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Accueil du site > Tribune Libre > La Trahison Lordon

La Trahison Lordon

Nous accordons un grand intérêt pour le mouvement du 31 Mars intitulé #NuitDebout. L'idée d'une expression citoyenne directe, d'un espace de rencontre et de dialogue, réalisée par l'occupation noctambulle de la place de la République réveille un espoir commun. S'agirait-il de ressuciter l'archétype démocratique d'une Agora athénienne où le Peuple se retrouverait en état de délibération libre et de décision autonome, souverain et respecté ?

Déjà s'élèvent ici et là de vives critiques et des objections sérieuses pour contredire par exemple le caractère spontané du mouvement, ou son impartialité garantie par "l'horizontalité" de la prise de parole. Mais ce qui gène en particulier dans ce mouvement, c'est la position pééminente qu'y a pris le polémiste Frédéric Lordon comme "leader d'opinion" et idéologue. Car si la parole est libre, ce seront ceux qui en maitrisent toutes les astuces, qui savent dévier le sens des mots et des idées à leur convenance, qui sauront le mieux diriger les foules.

Ici l'hypothèse d'une manipulation se fait jour. Il ne s'agit pas de dévaloriser ce projet démocratique ni l'abaisser au niveau de la querelle personnelle ou d'une dénonciation calomnieuse. Mais serait-il inutile de surprendre le sophiste à l'instant de son syllogisme, au milieu de sa geste corruptrice et obscurantiste, avant que l'oeuvre de confusion et de division ne soit achevée ?

Cependant si il y a manipulation, il n'est pas réaliste de croire qu'elle serait le fait d'un seul. Dans ce sens la Trahison Lordon - si nous pouvons évaluer son degré - serait celle d'un collectif, d'une congruence d'intérêts et d'agents actifs, derrière un porte-parole. 

Ce qui rend doublement pénible la tache de suivre le cheminement intellectuel du-dit Lordon - économiste et sociologue du CNRS comme il aime le souligner - ce n'est pas seulement la confusion de ses propositions, les lacunes grotesques de ses raisonemments, ses généralisations abusives, ses conclusions bancales et stériles. Non. C'est surtout le sentiment d'inutilité même puisque ses lecteurs les plus assidus semblent se désintéresser de ce qu'il écrit et ses auditeurs les plus fidèles dans les conférences ou interventions radiophoniques n'entendent rien de ses propos. En fait chacun en ressort avec le sentiment d'être rassuré dans sa propre opinion, leur certitude n'ayant rencontré aucune contradiction formelle - ni logique, ni pratique.

Si d'aventure vous croisez un de ces férus de Lordon-ologie, dans votre conversation ne vous avisez pas de citer cet auteur pour présenter une objection ou contredire l'opinion de votre interlocuteur. Le procédé est inoppérant. En effet on vous répondra systématiquement que vous déformez le propos ou que vous sortez la citation de son contexte. Essayez, vous verrez.

En effet et vous ne pourrez en déduire qu'une chose : le polémiste est des plus habiles. Sa technique, qui consiste à mélanger du certain à de l'utopique, du sérieux au spécieux, du vague au tranchant, du péremptoire à l'ironique, du général au particulier, de l'exemple explicite au contre-exemple implicite, à intervertir l'ordre de la priorité entre nécessaire et subsidiaire, à abuser de démonstration paradoxale, restera pour longtemps inégalée. Dans cette logorrhée interminable essayez donc d'en tirer un extrait suffisant, une citation complète ou tentez d'isoler une constante, un principe axiomatique, une prémice d'où découlerait une suite cohérente... Un poisson s'y noierait.

C'est bien sûr sans aucune espérance qu'il faut se lancer dans cette entreprise de décryptage. Puisque si nous retrouvions ces syllogismes savants, ces trucages de la pensée, ces évidences de fourberie, se serait par coincidence inespérée et pour prix de cet exploit formidable il ne faudrait s'attendre à rencontrer sinon qu'indifférence, du moins aucune reconnaissance.

Pour dépasser le stade du doute et finir par dénoncer la Trahison Lordon, il faudrait partir du noyau d'une philosophie improbable jusqu'à aboutir à ses implications politiques et pratiques les plus aventureuses.

Or le code ADN de cette réflexion néo-philosophique part du concept de conatus qui va s'imbriquer dans une rhétorique de lutte des classes. A partir de là il s'agit d'invalider le concept d'Etat, qui balance et contredit la Weltanschauung (représentation du monde) marxiste en proposant avec constance l'objectif de paix civile et le moyen pertinent d'un arbitrage régulateur ; de réfuter celui de Souveraineté nationale classique que le spinoziste dénonce comme "essentialiste" pour échapper à son exigence morale impérative (il faut bien renverser les principes même de devoir ou de loyauté, désignés comme "essentialistes" pour prévenir l'accusation de trahison) ; d'y substituer une notion fantaisiste de souveraineté de classe prolétarienne ou "souveraineté de gauche", signifiant rien de moins qu'une abolition constitutionnelle du Capital et du Salariat. Une condition politique utopique qui constitue objectivement une défense indirecte de "L'Europe allemande", par la neutralisation préventive d'un consensus politique anti-maastrichien et souverainiste.

Conatus et lutte des classes

Dans le concept de Conatus ou "effort vital" Lordon croit avoir découvert une pierre philosophale. Il en trouve la formule dans "Ethique" de Spinoza : « On ne désire pas une chose parce qu'elle est bonne, c'est parce que nous la désirons que nous la trouvons bonne ». Plus précisément : le Bien n'est pas un absolu, mais ce vers quoi me porte mon désir vital... Grande découverte métaphysique ! De celle qui permet de justifier, l'injustifiable : le vice et la perversion par exemple. A vrai dire cette "notion centrale" chez Spinoza, n'est pas nouvelle on la retrouve chez Descartes ou Hobbes dans "l'Etat de nature", voire même chez Aristote. Bref. La notion évolue plus tard chez Schopenhauer dans la "Volonté de puissance" que l'on retrouve aussi chez Nietsche dans "Par delà bien et mal" et finalement dans la doctrine nazie du Sur-Homme. Rien de très fructueux.

L'astuce de notre génie est d'accoller cette notion matérialiste, abimée par la dérive nietschéeenne, à une autre notion matérialiste, celle marxiste de "lutte des classes" mieux fréquentable. Son dessein est de : "Compléter les apports du marxisme en termes d'appréhension du capitalisme sous l'angle des rapports sociaux par la mobilisation du concept spinoziste de conatus : "cette énergie fondamentale qui produit l’ébranlement du corps et initie son mouvement à la poursuite d’un certain objet" [1]. Il rabachera cette "inovation" dans des pavés illisibles pour installer sa boutique de théoricien marxiste et progressiste. Les spéculations qui en ressortent sont inombrables [2].

Ce faisant, le problème principal - qu'il s'abstient de révéler - c'est la déviation opèrée sur le marxisme historique, critique et objectif vers une pensée subjective et individualiste que d'autres qualifieraient de "petite bourgeoise", on dira pour être aimable "d'accompagnement du Capitalisme". Puisqu'à ce moment nul besoin de produire des ouvrages de fond, documentés et renseignés sur les rapports de production et d'échange, sur la description de faits bruts, le détail des techniques d'accumulation et de conservation de la Valeur. On peut alors balancer aux orties la méthodologie économétrique et la description sociologique des intruments de domination sociale. En effet le désir ne se justifiant pas, foin de rationnalité scientifique, la porte est ouverte aux élucubrations les plus spécieuses : c'est la fête au village. Monsieur le-théoricien-qui-n'a-plus-rien-à-prouver va pouvoir s'auto-satisfaire en plaisantant sur "l'idiotie" de la bourgeoisie et la désorientation de son "conatus".

Une tribune intitulée Les contradictions de Frédéric Lordon d'Elias Duparc aborde ce sujet du "psychologisme" où "un stéréotype se trouve hissé au rang de causalité scientifique" [3]. C'est le point aveugle de son discours : Faire d'un affect un axiome déterminant, dépouille sa lecture socio-économique de tout réalisme. Bien sûr cette présentation subjectiviste ne peut qu'être qualifiée d'insuffisante faute d'une rigueur d'analyse "à la hauteur". Le tableau qui est fait de la domination bourgeoise - bien que prolixe - reste trop lacunaire, assez incomplet en tout cas pour priver son public - médusé ou fasciné - d'une approche efficiente. S'il suffisait d'être sarcastique en jugeant de la rationalité de l'oligarchie au regard de Sirius ou sous la latitude de Lordon cela se saurait. En attendant le fait est que cette caste dispose de positions dominantes et accumule les succès tactiques et opérationnels depuis longtemps. Ce qui démontre par l'évidence que les gestionnaires ultralibéraux sont rationnels, leur calcul risque/bénéfice étant toujours avantageux. Il n'y aurait pas lieu ici de bacler l'analyse de ce système ni de moquer ses stratégies. 

