 900 millions que cette croissance n’a pas affectée. Bref, il me semble que vous criez victoire un peu vite, non ?


                        • ZEN zen 2 mars 2007 17:00

                          Mauvaise copie d’élève de terminale , qui mélange sans analyse des problèmatiques qu’il fallait distinguer pour un minimum de clarté.Il est ridicule de faire,comme trop souvent, une critique des techniques en soi, sans évoquer les sources de leurs instrumentalisations possibles, leurs usages, les cadres et les finalités sociales, économiques et politiques qui commandent leur mises en oeuvre.... Le discours moralisant final ne fait pas avancer le problème, pas plus que les bons sentiments...


                          • La mouche du coche La mouche du coche 2 mars 2007 19:16

                            Je pense comme Zen,

                            cet article commence par des lieux communs et finit par des lieux communs. smiley


                          • JL (---.---.73.200) 5 mars 2007 13:45

                            «  »cet article commence par des lieux communs et finit par des lieux communs.«  » ?

                            cet article commence par des lieux communs et finit par dans les lieux communs ! smiley


                          • L'enfoiré L’enfoiré 2 mars 2007 17:32

                            @L’auteur,

                            Très bon article. La mondialisation n’est pas un problème. Ce qui l’est c’est la manière de la mettre en place. Le PPCM est la technique actuelle.

                            La question aujourd’hui dans notre monde de technicité n’est pas de se demander « comment » on va réaliser les projets, mais « pourquoi ».

                            Le « comment », on sait qu’on y arrivera. Le « pourquoi » est plus subtile et demande beaucoup plus d’analyse.


                            • le gauchiste repenti (---.---.182.161) 2 mars 2007 18:38

                              Jean-François Revel : « un bon cours de démographie en apprend plus sur le monde que toutes les ratiocinations d’Heidegger »...


                              • ExSam (---.---.188.231) 2 mars 2007 20:56

                                Cet article fleure bon la pensée France-Inter. Une grande louche de dogme « efficacité indéniable de la mondialisation » et un zeste de nostalgie éthique. Comme dirait certains, le compte n’y est pas.

                                Efficacité ?..Capacité d’enrichir de manière faramineuse quelques potentats d’entreprise et de la finance ?

                                Capacité de rejeter vers la pauvreté des millions de gens ?

                                Capacité de détruire les services collectifs qui assurent à tous un minimum de dignité comme d’existence dans les pays développés ?

                                Capacité de piller les matières premières, de souiller la planète pour assurer une productivité hypertrophieé au point de développer l’obsolescence des produits pour qu’ils soient plus vite jetés ?

                                Capacité de réduire les institutions politiques au rang de serviteurs d’une économie dont la production d’armements s’avère être le coeur le plus dynamique et créateur de « richesses » ?

                                Capacité de détourner l’information vers un ressassement agenouillé des faits et gestes de ceux qui l’organisent et la contrôlent ?

                                Il est des expressions figées au garde-à-vous qui expriment mieux que bien des essais le poids et la nuisance d’un dogme, qu’on ne peut que désigner opposable à l’avenir de l’humanité. « Efficacité de la mondialisation » est un de ceux-là, me semble-t-il.


                                • Alex Gambler (---.---.110.145) 2 mars 2007 21:51

                                  Mais c’est à mourir de rire ! Heidegger, Histoire de l’Estre, 1940 : « Ce n’est que lorsque le pouvoir (die Macht) se précipite dans le néant, lorsqu’il ne peut plus même se ’faire’ (machen) un adversaire, qu’il s’effondre de lui-même et sur lui-même. » CQFD... Mijotez bien... http://riverrun.over-blog.com


                                  • Vive la République Vive la République 2 mars 2007 22:07

                                    Le nombre de réactions négatives m’invitent à réagir et à clarifier ma pensée. Je commencerais par un mea culpa : cet article n’est pas un modèle de clarté et le titre est mal choisi, vous pourrez vérifier sur mon blog http://vivelarepublik.blogspot.com que j’ai choisi un titre plus approprié « Le péril technique ». Je passe sur les commentaires des gauchistes qui squattent les sites comme AgoraVox et qui pensent certainement que le monde était meilleur sous Staline, Brejnev, Paul Pot et consorts. Je vais essayer de répondre point par point :

