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Accueil du site > Tribune Libre > La Russie, de la boue des tranchées aux propos fangeux du président (...)

La Russie, de la boue des tranchées aux propos fangeux du président Macron

« On ne protégera pas les Européens si on ne décide pas d’avoir une vraie armée européenne face à la Russie qui est à nos frontières et qui a montré qu’elle pouvait être menaçante  » Emmanuel Macron

 

À l’heure du débat sur l’intégration ou non du maréchal Pétain aux commémorations du centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale, la phrase du Président de la République est passée quelque peu inaperçue. Est-ce à cause de l’image (trop) négative de la Russie en Europe ? Est-ce à cause d’une opinion sensible aux propos du Président Macron ? Je dirai surtout que le peu d’émotions suscitées (laissées seulement au Rassemblement national et à un historien, Édouard Husson, dont on ne peut que saluer le sain rappel qu’il a signé dans Atlantico) vient d’une histoire balayée des mémoires. Bien sûr, les commémorations du centenaire ne feront pas exception, et tandis que l’on parlera, à juste titre, des Tommies ou des troupes coloniales, des hommes de l’avant et des femmes de l’arrière, on oubliera que les victoires et les défaites se sont jouées collectivement, sur les fronts ouest et est.

 

Si l’on ne peut reprocher à Emmanuel Macron d’avoir baigné dans la même ignorance que la grande majorité de ses concitoyens, souffrant de l’acrimonie du système scolaire français pour la Russie, « l’Ogre soviétique », il est regrettable qu’un président ne sachant pas, privilégie la bourde au silence. Avouons-le, les conséquences autour d’une table du café du commerce sont moins graves et, pour tout dire, moins blessantes.

 

Il y a cent ans, la Russie a payé un lourd tribut durant la Première Guerre mondiale, qui ne fut pas seulement humain. Une révolution la fit sortir de la guerre avant son terme, et elle paya cela par une ostracisation des vainqueurs. Malgré ses pertes, des millions d’hommes en trois années et demi de guerre, elle ne défila pas sous l’Arc de triomphe à Paris avec ses alliés. La France, le « pays ami » loué par le tsar Nicolas II, démantela la Russie de l’Ouest, aidant à l’indépendance de la Pologne, accordant la Bessarabie à la Roumanie, tout cela pour établir, selon Clémenceau, « un mur contre le bolchevisme ». Ce même Clémenceau qui, recevant le grand-duc Alexandre Mikhaïlovitch, membre de la famille impériale de Russie venu lui demander de l’aide contre les bolcheviks reçut après un « non » irrémédiable cette cinglante réplique : « Le bolchevisme est le mal des nations vaincues ».

 

Il y a cent ans, les Russes, tout du moins les Russes blancs, ont accepté cette ostracisation, aussi scandalisés par le traité de Brest-Litovsk que les nations alliées, considérant leur attitude comme une juste réponse à la démarche inique du gouvernement bolchevik. Pourtant, ils auraient pu invoquer la Marne. Qu’aurait-elle été, si à la fin d’aout 1914, s’enfonçant précipitamment en Prusse-Orientale, les Russes n’avaient surpris les Allemands ? Qu’aurait-elle été si les armées des généraux Samsonov et Rennenkampf n’avaient obligé les Allemands à maintenir leurs troupes sur le front est ? Ces derniers n’avaient alors aucun plan pour la Russie. Saint-Pétersbourg (Pétrograd) était à mille kilomètres de Königsberg, la capitale de la Prusse-Orientale, et les Allemands étaient à quatre-vingts kilomètres de Paris en septembre 1914. Il y a tout lieu de penser qu’en 1914, la guerre se serait terminée pour la France comme en 1870, par un siège de la capitale, ô combien plus destructeur et meurtrier, et une défaite, plus cruelle encore. Une armée russe de 200 000 hommes tomba en aout 1914, pour le succès de la Marne, en septembre de la même année.