Un autre problème émerge. C'est qu'en faisant diversion subjectiviste sur le "conatus" bourgeois et en dégradant le niveau d'analyse marxiste, l'impasse est faite sur la constatation du rapport de forces. Grave erreur. Warren Buffett, 4ème fortune selon Forbes 2014, déclare : « C’est la lutte des classes. Ma classe est en train de la gagner. Elle ne devrait pas. » Sans avoir besoin de connaître le point de vue de ce milliardaire, par l'observation directe de la réalité sociale, politique, écologique, on arrive à cette même conclusion de bon sens. N'importe qui peut en déduire que le jeu est quelque part truqué. En effet la théorie marxiste si elle expose brutalement ce rapport de domination conflictuel des classes sociales n'en déjoue nullement l'aboutissement fatal. Au contraire depuis ses origines le marxisme politique n'a fait qu'exacerber cette lutte et s'est fait l'allié objectif de la domination bourgeoise, notamment en se privant d'une doctrine clé et en lui abandonnant un instrument décisif : la souveraineté nationale et l'Etat-Nation.

Réfutation de l'Etat de droit

Ce qui gènerait presque cet affrontement naturel des "conatus" et cette lutte "naturelle" des classes, serait l'émergence et l'affirmation d'une autorité supérieure qui imposerait un arbitrage, des termes de consensus et de coopération dans l'intérêt de la paix civile. C'est dans cette perspective que Rousseau oppose cet "Etat de Nature" qui laisse libre cours à la guerre de chacun contre tous à "l'Etat de droit". La constitution de l'Etat suppose alors l'aliénation des libertés particulières au profit d'un corps moral et collectif : "Cette personne publique qui se forme ainsi par l'union de toutes les autres prenait autrefois le nom de Cité, et prend maintenant celui de République ou de corps politique, lequel est appelé par ses membres Etat quand il est passif, Souverain quand il est actif, Puissance en le comparant à ses semblables. A l'égard des associés ils prennent collectivement le nom de Peuple, et s'appellent en particulier citoyens comme participants à l'autorité souveraine, et sujets comme soumis aux lois de l'État." [4]

On verrait mal Lordon et ses amis contredire frontalement la thèse de l'auteur du Contrat social. Cependant les propositions émisent par cette faction dessinent une telle ligne de fracture que le résultat serait le même. Il reviendrait à cliver le consensus sur l'indépendance et la souveraineté nationale et à déstabiliser l'Etat de droit. Deux citations sont à cet égard significatives :

1. "[...] en des temps de vacillation intellectuelle, la catastrophe idéologique était vouée à se nouer autour de deux signifiants disputés : « nation » et « souveraineté ». Disputés en effet puisque, pour chacun de ces termes, l’unicité nominale masque une dualité de lectures possibles qui soutiennent des mondes politiques radicalement antinomiques. Entre la nation substantielle, confite en ses mythes identitaires et éternitaires, et la nation politique, rassemblant les individus dans l’adhésion à des principes, sans égard pour leurs origines, bref entre la nation de Maurras et celle de Robespierre, il n’y a pas qu’un gouffre : il y a une lutte inexpiable. Et de même entre la souveraineté comprise comme apanage exclusif des élites gouvernementales et la souveraineté conçue comme idéal de l’auto-gouvernement du peuple. « Nation » et « souveraineté » ne disent rien par eux-mêmes, ils ne sont que des points de bifurcation. Ils ne parlent que d’avoir été dûment qualifiés, et alors seulement on sait vers quoi ils emmènent." [5]

Au-delà de l'effet de sidération, il y aurait bien des commentaires à faire ici. Entre autres : (a) La définition juridique du terme Nation est en effet double : "personne juridique constituée par l'ensemble des individus composant l'État" [6] ou "Dans la doctrine française, telle qu'elle a été exprimée dans nos constitutions de l'époque révolutionnaire et de 1848, la nation est le titulaire originaire de la souveraineté. La nation est une personne avec tous les attributs de la personnalité, la conscience et la volonté. La personne nation est, en réalité, distincte de l'État ; elle lui est antérieure [7]." Mais si l'on veut semer le trouble et les conflits on ouvre un débat sur "l'identité" nationale ou on parle de "signifiant disputé". En effet plus qu'une supposée "dualité" la notion reste plurielle, indéterminable selon que l'on regarde l'ethnie, la langue, la culture, la religion ou la classe sociale... Pour Sieyès elle est l'ensemble des personnes formant le Tiers État [8] , puis elle est identifiée au peuple révolutionnaire qui a abattu la monarchie, enfin sous le II Empire on parle avec mépris du "gros de la nation française, ce ramassis de paysans et de manoeuvres qu'on appelle le peuple". En bref, pour des factieux la Nation est une contrainte majeure : "Quand on n'a pas pour soi l'opinion publique, c'est-à-dire la nation... on peut susciter des troubles, des complots, on peut faire des révoltes, mais non pas des révolutions !" [9]. (b). Réfuter l'héritage national en y opposant la modernité du Contrat social n'est pas plus acceptable. Comme dans la transmission d'un patrimoine, la souveraineté nationale doit être prise comme un tout dans son actif comme dans son passif. Dans le cas historique de la France, le baptême de Clovis ou le sacre de Charles VII à Reims ne peuvent pas être dissociés de tout ce qui a contribué à la constitution de l'Etat de droit et de sa légitime souveraineté. Dans cette perspective utiliser des personnages aussi divers que Maurras et Robespierre pour dénoncer une "antinomie" théorique ou fictive et justifier une "lutte inexpiable" reste hautement révélateur d'une stratégie pernicieuse. Surtout cela revient à dire qu’en partant de ces points fixes et extrêmes que la Nation ne serait plus que l’enjeu, le prétexte de la guerre civile. Or dans le fait - qui est occulté et méprisé ici - c’est que la Nation vit et reste unie par consensus. Un consensus justement rendu possible par l’expression stricte et entière du principe de souveraineté, sans lequel nul espace de dialogue, de délibération politique ou de démocratie n'existe. (c) On note en passant l'effet comique de l'opposition rhétorique entre "élites gouvernementales" et "l’auto-gouvernement du peuple". Ceci eu égard à trahison de nos clercs sur le plan de la souveraineté comme le souligne F. Mauriac : "Seule la classe ouvrière dans sa masse aura été fidèle à la France profanée" [10], mais aussi pour le rôle qu'y jouerait de si beaux parleurs dans une "démocratie populaire" à leur convenance.

2. "Et c’est peut-être celle-là la scène canonique, celle qui dit tout : la hantise du pouvoir — la réunion des étudiants et des salariés ; la surveillance en dernière instance policière du salariat rétif, c’est-à-dire la fusion de l’Etat et du capital, paradoxalement — ou à plus forte raison — quand il s’agit du capital public ; l’alternative radicale de la soumission ou de la lutte collective. [...] Et c’est vrai que, même si nous ne connaissons pas encore bien notre force, ce qui ne fait peut-être que commencer ici a tout du cauchemar pour l’Etat, qui voit ses grand-peurs s’aligner dans une conjoncture astrale du pire : la hantise de la convergence, l’abandon « en face » de la revendication, son remplacement par des affirmations. [...] Mais que peut faire un ministre, ou son directeur de cabinet, de tous ces gens qui en ont soupé de revendiquer ? Rien, absolument rien, ils le savent d’ailleurs, et c’est bien ce qui leur fait peur. C’est que, quand ils abandonnent le registre infantile de la revendication, les gens retrouvent aussitôt le goût du déploiement affirmatif — effroi de l’Etat qui s’est réservé le monopole de l’affirmation." [11]

