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La pensée libertarienne (4) : Critique de la conception libertarienne de la société (2nde partie)

Deux paragraphes précèdent le suivant. Nous avons exposé (1) la théorie classique du droit naturel et les impasses dans lesquelles elle s’est échouée, pour montrer sa modernisation libérale par (2) la praxéologie et le phénomène du marché:la science de l’action humaine démontre la légitimité des exigences du droit naturel, sans en reprendre la forme classique. Nous développons maintenant la cohérence institutionnelle générale que propose la société libertarienne, et, puisque nous ne pouvons pas parler d’État, nous l’appelons simplement : le régalien.

 

Le régalien

La sortie du positivisme

Avec la formulation classique des droits naturels, les penseurs n’arrivent pas au consensus. Au-delà même de la difficulté de s’accorder sur une définition commune, le fait même que ces droits peuvent connaître des réalisations excessives (par exemple, je peux justifier un meurtre par mon droit à la survie, en jouant sur les complexités de situation) appelle une positivité juridique, modératrice, et rend caduque le naturalisme d’origine. Au contraire, dans le système praxéologique, aucune des actions définies ne connaît d’excès condamnable : produire, vendre, acheter, et même consommer, rien de tout cela ne peut nuire à autrui, même en très grande quantité.

Le mal, l’injustice ne résulte pas du marché, mais de l’extérieur : c’est ce qui vient en perturber le cours naturel, ce qui vient limiter sa liberté. Ce n’est pas un excès de nature, mais une contrainte venue d’ailleurs et qui s’exerce sur cette nature, selon deux modalités possibles : ou bien en tant que régulation étatique, ou bien en tant qu’agression sur autrui (racket, vol, chantage). Dans les deux modes, les actions que l’on qualifie d’illégitimes ou d’injustes ne font pas partie de la liste praxéologique que nous avons donnée au paragraphe précédent.

En transformant la théorie du droit naturel (présentée comme une définition qui oriente la réflexion et l’action) en une praxéologie (présentée comme un système de pensée dans lequel on entre des données, et à l’issue duquel on déduit des solutions), la conception libertarienne de la société reste à distance du positivisme. Surtout, le droit n’a plus à s’intéresser ni à la production, ni à la vente, ni à l’innovation. S’il peut réprimer un patron qui maltraite ses ouvriers, ce ne sera non pas pour ses méthodes, mais à cause du chantage qu’il aura exercé sur ses ouvriers pour obtenir leur consentement à ses méthodes – ce qui est fort différent.

Mais si le droit ne s’occupe plus de la production, ni ne suit l’innovation, alors il ne suit plus le cours historique des choses, il n’est plus dans sa nature d’évoluer. Puisque le droit libertarien ne concerne que la violence physique, l’agression de la propriété, et le chantage manifeste, c’est-à-dire des actions qui ne diffèrent pas à travers l’histoire, on peut sceller un système juridique quasiment définitif, et ainsi sortir du positivisme. Dans la version anarcho-capitaliste héritée de Rothbard, considérée comme la plus radicale, la société libertarienne n’a même plus besoin de législateur, et se contente des juges qui, seuls, expriment les nuances évolutives du droit par les jurisprudences.

Globalement, tous les libertariens proposent une sortie du droit positif par un dépouillement total des règles économiques (pour garantir la liberté du marché), et l’instauration d’un système très réduit, et le plus immuable possible dans le temps, de règles fondées sur l’unique principe de non-agression. En revanche, ils ne sont pas d’accord sur le modèle à adopter. Ceux que l’on appelle les libéraux, pour leurs parts, bien que fortement influencés économiquement par la praxéologie libertarienne, apparaissent encore comme des défenseurs du droit positif, même si, d’un point de vue pratique, leur modèle est plus efficace que ceux des libertariens, tout simplement parce qu’ils sont parvenus à l’instaurer.

 

Fonctions régaliennes, État régalien

Au début de la pensée libérale, Adam Smith a conceptualisé la notion de régalien. Étymologiquement, le sens n’est pas précis : le régalien est le fait du roi. Mais qu’est-ce qui regarde précisément le roi ? La définition est presque exclusivement formelle. Il a longtemps été considéré que toutes les affaires économiques du pays concernaient le pouvoir royal. Mais Smith est un libéral, héritier des empiristes anglais, et il introduit le terme régalien avec une connotation minimaliste : c’est le socle de l’État, qui ne doit pas déborder dans la sphère privée des individus. Il ne lui accorde que trois prérogatives : sécurité (intérieure et extérieure, cela va de soi), justice, et projets de grands travaux publics à hauts risques financiers qu’une entreprise privée ne peut se permettre d’envisager.

Smith écrit alors que la querelle du droit naturel n’est pas encore complètement refermée, et ce qu’il définit comme le droit régalien est susceptible des mêmes critiques : rien ne légitime cette liste de prérogatives plutôt qu’une autre ; ainsi présentée, elle apparaît ouverte, et susceptible de changement, et manque donc de fiabilité ; etc. Pour autant, le terme est conservé dans les pensées libérales d’aujourd’hui, bien que la troisième fonction soit nettement remise en question. Surtout, il ne se présente plus sous sa forme listée de droits régaliens parallèles aux droits naturels des individus, mais se place dans un contexte praxéologique, et se fait exclure du marché par définition. Enfin, notons aussi que le mot régalien fait partie du vocabulaire institutionnel français : nous disons que les ministères régaliens sont ceux dont la responsabilité des affaires ne peut échoir à des sociétés privées (police, armée, diplomatie, justice, mais aussi l’économie).

Il nous faut voir maintenant les différents modèles proposés : comment satisfaire les fonctions régaliennes ? Bien sûr, ce qui nous intéresse le plus, c’est toujours le raisonnement qui accompagne le modèle. Bien qu’il existe un nombre assez grand de modèles, nous pensons cependant que l’on peut réunir en seulement trois catégories les logiques qui portent ces modèles : la logique minarchiste, la logique anarcho-capitaliste, et la logique libérale (que nous qualifions « de gouvernement »). Nous les examinons dans cet ordre dans la mesure où la seconde est historiquement issue de la première, et que la troisième, moins théorique, ne peut être saisie qu’une fois les deux autres bien comprises.

Les minarchistes sont les grands théoriciens de l’État régalien (même s’ils ne l’appellent pas ainsi), et ils en déduisent son concept à partir de la praxéologie. Comme nous l’avons déjà dit, l’État ne doit pas s’occuper des échanges humains, et de tout ce qu’il se passe sur le marché. En revanche, il doit réprimer les agresseurs, les voleurs et les méchants. Bien souvent, les minarchistes sont partisans d’une police forte et d’une justice sévère, dans la mesure où elles sont les uniques garantes de la liberté du marché. Pas de ministère de l’économie, ni de la santé, ni des transports, ni rien de tout cela.

La plupart des minarchistes veulent également d’un parlement, même réduit, et bien qu’éloigné du positivisme juridique, envisage donc tout de même une évolution possible de la loi, dans la mesure où si l’on ne condamne jamais les innovations techniques, leurs usages abusifs, à des fins coercitives, sont tout autant des nouveautés auxquelles le droit doit s’adapter.

