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Accueil du site > Tribune Libre > La poésie pour échapper au conformisme de notre époque...

La poésie pour échapper au conformisme de notre époque...

Nous vivons cernés par toutes sortes d' images et d' écrans, nous sommes abreuvés de vidéos, de photos, de films, de publicités...

Dès lors, notre imagination s'émousse, se délite...

Or, la poésie est à même de susciter et d'éveiller notre imaginaire, elle fait appel à des métaphores, à des associations de mots, elle vivifie le langage, le renouvelle à l'infini.

La poésie met aussi en oeuvre des sensations, et les met en valeur. 

"D'une certaine façon, la poésie est un sensualisme qui rappelle l'homme à l'ordre de sa condition naturelle...", écrit fort justement Jean-Pierre Siméon dans son ouvrage intitulé La poésie sauvera le monde.

Or, nous avons tendance à perdre cette relation aux sens : saturés d'images et d'informations, nous ne savons plus vraiment regarder, écouter...

Nos sens sont anesthésiés, paralysés...

Et bien souvent, nous l'oublions : nous ne percevons plus nos propres sens, nous ne nous en servons plus, nous sommes comme aveugles, sourds, dépourvus d'odorat, de goût, de sensation tactile...

 Ces sens nous permettent pourtant de mieux appréhender le monde, de mieux en saisir les composantes.

Ainsi, le goût disparaît avec la mode des fast-foods, on nous interdit même par mesure d'hygiène de serrer des mains, ou d'embrasser quiconque.

 

La poésie nous révèle aussi toute l'importance du langage.

Notre langue est de plus en plus uniformisée, polluée par des anglicismes.

La poésie faite de subtilités, de nuances s'oppose à la "logorrhée médiatique, au discours technocratique"qui sont envahissants.

 

Dans un monde où règne le divertissement, où tout est érigé en spectacle, la poésie a tendance à s'effacer, à disparaître, c'est bien elle justement qui exige une lecture attentive, lente, et même une relecture qui permettent d'en découvrir toutes les beautés et toutes les nuances.

C'est la poésie qui nous fait redécouvrir le monde, ses beautés, son harmonie.

C'est la poésie qui nous apprend la lenteur, le sens de l'effort, elle s'oppose à la paresse intellectuelle de notre monde voué au divertissement.

 

"L'insurrection poétique" n'est-elle pas, comme l'écrit Jean-Pierre Siméon, une arme contre les discours médiatiques qui nous submergent ?

"Parce que son terrain d'action est la langue et que la langue est le medium universel où tout se joue, le pire et le meilleur. Le mensonge, la censure, la manipulation, l'aplatissement ou le détournement de la réalité pour le pire, le lien social, l'émancipation de la conscience, l'expression de la singularité, le creusement et l'invention (au sens premier de "découverte") du réel pour le meilleur".

 

Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/2019/05/la-poesie-pour-echapper-au-conformisme-de-notre-epoque.html

 

Source : La poésie sauvera le monde de Jean-Pierre Siméon

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10 réactions à cet article    


  • popov 1er juin 16:18

    @rosemar

    Nous vivons à la surface d’un immense gisement sémantique à peine exploré.

    Le poète en extrait des gemmes et des pépites.


    • rosemar rosemar 1er juin 23:00

      @popov
      La poésie des mots est infinie, en effet...


    • Florian Mazé Florian Mazé 1er juin 16:31

      Je plussoie votre article, cher collègue. Il est évident que, plus encore que l’injustice du monde, qui n’est pas nouvelle au final, ce qui frappe le plus aujourd’hui, c’est l’insoutenable laideur du monde, une laideur physique et morale. Cette position fut soutenue d’ailleurs par Javier Ruiz Portella, l’essayiste identitaire espagnol (in « Les esclaves heureux de la liberté »).

      Et la poésie est un refuge, une sorte de petit paradis artificiel, mais sans la connotation habituellement péjorative de cette expression. Je me souviens que, tout jeune, je réussissais à écrire des sonnets parfaits et autres formes fixes ; cela doit dormir au fond d’une armoire. Le poème était comme une échappatoire à ce monde de la fin du XX° s, dont la laideur était déjà proverbiale.

      Sinon, incluez-vous le roman dans la poésie ? Car la poésie au sens grec est une fabrication, un artisanat, qui peut alors aussi bien inclure toute la littérature. Lorsque j’ai fait « 2193 : Le Crépuscule des Humanistes », c’était aussi pour créer, pour fabriquer un autre monde que le monde actuel.

      Car, il faut bien le dire, j’ai comme dans l’idée que nous sommes nombreux à avoir le sentiment d’être nés ou trop tôt ou trop tard... 


      • rosemar rosemar 1er juin 22:59

        @Florian Mazé
        Le roman, le « vrai », la littérature sont à inclure dans la poésie, bien sûr... Un auteur comme Michel Onfray écrit parfois comme un poète...


      • rhea 1481971 1er juin 20:32
        • Il me semble que dans les bureaux de vote il manquait une
        • liste, la liste de ceux qui sont contre les vaccinations obligatoires.
        • La fréquence de l’humain est lié à l’eau du cerveau, la médecine
        • évite de discourir sur l« eau à l’intérieur de la boite craniéne.
        • Pourtant le nombre de molécules de deutérure d’hydrogène
        • dans cette quantité d »eau est important pour la vie sur terre.

        • phan 2 juin 00:05
          Le poète qui rêve est un néant fécond, sa peau a un grain de fantaisie.

          • Raymond75 2 juin 07:50

            Oui Rosemar, la poésie nous est nécessaire dans ce monde par trop matérialiste. Ainsi que je l’avais déjà indiqué, je suis sensible à la poésie, mais lorsqu’elle est lue par un artiste. Ma propre lecture est trop médiocre.

            Continuez de nous sensibiliser sur ce site, mais veillez aussi à ne pas être trop naïve sur la marche du monde.

            L’un n’exclue pas l’autre.


            • Aristide Aristide 2 juin 10:32

              Il ne peut exister un article de Rosemar qui n’aboutisse à une critique acerbe de notre présent. Une sorte d’acrimonie permanente envers notre monde, les premiers désignés sont toujours les mêmes, les jeunes, 

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