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Accueil du site > Tribune Libre > La panthère des neiges de Sylvain Tesson

La panthère des neiges de Sylvain Tesson

Sylvain Tesson a ce pouvoir d'offrir dans chacun de ses livres le contraire de notre réalité, l’envers de notre décor, l’opposé de notre agitation. Ce voyageur-poète a le don de nous entraîner vers des territoires quasi sauvages, de nous donner à voir les quelques vestiges authentiques d’une planète qu’hélas nous mettons à mal depuis des décennies par stupidité et aveuglement. Son dernier ouvrage « La panthère des neiges », qui vient d’être couronné par le prix Renaudot, use du pouvoir des mots pour reconstituer un monde vierge de toute dégradation humaine et nous rendre proche ce qui est devenu, au fil du temps, tellement lointain, improbable et étranger à notre quotidien.

 

Nous voici au Tibet oriental vers le sud du Kunlun, dans la vallée des yacks, par une température de -25°C. Le décor est posé : celui de montagnes arides, univers minéral où se croisent les antilopes, les ânes sauvages et où, selon Héraclite « la nature aime à se cacher  » sous un ciel saupoudré d’or, univers où se sont retirés quelques-uns des plus beaux spécimens du monde animal, dont la panthère des neiges. « Les éboulis cuirassaient de bronze les pentes sombres. La patine reflétait la lumière que nous respirions. Nous allions aveuglés de froid et lavés par le vent. » Ce n’est que par l’effort et la persévérance que les chercheurs d’or de cet espèce vont apercevoir l’idole des cimes. Cette expérience unique, Sylvain Tesson la vit avec son ami Vincent Munier, photographe animalier, et deux compagnons qui se sont lancés eux aussi dans cette aventure exigeante qui se résume à saisir l’insaisissable « afin d’habiter le monde en poète  »*. Sylvain Tesson ne cache pas son admiration pour les animaux sauvages, ceux que l’homme n’est pas parvenu à modifier ou supprimer totalement, malgré la peine qu’il se donne à les bêtifier à son image dans les cirques, ou les femmes qui se parent des plumes du paon en jetant sur leurs épaules un manteau ou une étole en fourrure. En fuyant ces dangereux individus, ces nobles bêtes tentent de sauvegarder leur autonomie, leur indépendance, en quelque sorte leur royauté.

Le principe de gué, d’affût, que Tesson et ses amis ont choisi d’adopter pour surprendre l’animal, est une dette à payer au monde entre vallon et ciel, avant que l’homme achève d’asservir la nature. N’y a-t-il pas déjà 60% de l’espèce sauvage qui a disparu. « Le monde reculait, la vie se retirait, les dieux se cachaient. La race humaine se portait bien. Elle bâtissait les conditions de son enfer, s’apprêtait à franchir la barre des 10 milliards d’individus. » Ainsi allons-nous cheminer avec eux pendant des jours, dans le froid, la solitude et la plénitude si oubliée du silence, enveloppés dans des paysages d'une somptueuse autonomie. Tous est dur, exigeant, absolu en ce temps qui semble se substituer au nôtre, en ces heures qui nous restituent la réalité dans sa genèse. Mais celle du retour est déjà venue. La magnifique panthère les a visités par trois fois avec une égale majesté et un même dédain. Les voyants sont comblés. «  Son image, glissée sous mes paupières, vivait en moi. Quand je fermais les yeux, je voyais sa face de chat hautain, ses traits plissés vers un museau délicat et terrible. J’avais vu la panthère, j’avais volé le feu. Je portais en moi le tison. (…) J’avais appris que la patience était une vertu suprême, la plus élégante et la plus oubliée. Elle aidait à aimer le monde avant de prétendre le transformer. »

Dans ce livre d’une portée poétique au sens le plus large et le plus noble, Sylvain Tesson, que les épreuves n’ont pas ménagé ces dernières années, éveille ce qui ne peut mourir en nous, les mystères des arrière-plans et des présences repliées. En quelque sorte les périphéries du réel. L’évocation délicate et pudique de sa mère qui a regagné l'éternité et celle d’un amour perdu, une fille des bois, reine des sources, prêtent à ce voyage en haute altitude une émotion supplémentaire.

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
 

* Hölderlin


Moyenne des avis sur cet article :  2.04/5   (23 votes)




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73 réactions à cet article    


  • CLOJAC CLOJAC 11 décembre 2019 10:14

    Bon article qui donne envie d’acheter le livre.

    J’espère que vous n’êtes pas attachée de presse ?  smiley

    Sinon, le gué c’est pour passer une rivière sans se mouiller, les fauves font le guet.


    • Armelle Barguillet Hauteloire Armelle Barguillet Hauteloire 11 décembre 2019 13:51

      @CLOJAC

      Non, je ne suis pas attachée de presse, j’aime seulement les bons livres. Et j’anime le blog « INTERLIGNE ».


    • pierre 11 décembre 2019 12:05

      un affabulateur mythomane, je ne supportes pas cette personne


      • arthes arthes 11 décembre 2019 16:10

        @pierre

        Ouais, moi aussi je le sens plutôt perché, genre « lou ravi » dans sa béatitude contagieuse chez certains cerveaux agités et amoureux de chimères....Une expression de la décadence romantique ?


      • arthes arthes 11 décembre 2019 16:11

        @arthes
        Arf, n’oublions pas aussi qu’il s’agit du gourou de Rosemar.....(trop lol)


      • CLOJAC CLOJAC 11 décembre 2019 17:47

        @pierre

        « un affabulateur mythomane, je ne supportes pas cette personne »

        Pourquoi autant de haine contre Sylvain Tesson ?