Au-delà de ces dispositions constitutionnelles, les minarchistes préfèrent ne pas donner de théorie de justice, et reléguer aux communautés, aux peuples, aux pays, le soin d’établir leurs lois précisément. Autrement dit, seule la Constitution des États résulte d’un travail de déduction logique : la loi et le droit demeurent des affaires relatives au temps et au lieu où ils se construisent, de l’ordre du conventionnel et du culturel.

C’est bien sûr à propos de cette absence de théorie de justice que les anarcho-capitalistes, comme Rothbard, ancrent leur critique et font a contrario la promotion d’une organisation sans État. Le droit conventionnel demeure un droit positif, et il reste le travail d’une poignée de représentants, dont la légitimité est discutable puisque résultante d’un vote. Un État, même minimal, reste une association de malfaiteurs. Surtout, il y a un manque de clarté quant à la nature de ce droit : s’il est vraiment folklorique, il ne peut faire objet d’une législation sérieuse, et s’il recherche une objectivité, alors on ne voit pas pourquoi il relèverait seulement du local.

Dans la logique anarcho-capitaliste, le droit naturel est une chose immuable, donc il n’a pas à subir de retouche d’un parlement douteux, ni d’un quelconque gouvernement. Le livre majeur de Rothbard L’Éthique de la Liberté se présente, en un sens, comme un code civil complet, dans lequel toutes les règles, toutes les lois de la société libertarienne sont exprimées, expliquées, justifiées. Pour un rothabrdien, tout ajout à ces deux-cent cinquante quatre pages (aux éditions Les Belles Lettres) constitue un excès.

De la sorte, l’anarcho-capitalisme parvient à sortir définitivement de l’État et à se débarrasser du législateur. Les fonctions régaliennes de la sécurité et du judiciaire, qui se voient ainsi très simplifiées, sont reléguées aux entreprises privées. Il ne reste alors d’évolution possible du droit que la jurisprudence, comme nous l’avons dit plus haut, auquel les libéraux de tous les horizons sont très attachés.

En apparente contradiction avec ces deux positions, les libéraux de gouvernement se disent encore attachés au positivisme. On imagine mal un élu fustiger la nature même de son propre travail. Simplement, puisque le programme libéral propose principalement de diminuer les prérogatives de l’État sur les affaires économiques, de privatiser les secteurs économiques encore publics, et de renforcer la police, on ne peut nier la proximité avec le régalien des minarchistes. Pour l’économie, les libéraux contemporains s’en remettent, comme les libertariens, à la praxéologie, et à la nécessité de laisser le marché le plus libre possible. De la sorte, ils ont adopté la perspective naturaliste moderne, et leur droit positif ne prend pas plus de place que celui des minarchistes.

Simplement, dans la mesure où ils sont davantage proches des affaires contemporaines des États mondiaux, ils s’intéressent davantage à la législation que les minarchistes. Encore une fois, leur place sur l’échiquier politique, leur rôle dans la famille libéral, le fait qu’ils aient accès au pouvoir, les contraignent à une attitude pragmatique, loin de la position idéaliste de la pensée minarchiste. Ils ne disent pas : « dans une société libérale, on ferait comme cela », puisqu’on s’y trouve déjà, et qu’il s’agit de la parfaire.

Ainsi leur positivisme juridique n’est pas simplement formel mais suit un vrai cheminement théorique : celui de l’expression du droit naturel. Comme nous l’avons dit dans le paragraphe consacré au droit naturel, le droit moderne voit l’opposition classique comme dépassée et considère que la législation est un travail de la raison, mais dont la finalité est de s’accorder avec les passions légitimes des citoyens. Il s’agit bien d’un droit positif, mais qui a incorporé les exigences du naturalisme.

Par conséquent, le libéralisme de gouvernement s’appuie sur une théorie de la justice, de la même manière que les anarcho-capitalistes. Simplement, une fois de plus, elle ne se trouve pas dans une perspective idéaliste (Rothbard dit beaucoup : « dans une société libertarienne, on ferait comme cela »), mais pragmatique, et s’occupe principalement de l’harmonisation des législations dans la libéralisation progressive des pays, plutôt que d’imaginer les règles qu’il faudrait avoir dans une utopie.

 

Complémentarité des trois positions

D’évidence, les trois positions minarchiste, anarcho-capitaliste et libérale se complètent plus qu’elles ne s’opposent. Les deux premières représentent finalement les tensions idéologiques internes qui ne se résolvent que dans la pratique de la troisième.

Ce qui pose problème, dans la conception minarchiste, ce n’est pas tant l’existence de l’État que la conception conventionnelle du droit, et le peu d’attention qui est porté à cette notion. Sur ce point l’apport de l’anarcho-capitalisme est indéniable, et a amené des réformes chez les théoriciens minarchistes. Aujourd’hui, la plupart des libertariens pensent que le droit fait partie des questions politiques sociétales, et discutent volontiers de l’éthique proposée par Rothbard. Les minarchistes d’aujourd’hui se veulent davantage éclairés et essaient de s’entendre sur une théorie de la justice.

Simplement, l’absence d’État n’apparaît pas pour autant comme une solution pour tout le monde. Surtout, l’absence d’expérience empirique d’une telle société limite nettement les certitudes, et beaucoup de questions restent en suspens. Pour ce qui nous concerne, nous nous en tenons à une seule, qui concerne le régalien : comment garantir que les entreprises privées de sécurité et de justice ne prennent pas le pouvoir ? On peut douter fortement que les particuliers, bien que libérés du monopole de la violence, et donc armés, parviennent à s’organiser assez efficacement chaque fois qu’un coup d’état de ce type se prépare. Sans même de coup de force, la nécessaire coordination des services de sécurité intérieur et extérieur, de police, de justice et de détention forme un embryon d’État. Ces services ne sont, certes, pas sensés légiférer, mais ils détiennent le monopole de la jurisprudence, donc de l’évolution du droit, et surtout, ils disposent des moyens les plus puissants pour défendre leurs intérêts. L’anarcapie propose finalement un État privé, dépouillé de toute forme de démocratie.

On peut croire que la concurrence entre les services limiterait les rapports consanguins et la connivence malsaine, mais cela ne peut pas constituer une objection : la concurrence entre politiques, entre les différents services de police, entre magistrats, puis d’un service à un autre existe déjà, et alimente la corruption. La concurrence de la société anarcho-capitaliste n’apporte rien de nouveau, et ne peut, bien évidemment, pas empêcher le fait que ces services doivent se coordonner, si on veut éviter la pagaille, et rester cohérent.

Pour le coup, l’anarcapie apparaît comme l’utopie ultime du libéralisme. Elle en est l’esprit le plus pur, mais c’est ce qui fait sa faiblesse, et décrédibilise les accusations de positivisme qu’elle tend à distribuer facilement à ses propres compagnons politiques, minarchistes et libéraux. À l’opposé, le libéralisme de gouvernement est le libéralisme réel, concret, que nous vivons tous les jours, et il tend vers une minarchie éclairé.

