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La Seconde Guerre mondiale et le septième art dans une Angleterre post-Brexit

Dunkerque de Nolan et The Darkest Hour de Wright sont deux films diamétralement opposés ; en effet l’un parle du désarroi et de la honte que ressentent les soldats britanniques présents sur le front tandis que l’autre glorifie l’adversité anglaise en consolidant le mythe de la résistance héroïque d’un peuple incarnée par la personnalité de Winston Churchill.

Un an après le traumatisme du Brexit, deux des meilleurs cinéastes britanniques, Christopher Nolan et Joe Wright, sortent deux films sur l’épisode le plus tragique de l’histoire britannique : l’évacuation de l’armée britannique à Dunkerque. Y aurait-il une volonté chez les deux réalisateurs de passer un message sur la débâcle ou sur la résilience britannique à l’heure où le pays nage à contre-courant de la vague européenne ?

Dunkerque de Nolan et The Darkest Hour de Wright sont deux films diamétralement opposés ; en effet l’un parle du désarroi et de la honte que ressentent les soldats britanniques présents sur le front tandis que l’autre glorifie l’adversité anglaise en consolidant le mythe de la résistance héroïque d’un peuple incarnée par la personnalité de Winston Churchill. Mais ils se complètent parce que l’un met en scène les décideurs à Westminster, loin du champ de bataille, tandis que l’autre nous montre l’horreur de la guerre et le traumatisme de la défaite. Pendant que Churchill demande aux Français de continuer la lutte, les Britanniques à Dunkerque interdisent à leurs alliés français d’embarquer et de fuir avec eux.

À Dunkerque, Christopher Nolan privilégie les actions de quelques individus de sorte que le spectateur puisse viscéralement vivre la débâcle, les rares dialogues justifient ce choix. La musique est forte et saisissante si bien qu’elle fait ressentir l’effroi et le désespoir des jeunes hommes piégés sur la plage et qui tentent d’échapper à l’impitoyable force aérienne allemande.

Pas de méprise, il ne s’agit pas d’un film d’action. Non, nous ne voyons que quelques soldats qui au début se battent, pas très bien d’ailleurs - disons avec peu de courage - dans les rues d’une petite ville sans point de repère célèbre. Nous les voyons sur une grande plage où l’armée britannique délaissée, abandonnée et encerclée n’a plus qu’un seul espoir : la mer…

Les avions allemands les canardent sans qu’il y ait résistance car les bataillons britanniques ont cessé de se battre quand ils arrivent sur la plage dunkerquoise. La seule chose qui compte désormais est l’organisation du sauvetage. Rien de plus. Les hommes se contentent de faire la queue silencieusement sur le rivage et ne deviennent agressifs que si un soldat ose ne pas suivre la file.

À Dunkerque, pas d’héroïsme ni de bravoure, ni même de patriotisme ou de loyauté. La fraternité n’intéresse plus les soldats. Ils rejettent les étrangers (Belges et Néerlandais), les hommes des différents régiments et même les soldats français qui se sont battus à leur coté et qui continuent d’ailleurs à faire barrage aux Allemands pour faciliter l’évacuation de l’armée de sa gracieuse majesté. Les combattants britanniques sont en colère, ils sont aussi rancuniers et cela se traduit par des comportements hostiles envers les tricheurs qui essaient de passer devant pour embarquer en premier pour l’Angleterre.

Dans ce film, nous voyons deux types d’organisation pour évacuer l’armée britannique : l’évacuation militaire et celle entreprise par de petits plaisanciers et des bateaux de pêche ; la marine anglaise s’avère désastreuse, tout grand navire devient une cible facile pour l’aviation et les U-Boots allemands. Finalement, les petits bateaux assureront le départ. Dans le film de Nolan, un homme et son fils naviguent à bord de leur petit plaisancier vers les côtes françaises. Ils n’ont aucun sentiment patriotique, ils répondent seulement à l’appel pour aller chercher quelques soldats. Rien de plus. Ils n’ont pas la moindre idée qu’ils vont à la rescousse de l’armée britannique. Ils reviennent avec une vingtaine ou trentaine de soldats, certains traumatisés, beaucoup d’autres honteux, aussi sont-ils surpris quand, à leur arrivée, ils sont accueillis en héros. Du jour au lendemain tout bascule et cela grâce au discours de Churchill.

