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Accueil du site > Tribune Libre > La politique expliquée à mon enfant pas né

La politique expliquée à mon enfant pas né

Salut Pierrot. Tu permettras que je t'appelle Pierrot, vu que tu n'existes que dans ma tête.

Je vais essayer de t'expliquer comment fonctionnait la politique au moment où tu aurais du naître. Une forme d'explication, ou d'excuse, par anticipation... vu que quand tu voudras me le demander, je ne serai probablement plus là.
J'aurai bien aimé pouvoir discuter maintenant de politique avec mon grand-père. Il était né en 1904, a vu trois républiques, deux guerres mondiales, mais s'est éteint en 2002, avant que j'ai eu le temps de lui poser des questions vraiment intéressantes.
Du coup, je laisse ici un témoignage très partial de ce que j'estime être une sorte de photographie de la politique française en ce début de 21eme siècle.

Par quoi commencer ? C'est toujours très facile d'expliquer un phénomène après coup, mais beaucoup plus dur de le prévoir. Les outils qu'on utilise sont des mots en "-isme", et on essaie d'expliquer le maximum de choses avec. Parfois avec un succès très relatif (quand on n'a qu'un marteau, on voit des clous partout).

Mon marteau porte un nom : matérialisme. C'est une forme de doctrine qui dit que lors d'un conflit, les justifications avancées par les combattants ne sont jamais les bonnes. Ce ne sont que des drapeaux qui font de bons points de ralliement lors des batailles, mais un drapeau n'est jamais la raison pour laquelle on se bat. La raison pour laquelle on se bat, c'est la convergence d'intérêts des combattants. Comprendre "Intérêts économiques". J'ai été confronté à ce mode de pensée il y a une vingtaine d'année, et c'est le filtre le plus efficace que j'ai trouvé jusque là.

Un petit exemple : les guerres entre les catholiques et les protestants qui ont ensanglantées ce pays tout au long du 16eme siècle peuvent être expliquées de différentes façons :

  1. Dans la religion catholique, le p'tit Jésus est créé magiquement par le Saint Esprit directement dans le ventre de Marie, tandis que dans la religion protestante, il est conçu de manière plus conventionnelle. Ce point de désaccord théologique majeur fait que tout le monde s'étripe. (explication issue de l'outil "idéalisme")
  2. Dans la religion catholique, s'enrichir par le commerce est un pêché et le marchand un sale type. Dans la religion protestante, c'est une vertu. Ce désaccord économique majeur fait que les marchands et les aristocrates s'étripent. (explication issue de l'outil "matérialisme")

Même si la première explication fait des discussions de comptoir plus amusantes, je doute que l'hypothétique pucelage d'une femme morte il y a 1500 ans soit une raison suffisante pour déclencher une guerre civile. Par contre, les dirigeants des villes qui disent aux dirigeants des champs "maintenant c'est fini, on ne vous obéit plus", ça me parait plus plausible. Même si c'est tristement terre-à-terre.

J'ai bien conscience que le matérialisme a une limite : celle de la pertinence des intérêts économiques. Au moyen âge, tout le monde bossait toute la journée, et en période de disette on entrait en guerre pour pas être ceux qui crèvent de faim. Aujourd'hui, on bosse quelques heures par jour pendant une courte période de la vie, et on se bat pour ne pas être celui qui sortira les poubelles (je vis dans un monde où les SDF ont des téléphones portables). Bref, plus le monde est riche, et moins on est dirigé par son estomac. Et la pertinence de l’outil "matérialisme" baisse en conséquence. Mais faute de mieux, je continue de l'utiliser.

Pourquoi est-ce que je te parle de conflits quand j'ai annoncé t'expliquer la politique ? Tout simplement parce que c'est la même chose. La politique, c'est la façon dont on s'organise pour résoudre les conflits. Quand tout le monde veut la même chose, on n'a pas besoin de chef, de loi, de police ou d'état pour le faire. On le fait, tout simplement, et on y arrive parce que personne ne s'y oppose. La politique, c'est juste un mot pour désigner la façon dont on gère les conflits collectifs.

Et quels sont ces conflits collectifs ?
Le premier, l'un des plus anciens, et celui qui concerne presque tout le monde : le conflit travail / capital inhérent à toute économie capitaliste.
Il est pas compliqué à comprendre :
  - quand tu embauches quelqu'un pour faire un boulot, tu as intérêt à ce qu'il bosse le plus tout en le payant le moins.
  - quand tu es embauché pour faire un boulot, tu as intérêt à fournir le moins d'effort, tout en ayant le salaire le plus élevé.
Le conflit est flagrant et immédiat. Il est aussi vieux que le salariat, et il est devenu généralisé depuis la chute des autres rapports de production (esclavage, servage, communauté ...)

