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Le différend sino-étatsunien

Le monde s'interroge sur le sérieux et les conséquences possibles du différend sino-étatsunien.
 
Il faut rappeler que le terme de "guerre commerciale", utilisé par la presse en mal de titres à sensation, est utilisé à contre-sens dans ce cas. Ce terme a été inventé pour désigner une compétition entre deux pays fournisseurs convoitant le même pays marché, par exemple la France et les Etats-Unis rivalisant entre eux pour vendre des avions ou des armements à l'Inde ou à l'Arabie, à grand renfort de conditions préférentielles, de facilités de paiement, de promesses de transferts de technologies, voire de commissions subornatoires occultes.
 
Mais on ne parle pas (normalement) de guerre commerciale entre un pays client et un pays founisseur. Les négociations peuvent néanmoins s'appuyer sur les rapports de force, et notamment sur l'existence d'une alternative, à savoir d'une autre offre ou d'une autre demande vers laquelle le client ou le fournisseur pourrait se tourner pour obtenir une surenchère en sa faveur. Il est vrai que du côté fournisseur la Chine n'a pas besoin des Etats-Unis, d'une part parce qu'il y a suffisamment de marchés émergents solvables pour suppléer la demande du marché immergent insolvable, et d'autre part parce que le marché intérieur chinois suffit, depuis déjà plus d'une décennie, à entretenir une croissance économique (certes à un seul chiffre) dans la première économie mondiale. Pour la Chine l'exportation n'est plus qu'un appoint, ce qui lui permet d'ailleurs de choisir la monnaie de paiement ce dont elle ne se privera pas lorsqu'elle pourra accepter l'effondrement du dollar, c'est-à-dire lorsqu'il en restera peu dans ses réserves. Par contre du côté client les Etats-Unis ont besoin de la Chine, n'ayant plus d'industrie (ni d'autre pays fournisseur) capable de produire, aux mêmes coûts, ce que la Chine fabrique à grande échelle pour le monde entier.
 
Les économistes professent que le protectionnisme, au moyen de barrières douanières, permet à l'industrie d'un pays de prospérer. C'est vrai lorsqu'il s'agit d'une politique continue à long terme, mais c'est faux lorsqu'il ne s'agit que d'un point de programme de la durée du ministre intérimaire d'une démocratie à alternance accélérée. Même dans les secteurs où un ancien pays industriel a conservé le savoir-faire technologique, les ressources humaines compétentes et la chaîne de sous-traitants et fournisseurs, infrastructure concrète qui n'est pas un simple concept économique, il faut l'assurance d'une bonne stabilité juridique et fiscale à long terme pour qu'une entreprise décide d'investir dans une ligne de production dont le point mort puis la rentabilité se situent à cinq ans voire plus, en tout cas au-delà de la prochaine alternance politique. Une politique protectionniste préventive protège, un expédient anti-importations temporaire à visée électoraliste après destruction de l'industrie nationale dite "délocalisation" libre-échangiste ne ressuscite pas une industrie défunte. L'économie est un corpus de doctrines et d'écoles à prétention scientifique, le tissu économique est une réalité sociale construite par des personnes entreprenantes prêtes à prendre un risque patrimonial et personnel.
 
Interdire l'importation de produits asiatiques pour une période incompressible de trente ans pourrait apporter la confiance nécessaire à l'initiative entrepreneuriale intérieure. Mais imposer une taxe additionnelle d'à peine 10%, dans un pays à TVA modeste, sur la consommation de tout produit laissé entrer de Chine, n'a aucune chance d'inciter une entreprise étatsunienne à rapatrier sa production, et ne réduira d'ailleurs que marginalement les achats de consommateurs plus entraînés à accroître leur endettement qu'à diminuer leur consommation.
 
Il est difficile de déterminer les raisons exactes pour lesquelles on a fait endosser au président Trump, le 1er août, cette taxation à 10% du reste des importations d'origine chinoise à partir du 1er septembre, puis douze jours plus tard la décision d'en différer l'application à décembre. C'était évidemment une mesure d'hostilité spécifique envers la Chine, puisque d'éventuelles importations identiques mais d'origine indonésienne, russe ou mexicaine ne sont pas frappées de la même taxe, d'ailleurs les touitements qui tiennent désormais lieu de conférences de presse présidentielles étatsuniennes visaient expressément la Chine. Evidemment la Chine pourrait s'en plaindre auprès de l'Organisation Mondiale du Commerce, au sein de laquelle elle a été admise (imposée) par les Etats-Unis en 2002, malgré l'opposition de certains pays européens pour raisons morales (compétitivité basée sur l'esclavage), et au moment même où les Etats-Unis refusaient l'admission d'un grand pays européen remplissant par contre les conditions. En comparaison de cette mesure douanière d'hostilité manifeste et dirigée, lorsque la Chine a vu ou laissé début août se déprécier sa monnaie d'un tout petit 1,5%, dévaluation qui ne joue pas qu'envers les Etats-Unis et peut se prévaloir de la liberté des changes qu'ils professent, ceux-ci l'ont vertement accusée de manipulation de sa monnaie.
 