      • JC_Lavau JC_Lavau 11 décembre 2019 17:53

        @CLOJAC. Pour ses couplets contre ces salauds de pauvres qui consomment trop, au Bengladesh, et à cause de qui la glace ne sera peut-être plus aussi épaisse sur le lac Baïkal.
        Un opportuniste borné.


      • arthes arthes 11 décembre 2019 18:06

        @CLOJAC

        Je sais bien que votre post ne m’était pas destiné, mais je me demande, je vous demande alors , très sincèrement : Pourquoi tant d’engouement pour Sylvain Tesson ?


      • CLOJAC CLOJAC 11 décembre 2019 18:23

        @arthes

        « Pourquoi tant d’engouement pour Sylvain Tesson ? »

        Aucune idée. Peut-être a-t-il bénéficié des réseaux de son père ?
        Mais en quoi cela invaliderait-il son ouvrage sur les panthères des neiges ?


      • velosolex velosolex 11 décembre 2019 18:38

        @JC_Lavau
        Son séjour sur le lac Baïkal m’a moi aussi donné l’impression de l’expérience d’un enfant gâté prenant des vacances dans un lieu « exotique », après avoir trop lu Jack London. Faire ce genre d’expérience à l’époque de la ruée vers l’or, le corps couvert de vermine, à la recherche du filon, en ne sachant pas trop si on va s’en sortir, n’a pas grand chose à voir.
        C’est pour ça que ce récit, avec l’impression d’avoir vécu moi même des expériences plus fortes, m’a laissé un peu circonspect. Préférez donc « construire un feu », ou « l’amour de la vie » récit glaçant et terrible d’un homme seul perdu dans le grand nord. Joan Riel, auteur danois je crois n’est pas mal non plus, avec un récit comme« le jour avant le lendemain »..
        .J’ai aimé par contre « les chemins noirs », où pour la première fois, l’auteur m’a semblé sincère et authentique, loin des postures d’aventurier qu’il se prend devant les caméras. C’est qu’il se relevait d’un accident terrible, après avoir joué au con, comme le font parfois les enfants gâtés, qui pensent qu’il y aura toujours un filet de sécurité


      • JC_Lavau JC_Lavau 11 décembre 2019 18:53

        @velosolex. Enorme désaccord avec une compagne quasiment disparue depuis. Handicapée physique, elle lisait énormément de romans. Alors que les fictions, je les lisais quand j’étais potache, surtout parce que c’était au programme. Encore un peu jeune homme en R.U. Puis plus rien. Plus jamais de fictions, sauf quand je me fais avoir par un imposteur ou une imposteuse comme Françoise Hamel.

        Désaccord : elle a acheté un nouveau roman. Je remarque que le nom d’auteur est trois fois plus gros que le titre. Donc la relation du public à l’auteur est une relation d’hypnose.
        Revoir en bibliothèque verte les Jack London ou Curwood de mon enfance me fait un effet étrange. Mais je préfère de beaucoup les relations de faits réels ; Fridtjof Nansen, Julius Payer, Roald Amundsen, Adolf Erik Nordensjöld... Et en montagne Heinrich Harrer, au Thibet.


      • arthes arthes 11 décembre 2019 19:13

        @CLOJAC

        En quoi cela l’invalide ?
        Dans un autre registre, nous avons Henry de Monfreid et ses aventures délirantes sur la mer rouge : Mytho où pas mytho ?
        Peu importe, il a un public.
        Bon, à la limite je préfère H de M, c’est plus marrant.


      • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 11 décembre 2019 19:19

        @arthes

        H&M ...toujours tout ramener au chiffon chez les nanas...


      • arthes arthes 11 décembre 2019 19:28

        @Aita Pea Pea
        ouaissss, c’est plus marrant que Tesson (de bouteille) 


      • velosolex velosolex 11 décembre 2019 19:36

        @JC_Lavau
        Survivre avec les loups (titre original : Misha : A Mémoire of the Holocaust Years) est un récit de Misha Defonsec, qui a été un succès international il y a quelques années, avant qu’on s’aperçoive que cette femme n’était qu’une mythomane, et qu’on se demande comment tant de gens sensés avaient pu gober cette histoire aberrante.
        La qualification « d’hypnose » dont vous parlez est intéressante. Il est facile de tromper les gens qui n’attendent que des paillettes et des artifices.
        D’abord situer le roman ou l’expérience au bout du monde, ce qui pare n’importe quel récit de crétin, de l’exotisme dont il ne pourrait prétendre s’il situe son histoire en auvergne.
        Les disgressions et apartés, à la Cousteau, entretiennent avec le lecteur une promiscuité de compagnon de voyage, qui gommeront facilement les insuffisances du récit ! 
        Ainsi le récit de voyage offre énormément de facilités, car hors des contingences de la réalité, celle ci s’avérant d’ailleurs contre productive, si l’auteur s’attache trop à montrer les difficultés des indigènes et montrer à quel point ils nous ressemblent !Flaubert, avec sa madame Bovary, c’est une autre histoire. 