Jusqu’à l’événement de Dunkerque, il y avait en réalité peu d’enthousiasme pour faire la guerre en Angleterre. Le gouvernement conservateur et l’élite étaient méprisés, surtout par la classe ouvrière. Churchill n’était guère populaire. On l’associait à l’homme qui avait envoyé l’armée pour attaquer les syndicalistes en grève, on l’identifiait au calamiteux chancelier de l’Échiquier (ministre des finances) dans les années 20 et surtout on l’accusait d’être le responsable des lourdes pertes militaires de la bataille des Dardanelles en 1915, une boucherie inutile de la Grande Guerre.

Avec le modeste succès de Dunkerque, Churchill devient une nouvelle légende : l’homme politique qui sauve l’armé britannique du désastre. Désormais, les soldats pourront témoigner contre des Allemands impitoyables, forts et dangereux. Le discours de Churchill au Parlement de Westminster dans lequel il déclare que la Grande-Bretagne ne se rendra jamais est dès lors crédibilisé par l’évacuation réalisée à Dunkerque. Ainsi le Royaume-Uni n’a pas dû recourir à un humiliant armistice comme le souhaitaient de nombreux conservateurs et aristocrates soucieux de préserver leur armée.

Contrairement au film Dunkerque, The Darkest Hour ne reflète pas la vérité historique. Malgré l’extraordinaire casting, le film reste superficiel. Il n’explique pas la raison pour laquelle Churchill est choisi pour diriger le pays et ce long métrage exagère, voire invente, l’enthousiasme pour la guerre chez les députés comme dans la population. La scène où Churchill se rend dans le métro pour prendre le pouls du peuple est ridicule et de pure fiction, comme si le peuple était unanimement rallié à la cause de Churchill et prêt à se sacrifier. Les films de propagande n’auraient pas mieux fait ! On a l’impression que cette séquence a été filmée pour le bonheur des Brexiters.

Une amie britannique pro-européenne m’a dit que The Darkest Hour était un cadeau pour les Anglais qui aimaient regarder les films de la Seconde Guerre mondiale, pensant qu’il s’agissait là de l’apogée de la gloire britannique, convaincus que seuls, sans leurs alliés européens, ils avaient triomphé, omettant toutefois les rôles décisifs que jouèrent la Russie et les Etats-Unis dans la suite des événements pour la victoire totale.

Curieusement, l’acteur Gary Oldman qui interprète le rôle de Winston met l’accent sur le mot « surrender » (capitulation) qu’en réalité Churchill lui préférait le mot « never » (jamais). « Nous ne nous rendrons JAMAIS ». « Nous nous battrons toujours et partout, quel qu’en soit le coût ». Le message de Churchill était simple : une politique claire, implacable. Sa fameuse phrase « We will never surrender  » n’était pas du tout théâtrale, elle servait en même temps d’avertissement aux Nazis qui pensaient envahir la Grande-Bretagne. Il voulait la victoire, la victoire totale, rien de moins, promettant sang, labeur, larmes et sueur. Homme d’action, il se distinguait des politiciens de premier plan qui, évaluant constamment les risques encourus, préféraient l’apaisement et le compromis (Chamberlain et le comte d’Halifax).

Comme souvent dans l’histoire, la chance a été déterminante. La situation géographique, (l’insularité) et la météorologie ont évité à l’Angleterre de connaître une catastrophe militaire et politique ; si les Allemands avaient commencé leur débarquement, il est fort probable que le comte d’Halifax et ses nombreux alliés conservateurs auraient réclamé la chute de Churchill au lourd passé de défaites militaires. On ne peut pas faire l’histoire avec des « si », néanmoins nous sommes tous redevables de la ténacité de Winston Churchill et du courage des Britanniques face à l’adversité.

Quoi qu’en pensent les Brexiters, la Grande-Bretagne n’est pas vouée à un destin exceptionnel. La chance d’avoir au bon moment un leader courageux qui agit contre la volonté de l’élite ou même du peuple est déterminante.