Ce conflit généralisé a créé deux camps, qu'on retrouve dans tous les pays capitalistes :
  -la droite, qui se définit par la défense des intérêts des capitalistes.
  -la gauche, par la défense des intérêts des prolétaires.

Jusque là, c'est pas compliqué. Même si c'est assez amusant, parce qu'aucun des deux camps ne peux gagner. Du moins, pas sans un changement majeur dans la façon de penser de toute la population. Changement que je ne vois pas venir.
Là où ça se complique, c'est quand d'autres conflits, sans rapport avec le premier, viennent se greffer sur la guerre déjà existante. Des conflits mineurs (mais très importants pour ceux qui les vivent), où les protagonistes cherchent à attirer à eux les combattants du conflit majeur, suivant le vieil adage "l'union fait la force". Les matérialistes parlent alors de "convergence des luttes".
Quelques exemples d'autres conflits qui traversent la société à l'heure actuelle :
  -entre propriétaires et locataires
  -entre orthodoxes religieux et laïcs
  -entre homosexuels et homophobes
  -entre racistes et universalistes
  -entre nationalistes et mondialistes
  -entre réactionnaires et progressistes
(... et j'ai bien conscience que chacun de ces termes appelle à une définition précise, mais j'ai déjà assez digressé)

Ces différents camps s'agglomèrent suivant les circonstances du moment. Une fois l'agglomérat fait, il forme une sorte de bloc culturel, pas forcément logique, mais généralement bien admis par ceux qui y vivent.
Par exemple, si en France, tu croises quelqu'un qui dit "il faut supprimer le code du travail", il y a de fortes chance pour qu'il soit contre le mariage pour tous. Même si ça n'a aucun rapport.

Maintenant, discutons un peu des représentations concrètes de ces dynamiques actuellement à l’œuvre.

Nous avons un parti de droite réactionnaire, appelé "Les Républicains", principalement parce que "Parti de Droite", ça ferait "PD" comme initiales, et que ce parti a aggloméré les homophobes. Parti qui, démographiquement parlant ne représente plus grand monde et se cherche une identité plus fédératrice. De fait, il change régulièrement de nom. Avant, on l'appelait "UMP", pour Union pour un Mouvement Populaire. Encore avant "UMP" pour Union pour la Majorité Présidentielle. Encore avant RPR... Parti à idéologie assez stable (principal avantage de la réaction), qui s'oppose à tout changement d'où qu'il vienne, mais malmené électoralement par un doppelgänger...

Juste à coté, un parti de droite progressiste, appelé "Parti Socialiste", baptisé ainsi 10 ans avant ma naissance. Sa principale caractéristique est d'être historiquement un parti de gauche, mais qui a basculé à droite peu de temps après sa première expérience au pouvoir, début 1980. Je ne connais pas le déclencheur, j’étais tout gosse. Il faudrait que je demande à mes parents. Ou que je regarde son financement : d'expérience, un parti qui n'est pas financé majoritairement par les cotisations ou dons de ses militants est un parti de droite. Toujours est-il que cette bascule ne concerne que le 1er conflit (droite / gauche), mais il est resté constant tous les autres conflits de l'agglomérat dit "de gauche". Ca lui conféré une bonne assise électorale, et lui a permit de garder l'étiquette "de gauche", créant ainsi une grande confusion au sein de l'autre principal parti de droite. Une grande confusion au sein des diverses formations de gauche, et une immense schizophrénie dans cette profession appelée historiquement "journalistes" mais que Georges Orwell qualifiait de "Public Relation".

Ces deux là forment le bloc des partis dits "de gouvernement". Les règles de financement étant ce qu'elles sont, ils captent (et vivent majoritairement par) l'essentiel des aides publiques. Toute personne voulant faire carrière dans l'état sans avoir à passer de concours est condamné à en être membre. Ces deux partis forment ainsi une sorte de clan qui tient les rênes de l'état, organisme bicéphale dont les désaccords nombreux, mais mineurs, masquent leur principal point de convergence : une politique économique entièrement dédiée à la préservation de l'ordre social actuel.