      • velosolex velosolex 11 décembre 2019 19:47

        @arthes

        A marche forcée A pied du cercle polaire jusqu’en Inde ...
        l’aventure vécue est due à l’initiative de Nicolas Bouvier qui n’aura pas eu le temps de l’accompagner jusqu’à son terme. « Ce n’est pas de la littérature, tenait-il à préciser, c’est peut-être mieux que ça... Certains livres sont assez forts pour se passer des secours du style. » Hiver 1941. Une petite troupe de bagnards s’évade d’un camp russe situé tout près du Cercle polaire. Ils ne connaissent pas grand-chose à la géographie.
        Livrenpoche : A marche forcée - Slavomir Rawicz - Livre
        Je l’ai lu d’une traite. Maintenant certains doutent de l’authenticité. On pourra préférer le témoignage de Tchekhov, quant il passe deux mois comme médecin inspecteur au bagne de l’ile de Sakhaline ; Un récit hallucinant, et qui bouleversa d’ailleurs les russes eux mêmes, quand ils le lirent. ...https://www.babelio.com/livres/Tchekhov-Lle-de-Sakhaline/109113
        L’ile de Sakkaline, Anton Tchekov….


      • Abou Darbrakam Abou Darbrakam 11 décembre 2019 19:48

        @arthes
        sympa de balancer,ha... ! les filles...soupire... !
        moi aussi je fait pareil ...égalité des sexes oblige.

        faut que note le nom du gazier et lire tout le mal qu’on dit de lui....by la donneuse à charge de revanche...


      • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 11 décembre 2019 19:53

        @velosolex

        Moi je préfère les zimages vues d’hélicoptère . Comme dit Yann -Arthus : Denoncer la merde c’est mieux vu de haut, ça évite les odeurs et la promiscuité.


      • CLOJAC CLOJAC 11 décembre 2019 21:02

        @arthes

        «  Henry de Monfreid et ses aventures délirantes sur la mer rouge : Mytho où pas mytho ? »

        Kessel et Teilhard de Chardin qui ont voyagé avec lui, le gouverneur Chapon Beyssac qui voulait le coffrer, le procès criminel à Djibouti, l’internement par les Anglais au Kenya, témoignent d’une certaine véracité.
        Daniel Grandclément qui a rencontré des gens qui l’ont connu atteste que Monfreid a plutôt édulcoré la vérité dans ses récits présentés comme des romans, car il lui était difficile d’avouer qu’il utilisait des méthodes assez expéditives pour parvenir à ses fins.
        https://www.amazon.fr/LIncroyable-Henry-Monfreid-Daniel-Grandcl%C3%A9ment/dp/2246411718


      • velosolex velosolex 11 décembre 2019 21:26

        @Aita Pea Pea
        Tout est dans le point de vue.
        Arrivé à une certaines hauteur de dictateur, nous ne sommes plus que des fourmies insignifiantes. 
        « Natura deficit fortuna mutatur, deus omnia cernit ! »

        « La nature nous trahit, la fortune change, un dieu regarde toutes ces choses ! »

        Je viens de relire « les mémoires d’Hadrien », de Marguerite Yourcenar. C’est du lourd, et du profond. Ecrite quant elle avait 30 ans. Relire un roman bien des années après est un grand plaisir, et un autre voyage. On regarde aussi celui qu’on était. 


      • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 11 décembre 2019 21:50

        @velosolex

        Pour Marguerite...je me rappelle lire « archives du Nord » dans le train Lille -Hazebrouck, et ses passages sur les monts des Flandres...et Cassel . Sinon l’oeuvre au noir est un grand roman. Pas encore lu les mémoires d’Hadrien , et pourtant je me le promet depuis longtemps. Sinon une petite pièce dans juke -box : Blaise Cendrars.


      • velosolex velosolex 11 décembre 2019 22:04

        @Aita Pea Pea
        Marguerite est un peu oubliée. Peut être la plus grande romancière française du siècle d’avant. J’avais lu son livre d’entretien avec je ne sais plus qui mais qui relevait ses préoccupations écologiques, quant elle vivait aux states sur son île. 


      • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 11 décembre 2019 22:43

        @velosolex

        La plus grande du siècle d’avant...elle était trop « classique » d’écriture pour beaucoup l’avouent .


      • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 11 décembre 2019 22:45

        @Aita Pea Pea

        Pour que ...oeuf corse .


      • velosolex velosolex 11 décembre 2019 23:18

        @CLOJAC
        Certaines vies sont si rocambolesques qu’on a du mal à les croire.

        Trelawney, un fils d’aristocrate anglais compagnon de Shelley a eu une vie de corsaire de mer et d’aventurier que Dumas aurait pu écrire

        https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=1&cad=rja&uact=8&ved=2ahUKEwiBkLTvzq7mAhXMz4UKHSZ2BvMQFjAAegQIAhAB&url=https%3A%2F%2Fwww.babelio.com%2Flivres%2FTrelawney-Memoires-dun-gentilhomme-corsaire—De-Madagascar%2F35589&usg=AOvVaw1FYjnAvwAPz5DfNm9JQrpz

        Mémoires d’un gentilhomme corsaire : De Madagascar aux ...

      • velosolex velosolex 11 décembre 2019 23:30

        @Aita Pea Pea
        Une femme de caractère qui faisait de la résistance sans avoir besoin de la guerre !
        Si elle était née pendant la révolution, elle aurait pris le pouvoir avec Olympes de Gouges ! 
        A moins que toutes deux n’y perdent la tête pour de bon.
        En cette matière, mieux vaut rester dans le figuré. 
        Ecriture classique, sans doute. Mais les vues et l’esprit sont modernes. Elle tient plus le récit que Duras, qui bien qu’ayant des lumières et des flagrances, perd son récit trop vite. Nathalie Sarraute est aussi la grande oubliée. Une romancière des choses infimes qui font passer tout doucement le bateau de l’autre coté du vent. 


      • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 12 décembre 2019 00:27

        @velosolex

        Moderne...non . En accord avec son esprit, simplement.