Il est difficile de dire, par exemple, si le président français actuel est minarchiste ou simplement libéral. Sa réduction radicale du code du travail, sa volonté de réduire le nombre de parlementaires, ainsi que leurs prérogatives, et puis la diminution des aides sociales à tous les niveaux existants (chômage, logement, retraite, etc.), mais aussi le renforcement des pouvoirs de la police, ou la réduction du droit d’asile, toutes ces mesures vont dans un sens libertarien, et s’inscrivent peu dans un processus positiviste. La circulaire, signée par le gouvernement en juillet 2017, pour la mise en place d’une politique du one in/ two out, c’est-à-dire de réduction des règles selon le principe de « une règle promulguée, contre deux abolies », est, en quelque sorte, la mesure de transition minarchiste la plus explicite1. Les politiques libérales d’aujourd’hui ne sont certes pas complètement naturalistes, mais loin du positivisme, nous pouvons finalement parler, non sans sarcasme, de droit négatif.

Disons-le sans détour : ce sont des querelles de clochers. Nous les avons exposées puisque chacune de ces positions insistent tout particulièrement sur ses différences avec les autres, et qu’il fallait, pour démontrer la futilité de ces querelles, savoir de quoi elles relevaient. Simplement, la chose est visible : libéralisme, minarchie et anarcapie ne sont que les étapes successives d’une sorte de matérialisme historique libéral vers une société libertarienne idéale. Nous exposerons cela un peu plus en détail dans le dernier paragraphe. Pour l’heure, bornons-nous à remarquer que l’exclusion radicale de la question de la production hors du champs politique suffit largement à réunir les trois positions, et que nous voulons, ici, porter notre critique principalement sur ce point.

 

Critiques

1-La loi du plus fort

Laisser le marché libre, c’est également laisser les chefs d’entreprises prendre leurs propres décisions librement sur la production. Simplement, il ne s’agit pas de liberté absolue. Même débarrassées de l’État, la production et la vente répondent à des règles, que le libertarien reconnaîtra volontiers comme naturelles. Il s’agit déjà, bien sûr, des lois de la nature, comme l’espace et le temps, la gravité, mais également, nous l’avons dit, des lois de l’offre et de la demande, de la concurrence naturelle, ou encore du travail et de la rémunération.

Disons-le sans détour, l’association entre la nécessité de gagner de l’argent, qui s’incarne dans la règle du travail et de la rémunération, et la libre concurrence naturelle, qui s’exprime par l’innovation, le progrès technique, et la nécessité de s’y adapter, structure ce que l’on peut appeler la loi du plus fort. Les entreprises se définissent par le profit, c’est-à-dire par le projet de se fortifier. Pour survivre, il faut devenir plus fort que soi : grandir, progresser, et puis plus fort que les obstacles de la vie : s’adapter au progrès, se défendre contre la concurrence, voire l’attaquer par de l’innovation utile et bon marché. Celui qui ne progresse pas se voit vite soumis aux aléas de la vie et en situation de précarité. Au contraire, le fort est libre et prend des décisions majeures qui influencent le marché de façon conséquente.

La loi du marché est la loi économique du plus fort, et le régalien des sociétés libertariennes a pour fonction première de garantir le bon déroulement de cette loi. Or, la conséquence de la loi du plus fort en guerre économique est connue (et nous allons en parler plus bas) : la majeure partie de la production mondiale est détenue par une poignée de grandes entreprises qui se partagent le monopole des ressources. La plupart des libertariens reconnaissent volontiers cet état de fait, mais ils insistent sur l’idée que tant que le principe de non-agression est respecté, la concurrence et la tendance au monopole ne peut être qualifiée d’injuste.

Beaucoup de problèmes se posent déjà sur ce point. Qu’en est-il de la publicité agressive ? Des images subliminales ? Du harcèlement économique sur une entreprise qui refuse de vendre ? D’une augmentation drastique et soudaine des prix ? Bien sûr, ce qui définit une agression est un des grands sujets de débats interminables entre libertariens, et nous n’y rentrerions pas sans nous y trouver comme une petite mouche tentant de se défaire d’une collante toile d’araignée. Comme tous ces types de querelles sémantiques qui refusent de se terminer, ils sont stériles : ou bien on ne s’accorde pas sur le mot, on le déclare trop imprécis et on l’abandonne, ou bien on s’accorde une bonne fois pour toutes et on déplace le débat sur un vrai problème.

Pour la plupart des libertariens, la guerre économique, même dans ses phases de harcèlement commercial, dans ses OPA revanchardes, ou même parallèlement dans ses processus de boycott, reste une chose totalement légitime, et ne doit se prévenir que de la violence physique, et des menaces explicites d’une telle violence. Au-dehors du physique, tous les coups sont permis.

Simplement, cela pose un gros problème. Si seule la violence physique est proscrite, alors le vol ne devrait pas être condamnable, notamment quand il n’y a « ni arme, ni violence, et sans haine ». Bien sûr, la chose est inconcevable pour un libertarien, puisqu’il considère que, de la même manière que le corps est une propriété, les biens matériels privés sont comme des membres du corps de leur propriétaire.

Disons-le sans détour, le raisonnement est infantile. Déjà, le concept de « corps comme propriété » n’implique pas, de lui-même, l’image de « biens matériels comme membres d’un corps ». Les libertariens font le parallèle, parce qu’il peut être joli, mais ils ne pourront jamais dire que le premier est la cause de l’autre sans s’égarer. À ce régime, je peux dire que puisque mon ordinateur est ma propriété, alors toutes mes propriétés sont des membres de mon ordinateur...

Surtout, légiférer sur la propriété comme s’il s’agissait des membres d’un corps est une chose délirante. Le comme indique qu’il y a là une comparaison, et qu’un bien matériel n’est un membre du corps que sous un point de vue métaphorique. Or, la construction normative sur une métaphore, ou dit autrement, sur un mythe s’appelle une religion prescriptive, ou un jeu d’enfant, mais n’a rien de rationnel. Selon le même raisonnement, nous pouvons dire que les automobiles sont comme des chevaux et qu’il faut donc les traiter de la même manière, ce qui est surréaliste. Venant d’un courant de pensée héritier de l’empirisme, il y a tout de même quelque chose d’étonnant dans cette façon de raisonner. Fort heureusement, dans la réalité, les biens matériels ne font pas partie du corps, et on peut s’en séparer en souffrant moins que d’une augmentation drastique et imprévue du prix du blé.

Pour le coup, l’argument libertarien pour inclure le vol dans l’agression physique est absolument irrecevable. Néanmoins, c’est pourtant toujours en conformité avec la métaphore corporelle que les écrits libertariens tentent d’élargir le champs de définition de l’agression. L’État est un agresseur quasiment physique, puisqu’une taxe, une norme, ou un quota sur la production sont comme des rochers qui empêchent le corps d’avancer sur un chemin.

Ce n’est pourtant pas la même chose. Surtout, rien ne légitime davantage la comparaison avec la taxe, la norme ou le quota qu’une autre comparaison de ce type. Ainsi, toute augmentation des prix peut être vue comme une agression – un rocher mis sur un chemin ; l’héritage selon la volonté testamentaire comme un vol des méritants – et donc une amputation de leurs membres ; le salariat qui ne conçoit pas d’accès aux parts de l’entreprise comme une escroquerie – un vol, donc une atteinte au corps, etc.

Non seulement la métaphore corporelle n’est pas valable, mais en plus, elle est appliquée arbitrairement. À l’opposé, nous pouvons même dire que la prescription de la violence physique reste finalement très relative. On le sait, les libertariens mettent un point d’honneur à rendre légale une certaine forme de justice par soi-même. On connaît la problématique de l’intrus sur la propriété : plutôt que d’appeler la police qui n’arrivera que quand le voleur sera loin, il faut avoir le droit de l’abattre par soi-même, quitte à lui faire une petite sommation avant.