A coté de ces deux partis de gouvernement, nous avons le Front National. Historiquement de droite aussi, mais tendance violente (le militantisme à coup de barre de fer), il vivotait tranquillement jusqu'au milieu des années 1980. La transition du PS lui a ouvert un boulevard, puisque la trahison économique a laissé de coté tous ceux qui ne s'identifiait pas à l'un des conflits annexes de la culture dite "de gauche". Il a continuellement capitalisé sur le mécontentement en brandissant l’étendard "parti de la contestation", pour devenir un blob conséquent ayant un certain poids électoral. Son principal problème : agglomérer le mécontentement n'est pas une position constructive viable, et son position historique de parti extrémiste crée un gros déphasage entre ses rares militants et son large socle électoral.

Et toute une flopée mineurs, en vrac :
Le Parti Communiste, historiquement de gauche, qui n'en fini plus de mourir. Dévoré par son alliance contre nature avec le PS. Alliance qui fourni le confort d'un revenu garanti. Le PC n'a pas réellement cherché la convergence des luttes (ou a lamentablement échoué, ce qui revient au même) et s'est logiquement effacé devant le PS. La trahison du PS l'a laissé orphelin de son socle électoral, et il n'a pas su faire passer le message "c'est pas parce que vous êtes bien payés que vous n'êtes pas ouvrier". Il n'est donc plus constitué que de retraités nostalgiques des luttes contre la vieille bourgeoisie incarnée par De Gaulle.
Le Parti de Gauche, parti très récent, qui n'arrive pas à réellement décoller. Le seul parti qui ait encore des militants à mes yeux, mais qui a du mal à se positionner entre "l'institutionnel financé" et le "puriste qui veut changer les choses". Du coup, pas de réelle cohérence dans l'action locale, ni de grande visibilité au quotidien. Sorti des citadins de grandes métropoles, je n'ai pas l'impression qu'il soit même connu.
Le Nouveau Parti Anticapitaliste (ex LCR) et Lutte Ouvrière. Je les mets dans la même case, vu qu'ils sont identiques. Un peu comme les amateurs de "death metal" et ceux de "trash metal", ils se considèrent différents, mais seulement vu de l'intérieur. De gauche, partisans d'un changement total de société (sortie du capitalisme), ils souffrent de ce que la révolution nécessite bien plus qu'un simple bulletin de vote (Si voter changeait quelque chose, il y a longtemps que ça serait interdit)
Le Mouvement Démocrate (ex UDF), dit "de centre", donc bien à droite, comme tout ce qui se réclame du centre (autre bizarrerie culturelle), ce parti ne divergeait de l'UMP que pour des raisons historiques, qui n'ont plus lieu d'être. Le MoDem n'existe quasiment plus, absorbé par l'ex-UMP.
EELV (Europe-Ecologie-Les-Verts), parti dit "écologiste", qui a eu son heure de gloire au début des années 90, lorsque la transition du PS à droite a donné de l'espace à une nouvelle formation. Ils ont ciblés (plus ou moins volontairement) les "cadres moyens et ouvriers bien payés" (appelés "CSP+") soucieux de leur environnement, et ont eu quelques succès électoraux. La formation s'est quasiment auto-dissoute lorsque le PS a proposé des postes rémunérés à leurs dirigeants. Comme pour le PC, ils ont préférés l'institution au militantisme, agrandissant le boulevard du FN. L'empreinte idéologique du mouvement est toutefois restée, mais le conflit "écologistes/productivistes" (que j'aurai pu ajouter à la liste au dessus) a quitté la culture "de gauche" pour devenir relativement apolitique. Du coup, l'ex-parti "Vert" disparaît à grande vitesse.
... Et d'autres que je ne cite pas, trouvant leur influence inexistante.

Si je j'écris tout ça maintenant, c'est qu'il y a une élection présidentielle prochaine. En avril ou mai, si je me souviens bien. Bien malin qui en devinera le résultat...

En lice :

François Fillon, pour LR, malmené dans son propre camp. LR perd son identité de "parti de référence de droite", et c'est quand les choses vont mal que les divisions se forment. Il paye principalement la défaite de Sarkosy face à la plante verte Hollande, candidat sans enthousiasme en 2012 (valeur par défaut du PS à l'époque). Les blessures d'un mandat catastrophique ne sont pas cicatrisées, et LR est en plein guerre interne depuis 5 ans. Je ne serai pas surpris d'apprendre que la principale boule puante qui lui a été jetée vienne de son propre camp.

