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Accueil du site > Tribune Libre > La solitude des professeurs est infinie...

La solitude des professeurs est infinie...

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Septembre, c'est l'heure de la rentrée scolaire, l'occasion d'évoquer "le plus beau métier du monde" : le métier de professeur... Ainsi Yannick Haenel était l'invité de l'émission La Grande Librairie pour son roman "La solitude des professeurs est infinie". Yannick Haenel a été lui-même professeur de lettres et il témoigne des difficultés de ce métier :

 

"Un prof s'est fait décapiter... aujourd'hui, c'est un métier dont on meurt...

Oui, c'est un métier qui est devenu dangereux... je me suis rendu compte à quel point les profs sont exposés, pas toujours à la mort, heureusement, mais c'est un métier où il n'y a pas de filtre, où on est là pendant des heures avec des impacts...

 

Quand ça ne va pas, c'est l'horreur : on sort d'une heure de cours, on y pense sans cesse. Quant ça va très bien, le problème, c'est que le cours d'après il peut être un peu pourri... et on se remet en question sans cesse.

 

Quand je m'y suis penché trente ans après, tous ces morts... il n'y a pas que Samuel Paty, on songe à Dominique Bernard et une femme s'est suicidée parce qu'on mettait en question sa sexualité. Des directrices d'école se sont pendues. 

 

Le corps enseignant, c'est devenu... pour moi, c'est la honte... cela dit l'abandon par l'Etat et l'abandon par l'Education Nationale, et c'est une honte pour un pays comme la France... le fait que les enseignants sont si mal.

 

Augustin Trapenard présente alors une archive avec Annie Ernaux qui a été enseignante elle aussi :

"C'est le plus beau métier du monde, oui, sauf que apparemment ça n'est pas récompensé, ça n'est pas considéré réellement comme le plus beau métier du monde... c'est un métier qui demande tellement d'investissement, tellement ! Je me souviens tout de même de mes premières impressions, le sentiment que je n'allais pas y arriver, alors que j'avais, à cette époque, reçu une formation, la formation des maîtres, elle est réduite à rien maintenant, presque rien, et maintenant, les professeurs... on leur demande tout, et au fond, on leur donne pas grand chose..."

 

Et Yannick Haenel commente :

"Ce qu'elle dit est très juste, il n'y a pas de rétribution, c'est un métier où on ne sait jamais si on a bien fait, c'est la chose un peu tragique, mais très belle au fond, un peu mélancolique du métier de professeur. On ne sait pas si la transmission a eu lieu, on ne sait pas si un cours est réussi ou si c'est un échec.

Et on est constamment en train d'essayer de bien faire. Moi, franchement, je n'ai rencontré que des professeurs qui essayaient sans cesse de bien faire.

 

Alors, ce qui est vrai, c'est qu'on n'est pas bien récompensé... Mais que les élèves ne nous disent pas en sortant de cours : "Ah Monsieur, ç' a été génial", c'est normal, ils ne vont pas commencer à nous mettre des notes...

Mais c'est aussi la beauté belle et terrible de ce métier...

 

A une époque où le langage est appauvri, où l'organisation de l'appauvrissement du langage s'accélère planétairement, l'école, c'est encore un lieu où on est là avec des petits textes, et les élèves qu'ils écoutent ou qu'ils écoutent moins, qu'ils s'enthousiasment ou pas, qu'ils s'ennuient, ils s'occupent, pendant des heures, de textes..."

 

Je peux témoigner de cette infinie solitude des professeurs : en cas de problème, l'administration ferme souvent les yeux, surtout pas de vagues... les enseignants sont aussi de plus en plus mis en concurrence entre eux, par exemple lors des journées portes ouvertes, c'est déplorable.

 

Le blog :

https://rosemar.over-blog.com/2026/09/la-solitude-des-professeurs-est-infinie.html

 

Source : à 42 minutes, 21 secondes

https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/la-grande-librairie-saison-19/8751315-speciale-rentree-litteraire.html#about-section

 

Vidéo :


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28 réactions à cet article    


  • amiaplacidus amiaplacidus 14 septembre 17:50

    C’est trop triste, je crois que je vais pleurer.


    • charlyposte charlyposte 15 septembre 10:22

      @amiaplacidus

      Garde tes larmes pour 2027 smiley



      • ETTORE ETTORE 14 septembre 21:05

        Rosemar, pensez vous que l’ANAL-PHA-BETE élyséHein, lise votre document ?