 

Les Russes auraient pu aussi invoquer Verdun. En mars 1916, Maurice Paléologue, ambassadeur français en Russie assura en personne la projection d’un film de propagande sur les défenseurs de Verdun au palais impérial pour convaincre l’empereur de passer à l’offensive dans le but de détourner une partie de l’armée allemande. Ce même Maurice Paléologue qui n’hésita pas à avouer dans ses mémoires qu’un soldat russe mort manquait moins à son pays qu’un Français pour le sien, car moins diplômé, « presque analphabète » et qu’à choisir, mieux valait le sacrifice d’un ignorant que d’une intelligence. L’empereur Nicolas II n’avait prévu aucune opération en mars, ses généraux s’opposèrent à une offensive, mais il ne put se résoudre à abandonner Verdun et à rendre inutile un tel sacrifice. Ce fut l’opération Narotch, vaine pour la Russie, sanglante car préparée à la hâte pour sauver la France. En mars 1916, dans le froid glacial, près de quatre mille soldats russes tombèrent chaque jour dans les marécages gelés de Narotch, pour « occuper » les Allemands et soulager à nouveau l’allié français. Combien d’autres sollicitations encore ? 500 000 hommes demandés à la Russie par la France pour renforcer son front qu’elle ne put que partiellement lui fournir.

 

On aurait pu croire qu’en 1918, les Alliés n’oublieraient pas complètement le sacrifice russe dans la guerre. Il n’en fut rien. Les Américains et les Italiens lorgnèrent vers les richesses des « morceaux d’Empire » devenus indépendants. La France et l’Angleterre, plutôt que de lutter contre le bolchevisme tentèrent d’ériger un mur en Europe derrière lequel ils laissèrent leur ancien ami. Ce mur, bien sûr, construit à la va-vite, vola en éclat quelques années plus tard, lorsque les Soviétiques arrivèrent à Berlin, débouché sur la Guerre Froide.

 

S’il y a bien une qualité souvent souligné chez les Russes par les voyageurs européens d’hier, c’est leur absence totale de rancune. L’orthodoxie apprend qu’un saint n’est pas un homme sans faiblesse, mais un homme qui tente de les surmonter, et le pardon est inévitablement, dans la nature russe. Nicolas II n’a-t-il pas pardonné à ceux qui l’ont trahi ? Sans doute pardonneront ils encore, en 2018, l’affront belliciste de notre Président, après les attaques gratuites des Britanniques, et les sanctions vaines des Américains. La Russie pardonnera avec d’autant plus de facilité, qu’elle sait que l’Europe qui la voit comme une menace, existe par elle. Alors pardonnons au Président Macron, pensons que des soldats russes aussi sont morts sur le sol français et pas seulement dans les plaines glacées de l’Europe de l’est, et qu’au moment où l’on tend si aisément la main fraternelle à l’Allemagne pour les commémorations des deux guerres, il serait bien honteux que la Russie ne soit dans nos mémoires comme dans la bouche de notre Président, qu’une « menace ». Disons à nos amis russes, à la place de notre Président, que pour le sang versé de commun, ils n’ont jamais cessé d’être dans nos cœurs.

 

Signé, un Français, amoureux de la Russie et zélote de Nicolas II parce qu’il sait ce qu’il leur doit. 

pagealexandre020@gmail.com


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86 réactions à cet article    


  • NEMO NEMO 9 novembre 16:47

    c’est vrai qu’il devient pénible, le petit asticot


    • Alexandre PAGE 9 novembre 16:50

      Erratum :

      Dernière phrase du troisième paragraphe :

      "Ce même Clémenceau qui, recevant le grand-duc Alexandre Mikhaïlovitch, membre de la famille impériale de Russie venu lui demander de l’aide contre les bolcheviks lui adressa (et non reçut), après un « non » irrémédiable cette cinglante réplique : « Le bolchevisme est le mal des nations vaincues ».


      • Alren Alren 10 novembre 14:21

        @Alexandre PAGE


        Vous faites de l’histoire-fiction !!!


        D’abord vous oubliez que la France était entrée en guerre parce qu’elle avait signé un traité d’assistance mutuelle avec la Russie !


        Rappelons le processus : l’archiduc d’Autriche est assassiné à Sarajevo par une serbe qui agit en dehors de son gouvernement. Mais l’Autriche considère que celui-ci est responsable de l’attentat, ce qui est scandaleusement faux et envenime la situation pour déclarer la guerre à la Serbie.

        Celle-ci fait appel à son « frère slave » le tsar qui déclare la guerre à l’Autriche.

        L’Autriche fait appel au kaiser qui déclare la guerre à la Russie.

        La Russie étant en guerre, la France y entre à son tour.

        C’est bien la Russie qui a causé l’entrée en guerre de la France !