Benoît Hamon, pour le PS, malmené dans son propre parti. Le PS est en crise d'identité depuis 20 ans et peine à s'affirmer comme parti de droite. Il ne doit sa survie dans les années 2000 qu'à son 1er secrétaire François Hollande, et sa capacité à réaliser "la synthèse", façon élégante de dire "ne se mettre personne à dos". Celui-ci, devenu président, a fait ce qu'il connaît de mieux : la (photo)synthèse. Le problème, c'est que refuser le conflit, en président, c'est principalement ne rien faire. Il n'a pas gagné l'adhésion de la droite réactionnaire pour autant, même si c'est son programme. Le PS en paye les pots cassés et traverse une n-ième crise, juste avant une élection, et sans personne pour "réaliser la synthèse". Bonne chance Benoît :)

Marine Le Pen, pour le FN. Comme je l'ai déjà dit, au cours des 30 dernières années le FN a réussi à imprimer dans l'imaginaire collectif qu'il était le parti de la contestation. Sa progression constante tient en la capacité actuelle de la direction à museler les militants les plus cons (pardon, les plus "historiques"). Le FN est à un croisement de son histoire.
Une victoire le fera muter :
  -par l'impossibilité de garder l'image du "parti de la contestation" quand on est au pouvoir
  -par l'afflux des parasites (pardon, "professionnels") de la politique, qui iront à la soupe et diluera son socle idéologique historique
Une défaite a de grande chance de le faire éclater, car c'est en période de reflux que les dissidences arrivent, et ce parti n'a pas vraiment les outils de la gestion de la dissidence.

Jean-Luc Mélenchon, historiquement sous l'étiquette "Front de Gauche" (alliance PC-PG), mais qui court officiellement hors-parti. A mes yeux, il a le même problème qu'en 2012 : son socle électoral n'entre pas dans le domaine rural. C'est le plus à même de réaliser "la synthèse" à gauche, mais même dans ce cas là, il ne fera pas 15%. En 2017, la gauche française ne pèse pas plus dans les urnes. Je ne m'en lamente pas, j'avais voté pour lui en 2012 en mode "vote utile" (autre bizarrerie culturelle : ça consiste à ne pas voter pour notre candidat préféré, parce qu'on nous a mit en tête qu'il n'avait aucune chance de gagner), mais je serai abstentionniste en 2017.

Emmanuel Macron. Ovni politique, profite de l'absence de candidat étiqueté "centre" lors de cette élection. Il n'a aucune structure derrière lui, ni programme clair, ni idéologie de référence. Juste de la comm, de la comm et encore de la comm. Candidat de la pure sociologie de centre-ville parisien, il fait baver tous les journalistes et les sondeurs : ce sera le "Hillary Clinton" de 2017, il va faire pschitt au 1er tour, et tous les sondeurs/journaleux se lamenteront une fois de plus sur le thème "Mais comment on a pu autant se tromper ?". Conseil gratuit de ma part pour ces derniers : quittez Twitter, c'est le réseau social des crétins.

Et moi la dedans ?
Et bien, comme je l'ai dit un peu plus haut, je ne vais pas aller voter. Pour la même raison que je ne vote pas pour Miss France. Tout ça, c'est du pur symbolique : l'état français n'a pas de moteur. Quand je vois tous les changements (en bien comme en moins bien) qui ont eu lieu entre 1800 et 1950, et quand je vois l'absence totale de changement depuis 1980... Ça me fait penser à la description de la vie d'un empire par Gleen Cook (on a les références qu'on peut) :
  1. la prise de pouvoir par un conquérant. Venu de l'intérieur ou de l'extérieur, il est armé d'un truc nouveau (militaire, économique ou social) qui supplante l'ordre ancien très rapidement.
  2. la consolidation du pouvoir par ses héritiers. Gestionnaires compétents de l'armée du conquérant, ils savent quelle est la force du truc nouveau. Ils peaufinent tous les petits réglages de la nouvelle administration pour en faire une mécanique bien huilée.
  3. la décadence. Aveuglés par l'illusion d'un empire éternel, les gestionnaires suivants se contentent de profiter un maximum du système en place, sans rien créer, sans rien améliorer. Affaiblissant ainsi l'empire jusqu’à l'arrivée d'un nouveau conquérant.

Quand je vois la situation, et l'inanité des propos des candidats actuels, je me dis qu'on est en pleine décadence. Tous parlent de "lutte contre le chômage", alors que le chômage qu'on le veuille ou non, c'est l'avenir. Tous parlent de l'Europe comme d'un truc réel alors qu'il ne s'agit que d'un vague embryon d'un truc à naître. Tous parlent de l'argent comme si c'était un objet physique alors qu'il ne s'agit que d'un simple contrat social.