Sans qu'il soit utile de les développer, les lecteurs de cette tribune ont entrevu les objections à ces affirmations : (a). Le terme de "fusion de l’Etat et du capital" ne renseigne rien d'utile. On retrouve le même amalgame sous la plume de P. Marlière lorsqu'il argumente sur la "Bourgeoisie jacobine" de D. Guérin. [12] Or sur le plan historique [13], l’aubaine de la Révolution, c’est qu’avec l’effondrement de l’Ancien Régime – tant décrié – cette classe Bourgeoise, a pu “sortir de son rang” comme on le disait alors, pour s’installer finalement aux affaires. En usurpant le pouvoir politique, cette Bourgeoisie parlementaire et affairiste eut alors les coudées franches pour accaparer l’institution étatique et la soumettre à ses intérêts. Ce qui explique bien le propos de Talleyrand “Nous allons faire une fortune. Une immense fortune !” Le problème c’est que par nature, si l’on veut, la Bourgeoisie est inapte au service de l’intérêt général. Cette volonté d’enrichissement corporatiste est en tout point contraire au principe de justice sociale et plus loin à l’exigence de stabilité politique. Donc disqualifier un Etat jacobin - conçu dès l'origine assez puissant pour contrer ce cancer de l'injustice sociale - sous le prétexte fallacieux de son usurpation par la haute bourgeoisie, revient à jetter le bébé (Etat) avec l'eau de son bain (l'affairisme bourgeois). Ceci sans règler la question centrale d'une usurpation politique s'appuyant sur la modernité des "libertés publiques" : prétexte d'un égalitarisme formel inopérant sur les injustices réelles. (b). La réfutation du Capitalisme d'Etat et du Salariat semble tout aussi gratuite. Nous aussi aimerions donner pleine confiance à Lordon sur la foi de sa belle frimousse et son doux regard papillonant. Mais par réalisme nous considérons qu'il n'y a chez lui aucune théorie économique de substitution. Proposer de biffer d'un trait de plume ces dispositifs économiques et juridiques actifs n'est pas sérieux. Nous avons ici affaire à des processus lourds d'inertie, dont l'enjeu regarde l'activité et la survie immédiate de millions de citoyens. Quel serait l'utilité de s'aventurer sans modèle alternatif stable dont la mise en place exige un minimum de prudence et de progressivité ? Sans compter qu'il n'y a aucun consensus politique à ce niveau, la contestation et la réaction à ces mesures aussi extrémistes qu'arbitraires mettraient un désordre inimaginable dans notre pays. Serait-ce l'effet réel recherché ? (c). Ce refus de solution négociée, d'arbitrée en vue d'une opportune coexistence est visiblement une constante. Proclamer l'abandon de la revendication et son remplacement par des affirmations, ne participerait-il pas au même projet corrosif d'abandon du dialogue et de la médiation ? Ce projet de République sociale autoritaire, est-ce là l'horizon réaliste d'une révolution citoyenne ? Quel intérêt accorder à cette vélléité de rédiger une "constitution de gauche" posée comme application de la thèse bancale d'une "souveraineté de gauche" ? (d). Un autre contresens s'impose sur un malentendu : D'un coté on prétend que "l’Etat s’est réservé le monopole de l’affirmation", de l'autre on questionne-répond  : "que peut faire un ministre ? Rien, absolument rien..." Il faudrait savoir, tirer au clair cette contradiction : de deux choses l'une, soit il y a monopole, soit impuissance. Nous savons que depuis l'arret Nicolo de 1989, le Conseil d'Etat a contredit le principe fondamental de non-ingérence dans les affaires intérieures et celui de l'autonomie politique et juridique posés par le droit international [strong] pour s'aligner sur les dispositions du traité de Rome de 1957. Cela pose le problème d'un conflit de légalité entre les traités européens et les lois nationales. Cela concerne évidemment les dispositions critiquées de la loi El Koumri puisqu'elles sont prises en fonction des injonctions de l'Union européenne concernant la "modernisation du marché de l'Emploi". C'est pourquoi il serait utile de ne rien revendiquer puisque formuler la problèmatique serait aussi désigner la cause européiste et disculper l'Etat national en tant que tel. Ce "nous ne revendiquons rien" s'explique bien dans ce contexte, il permet d'entretenir un flou artistique opportun pour ne pas dévoiller l'erreur de casting : les traités européens restent intouchables et l'Etat prisonnier du complexe de supra-nationalité. Entre nous soit dit c'est une thématique d'autant plus taboue que l'astucieux Lordon s'est déjà exprimé par ailleurs [14] sur son attachement au principe "d'encadrement des politiques nationales"... Pour la "scène canonique, celle qui dit tout", on repassera.

Blocage du consensus et statu quo pan-germaniste

Finalement le discours de Lordon et ses amis n'est pas raisonnable. Mais c'est peu de le dire. Il faudrait aussi en exposer toutes les implications politiques concrètes.

Nous avons déjà souligné l'impasse que constitue le discours internationaliste de "lutte des classes". Il y a longtemps que le piège s'est refermé sur ce trotskysme internationaliste. Même Philippe Pétain, vieille ganache inculte et sournoise, a pu à bon compte se défausser de "l'étrange défaite" organisée par ses complices, sur une prétendue trahison socialiste des instituteurs-officiers de réserve ou des troupes gagnées par l'idéologie révolutionnaire "anti-patriotique". Or il s'agit de la même rhétorique recyclée par l'oligarchie mondialiste et déclinée à l'envie par les influents propagandistes d'une "autre-Europe", d'une "Europe sociale" entrevue comme réalisable par le moyen d'une "convergence des luttes". Une option fantaisiste pratiquement et juridiquement irréalisable mais qui en définitive aboutit au résultat concret d'un complet clivage politique intérieur et à la désabilisation de l'unité et de la solidarité nationale. N'est ce pas le but recherché ?

De même nous avons collectionné ces thèmes "non-négociables" tels "souveraineté de gauche", cette condamnation de la nation "essentialiste", cette impérieuse nécessité d'une "subversion révolutionnaire" contre "l'Etat bourgeois", cette "République sociale" par l'abolition radicale du "Capital et du Salariat", et d'autres encore peut-être seulement évoqués dont l'énumération serait longue et fastidieuse. Nous laissons bien sûr à la sagacité de nos lecteurs l'évaluation de la nocivité de ces slogans taillés à l'emporte-pièce.

Cependant il semble déjà établi que d’évoquer la souveraineté en différenciant une souveraineté de droite et souveraineté de gauche, constitue une erreur grave et conscéquente. Pour Rousseau la souveraineté ne se partage pas. Elle est ou n’est pas. Ceci posé comment discriminer une souveraineté "de droite" ou "de gauche" ? Soit l’Etat est souverain, libre de faire ses lois et sa politique selon ses propres critères d’organisation et de fonctionnement, soit il ne l’est pas. Cette méprise - martelée médiatiquement - sur la souveraineté devient comme une mode intellectuelle. On l’a vu après 2005 quand les Mélenchon et cie proclamèrent une victoire du "NON de gauche". Ce discours aurait participé à la censure, à l'invalidation politique d'un vrai front anti-TCE. Pour quelques-uns il ne fallait pas maintenir ce consensus populaire et trans-partisan et le miner par une dialectique politicienne. On a constaté par la suite, ce qu’a donné la tentative de récupération de ce "NON de gauche" par un improbable "Front de gauche". Un fiasco total - ou une manipulation réussie pour certains qui trouvaient intérêt à cette impasse.

Mais quel serait l'intérêt de cet impasse, qui donc benéficirait de cette absence de débouché politique, de reconquête de la souveraineté française ? 

L'hypothèse d'une opposition oligarchique et en particulier de l'influence dominante des partisans d'une mondialisation atlantiste [15] est la plus répandue. Mais une autre version se fait jour avec l'idée d'une "Europe allemande". L'Allemagne réunifiée constitue une puissance dominante qui tend, comme de nombreuses études l'ont signalé, à la non-coopération et à renouer des liens avec une stratégie traditionnelle de type impérialiste. On l'a vu pour la politique d'union douanière, d'union économique et monétaire dont elle reste largement bénéficiaire, malgré certaines divergences techniques, depuis l'institution du traité de Maastricht de la BCE à Frankfurt. Sur le plan industriel le déséquilibre de l'infrastructure française est devenu en quelques années criant en comparaison du renforcement du tissu productif outre-Rhin. Par sa politique sociale déflationniste elle a donné le signal d'un renforcement général d'une stratégie de rigueur et d'austérité qui en pesant sur les salaires maintient un taux d'inflation favorable aux réserves de capitaux. Ceci tout en préservant son intérêt national d'une ingérence excessive des institutions européennes par les jugements contraires de la Cour fédérale de Karlsruhe. Tout récement ce même Tribunal constitutionnel de Karlsruhe vient de formuler plusieurs décisions pour donner à la Loi fondamentale une interprétation favorable aux opérations militaire extérieures de la BundesWehr. Les services secrets allemands (BND) quant à eux, n'ont pas attendu ces délais pour intervenir trés tôt en Yougoslavie [16] et contribuer à l'éclatement ethnico-confessionnel de cette nation. L'émancipation française de la tutelle bruxelloise ne serait-elle pas de nature à porter atteinte à cette nouvelle hégémonie germanique ? Cette dernière n'aurait-elle pas intérêt à conserver ses positions et ses acquis récents par un statu quo ; une situation maintenue si nécessaire en encourageant toute initiative y contribuant : tel le projet utopiste d'une "sortie de gauche" de l'institution européiste à la fois cul-de-sac politique et vecteur de clivage en plaçant l'esprit de faction au-dessus de l'intérêt commun. Il est certain que l'ambassadeur d'Allemagne M. Meyer-Landrut, le conseiller Europe d’Angela Merkel [17], suit avec attention ces manifestations confuses et le désordre habituel qui les accompagne...