        Or, malgré une industrialisation à marche forcée de la Russie avec des capitaux français, les fameux emprunts russes, son armée est certes nombreuse en hommes mais souffre d’une grande insuffisance matérielle.

        À l’ère des mitrailleuses et des canons de campagne à tir rapide et précis dont dispose ne abondance les Allemands, ces masses d’hommes à l’offensive à découvert seront fauchés par régiments entiers. Ajoutons la médiocrité du commandement russe du haut en bas de la hiérarchie et le profond mépris qu’ils éprouvent pour les moujiks en armes aussi illettrés que l’étaient les paysans français de la guerre de 1870, ceux-ci à la suite de la loi Falloux qui confiait l’enseignement à l’église catholique.


        En 1870, Paris était entouré d’un rideau de troupes (bavaroises). Les prussiens étant occupés dans l’est. Si une armée partie de Tours était montée à Paris par le chemin de fer, les bavarois auraient été vaincus. Mais une victoire de la France à ce moment aurait amené au pouvoir des républicains « de gauche » voire, horreur !, des socialistes.

        C’est pourquoi Thiers et les généraux réactionnaires et royalistes ont tout fait pour que Paris la rouge soit vaincue, acceptant que la France soit vaincue pour cela. Aucune armée n’est partie de Tours ...


        Il y a tout lieu de penser qu’en 1914, la guerre se serait terminée pour la France comme en 1870, par un siège de la capitale, ô combien plus destructeur et meurtrier, et une défaite, plus cruelle encore. Une armée russe de 200 000 hommes tomba en août 1914, pour le succès de la Marne, en septembre de la même année.


        Le plan Schlieffen amélioré ne prévoyait pas une attaque vers Paris venant de la Belgique neutre, mais un contournement des armées françaises massées devant l’Alsace-Lorraine allemande.

        Une pointe vers Paris aurait amené pour les Allemands le risque de voir arriver dans son dos une partie de cette armée français à l’est pendant que la capitale entourée encore de forts avec des canons modernes et d’une garnison de 200 000 hommes aurait tenu en échec les assauts ennemis suffisamment longtemps pour que la tenaille se referme.


        Pour soulager les défenseurs de Verdun en 1916, les Britanniques et les Français ont lancé une offensive sur la Somme. C’est cela qui a obligé les Allemands à déplacer des troupe sur le western front. L’offensive française fut une réussite mais celle des Anglo-saxons échoua obligeant nos troupes à reculer. Mais la majorité des Allemands morts dans cette sanglante bataille furent tués par les Français.





      • Alexandre PAGE 10 novembre 16:54

        @Alren

        La France entre en guerre car elle est attaquée. Les Allemands font des incursions à Longwy, Jonchery, Cirey (entre autres), avant même qu’il y ait des déclarations de guerre entre l’Allemagne et la France. 

        Par ailleurs, le parti belliciste à Paris est remonté à fond. Paléologue rassure lui-même Poincaré sur le rouleau-compresseur russe pour pousser un peu plus à la roue ses amis de France.


      • Alren Alren 10 novembre 20:02

        @Alexandre PAGE

        Les Allemands font des incursions à Longwy, Jonchery, Cirey (entre autres), avant même qu’il y ait des déclarations de guerre entre l’Allemagne et la France. 

        Mais cela a eu lieu bien avant 1914 !
        Dès les années suivant 1871, les uhlans ont fait des chevauchées de terreur à quelque kilomètres de la frontière. Mais la France vaincue, humiliée et amputée n’avait pas les moyens d’entrer de nouveau en guerre, non pas contre la Prusse mais désormais un empire allemand beaucoup plus peuplé qu’elle.

        Dès la déclaration de guerre en 1914, les cavaliers français ont pourchassé les cavaliers allemands pour une sorte de revanche.
        Vaincus à chaque fois qu’ils acceptèrent l’affrontement, les uhlans prirent l’habitude de fuir devant les Français pour les attirer sur des sites où nos cavaliers étaient massacrés par des mitrailleuses à tir rapide embusquées.


      • Alexandre PAGE 10 novembre 21:26

        @Alren

        Eh bien alors, pourquoi me dites-vous que la France est entrée en guerre pour la Russie ? Elle est entrée en guerre car elle pouvez réagir en 1914 grâce à la Russie (le rouleau compresseur tel que présenté grosso-modo par Paléologue). La France voulait l’Alsace-Lorraine, point. L’alliance russe et un pretexte qui lui a permis de croire ce rêve possible. 


