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Le bonheur et la richesse

Bonheur et richesse sont deux mots que les civilisations solides comprennent naturellement avec bon sens et que les civilisations malades recherchent sans se demander pourquoi leurs sens se sont édulcorés.

Le jeu entre les approches du beau, du bien et du vrai occupe toutes les civilisations. Une civilisation fonde d’abord sa force sur sa définition du vrai pour en déduire sa définition du beau et du bien car il y a un souhait unanime, éternel et omniprésent pour que la vérité soit agréable et qu’elle s’impose naturellement à tous. La gestion des minorités qui ne partagent pas la vérité de la majorité peut être sanglante comme le christianisme à une époque, financière comme l’islam avec la djizîa, raciale comme le Japon ou Israël aujourd’hui, l’Afrique du Sud et les États-Unis hier et l’Allemagne avant-hier. Elle peut aussi être révérente comme c’est le cas en Occident actuellement où la culpabilisation médiatique de la majorité induit une survalorisation de toutes les minorités.

Le bonheur est l’état d’un moment où le beau, le bien et le vrai se rassemblent dans une tête en harmonie avec son environnement. Moments très recherchés, très motivants, très agréables et rarement trouvés.

Dans la recherche du bonheur toutes les civilisations cherchent à rassembler le beau, le bien et le vrai. Quand nous disons que c’est bel et bien lui, qu’elle a une bonne grippe ou que nous sommes au beau milieu de l’après midi, nous cherchons inconsciemment à définir la vérité par le beau et par le bien.

Dans cette quête du rassemblement du beau, du bien et du vrai, toute civilisation travaille déjà à les assembler deux par deux. Toutes les civilisations cherchent la lumière, agrégat du vrai et du beau, la justice qui assemble le vrai et le bien, et la richesse qui fédère le bien et le beau. Notre recherche du bonheur voudrait que la lumière soit bonne (que la clarté soit pureté), que la justice soit belle (d’où les « palais » de justice) et que la richesse soit vraie. Notre réalisme sait bien que ce ne sont que des buts.

Les idéologies du XXe siècle, fascisme, communisme et capitalisme sont, sous couvert de trois mots nés en occident au XIXe siècle, la résurgence idéologique des trois rêves adolescents éternels, « Je suis le plus beau et le plus fort », « Personne ne me donne d’ordre » et « La vie est facile et tout m’appartient ». Sur la base du siècle des Lumières, elles ont toutes trois éliminé de la richesse la spiritualité qui en est pourtant un fondement essentiel. Approcher ce qui est bien, beau et bon en oubliant volontairement la spiritualité a tué le fascisme comme le communisme et ne fait survivre le capitalisme provisoirement que parce que son premier support, le dollar, continue à diffuser sur toute la Terre ce qui est devenu son mensonge « In God we trust ». Les États-Unis n’y croient tellement plus qu’ils se sont crus obligés d’en faire leur devise nationale par une loi de 1956 ! C’est dire si l’époque des Wasps (white anglo saxon protestant) était bien révolue, si l’hypocrisie devenait belle et bonne et si la famille Kennedy pouvait devenir la coqueluche des médias en ouvrant la voie à une série incroyable et ininterrompue de présidents désastreux. Le capitalisme meurt de son abandon de la spiritualité comme sont morts avant lui pour la même raison, le fascisme et le communisme.

Le capitalisme ne survit provisoirement que par les médias qui sont tous la propriété de financiers et qui veillent à ce que la spiritualité soit confinée dans la sphère privée en convainquant les braves gens que la laïcité est et doit rester le côté admirable de l’abandon de la spiritualité collective.

Le travail médiatique est admirable de rigueur en remplaçant la spiritualité par une nouvelle définition de la vertu qu’ils appellent les « valeurs ».

Ces prétendues valeurs sont la parité, la laïcité, l’innovation, les luttes contre le sexisme, la pauvreté, le racisme, l’homophobie, l’alcool, le tabac, la vitesse, les discriminations. Elles sont tellement hypocrites qu’elles ne peuvent qu’être imposées par interdictions, obligations et normes de plus en plus insupportables, ou par ruse sous couvert des marchés et de la démocratie. Elles sont d’une violence d’autant plus nauséabonde qu’elles accaparent les notions de bonheur et de richesse, de justice et de lumière qu’en réalité elles détruisent. Elles génèrent ce qu’elle appellent dédaigneusement les populismes dont les expressions de bon sens se construisent actuellement de partout.


