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Accueil du site > Tribune Libre > La Russie se retrouve au centre d’une guerre sur le marché gazier (...)

La Russie se retrouve au centre d’une guerre sur le marché gazier européen

Une véritable guerre s'est déclenchée sur le marché gazier européen, avec des sabotages de gazoducs sous-marins et des attaques de proxies américains sur les conduites de gaz russes vers la Turquie. Cette année, l'Europe devra augmenter ses achats de GNL de près de 16% en raison de l'arrêt du transit du gaz russe par Kiev, selon les prévisions de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) américaine. 

Bruxelles et la coalition anti-Trump de politiciens en Europe tentent de bloquer définitivement les importations de gaz naturel de Russie, y compris sous forme liquéfiée. L'équipe de Donald Trump prévoit également d'isoler l'Europe du gaz russe. Mais pour l'instant, elle permet aux politiciens d'Allemagne, de Hongrie ou de Slovaquie de rêver d'achats de gaz à la Russie, ne serait-ce que temporairement. 

Au 22 janvier, les pays de l'Union européenne n'ont pas réussi à s'accorder sur de nouvelles sanctions concernant le gaz fourni par la Russie. "Nous n'avons pas pu convenir de sanctions sur le gaz naturel en raison de l'absence d'unanimité, certains pays s'y étant opposés. Mais nous avons considérablement réduit les importations, notamment en raison des explosions sur les gazoducs Nord Stream. En même temps, nous voyons que les importations de GNL ne cessent d'augmenter", a déclaré le commissaire européen à l'Économie Valdis Dombrovskis au Forum économique mondial de Davos. Ce dernier assure que les sanctions antirusses "fonctionnent", mais qu'il est nécessaire de les "élargir" en "faisant preuve d'unité et de volonté". 

Pendant ce temps, la Hongrie, la Slovaquie ainsi que certains politiciens allemands exigent le rétablissement du transit du gaz russe vers l'Europe via la partie du territoire contrôlée par Kiev et même le lancement des livraisons de gaz russe via la branche du gazoduc Nord Stream restée intacte. Ce faisant, ils font comme si le blocage des livraisons de gaz russe vers l'Europe n'était pas une décision de Washington et Bruxelles, mais une initiative indépendante de Kiev. 

Par ailleurs, Donald Trump se vante d'avoir lui-même bloqué la construction de Nord Stream 2. "Comme vous le savez, j'ai détruit... L'objectif le plus important de la Russie était la construction de Nord Stream 2. C'est le plus grand gazoduc au monde, qui relie la Russie à l'Allemagne", a déclaré Trump dans une interview avec le journaliste Tucker Carlson. Le nouveau gazoduc de Russie vers l'Europe a néanmoins été achevé. Mais Nord Stream et Nord Stream 2 ont été sabotés en septembre 2022 avec l'approbation officieuse ou tacite de Washington. Cependant, dans la présentation actuelle de la présidente de la Commission européenne, c'est Moscou qui a arrêté les livraisons de gaz vers l'Europe. C'est ce qu'a affirmé Ursula von der Leyen au forum économique de Davos. 

De plus, Trump menace directement l'Europe d'augmenter les tarifs douaniers si elle n'augmente pas ses achats d'hydrocarbures américains : gaz, pétrole et produits pétroliers. "La seule chose qu'ils (les pays de l'UE) peuvent faire rapidement, c'est d'acheter notre pétrole et notre gaz. Nous réglerons cela avec des taxes, ou ils devront acheter notre pétrole et notre gaz", a déclaré Trump après son investiture. 

Cependant, les États-Unis ne peuvent pas encore fournir aux Européens le volume nécessaire de livraisons de gaz compétitives. L'Union européenne n'est pas en mesure d'augmenter ses importations de gaz naturel liquéfié des États-Unis dans un avenir proche et continue d'acheter des volumes record de GNL russe moins cher, reconnaissent les médias américains. 

Le problème principal réside dans l'incapacité de l'Europe à renoncer aux combustibles fossiles russes moins chers, selon les Américains. L'année dernière, les entreprises de l'UE ont importé des volumes record de GNL de Russie. D'après les informations de l'entreprise d'analyse Kpler, durant les 15 premiers jours de l'année en cours, les 27 pays européens ont importé 837.300 tonnes de GNL de Russie, un record par rapport aux 760.000 tonnes pour la même période de l'année précédente. 