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76 réactions à cet article    


  • Matlemat Matlemat 11 mars 17:19

    Savons nous pourquoi Hitler a laissé l’armée britannique se réembarquer à Dunkerque ? Avait il peur du tir de barrage anglais ou alors voulait il ménager l’Angleterre pour lui faire signer la paix ?


    • Montdragon Montdragon 11 mars 18:45

      @Matlemat
      Deuxième option approuvée par beaucoup d’historiens !
      Après tout, les Brits étaient selon lui frères de race, au-dessus des français bien considérés mais jugés comme en voie de multikultu.
      Ménager les Brits pour les faire signer, avoir la paix à l’Ouest pour écraser les untermensch slaves.


    • Matlemat Matlemat 11 mars 19:18

      @Montdragon Merci à vous, c’est bien ce que j’avais entendu, je pense malgré tout qu’il faut se méfier de ce que nos historiens français disent sur nos amis anglais, les siècles de conflits et de « perfidies » ont laissés des traces, je ne sais pas s’ils ont la même version.


    • Jean Roque Jean Roque 11 mars 19:40

      @Matlemat
      Dans Mein kampf, ne pas faire la guerre aux cousins germains anglais si possible, et ne pas avoir 2 fronts comme en 14-18.


    • Jean Roque Jean Roque 11 mars 19:45

      Au final, les britanniques finiront comme les allemands, vaincus grands remplacés :
       
      « En Allemagne, il y aura en 2100 environ 35 millions de Turcs et à peu près 20 millions d’Allemands. »
       
      « Erdogan félicite les Turcs d’Allemagne d’être restés des Turcs. »
       
       Thilo Sarrazin, ’L’Allemagne disparait’, plus 2 millions d’exemplaires vendus...
       
      Grand remplacement des irlandais programmé :
       
      http://breizatao.com/2018/03/06/irlande-le-gouvernement-lance-un-programme-visant-a-augmenter-la-population-de-25-dici-2040-via-limmigration-afro-musulmane/


    • Matlemat Matlemat 11 mars 20:27

      @Jean Roque Ça ne s’est pas vraiment passé comme il l’avait voulu..


    • Matlemat Matlemat 11 mars 20:34

      @Jean Roque , je crois que l’on sort un peu du sujet, par rapport au grand remplacement ma théorie est que l’Amérique veut fusionner l’Europe, l’Afrique du Nord et le Moyen Orient contre la Russie.


    • Jean Roque Jean Roque 11 mars 22:48

      @Matlemat
      Chamberlain voulait que l’Allemagne et tous les pays de l’Est, Pologne comprise, attaquent l’URSS à l’Est, ce qui était conforme à la 1ère idée de Hitler : priorité à des « colonies » à l’Est. Mais le couloir allemand pour son armée, dans le couloir de Dantzig, et cette alliance ont été refusés par la Pologne. Hillard en parle longuement de ses « clans » opposés ds l’élite anglaise. Et Staline a intelligemment évité cette alliance.
      Il n’y a plus « d’Amérique » :
       
      « Ceux qui contrôlent les manettes du pouvoir à Washington, le font pour ces intérêts particuliers globaux, ils travaillent avec ces gens qui n’ont pas votre bien à l’esprit.
      (...] C’est une structure de pouvoir mondialisé qui est responsable de ces décisions économiques qui ont volé la classe des travailleurs, dépouillé notre pays de sa richesse, et placé l’argent dans les poches d’une poignée de grands trusts et lobbies politiques[...] Hillary Clinton rencontre secrètement des banques internationales pour comploter à la destruction de la souveraineté américaine, afin d’enrichir ces puissances financières mondialisées, ses amis des intérêts particuliers, et ses donateurs. »
      Trump
       

       


    • Matlemat Matlemat 12 mars 10:02

      @Jean Roque Oui l’attaque de l’URSS par Hitler arrangeait pas mal de monde. Je pense qu’il y a encore une grande influence outre atlantique rien que de voir la propagande russophobe. Sinon par rapport au grand remplacement en Russie aussi la population musulmane augmente bien plus vite que la population russe orthodoxe.