      • Alren Alren 11 novembre 18:51

        @Alexandre PAGE

        Le traité avec la Russie faisait obligation à la France d’entrer en guerre à ses côtés, ce n’était absolument pas un prétexte !!!

        La France de 1914 avait connu une révolution silencieuse par rapport à 1870.
        Elle avait réduit à quasi néant la puissance des réactionnaires royalistes, catholiques ultra, gentilshommes ruraux, passéistes de tout poil qui soutenant Napoléon III contre les ouvriers urbains et les intellectuels, avaient tant contribué à la défaite de 1870.

        Elle avait (enfin) décrété l’école pour tous en 1880-1881 et confié l’enseignement non à des prêtres pour qui l’essentiel était l’enseignement religieux, mais à des instituteurs laïcs qui donnaient une place beaucoup plus grande aux sciences.

        Elle avait réussi le révolution industrielle : en 1900, c’était le pays qui possédait le plus d’automobiles au monde et c’est sur son sol qu’affluèrent de partout les pionniers de l’aviation.
        Ce qui n’empêcha pas que les découvertes et inventions pour obtenir un appareil capable de décoller, voler des heures à haute altitude fut le fait d’ingénieurs et d’industriels français.

        Entre 1914 et 1918, l’industrie de guerre française surclassa complètement l’allemande, handicapée il est vrai par le blocus naval de la Royal Navy.

        Cela, les Allemands, plein de mépris pour les « gaulois » ne l’avaient pas anticipé, non plus que le soldat français surclassait désormais l’allemand.


      • Alexandre PAGE 11 novembre 19:01

        @Alren

        Sauf que vous semblez oublier que c’est l’Allemagne qui a agressé la France en premier lieu. L’entrée en guerre était inévitable pour la France, puisque les Allemands s’apprêtaient aimablement à l’envahir ! Si la Russie avait été seule concernée, peut-être la France aurait-elle en effet respecté ses engagements, mais c’est de l’expectative, puisque l’Allemagne a attaqué sur les deux fronts en même temps et ne nous permettra jamais de le savoir.

        Pour ce qui est des développements technologiques, ne nous enflammons pas. Le premier avion capable d’embarquer de lourdes charges explosives ou un équipage était russe (le Mouromets), cela n’a pas empêché la Russie d’être technologiquement obsolète en 14. L’Allemagne avait une logistique très supérieure à la France, notamment en matière de transport, ce qui lui a permis d’ailleurs de mener le combat sur deux fronts en déplaçant très rapidement des troupes de l’ouest vers l’est et inversement (sachant que les attaques des deux côtés étaient très mal coordonnées).


      • cétacose2 9 novembre 17:42

        face à la Russie qui est à nos frontières et qui a montré qu’elle pouvait être menaçante  » Emmanuel Macron ....nous devons nous barrer ....en Afrique...Ou alors leur demander de reculer...


        • Alren Alren 10 novembre 20:07

          @cétacose2

          De toute son histoire, la Russie n’a franchi ses frontières de l’ouest que parce qu’elle était attaquée, des Chevaliers teutoniques, des Suédois, aux nazis sans oublier Buonaparte, le grand criminel, qui par cette guerre a ruiné la France et a permis que le XXe siècle soit anglais.


        • devphil30 devphil30 9 novembre 18:14

          Et on peux ajouter "Il y a 70 ans, la Russie a payé un lourd tribut durant la Deuxième Guerre mondiale

          "

          Mais cela l’Europe et les USA ne veulent plus savoir , les USA comme à leur habitudes ont attendu que la situation soit bien avancée pour envoyer des troupes.

          Trop content de fournir des armes pendant des années mais impatient d’arriver pour la signature de la victoire ....

          Bravo à la Russie et au peuple Russe qui a une âme , un cœur et du courage au contraire des nations anglo saxonnes qui ne sont que perfidie et nostalgie de l’esclavage et du colonialisme


          • baldis30 9 novembre 19:09

            @devphil30

            bonjour, 
            excellent !
             je signe .... ne pas oublier que sur les 60 millions de morts dus à la deuxième guerre mondiale 25 millions étaient russes ...
            Stalingrad la fin du début, Koursk, le début de la fin ... certes n’oublions pas en même temps les campagnes d’Afrique d’Alamein à Torch elles eurent leur poids mais omettre les autres est un crime contre la mémoire


          • Alexandre PAGE 9 novembre 19:16

            @devphil30

            Tout à fait. A noter que la Russie est l’une des rares puissances européennes à ne pas avoir mené de politique de colonisation en Afrique. Elle a établi des liens stables avec l’Ethiopie, envoyant notamment une mission sanitaire sur place et des formateurs pour l’armée de Ménélik pour l’aider dans sa défense contre l’Italie, et alors que l’Angleterre lorgnait sur l’Abyssinie.