Parallèlement, la société libertarienne veut que chaque centimètre de terre ait son propriétaire désigné. Or, si chaque propriétaire peut jouir comme il l’entend de ses propriétés, il peut également choisir des règles de vie qui y ont cours, même si elles sont discriminantes. En toute logique, il est tout à fait possible d’inviter quelqu’un, puis de le considérer arbitrairement comme un intrus et de l’abattre sur un coup de sang : chaudronnier est maître chez lui.

La chose n’est pas courante, et ainsi présentée, relève du cocasse, mais on peut s’interroger sur des cas plus sérieux. Si un patron se dispute violemment avec un employé sur le lieu de travail, mais sans jamais venir aux mains, et que le premier, dans un accès de rage incontrôlé, fait usage d’une arme et abat le second, son statut de propriétaire des lieux lui permettra toujours une rhétorique nettement avantageuse. On voit qu’il y a là une incohérence dans la pensée libertarienne : comme dans la mafia, la vie vaut toujours moins que la propriété.

Pour prévenir un tel crime, il faut légiférer la propriété privée – ce que la société libérale américaine classique a fini par faire, et que les libertariens leur reprochent. Ce qui est certain, c’est que dans un monde où il n’y a plus d’espace public, le principe de non-agression n’a pas de lieu pour lui, il ne légifère nulle part. Il n’est plus qu’une norme indicative que les propriétaires décident plus ou moins d’appliquer.

Si on fait le bilan de nos remarques, une seule chose est certaine : il est interdit de voler. Finalement, si on ne va que dans des endroits où on est copains avec les propriétaires, on peut se permettre à peu près tout le reste. On peut tabasser un individu, si le propriétaire du lieu est d’accord, mais il est interdit de lui voler ses chaussures en daim bleu. À la sortie, le principe de non-agression finit par signifier l’inverse de ce qu’il signifiait à l’origine.

Il ne contrebalance donc pas du tout la loi du plus fort, qui règne sur le marché d’une société libertarienne. Concrètement, il ne vaut nulle part, et il n’apparaît que comme une proposition d’éthique, à laquelle les propriétaires peuvent se conformer comme on se conforme à une alimentation végétarienne. Mais il est à déconseiller, lorsque dans la mesure de la propriété et de la légitime défense que propose la société libertarienne, il suffit d’inviter un rival à négocier chez soi devant tous ses amis témoins pour faire passer un meurtre en légitime défense.

 

2-Les monopoles des ressources nécessaires

Convenons-en : si, sur le marché, les entreprises ne sont classées que par ordre alphabétique, et selon le coût de leurs actions, elles ont, dans la réalité, des différences essentielles de nature selon ce qu’elles vendent. En particulier, nous devons reconnaître que certains biens sont davantage nécessaires à tous : nous devons tous nous nourrir ou nous soigner, mais on peut se passer d’une piscine privée. Les libéraux n’aiment pas les classifications qui font de la notion de besoin un critère d’évaluation, puisqu’ils le trouvent trop subjectif. Il est en effet, probablement impossible d’établir un tableau objectif de ce type, mais il est néanmoins absurde de soutenir qu’il n’existe pas de différences d’utilité et de nécessité entre les biens.

Ensuite, il faut reconnaître que, pour être efficaces, les entreprises qui s’occupent de la production alimentaire doivent s’organiser avec les entreprises de distribution et de livraison, celles qui produisent des médicaments avec les pharmaciens, les médecins, les laboratoires de recherche, ou encore les hôpitaux. Ces coordinations sont davantage nécessaires que celles qui s’organisent entre les constructeurs de piscines privées, le réseau de distribution d’eau local, et les installateurs.

C’est indéniable, une rupture de contrat entre une entreprise de production alimentaire et une chaîne de distribution dans un coin de campagne a davantage d’impact qu’une rupture entre une compagnie d’installation de piscine et un distributeur d’eau : les conséquences d’une pénurie alimentaire dans un coin de campagne sont autrement plus dramatiques qu’une pénurie de piscine. Les conséquences sont, bien sûr, proportionnelles à la nécessité des produits, puis à la taille et l’influence des compagnies. Ainsi, plus les entreprises des secteurs économiques incontournables sont grandes et influentes, plus elles sont obligées de s’entendre, de se coordonner. Or il est indéniable que ces coordinations sont des organisations politiques, puisque décisionnaires, et s’annoncent comme des sortes de ministères, comme on en trouve dans les États contemporains.

Les libertariens connaissent bien ce problème, mais le rattachent généralement à celui du monopole. Pour être clair, nous distinguons deux types de monopole : celui d’une ressource naturelle, et celui d’une activité. Pour un libertarien, le second cas ne peut exister que dans la mesure où un État a interdit la pratique de l’activité au dehors du monopole. Dans une société libertarienne, si, sur une activité donnée, il n’existe qu’une seule entreprise, c’est parce qu’aucune autre n’est venue la concurrencer de façon suffisamment convaincante, c’est-à-dire au point que la première soit obligée de partager les clients. Cela ne pose donc pas de problème. En revanche, le cas du monopole des ressources naturelles est tout à fait possible sans État, et pose un problème à toute la famille libérale, depuis ses débuts. Nous reprenons ici le point de vue de Rober Nozick, dans son célèbre livre Anarchie, État et utopie (1974), qui, en modernisant les réflexions de Locke, fait plutôt consensus chez les libertariens.

Dans le cas d’une ressource naturelle nécessaire mais rare et qu’il est difficile de diviser, le propriétaire de cette ressource est tenu d’y laisser un accès raisonnable. Chez Locke, il s’agissait d’empêcher l’appropriation de la ressource, chez Nozick, il faut simplement que le propriétaire fasse un effort. Il peut certes demander une rémunération pour l’entretien et la distribution de la ressource, mais il doit prendre garde que la plupart des gens puisse en bénéficier sans s’endetter de façon conséquente, et ne pas pratiquer, donc, de tarif prohibitif.

L’exemple classique, es,t bien sûr, le propriétaire d’une oasis dans le désert. Assez étrangement, on retrouve encore l’image de Peter McBain, personnage du western de Sergio Leone, Once upon a time in the west. L’oasis est un point d’eau difficile à partager en parts claires et distinctes, nécessaire à la survie humaine, et rare dans le désert. Si son propriétaire décide de ne pas redistribuer l’eau, il condamne le voisinage à mourir ou à s’en aller, ce qui n’est pas acceptable. Cela justifie une règle pour empêcher que cela se produise, une règle imposée au marché, une entrave réelle à la liberté du propriétaire. Les libertariens l’appellent la clause lockéenne.

Bien sûr, les libertariens ne s’accordent pas sur l’étendue de cette clause. Beaucoup de questions se posent. À partir de quand peut-on dire que le prix d’une ressource naturelle est prohibitif ? Qu’est-ce que l’on peut appeler une ressource naturelle ? Qu’est-ce qui est nécessaire ? Qu’est-ce qui est rare ? Toutes les définitions que l’on donnera pour ces mots seront très relatives et vont nécessiter des chiffres précis, dont les critères seront sûrement très arbitraires. Certains anarcho-capitalistes, assez minoritaires, préfèrent rejeter entièrement la clause lockéenne, et nous devons reconnaître qu’ils sont probablement les plus cohérents.