Pour moi, les conquérants de demain s'appellent Google, Uber, Amazon et Paypal...

Que ces quatre fusionnent, et le mot "entreprise" appartiendra au passé, et un nouveau rapport de production sera né. En bien comme en mal. Dommages que pendant ce temps, les politiques continuent de faire comme si on était en 1950...

Bonne chance Pierrot !


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26 réactions à cet article    


  • Daniel Roux Daniel Roux 22 février 2017 11:59

    Cher Pierrot,

    La météo est importante dans la vie d’un homme. Sache qu’il y a au moins 2 façons de s’intéresser à la météo.

    La première est de regarder les bulletins à la télé. Un moment, j’ai cru que la météo subissait des influences commerciales. Elle annonçait toujours du beau temps pour le week-end et ces prévisions se révélaient fausses 3 fois sur quatre. Je supposais que la quatrième était un coup de chance en dégustant mon vin chaud derrière la vitre battue par la pluie de ma chambre 2 étoiles que j’avais réservé à Concarneau.

    La deuxième est d’étudier les mécanismes qui régissent le système atmosphérique car la météo est principalement une histoire de tourbillons entre les masses d’air chaud et les masses d’air froid. Ne pas réserver de chambre d’hôtel si une lentille froide déboule du Groenland, à cause d’un anti cyclone installé sur le Danemark.

    Ah oui ! J’oubliais ! Tu as raison de poser la question. Ne confonds pas la météo et le climat.


    • sleeping-zombie 22 février 2017 12:59

      @Daniel Roux
      Parler du climat est autrement plus compliqué et plus long que de prévoir le temps, ce week-end, à Concarneau.
      ...
      Surtout Concarneau, c’est en Bretagne, donc de la pluie :)

      Après, s’il s’agit de sortir un pavé sur la disparition du travail, le « chômage des cadres » qui va bientôt exploser, l’apparition et probable généralisation du « do it yourself »... je peux tenter de faire mon Nostradamus.

      Si je devais parier sur le prochain changement climatique, ce sera l’annonce officielle de la fin du pétrole, avec une probable guerre pour la maîtrise des dernières gouttes...


    • Daniel Roux Daniel Roux 22 février 2017 13:14

      @sleeping-zombie

      Une petite plaisanterie pour vous faire lever la tête du guidon.

      Ravi que vous l’ayez bien prise.


    • sleeping-zombie 22 février 2017 13:25

      @Daniel Roux
      Il en faut beaucoup plus pour que je le prenne mal :)

      Concernant la météo, je m’étais fait la même réflexion, mais plutôt d’un point de vue « communication » : pourquoi être systématiquement content qu’il ne pleuve pas, même en pleine sécheresse ?
      Et puis je me suis dis que les présentateurs météo ne sont probablement pas d’ex-agriculteurs.

      Bref, Sophie Davant me manque :)


    • Captain Marlo Fifi Brind_acier 22 février 2017 12:06

      Et bien, en voilà un auteur en pleine déprime !! Remarquez, quand on voit tous ces candidats qui racontent qu’ils vont changer les choses sans parler de souveraineté ni de Frexit, il y a de quoi déprimer ... 

      Il a juste oublié que c’est l’Europe qui décide des politiques économiques !


      Il a oublié qu’on peut sortir de cette usine à gaz, comme les Britanniques sont en train de le faire...

      Et il a oublié que la France bénéficie d’un Mouvement de rassemblement pour sortir de l’ UE, de l’euro & de l’ OTAN :
      l’ UPR, Union Populaire Républicaine : 16 000 adhérents, 5e Parti de France, 1er site politique ! Voilà 3 oublis réparés, bonne journée !

      • sleeping-zombie 22 février 2017 13:08

        @Fifi Brind_acier
        Ce que tu oublies de préciser, c’est que ce que tu appelles « l’Europe » n’est pas un organisme vivant. C’est même pas un organisme tout court.
        -pas de police européenne
        -pas de système de santé européen
        -pas d’armée européenne
        -pas de sécu ou de retraite européenne
        -pas d’école européenne
        (...)

        En informatique, l’Europe n’est pas un objet, c’est juste une interface. Une convention à respecter pour regrouper les objets (réels, ici, les états) sous une même bannière.

        Tout pour dire que, concrètement, les décisions de « Europe », ne sont jamais que les décisions de nos propres dirigeants, formulées dans un canal différent.

        Sortir de l’Europe ne rajoutera qu’une couche de cacophonie, mais ne changera fondamentalement rien. A l’heure actuelle, l’Europe n’est rien de plus qu’une convention, pas une réalité.