             


          • titi 10 novembre 01:42

            @devphil30

            L’URSS a une responsabilité énorme sur la déclenchement de la guerre.

            L’URSS a été factuellement l’allié de l’Allemagne nazie.

            Ca c’est un fait.

            L’autre fait c’est que de mai 40 à mai 41, l’Angleterre, donc nation anglo saxonne, résiste seule face aux nazis.
            C’est sûr que la manche les a aidé. Mais il n’empêche qu’ils étaient seuls.


          • titi 10 novembre 01:46

            @Alexandre PAGE

            « A noter que la Russie est l’une des rares puissances européennes à ne pas avoir mené de politique de colonisation en Afrique.  »
            Ca c’est sûr !
            Ils ont colonisé des peuples européens et des les peuples d’Asie Centrale.

            Ils pouvaient pas être partout.


          • Alexandre PAGE 10 novembre 09:40

            @titi

            Ils n’ont rien colonisé du tout. Chaque peuple au sein de la Russie avait son statut à lui avec des droits d’ailleurs différents. Ainsi, les Finlandais avaient leur assemblée et leur constitution. Le Khanat de Kiva et l’Emirat de Boukhara étaient toujours dirigés par leurs souverains qui sur leurs territoires régnaient en souverain absolu tout en étant suzerain de l’empereur. 

            Les conflictualités ont été plus vives avec les Polonais, mais en l’occurence liées à une histoire chaotique (notamment à l’époque napoléonienne) entre les deux pays. 

            Dès son origine, l’Empire russe était une confédération, et les cultures, les identités sont beaucoup moins lissées, même encore aujourd’hui, en Russie, qu’elles ne le sont en France où tout le monde doit demeurer contraint et forcé dans le « moule français ». 


          • vesjem vesjem 10 novembre 10:44

            @devphil30
            merci pour cet article
            Que penser également de l’attitude scélérate et incroyablement indigne de hollande (comme de la plupart des chefs d’états occidentaux), refusant de se rendre à l’invitation de Poutine pour la commémoration du 70ième anniversaire de la victoire contre les allemands, eu égard aux 25 millions de soviétiques morts durant la guerre 39/45
            Nous serions aujourd’hui une colonie allemande si nos amis russes n’avaient pas été là


          • Venceslas Venceslas 10 novembre 13:00

            @Alexandre PAGE
            « Ils n’ont rien colonisé du tout. » Non mais vous rigolez ? Et la Sibérie ? Et toutes ces guerres de conquête, le pompon ayant été décroché par Catherine II ? 


          • Alexandre PAGE 10 novembre 13:14

            @Venceslas

            Aux dernières nouvelles aucun yakoute ou nenets n’a été contraint de devenir orthodoxe. Ils pratiquent encore leurs coutumes animistes, ils parlent leurs langues, ils vivent selon leurs traditions et s’habillent à leur manière. Ces derniers ne sont jamais devenus esclaves et n’ont jamais été des sous-citoyens dans l’Empire russe. 

            Vous sentez la nuance...


          • jesuisdesordonne jesuisdesordonne 10 novembre 15:56

            @devphil30
            " les USA, comme à leurs habitudes, ont attendu que la situation soit bien avancée pour envoyer des troupes

            "
            Oui et ils ont aussi aidé les bolcheviks qui souhaitaient le retrait des russes, contrairement aux Mencheviks.


          • titi 10 novembre 16:07

            @Alexandre PAGE

            « Les conflictualités ont été plus vives avec les Polonais, mais en l’occurence liées à une histoire chaotique (notamment à l’époque napoléonienne) entre les deux pays. »

            J’ai bien ri merci !
            C’est bien entendu la faute à Napoléon ! Bon sang mais c’est bien sûr !
            Les dépeçages de 1772, 1793, 1795 ca ne vous dit rien ?