Pour notre part, nous pensons que le problème est mal posé. En réalité, on peut s’étonner que les libertariens ne balaient pas le problème du propriétaire de l’oasis d’un revers de la main, comme ils savent très bien le faire parfois : s’il ne veut pas partager, eh bien qu’il reste tout seul, ce sale con ! C’est pas comme si c’était l’unique point d’eau du pays, non plus. Le naturel veut que c’est ce propriétaire abruti qui y perdra à la fin. Surtout, c’est une configuration archaïque du problème.

Dans la société libérale moderne, c’est-à-dire pré-minarchiste, toutes les ressources naturelles nécessaires mais rares sont aux mains de quelques grandes entreprises qui se coordonnent entre elles et avec l’État. Il n’y a quasiment plus rien à découvrir sur Terre. C’est la loi du plus fort (qui associe la nécessité de gagner des sous, et la marche du progrès et de la concurrence), la loi du marché qui l’a voulu. Le problème du monopole ne porte plus sur une oasis dans le désert, son propriétaire et des pionniers en quête d’illusions, mais sur les ressources mondiales les plus nécessaires à la survie, exploitées en flux divers, transformées en consommables et distribuées aux populations de tous les pays.

 

3-L’État privatisé

Si l’on retire à l’État tous ses droits de regards sur la production, les grandes entreprises qui possèdent la plupart des ressources naturelles dépassent leur simple statut de monopole de possession pour en arriver à un monopole de décision. Sous ces auspices, on peut se demander comment va se définir la clause lockéenne. Dans les sociétés libérales contemporaines, l’État impose généralement des critères aux entreprises les plus nécessaires, critères établis en fonction des études d’instituts publics, mais aussi, de plus en plus, d’agences privées d’audit comme les fameux Big Four (PWC, EY, Deloitte, et KPMG). On peut penser que, dans une société libertarienne, il n’y aurait plus d’institut public comme l’INSEE ou l’INED, et que les entreprises consulteraient directement les cabinets privés, sans qu’un État, même minarchiste, vienne y mettre son grain de sel. Or, ce n’est pas un secret, les instituts privés ne produisent pas d’étude en vue du bien, ou de l’utile, ou de quelque chose comme ça, mais en vue de l’intérêt de ses clients.

Simplement, la clause lockéenne est sensée rééquilibrer le rapport de force entretenu par le monopole, et donc les excès de la recherche d’intérêts privés. Si elle s’établit par des instituts privés, pour des compagnies privées, elle ne contrebalance plus rien. Disons-le : elle se vide de son sens, de la même manière que la valeur affective dans les échanges du marché, ou le mérite dans l’estimation financière du travail. Si la clause lockéenne est formulée dans l’intérêt des entreprises qu’elle est sensée régulée, on rentre dans le monde des cercles carrés, convenons-en.

Comme dans un ministère, un monopole réunit plusieurs activités d’un même secteur, avec un ou plusieurs responsables pour chacune d’elle, et on y prend les décisions relatives à ce secteur : salaires, heures de travail, quotas de production, répartition de la distribution, prix, clientèle, etc. En général, il y règne une certaine connivence entre les acteurs, surtout dans la mesure où ils s’occupent d’activités essentielles à tous. Surtout, il est dans leur intérêt de s’entendre, et de s’harmoniser.

Bien sûr, il est toujours possible qu’un des acteurs décide de ne pas s’aligner sur les autres, parce qu’après de savants calculs, il a établi une stratégie qui lui permet de suivre sa propre idée sans pâtir de sa marginalisation. Si son calcul est bon, c’est lui qui, généralement, impose ses décisions aux autres par la suite. Cependant, il n’y a rien de nouveau à ce phénomène de changement de direction. C’est déjà le cas dans les ministères, et les administrations de l’État : bien souvent, on évolue dans le sillage d’une vedette politique pour se placer soi-même en vedette et trahir, au bon moment, son clan d’origine. Dans un société libertarienne, la liberté des grands patrons au sein d’un monopole partagé est similaire à celle des membres d’un gouvernement aujourd’hui : une solidarité s’impose, mais la rébellion est toujours possible et peut rapporter gros.

On pourrait objecter qu’à la différence des ministères, les monopoles sont indépendants, et ne dépendent pas d’une unité politique de type étatiste qui se doit d’être cohérente. Ainsi, si le monopole de l’alimentation et celui de l’énergie s’opposent sur une décision à prendre, il n’y a ni président, ni chef de gouvernement, c’est-à-dire quelqu’un d’extérieur aux monopoles, qui vient décider à leur place. Cependant, de la même manière qu’un même secteur d’activités nécessaires est contraint de s’entendre s’il ne veut pas qu’il y ait de pénuries dangereuses, tous les secteurs qui regroupent les activités les plus essentielles sont obligés de se coordonner entre eux. Ainsi, un désaccord entre le monopole de l’alimentation et celui de l’énergie doit être réglé au plus vite, soit par des compromis, soit par changement d’acteurs, sans quoi les conséquences peuvent être dramatiques : plus d’eau pour arroser les cultures, refus d’utiliser des véhicules pour livrer la nourriture, etc.

Il est évident que dans une société libertarienne, les monopoles des activités de nécessité se réuniraient dans des instances comparables à nos États contemporains, pour garantir le bon fonctionnement de la survie. Entre eux, ils s’entendraient sur les prix, se partageraient les droits des brevets, mèneraient de grands projets, mais aussi s’organiseraient contre ceux qui menacent leur hégémonie, accepteraient en leur sein de nouveaux arrivants leur ressemblant, écarteraient les traîtres, et tout ceci dans la plus parfaite légalité, « tant qu’il n’y a pas de violence physique ».

Face à cette coordination générale, le monopole d’un seul secteur d’activités nécessaires n’est pas vraiment plus libre qu’un ministère face à l’unité du gouvernement. S’il refuse de se conformer, il subira boycott et guerre économique : en quelque sorte, il est viré de la coordination générale. Ce qui n’empêche pas, bien sûr, qu’il puisse avoir bien calculé son coup, et tout prévu, et que cette trahison lui rapporte beaucoup plus par la suite : c’est à peu près comme cela qu’a fonctionné le président français actuel pour prendre la place de son prédécesseur, après avoir longuement profiter de son ministère de l’économie.

Au bout du compte, on ne retiendra que deux différences importantes entre un ministère et un monopole : la façon dont on en devient membre, et la finalité formelle de ces deux structures. D’une part, alors que le ministère est composé d’individus issus, au moins indirectement, d’un processus électoral représentatif, le monopole réunit les plus forts du marché, c’est-à-dire les plus habiles à devenir propriétaires dans un secteur donné. Et d’autre part, alors que le ministère défend, ou du moins prétend défendre, les intérêts communs, le monopole avoue clairement ne suivre que les intérêts de ses membres. C’est certes moins hypocrite, mais ce n’est pas juste pour autant. Surtout, le critère économique a totalement absorbé le critère politique. Toute forme, même dérisoire, de démocratie a été bannie.

