La rentrée des miracles
Ce n'est plus un secret pour personne, les universités françaises éprouvent de plus en plus de mal sur le plan économique. Un problème au départ anecdotique qui tend, aujourd'hui, à se généraliser.
Que ce soit les étudiants, les professeurs, les directeurs d'université, il apparaît désormais clairement que les universités françaises, hormis quelques rares exceptions, sont dans le rouge. Certains diront, peut-être, que tout ceci est une des conséquences de la crise et, tout aussi rapidement qu'ils ont prononcé ce mot, refermeront le dossier. Et pourtant, il s'agit là d'un problème majeur.
Prenons le simple exemple de Paris III (La Sorbonne-Nouvelle). Chaque année, l’État est censé verser à l'université parisienne pas moins de 55 millions d'euros. Chaque année. Hélas, les derniers deniers provenant du ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche sont arrivés en 2010. Depuis ? Rien. C'est donc sur ses réserves « personnelles » que l'université vit depuis deux ans maintenant. Or, comme toujours, les réserves ne sont pas sans fin et les caisses sont de plus en plus vides. Dès lors, comment payer les enseignants non titulaires, comment mettre en place des infrastructures descentes pour les étudiants ? Eh bien, ces enseignants attendront un an avant d'espérer être payés et ces étudiants n'auront d'autre choix que de subir les coupes dans les différents budgets. A croire que la rigueur est partout.
Cet environnement fait dire à un des enseignants titulaires de l'université : « ici, chaque rentrée est un miracle. » Selon lui, si les 110 millions que l’État doit à la faculté n'arrivent pas avant juillet 2013, la mise en place d'une rentrée au mois d'octobre suivant sera très fortement menacée, voire impossible. Et ce n'est pourtant pas faute de relancer les courriers, signés par tout le dispositif enseignant ainsi que la direction, à destination des successifs ministres concernés, pour réclamer ce qui leur est dû. Toujours rien.
Adeptes des scénarios catastrophes, écoutez celui-ci. Les universités étant toutes d'ores et déjà surchargées, dans l'éventualité où Paris III devrait baisser son rideau rue du Santeuil, où iraient les milliers d'étudiants mis à la porte faute de moyens ? Devons-nous prendre le risque d'une américanisation des universités, qui les rendraient inaccessibles ? Devons-nous continuer à obliger les facultés d'augmenter toujours plus leurs frais d'inscriptions ? Devons-nous, nous aussi, attendre un remake de la révolution d'érable montréalaise ?
Chers dirigeants français, n'attendez plus un miracle, faites que la rentrée universitaire retrouve le chemin de la normalité.
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