En tout cas, cinq jours après l'annonce des nouvelles taxes sur les importations d'origine chinoise, la Chine a cessé d'importer tout produit agricole étatsunien, dont elle avait laissé espérer fin juin une augmentation des importations.
 
Sur un plan strictement alimentaire et en faisant abstraction des questions économiques, la situation est aussi tendue aux Etats-Unis qu'en Chine. Depuis le début de l'année la Chine a perdu ou abattu plus d'un million de porcs et on estime que la moitié de ses femelles reproductives sont déjà mortes ou le seront avant la fin de l'année, ce qui diminue drastiquement les besoins de soja et maïs destinés à leur alimentation. Il y a quelques mois la Chine avait accru ses importations de viande porcine étatsunienne pour compenser la chute de 30% de sa production, mais la jeune classe moyenne chinoise est de plus en plus exigeante en qualité et il n'est pas certain qu'on puisse longtemps lui faire avaler les poulets chlorés étatsuniens que l'Union Européenne entend imposer à ses propres populations. En quelques mois les élevages chinois de canards ont doublé ou triplé leur production dans des conditions d'urgence et de surpopulation qui les rendent vulnérables à la moindre épidémie. Entre juillet 2018 et juillet 2019 l'ensemble des prix alimentaires a enflé de près de 10%, tirés notamment par les prix du porc. Faute d'indices on évitera de faire le moindre rapprochement entre l'origine inconnue de la fièvre porcine actuelle (affublée du surnom Ebola qui évoque la recherche biologique en dépopulation) et l'origine étatsunienne de la grippe porcine Smithfield qui semblait menacer l'humanité en 2009, mais on évitera aussi de supposer que le gouvernement chinois ne fait aucun rapprochement.
 
Cependant depuis le début de l'année aussi les nuages s'accumulent (et se déversent) sur les terres fertiles étatsuniennes, dont l'agriculture devrait produire cette année, selon les cultures, de l'ordre d'un quart à trois-quarts de moins qu'en période de normalité climatique. Les prix de beaucoup de denrées alimentaires ont déjà bondi de 20 à 40%, les supermarchés affichent des pénuries (notamment en légumes) dans tout le pays et l'on connaîtra à la fin de l'été le déficit en céréales. Il n'est donc pas exclu que les Etats-Unis doivent cette année réorienter vers leur consommation interne une part de la production habituellement exportée. Pourtant en ce mois d'août la presse étatsunienne fleurit de déclarations tonitruantes du puissant secteur agricole se plaignant de ce qu'il considère comme une "déclaration de guerre" de la part de la Chine, et annonçant un grand sinistre du secteur agricole en raison non pas de la météo qui a détruit (ou empêché de semer) de 25% à 75% des cultures, mais de l'impossibilité d'exporter en Chine ce qui causerait un "coup mortel" à de nombreux agriculteurs. Or le gouvernement fédéral a décidé début août une aide exceptionnelle de 16 milliards de dollars pour les agriculteurs. Pour donner un ordre de grandeur, les exportations agricoles étatsuniennes vers la Chine s'étaient élevées à 19,5 milliards de dollars en 2017 et 9,1 milliards en 2018, ce qui signifie que le gouvernement a indubitablement la capacité d'indemniser l'agriculture du boycott chinois, voire qu'il vient de le faire, même s'il laisse la presse surenchérir d'imprécations contre la Chine.
 
Pour revenir aux nouvelles taxes annoncées le 1er août, à savoir 10% sur 300 milliards de dollars d'importations chinoises, à moins d'entraîner une improbable baisse des importations elles rapporteront à l'Etat fédéral 30 milliards, soit à peine deux semaines d'impression monétaire. Cela ne devrait pas fondamentalement altérer l'image d'allégeateur fiscal du président Trump, et encore moins le déficit budgétaire structurel du gouvernement. L'imposition, par exemple, de 50% de taxes sur les produits de luxe aurait pu contribuer à réduire le déficit commercial, l'imposition de 100% ou 200% de taxes (voire l'interdiction formelle d'importation) sur les quelques produits auxquels une concurrence interne existe ou dont des substituts pourraient être produits localement aurait pu contribuer à relever l'industrie, mais l'imposition d'un symbolique 10% de taxes sur la totalité des produits chinois (et seulement chinois) ne peut produire aucun effet économique notable et a donc certainement en réalité un but de politique internationale, qui reste à déterminer. En tout cas la Chine a dénoncé l'imposition surprise de ces nouvelles taxes, annoncées le 1er août, comme une sérieuse violation de l'accord conclu entre les présidents chinois et étatsunien le 29 juin.
 