Il faut être honnête, et reconnaître que le modèle libertarien ne résout pas les reproches qu’il fait, par ailleurs assez justement, à l’État. Transmettre les prérogatives des ministères à des monopoles n’en ôtent pas les caractères oppressifs, ni même l’arbitraire des décisions qui en émanent. La loi économique du plus fort, qui régit le marché et désigne donc les individus à la tête des grandes entreprises n’est pas plus légitime que celle du vote des représentants. C’est pourtant ainsi que l’entend le libertarianisme.

Toutes les propositions libertariennes ne visent, en réalité, pas à diminuer l’État, mais à le privatiser. L’intention est claire : les libertariens condamnent moins les décisions injustes, et oppressives des États en tant que telles, que le fait que ces décisions ne soient pas prises par les propriétaires. Par exemple, ce n’est pas tant parce que l’État refuse d’alimenter en eau une région qu’il est condamnable, que parce qu’il prend une décision alors qu’il n’est pas propriétaire de l’eau. Le problème est moins dans la mauvaise décision que dans le preneur de décision.

Toujours, le libertarien considère que toute idée de l’intérêt collectif est illusoire, vaine, et perfide, au dehors de la simple somme des intérêts individuels, et qu’il vaut mieux qu’un décisionnaire poursuive son intérêt personnel plutôt qu’un prétendu bien commun. De toutes façons, l’intérêt personnel d’un chef d’entreprise, c’est l’intérêt de ses consommateurs. Mais ceci est encore un belle formule insensée. Nous l’avons vu dans notre article sur le travail : l’entreprise est soumise à une exigence de profit, et donc de taxe sur ses employés et sur ses clients. Par définition, elle va à l’encontre des intérêts des autres, car il est dans son intérêt, à elle, de vendre de la basse qualité à haut prix : c’est la base de l’entreprise.

1Pour un aperçu de la politique du one in/ two out française, nous renvoyons le lecteur au site de l’IFRAP : http://www.ifrap.org/etat-et-collectivites/one-two-out-les-conditions-pour-que-ca-marche


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8 réactions à cet article    


  • Armelle Armelle 9 juin 12:07

    L’auteur bonjour,

    C’est intéressant, parfois même amusant, mais ça ne restera toujours qu’un point de vue, avec tout le côté subjectif que celui-ci comporte.
    Je vous propose de laisser Smith une seconde et de lire HAYEK ou AYN RAND, vous aurez sans doute une vision différente du libertarianisme
    ...Selon la positon où l’on se situe, certains, dans un cube ne verrons qu’un simple carré...
    ...Et bon nombre de postulats sont faux et ne servent que les idées que vous souhaitez développer
    Mais merci en tout cas, ça change des récurrentes niaiseries d’Agoravox


    • Hervé Hum Hervé Hum 9 juin 23:10
      @Armelle

      .Et bon nombre de postulats sont faux et ne servent que les idées que vous souhaitez développer

      c’est peut être intéressant, mais le hic, c’est que vous affirmez sans étayer quoi que ce soit.

      Un exemple peut être pour illustrer votre propos ?



    • Nick Corey 10 juin 01:46

      @Armelle

      1- C’est ce que l’on dit quand on ne sait pas quoi répondre. Ainsi disait Jules à Vincent - c’est un point de vue intéressant.
      Mais non. Ce n’est pas un point de vue subjectif. Il s’agit justement de démonstrations travaillées, tandis que vous n’émettez qu’un jugement de valeur sans aucun argument. Objectez, raisonnez, mais sans cela, c’est votre jugement qui n’est qu’une expression de votre subjectivité. Je suis prêt à répondre à des contradictions construites, mais pas à un revers de la main gorgée de paroles de facilité.
      2- J’avoue connaître moins Hayek que Mises ou Rothbard, mais sa critique du droit naturel me semble incompatible avec ses positions économiques. Je l’ai trouvé plus incohérent que les deux premiers et l’ai plutôt mis de côté. Peut-être l’ai-je mal jugé. J’en doute un peu tout de même.
      3-
      Je connais très bien Ayn Rand. Comme pour les libertariens, tout a commencé par elle, en ce qui me concerne...
      Mon prochain article portera sur la ressemblance entre Game of Thrones et Atlas Shrugged, qui est énorme. Je l’ai presque terminé, et la réponse présente en récupère même un ou deux bons mots.
      J’avoue ne pas aimer Rand avant tout pour des raisons littéraires. Certes, elle est capable de tenir plusieurs centaines de pages (1800 dans la version pirate en français) sur la même histoire, et cela force le respect. Mais c’est particulièrement mauvais. Ridicule, voire même pitoyable. Honteux d’écrire des choses comme ça disons le. 
      Il n’y a aucun effort de réalisme : le gouvernement est semblable aux méchants caricaturaux de dessins animés (je pense à Arachna dans Gadget Boy, en fait). Les dialogues sont délirants, les descriptions ressemblent à des articles de presse féminine. C’est un style assez sensuel. Et à la base j’aime bien, mais c’est très ’’m’as-tu vu’’, et ça finit par agacer comme le clinquant d’une boîte de nuit. Surtout ça prône cet égoïsme rationnel dont je crois profondément qu’il est un résidu infantile de la pensée érigé en pensée militante.

    • Nick Corey 10 juin 01:47

      @Hervé Hum
      1-Précisez les postulats que vous trouvez faux et j’étaierai mon argumentation avec grand plaisir.


      2-À propos de quel sujet voudriez-vous que je développe un exemple ?

      Mes questions sont sincères. Je cherche réellement la contradiction.



    • Hervé Hum Hervé Hum 10 juin 09:28

      @Nick Corey


      Nous sommes tous les deux à vouloir un débat contradictoire qui repose sur une bonne argumentation directe, c’est à dire, sans dévier du sujet de discussion.


      comme je l’écris dans un précédent commentaire, on ne peut pas parler de droits sans évoquer les devoirs correspondants. L’un ne va pas sans l’autre. Ainsi, s’il existe des droits naturels, il doit exister leur pendant en devoir.

      L’axiome est le suivant « tout droit implique un devoir et tout devoir applique un droit ». Autrement dit, si rien n’impose un droit, alors, il reste du domaine de l’imaginaire. Un droit est toujours coercitif, sans cela, il n’a aucun sens et cette coercition passe par le devoir de l’appliquer.

      Exemple, disons quel la propriété est vu comme un droit naturel, donc, que tout humain peut revendiquer, alors, cela implique le devoir d’accorder à tout un chacun un droit de propriété irréductible. Ici, l’arnaque des libertarien est de faire abstraction de ce devoir lié au droit de propriété reconnu à tous ceux qui vivent sous la même loi et donc, peuvent réclamer le droit de propriété et seulement alors, le défendre en tant que tel.

      Car bien évidemment, pour le libertarien, le droit de propriété ne se reconnaît en terme de devoirs qu’entre propriétaires, pour ceux qui n’ont pas de propriété, le devoir ne peut pas s’appliquer, sauf s’ils y sont contraints, donc, par l’agression physique et du seul rapport « naturel » de la loi du plus fort qui lui, repose sur l’usage exclusif de la violence, donc encore et toujours de l’agression physique. Le keynesianisme, à simplement rappelé cette condition de réciprocité aux propriétaires, quant à leur devoirs. Mais dû à la pression très forte des prolétaires et uniquement cette menace. Ce principe de réciprocité, qui est le principe fondamental de l’éthique et est immuable, s’applique partout.