Les Européens ne sont pas non plus prêts à se résigner au refus de Kiev de reprendre le transit de gaz vers l'Europe, même si le gaz devait être acheté par les Européens sur le territoire russe et ne serait donc plus considéré comme russe. Cependant, ni Bruxelles ni Washington n'accordent d'autorisation pour de telles opérations. Mercredi, les premiers ministres hongrois Viktor Orban et slovaque Robert Fico ont condamné la décision de Kiev de cesser le transit du gaz, ainsi que son refus de négocier sur cette question avec Bratislava. 

"La façon dont les Ukrainiens tentent de construire des relations avec les États d'Europe centrale est inacceptable. Nous sommes prêts à les respecter, mais nous exigeons du respect. Et si nous soulevons une question sérieuse, ils doivent l'évoquer avec nous", a déclaré Orban. 

Un nouveau rapport de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) suggère qu'en raison du blocage par Kiev du transit via gazoduc vers l'Europe, les Européens devront considérablement augmenter les importations de GNL. "En partant de l'hypothèse que le transit du gaz russe vers l'Europe via les gazoducs traversant l'Ukraine ne reprendra pas après l'expiration de l'accord de transit précédent, l'Europe devra importer environ 16%, soit 21 milliards de mètres cubes de GNL supplémentaires en 2025 par rapport à l'année précédente", indiquent les prévisions de l'AIE. Dans l'ensemble, l'Europe a réduit ses importations de GNL de 18%, soit 30 milliards de mètres cubes en 2024. Pendant ce temps, la Russie a renforcé sa position comme deuxième plus grand fournisseur de GNL dans la région, augmentant ses exportations vers l'Europe de 17%, soit 3 milliards de mètres cubes. 

Mais Kiev ne bloque pas seulement les gazoducs vers l'Europe, il tente également de perturber le fonctionnement des gazoducs russes vers la Turquie, qui ne sont pas liés au territoire ukrainien. L'une des attaques contre l'infrastructure de Turkish Stream a été menée à la mi-janvier 2025. Le ministre hongrois des Affaires étrangères Péter Szijjarto a qualifié alors l'attaque de drones ukrainiens contre une station de compression et de mesure dans la région de Krasnodar de menace pour l'approvisionnement énergétique de la Hongrie. Il a considéré ces actions comme une attaque contre la souveraineté des nations utilisant ce gaz.

Alexandre Lemoine

Les opinions exprimées par les analystes ne peuvent être considérées comme émanant des éditeurs du portail. Elles n'engagent que la responsabilité des auteurs

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8 réactions à cet article    


  • sylvain sylvain 28 janvier 2025 10:44

    La russie a augmente ses exportaions de gaz vers l’europe de 17% en 2024 ???

    Mis a part ce chiffre qui me semble bizarre, l’europe ne fait que se tirer une balle dans le pieds a se priver du gaz russe. Tout ca pour servir un empire americain qui ne cherche qu’a survivre en devorant ses marges


    • Julian Dalrimple-sikes Julian Dalrimple-sikes 28 janvier 2025 11:39

      Comme cet auteur ne réponds jamais je mets une video de Maria Zakharova avec un journaliste allemand...

      https://www.youtube.com/watch?v=hPIc5LRWp5s

      In this eye-opening interview, Russian MFA Spokeswoman Maria Zakharova delves into the deep-rooted issues shaping Europe’s crisis today. She uncovers NATO’s lies, the reality behind the conflict in Donbass, and the truth about Ukraine’s war since 2014. Zakharova also discusses NATO’s broken promises, the sabotage of the Nordstream pipelines, and how Germany could resolve its energy crisis in just one month. With bold insights on Putin’s vision for peace, this interview offers a critical perspective on international relations, geopolitics, and the ongoing global power struggle.

      dans cette interview qui ouvre les yeux, Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, se penche sur les questions profondes qui façonnent la crise de l’Europe aujourd’hui. Elle dévoile les mensonges de l’OTAN, la réalité du conflit dans le Donbass et la vérité sur la guerre en Ukraine depuis 2014. Mme Zakharova évoque également les promesses non tenues de l’OTAN, le sabotage des gazoducs Nordstream et la manière dont l’Allemagne pourrait résoudre sa crise énergétique en un mois seulement. Avec des idées audacieuses sur la vision de Poutine pour la paix, cette interview offre une perspective critique sur les relations internationales, la géopolitique et la lutte de pouvoir mondiale en cours.