        Et pourtant, et pourtant, demandez lui une répartition juste des subsides qu’il dilapide.

        Mais voilà, sterile omme il est, jamais il levera une bourse, pour féconder un système qui accouche d’ânes, qui servent si bien, de bouriques à cet état.


        • rosemar rosemar 14 septembre 21:22

          @ETTORE

          Le système s’est dégradé depuis des décennies et pas seulement sous Macron...




        • ricoxy ricoxy 15 septembre 15:17

           
          @rosemar 
           
          «  Le système s’est dégradé depuis des décennies et pas seulement sous Macron » — il a commencé à se dégrader le jour où on a supprimé l’estrade sur laquelle trônait le bureau du maître / du prof. Plus d’autorité, plus de transmission hiérarchique des savoirs.
           
          Mais il est vrai que maintenant l’élève doit ’’construire ses savoirs’’, une idée alacon, vraiment.
           


        • charlyposte charlyposte 15 septembre 09:36

          C’est la faute à Poutine.


          • Armelle Armelle 15 septembre 11:07

            Il est dit que nous sommes tous la moyenne des 10 personnes que l’on côtoie le plus régulièrement, alors je comprends leur solitude et leur désarroi, comment peut on évoluer intellectuellement dans ces conditions, qu’avec des élèves ignares tte l’année durant !!! 

            Mais bon, ça me rassure un peu quand même que ces gens gens se lamentent vu leurs résultats, mais ce n’est pas de leur faute car au delà du problème cité ci-dessus, l’enseignement c’est comme l’acheminement de l’électricité, laquelle présente de la déperdition pdt son voyage à travers les câbles, l’enseignement c’est pareil, le prof n’enseigne que ce qu’il a appris de son-ses prof-s, puisqu’il n’a rien fait d’autres, et ce procéssus se répète à l’infini, année après année, et il y a forcément de la déperdition dans le transfert... d’où l’échec cuisant constaté aujourd’hui, conduisant lui même à une défiance du peuple à l’égard des enseignants.

            ...Les pauvres ! Quelle tristesse...


            • ETTORE ETTORE 15 septembre 11:07

              Comment peut on penser, que cette « institution des hussards de la Raie publique »

              ( desormais sans monture, et sans éperons « puisse, ne pas être désacouplé des affres, et immondices structurels, que les précédentes mandatures à désilusions et dilution, ont opéré, tels des coupe- jarrets frénétiques ?

              ( on en est à combien de ces cul de jatte mini-sterilieux, se disant responsables de l’avenir de nos poupons, et qui entre vapotage à surmenage, et initiation au genre trans, arrivent et se cassent, en »séchant " une fonction, dont ils sont les premiers ânes mal bâtés, à semer ce que eux même, n’ont pas  ? )

              Soit, notre Morveux Premier, mal éduqué, et, pris en main, par le sac, plutôt que par les sciences de vivre, n’est pas le seul responsable . Soit !

              Mais avouez qu’il continue à huiler la planche à couper les rondelles !

              Un présidiot, qui continue sur la même lancée destructrice ( si ce n’est pire) mérite de porter tout le poids des infamies précédentes. ( avec avance, sur les prochaines)

              car le dernier à charge, d’un immobilisme qui ne dit pas son nom,

              et qui feras de ce pays, l’arrière cour, d’une civilisation, dont plus personne ne se souciera, pas plus que des ruines de Carthage.


              • charlyposte charlyposte 15 septembre 11:39

                @ETTORE

                MANU vient de Twitter que c’est lui qui a la bombe...le code a changé...la cible aussi parait t’il !





              • Mustik E-Z 2027 15 septembre 11:47

                Aux postulants à l’enseignement 

                une idée qu’elle est géniale

                tournez-vous vers les métiers de l’Artisanat

                — restaurateurs de meubles, œuvres d’art,

                — prothèses médicales,

                — chaudronnerie, fer forgé,

                — verriers 

                -etc, etc

                plus besoin d’avoir la boule au ventre en pensant à vos élèves ou à leurs parents

                plus à trembler devant la hiérarchie

                vous serez votre patron et pourrez prendre un jour de repos à votre convenance à volonté....


                • rosemar rosemar 15 septembre 12:29

                  @Mustik E-Z 2027

                  Donc, toujours moins de profs alors que la pénurie s’installe ? C’est ça la solution ?


                • charlyposte charlyposte 15 septembre 12:34

                  @rosemar

                  MANU ajoute, qu’il en a ras la raie des Gaulois réfractaire...trop c’est trop dit t’il... hum.