          • Alexandre PAGE 10 novembre 16:12

            @titi

            Il ne vous aura pas échapper que j’ai précisé « notamment ». Cela étant, les trois partages relèvent de la propre anarchie polonaise à cette époque, incapable même d’opposer la moindre résistance. Sachant que la Pologne était en plus à cette époque un conglomérat aussi peu naturel que ne l’était l’Autriche-Hongrie, voué inévitablement à exploser.


          • titi 10 novembre 16:25

            @Alexandre PAGE

            Le servage a été aboli en Russie en 1861.
            L’esclavage était donc la situation de la majorité des habitants de l’empire.

             


          • titi 10 novembre 16:27

            @Alexandre PAGE

            Ah bien sûr !

            Vous avez raisons : ils sont trop nuls ces polonais incapables de résister à la Prusse, l’Autriche et la Russie coalisée.

            C’est donc leur faute !


          • Alexandre PAGE 10 novembre 16:31

            @titi

            Mais bien sûr, il ne vous ait jamais venu à l’idée du pourquoi de l’usage du terme servage au lieu du terme esclavage pour désigner le cas russe ? Peut-être que ce n’est pas pareil !


          • Alexandre PAGE 10 novembre 16:33

            @titi

            Ils n’étaient pas coalisés. En 1772 il n’y a même pas eu lutte. Pour le deuxième ce sont les Polonais eux-mêmes qui ont demandé l’aide de la Russie (manifestement on se demande pourquoi s’ils étaient si revanchard) et l’Autriche n’était pas impliquée, et le troisième partage s’est fait à l’issue d’une guerre civile.


          • Alren Alren 10 novembre 20:14

            @Alexandre PAGE

            A noter que la Russie est l’une des rares puissances européennes à ne pas avoir mené de politique de colonisation en Afrique.

            C’est vrai mais l’objectivité nous oblige à préciser que ses colonies, elle les fit au sud de son territoire (conquête de Kazan par les troupes d’Ivan le terrible) et conquête de la Sibérie, leur Far East.

            Lors des vagues de colonisations au XXe siècle, les Russes n’avaient pas accès à la Méditerranée, chasse gardée des Anglais pour qui cette mer était vitale sur la route des Indes. Et qui avaient déjà déclenché la guerre de Crimée pour lui fermer cet accès, avec l’aide imbécile de la France que cette lutte ne concernait pourtant pas.


          • Alexandre PAGE 10 novembre 21:30

            @Alren

            J’ai déjà répondu à ce sujet. La Sibérie n’a rien à voir avec une colonie africaine anglaise ou française. Pas de politique d’évangélisation, pas d’embrigadement forcé (aucun nenets n’a servi dans les armées russes), pas de statut inégalitaire devant la loi... Puis si vous remontez jusqu’à Ivan le Terrible, pourquoi ne pas dire que la Bretagne où la Savoie sont aussi des colonies ? 


          • Alexandre PAGE 10 novembre 21:30

            @Alren

            J’ai déjà répondu à ce sujet. La Sibérie n’a rien à voir avec une colonie africaine anglaise ou française. Pas de politique d’évangélisation, pas d’embrigadement forcé (aucun nenets n’a servi dans les armées russes), pas de statut inégalitaire devant la loi... Puis si vous remontez jusqu’à Ivan le Terrible, pourquoi ne pas dire que la Bretagne ou la Savoie sont aussi des colonies ? 



          • njama njama 9 novembre 18:32

            @Alexandre PAGE

            "Il y a cent ans, les Russes, tout du moins les Russes blancs, ont accepté cette ostracisation, aussi scandalisés par le traité de Brest-Litovsk..."

            Les Russes blancs, les tsaristes vous voulez dire, ou les loyalistes si vous préférez. 

            Le traité de Brest-Litovsk, cet accord entre Lénine et Guillaume contestable peut-être, et insolite pour le moins, profitait autant aux bolcheviques qu’à l’Allemagne, puisque les forces allemandes pouvaient être retirées du front de l’est pour renforcer ses offensives sur le front de l’ouest, suite à quoi Hindenburg et Ludendorff décident alors il me semble de planifier une vaste offensive pour le printemps 1918.

            D’une certaine manière la révolution bolchévique a été une aubaine pour l’Allemagne.


            • Alexandre PAGE 9 novembre 18:36

              @njama

              Profitable à l’Allemagne certes, mais désastreux pour la Russie qui abandonnait à l’Allemagne presque toutes ses provinces de l’Ouest et devait payer une somme astronomique à l’Allemagne pour réparer de soit-disant dégats liés à la guerre alors que la guerre s’était presque exclusivement déroulée sur sol russe. 