En dernière analyse il semble difficile d'écarter cette suspicion de trahison de l'intérêt national qui pèse sur Lordon et ses comparses. Sur un plan philosophique il ne s'agirait que d'une simple "colinéarisation des conatus" sur celui de la puissance germanique prédominante. Et en définitive que n'a t'on cessé d'entendre de l'économiste-vedette ? L'Allemagne veut ceci, l'Allemagne craint cela... Si Lordon s'est rabattu dernièrement sur l'idée d'un retour à la souveraineté monétaire : est-ce en faisant le constat d'un déni démocratique ? Est-ce en rapportant les difficultés socio-économiques des français, voire des grecs, ou des italiens, ou des portugais, etc ? Est-ce en évaluant la situation précaire du budget et des services publics ? Que nenni. C'est selon le constat que l'Allemange n'accepterait pas un contrôle de la politique monétaire par un Parlement européen aux compétences élargies en la matière [18]. Une position qu'il s'empresse de justifier en faisant larmoyer dans les chaumières sur les traumatismes inflationistes de la République de Weimar, alors que les autorités utilisaient ce subterfuge pour contourner les obligations de réparations du Traité de Versailles ! Tout ceçi dégouline d'ignominie sans ressembler même de loin à la contribution d'un débat où l’intelligence sortirait gagnante.

A ce sujet un contributeur écrit (à juste titre) : "M. Michéa, M. Lordon animent le débat en critiquant sans RIEN proposer en échange. A quoi servent ils dans le fond ? Ils me font penser à ces clowns de cirque qui amusent le public pendant qu’une équipe technique installe la cage aux lions." Alessio Moretti, un animateur de #NuitDebout à Nice sur la nécessité "d'aiguiser nos armes théoriques" nous livre cette autre réflexion : "Par un paradoxe caractéristique des époques finissantes, ce sont les seigneurs du moment qui accélèrent eux-mêmes le processus de la décomposition, dont on reconnaît les étapes aux seuils de corruption du langage enfoncés l’un après l’autre."

Concluons par cette citation de Richelieu, admirable ministre d'Etat de Louis XIII : "[...] bien qu'au cours des affaires ordinaires la justice requière une preuve authentique, il n'en est pas de même en celles qui concernent l'Etat, puisqu'en tel cas, ce qui paraît par des conjectures pressantes doit quelquefois être tenu pour suffisamment éclairci [...] Il ne faut pas croire qu'on puisse avoir des preuves mathématiques des conspirations et des cabales : elles ne se connaissent ainsi que par l'évènement, lorsqu'elles ne sont plus capables de remèdes. Il les faut donc toujours prévoir par de fortes conjectures, et prévenir par prompts remèdes." [19]

[1] voir. Réflexions sur la « colinéarisation des conatus » (Frédéric Lordon) dans les stratégies de sauvegarde de l’Euro

[2] On note P. ex. :

- "L’entreprise d’aujourd’hui voudrait des oranges mécaniques, c’est-à-dire des sujets qui, d’eux-mêmes, s’efforcent selon ses normes, et comme elle est (néo)libérale, elle les voudrait libres en plus de mécaniques – mécaniques pour la certitude fonctionnelle, et libres à la fois pour la beauté idéologique de la chose mais aussi considérant que le libre arbitre est en définitive le
plus sûr principe de l’action sans réserve, c’est-à-dire de la puissance d’agir livrée entièrement. Comme on sait, le constructivisme de la spontanéité et le façonnage des libres arbitres sont des entreprises profondément aporétiques, par là vouées soit à rendre les sujets fous, soit à leur imposer une violence symbolique à un degré dont on dit ici qu’il peut être qualifié de totalitaire"

- "Tous n’en sont pas moins des patrons, captateurs de l’effort (conatus) de leurs subordonnés, enrôlés au service du désir patronal"

- "le capitalisme pourrait bien se mettre en danger lui-même de poursuivre jusqu’au bout un rêve de mobilisation productive fondamentalement porteur de son principe antagoniste : la liberté créative, la liberté collaborative et la rétivité à la direction hiérarchique telle que, d’ailleurs, elle détermine nécessairement l’organisation collective du travail sur une base délibérative-démocratique – soit le communisme réalisé".

[3] "Le point est que Lordon accorde une place centrale aux modélisations théoriques ainsi qu’à leurs concepteurs, les intellectuels. Ainsi, s’agissant de l’impasse européenne actuelle, il faudrait en chercher la cause dans l’application de cette « construction symbolique de longue période » qu’est l’ordo-libéralisme allemand. L’auteur ajoute ici les linéaments d’une explication historico-culturaliste : il y aurait une préférence allemande pour la stabilité monétaire qui serait consécutive au traumatisme de l’hyperinflation d’avant-guerre. « Le peuple allemand vit à sa manière la chose monétaire  », affirme ainsi l’ethnologue Lordon. Bref : le blocage actuel provient de cette spécificité allemande « de ne pas vouloir voir enfreintes les règles auxquelles ils tiennent par-dessus tout  ». L’intransigeance teutonne, en un mot. Certains pourraient contester que ce qui ressemble furieusement à un stéréotype se trouve hissé au rang de causalité scientifique. Incontestablement, l’auteur accorde aux constructions idéologiques une grande importance explicative. La période actuelle serait par exemple caractérisée par « l’effacement historique » de « l’économicisme ». Tout se passe comme si les enjeux du monde contemporain pouvaient se réduire chez Lordon à des étourderies d’économistes qui ont inversé l’ordre des facteurs."

[4] Du Contrat social, J-J. Rousseau, 1762

[5] Clarté F. Lordon 26 août 2015

[6] "Élément de l'État constitué par le groupement des individus fixé sur un territoire déterminé et soumis à l'autorité d'un même gouvernement. La nation est la substance humaine de l'État" (Cap. 1936)

[7] L. Duguit,Traité de dr. constit., t.1, 1927

[8] Le Tiers embrasse donc tout ce qui appartient à la nation ; et tout ce qui n'est pas le Tiers ne peut pas se regarder comme étant de la nation (Sieyès)

[9] Scribe, Bertrand, 1833, i, 6, p.134

[10] François Mauriac Les cahiers noirs, Éditions de Minuit, 1943

[11] Nous ne revendiquons rien, F. Lordon, 29 mars 2016

[12] Voir. « Printemps républicain » : le rappel à l’ordre de la bourgeoisie jacobine

[13] Les termes de République, Etat et Nation se retrouvent associés dans la synthése philosophique du XVIIe siècle. Avec l'aide de ses théologiens et juristes la monarchie a théorisé la notion de deuxième corps du Roi, cette personalité morale qui le pose légitime souverain dans son Etat, administrateur de la Justice, défenseur de la Religion et gardien de l'ordre social. Sur une periode importante elle a permis la stabilité politique et sociale en dépit de multiples révoltes où s'associent la bourgeoisie parlementaire et la haute féodalité. Deux classes puissantes, désireuses de secouer le joug de l'autorité royale et de s'accaparer du pouvoir d'Etat. L'idée de République transmise depuis l'Antiquité par la tradition italienne et l'indépendance hollandaise, renouvelle l'opportunité aux ennemis du Souverain de faire miroiter la perspective de salutaires "libertés publiques" sous un gouvernement de gentilshommes-marchands.