      • prong Cirrhose (Droll de Crane) 12 décembre 2019 00:32

        @velosolex

        N’ invoque pas le nom d’ olympe de gouges en vain ... pas plus que celui de ninon 


      • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 12 décembre 2019 00:40

        @Cirrhose (Droll de Crane)

        Casse toi . Lol . Vas rouler avec ta DT 50 dans ton canton .


      • prong Cirrhose (Droll de Crane) 12 décembre 2019 00:46

        @Aita Pea Pea

        j’ essait de la convertir au gazogene , pour faire plaisir a mr lavau et me doper au CO2 smiley 


      • velosolex velosolex 12 décembre 2019 00:55

        @Aita Pea Pea
        En lisant les mémoires d’Adrien, tu t’apercevras qu’elle fait l’apologie de la modernité d’un homme qui se remet en question, tente de tempérer son pouvoir, d’être juste, et de perpétuer l’influence d’un monde qui bat de l’aile, face aux barbares. N’a de cesse que de conforter les frontières, de les bétonner, de l’Angleterre à la menace des goths et des parthes. C’est « barrage contre le pacifique » avant Marguerite Duras. 
        Les empereurs romains choisissent leur successeur. Il a été mis au pouvoir par Trajan, un espagnol. IL nommera antonin, un homme calme et avisé venant des gaules, avant que celui ci ne nomme Marc Aurèle, l’empereur philosophe qui vendait les meubles de son palais pour résorber les dettes de l’état. Marc Aurèle aurait foutu Cahuzac dans la fosse aux lions. J’espère que t’as lu ses mémoires. Non je parle pas de celles de Cahuzac….
        C’est le début de la fin de l’empire romain. Bientôt les barbares vont déferler. Puis trois ou quatre siècles de régressions gothiques. 


      • velosolex velosolex 12 décembre 2019 01:05

        @Cirrhose (Droll de Crane)

         Drôle de drame….


      • prong Heu ’gene pas de plaisir 12 décembre 2019 01:10

        @velosolex

        toujours quand on passe de la naissance a la mort par ce processus qu’ on appelle vie ..parfois meme sur-vie smiley 


      • velosolex velosolex 12 décembre 2019 01:17

        Heu ’gene pas de plaisir 1

        Comment sais tu que mon deuxième prénom est « Eugène »
        et que ma boisson préférée est l’eau de vie ?
        Chaman à mi temps ?


      • prong sphincter putrefié 12 décembre 2019 01:22

        @velosolex

        Je ne le savais pas , mais grace a tout ces recoupement que nous lachons chaque jour eux le savent parfaitement ...

        haureusement que je suis discret sur ton vrai prenom :)
        <fakenews , je bluffe , pas de pot les autre dans l’ ombre ne bluff pas >


      • prong DR devine 12 décembre 2019 01:23

        @sphincter putrefié

        le jeu n’ est pas equitable vive guttenberg


      • velosolex velosolex 12 décembre 2019 10:33

        @sphincter putrefié
        J’ai parlé hier dans un post, dans cet article, d’un livre qui s’appelle « A marche forcée »
        Un heure plus tard, dans « le bon coin », une annonce de vente en ligne me propose « A marche forcée ». 
        N’est ce pas admirable ? A quoi bon prendre un avatar, quant ta bobine est en relief dans les algorithmes, des commerçants et des ministères. 
        Peut être que celui de la vérité viendra frapper à ma porte un jour, comme dans 1984, ou que ces rambos ne passent par le plafond, comme dans « Brazil ». 
        Les utopies ont une drôle de gueule. Tu lis un livre sur un type qui filme une panthère des neiges, sensée représenter la pureté, mais tu ne vois pas celui qui te filme, et qui est sans doute lui même filmé. 
        De temps en temps une utopie est proposé aux ballots, pour parler du monde d’hier, qui n’existe plus en représentation. Celui de demain est glacial, desséché. Les animaux n’ont rien à y faire. Ils ne servent plus à rien. 


      • arthes arthes 12 décembre 2019 12:11

        @CLOJAC

        le personnage reste sulfureux, un aventurier, c’est ce qui donne de la consistance au roman de ses aventures exotiques, et c’est ce qui me plait chez lui et qui m’amuse...Enfin, m’a amusé, j’ai cessé de le lire.

        Qu’il ai édulcoré ? Je ne le dirais pas ainsi, il a plutôt romancé pour et en fonction son public, ce n’était pas un écrivain de talent, mais sa vie fut assez riche pour en faire un roman : Peut être même avait il un biographe ? C’est chic ça....


      • arthes arthes 12 décembre 2019 12:19

        @velosolex

        Pour Tchekhov, j’avais surtout lu quelques articles, concernant sa traversée de la Sibérie pour se rendre à Sakhaline...
        Je ne saurais dire si Sylvain Tesson y survivrait, dans les même conditions,.
        Ahhh Sakhaline


      • velosolex velosolex 12 décembre 2019 13:07

        @arthes
        C’’est ça qui me gonfle dans ses récits. Le remake. « sur les traces de » Presque en habit d’époque. Cabane en rondin garanti eco label. 
        L’aventure, c’est pas reprendre les balises de Jack London.
        De fait celle ci n’existe plus !
        Plus de trappeurs, plus que des animaux aux abois.
        Méfiez vous des faussaires, des imitations. 
        « Dans ses chemins noirs », il m’a plu, car il était blessé, convalescent, en osmose avec une France de la désertisation, où les gens doivent se débrouiller.
        Je croyais qu’il avait compris un peu cette réalité profonde, qui tient à la blessure de la vie, qui vaut bien des voyages en toc, avant qu’il ne sorte son « en France les gens croient qu’ils vivent en enfer »...
        Retour à la case départ. 