    • velosolex velosolex 12 mars 10:32

      @Matlemat

      La pleutrerie de Chamberlain donna sans doute l’assurance aux nazis que ce pays était sur une voie de compromission.
      Il est fort possible que l’Allemagne visait une paix séparée, et qu’elle a été plus ou moins roulée dans la farine. Une volonté qui reviendra avec la tentative d’Albert Speer, qui fut parachuté en 41 en GB. Difficile de savoir vraiment s’il fit cette tentative de son propre chef...Malgré tout la bataille d’Angleterre ne fut pas un simple feu d’artifice. Quand Hitler abandonne, l’aviation anglaise est presque KO. Finalement, ce type avait une stratégie moderne, simple et efficace : Le blitzkrieg. Si ça ne marchait pas, le risque d’enlisement était clair. Le coup de poker a marché plusieurs fois, à l’initiative d’Hitler plus que de ses généraux, plus réservés. Mais la remilitarisation du pays en violation des accords de Versailles fut du même acabit. Personne n’a là bougé,alors que l’Allemagne était loin d’être prête. Le bluff et le culot ont été une grande composante de l’efficacité nazie.

    • nono le simplet nono le simplet 12 mars 10:40

      @velosolex
      d’Albert Speer, qui fut parachuté en 41 en GB

      euh, c’est plutôt Rudoph Hess et non « parachuté » mais « saute en parachute » d’un Me 110 qu’il pilotait seul ...

    • nono le simplet nono le simplet 12 mars 11:10

      @velosolex
      Quand Hitler abandonne, l’aviation anglaise est presque KO

      en fait, l’abandon du bombardement des aérodromes anglais est le fait d’avoir bombardé Londres et d’autres grandes villes en représailles d’un bombardement de Berlin, lui même en représailles d’un bombardement « involontaire » de Londres ...
      puis l’arrêt intervient à cause des grosses pertes en bombardiers à cause de l’insuffisante protection des Me 109 ayant une trop faible autonomie pour protéger les bombardiers et les Me 110 trop lents comme les Junckers (Stukas ) trop lents aussi ... les pertes étaient énormes ... et le regard se tournait vers l’URSS ...

    • velosolex velosolex 12 mars 11:12

      @nono le simplet
      Effectivement, je me suis pas relu.Plus facheux pour le nom du parachutiste que pour l’appareil. 


    • Matlemat Matlemat 12 mars 11:22

      @velosolex
       Entièrement d’accord, mais c’est Rudolf Hess qui s’est parachuté sur l’Angleterre et non Speer.

       La blitzkrieg a bien marché en Pologne et en France.
       Par rapport à la remilitarisation du pays il faut voir qui a financé Hitler, et apparemment c’est bien l’Ouest, j’ai meme lu que l’Angleterre continuait meme pendant la guerre a faire des prets à l’Allemagne via la Suisse..

    • nono le simplet nono le simplet 12 mars 11:25

      @velosolex
      meuh non ! l’erreur n’est pas inhumaine ... smiley

      je me souviens avoir parlé une fois de la révolution de 1840, un mélange de 1830 et de 1848 
      je me suis fait traité de gros nul ... 

    • Matlemat Matlemat 12 mars 11:28

      @nono le simplet, pour qu’Hitler se tourne vers l’URSS sans avoir vaincu l’Angleterre je crois qu’il était persuadé que les Etats-Unis allaient rester neutres, et la ce sont les Japonais qui on vraiment sauvés l’Angleterre. 


    • velosolex velosolex 12 mars 11:32

      @nono le simplet
      L’erreur est le risque de ceux qui ne font pas de copié collé avec google. Heureusement il y a toujours un navigateur dans l’appareil, pour remettre les cartes à l’endroit. 



    • nono le simplet nono le simplet 12 mars 11:37

      @velosolex

      faut dire que je suis fan d’histoire et particulièrement de la 2ème guerre mondiale, ça m’a donc sauté aux yeux smiley

    • velosolex velosolex 12 mars 11:48

      @Matlemat
      C’est sûr que Pearl Harbour fut un tournant. Avant cela il y eut la sidération de l’attaque Allemande sur le front de l’est, qui surprit même Staline, pourtant pas naïf. Pourtant dans « mein kampf », tout a été écrit, prophétisé.....

