Le cri des Augustes
Le cri des Augustes : quand le cirque politique oublie le peuple
Je porte le regard d’une citoyenne curieuse du monde, qui a choisi de s'éloigner des écrans par pure exigence de dignité et de vérité. Aujourd’hui, le dégoût a pris le dessus face à un spectacle catastrophique qui dure depuis des années. Mon abstention n'est pas du désintérêt, c’est un refus catégorique de valider cette pièce de théâtre minable qui se joue sans nous, et contre nous.
Si on devait redécorer l’Assemblée nationale et le Sénat, c’est un chapiteau de cirque qu’il faudrait y installer. D’un côté, on a 577 clowns et 348 autres clowns, drapés dans leur suffisance, qui s'agitent dans une basse-cour médiatique, incapables de s'écouter ou de se respecter. Leurs costumes sombres et leurs cravates trop serrées sont inadaptés sous ce chapiteau ; ils seraient bien plus à l'aise dans de vrais habits de clowns, avec les chaussures géantes et le grimage adéquat pour rendre enfin le déguisement conforme à la réalité de leur spectacle. De l’autre, il y a 67 millions d'Augustes.
Dans la tradition, l'Auguste c’est le personnage au grand cœur, celui qui subit les farces, reçoit les coups de bâton et doit se débrouiller avec les bêtises du clown blanc. Les Augustes, c'est le peuple français. C’est nous qui encaissons les crises, subissons l'inflation et payons les factures.
Il est grand temps que ces clowns enlèvent leurs œillères et s'équipent d'appareils auditifs pour enfin entendre le peuple. Il ne s'agit plus de nous bassiner avec une énième Constitution sur les plateaux télé sans jamais en écrire une seule ligne. On ne veut plus de paroles en l'air, on veut des actes. Et que ceux qui parlent apprennent à réfléchir avant de l'ouvrir.
Pour commencer, ces dirigeants doivent sortir de leur cage dorée. Qu'on les force à vivre, pas 24 ou 48 heures, mais plusieurs semaines comme un Français au SMIC, à devoir choisir entre allumer le chauffage ou remplir le caddie. Qu'ils abandonnent leurs chauffeurs. Qu'ils prennent eux-mêmes le pistolet à la pompe et qu'ils payent leur essence de leurs propres deniers. Qu'ils voient les euros défiler plus vite que les litres, ça les fera revenir à la réalité.
Les ministres et les élus ne sont pas des monarques, ce sont des serviteurs. Le personnel de la République, c'est eux, et le patron, c'est le peuple.
Cette déconnexion est en train d'étouffer nos territoires. Aujourd'hui, même l'engagement local est devenu impossible. Nos maires ont les mains liées par des instances supérieures et des technocrates qui veulent couler toutes les communes dans le même moule. À force de tout lisser et de tout aseptiser, la France ne sera plus la France. C’est notre diversité et le bon sens de nos terroirs qui font tout le charme de notre pays.
À l'approche des fêtes de fin d'année, la basse-cour compte bien sur une trêve automatique. Ils s'imaginent que les Augustes vont s'endormir sous les cotillons. Mais comment peut-on être d'humeur festive dans les conditions que nous subissons depuis des années ?
Il ne faut pas capituler. Au contraire, montrons que nos sentiments, on les met de côté pour notre dignité.
N'oublions jamais l'étymologie de ce nom : en latin, Augustus désigne ce qui est sacré, vénérable, digne de respect. Ces clowns ne méritent même pas une majuscule, mais les Augustes la portent fièrement. Nous sommes aujourd'hui affaiblis, mais nous restons forts. Car l’État, ce n’est pas une minorité isolée qui se prend pour Louis XIV.
L'État, c’est le peuple français, et il est temps qu'il reprenne ses droits.
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