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Accueil du site > Tribune Libre > La Révolution d’octobre et les luttes de libération nationale. Le (...)

La Révolution d’octobre et les luttes de libération nationale. Le droit du peuple catalan à disposer de lui-même (2e partie)

Une crise politique secoue l’Espagne et menace ce pays d’éclatement, un éclatement qui pourrait s’avérer catastrophique aussi bien pour la péninsule ibérique que pour le reste de l’Europe.

 

L’illustration catalane.

Le chauvinisme national menace les pays européens hantés par les tentations séparatistes de certaines bourgeoisies régionales non satisfaites du partage des pouvoirs, des responsabilités et surtout des revenus fiscaux établis lors de la création de leur union nationale, particulièrement en ces temps d’austérité où la bourgeoisie locale des provinces riches de l’empire européen se demande pourquoi partager avec les contrées sinistrées par le développement capitaliste inégal.

Selon un expert, la stratégie du grand capital européen serait de détruire les grands États multinationaux afin de renforcer le pouvoir de l’État fédéral bruxellois : « Cela fait des années que l’Europe politique poursuit son rêve d’existence et de puissance. Pour rendre réelle l’existence de cet État européen utopique, il faut évidemment éradiquer les États centraux multinationaux. C’est ce qui est consciencieusement fomenté depuis des années avec ce que l’on appelle la construction européenne ». L’auteur poursuit « Pour détruire les États nationaux, on utilise l’euro, l’immigration, le dumping fiscal et social de même que l’élargissement de l’Union. Petit à petit, à force de traités, la souveraineté des pays a été laminée. Parallèlement, il a toujours existé la volonté de la part de l’Europe de favoriser le séparatisme des grandes régions pour casser définitivement les États nations. (…) Celles et ceux qui sont pour la Catalogne indépendante sont pour le fascisme financier le plus abject, car les pays sont construits sur le principe des ententes de transfert (…) Les riches paient pour les pauvres. C’est la base de tout impôt et de tout système redistributif. Ceux qui défendent l’indépendance de la Catalogne sont les idiots utiles du système totalitaire marchand incarné par Bruxelles » (4).

Tout ceci n'est que sophisme et l’auteur commet nombre d’erreurs d’analyse (les riches ne paient pas pour les pauvres – même Monsieur Arnault n’y croit pas, et les autres milliardaires rigolent depuis leur paradis fiscal des iles anglo-normandes où les États complices ne sont pas pressés de rendre justice). Toutefois, l’auteur met le doigt sur une contradiction importante qui ébranle l’édifice multinational européen malmené par la tempête économique mondiale, crise que l'auteur néglige de considérer.

L’édifice politique européen s’articule à partir des villes, des régions, des États-nations et de la fédération dont les organismes exécutifs siègent à Bruxelles. Tant que l’économie roulait relativement bien – que chacun des niveaux de la chaîne de commandement politique bourgeois pouvait taxer à volonté et s’endetter autant que souhaitez, les factions capitalistes régionales et leurs larbins politiques locaux se satisfaisaient de ces arrangements de gouvernance. Mais la crise économique s’approfondissant de nouveaux arbitrages s’imposent et les factions bourgeoises plus gourmandes, et les petits-bourgeois paupérisés incapables de sanctionner les riches, planqués à l’étranger, crient à l’injustice et s’en prennent aux petits riches (sic). Évidemment, la go-gauche nationaliste et narcissique ne présente pas les choses sous cet angle, son égoïsme lui ferait honte. Elle préfère proclamer le droit du « peuple » catalan à « l’autodétermination et à se libérer » de l’oppression de Madrid. La soi-disant « liberté nationale » se résumant à ne payer de taxes et d’impôts qu’à son État régional fétiche. Le petit-bourgeois, ayant ainsi contribué à délester Barcelone du poids des régions sinistrées, espère que sa part des miettes que le bourgeois catalan laissera tomber de sa table sera plus grande pour lui. Il se leurre le petit-bourgeois catalan en oubliant que son premier oppresseur c’est le grand capitaliste de Barcelone. De plus, la crise économique systémique s’approfondissant, l’austérité viendra le trouver jusque dans son repère de Méditerranée. Incidemment, le petit-bourgeois catalan de la gauche d’avant-garde (sic) s’est-il demandé pourquoi les prolétaires catalans ne participent pas aux parades et aux démonstrations nationalistes des comarques ? C’est que l’ouvrier se rappelle des tueries de 1936-1939 quand il a servi de chair à canon sur le front au moment de la retirada. Il est également intéressant de constater ce que le grand capital fait de l'utopique "démocratie des riches" quand la fumisterie le discrédite. Le prolétariat participant de moins en moins à ces mascarades électorales n'a aucun intérêt à sacrifier sa vie pour sauvegarder cette fumisterie. Que la petite-bourgeoisie, éprise de "démocratie des riches" se sacrifie pour le salut de la patrie si elle en a envie.