                                    1. Comment peut-on dire que la mondialisation ne créé pas de richesses et ne sort pas des millions de personnes de la pauvreté. Bien entendu cela s’accompagne également d’un mouvement de concentration des richesses mais l’un n’empêche pas l’autre. Quant à Filux qui regrette que « seulement » 300 millions de Chinois profitent de la mondialisation, je serais tenté de lui dire que 300 millions ça fait sensiblement plus que zéro et qu’on ne pouvait tout de même pas s’attendre à ce que les Chinois passent tous en 10 ans de la pauvreté au niveau de vie occidental !

                                    2. Mais là n’est pas l’essentiel de mon propos. A qui ai-je destiné cet article et quel message ai-je voulu faire passer ? Je m’adresse aux personnes qui vont exercer (ou qui exercent) des responsabilités dans le monde de la finance, du commerce, de l’industrie... (que je suis amené dans ma vie de tous les jours à cotoyer de TRES près) et je souhaite leur dire ceci : l’aspect technique des missions que vous serez amené à remplir ne doit jamais vous faire oublier votre rôle global dans la société et dans l’économie. Ne vous réfugiez pas derrière votre hyper-spécialisation pour oublier les conséquences de vos actes. Peut-être n’était-il pas nécessaire de passer par Heidegger pour cela, mais comme c’est le philosophe qui m’a le premier alerté sur ce « péril technique », j’ai voulu expliquer la cohérence de ma pensée.

                                    3. Dis comme cela on voit bien que je ne m’oppose pas à la technique en tant que telle, et surtout pas au progrès, les lecteurs attentifs de mon blog (et notamment de mon article sceptique sur Nicolas Hulot) savent bien que j’ai une grand e confiance dans la science. Ce qu’il faut, c’est que l’homme soit toujours maître de ce qu’il fait et non pas esclave.

                                    4. Ceux qui rient de la fin de mon article et qui me pensent naïf puisqu’« on ne peut rien contre la puissance du libéralisme », je pense qu’ils doivent être des lecteurs attentifs de Francis Fukuyama et qu’ils croient un peut trop à la fin de l’histoire. Il mésestime le génie humain, et sa capacité à échapper à tous les avenirs qu’on lui trace à l’avance. L’ultra-libéralisme n’est pas plus le fin mot de l’histoire économique que ne l’était le keynesianisme. Le monde, ce sont les hommes qui le font, pas une poignée de vilains capitalistes qui se réunissent secrètement le soir et qui tirent les ficelles. Lisez le dernier livre de Jacques Attali...

                                    5. En ce qui concerne Heidegger, en postant cet article je me suis dit, combien vont, de manière pavlovienne faire allusion à son passé nazi... Cela n’a pas manqué. En tant que personne j’ai peu de sympathie pour lui car il s’est compromis et n’a jamais exprimé le moindre remords. Mais cela n’implique pas de jeter aux orties toute son oeuvre philosophique. On peut même se demander comment un auteur qui a fait une critique si lucide des dérives de la techniques incontrôlée n’a pas compris (ou pas voulu comprendre) qu’elle était employée par le régime nazi pour exterminer les juifs. C’est justement un professeur de philosphie d’origine juive qui m’a fait découvrir Heidegger, tous les lecteurs d’AgoraVox n’ont pas le même esprit d’ouverture...


                                    • Pierre R. (---.---.231.186) 2 mars 2007 22:37

                                      Vous écrivez : En tant que personne j’ai peu de sympathie pour lui car il s’est compromis et n’a jamais exprimé le moindre remords. Mais cela n’implique pas de jeter aux orties toute son oeuvre philosophique.

                                      Ce qui est intéressant de constater est que l’oeuvre de Martin Heidegger est toujours discutée et âprement dénoncée ou défendue. Votre essai et les commentaires ont été fort intéressants. Votre mise au point également.