      Et c’est déjà très largement suffisant pour démolir cette pseudo philosophie libertarienne qui, de mon point de vue, ne fonctionne qu’en raison d’un enseignement de la logique biaisée, elle même reposant sur ce que je nomme le principe de relations de causalité.

      Ce qui existe, ce sont des lois naturelles sous lesquelles l’humain est soumis, de gré ou de force.

      Un autre postulat tronqué, c’est celui qui consiste à faire confondre la forme du fond, ce qui permet de faire passer des « vessies pour des lanternes ».

      ainsi, pour étudier le fond d’une idéologie, il faut étudier son principe de base, son ordre premier ou directeur. Pour faire simple, son ordre directeur est déterminé par son but, qui en est le fond, l’attraction et motive le mouvement, alors que les moyens en sont la forme. L’humain n’a de choix que du fond, de la finalité, du but, mais pas des moyens, ces derniers s’imposent d’eux mêmes en fonction des conditions d’existences liés à la réalité physique.

      Pour le capitalisme, le but est de s’approprier le temps de vie d’autrui à son profit afin de capitaliser son propre temps de vie. Car fondamentalement, c’est le temps de vie qu’il s’agit de capitaliser. Capitaliser l’espace n’a en lui même aucun intérêt. Or, comme il est impossible d’augmenter son propre temps de vie, la seule manière d’y arriver, c’est d’exploiter celui d’autrui. Les grandes oeuvres architecturales sont le fait de milliers d’individus, mais on ne retient généralement que le nom de celui pour qui elle a été réalisée, comme s’il avait tout fait lui même, alors que c’est impossible.

      Mais pour arriver à capitaliser la vie d’autrui, il faut d’abord capitaliser l’espace, afin d’en percevoir un impôt particulier, duquel on pourra justifier, légitimer et légaliser l’exploitation d’autrui à son profit exclusif. Non pas auprès de soi même, mais vis à vis des exploités. Or, vous pouvez vérifier, cette méthode est exactement la même en monarchie qu’en république bourgeoise, que pour le religieux. Seule la forme change, le vocabulaire utilisé aussi pour faire illusion, mais le principe est strictement identique.

      Un principe reste immuable, quelle que soit la dimension ou échelle utilisée, seule sa forme évolue.

      Mais comme dit, ces faux postulats sont surtout dû à un enseignement biaisée et ce, au plus haut niveau, c’est à dire, à l’université. Pas trop dans les sciences dites dures,bien que cela pose un problème de compréhension au niveau fondamental de la physique, mais surtout dans les sciences dites humaines que sont l’économie, la politique, la philosophie, la psychologie. Mais en réalité, il n’existe pas de sciences humaines au sens de perfectible, toutes sont des sciences exactes. La seule chose qui les rendent perfectibles, c’est la volonté de tromper pour abuser autrui.



    • Nick Corey 10 juin 13:29

      @Hervé Hum

      Déjà, pardonnez-moi, je n’avais pas compris que vous repreniez les termes du commentaire précédent (j’avoue être une bouse en ce qui concerne les infrastructures d’internet, et m’y prendre souvent comme un empoté). L’écrit, aussi, ne donne pas le ton des remarques.

      J’ai également regardé vos commentaires sur l’article précédent, que je n’avais pas vues.

      En fait, nous sommes d’accord globalement. Vous êtes moins dans l’objection que dans la remarque, ou l’alternative méthodologique.

      Quelques remarques, mais pas vraiment d’objection à ce que vous dîtes.
      Avant tout, vous dîtes (en commentaire de l’article précédent) que le profit est un impôt prélevé sur l’activité commune. C’est exactement le propos de mon développement critique sur la notion de travail et de mérite. Nous sommes d’accord, et je trouve cela tragique que la chose ne soit pas admise par tous. La moindre occurrence de ce fait me rassure toujours. Merci de l’avoir dit à nouveau.

      Ensuite, sur la dialectique structurelle des droits et des devoirs, vos remarques sont simplement imparables. C’est de la métaphysique (c’est toujours noble la métaphysique...), effectivement, de la logique pure.
      Simplement, à mon sens, cela porte sur la question plus générale du droit que sur l’idéologie libertarienne en particulier. Un libertarien dira que le droit à la propriété correspond au devoir des autres de respecter ce droit, mais donc du coup, puisque eux aussi ont ce droit, il correspond également au devoir pour lui-même de respecter la propriété des autres. (c’est un peu une sauce anglo-empiriste à l’hégélianisme primaire).
      Autrement dit, la dialectique structurelle (essentielle même, pouvons-nous dire) du droit et du devoir n’entache pas la cohérence a priori de la pensée libertarienne. Au contraire, et j’en parlerai dans mon article sur l’individualisme, c’est par ce type de dialectique que les libertariens parviennent à cette assertion odieuse : ma liberté s’arrête où commence celle d’autrui (qui n’est que très peu recevable comme idée, et que l’on peut balayer par une phrase tout aussi consensuelle : deux têtes valent mieux qu’une).
      C’est pourquoi il m’a semblé plus judicieux de m’en remettre aux incohérences propres de la théorie elle-même en m’attaquant à la praxéologie et à son rôle dans la normativité libertarienne.

      Ce qui nous amène à la question de l’idéologie. Je ne suis pas sûr d’avoir compris le sens de vos remarques (dès qu’on rentre dans la métaphysique, on est toujours obligé de détailler pendant des pages entières).
      Il me semble que vous expliquez qu’une idéologie étant fondée principalement sur un but, une finalité, il faut se concentrer uniquement sur ce point pour la comprendre et la critiquer. En extrapolant, je donnerai cette description : tous les éléments de la théorie libertarienne doivent être analysés à la lumière de leur véritable volonté. Vous argumentez en ce sens en disant que seul le principe est vraiment et entièrement issu de l’esprit (et la volonté) humaine, et que les moyens sont contingents à l’histoire.
      Votre remarque est un peu radicale. Globalement, la distinction est recevable (le nier serait de mauvaise foi), mais cela reste à nuancer. Si la construction idéologique n’a d’autre limite que la cohérence que l’on y souhaite, on a tout de même parfois aussi le choix des moyens, ne serait-ce que sous forme d’alternative. De même, une idéologie n’est pas tant le fruit de la volonté pure, mais est une construction historique, émergée d’un contexte précis, écrits par des auteurs avec des parcours révélateurs, etc. Et au bout du compte, on peut dire que le théorique est limité par les contraintes de pensées, psychologiques si on veut, et le pratique par les contraintes matérielles.
      Il me semble qu’une analyse d’idéologie doit commencer par l’analyse du contexte historique et la définition des mots, des principes, et des liens entre chacune de ses points. C’est entre l’histoire et le théorique que se dégagent les questions essentielles, et que sont écartées les fausses questions, et à partir des bonnes questions qu’émergent les incohérences.