 

LA DEUXIÈME PARTIE DE L’ARTICLE EST DISPONIBLE SUR LE WEBMAGAZINE http://www.les7duquebec.com/7-au-front/la-revolution-doctobre-et-les-luttes-de-liberation-nationale-le-droit-du-peuple-catalan-2e-partie/

 

La nouvelle structure de gouvernance impérialiste.

L’État dans son organisation n’est jamais que le reflet de la structuration politique du pouvoir économique. Sous l’Union européenne transnationale, l’État national s’estompe parce que le grand capital mondial, qui domine aussi bien les bourgeoisies supranationales, nationales, régionales, que municipales, veut construire une confédération d’États européens interdépendants, constitués d’un État confédéral, chapeautant des États nationaux interdépendants, rassemblant eux-mêmes des régions au sein de chaque nation fédérative (catalan, aragonais, basque, breton, corse, sicilien, napolitain, lombard, flamand, wallon, anglais, écossais, gallois, etc.). Ce projet politique confédéral est mis de l’avant par les laquais politiques au service des patrons du grand capital mondialisé dans sa concurrence contre les autres alliances impérialistes. À capital mondialisé doit correspondre l’État capitaliste intégré et globalisé.

Effectivement, au niveau confédéral – ou supra national – les particularismes nationaux sont une entrave à l’unification, à charge pour les marionnettes politiques nationales d’en prendre charge et de les niveler ou de les évacuer vers le niveau régional où les bourgeoisies régionales se satisferont des miettes qui leur restent. Et voici que la « bourgeoisie nationaliste catalane » plastronne afin d’obtenir une plus grande part de la tarte fiscale. Sous prétexte que Che Guevara et Lénine ont appelé à la pseudo « autodétermination » des bourgeoisies nationalistes chauvines, le prolétariat catalan, de multiples origines, devrait se liguer pour obtenir le privilège de payer plus de taxes à Barcelone qu’à Madrid ? Jusqu’à reprendre la guerre civile au cri de « Viva la muerte » en l’honneur du « présidente » Puigdemont planqué à Bruxelles. Les prolétaires madrilènes devraient eux se mobiliser pour que ce soit les capitalistes madrilènes et le « présidente » Rajoy qui obtiennent l’avantage fiscal ?

 

L’opportunisme de la bourgeoisie catalane.

En octobre 2017, profitant de la conjoncture politique favorable, engendrer par la conjoncture économique défavorable, la faction catalane du grand capital espagnol, après celle de l’Écosse, mais avant celle de Flandre, du Pays basque et du Piedmont italien, appela la populace locale à entonner l’hymne Els Segadors bien connu des nationalistes républicains chauvins qui ont fait tant de mal aux prolétaires chair à canon dans l’Espagne des tranchées, des blindés, de la guerre civile et du génocide. Ils espéraient ainsi, après avoir brocardé Madrid, renégocier le pacte de partage de la cagnotte fiscale en prenant des airs de « libérateurs » ces fraudeurs voraces, tout aussi pugnaces que ceux d’en face. Massivement, le prolétariat catalan conscient refusa de participer à cette mascarade référendaire, signifiant ainsi que cette fois il ne verserait pas son sang pour les courtisans du capital. 