[strong] Ier principe primordial de la déclaration relatif à la souveraineté nationale : « Les Etats participants respectent mutuellement leur égalité souveraine et leur individualité ainsi que tous les droits inhérents à leur souveraineté et englobés dans celle-ci, y compris,
en particulier, le droit de chaque Etat à l’égalité juridique, à l’intégrité territoriale, à la liberté et à l’indépendance politique. Ils respectent aussi le droit de chacun d’entre eux de choisir et de développer librement son système politique, social, économique et culturel ainsi que celui de déterminer ses lois et ses règlements. » VI Principe primordial de Non-intervention dans les affaires intérieures : « Les Etats participants s’abstiennent de toute intervention, directe ou indirecte, individuelle ou collective, dans les affaires intérieures ou extérieures relevant de la compétence nationale d’un autre Etat participant, quelles que soient leurs
relations mutuelles
.
Ils s’abstiennent en conséquence de toute forme d’intervention armée ou de la menace d’une telle intervention contre un autre Etat participant. Ils s’abstiennent de même, en toutes circonstances, de tout autre acte de contrainte militaire ou politique, économique ou autre, visant à subordonner à leur propre intérêt l’exercice par un autre Etat participant des droits inhérents â sa souveraineté et à obtenir ainsi un avantage quelconque. Ils s’abstiennent en conséquence, entre autres, d’aider directement ou indirectement des activités terroristes ou des activités subversives ou autres visant au renversement violent du régime d’un autre Etat participant. » Accord final d'Helsinki, 1975.

[14] voir : L’Européisme a-t-il eu raison de l’Europe ? Emission France-Culture (9/04/14) que l’on peut aussi écouter ici. Lire aussi L'illusion Fréderic Lordon : les sophismes d'un euro-fédéraliste, avril 2014

[15] L'art. 2 du traité Atlantique Nord pose l'obligation de convergence des "politiques économiques" et de collaboration économique multilatérale : "Les parties contribueront au développement de relations internationales pacifiques et amicales en renforçant leurs libres institutions, en assurant une meilleure compréhension des principes sur lesquels ces institutions sont fondées et en développant les conditions propres à assurer la stabilité et le bien-être. Elles s'efforceront d'éliminer toute opposition dans leurs politiques économiques internationales et encourageront la collaboration économique entre chacune d'entre elles ou entre toutes."

[16] Le tournant a eu lieu dans les Balkans, prudemment en Bosnie du temps d’Helmut Kohl, mais surtout au Kosovo avec la coalition rouge-verte. Le ministre des Affaires étrangères Joschka Fischer a convaincu en 1999 ses amis écologistes et pacifistes que la défense des droits de l’homme pouvait passer, en dernier ressort, par le recours à la force. v. L'armée allemande regarde enfin ailleurs

[17] Paradoxe : l’homme qu’Angela Merkel a choisi pour devenir, à partir du lundi 27 juillet, ambassadeur d’Allemagne à Paris n’a eu de cesse de passer par-dessus la tête des ambassadeurs. Jusqu’au 30 juin, Nikolaus Meyer-Landrut était en effet le « directeur du département 5 » de la chancellerie, comme disent les initiés. En clair, le conseiller Europe d’Angela Merkel. Le haut-fonctionnaire qui, depuis 2011, a préparé et a participé à tous les sommets européens ainsi qu’aux innombrables rencontres bilatérales entre sa chef et ses vingt-sept homologues. Le nouvel ambassadeur allemand à Paris, francophile mais intraitable

[18] Voir. Plan A, plan B ? Plan C !, octobre 2015 : "Contre la tentation des clopinettes, qui se contentera d’un bout d’allègement de dette par-ci ou d’une détente temporaire de contrainte budgétaire par-là, le « plan A-plan B » ne peut donc avoir d’autre objectif que maximal : la déconstitutionnalisation et la repolitisation intégrales de toutes les questions de politique économique. Objectif « maximal » au regard seulement des démissions politiques de la gauche en matière européenne, dont la mesure se trouve ainsi donnée, quand il s’agit en réalité de l’objectif minimal de toute démocratie digne de ce nom : qu’il soit permis aux instances représentatives de discuter et de rediscuter de tout, tout le temps. Spécialement des contenus de politique économique, dont il est inconcevable qu’ils aient été soustraits à la délibération politique ordinaire, et qui doivent impérativement, et intégralement, lui être rendus. Mais la délibération de qui au juste ? Celle d’un parlement de l’eurozone, normalement. Sauf qu’il n’existe pas. Qu’à cela ne tienne, répondent certains : un objectif exigeant, doublé d’une sortie par le haut, en voilà un ! Le pouvoir d’enchantement des « sorties par le haut » est cependant parfois tel qu’il en désarme toute analyse critique de leurs conditions de possibilité. Il ne faut donc pas craindre de répéter qu’un parlement de l’eurozone n’aurait de chance de voir le jour qu’à la condition expresse de poser très explicitement les deux questions suivantes : 1) l’Allemagne accepterait-elle que toutes les dispositions économiques et monétaires actuellement sanctuarisées dans les traités soient remises à la délibération parlementaire ordinaire ; et 2) l’Allemagne accepterait-elle d’être mise en minorité – puisque telle est la loi de la démocratie délibérative – sur l’une ou l’autre de ces dispositions, au hasard l’indépendance de la banque centrale, l’autorisation du financement monétaire des déficits publics, ou la suppression de la contrainte a priori des 3% ? [...] Jamais l’Allemagne ne courra le risque d’une « reparlementarisation », d’une « redémocratisation de la monnaie » qui pourrait mettre en minorité ses sacro-saints principes – à plus forte raison dans la période actuelle."

[19] Richelieu : L'aigle et la colombe, A. Teyssier, Perrin 2014


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62 réactions à cet article    


  • Robin Guilloux Robin Guilloux 23 avril 2016 08:34

    Merci pour ce très intéressant article qui a dû vous demander beaucoup de temps et des efforts d’honnêteté et de rigueur intellectuelle inhabituels de nos jours où il suffit de traiter le contradicteur de « réac » pour passer pour une lumière.


    • plancherdesva (---.---.32.5) 23 avril 2016 19:27

      @Robin Guilloux
      Vous avez complètement raison : 3 personnes ont contribué à cet « article ». Relisez bien.
      Et prendre l’attaque de Lordon contre l’unité forcée des capitalistes européens comme argument principal, là, il y a de quoi réfléchir sur la courte vue de ce groupe...
      Je suis Lordon depuis environ 2009. Et il a toujours fait mouche SAUF quand il pense que les Allemands sont plus dépendant du capital que le reste de la planète (ils le sont plus que nous, c’est sûr, mais...). Ce ne sont pas eux les responsables et nous le découvrirons bientôt.


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 23 avril 2016 20:41

      @plancherdesva
      Responsables de quoi ? De la ruine des autres pays, pardi ! Les Allemands ont bénéficié d’un euro 40% moins cher que le mark, ce qui leur a permis de faire mourir les industries des autres pays européens.


      Actuellement, ils sont vent debout contre la politique de la BCE qui ruine leurs retraites par capitalisation. Quand l’argent vaut 0, les intérêts valent 0 et les retraites = 0.
      Mais ils ne pourront pas éternellement vouloir le beurre, l’argent du beurre et la crémière.
      Le plus souhaitable, c’est qu’ils sortent de l’euro, et que toute cette usine à gaz s’effondre.

    • vip (---.---.108.13) 23 avril 2016 09:01

      Bonjour a tous

      je ne peux qu’abonder dans le sens de de m. Guigou qui n’a rien dun robin des bois, certes, tous l’aurons compris mais personne n ’est parfait et le monde est ainsi fait que l’on y trouve de tout, le pire et le meilleur !

      ne cherchez pas le meilleur, chez lordon, il vous l’a dit, le prof, cet homme a assurement plus des vices que mon « sac a puces ».

      Lordon mange les petits enfants au petit dejeuner et, ce gros goret mange les coudes sur la table, rote a chaque bouchee.


      • vip (---.---.108.13) 23 avril 2016 09:24

        Ne cherchez surtout pas le meilleur chez lordon, suivez le doigt du fabuleux robin qui vous montre la seule place a occuper, celle a cote de la niche du chien.


      • vip (---.---.108.13) 23 avril 2016 09:55

        Haro, haro sur les faquins de la place de la republique assis sur les paves bourgeois !

        Otez vos petards crasseux de mon soleil liberal qui ne doit briller que pour le haut du pave !


      • Etbendidon 23 avril 2016 10:40

        Article trop long mais qui a du prendre un sacré temps à l’auteur
        Ce Lordon est un parasite payé avec nos impots en travaillant dans cette pétaudière appelée CNRS sensée financer une recherche qui ne trouve pas grand chose et qui devrait être réservée aux sciences pures
        J’ai déjà vu ce type chez taddei ou sur vidéo, c’est une caricature


        • lsga lsga 23 avril 2016 11:31

          La critique de Lordon est bonne : c’est en effet « la fête au village ». Sa pensée est idéaliste, ne repose sur rien de concret, comme toute pensée nationaliste. La seule proposition concrète de Lordon est la sortie de l’Euro. Pour rappel : la proposition concrète révolutionnaire par excellence est l’union des luttes par delà les nations. Il utilise bien les concepts « d’abolition de la propriété privée des moyens de production », mais ne décrit absolument pas l’incarnation matérielle de cette abolition, et fait naturellement l’impasse sur la nature internationale de cette production. Sa france souverainiste de gauche continuera-t-elle à gaver la classe moyenne française de matières premières africaines ? Quid du ’cognatus’ du pouvoir d’achat néo-colonial ?

