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Le Baiser de Gustav

D’habitude je fais très peu de récensions d’ouvrages. Cependant, certains d’entre eux m’incitent à déroger à cette habitude ; il s’agit d’ouvrages inspirants et écrits intelligemment. C’est le cas du roman de Martine Magnin, Le Baiser de Gustav, paru le 5 avril 2019, aux éditions Pierre Philippe.

Une jeune mère de famille – Lucie - victime d'un attentat, est plongée dans le coma. L’histoire commence de cette manière et nous amène à explorer l’âme humaine au sens non pas métaphysique mais dans le monde réel.

Bien que dans le coma, Lucie a conscience du monde qui l’entoure et son esprit vagabonde entre une réalité violente et douloureuse et les portes d'un au-delà qu’elle imagine réconfortant car elle n’aura plus, pense-t-elle, à lutter pour expliquer et comprendre, être tout simplement.

Il s’agit avant tout d’un roman sur la résilience et la renaissance après un traumatisme qui contribue à ouvrir les yeux et à appréhender le monde tel qu’il est.

Une mention particulière pour le choix de la couverture de ce roman. Le tableau de Gustav Klimt Le Baiser illustre parfaitement la tendresse et la passion, qui se dégagent de la vie de Lucie. Cette passion est présente dans le tableau à travers la fusion de deux visages et de deux corps qui s’étreignent…

 

En effet, l’œuvre de Klimt présente un couple qui s’embrasse, dissimulé sous un immense drap ou manteau d’or. Cette lourde parure donne une dimension d’éternité au couple qu’elle enserre et protège.

Dans le roman de Martine Magnin, Lucie se trouve, après l’attentat, sous un épais mentaux de brouillard entre la vie et la mort, entre la conscience et l’inconscience, entre la réalité et le rêve. Prisonnière de son corps et en même temps combattante de la vie. Par l’intermédiaire des personnages présents dans le roman, Lucie devient le protagoniste de sa vie et prend sa vie en main, bien que diminuée physiquement et incapable de communiquer avec son entourage. Elle est libérée dans cette prison, elle est plus que jamais lucide.

De l’autre côté, le fait que les membres de son entourage la croient incapable de comprendre quoi que ce soit ou de communiquer, laissent paraître toute la mesquinerie ou toute la beauté d’âme qui se niche en eux.

Dans le Baiser de Klimt les amants sont dans une étreinte que rien ne semble pouvoir contrarier. Néanmoins, même s’ils sont en fusion totale, ils paraissent être en même temps au bord d’un précipice, au bord de l’inconnu. C’est le cas de Lucie : au bord du gouffre à cause de l’attentat, elle choisit la vie et le combat… Elle en sort plus forte et plus lucide…


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1 réactions à cet article    


  • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 25 mai 14:52

    Klimt aimait les femmes. Un des seuls peintres a pouvoir rendre sur la toile la beauté gestuelle féminine.

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