La question est tranchée, les luttes nationalistes chauvines n’apportent que la haine, la mort, le désespoir dans les foyers ouvriers divisés, mais jamais le travail, la prospérité, ni la liberté de classe aussi loin que le regard puisse porter au-delà des frontières du ghetto national. La classe ouvrière n’a pas de patrie et la Terre est son univers de survie. À bas le nationalisme chauvin, vive l’internationalisme prolétarien.

 

ANNEXE

 

LA PREMIÈRE PARTIE DE CET ARTICLE EST DISPONIBLE SUR LE WEBMAGAZINE http://www.les7duquebec.com/7-au-front/la-lutte-de-liberation-nationale-catalane-le-droit-du-peuple-catalan-a-disposer-de-lui-meme/

 

NOTES

 

  1. Bruno Guigue (2017). L’étincelle d’octobre II. https://www.legrandsoir.info/1917-2017-ii-l-etincelle-d-octobre.html
  2. Samir Amin (2017). « Révolution d’octobre et mouvements de libération nationale » https://vimeo.com/239809567?from=outro-embed
  3. Robert Bibeau (2017). Question nationale et révolution prolétarienne sous l’impérialisme moderne. L’Harmattan. https://www.amazon.ca/Question-nationale-r%C3%A9volution-prol%C3%A9tarienne-limp%C3%A9rialis/dp/2343114749/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1496234995&sr=8-1&keywords=Robert+Bibeau
  4. https://www.legrandsoir.info/1917-2017-ii-l-etincelle-d-octobre.html

 


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7 réactions à cet article    


  • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 13 novembre 16:58

    Deux choses son paradoxales dans la situation actuelle :


    - ce sont les bourgeoisies dites « de gauche » et pro républicaines qui souhaitent le démembrement de la solidarité nationale alors que la bourgeoisie plus réactionnaire de Madrid veut maintenir l’unité

    - l’édifice central européen qui entend taxer (rançonner ?) les peuples est le même qui met en place les zones de franchises appelées paradis fiscaux qui, en aspirant ce que la production de richesse devrait verser au fisc des états, produisant ainsi une paupérisation des consommateurs qui ne peuvent plus faire tourner la machine économique.

    Ces contradictions commencent à provoquer des fissures qui seraont de plus en plus difficiles à colmater.

    • Robert Bibeau Robert Bibeau 13 novembre 18:41

      @Jeussey de Sourcesûre


      Cher Jeussey. Vous trouvez ces pseudos contradictions paradoxales parce que vous vous laissez prendre par la mystique bourgeoise et les avis d’experts capitalistes.

      1) Bourgeoisies de gauche et de droite ne sont que le fruit de l’imagination des médias menteurs qui radotent si souvent ces inepties que l’on finit par y croire. La gauche bourgeoise c’est le bon FLIC, la droite bourgeoise c’est le méchant flic, celui qui frappe pour que tu crache le morceau.

      2) La petite-bourgeoisie fait en réalité une différence dans cette affaire. Ce que j’explique en détail. Elle est en voie de paupérisation - disparition du à la crise et elle se bat pour sauver ses anuités qui lui sont servis par l’État - ex- providence mais qu’elle voudrait TOUJOURS providentielle. Mais L’État doit d’abord servir son maitre avant ses laquais.

      3) On en arrive a ton second paradoxe - pas paradoxal du tout. Je l’ai écrit l’État doit servir ses maitres du grand capital sinon les larbins seront chassés du poulailler par le renard trop avide alors les braillages à propos des échappatoires fiscaux ne sont qu’une façon de frapper encore davantage les petits-bourgeois (ceux qui ont le moyen de se payer un petit fond de pension) qui seront frappé par l’État des riches sous prétexte d’avoir dissimulé quelques euros à l’impot

      4) Pendant ce temps ARNAULT le multimilliardaire aura déménagé sa ménagerie et ses yaths en Arabie à l’abri avec ses amis 

      5) Les fissures comme tu dis sont les réelles contradictions du système dans sa quintessence = il n’y a plus moyen de VALORISER = FAIRE PROFITER = ACCROITRE  tout ce capital inemployé - paralysé - atrophié - mortifié alors oui la guerre mondiale détruira ce capital en jachère afin de lui permettre de redémarrer sur les ruines de son bucher.