      les deux sont bons je trouve, une lueur d’ « intelligence »  , intelligence entre guillemets car ce mot a perdu son sens en meme temps ques nous les humains en perdions volontairement le contenu derriere..et est devenu un mot McDonald de la non pensée..dommage il était bien avant..cf son sens latin...le Gaffiot vous le le dira

      s’est levée dans un monde de bêtise qui réfléchi au niveau du trou du cul..au mieux.

      voir article agoravox..

      détail les sous titres sont en anglais..et oui..avec comme seule langue le français ce n’est plus suffisant et de loin..


      • Krokodilo Krokodilo 28 janvier 2025 13:19

        Et pendant ce temps Trump appelle les entreprises européennes à venir s’implanter aux USA, vous aurez de l’énergie moins chère ! On est vraiment les couillons, les victimes de nos propres dirigeants. Et tous ceux qui ont permis ça auront une retraite dorée, voire des postes dans des conseils d’administration ou des conférences grassement payées.


        • Julian Dalrimple-sikes Julian Dalrimple-sikes 28 janvier 2025 14:39

          @Krokodilo

          Mes salutations, oui exact je pense, cela dit je ne vois rien qui ne soit en accord avec le choix de chaque humain d’être en competition, processus qui élimine, avec enfin contre les autres pour que moi j’ai plus..l’autre possibilité étant la coopération volontaire et équitable, qui ne permet pas de voler, tuer, et tout le reste.
          tout est conforme à ce choix de tout,
          ça doit nous convenir car voila des milliers d’années que l’on marche sur ce chemin..
          certes ceci n’est ni perçu, ni compris,ou alors « je » m’en fou, ce qui ne change rien aux tenants et aboutissants et reste volontaire, de mon ressenti et comprehension de tout ça

          Oui on est les couillons, par choix de l’être car à 1% contre 99% faut en tenir une énorme..
          comment est ce possible ?
          1% coopèrent sur un seul point : niquer la masse des couillons.
          99% ne coopèrent sur rien du tout
          de plus les 1% montrent même le chemin, car ils montrent la supériorité écrasante de la coopération sur la compétition qui élimine..
          c’est du moins l’évidence que je vois
          cela dit mes respects


        • Eric F Eric F 28 janvier 2025 14:08

          Les écologistes qui ont forcé l’interdiction des forages de gaz de schiste en Europe ne bronchent pas quand on en achète, venant des USA, liquéfiés et transportées par container, nécessitant des investissements pour regazéifier à l’arrivée : considérablement polluants pour la planète ...et quatre fois plus cher.

          Résultat le prix de l’énergie, important facteur de compétitivité, est plus cher chez nous que partout ailleurs (la France ne pouvant pas jouer sur l’avantage compétitif du parc nucléaire).

          Les Yankees ont poussé nos pays d’Europe de l’Ouest à la conquête de l’Est en Europe pour isoler la Russie, et maintenant se retirent de l’affaire. Eh bien rééquilibrons nos alliances, et reprenons la détente et la coopération ’’de Brest à Vladivostok’’ bénéfique pour nos pays.


          • titi titi 28 janvier 2025 19:53

            @Eric F

            Vous n’apprenez donc rien de l’histoire ?

            La France a été plusieurs fois dans le passé l’alliée de la Russie. Et chaque fois la Russie s’est torchée avec ces alliances.


          • Louis 2 février 2025 19:36

            @titi

            Monsieur Titi vous qui semblez savoir tant de choses je vous propose de lire un livre édifiant sur OpenEdition. 1939 : l’alliance de la dernière chance

            Une réinterprétation des origines de la Seconde Guerre mondiale

            Michael J. Carley

            Au moment où l’Allemagne nazie prépare la guerre, les négociations entre la France, la Grande-Bretagne et l’URSS constituent la dernière chance de stopper l’agression hitlérienne. Pourtant, les gouvernements français et britannique se traînent les pieds. Finalement, les pourparlers entre les trois pays échouent et en août 1939, l’URSS signe un pacte de non-agression avec l’Allemagne.