            • baldis30 9 novembre 19:14

              @Alexandre PAGE

              bonjour,
               Ô que oui .... les dégâts en Allemagne, tant sur le front Ouest que sur le front Est ... où étaient-ils ?
              Combien de bombardements français sur le territoire allemand pendant WWI ? Y compris par « super-canons » ? idem côté russe ...
               On a dit que le traité de Versailles était la cause de WWII ... mais l’adolf aurait-il pu s’installer confortablement si les armées alliés étaient allé jusqu’à Berlin ....
               Les américains le comprirent à la fin 1944 vis-à-vis des japonais .... sans aller à Tokyo mais avec d’autres moyens, bons ou mauvais ... on est en guerre ...


            • njama njama 9 novembre 18:51

              « Ainsi le Gouvernement des Soviets n’était autre chose qu’une succursale de la Wilhemstrasse. »

              Robert Wilton - Les derniers jours des Romanof (1921)

              Chapitre II - LA SCÈNE ET LES ACTEURS (p. 18 -19)

              L’assassinat des Romanof n’est pas un crime ordinaire, il a exigé tout un ensemble de circonstances, une réunion de personnalités politiques : on ne tue pas un Tsar et toute sa Famille pour des raisons accidentelles, ou des intérêts privés. Il faut se familiariser avec l’ambiance du crime si l’on veut en démêler les motifs.

              Au commencement de l’année 1917, lorsque la Russie allait lancer au delà des Carpates et des Balkans huit millions de soldats, fournissant ainsi le moyen sûr d’abattre la coalition tudesque*, Guillaume et Lüdendorf** envoyèrent Lénine et sa horde semer le désaccord et l’anarchie parmi les Russes et sauver l’Allemagne.

              L’écrasement de l’Entente devait être la conséquence de la mission bolchevique. Ce plan conçu à l’avance, avait entrainé de grosses dépenses, c’est aux frais de Berlin (et de Vienne) que Lénine et ses acolytes travaillèrent en Suisse près de deux années ; des professeurs de l’art de la propagande - spécialité allemande - leur apprirent à organiser la conquête paisible de la Russie. Pensionnaires allemands, ils touchent leur solde jusqu’au jour où tous les trésors de la Russie dévastée tombent entre leurs mains. La révolution « russe » était menée avec l’or allemand.

              Ainsi le Gouvernement des Soviets n’était autre chose qu’une succursale de la Whilemstrasse. En effet, la composition de ce gouvernement avait été arrêtée à Berlin avant son départ pour Pétrograd. Lénine et Sverdlof paraissaient à la tête de cette organisation, mais le véritable chef de l’État communiste était le comte de Mirbach, ambassadeur à Moscou."

              ------------
              * tudesque mot utilisé depuis le XVIe siècle pour désigner tout ce qui est d’origine germanique

              Triple-Entente, alliance militaire de la France, du Royaume-Uni et de la Russie impériale
               
              ** Lüdendorff est un des principaux acteurs qui négocient le traité de Brest-Litovsk avec la Russie qui fut signé le 3 mars 1918 entre les gouvernements des empires centraux, menés par l’Empire allemand et la jeune république russe bolchevique, issue de la Révolution d’Octobre en Russie, dans la ville de Brest-Litovsk et mit fin aux combats sur le front de l’Est.
              Les forces allemandes pouvant être retirées du front Est, Hindenburg et Ludendorff décident alors de planifier une vaste offensive pour le


              • njama njama 9 novembre 18:55

                Robert Wilton - Les derniers jours des Romanof
                http://www.histoireebook.com/index.php? … es-Romanof
                http://www.balderexlibris.com/index.php … es-Romanof
                Edition française de 1921 en PDF à télécharger

                Robert Wilton - Les derniers jours des Romanof
                Le complot Germano-Bolchéviste raconté par les documents

                Édition 2012 - 27 €
                Réédition de celle de 1921. Robert Wilton était journaliste au Times et spécialiste des questions russes. Il livre ici des documents de premier ordre (notamment ceux de l’enquête de l’amiral Koltchak) sur la révolution bolchevique. La publication de cet ouvrage avait fait scandale !