      • arthes arthes 12 décembre 2019 13:52

        @velosolex

        J’crois qu’il a décroché...Il est avec bouddhi bouddha


      • velosolex velosolex 11 décembre 2019 18:14

        Il y a 70 ans, Romain Gary écrivait les « racines du ciel », premier roman écologique sur la disparition des éléphants ! Depuis, C’est l’apocalypse des animaux. Plus de sanctuaire, excepté des réserves, entendu d’ailleurs que ce mot cache un apartheid honteux, la nature étant parquée et vendue comme une curiosité. 

        Peut être que ce roman est bon, bien écrit. Mais est ce que ça suffit ?. Je ne l’ai pas lu. Mais il y a dans son propos quelque chose qui m’irrite. Je parle de toute cette anthropomorphisme lié à ce « noble animal », et toutes ces projections douteuses nous amenant l’arme à l’œil plus sur une espèce que sur une autre, le tout dans un cadre « exotique », à supposé qu’il en reste….Pour dire qu’il n’y avait pas besoin d’aller sur ces montagnes, maintenant infestées de touristes, laissant leurs merdes derrière eux le plus souvent, pour lancer un message écologique. On peut soupçonner cet auteur vivant de mythes anciens, à la London, de vouloir faire un coup. Il y a dans le storyboard comme un parallèle aux chasses « africaines », à la façon Hemingway, que je ne parviens pas à éviter. Ce « safari » , s’entourant de beaux principes, ne serait il pas en décalage avec les exigences actuelles ?Car le tourisme décomplexé, les voyages en jet, s’avèrent porteurs d’une nouvelle Horreur environnementale, dont on commence à prendre la mesure. 

        J’ai photographié dernièrement au télé un petit bréant jaune, petite boule de poils jaune, perchée sur une branche, dans les landes venteuses des monts d’Arrée. Un oiseau commun auparavant et qui disparait à toute allure, décimé par les pesticides. Il m’a semblé qu’il était encore davantage la sentinelle d’un monde qui disparait que cette pauvre panthère des neiges, perdu dans ses sommets qui ne montent plus assez hauts, pour avoir la paix. . 


        • JC_Lavau JC_Lavau 11 décembre 2019 18:16

          @velosolex. Bruant ?


        • velosolex velosolex 11 décembre 2019 18:17

          @JC_Lavau
          Exact, bien vu ; J’était prêt à rectifier, mais il s’est envolé avant


        • velosolex velosolex 11 décembre 2019 18:21

          @JC_Lavau
          Petit Bruant jaune se prenant pour une panthère des neiges

          https://binged.it/2LJYWiA


        • CLOJAC CLOJAC 11 décembre 2019 18:27

          @JC_Lavau

          « Bruant ? »

          Lequel ? Aristide ? Un drôle d’oiseau en effet !  smiley
          http://www.dutempsdescerisesauxfeuillesmortes.net/fiches_bio/bruant_aristid e/bruant_aristide.htm



        • Abou Darbrakam Abou Darbrakam 11 décembre 2019 18:58

          @velosolex
          je le confondais avec le verdier,j’ai appris un truc nouveau c’est super.marci bokuse.

          Po-o-uli masqué pas facile à voir .snif... !!!


        • alinea alinea 11 décembre 2019 19:09

          @velosolex
          Tout à fait d’accord avec le côté enfant gâté, celui qui n’ a eu aucun effort à faire pour vivre sa vie de parenthèses d’aventures dorées ; mais bon, on ne boude pas son plaisir quand il est offert, je suis en train de lire La Panthère des Neiges, sans passion ni surprise mais c’est plaisant, même si on repère tous les mêmes modes de description !


        • velosolex velosolex 11 décembre 2019 19:52

          @alinea
          Content de vous revoir.
          Voyage en indouchistan. ?
          Ah, l’homme qui voulait être roi. !
          De Kipling. Tout est là. Bêtise, folie, et jeunesse.
          En ce temps là nous courrions sur le toit du monde, ne sachant pas que la chute est plus rapide que la montée. 


        • velosolex velosolex 11 décembre 2019 21:47

          @Abou Darbrakam
          Tout petit oiseau aux plumes ébouriffés et craintif, mais relevant joliment le torse. Sa beauté fait toute sa grandeur. 
          Ca me rappelle une poésie de Boris vian ; L’oiseau et la locomotive. 
          http://www.icem-freinet.org/outils/anl/textes/txt-Vian-locomotive.html


        • S.B. S.B. 11 décembre 2019 18:34

          Pourquoi je n’arrive pas à lire ce type ? Mystère et boule de gomme.


          • Gloubi 11 décembre 2019 19:44

            L’histoire rappelle beaucoup « La vie rêvée de Walter Mitty » : y a-t-il une paternité assumée entre les 2 oeuvres ?


            • machintruc machintruc 11 décembre 2019 19:51

              On ne peut qu’être consterné , sidéré , effondré de voir combien on mégote par ici sur un écrivain ( Sylvain Tesson) qui en vaut bien un autre ...........mais qui a l’outrecuidance de ne pas se mêler aux écrivailleurs Matuvus sempiternellement voire épisodiquement publiés en ces lieux....

              Vous faut-il des noms ?


              • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 11 décembre 2019 19:57

                @machintruc

                Des noms ! Des noms ! Des noms !