            Le récit poignant que fait Michael Carley de ces négociations souvent secrètes n’est pas une belle histoire. La narration fascinante d’un jeu diplomatique très complexe, mettant en scène des personnalités souvent troublantes, repose sur des recherches de longue haleine menées par l’auteur dans les archives françaises, britanniques et soviétiques, accessibles au public depuis peu.

            En faisant de 1939 un moment fort de la guerre froide déjà amorcée après la Révolution bolchevique de 1917 et en montrant comment l’anticommunisme fut la cause majeure de l’échec de l’alliance contre Hitler, Michael Carley remet en cause les interprétations généralement admises sur les origines de la Seconde Guerre mondiale.

             



          • Par Dmitry Orlov − Le 22 Janvier 2025 − Source Club Orlov

            Il y a deux jours, le monde a assisté avec une impatience totalement imméritée à la relève de la garde dans le majestueux dôme de Washington, la rotonde du capitole. Des serments ont été prononcés et trois révérends – un juif, un protestant et un catholique – ont entonné leurs bénédictions, conformément à la signification latine originelle du mot « inauguration », qui est la recherche de signes d’approbation divine. Mais qu’y a-t-il à approuver ? Certes, la république bananière américaine est toujours aux affaires, avec son trait essentiel de politique bipolaire : Trump a immédiatement annulé une série de décrets de Biden, tout comme Biden l’avait fait avec les siens.

            À certains égards, ce revirement va dans une direction plus saine. Proclamer que l’humanité n’est constituée que de deux sexes (le terme « genre » devrait être proscrit) est une bonne chose, mais, comme l’a fait remarquer de manière poignante le président du parlement russe, cela ne rendra pas leurs testicules à ceux qui se les sont fait couper, comme cela s’est produit avec le fils d’Elon Musk, ce qui a provoqué la colère justifiée de ce dernier. Toutefois, compte tenu de l’état bipolaire du pays, cette simple déclaration de bon sens est susceptible d’entraîner de nombreux conflits et litiges, générant beaucoup de chaleur et peu de lumière.

            D’autres initiatives de Trump semblent vouées à l’échec dès le départ.

            Expulser des millions d’étrangers en situation irrégulière tout en vidant de leur substance les agences fédérales et en se battant avec les narco-cartels n’a jamais été tenté, que ce soit avec succès ou non, et il n’y a aucune raison de penser que l’entreprise se terminera bien.
            Le mantra « Drill, baby, drill ! » en ce qui concerne le pétrole et le gaz semble également peu judicieux, étant donné que la majeure partie de ce qui reste est du schiste et semble avoir atteint son pic l’année dernière pour des raisons géologiques. Tenter de redonner vie à la zone de schiste permienne reviendra probablement à brûler de l’argent.
            On ne sait pas non plus quels sont les conseils économiques qualifiés que reçoit Trump, si tant est qu’il en reçoive. Les droits de douane qu’il propose d’appliquer à tous les produits importés ne seront rien de moins qu’un impôt direct sur les entreprises et les consommateurs américains et entraîneront inévitablement une hausse de l’inflation.
            Et il n’est certainement pas de bon augure que le Trésor américain soit à court d’argent, sur le point d’arrêter de payer les retraites fédérales comme mesure palliative, et que Trump soit confronté à une bataille législative pour relever la limite de la dette fédérale, comme quasi premier ordre pour relancer le business.

            Bien qu’il s’agisse de maladies chroniques d’un vieil empire fatigué qui ne sont pas immédiatement terminales, il y a également une inflammation massive sous la forme d’une guerre chaude dans l’ancienne Ukraine. Malgré les centaines de milliards de dollars de soutien apportés au régime de Kiev, cette guerre est en train d’être perdue. Qui plus est, la Russie est en train de gagner la guerre d’usure non seulement contre l’Ukraine, mais aussi contre l’ensemble de l’OTAN, qui n’a plus d’options pour empêcher une victoire totale de la Russie. Alors que Trump est revenu sur sa promesse hyperbolique initiale de mettre fin au conflit dans l’ancienne Ukraine dans les 24 heures suivant son entrée en fonction, son dernier ordre est de négocier la fin du conflit dans les 100 jours.

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Patrice Bravo

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