                Résumé :

                Comment peut-on encore passer sous silence les dessous de la Révolution Russe ? Celle-ci fut préparée et financée par les services allemands et certains banquiers « germano-américains ». Avec la prise du pouvoir par les bolcheviks et la signature d’une paix séparée à l’Est, l’Allemagne croyait pouvoir gagner la guerre rapidement en retournant toutes ses forces sur le front occidental, et préparait déjà l’après-victoire - et là un rétablissement du trône russe. en renversant le régime révolutionnaire ainsi mis en place et utilisé. Alors que les ultimes offensives allemandes de 1918 battaient leur plein en France et que la guerre civile commençait en Russie, les services germaniques se heurtèrent au refus de Nicolas II d’entériner le traité de paix séparée les bolcheviks récupérèrent ensuite et firent assassiner le Tsar et les siens. La vérité était en fait déjà connue à l’époque, notamment par les renseignements militaires français - grâce à leur propre travail et quelques témoignages - dont celui de Robert Wilton. Mais l’expression de cette vérité a toujours été entravée, pour de multiples raisons. Et les non-dits, les mensonges, ont ainsi réussi véritablement à falsifier « officiellement » la représentation, jusqu’à nos jours, de ces événements, qui ont pourtant décidé de l’Histoire même du XXème siècle.
                « Les causes du retard de cette édition française restent mystérieuses : la deuxième partie du manuscrit fut égarée, mais comment et par qui, l’auteur ne l’a jamais su. Il a fallu refaire la traduction, et trouver un nouvel éditeur. Ce récit contient la seule version authentique du complot germano-bolchevique contre la Famille Impériale de Russie et du crime d’Ekaterinebourg, accompagné de documents officiels provenant de l’enquête commandée par l’amiral Koltchak. Afin d’étouffer les révélations par trop compromettantes de ce récit, des infiuences bien puissantes ont été mises en jeu (.). Nicolas Il a péri parce qu’il tenait à rester fidèle à son peuple et à ses engagements envers les Alliés. Son nom mérite d’être dûment honoré par ses frères d’armes, il le sera peut-être au moins par les Français. » R.Wilton, 1921

                http://www.chire.fr/A-181206-les-derniers-jours-des-romanov-le-complot-germano-bolchevique-raconte-par-les-documents.aspx

                George Gustav Telberg - Robert Wilton - The last days of the Romanovs
                http://www.balderexlibris.com/index.php … e-Romanovs
                Edition U.S. de 1920 en PDF

                Robert Wilton - The last days of the Romanovs
                How Tsar Nicholas II and Russia’s Imperial Family Were Murdered

                http://www.balderexlibris.com/index.php … e-Romanovs
                Edition de 1993 de l’I.H.R.


              • Alexandre PAGE 9 novembre 19:02

                @njama

                Oui, je connais bien ce livre. Wilton a participé à l’enquête sur l’assassinat de la famille impériale d’ailleurs.

                C’est bien pour cela que le tsar lui-même a été scandalisé par ce traité. Mais ce n’est pas un cadeau fait par les Allemands aux bolcheviks. Les Allemands ont vendu chèrement le traité, car ils savaient pertinemment que sans lui, les bolcheviks n’avaient rien à faire valoir (ils ont construit leur révolution sur la paix avec l’Allemagne). 


              • njama njama 9 novembre 19:07

                Robert Wilton - Les derniers jours des Romanof (1921) Chapitre II - LA SCÈNE ET LES ACTEURS (p. 19)

                « La révolution « russe » était menée avec l’or allemand.(1)  »

                1. Le député au Reichstag Eduard Bernstein, socialiste et Juif mais ennemi acharné des Bolcheviks, déclara savoir que l’Allemagne avait dépensé 50 millions de marks or pour la mission de Lénine. Le gouvernement républicain de Berlin évita les explications trop compromettantes (Voyez à la p. 148)


              • Alexandre PAGE 9 novembre 19:11

                @njama

                Mais le traité de Brest prévoyait un versement de 5 milliards de roubles or pour « frais de guerre ». C’est ce qu’on appelle un investissement bien employé.


              • njama njama 9 novembre 19:12

                @Alexandre PAGE
                nous sommes d’accord, ce sont les allemands qui tiraient les ficelles dans cette histoire...


              • njama njama 9 novembre 19:14

                après ce n’est pas politiquement correct de reconnaître que la révolution russe avait été préparée et financée par l’Allemagne...

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Alexandre PAGE


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