      • Daniel Roux Daniel Roux 22 février 2017 13:26

        @sleeping-zombie

        Une interface ou un système d’exploitation ?

        Si l’UE avait été inventé par et pour les multinationales, elle ressemblerait à ce qu’elle est.

        Junker, le roi de l’optimisation fiscale, promu Président de la Commission europénne par ses pairs, chefs d’état européen ! C’est comme si on avait nommé Sarkozy, avocat spécialisé dans l’évasion fiscale comme ministre des Finances ou bien Cahuzac au Budget !

        Il paraît que Fillon n’a plus confiance dans la justice de son pays. Je le comprends vu le nombre de crapules encore en liberté alors que des instructions sont ouvertes depuis des lustres.


      • sleeping-zombie 22 février 2017 14:26

        @Daniel Roux
        Une interface ;)

        le système d’exploitation, c’est plutôt l’état « France » vis-à-vis du lieu géographique « France ».
        L’Europe n’a qu’un seul intérêt : faire communiquer des états de manière unifiée.

        Après, que cette communication se fasse sous l’égide des banquiers, c’est pas surprenant dans la mesure où c’est eux qui étaient le plus demandeur.
        Je me rappelle les propos de Jacques Delors : on va faire l’Europe économique d’abord, l’Europe sociale après. Et il arrivait à dire ça sans rigoler. P’tête ben qu’il y croyait :D

        Que Fillon n’ait plus confiance dans la justice de son pays, je veux bien le croire. Faut juste savoir de quelle confiance il parle : confiance en l’impartialité, ou confiance en la partialité ?
        C’est magique les mots quand ils sont maniés par des artistes :)


      • Captain Marlo Fifi Brind_acier 22 février 2017 18:56

        @sleeping-zombie
        L’UE n’est pas totalement fédéral, ni un Etat, c’est une colonie de l’ Empire américain.

        Et non, ce n’est pas uniquement l’avis de nos dirigeants ! Dans les Traités européens, il y a l’article 121 qui permet à la Commission européenne d’élaborer les programmes économiques des 27 pays.
        Voici la liste des articles qui imposent les politiques libérales aux pays européens.


        A l’heure actuelle, l’Europe n’est rien de plus qu’une convention, pas une réalité.

        Vous planez à 100 000 pieds ! L’UE est un ensemble de Traités qui relèvent du Droit International et le Droit communautaire est supérieur aux Droits des Etats.

        "La primauté du droit européen sur les droits nationaux est absolue. Ainsi, tous les actes européens ayant une force obligatoire en bénéficient, qu’ils soient issus du droit primaire ou du droit dérivé.

        De même, tous les actes nationaux sont soumis à ce principe, quelle que soit leur nature : loi, règlement, arrêté, ordonnance, circulaire, etc. Peu importe que ces textes aient été émis par le pouvoir exécutif ou législatif de l’État membre. Le pouvoir judiciaire est également soumis au principe de primauté. En effet, le droit qu’il produit, la jurisprudence, doit respecter celui de l’Union.

        La Cour de justice a estimé que les constitutions nationales sont également soumises au principe de primauté. Il revient ainsi au juge national de ne pas appliquer les dispositions d’une constitution contraire au droit européen."


      • Captain Marlo Fifi Brind_acier 22 février 2017 19:01

        @sleeping-zombie
        L’Europe n’a qu’un seul intérêt : faire communiquer des états de manière unifiée.

        « Qui gouverne l’ Europe et la France ? »


      • sleeping-zombie 22 février 2017 20:12

        @Fifi Brind_acier
        Un traité n’est qu’une chaine de papier, il ne lie que les gens consentants...

        Tu peux sortir tous les articles que tu veux, ceux-ci ne sont jamais qu’approuvés (si ne n’est rédigés) par nos propres dirigeants.

        Ce n’est pas un texte qui crée la réalité. Au mieux, il la décrit.


      • Captain Marlo Fifi Brind_acier 22 février 2017 20:51

        @sleeping-zombie
        Non Monsieur, des Traités signés engagent les pays qui les ont signés, cela s’appelle le respect du Droit International. Les Traités internationaux doivent,depuis 1969, contenir une clause de sortie.
        Pour sortir de l’ UE, c’est l’article 50. Hitler a signé 18 Traités, il en a violé 17.
        Chez les gens civilisés ont préfère utiliser le droit plutôt que la violence.


        Quant à la Commission européenne, qui selon vous ne décide rien, elle vient de publier « le paquet d’hiver ».