      Enfin, je voulais faire une remarque sur ce que vous dîtes à propos de l’espace. Grosso modo, vous dîtes que capitaliser à partir de l’espace n’a aucun intérêt, ce qui importe c’est le temps de vie, et vous le rattachez à une critique des libertariens.
      Vous tranchez fort vite, alors que le débat temps et espace est un puits sans fond plusieurs fois millénaires. 
      Mais...
      Pour ma part, je suis de votre côté (Bergson m’a fait basculer il y a environ quinze ans), et je pense que dans le contexte précis de la pensée libertarienne, il semble qu’il y ait une escroquerie à vouloir prétendre la primauté de l’espace sur celle du temps, alors que de façon cachée, c’est bel et bien le temps qui est volé aux gens. Il y a là une étude de trente pages à faire là dessus.

      Merci, en tout cas, pour le temps consacré à votre lecture et à votre réponse


    • Hervé Hum Hervé Hum 10 juin 15:14

      @Nick Corey



      tout d’abord, merci de votre réponse argumenté et surtout, bien construite, c’est plutôt rare en ces temps ci !

      vous me répondez

      "Un libertarien dira que le droit à la propriété correspond au devoir des autres de respecter ce droit, mais donc du coup, puisque eux aussi ont ce droit, il correspond également au devoir pour lui-même de respecter la propriété des autres. (c’est un peu une sauce anglo-empiriste à l’hégélianisme primaire).Autrement dit, la dialectique structurelle (essentielle même, pouvons-nous dire) du droit et du devoir n’entache pas la cohérence a priori de la pensée libertarienne« 

      Sur ce point, je ne suis pas d’accord, la pensée libertarienne n’y résiste pas quant à son but, c’est à dire, justifier l’exploitation et la soumission de ceux qui ne disposent pas de propriété. Ceci, parce que c’est là qu’est une partie du hiatus qu’ils tentent de cacher. Le fait que celui qui n’a pas de propriété, n’a pas de devoir envers ceux qui en disposent, car il n’y a pas de réciprocité. Il ne s’agit pas d’avoir une propriété égale, mais d’en disposer d’une à minima. Mais ce n’est que le début, car cela s’applique dès lors à tout le reste, c’est à dire, le droit de tirer profit de son propre travail et non juste de quoi survivre. Or, l’espace étant limité, une fois celui-ci conquis en sa quasi totalité, donc, où l’argument de la conquête est disons, périmée, alors, vivant toujours en société, les règles changent d’elles mêmes. Et cela, en raison des lois fondamentales de la réalité physique, donc, de l’Univers et donc, de toute forme de vies. Un principe étant immuable en lui même, rien ne peut lui échapper, sauf par l’imaginaire. Ici, le libertarien est piégé, mais il bénéficie d’un formatage des cogito tel que ce que j’écris, aussi simple et évident que ce soit, reste encore un interdit de la plupart des gens. Au début, comprendre un aspect fondamental de la réalité et que personne de connu ne semble avoir encore perçu, c’est très jubilatoire, mais cela devient très vite très frustrant. Surtout quand on comprend que toute la logique repose sur des postulats biaisées et qu’on soupçonne qu’ils le sont de manière volontaire.

      Pour la démonstration, bien qu’elle reste réduite à l’essentiel, je vous invite à lire mes 4 derniers articles, plus l’article »droits, devoirs et responsabilité« et enfin »droits, devoirs, responsabilité et nouveau paradigme« . l’article droits, devoirs et responsabilité est très simpliste et si je devais le réécrire, je ne l’écrirai pas de la même manière, mais le principe de base est comme vous dites »imparable« . Cela dit, la raison repose sur ses propres postulats et on ne la détient pas, on l’a suit et celui qui affirme la détenir est toujours un manipulateur. Même si le langage courant fait qu’on peut être honnête et dire »j’ai raison« , par abus de langage, sans parler du soupçon que cet abus soit fait exprès pour maintenir les cogito dans l’impasse conceptuelle. J’avais commencé à l’expliquer et j’ai juste publié le premier des trois articles traitant du sujet.

      Ma façon de cogiter epose sur ce que j’appelle le principe de relations de causalité et que je n’ai pas encore trouvé la manière de l’expliciter. Sans doute parce que seul le format d’un livre le permet et que j’avoue ne pas en avoir ni la volonté, ni peut être les moyens. En tout les cas, seul.

      vous écrivez

       »ous les éléments de la théorie libertarienne doivent être analysés à la lumière de leur véritable volonté"

      c’est exactement cela ! Et plus encore, ce que j’écris n’invalide rien de ce que vous écrivez ensuite, bien au contraire !

      vous pourrez d’ailleurs vous rendre compte que je suis d’accord avec vous à la lecture de mes articles.

      pour votre dernière remarque, là, il faut faire appel au principe de relations de causalité, c’est à dire, qu’il est impossible de séparer l’espace et le temps dans la réalité physique. Ce que j’écris, c’est que capitaliser l’espace seul n’a aucun intérêt, la démonstration est triviale, car vous pouvez disposer de la Terre entière, si vous n’avez personne pour percevoir un impôt pour lequel il devra travailler pour vous, le principe de la corvée, alors, votre propriété ne vous sert à rien, car vous serez seul à l’exploiter. On peut réduire cet espace à une ferme de 1 000 hectare des plus fertile si vous voulez, cela ne change rien. La propriété, que ce soit l’espace de la terre, mais c’est aussi celle de l’outil de production, de la spiritualité, n’ont de raison d’être que pour capitaliser le temps de vie d’autrui à son profit. Vous pouvez être propriétaire d’un palace, si vous n’avez pas de domestiques, se sera votre aliénation ou bien, vous irez vivre dans une aile et abandonnerez le reste. Sans le profit, la propriété n’a plus de raison d’être et n’existe plus en tant que telle. Idem pour la souveraineté, si la couronne anglaise ne pouvait plus percevoir l’impôt sur ses colonies, de facto, celles ci étaient indépendantes et il n’y avait plus de réelle souveraineté de la couronne anglaise. Cette histoire de taxe était donc fondamentale et non pas accessoire ! Aujourd’hui, la souveraineté de la reine d’Angleterre est seulement virtuelle, mais n’est plus réelle. Par contre, la propriété est belle et bien réelle et où il est impossible de supprimer le profit sans supprimer la réalité de la propriété.

      Mais comme toute escroquerie, pour qu’elle fonctionne, il faut cacher sa véritable intention, but.

      Au final, je vois avec plaisir que nous sommes globalement sur la même longueur d’onde.

    • Hervé Hum Hervé Hum 10 juin 15:22

      @Hervé Hum


      j’écris "Mais ce n’est que le début, car cela s’applique dès lors à tout le reste, c’est à dire, le droit de tirer profit de son propre travail et non juste de quoi survivre"

      ce n’est pas tout à fait cela, cela veut aussi dire que tout un chacun doit avoir accès à un travail pour pouvoir accomplir son devoir et d’en retirer un profit au dessus de son seul seuil de subsistance, car sinon, c’est qu’il est en état d’esclavage. C’est la condition sine qua non pour que le principe de non agression s’applique.

      le hic, et c’est le grain de sable, c’est que le libertarianisme dans son but n’y résiste pas, il s’effondre de lui même, ceci, parce que son but ne le fait pas s’appuyer sur le droit naturel, mais sur le droit positif, c’est à dire, celui de disposer plus de droits que de devoirs.

      Franchement, si ces gens n’avaient pas commis autant de crime et n’étaient pas disposé à en commettre encore plus, leur rhétorique m’amuse énormément tant elle est simpliste et ridicule.

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