              • machintruc machintruc 11 décembre 2019 19:59

                @machintruc
                ....
                Je n’ai pas accroché à « Un été avec Homère ».... ; mais je ne vais pas jusqu’à en tirer des conclusions rédhibitoires ....


              • machintruc machintruc 11 décembre 2019 20:22

                @Aita Pea Pea
                ....
                J’en ai deux à offrir
                Les deux premiers noms ont été trouvés par un disparu du forum et je ne me sens pas le droit de les citer sans le citer lui......
                ...
                J’en ai un autre qui se conduit comme le premier prétentieux censeur venu et qui manie le bouton d’exclusion sous ses « oeuvres »... ; comme le premier censeur citoyen venu ;


              • velosolex velosolex 11 décembre 2019 22:16

                @machintruc
                Par contre son livre a bénéficié d’une promotion hors pair !.
                C’était pas vraiment les grandes solitudes de la steppe ;
                Il a squatté tous les plateaux radios et télé pendant une bonne semaine.
                A toutes les sauces, avec son vernis d’aventurier, passant d’un salon et d’un micro à l’autre. . 
                Ajoutons y ce prix Renaudot où il a bénéficié d’un étrange piston, son nom n’étant pas dans le dernier carré.

                Tesson n’a rien du yéti,
                l’homme des neiges qu’on ne voit jamais.
                J’ai comme l’impression que derrière, d’autres doivent tirer la langue. Peut être qu’ils marchent pas assez vite pour le suivre


              • arthes arthes 12 décembre 2019 12:32

                @machintruc

                Tu as un sentiment tout de même non ?
                J’ai lu quelques extraits de « un été avec Homère » , moi non plus je n’ai pas accroché, et je retrouve le même ressenti dans les extraits que passe l’auteur, ici, sur son dernier bouquin..
                Au moins, le personnage semble sincère, il est dans son trip, fidèle à lui même dans sa sorte de poésie hyperbolique, mais je le trouve, pour ma part comme « paumé » dans un monde chimérique qu’il s’est fabriqué
                 


              • machintruc machintruc 13 décembre 2019 16:39

                @arthes
                .
                Un sentiment pro Tesson ;....oui mais ce n’est pas le pb.
                Je voulais seulement faire appel à un peu de décence...
                .
                Je m’adresse aux critiques de Tesson ....qui sont particulièrement absents si souvent en d’autres occasions .
                Absents et beaucoup moins exigeants en ces lieux quand certains écrivailleurs _______ pathétiques tellement ils sont prévisibles et à la recherche de la moindre connivence locale......
                .....
                J’en connais plusieurs ici qui ne se gênent pas pour condamner machin ou truc quand ils usent et abusent du fameux bouton jaune d’interdiction 
                mais qui ne se privent pas d’en user pour leur propre compte ...
                .
                Et j’en vois ici qui font partie de toutes les bandes à la fois , quitte à se contredire d’un jour à l’autre........
                .
                Alors ...Tesson ou un autres .....
                Je crains que la jalousie noie le sens critique de ces scrupuleux examinateurs.


              • Abou Darbrakam Abou Darbrakam 11 décembre 2019 19:53

                je vais pas acheter un nouveau livre,j’en ai déjà un.


                • JC_Lavau JC_Lavau 11 décembre 2019 20:13

                  @Abou Darbrakam. En ce temps là, des dessinateurs étaient inspirés par le couple étrange d’Arthur Miller et de Marilyn Monroe.
                  La blonde à l’intellectuel :
                  Quelle extraordinaire coïncidence ! Vous écrivez un livre et moi j’en lis un !


                • velosolex velosolex 11 décembre 2019 21:35

                  @JC_Lavau
                  Marylin était loin d’être une niaise.
                  Elle en remontait à plus d’un. 
                  Copine avec Truman Capote. Je me souviens de ses souvenirs avec Marylin en position assise, bien plus intéressants que d’autres couchées, dans tous les sens du terme. https://next.liberation.fr/cinema/2018/08/10/marilyn-monroe-un-mythe-a-cru_1672028   Un bon livre « musique pour caméléon » où il évoque ses échanges avec la blonde. 


                • arthes arthes 12 décembre 2019 14:06

                  @velosolex

                  Pas mal l’article sur Marylin

                  Et pas surprenant, bon, je suis assez « fan » de Norma Jean/Marylin faut dire, j’aime bien cette fille, son aura dépasse la machine hollywodienne qui aura voulu la broyer...La créature (Norma qui n’est pas un monstre) dépasse le Frankenstein qui l’aura créée pour la mettre sous les projecteurs , (en Marylin)


                • Djam Djam 11 décembre 2019 23:12

                  @ Armelle Barguillet Hauteloire

                  Vous avez très bien fait de parler de ce livre. Sylvain Tesson agace pas mal de monde... voir les commentaires qui, une fois de plus, traduisent davantage des aigreurs et de la frustration.

                  Ben oui, une majorité de français ne peut pas s’empêcher de critiquer (souvent sans même avoir lu les auteurs qu’ils dézinguent !) ceux qui ont indiscutablement du talent. Et S. Tesson en a. Tous ses livres sont de la poésie en même temps que de véritables récits de voyage.

                  Je suppose que vous avez aussi lu le petit livre qui précède La Panthère des Neiges et qui est un très bel hommage à Notre Dame après l’incendie ?

                  Pour ceux qui n’ont pas lu mais qui écrivent à peu près n’importe quoi sur l’auteur, je rappelle ici que Sylvain Tesson a opté pour une vie totalement opposée à celle de son père (journaliste, créateur du Quotidien de Paris, entre autres).