          Par contre : l’auteur de l’article est encore PIRE que Lordon. Totalement et complètement nationaliste, qui croit purement et simplement dans l’existence physique de la « Nation ». Son approche de la Révolution française trahit son royalisme. Si il est contre la Bourgeoisie, c’est parce qu’il regrette l’aristocratie.


          • jean-jacques rousseau 23 avril 2016 14:40

            @lsga
            Je ne suis pas dupe sur votre activisme de troll mondialiste sur ce forum. Mais vous soulevez quelques points intéressants auquel je souhaite répondre.
            Sur le plan personnel je ne me considère pas comme « nationaliste », du moins pas selon votre conception stigmatisante. Mon « nationalisme » est celui des volontaires de l’An II de la République, pour qui la Nation était un idéal sublime, la seule richesse et la seule cause, celle d’un peuple solidaire, libre et souverain.
            Sur la question de « l’existence physique » de la Nation, si on considère selon la définition juridique de Duguit et la doctrine française : "la nation est le titulaire originaire de la souveraineté« et dispose tous les attributs de la personnalité, la conscience et la volonté. Rousseau parle d’un corps moral et collectif. Cela voudrait dire que les juristes de la Révolution française auraient transposé la doctrine du »double corps du Roi« pour l’appliquer à la Nation. Dans ce cas la Nation aurait effectivement à la fois un corps physique constitué par l’ensemble des individus composant l’État (selon la première définition) dont la conscience serait »collective« et la volonté »générale« et subirait un destin »commun« et une personnalité morale dépositaire naturel et légitime des attributs juridiques de souveraineté (seconde définition).
            Donc si vous voulez je suis »nationaliste« dans le sens où je considère comme vitales les questions d’unité, de solidarité nationale et que pour moi  »la nation est le titulaire originaire de la souveraineté« .
            Sur mon approche de la Révolution française votre méprise est flagrante. Rien que mon pseudonyme aurait dû vous en dissuader, sinon il suffisait de lire correctement pour éviter de trancher dans le vide. Je peux résumer ma position en deux phrases : Dans la Révolution française c’est la subversion d’une partie de l’Aristocratie (v.« faction d’Orléans ») et de la Bourgeoisie qui a permis le renversement de la royauté, le peuple à lui-seul ne l’aurait pu et les masses n’ont servi comme force d’appoint qu’un projet subversif d’élites aristocratiques et parlementaires. Le résultat obtenu est que ces classes »supérieures« ont pu accéder au pouvoir pour faire prévaloir LEURS libertés particulières au détriment de l’intérêt général, de la justice sociale et de la stabilité politique.
            Je ne suis pas royaliste, et encore moins aristocrate, mais la comparaison des systèmes politiques me permet de considèrer ce régime de gentlemens-marchands comme une imposture historique. Une imposture fondée sur une idéologie moderniste et biaisée des libertés publiques et des droits de l’homme et du citoyen ne proposant qu’une égalité formelle, contraire aux principes d’un bon gouvernement. Car comme le dit Rousseau :  »Sous les mauvais gouvernements cette égalité n’est qu’apparente et illusoire, elle ne sert qu’à maintenir le pauvre dans sa misère et le riche dans son usurpation. Dans le fait les lois sont toujours utiles à ceux qui possèdent et nuisibles à ceux qui n’ont rien. D’où il suit que l’état social n’est avantageux aux hommes qu’autant qu’ils ont tous quelque chose et qu’aucun d’eux n’a rien de trop."
            L’inaptitude au gouvernement, à l’administration de la Justice, à la réparation des inégalités réelles et la paix sociale, à la sauvegarde de l’environement, à la défense de la souveraineté nationale de cette faction aristo-bourgeoise est flagrante. D’ailleurs la stratégie européiste (ou celle mondialiste), et avant cela le choix de la défaite face au nazisme, n’est que la conscéquence de l’incompétence politique native de cette clique oligarchique.


          • lsga lsga 23 avril 2016 15:21

            Cela ce confirme donc : vous êtes un ultra-nationaliste. Votre manière même de parler de la république sent la fleur de Lys à plein nez. La République comme nouveau Roi, la souveraineté nationale comme nouveau souverain : il ne vous manque qu’une goutte d’antisémitisme, une moustache bouclée et une redingote.

            Vous avez raison de détester Lordon : il appartient à votre courant historique, mais lui est moderne, il écrit la nouvelle page de votre ideologie.


          • Onecinikiou 23 avril 2016 16:55

            @lsga


            « Pour rappel : la proposition concrète révolutionnaire par excellence est l’union des luttes par delà les nations »

            Quiconque à dépasser le stade de l’adolescence politique (ce qui n’est visiblement toujours pas votre cas) a conclu de longue date que votre proposition n’en est pas une mais à tout à voir avec le registre de l’utopie la plus complète, et potentiellement la plus criminelle. 

          • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 23 avril 2016 20:59

            @lsga
            La mode est à la haine de soi, la haine de la Nation et du patriotisme.
            C’est en effet, ce qui convient le mieux à la mondialisation, qui ne veut à aucun prix que les Etats légifèrent contre les dérégulations, contre la libre circulation des capitaux, des marchandises et de la main d’oeuvre.


            La meilleure manière de combattre la mondialisation que vous défendez, en essayent de faire l’amalgame avec l’Internationalisme, c’est d’aimer son pays, sans détester le pays des autres, comme le font les nationalistes d’extrême-droite. L’internationalisme, comme l’indique l’étymologie du mot, ce sont des accords de coopération entre Etats libres et souverains, pas la fin des Nations.

            « L’ Histoire de France » par Asselineau.
            Pourquoi s’intéresser à l’ histoire ?
            Parce que les faits qui se sont déjà produits dans le passé ont toutes les chances de se reproduire.
            Et que les Français (Franc = libre), n’ont jamais supporté longtemps d’être dirigés par d’autres.

          • christophe nicolas christophe nicolas 23 avril 2016 21:03

            @Onecinikiou


            On ne fera pas baiser comme les Russes en 1917, Isga peut en être certain.

          • l'Ane Artiste l’Ane Artiste 24 avril 2016 09:34

            @jean-jacques rousseau

            Ben alors l’auteur ! C’est quoi ce boulot ? Vous ne traitez même pas de « La phénoménologie de l’esprit » et de la dialectique du maître et de l’esclave !?


          • lsga lsga 24 avril 2016 21:59

            Lutter contre la mondialisation ne sert à rien. Toute résistance est inutile. Vos nations fantoches et artificielles : c’est nous qui les avons créé, vos nations chéries et mourantes, c’est nous qui les achèverons.

            Les révolutionnaires sont les diémurges de la civilisation humaine. Vous autres réactionnaires ne pouvez que pleurer en nous voyant détruire ce que vous aviez mis tant de temps à aimer.

            Il y a un siècle de cela fifi, tu aurais défendu le retour à la monarchie, en vain bien entendu. Maintenant que nous nous apprêtons à abbattre la Nation et la République, voilà que vous entichez de ces anciennes créations révolutionnaire.

            N’en doute pas Fifi, dans ta prochaine vie, tu défendras ce qu’aujourd’hui tu combats, car encore une fois, nous apporterons ce qui suit. Nous créons l’Histoire, vous pleurez le passé.


          • prismsoul prismsoul 14 mai 2016 16:17

            @christophe nicolas … ou comme les Français en 1789… ;)


          • Phoébée 23 avril 2016 12:50

            Il y a longtemps que je n’écoute plus Lordon qui s’écoute parler tout seul et n’a donc besoin de personne. Sa constante référence à Spinoza, me rappelle un époque où des intellectuels ne s’exprimaient qu’en citant les grands penseurs Sarthe, Levy, Deleuze, Lacan, Hegel, Kant .... Ni bons intellectuels, ni bons économistes ils charmaient leur auditoire pour les résultats que l’on connaît, la victoire du néo-libéralisme. Je pense Lolo croit qu’il est au centre de l’Histoire en marche, alors qu’il est assis sur sa chaise entouré d’une bande de snobinards pendant que le bon peuple vaque à ses occupations. Je propose qu’on leur laisse autogérer la Place de la République pendant quelques années pour voir quelle genre de société ils ont réussi à mettre en place  smiley


            • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 23 avril 2016 13:52

              @L’auteur.