                • Mustik E-Z 2027 15 septembre 14:46

                  @rosemar

                  Tu appelles ça du professorat ?!

                  Mes collègues du secondaire, comme les intervenants à la TV sont unanimes pour dire,« on est des gardes d’enfants ».

                  Le professorat c’est dans le Privé ! ( pouah, l’horreur !!!)


                • rosemar rosemar 15 septembre 18:42

                  @Mustik E-Z 2027

                  Il ne faut tout de même généraliser et catégoriser ainsi ! De nombreux enseignants se battent contre vents et marées pour faire leur travail le mieux possible...

                  C’est ce que dit aussi l’auteur du livre :

                  « on est constamment en train d’essayer de bien faire. Moi, franchement, je n’ai rencontré que des professeurs qui essayaient sans cesse de bien faire. »


                • ETTORE ETTORE 15 septembre 15:26
                  rosemar 15 septembre 12:29

                  @Mustik E-Z 2027

                  «  »« Donc, toujours moins de profs alors que la pénurie s’installe ? C’est ça la solution ? »«  »

                  Pourquoi dites vous cela, rosemar ?

                  Ce n’est qu’une autre « variante » du professorat !

                  Une fois le b a ba, mal assimilé, pour cause de manquements ( des deux côtés)

                  Les metiers de l’ART -isanat, forment des jeunes qui peuvent évoluer, si leur

                  « maître » d’apprentissage, leur inculque, la passion du metier.

                  Ils peuvent devenir « compagnons » former à leur tour des « d’jeuns » qui auront une maîtrise accomplie de leur travail.

                  Certes, tous ne vous réaliseront pas un escalier en colimaçon, en béton ou en bois, digne d’une oeuvre d’art....

                  Mais tant qu’à avoir, deux pieds, deux mains, une tête, autant prouver que le cerveau qui y est contenu, n’est pas uniquement un reverbère à Google-ito .


                  • Mustik E-Z 2027 15 septembre 15:53

                    @ETTORE

                    Salut, il en est des familles d’enseignants comme pour les militaires... souvent, elles manquent d’imagination pour envisager des professions non héréditaires..

                    La dévaluation du travail artisanal a encore des résistances...

                    Même dans les pays du Maghreb où, paradoxalement il n’y a pas d’établissement de formation professionnelle alors qu’ils en ont tant besoin.

                    Dans les années 70, en Algérie,quand des engins de chantier tombaient en panne ( exemple Oued Smar ou Boufarik) les techniciens remplissaient un bon de commande et allaient retirer une machine neuve sur l’Aire de la Foire internationale près d’El Harrach... Les machines en panne restaient sur place pendant plus d’un an. Un crève cœur !


                  • rosemar rosemar 15 septembre 19:26

                    @Mustik E-Z 2027

                    « il en est des familles d’enseignants comme pour les militaires... »

                    Vous rêvez ! Hélas ! Beaucoup d’enfants de profs se détournent de ce métier devenu si complexe et difficile...


                  • ETTORE ETTORE 16 septembre 11:50

                    @rosemar

                    Cette guerre semble bien perdue, rosemar !
                    Il faut se rendre a l’évidence !
                    Que la débandade des enseignants, soit la résultante visible, et non camouflée, de la difficulté ( ou de manque de volonté) manifeste à redresser la barre,.... 

                    Barre qui est devenue une « godille »,

                    Avant de finir en « Gaffe » !


                  • Jean Keim Jean Keim 16 septembre 07:35

                    On ne peut enseigner, transmettre, que ce que l’on connaît... ce constat est-il sans issue ?


                    • SilentArrow 17 septembre 06:16

                      @rosemar

                      École primaire 1960 :

                      Le kilo de patates coûte 40 centimes. Philibert en achète 5 kilos et donne 5 francs à la marchande. Combien lui rend-elle ?

                       

                      École primaire 2026 :

                      Le kilo de patates coûte 40 centimes. Entourez le mot « patates ».

                       

                      Faut pas stigmatiser les minus habens !


                      • ETTORE ETTORE 17 septembre 08:23

                        @SilentArrow

                        Mama mia !

                        Depuis que nos chères têtes « blondes » et frisées, vont chez Mc Do, les patates tiennent dans un petit cornet à la taille des connaissances !


                      • Zolko Zolko 17 septembre 11:00

                        @rosemar : mon frère est prof de math en collège/lycée et il a la même analyse catastrophique que vous

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