                  Que le fils soit un fils de famille bourgeoise, cela est clair, mais... cela ne l’a pas empêché d’avoir un vrai talent d’écrivain et un goût pour tout autre chose que le confort bourgeois.

                  Ceux qui disent ne pas l’apprécier ont le droit de ne pas l’apprécier, mais encore faut-il avoir lu un auteur pour donner son avis et que ce dernier soit recevable. Malheureusement, AgoraVox est devenu le lieu d’expression du fiel d’un même petit groupe qui, lorsqu’ils n’ont pas de sujet à torpiller s’empaille allègrement bien installé hors de portée et planqué derrière leur écran...


                  • velosolex velosolex 12 décembre 2019 00:37

                    @Djam
                    Il serait dommage de tomber dans la caricature d’expression. Tesson, somme toute un gars sympathique, n’a pas à être honni, sans doute, mais non plus à être vénéré. Les réseaux et les sites ont l’intérêt de ne pas avoir une expression convenue, diligentés par les lobbys de l’édition. Il faudra attendre un peu pour dire ce que vaut Tesson sur le long terme, le temps étant seul juge. Un fait, il est devenu un phénomène d’édition. J’ai lu sans déplaisir trois ou quatre de ses livres, sans y trouver toutefois le souffle de Kessel. Je n’ai pas terminé son Hermitage de bobo sur le lac Baïkal. La passion partagée de la moto m’ont incité à lire son odyssée napoléonienne. « Les chemins noirs »m’ont par contre séduits. je regrette qu’il ne les ai pas exploré davantage, tant l’aventure maintenant ne me semble pas au bout du monde.
                    Ses propos sur les difficultés des gens lambda m’ont semblés déplacés. Que connait il de leurs difficultés. «  » La France est un pays peuplé de gens qui se croient en enfer« a t’il dit…. .C’ est le verdict que j’ai dit moi aussi que j’ai du sortir, moi aussi, c’est vrai, comme tant d’autres, après un voyage en Asie d’un an. Mais j’étais bien jeune. Les voyages finissent par vous faire étranger à tout, et parfois à soi même. Et l’on projette sur les autres ce genre de vue fumeuse, oubliant que chaque indigène est le produit d’une civilisation.
                    Reprocher au retour, aux gens de son pays, de ne pas être heureux, sous prétexte que le sort d’infortunés qu’il a vu à l’autre bout du monde, manifeste à ses yeux une joie de vivre incontestable, malgré leur dénuement, montre que le voyageur n’a guère compris grand chose au voyage, qui est justement d’éviter ce genre de projection fâcheuse, car simpliste, tenant du point de vue. . 
                    Le bonheur est lié à l’idée du vivre ensemble. Et des liens qui nous unissent. C’est pour cela que bien des gens plus pauvres que nous, mais liés par l’idée de solidarité et d’appartenance, sont heureux, au delà des critères objectifs du PIB. »L’enfer, c’est les autres" comme disait Sartre, entendu qu’il disait par là que c’était leur façon de me voir qui me conditionne. Pourquoi  ? Parce que les autres sont, au fond, ce qu’il y a de plus important en nous-mêmes, pour notre propre connaissance de nous-mêmes. Quand nous pensons sur nous, quand nous essayons de nous connaître, au fond nous usons des connaissances que les autres ont déjà sur nous, nous nous jugeons avec les moyens que les autres ont — nous ont donnés — de nous juger. Ainsi Tesson aurait peut être du s’apercevoir que la morgue des élites vis à vis de toute cette France de la périphérie, était un ferment au malheur, avec des gens qui avaient toutes les raisons objectives de se penser en enfer, dans une France de plus en plus clivée. Mais peut être réagissait il là dans un réflexe de classe...Les voyages ont leur limite. 



                  • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 12 décembre 2019 00:53

                    @velosolex

                    Voili voila. Très bien dit .


                  • prong Heu ’gene pas de plaisir 12 décembre 2019 00:56

                    @Aita Pea Pea

                    Aîi , #metoo


                  • ZenZoe ZenZoe 12 décembre 2019 10:48

                    @Djam
                    Moi j’ai lu quelques-uns de ses livres, ce qui me permet d’avoir une opinion, alors la voilà : Tesson est un écrivain distrayant mais correct, sans plus, et un homme que je trouve profondément imbu de lui-même et carrément antipathique.
                    Il doit sans doute ses succès littéraires à son réseau familial notamment plus qu’à son talent, et aussi à l’attirance qu’ont les citadins blasés pour ce mythe des grands espaces, dans lesquels on se retrouverait soi-même, le sens de la vie et la liberté.
                    Oubliant que Tesson, dans sa soi-disant quête de liberté sans attaches, a quand même ses arrières assurés et un train de vie confortable à son retour, et ça change pas mal de choses.

                    Tiens, lu dans un de ses bouquins un exemple de sa prose :
                    "Quand on finit par tourner en rond, il ne reste plus qu’une option, aller tout droit’’.
                    Whouaouh !!!


                  • Armelle Barguillet Hauteloire Armelle Barguillet Hauteloire 12 décembre 2019 11:08

                    @Djam
                    Bien d’accord avec vous. 


                  • ZenZoe ZenZoe 12 décembre 2019 12:04

                    @velosolex

                    Le bonheur est lié à l’idée du vivre ensemble. Et des liens qui nous unissent. C’est pour cela que bien des gens plus pauvres que nous, mais liés par l’idée de solidarité et d’appartenance, sont heureux, au delà des critères objectifs du PIB.