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5 réactions à cet article    


  • Étirév 26 février 11:48

    Toutes les actions des hommes semblent n’avoir qu’un but ; le bonheur.

    Qu’est-ce donc que le bonheur ? Quelle en est la base ? Où en est la mesure ?

    Les philosophes libertaires, qui s’occupent beaucoup de la question, nous répondent  : « Le bonheur c’est, pour chaque individu, la faculté de satisfaire librement tous ses besoins physiques, intellectuels, moraux. » (Sébastien Fauve)

    Or, nous voyons que l’homme, livré à lui-même, c’est-à-dire à l’impulsion de ses instincts, jette l’humanité dans un abîme de douleur. Nous voyons que, non seulement, il fait souffrir les autres, mais qu’il est lui-même victime de sa liberté puisque la première chose qu’il fait c’est d’en abuser.

    Et comment en abuse-t-il ?

    En se donnant des jouissances matérielles. Ses sens demandent des satisfactions que sa raison réprouve et c’est cependant à ses sens qu’il obéit.

    Voyez un homme longtemps réduit à la pauvreté ; que fait-il le jour où, par bonheur, ou par malheur, une somme d’argent vient lui donner le pouvoir de satisfaire ses désirs ?

    Il se paie un bon dîner d’abord, puis des femmes ensuite : deux intempérances. Par la première, il gâte son estomac et ruine sa santé ; par la seconde, il vide son cerveau et ruine son intelligence.

    Résultat  : La liberté lui a donné un germe de maladie et un germe de folie, sans compter les tourments intermédiaires.

    Il résulte de ceci que les hommes les plus riches, ceux qui ont, plus que les autres, les moyens de satisfaire pleinement leurs besoins physiques, intellectuels et moraux, ne sont pas les plus heureux, si, à leurs richesses, ils n’ajoutent pas les vraies conditions du bonheur.

    M. Vanderbilt père, qui fut l’un des hommes les plus riches du monde, a avoué, dans une lettre qui a été publiée, les misères de son cœur :

    «  Mes dollars m’écrasent, disait-il, je n’en recueille aucun plaisir, je n’en retire aucun bien. En quoi suis-je plus heureux que mon voisin dans une position modeste ? Il goûte les vraies jouissances de la vie ; elles me sont inconnues. Il peut se fier à ceux qui l’entourent ; moi je ne puis me fier à personne. »

    Ceci prouve que ce n’est pas ce qu’on a qui fait le bonheur, mais ce qu’on est.

    Parmi les définitions qui ont été données du bonheur, il en est une que l’on accepte assez généralement, c’est celle ainsi formulée : Le bonheur c’est la joie d’une conscience pure, c’est la pratique habituelle de la vertu, c’est-à-dire tout le contraire de ce que dit Sébastien Faure, puisque la satisfaction de tous les besoins physiques, qu’il réclame, mène au vice et non à la vertu et empêche les besoins intellectuels d’apparaître ; ils se trouvent supprimés par la satisfaction des besoins physiques, qui annulent la vie intellectuelle.

    Victor Hugo, qui comprenait mieux la nature, a dît, plus justement : « Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent.  »


    • JL JL 26 février 12:15

      Le sens de ces valeurs a à voir avec la « Common decency » (cf. Orwell)

       

      Je dirais qu’elles sont à la palette des sentiments ce que sont les couleurs fondamentales à un nuancier, ou les saveurs primaires à la gastronomie : https://observatoire-des-aliments.fr/qualite-dico/saveurs


      • Pierre 26 février 13:25

        Pour éviter de se masturber inutilement, une définition efficace du bonheur : on est heureux dès lors que l’on n’est pas malheureux. Assez facile lorsque l’on a deux doigts de culture : par exemple, écouter un bon opéra fera l’affaire...


        • Claudec Claudec 26 février 16:55

          Le bonheur est dans sa recherche ; quant à la richesse, qui existe par la pauvreté et vice versa, voir (entre autres) l’essai de définition ci-après :

          https://claudec-abominablepyramidesociale.blogspot.com/2017/11/pauvrete-et-richesse-essai-de.html


          • ddacoudre ddacoudre 26 février 22:08

            Bonjour J’ai pris plaisir à lire ton article. Notre société manque cruellement d’intellectuels. Elles n’a façonné que des clés à molettes qui se retournent contre elle. Je crois que quelques articles sur mon site s’interrogeront ddacoudre, over-blog. Cordialement.

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