        " La Commission européenne a publié aujourd’hui son analyse annuelle de la situation économique et sociale dans les États membres, qui comprend une évaluation des déséquilibres subsistants.

        Elle a également publié un rapport sur la mise en œuvre du pacte budgétaire, un rapport analysant la situation d’endettement de l’Italie et un rapport sur un cas de déclaration erronée de données statistiques en Autriche, assorti d’une proposition d’amende présentée au Conseil. **

        Les États membres progressent dans la mise en œuvre des différentes orientations politiques reçues l’année dernière au sujet du « triangle vertueux », qui consiste en la relance de l’investissement, la poursuite des réformes structurelles et la mise en œuvre de politiques budgétaires responsables. Cette évaluation des progrès réalisés par les États membres fait partie du cycle annuel de coordination des politiques économiques au niveau de l’UE. Il s’agit du « paquet d’hiver » du semestre européen, qui fait suite aux prévisions économiques publiées la semaine dernière.« (...)

        NB : ** les pays qui ne font pas ce qui leur est demandé payent des »astreintes", jusqu’à 0,2% du PIB ...


      • sleeping-zombie 22 février 2017 23:47

        @Fifi Brind_acier
        ...toi et moi, on n’a pas du tout la même conception de ce qui fait la réalité.

        Pour moi, la réalité, c’est que sans force de police pour la faire respecter, la loi n’est rien d’autre qu’un voeux. Quel que soit le nom qu’on lui donne (loi, traité, droit etc...)

        Il n’y a pas d’armée européenne, il n’y a pas d’armée mondiale, il n’y a personne pour contraindre à quoi que ce soit.

        Pour preuve : on a inventé la notion de « crime de guerre » pour pouvoir condamner les dirigeants de l’Allemagne nazie au nom de quelque chose, et on viole régulièrement cette notion depuis, sans aucune conséquence.

        les traités ne font pas la réalité, ils la décrivent.


      • sleeping-zombie 22 février 2017 23:51

        @sleeping-zombie
        PS : par contre, les « traités » font de bonnes excuses pour faire passer la pilule de mesures impopulaires.

        pendant 20 ans, nos dirigeants nous ont serinés les oreilles avec « c’est pas de notre faute, c’est l’Europe »...


      • Captain Marlo Fifi Brind_acier 23 février 2017 08:05

        @sleeping-zombie
        Je vous laisse à vos rêveries...


      • sleeping-zombie 23 février 2017 10:12

        @Fifi Brind_acier
        De la même corrélation, on construit en sens opposé :)


      • Castel Castel 23 février 2017 13:49

        @sleeping-zombie

        « Il n’y a pas d’armée européenne, il n’y a pas d’armée mondiale, il n’y a personne pour contraindre à quoi que ce soit. »

        Et l’OTAN alors ? Pour une simple « convention », ce n’est pas rien.


      • sleeping-zombie 24 février 2017 10:58

        @Castel
        l’OTAN n’a absolument pas vocation (ni mandat) a faire respecter les traités européen (pour rappel, a la base on parle de la sortie de la France de l’UE)


      • Christian Labrune Christian Labrune 22 février 2017 13:41

        Mon marteau porte un nom : matérialisme.

        à l’auteur,
        Pour être matérialiste, il faudrait déjà savoir ce que c’est que la matière. A l’époque de Feuerbach et de Karl Marx, on en était resté à Epicure et à Lucrèce et on croyait donc le savoir, mais aujourd’hui on ne le sait plus du tout et la notion même de « matière » n’a plus beaucoup de sens, en particulier pour les physiciens.
        Si le matérialisme est un marteau, c’est donc un marteau désormais sans masse métallique et sans manche. C’est pas avec ça qu’on pourra bricoler quelque chose !


        • sleeping-zombie 22 février 2017 13:55

          @Christian Labrune
          La matière des physiciens et le matérialisme des philosophes n’ont rien à voir.

          C’est peut-être pas un outil universel, mais, à moins que tu aies un meilleur sous la main, je le garde !


        • Christian Labrune Christian Labrune 22 février 2017 19:04

          La matière des physiciens et le matérialisme des philosophes n’ont rien à voir.

          @sleeping-zombie
          voilà une proposition bien incongrue et complètement aberrante !

          La physique post-galiléenne n’a plus rien à voir avec celle d’Aristote qu’un Thomas d’Aquin approuvait encore entièrement et croyait définitive : elle avait duré plus de mille ans, c’était forcément sérieux  ! Cela dit, vous ne risquez pas de trouver un seul physicien qui se réclame encore d’Aristote après le milieu du XVIIe siècle, et les philosophes ont bien dû eux aussi repenser leurs systèmes d’explication du monde.