      Merci de ton intervention

        

    • bob14 bob14 14 novembre 06:26

      Le droit du peuple catalan à disposer de lui-même... ?...ben NON..ce sont des Espagnols avec des lois Espagnoles.. !


      • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 14 novembre 08:06

        @bob14

        Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes n’est pas un terme reconnu par le droit international en tant que tel, mais d’autres références sont utilisées pour trancher ce genre de litige.

        Votre commentaire est représentatif des positions officielles de l’état français, car la France n’a toujours pas ratifié la Convention 169 de l’Organisation internationale du travail relative aux peuples indigènes et tribaux de l’Organisation internationale du travail, seul instrument juridique international contraignant relatif aux peuples indigènes et tribaux, qui reconnaît notamment leurs droits collectifs à la terre et leur droit à l’autodétermination. 

        Le cas français illustre la réticence des états-nations à reconnaître le statut de « peuple » à des minorités régionales et l’ambiguïté de la notion. Exemple : la décision no 91-290 DC du 9 mai 1991. Le Conseil Constitutionnel, après avoir démontré que le concept juridique de « peuple français » avait valeur constitutionnelle, et rappelé que la France, ainsi que le proclame l’article 1 de la Constitution de 1958, est une république indivisible, laïque, démocratique et sociale qui assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens quelle que soit leur origine, a jugé que la mention faite par le législateur du « peuple corse, composante du peuple français » était contraire à la Constitution, laquelle ne reconnaît que le peuple français, composé de tous les citoyens français sans distinction d’origine, de race ou de religion.

        Le corollaire de cette décision est l’application « stricto sensu » du droit du sol, le tracé éternel des frontières et l’intégration sans réserves de toute personne naturalisée française.

      • placide21 14 novembre 08:46

        @bob14l
        Je suis d’accord avec vous sur la forme ,mais dans le fond il se passe quelque chose : J’ai déambulé dans les rues de Barcelone ce samedi ,et j’ai été impressionné par les centaines, voire les milliers de jeunes ,type étudiant, qui sillonnaient la ville calmement ,sans cris, avec le drapeau catalan en cape ou en robe .


      • bob14 bob14 14 novembre 08:52

        @placide21..on peut comprendre ces manifestations de certains, mais l’essentiel est de garder l’unité d’un pays, sinon on trouve vite l’anarchie... !


      • Robert Bibeau Robert Bibeau 14 novembre 12:19

        @ A tous


        En effet, j’ai rédigé cet article en étant pleinement conscient que la machine médiatique officielle (les médias menteurs) avec les moyens dont ils disposent parvenait à formater la populace espagnole mais aussi celle des autres pays européens dans la matrice nationalisme catalan  contre nationalisme espagnole. 

        C’est le tour de passe - passe que la bourgeoisie adore jouer - étant au pouvoir depuis des siècles le grand capital est rompu à ce type d’exercice = même la go-gauche s’y laisse prendre.

        De fait comme je l’écris ci-haut le conflit est entre les voraces bourgeois catalans et la petite-bourgeoisie catalane stipendiée et les pugnaces bourgeois madrilènes et la petite-bourgeoisie espagnole qui se disputent le partage des taxes et des impôts spoliés dans les limites du territoire catalan.

        Ce conflit ne concerne que la bourgeoisie et nullement la classe ouvrière productrice de plus-value - de valeur et finalement des taxes et des impots qu’elle est assurée de devoir payer à l’un ou à l’autre. Les jeunes qui se promènent avec le drapeau catalan ou espagnole ne font qu’exprimer leur confusion car nul médias aux ordres ne décrit ainsi le conflit, qui est un conflit de classes et non pas un conflit nationaleux. 

        La classe ouvrière espagnole a choisi la bonne voie cette fois-ci (contrairement à 1936) elle laisse braire les petits-bourgeois vite à bout de souffle et qui n’osera pas prendre les armes comme en 1936 sans l’appui du prolétariat. 

        Le prolétariat apprend de ses erreur comme vous voyez. 




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