                                      Et je rejoins votre constat : Ce qu’il faut, c’est que l’homme soit toujours maître de ce qu’il fait et non pas esclave.

                                      Pierre R.

                                      Montréal (Québec)


                                    • Forest Ent Forest Ent 3 mars 2007 03:12

                                      « Comment peut-on dire que la mondialisation ne créé pas de richesses et ne sort pas des millions de personnes de la pauvreté ? »

                                      Comme ça, simplement, sans philosophie.

                                      Quelles sont vos sources, faits vérifiables ou éléments de démonstration ?


                                    • Senatus populusque (Courouve) Courouve 3 mars 2007 16:08

                                      La mondialisation sort des millions d’hommes de la pauvreté, mais installe d’autres millions dans la pauvreté.

                                      La population terrestre n’est pas constante, mais en constante augmentation.


                                    • Forest Ent Forest Ent 3 mars 2007 17:29

                                      « La population terrestre n’est pas constante, mais en constante augmentation. »

                                      Ca je le sais parce que j’ai lu les études de l’INED, qui prévoit en gros une augmentation jusqu’à 9 milliards vers 2035-2040, puis une baisse à 4 milliards vers 2060.

                                      « La mondialisation sort des millions d’hommes de la pauvreté »

                                      Ca par contre j’en doute fort. L’élévation réelle du niveau de vie, d’ailleurs limitée à la Chine et l’Inde, est dûe à mon avis à l’utilisation de techniques agricoles raisonnables et qui ne doivent rien ni à Monsanto ni à la mondialisation.

                                      J’ai déjà posé une vingtaine de fois sur des forums la question « qu’est-ce qui permet de penser que la mondialisation apporte qulque chose de positif à la France ou à la Chine ? » et je n’ai jamais eu de réponse sérieuse. Uniquement des digressions et des faux-fuyants. J’ai un vague pressentiment pour cette fois-ci.

                                      L’économie n’est pas de la philosophie. On peut réfléchir sur la marche du monde. Encore faut-il être en mesure de l’observer avant de la comprendre.


                                    • Henri Alberti (---.---.40.53) 2 mars 2007 23:16

                                      A L’auteur : Citez moi une chose, un truc, un machin qui n’ait pas d’aspect technique. Peut-on dire que dans leur usage, la corne d’un rhinocéros, les griffes d’un chat ont un aspect technique ? De quoi parle-t-on : de morale, d’ethique ? Pour quelque chose de développé voir : http://henrialberti.blogspot.com/2006/12/avant-propos-du-traducteur-en.html


                                      • ZEN zen 3 mars 2007 14:19

                                        @H Alberti

                                        Merci de ce lien vers Karl Kraus, auteur que j’avais découvert gràce à Jacques Bouveresse...


                                      • ExSam (---.---.188.231) 3 mars 2007 15:56

                                        Zen

                                        Et moi grâce à Bourdieu...J’ai apprécié surtout « La nuit venue ». Recueil d’aphorismes et autres.. Accroche-toi bien parce que c’est une écriture qui abuse du paradoxe, elliptique et cryptique, brillante et ardue. Décrasse les neurones, amirable.


                                      • Alex Gambler (---.---.238.109) 3 mars 2007 13:44

                                        Vous écrivez : « En ce qui concerne Heidegger, en postant cet article je me suis dit, combien vont, de manière pavlovienne faire allusion à son passé nazi... Cela n’a pas manqué. En tant que personne j’ai peu de sympathie pour lui car il s’est compromis et n’a jamais exprimé le moindre remords. Mais cela n’implique pas de jeter aux orties toute son oeuvre philosophique. On peut même se demander comment un auteur qui a fait une critique si lucide des dérives de la techniques incontrôlée n’a pas compris (ou pas voulu comprendre) qu’elle était employée par le régime nazi pour exterminer les juifs. »

                                        Vous obéissez, concernant Heidegger « et le nazisme » ou « la mondialisation & les gauchistes », au même réflexe que vous dénoncez... Une variante intéressante de Pavlov... Cela dit, vous ne savez manifestement pas de quoi vous parlez, et vous n’avez pas lu Heidegger. Ce qui s’appelle lire, en tout cas...