              Bravo pour cette remarquable analyse.

              On sentait bien depuis la nullité abyssale des réactions haineuses à l’encontre d’A. Finkielkraut qu’il existait un très sérieux décalage entre les propos de F. Lordon et le Q.I. d’huître de son public.

              Un petit St Just/Fouquier-Tinville nous est né !

              Il est infiniment regrettable qu’une intelligence aussi étincelante que celle de F. Lordon soit mise au service d’une impasse intellectuelle comme celle de *Nuit Debout« , un mouvement vicié dès l’origine par la récupération idéologique et carrément vicieuse d’une »gauche« qui se sert d’un cheptel de décérébrés totalement incultes pour tenter d’exister et de surnager politiquement.

              La »fête au village« , effectivement, où il y a à boire et à manger, du kebab à Varoufakis avec une sauce de purée et de confusion mentale.

              Un dévoiement complet.

              Toute cette Cour des Miracles qui ignore la symbolique même de la Place de la République n’est que le petit troupeau de moutons apeurés, tellement terrifié par les attentats terroristes islamiques, qui se cherche un nouveau berger pour »penser un monde nouveau« .

              Sombre plaisanterie et imposture intellectuelle à la recherche d’un petit »Mai 68« dépressif.

              Je serais ministre de l’Intérieur, la Place de la République serait nettoyée au canon à eau avec arrestations de tous les manifestants qui seraient envoyés dans une »Ecole du 7 Mai", histoire de renouer avec la réalité sociale.


              • rocla+ rocla+ 23 avril 2016 13:55

                @Renaud Bouchard


                J’ adhère .

              • lsga lsga 23 avril 2016 14:39

                @Renaud Bouchard

                La manif pour tous et les bonnets rouges étaient tellement moins gavés d ideologie hein ?


              • escoe 23 avril 2016 17:14

                @Renaud Bouchard Je serais ministre de l’Intérieur, la Place de la République serait nettoyée au canon à eau avec arrestations de tous les manifestants

                Pourquoi pas au canon de 25 ? Couille molle....


              • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 23 avril 2016 18:06

                @escoe
                Canon de 25 ? Gourmand, va.

                http://www.defense.gouv.fr/terre/equipements/armement-individuel-et-collectif/canon-de-25-mm

                Un peu excessif pour le moment.
                Cela viendra.


              • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 23 avril 2016 21:09

                @lsga
                Lordon a juste oublié de lire l’appel du 8 Avril Convergences des luttes - Nuit Debout. Sinon, il aurait compris que la référence au Printemps arabe sentait le soufre des Frères Musulmans, branche politique salafiste au service des USA.


                Le journaliste Labévière sur les Frères musulmans :
                "...là où vous avez les Frères Musulmans, vous n’avez pas de syndicat ni parti communiste ! Pas de parti nationaliste ! Et les gens font l’aller-retour entre la mosquée et le Mac Donald ! Donc les Frères Musulmans sont les vecteurs de libéralisme économique, versus Washington.« 

                 »Les Frères musulmans au Proche Orient"

                Quel est le but réel de Nuit Debout ? On finira par le comprendre..., sans doute laisser sortir la vapeur de la cocotte minute, d’une classe moyenne en voie de déclassification ??

              • V_Parlier V_Parlier 23 avril 2016 22:50

                @lsga
                « La manif pour tous et les bonnets rouges étaient tellement moins gavés d ideologie hein »

                Idéologie ou pas, ils n’auraient jamais pu rester sur la place aussi longtemps sans que ça finisse très mal (du moins pour les premiers, parce-que les bonnets rouges étaient plus coriaces et faisaient peur au gouvernement). Mais à présent pas de problème, on peut tout péter dans Paris en rentrant le soir, mettre le feu à des voitures, des trucs de démocrates quoi... (enfin non : De beaux et vaillants révolutionnaires, n’est-ce pas ? Je m’y perd à force).


              • lsga lsga 24 avril 2016 22:12

                @Fifi Brind_acier Pour avoir été en Tunisie lors de la dernière élection, je peux t’assurer que résumer la révolution tunisienne aux salafistes relève du crétinisme le plus complet. Tu devrais voir les gamins lycéens défiler sur l’avenue Bourghiba : on se croirait à paris, des vrais petits gauchistes, des bobos comme tu les détestes.


              • SEPH 23 avril 2016 15:17

                Que de conneries


                • leypanou 23 avril 2016 15:53

                  Avoir autant écrit pour conclure avec : un contributeur écrit (à juste titre) : « M. Michéa, M. Lordon animent le débat en critiquant sans RIEN proposer en échange. »
                  Je ne connais rien de Michéa, donc le concernant, je n’ai rien à dire. Mais oser écrire cela concernant Lordon, c’est au mieux de la malhonnêteté intellectuelle.

                  Lordon ne propose rien en échange ? Bravo, votre perspicacité vous honore !!!


                  • Onecinikiou 23 avril 2016 16:35

                    Je partage le sentiment de l’auteur : au-delà des habituelles incantations et vaticinations gauchistes visant (dans le discours) à abolir le capitalisme et dépasser le salariat, il n’y a pas le début d’une élaboration d’un programme théorique de mise en oeuvre concernant une alternative crédible, réalisable, et surtout souhaitable.


                  • V_Parlier V_Parlier 23 avril 2016 22:58

                    @Onecinikiou
                    Même chose pour moi. Alors que dans le milieux politiquement correct l’essentiel est jugé même pas faisable ou néfaste (attitude par rapport à l’UE, remise en cause du libre échange, et bien d’autres...), ici on refait carrément le monde en s’imaginant qu’on peut construire un truc pareil en restant dans l’UE (qu’on « aime » ou pas ce « programme »). Aucun régime communiste n’a pu le faire ainsi.

                    Ainsi, des méchants tapent avec des bâtons ? La solution : supprimer les bâtons dans le monde entier. C’est la même chanson avec le capitalisme.


                  • julius 1ER 24 avril 2016 19:20

                    , il n’y a pas le début d’une élaboration d’un programme théorique de mise en oeuvre concernant une alternative crédible, réalisable, et surtout souhaitable.

                    @Onecinikiou
                    t une alternative crédible, réalisable, et surtout souhaitable.
                    c’est sûr que parler d’alternative, crédible, réalisable et derrière se demander si c’est souhaitable en dit long sur le conservatisme bon teint !!

                  • Onecinikiou 23 avril 2016 16:27

                    « Nous n’apportons pas la paix » dixit Lordon. 


                     Ne serait-ce pas là une allusion au doux relent d’antisémitisme... ? smiley

                    • Auxi 23 avril 2016 20:14

                      @Onecinikiou
                      Et revoilà le chantage à l’antisémitisme, comme c’est pratique !


                    • Albert123 23 avril 2016 17:58

                      Lordon, qui doit sa condition de vie matérielle au CNRS donc à l’état n’est pas autonome


                      il ne peut par conséquent ni être véritablement critique, ni vraiment vouloir changer quoi que ce soit qui ne vise pas la continuation ou l’amélioration de sa propre condition matériel.

                      Lordon ne peut subvenir à ses besoins par sa propre force de travail, cette condition c’est celle des ouvriers (en disparation complète dans notre pays) ou des indépendants (que l’on matraque fiscalement)

                      Ils sont d’ailleurs les seuls à véritablement détenir la capacité et la motivation nécessaires pour obtenir une véritable rupture, 

                      les autres, petits bourgeois du salariat, du fonctionnariat, bénéficiaires des miettes d’un état providence ne sont que des rebelles de salon dont on fait les con bendhit.

                      et ce n’est évidement pas avec ce genre de profil que l’on change la donne, on ne fait que faire perdurer l’existant un peu plus.

                      On ne refonde pas une société avec des glandus mais avec des Hommes qui connaissent la dure réalité de la vie et les nécessités bassement matérielles que cela implique.

                      On ne ne refonde pas un pays avec des utopistes et des romantiques mais avec des gens lucides.

                      Lordon n’est pas autonome et surtout il n’est pas lucide dans son sectarisme, mais Lordon s’en fout car quand le mouvement aura implosé de lui même, la paie du CNRS tombera encore et encore. 

                      et ce bref épisode, pas du tout spontané, totalement sous contrôle n’aura servi que de soupape au système comme à chaque fois qu’il est contaminé par ce genre d’individu qui ont à la fois tout le confort matériel pour en prendre la tête et en saboter toute initiative nouvelle de l’intérieur.