      Là aussi la guerre éclair est la stratégie imposée pour le succès. Le grand espace à conquérir à l’est est dés l’origine l’obsession d’Hitler, pour ce Reich qui doit durer 1000 ans.
      Tout à coup, tout se dénoue. L’espace, cette obsession de la conquête, devient trop grand, et c’est la déflation. On n’en finit pas d’interroger l’histoire à la vue de ce paris insensé. Il faut tout de même se rappeler que les sous marins allemands émergèrent dans le port de New york, et coulèrent plusieurs navires yankee. Une folie concomitante s’est emparée de tout un peuple. La victoire ou le naufrage....Cela explique cette résistance insensée, la contre offensive des Ardennes par exemple, Hitler avait prévu de gazer son propre pays en cas de défaite. Anna Arendt évoque ce témoignage d’une kappo nazi, reprochant aux juifs d’avoir utilisé « tout ce bon gaz ».privant ainsi les allemands « d’une mort glorieuse »...On le voit, ce refus du réel et la volonté nihiliste, devrait nous mettre en garde contre la dissuasion nucléaire, qui est une logique qui s’adresse à des gens saints d’esprit. 

    • velosolex velosolex 12 mars 11:52

      @nono le simplet
      moi itou. On n’en finit pas d’explorer ces quelques années de débâcle et de passion, ou s’exerça le pire, mais aussi parfois le meilleur de l’homme. 

      Actuellement, je lis « vie et destin » de vasili Grossman, qui est la vision de la guerre et du totalitarisme, coté stalingrad,par un type qui a vécu les événements sur le vif.                  

    • Dzan 12 mars 12:09

      @nono le simplet
      Tout a fait, le 13 Août 1940, Opération Adlertag.Mais le Fighter Command a magnifiquement résisté, et les ME 110 D dotés d’un énorme réservoir sous le ventre, en provenance de Norvège, on été sévèrement étrillés.
      Par la suite, les attaques furent de nuit, ce qui permit au FC de reconstituer des réserves.


    • Matlemat Matlemat 12 mars 12:39

      @velosolex
      C’est cela de se croire une race supérieure, le retour à la réalité a été brutal.


    • velosolex velosolex 12 mars 14:26

      @Matlemat
      Je crois que presque jusqu’au bout ils ont été dans le déni. Goering et Himmler pensaient encore en 45 qu’ils allaient pouvoir parlementer et obtenir une paix honorable, une fois Adolph liquidé. Et même rester à la tête du pays.... En 44 Eichman, le planificateur de la solution finale reçu l’ordre de mettre un terme à son programme de génocide, les allemands voulant montrer par là « leur bonne volonté », et s’attirer des grâces. (ce qu’il refusa de faire, estimant trahir ses engagements) ..Les attentats contre Hitler étaient du même acabit. Fait par des nazis pur jus pour aménager l’avenir, leur donner une trappe de sortie. 


    • Matlemat Matlemat 12 mars 21:35

      @velosolex
      vous etes vraiment calé sur le sujet, merci a vous


    • velosolex velosolex 14 mars 11:58

      @Matlemat
      Je ne sais pas si je suis calé. Surement pas d’ailleurs. Ma culture est parcellaire, pas universitaire ni ciblée, très amateur...Les seuls qui peuvent être exhaustifs sont ceux qui ont vécu ces événements. Je m’’intéresse à des faits qui continuent à nous conditionner. Maintenant l’histoire n’a qu’un intéret en dehors de l’aspect mémoriel,que dans le sens où l’on peut en tirer un enseignement., et faire réfléchir, et ainsi empécher qu’elle revienne en boucle. 

      Ainsi on peut conjoncturer sur cette curieux manque d’anticipation et de courage, qui permit à Hitler de faire une guerre qu’on aurait pu empêcher, si l’on avait eu simplement ouvert les yeux. 

    • V_Parlier V_Parlier 11 mars 17:59

      Eclairage intéressant sur ces deux films que je n’ai pas vu (étant par nature méfiant envers toutes ces productions récentes qui réinventent souvent l’histoire).

