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La punition

Tout le monde sait que les mesures d’austérité auront des effets néfastes sur la nation grecque et ne font que reculer l’échéance de la dette en l’aggravant. Pourtant, l’Union Européenne vient d’imposer des mesures assimilables à des sanctions collectives contre un peuple qui n’a déjà plus que ses yeux pour pleurer. Quel est le véritable sens de cette farce ?

On sait que des fautes ont été commises. L’ancien gouvernement grec avait pris une décision coupable en engageant « la Firme » (le banquier Goldman Sachs qui s’est livré à un trucage de ses comptes publics) comme conseiller budgétaire, au moment de l’entrée de la Grèce dans la zone euro.

On sait aussi que les banques européennes ont prêté trop d’argent au gouvernement grec et aux banques grecques. Le gouvernement grec a peut-être acheté trop de matériel militaire à l’Allemagne et à la France, et quelques « amis » du gouvernement adeptes de la fraude fiscale se sont enrichis impunément.

Les élus européens, les gouvernements européens, les économistes européens, les architectes de la zone euro, tous sont impliqués dans la gestion de la zone euro, mais au lieu d’admettre leurs erreurs et d’en assumer les conséquences, ils s’acharnent un bouc émissaire. Il faut un exemple. « Quelqu’un doit payer ! » Et ils punissent la victime : le peuple Grec.

Un effacement de la dette grecque n’aurait que des conséquences mineures pour des créanciers privés qui en ont vu d’autres, mais l’exemple pourrait faire école, et ça, les « responsables » n’en veulent pas. Le sens de la punition de la Grèce est dans la force du modèle : il sert d’exemple pour les autres membres de la zone euro. Cette tragi-comédie aux apparences absurdes doit servir de « leçon » aux Européens qui pourraient avoir la velléité de se rebeller contre la dictature des créanciers dont les dirigeants européens sont les serviteurs.

Lorsque le référendum grec a été annoncé, Jean-Claude Juncker a déclaré qu’il se sentait « trahi ». Cette déclaration spontanée montre la contradiction entre démocratie et délégation de pouvoirs, mais aussi entre « public » et « privé ». La question est de savoir jusqu’où un créancier privé peut aller légalement dans l’endettement d’un état, mais aussi d’identifier le point de rupture à partir duquel la tension sera trop forte et se traduira par un écroulement de l’édifice..

 


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12 réactions à cet article    


  • mario mario 16 juillet 2015 13:52

    Alexis Tsipras est un europhilosophe de la première heure .
    tout ce qu’il a fait depuis 5 mois n’est que mise en scène . il ne fait aucun doute que :
    soit il démissionne (avant la fin du mois)
    soit c’est la guerre civile .
    le reste c’est du bla-bla


    • Philippe VINSONNEAU Philippe VINSONNEAU 16 juillet 2015 19:13

      soit effectivement il démissionne, le Parlement dans la foulée se dissout, l’argent est encaissée - de nouvelles élections Alexis Psipras est réélu - la Grèce quitte l’Europe et dit à la mère Merkel c’est pour ce que vos grands pères nous doivent bybye - affaire classée - décembre fort de cet exemple l’Espagne suit et quitte l’Europe à son tour - Enfin une bouffée d’air pur - toute cette racaille néo libérale capitaliste de parvenus nouveaux riches médiocres à genoux - nanananan bien fait !!!! un belle faillite internationale et terminée OUF ca aura été dure mais enfin on s’en ait débarrassé


    • oncle archibald 17 juillet 2015 09:37

      @Philippe VINSONNEAU

      I have a dream ….

    • diogène diogène 16 juillet 2015 17:23

      « Les leaders de Syriza sont des révolutionnaires d’un certain type — mais leur révolution est l’appropriation perverse et familière des mouvements sociaux-démocrates et parlementaires par des libéraux s’apprêtant à accepter la folie néolibérale et l’ingénierie sociale dont le vrai visage est celui de Wolfgang Schauble, ministre des finances allemand, et bandit impérialiste. »


      John Pilger

      • Béo Ulaygues Béo Ulaygues 16 juillet 2015 18:20

        « au lieu d’admettre leurs erreurs et d’en assumer les conséquences, »

        Sans malice, je trouve un peu naïf d’écrire ça.

        Leurs« erreurs » c’est de la corruption en gros, non ?

        Le dernier article d’Allard en parle très bien.

        Où bien comme le dis Sampiero tu fais partie de cette insistante vague sur AVx qui chercherait à saper les fondements de la « démocratie ».  smiley


        • Spartacus Spartacus 17 juillet 2015 09:06

          Quand un pays compte encore et toujours 800.000 fonctionnaires soit 40% de la population active. 


          Quand ce pays a utilisé l’emprunt pour embaucher des fonctionnaires, faire du clientélisme, s’acheter des jeux olympiques et des armes pour faire du tir sur cible fixe.


          Quand personne ne se décide à le dire. Quand le créancier est la caution. S’étonner qu’il aie maintenant des exigences ?

          Les gauchistes, sont comme des poules qui découvrent une paire de ciseaux.....

          • Béo Ulaygues Béo Ulaygues 17 juillet 2015 09:26

            @Spartacus

            2 millions d’actifs ? ... ?? ....  smiley


          • oncle archibald 17 juillet 2015 09:44

            @Béo Ulaygues : effectivement … le pourcentage avancé par Spartacus parait bidon puisque la population active recensée en 2013 est d’environ 4,9 millions (source INSEE).


          • diogène diogène 17 juillet 2015 10:29

            @Laissebéton

            autrefois, on racontait ce genre de salades sur les Italiens, ou sur les Corses, ou les Marseillais, enfin... ceux du sud, quoi !
            si vous voulez constituer un dictionnaire des idées reçues, commencez par lire celui de Flaubert
            vous pourrez le compléter
            (sauf que lui écrivait au second degré et vous au premier)

          • oncle archibald 17 juillet 2015 10:44

            @diogène mais Diogène pourquoi dire « autrefois » ? Le travail au black est un sport dans quasiment tous les pays du sud de l’Europe et si la politique de rigueur a produit en Grece l’effet contraire de celui espéré c’est notamment parce que ceux qui étaient encore un tantinet dans les clous sont passés eux aussi à l’économie souterraine d’ou une baisse de recettes fiscales très importante. Ceux qui sont vraiment à plaindre sont ceux qui pour une raison ou une autre ne font pas une partie de leur travail au black. Loin d’être une idée reçue c’est une réalité incontournable.


          • Spartacus Spartacus 17 juillet 2015 11:01

            @Laissebéton

            En fait dans les débats sur la dette les autorités Grèques ont étés « INCAPABLES » de chiffrer le nombre de fonctionnaires......
            Entre 700 000 et 1.2 millions..... Jolie fourchette de l’incompétence.

          • diogène diogène 17 juillet 2015 12:00

            @Spartacus

            vous devriez mettre des cagoules et pendre des esclaves qui essaient de s’enfuir

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