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La réforme du « Machin » : l’impossible défi

Les chefs des Etats transforment le projet de réforme de l’ONU en compromis diplomatique décevant. 60 ans après, que peut-on espérer du « Machin » ?

Le machin a 60 ans. Il a besoin de se revigorer par un petit coup de viagra réformateur pour redémarrer une nouvelle ère. « Le machin » est une appellation-caricature du président français Charles de Gaulle appliqué à L’ONU. Il n’aimait pas l’ONU ni les Américains qui l’avaient tenu en dehors de Yalta, lieu de partage et de razzia du monde en 1945. De Gaulle s’en foutait de Yalta. Il savait que les jeux étaient faits depuis 1944. Le monde serait désormais partagé en deux blocs, l’un américain représenté par Roosevelt le mourant, et l’autre russe défendu par Staline le vampire. La France et l’Angleterre ont eu un os qu’ils croquent depuis lors : une présence au Conseil de sécurité et une zone d’occupation en Allemagne. La destruction du mur de Berlin a marqué la chute du bloc russe : les pouvoirs ont horreur de la dichotomie, et l’hégémonie est égotiste par définition. Le machin a donc toujours été et continuera pour longtemps encore d’être un support de la politique extérieure américaine. C’est une histoire de rapport de forces, et c’est dans la nature de la nature. Pourtant le machin a eu des précurseurs de renom de la taille d’un Emmanuel Kant, d’un Nicholas II le tsar ou d’un W. Wilson Président des USA et artisan de feue la Société des Nations. La vision de Kant était belle comme peut l’être une pensée originelle de philosophe précurseur. Dans son livre « Projet de paix perpétuelle (1795) », Kant nous dit que la paix n’a de signification que si elle est perpétuelle. La paix n’est pas seulement la fin de la guerre. C’est le respect de la territorialité, de la souveraineté des autres, c’est l’abolition des armées (quelle paix), c’est l’impossibilité de s’endetter pour acheter des armes et c’est l’exclusion de toute pratique méphistophélique comme la création d’un Polisario pour mettre les bâtons dans les roues du voisin marocain, ou le bombardement de l’Irak sous prétexte d’armes de destruction massive ou de diffusion au Moyen Orient d’une démocratie bien spécifique. Tout le monde nous barbe avec cette démocratie. Je ne l’ai pas vue. Elle existe peut-être, mais je n’ai pas l’impression qu’elle puisse tenir ses promesses. Dans le meilleur des cas elle se réduira pour les spectateurs comme vous et moi au dépôt d’un bulletin de vote dans une urne au devenir incertain. Elle portera au pouvoir un acteur friqué d’une classe politique sans classe. Le porter au pouvoir aura un souci perpétuel : celui de vous exploiter au mieux pour réaliser ses ambitions les plus profondes et souvent les plus viles. Finalement nous aurons le choix démocratique d’acheter notre bouffe dans un supermarché (Brahim est mort vive la supérette), de zapper une parabole débilitante (c’est tout nouveau tout beau), de faire une bonne bouffe si votre femme est douée pour les petits plats sans mettre les pieds dans les grands, de payer des taxes et des amendes, de graisser des pattes puantes et de fermer notre gueule pour faire politiquement correct. La vraie démocratie commence quand le citoyen est passif et apathique (N. Chomsky). Vu que je suis né en 1949, le machin a accompagné une bonne partie de ma vie. Qu’est-ce qui a bien pu changer en 60 ans ? Le monde est plus riche, mais il y a de plus en plus de pauvres. Ma femme, ma fille et ma sœur ont théoriquement plus de droits, mais pour circuler sans être « psssittées » ou insultées, elles ont besoin d’un voile, d’un tchador ou d’un protecteur mâle. Sur le plan international, c’est toujours la loi du plus fort qui compte. Les conflits et les guerres sont plus nombreux. Le terrorisme fait de plus en plus de victimes. Les chefs des Etats réunis à New York à l’occasion du 60ème anniversaire de l’ONU vont voter un compromis après trois semaines de bras de fer. Ils zappent le désarmement, ne définissent pas le terrorisme, ne parlent pas des terrorismes des Etats. Désormais, un Palestinien, un Irakien qui défend sa souveraineté en attaquant un convoi armé risque de passer pour un terroriste aux yeux de l’ONU.. Que demande le peuple ?

Driss El FAHLI Casablanca le 15/09/05


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