      Maintenant les Anglais peuvent nous faire un troisième film en mode paranoaque : « les Russes arrivent ! » (c’est la mode du moment)


      • velosolex velosolex 12 mars 11:10

        @V_Parlier
        J’ai vu « les heures sombres », dans une salle remplie d’anglais, et qui ont applaudis à la fin du film. J’en ai discuté avec certains qui avaient apprécié son coté rhétorique, mais qui étaient conscients que la vérité historique avait été quelque peu malmenée. J’ai passé pour mon compte un bon moment de cinéma. Ne reprochons pas au cinéma de faire du cinéma ! La prestation de l’acteur principal est bluffante. La part réservée aux discours originaux est très importante, et va à l’encontre des principes du cinéma moderne, ce qui est une performance. On apprécie la pugnacité du vieux lion. Surtout le film réussit la performance, en dehors des effets de théâtre, de nous mettre dans la tête du peuple anglais, qui n’est pas loin de celui tétanisé, en France, qui se soumit au maréchal Pétain. Un programme informatique, analysant les données du problème aurait exigé la réédition, ou du moins la soumission. On le voit, l’histoire malgré tout tient parfois à la voix d’un homme providentiel. Et il faut bien convenir qu’à ce moment là churchill fut le right man at the right place.


      • nono le simplet nono le simplet 12 mars 13:28

        @velosolex
        ah ! je viens de trouver « les heures sombres » sur mon site préféré ... je le charge ...


      • hans-de-lunéville 11 mars 18:12

        à Malo les Bains ( et non Dunkerque) il y avait aussi des français qui ont essayé d’accrocher les barques pour fuir , mais les anglais leur piquaient ( ou coupaient....) les doigts pour qu’ils ne montent pas, un grand moment


        • pallas 11 mars 19:01
          Pierre Scordia

          Professeur d’université ?.

          L’élite est vraiment remplie d’incapable.

          La Grande Bretagne est terminé, les Pictes ( l’Écosse ), ainsi que l’Irlande, ce détache des Anglais et Gallois.

          D’ailleurs ils sont tous heureux, le pays de Galle et l’Angleterre de cette chanson, celui de la destruction pure et dure de civilisation smiley.

          La partie est terminé, le viol, la violence, a un prix, la destruction de la civilisation.

          C’est magnifique, terminé, game over, etc etc.

          Il est temps de payer monnaie, le diable n’attend pas, il tend la main, de patience n’est pas lieu.

          Le véritable prix est la vie et âme, ou conscience, il faut faire acte smiley

          Salut


          • Doume65 11 mars 20:10

            « Un an après le traumatisme du Brexit »
            Précisons que ce traumatisme ne concerne que ceux qui sont restés dans l’UE.


            • Diogène Diogène 11 mars 21:51

              @Doume65

              ... et que le Brexit n’est pas encore fait puisqu’il est en cous de négociations.

            • V_Parlier V_Parlier 12 mars 19:18

              @Doume65
              J’ai longtemps pensé ça, et aujourd’hui je constate que des deux côtés c’est la même chose. Je serais même presque tenté de dire qu’au Royaume Uni ils ont décuplé leur atlantisme à vitesse grand V depuis la décision du Brexit. Finalement, peut-être que Starikov avait raison, alors qu’à l’époque j’avais des doutes : https://www.youtube.com/watch?v=J88Jgcjc5t4 . Le Brexit aura peut-être un effet bénéfique pour les autres européens, mais pas de la manière à laquelle je pensais.


            • JL JL 14 mars 11:15

              @V_Parlier
               
               ’’Je serais même presque tenté de dire qu’au Royaume Uni ils ont décuplé leur atlantisme à vitesse grand V depuis la décision du Brexit. ’’
               
              Je ferais le rapprochement avec ce qu’a dit Matlemet plus haut : ’’ma théorie est que l’Amérique veut fusionner l’Europe, l’Afrique du Nord et le Moyen Orient contre la Russie.’’
               