                      Moi je n’oublierais pas la trahison de Lordon pour ce quelle est véritablement : le désir pour un bobo qui s’ignore d’avoir ses 15 mn de gloriole et d’adoration (il suffit de regarder sa satisfaction quand les gens l’applaudissent pour comprendre les véritables motivations de Lordon qui sont d’ordre bassement narcissique)

                      • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 23 avril 2016 18:14

                        @Albert123

                        Bravo pour cette observation qui constitue un démontage très précis d’une trahison et d’une imposture.

                        Tout y est :

                        "Lordon, qui doit sa condition de vie matérielle au CNRS donc à l’état n’est pas autonome ;

                        il ne peut par conséquent ni être véritablement critique, ni vraiment vouloir changer quoi que ce soit qui ne vise pas la continuation ou l’amélioration de sa propre condition matérielle.
                        Lordon ne peut subvenir à ses besoins par sa propre force de travail, cette condition c’est celle des ouvriers (en disparition complète dans notre pays) ou des indépendants (que l’on matraque fiscalement).
                        Ils sont d’ailleurs les seuls à véritablement détenir la capacité et la motivation nécessaires pour obtenir une véritable rupture, les autres, petits bourgeois du salariat, du fonctionnariat, bénéficiaires des miettes d’un état providence ne sont que des rebelles de salon dont on fait les Cohn Bendit,
                        et ce n’est évidement pas avec ce genre de profil que l’on change la donne, on ne fait que faire perdurer l’existant un peu plus.
                        On ne refonde pas une société avec des glandus mais avec des Hommes qui connaissent la dure réalité de la vie et les nécessités bassement matérielles que cela implique.

                        On ne ne refonde pas un pays avec des utopistes et des romantiques mais avec des gens lucides.

                        Lordon n’est pas autonome et surtout il n’est pas lucide dans son sectarisme, mais Lordon s’en fout car quand le mouvement aura implosé de lui même, la paie du CNRS tombera encore et encore.
                        Et ce bref épisode, pas du tout spontané, totalement sous contrôle, n’aura servi que de soupape au système comme à chaque fois qu’il est contaminé par ce genre d’individu qui ont à la fois tout le confort matériel pour en prendre la tête et en saboter toute initiative nouvelle de l’intérieur.
                        Moi je n’oublierais pas la trahison de Lordon pour ce quelle est véritablement : le désir pour un bobo qui s’ignore d’avoir ses 15 mn de gloriole et d’adoration (il suffit de regarder sa satisfaction quand les gens l’applaudissent pour comprendre les véritables motivations de Lordon qui sont d’ordre bassement narcissique)."

                        Parfait.
                        Tout est dit.
                        Bravo !


                      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 23 avril 2016 21:24

                        @Albert123
                        Qui est autonome du reste de la société ? Personne !
                        Tous ceux qui travaillent participent au système, ils produisent des biens et des services, et consomment des biens et des services produits par d’autres.
                        Les étudiants et les chômeurs aussi, puisqu’ils sont financés par ceux qui travaillent et par les impôts payés par tout le monde, par la TVA.
                        Ainsi que les retraités, tout le monde participe au système !.
                        Votre ordinateur est la preuve que vous participez au système de production / vente/ consommation. Sans parler des Politiques qui vivent grâce aux finances publiques...


                        Votre remarque interdit donc à TOUS les citoyens non seulement de penser, mais de s’exprimer ?
                        Seuls les SDF auraient droit de s’exprimer ? Mais ils touchent le RSA, payé par les contribuables, alors qui est autonome et a le droit de s’exprimer ?
                         

                      • Albert123 23 avril 2016 23:26

                        @Fifi Brind_acier

                        vous mélangez tout, mais bon un texte quand il est lu par une personne omnubilée par son militantisme est forcément mal interprété, ,

                        Votre approche légaliste vous fait juste oublier les prétentions révolutionnaires (mouarfff) des têtes « pensantes » de nuit debout,

                        définir une personne autonome est trés simple,

                        1 c’est quelqu’un qui a une force de travail ayant une valeur a échanger sur le marché et ce, sans le support d’une puissance étatique,

                        2 c’est quelqu’un qui est responsable de ses actes et conscient (si possible) de leurs conséquences successives

                        Pour résumer il est à la fois productif de maniere concrète et pensant mais pas de manière futile, 

                        Des profils que l’on trouve majoritairement de nos jours chez les indépendants : artisans, commercants et professions dites libérales qui sont matraqués fiscalement puisque c’est désormais la classe sociale la plus autonome avec les quelques derniers rescapés du monde ouvrier francais, il faut donc la dresser, l’assommer pour la faire taire avant même qu’elle ne commence a l’ouvrir.

                        C’est sur ceux là que je mise, ceux qui n’ont pas le droit au chomage, ont les pires caisses de retraites, font le moins usage de la sécu, et pourtant malgré une fiscalité démente et une ingratitude permanente de la part de tous ceux qui en profitent le plus, ces gens continuent de bosser car ils sont « libre » et fier du pays dans lequel ils vivent.

                        Ceux là sont des batisseurs et ils feront de la place aux autres car ils le font déjà depuis longtemps

                        Mais quand j’écoute lordon, ou tout autre politicards j’en doute. 
                         











                      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 24 avril 2016 06:38

                        @Albert123
                        Effectivement, nous ne sommes pas d’accord sur la définition. Un bien ou un service peuvent être produits par une entreprise privée ou publique. Les soins médicaux peuvent être donnés dans une clinique privée ou dans un hôpital public. L’enseignement aussi peut être privé ou public.


                        En quoi le fait d’être dans le privé donne plus de droits à s’exprimer que dans le public ? Les services publics sont voués à la privatisation, ils sont autant victimes du libéralisme européen que les artisans auxquels vous faites allusion.

                        Un artisan ou une PMI ne sont pas libres, ils sont tributaires du pouvoir d’achat des consommateurs. Précariser les salariés par la réforme du marché du travail ne va pas arranger leur carnet de commandes...

                        Vous essayez d’opposer les victimes entre elles, c’est tout ce que demande le système. Voilà pourquoi je ne suis pas d’accord avec votre définition. Nous sommes tous embarqués dans la même galère et découper la galère en rondelles ne peut qu’amener le naufrage collectif.

                      • Albert123 24 avril 2016 15:11

                        @Fifi Brind_acier

                        « En quoi le fait d’être dans le privé donne plus de droits à s’exprimer que dans le public ? » 


                        encore une fois vous mélangez tout : le droit accordé à chacun de s’exprimer librement et la capacité réel des uns et des autres à véritablement assumer les conséquences d’un changement de paradigme.

                        Je n’oppose que ceux qui ont des intérêts à changer de système et ceux, hypocrites, qui prétendent le vouloir mais qui concrètement n’en ont aucun intérêt à le faire tout en s’accaparant, en permanence, tous les mouvements contestataires pour mieux les immobiliser.

                        « Vous essayez d’opposer les victimes entre elles »

                        non il y a les victimes de la situation et ceux qui en profitent (un peu ou beaucoup), actuellement ceux qui en profitent s’accaparent sans cesse ces mouvements contestataires avec la bénédiction d’un état qui à bien compris l’intérêt qu’il y a à laisser la situation comme elle est.

                        « Nous sommes tous embarqué sur la même galère »

                        la bonne blague , sur la mienne de galère, le pont est recouvert de savon noir, celui qui a été déposé par les agents d’un état confiscatoire et la folie des normes, chaque jour un peu plus nombreuses, que l’on m’impose.

                        Situation qui échappe également aux salariés déresponsabilisés du privé plus concernés par leur RTT et leurs annuités que par la difficulté qu’il y a à faire tenir une boite dans une bobocratie.

                        mais bon je m’arrête là, discuter avec un clone de ruquier est une perte de temps





                      • Heldayhue 23 avril 2016 19:36

                        La moindre des choses serait de soigner davantage votre orthographe.

                        A écrire (ou laisser passer) « les propositions émisent » (sic), vous perdez énormément de crédibilité philosophique.

                        • Blé 23 avril 2016 19:50

                          Combien d’oligarques à la tête de l’état payés grassement et qui estiment normal d’avoir des privilèges, d’être au dessus du « peuple » ?

                          Lordon est comme il est mais depuis des années il a toujours dit que le Capitalisme et les capitalistes ne tiennent que par les fruits du travail des salariés.

                          Lordon se mêle de ce qui le regarde en tant que citoyen, il travaille et son travail est un peu plus productif qu’un rentier. Il partage son savoir et ça c’est inacceptable, il faut vite le descendre des fois que les français l’écouteraient avec intérêt..

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