                                        Heidegger, dans les années 60, à propos de son passage au Rectorat de Fribourg en 1933-34 : « Das war eine grosse Dummheit » (Ce fut une énorme bêtise.) Heidegger en 1934 : « La national-socialisme est un principe barbare. »

                                        Mais vous pouvez, comme la plupart, faire comme si Heidegger n’avait pas écrit ces phrases. Bonne chance à vos amis, dans leur gestion du monde... L’affaire s’annonce rude... Pavlov ! Pavlov !

                                        A.G.


                                        • ZEN zen 3 mars 2007 14:34

                                          @ Alex

                                          Les choses sont-elles aussi simples que ce que vous dites ?

                                          http://www.liberation.fr/culture/livre/233831.FR.php?rss=true


                                          • Henri Alberti (---.---.40.53) 3 mars 2007 15:27

                                            L’article d’Eric Loret à Libération est l’article d’un heideggerien, ce qui veut dire comme le disait Forest Ent, un mépris pour les sources, faits et éléments de démonstration. « Nietzsche, antisémite », ah bon. Après avoir lu toute son oeuvre, il me semblait que c’était le contraire. Je réitère la source Kraus pour se faire une idée sérieuse de première main de qui faisait quoi à l’époque.


                                            • Senatus populusque (Courouve) Courouve 4 mars 2007 12:15

                                              Il n’est pas du tout évident que Nietzsche ait été antisémite. Pour une vue d’ensemble de tout ce qu’il a écrit sur les Juifs et contre les antisémites, voir le lien (entrée « Juifs » de l’index).


                                            • (---.---.37.71) 3 mars 2007 19:16

                                              La mondialisation nous permet de remettre en cause des avantages que certains avaient acquis uniquement par la lutte, (c’est à dire par la violence contre d’autre, donc ilégitimement), et pas part leur travail ou leur mérite sur le marché. Cela nous débarasse des parasites, donc enrichi la population dans son ensemble.

                                              Evidement, ceux qui sont contre la mondialisation ne peuvent pas en profiter. Leur échec volontaire les renforcent dans leur conviction.

                                              Il faut espérer une mondialisation totale, car c’est la seule voie pour l’Humanité d’atteindre l’Egalité. Le salarié français doit apprendre à partager, et cesser d’être aussi égoiste et de ne penser qu’au fric.


                                              • le gauchiste repenti (---.---.182.161) 4 mars 2007 10:13

                                                « L’homme se caractérise d’abord par sa volonté de liberté ». C’est sans doute par respect pour ce principe éminemment libéral que votre cher Heidegger a été si séduit par le nazisme...


                                                • JL (---.---.73.200) 5 mars 2007 13:57

                                                  La mondialisation libérale ?

                                                  Au sujet d’Airbus (c’est dans le sujet n’est-ce pas ?) un commentateur a écrit «  »C’est un secret de polichinelle : ce sont les sous-traitants qui font marcher Airbus«  »

                                                  Je dis, cela est vrai et pas seulement d’Airbus.

                                                  Cette organisation qu’ont adoptée toutes les multinationales est une organisation de type maffieux terriblement efficace en terme de retour sur investissements, en ce que les donneurs d’ordres qu’ils sont peuvent en toute impunité soumettre à la fois leurs sous-traitants d’une part, et les nations d’autre part, à une concurrence féroce entre eux.

                                                  Ils peuvent ainsi ’tirer’ à la fois sur les coûts de main d’oeuvre et sur la fiscalité.

                                                  C’est là à mon avis que se trouve la clé de la mondialisation libérale.


                                                  • L’Abrincate (---.---.176.93) 20 mars 2007 10:00

                                                    • prgrokrouk 16 juin 2007 14:27

                                                      Très bonne présentation adressée à ceux qui méconnaîtraient l’auteur dans le second grand thème de sa philosophie : la Technique.

                                                      Tous ceux qui consacreront leur vie professionnelle à des techniques aperçoivent là, le sujet, tel qu’ils doivent produire un raisonnement de défense technique.

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