              Je me rappelle, il y a quelques décennies, j’avais lu un ouvrage (dans 1984 ?) qui évoquait une guerre entre l’Est (USA+ UK ?) et l’Ouest (Eurasie).
               
              Ce serait bien dans la veine de ce que je pense de la CIA : laisser ses ennemis se battre entre eux en attendant qu’ils se soient bien affaiblis mutuellement pour les achever ensemble en faisant d’une pierre deux coups.


            • Diogène Diogène 11 mars 22:30

              Le « leader courageux » n’était pas celui dont les manuels d’histoire font un portrait édulcoré et complaisant :


              • velosolex velosolex 12 mars 11:27

                @Diogène

                Certains vivent leur Waterloo, avant leur Austerlitz, et réciproquement. Cela dépend de quelque coté du channel ou du rétroviseur on regarde la réalité. 
                Churchill eut plusieurs vies, de la guerre des boers, aux années 60. Ce type issu de la haute aristocratie est une figure de proue de l’impérialisme britannique, et commit des erreurs . Les dardanelles, la répression des mouvements sociaux....Ca ne l’empécha pas d’avoir été l’homme providentiel. Quelquefois vos défauts deviennent des qualités. ll suffit d’attendre que les mouvements des astres, des étoiles, et du temps, se mettent en adéquation. Les grecs appelaient cela le « kairos », un moment de grâce. 
                Coté homme, il y a plus barbant que ce type fin causeur, copain de charlie chaplin, qui atteint comme lui de bipolarité, alternait dépression et excitation. Ils mirent au point ensemble une technique de peinture circulaire, sensée catalyser et apaiser leurs troubles, à travers l’expression graphique.
                Il n’est pas sûr que l’histoire aurait été la même s’il avait été au fond du gouffre. Peintre à ses heures, prix Nobel tout de même de littérature, il avait une autre passion curieuse : Il construisait des murs dans son jardin. 
                En toute chose il faut savoir se protéger. En dedans et en dehors soi. Et mettre un cadre autour de ses tableaux. Ce qu’on pensait de lui. Je pense qu’il en avait rien à foutre. En dehors de lui même, de sa propre estime. Voilà où se situe la grandeur et la personnalité


              • nono le simplet nono le simplet 12 mars 13:23

                @velosolex
                concernant Churchill j’adore son « Now this is not the end. It is not even the beginning of the end. But it is, perhaps, the end of the beginning. » après la victoire d’El Alamein

                je traduis pour les non anglophones
                « maintenant ce n’est pas la fin. Ce n’est même pas le commencement de la fin. Mais c’est peut être la fin du commencement » 

              • velosolex velosolex 12 mars 13:47

                @nono le simplet

                Formule brillante, et dont l’humour marque cette qualité de l’homme qui tente de prendre de la distance par rapport à l’événement.
                 Une qualité qui manquera du début à la fin aux nazis. Chaplin a fait bien plus que certains militaires de carrière pour descendre Hithler.
                 Il faut cultiver cet art qui est de casser la dramaturgie débilitante. 
                « Take a walk on a wide side » comme disait Lou reed
                « Même une montre cassée donne l’heure juste deux fois par jour »....

                Une bonne analyse du film 
                Churchill, Les Heures sombres : la fin du roman national britannique ...

              • bob de lyon 12 mars 17:25

                @nono le simplet

                J’ai lu, il y a très longtemps, qu’à la fin de son discours de résistance « du sang et des larmes », qu’il se serait retourné vers l’entourage et que, couvrant le micro de la main, il aurait déclaré :

                « …et à la fin, si nous n’avons plus d’armes, plus de bâtons, plus rien, nous leur jetterons des bouteilles de bière ! »


              • nono le simplet nono le simplet 13 mars 03:38

                @velosolex
                merci à l’auteur et à toi !

                j’ai regardé « darkest hour » hier soir ... ! 

                j’ai quelque part sa bio, celle de Bedarida je crois ....à moins que je l’ai prêtée et bien sûr qu’on ne m’a pas rendue ...
                ah, je lis dans ton lien que la scène du métro est inventée ... dommage, à la fois de l’avoir inventée et qu’elle soit fausse ...
                un sacré mec ce Churchill 

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