                    J’aime beaucoup vos analyses, votre commentaire ne fait pas exception, sauf votre phrase ci-dessus, que je souhaite tempérer : ce n’est pas seulement la solidarité qui rend les gens heureux ou pas, c’est aussi pouvoir vivre ’’comme les autres’’, ceux qui nous entourent.
                    Les gens modestes en France sont malheureux, non pas parce qu’ils seraient moins solidaires, mais parce qu’ils se comparent aux autres, et qu’ils se voient moins bien lotis.
                    Etre pauvre et minoritaire dans un pays riche est peut-être pire qu’être pauvre et majoritaire dans un pays pauvre.


                  • velosolex velosolex 12 décembre 2019 13:28

                    @ZenZoe
                    Bonjour
                    Le bonheur n’est pas une notion individuel. On se sent heureux selon que l’on se sent important et nécessaire pour les autres. C’est l’Omega de tout. Ce qui explique que les sociétés tribales, quel que soit leur difficulté sont très résilientes
                    C’esr ce que j’ai développé, dans mon analyse de Sartre, et de son célèbre « enfer c’est les autres »....
                    Sartre ne veut pas dire que c’est de vivre avec les autres qui est un enfer. Il veut dire que l’on dépend étroitement de l’image que les autres ont de nous pour être heureux. Et il est évident que si l’on ne sent plus intégré à l’ensemble, mais décroché, en marge, méprisé, alors on se sentira misérable.
                    C’est vrai pour un gamin marginalisé dans une classe, c’est vrai maintenant pour une France dite « des territoires », qui a amené le mouvement des gilets jaunes ; Une vraie surprise, pour nos gouvernants, et le monde de la culture, qui a entretenu longtemps cette image du plouc des « deschiens », alourdie depuis quelques temps des diktats libéraux, tentant de faire croire à une nouvelle prédestination sociale,que ces gens sont responsables de ce qu’il leur arrive.
                    Ainsi certains sont plus indulgents et attentifs à certaines minorités situées au bout du monde, et méprisent ceux qui sont sous leur nez. L’exotisme est un trompe l’œil, et il me semble que Tesson en profite, par ses livres, qui lui permettent de s’affranchir des ses limites littéraires. Ce n’est pas grave en soi, mai fâcheux, quand il tente de se transformer en sociologue du pays où il vit à mi temps, dans les salons parisiens. 


                  • Djam Djam 14 décembre 2019 14:26

                    @velosolex
                    Je partage largement votre propos en réponse à mon premier commentaire sur un Tesson que, je l’avoue, j’aime assez bien.
                    Vous aurez d’ailleurs remarqué que nous aimons bien ceux qui nous renvoient à notre propre plaisirs, hobbies et autres passions. Ainsi, vous avez plutôt apprécié cet auteur pour son récit à moto puisque... vous aimez semble-t-il vous aussi la moto !
                    En gros, on aime bien ceux qui nous ressemblent et mieux encore, qui pensent comme nous. C’est notre petite faiblesse qui subjectivise nos goûts et préférences.

                    Cela dit, loin de faire de S. Tesson un nouveau Kessel (restons raisonable !), il est cependant bien agréable de lire des récits en style poétique avec une belle maîtrise de la langue. Avouez que c’est devenu rare en matière de « best sellers » en tout genre écrits en mode journalistique standard n’exigeant aucun effort pour aller au-delà de l’écrit. Le style très prisé depuis quelques année est contenu dans le « Chanson douce » de Leïla Slimani, qui a été adapté au cinéma : phrases courtes, peu de ponctuation hormis le point final qui coupe net chaque phrase économique. Quelques métaphores convenues et une narration basée sur un suspens léger étiré comme un élastique lequel fait un petit effet en fin de récit, sans plus.

                    Tesson est conscient d’être dans la catégorie bourgeoise. Il le rappelle volontiers dans la plupart de ses récits. Celui près du lac Baïkal est assez bien réussi (de mon point de vue) par son regard personnel et volontairement isolé sur un territoire que peu de gens connaissent. En revanche, le succès de ce récit a découlé de sa mise en image documentaire programmé sur Arte et donc vu par pas mal de gens plutôt que d’une révélation incontournable de librairie.

                    En réalité, très peu de gens s’intéressent à la poésie et aux récits de voyage. Ce qui fait un tabac, vous le savez bien, ce sont les polars et les thrillers façon américaine. Tout comme le cinéma, les nouvelles générations largement éteintes du côté des sens, du temps lent, ne sachant plus ou pas ce que contemplation signifie, sont fans de produits de divertissement générateurs de sensations fortes, immédiates, violentes voire malsaines.

                    Tesson nous offre au moins un détour vers de la poésie et je ne pense pas du tout que cet homme, cassé par ses prises de risques sportives inutiles, se prennent pour un Kessel ou une Ella Maillard, laquelle était d’ailleurs également issue d’un milieu bourgeois suisse ! Ne peuvent voyager toute leur vie que celles et ceux qui n’ont pas l’urgence de trouver simplement de quoi bouffer. Tesson le sait très bien.

                    Les écrivains voyageurs, sauf exceptions et il y en existe, sont généralement des personnes de milieu aisé, ils ont souvent fait des études de lettres, de psycho-ethnographie, et peuvent sillonner le monde selon leurs rêves. Sylvain Tesson en fait partie, mais il serait, de mon point de vue, dommage de ne pas apprécier ses réflexions, fussent-elles celles d’un petit bourgeois qui ne supportent pas l’enfer des mégapoles... ce en quoi, il a parfaitement raison. Il a bien raison de voyager et d’écrire puisqu’il peut le faire ! Ne soyons pas envieux, apprécions juste pour ce qu’il est et fait.

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