          Les philosophes actuels savent très bien que le matérialisme de leurs confrères du XIXe siècle, fût-il « dialectique », correspond à des conceptions très sommaires et très naïves que la théorie quantique a définitivement ratatinées. Etre « matérialiste », cela n’avait déjà plus aucun sens entre les deux guerres. La question qu’on se posait était déjà celle de savoir s’il existait quelque chose de réel au-delà des formalismes mathématiques Einstein le pensait, mais beaucoup de théoriciens de l’école de Copenhague considéraient qu’on n’en pouvait rien dire.

           


        • sleeping-zombie 22 février 2017 20:09

          @Christian Labrune
          Tu devrais en parler à Dugué. Que l’idée de « matière » ait évoluée parmis les physiciens au fil des siècles, pourquoi pas.

          Par contre :
          Les philosophes actuels savent très bien que le matérialisme de leurs confrères du XIXe siècle, fût-il « dialectique », correspond à des conceptions très sommaires et très naïves que la théorie quantique a définitivement ratatinées.
          ... là c’est du Dugué. Ne cherche pas la moindre once de philosophie dans la théorie quantique. Pas la moindre.


        • Christian Labrune Christian Labrune 22 février 2017 23:17

          Que l’idée de « matière » ait évoluée parmis les physiciens au fil des siècles, pourquoi pas.

          @sleeping-zombie

          Ce n’est pas une hypothèse, c’est un fait !
          Quand vous écrivez « Ne cherche pas la moindre once de philosophie dans la théorie quantique. Pas la moindre. », c’est carrément se foutre du monde : il n’y a rien, dans le domaine de la connaissance, dont la philosophie ne puisse et ne doive s’emparer. La pensée philosophique moderne est très largement tributaire d’une phénoménologie husserlienne que vous paraissez complètement ignorer, laquelle est aussi éloignée des arrière-mondes de l’idéalisme platonicien que d’un naturalisme naïf dont le matérialisme positiviste du XIXe siècle reste un des plus parfaits exemples. La notion d’épochè, qui est fondamentale dans la phénoménologie transcendantale, implique une mise entre parenthèse de ces conceptions naturalistes, et même une suspension de la thèse du monde. En cela elle est tout à fait en accord avec la physique moderne : il y a des formalismes qui marchent, mais la question de savoir s’il y a quelque chose de « réel » au-delà des équations reste tout à fait indécidable.

          Les contemporains de Marx imaginaient une matière constituée d’atomes insécables et massifs, comme ceux de Démocrite ou d’Epicure, mais si vous étiez réduit à la taille d’un électron et si vous vous baladiez à l’intérieur d’un bloc d’acier, vous n’auriez autour de vous qu’un vide immense à perte de vue ! Rien à voir avec les croyances d’un matérialisme ancien qui hypostasiait très naïvement et très allègrement l’objet de sa rêverie !


        • sleeping-zombie 23 février 2017 00:02

          @Christian Labrune
          le matérialisme philosophique ne s’est pas construit autour de la question « qu’est-ce qui fait la matière ? ».

          Découvrir au cours du 20eme siècle que la matière est principalement constituée de vide ne change rien à l’approche du matérialisme.
          Le matérialisme, c’est de dire que la famine provoque plus de troubles qu’une hérésie, même si lors du soulèvement, ce sont les religieux qui prennent la parole.
          C’est de dire que la 1ere guerre mondiale a eu lieu parce que tout le monde y voyait son intérêt, l’assassinat de l’archiduc n’a rien à voir avec la choucroute : si l’arsenal explose, c’est dû à la présence des tonneaux de poudre, pas de l’allumette.

          Tu peux me dire, concrètement, quelle interprétation matérialiste a été modifiée par la découverte de la mécanique quantique, ou de l’énergie atomique ?


        • Daniel Roux Daniel Roux 23 février 2017 08:36

          @sleeping-zombie

          Moi ! M’sieu ! Je sais !

          E=MC² soit M=E/C²

          La matière n’est pas seulement ce qu’elle paraît être. Elle est également énergie potentielle.


        • Daniel Roux Daniel Roux 23 février 2017 08:43

          Ce qui précède peut sembler n’avoir aucun rapport avec la philosophie matérialiste.

          Remplacer le fondement du matérialisme « Il n’y a que la matière » par « La matière et l’énergie sont les deux états de la même réalité. »

           

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