Car pour sa part la Chine est convaincue que les Etats-Unis cherchent une confrontation majeure. Début août aussi elle a été victime d'une fausse rumeur, propagée tant en Chine que dans les salles de marché des bourses du reste du monde, sur une imminente baisse du taux d'intérêt directeur chinois, et donc de la rentabilité financière des obligations et actions chinoises. Cela n'est pas sans rappeler l'attaque lancée, de la même manière, contre la France le 10 août 2011, au moment où les Etats-Unis avaient montré au monde leur hésitation à faire officiellement défaut sur leur dette (crise du "debt ceiling"), se préparaient à attaquer la Suisse (ultimatum du 31 août) et allaient mettre fin à la cotation libre de l'or, donc devaient abattre l'euro pour relever le dollar. Bien que démentie immédiatement par l'acteur qu'elle prétendait mettre en scène (l'agence de notation de crédits Fitch), la rumeur de dégradation savamment instillée simultanément dans plusieurs salles de bourse et dans la presse par de prétendus initiés "sous couvert d'anonymat" allait en quelques heures coûter aux entreprises françaises 5% de leur valeur boursière (soit un an de bénéfices après impôts) et aux Français et à leurs voisins, personnes physiques ou morales, 2% de tous leurs avoirs exprimés en euros (comptes bancaires, maisons, entreprises), et une semaine de revenus. En résultat, la presse économique du monde entier cessa soudain de s'intéresser à la crise du surendettement étatsunien pour s'interroger sur les soubresauts inexplicables de l'euro. Comme on l'écrivait à l'époque, 2% de tous les avoirs d'un pays c'est plus que ce que les aviations européennes arrivaient à détruire en Libye en une journée de bombardements.
 
Contrairement aux autorités françaises de 2011, le gouvernement chinois (la banque centrale) a saisi la justice et fait diligenter une enquête de police pour déterminer l'origine de la fausse rumeur, qui a entraîné une chute de 1,5% du yuan renmimbi, donc causé un grave préjudice à la Chine qui vise au contraire la stabilité et la solidité de sa monnaie pour lui procurer un statut international, tant dans les échanges commerciaux que comme monnaie de réserve. Pendant ce temps, l'accusation étatsunienne de manipulation de monnaie et de dévaluation dite compétitive (dont la Chine n'a pas besoin car aucun pays ne peut se passer de ses produits) porte ses fruits, puisque les économistes d'université et de ministère des grandes puissances économiques, en Europe notamment, se préparent à dévaluer artificiellement leurs monnaies face à l'unité de mesure internationale... à savoir le dollar, dont le pouvoir d'achat profitera.
 
Bien plus grave que ces hostilités économiques, les Etats-Unis ne cachent pas leur participation à la déstabilisation de Hong Kong. Ils ont d'abord, comme ailleurs, engagé leurs officines publiques, crypto-gouvernementales et privées dans les opérations de subversion, avec un budget que l'on ignore mais qui peut être du même ordre de grandeur que l'enveloppe qu'ils ont reconnu avoir dédiée à la préparation du coup d'Etat de février 2014 en Ukraine, à savoir cinq milliards de dollars (en pluriannuel) jusqu'à la fin 2013. Pour mémoire, après les deux premières manifestations des 31 mars et 28 avril, les protestations diverses sont devenues quotidiennes à Hong Kong à partir du 6 juin, et ont tourné à l'émeute violente après le retrait le 8 juillet du projet de loi contesté (coopération judiciaire avec le reste du pays), qui n'avait donc servi que de prétexte déclencheur. On entend par émeute les violences envers les passants, les destructions de biens privés ou publics, les incendies de voitures, les levées de barricades, les attaques de commissariats de police et les confrontations entre factions civiles, à savoir ce qui est universellement considéré comme atteinte sérieuse à l'ordre public (sauf en France les nuits du 31 décembre et des rencontres de football). Dès le 9 juin le gouvernement des Etats-Unis a proclamé son soutien aux manifestants, par la voix de la porte-parole du ministère des affaires étrangères Morgan Ortagus, puis un mois plus tard le parlement a fait de même par la voix de sa présidente Nancy Pelosi dont l'ingérence est allée jusqu'à exiger que le gouvernement hongkongais retire son projet de loi. Pour sa part, le 29 juin le président Donald Trump avait proposé au président Xi Jinping de retirer le soutien étatsunien aux émeutiers, puis le 2 juillet il a justifié la prise d'assaut du parlement hongkongais la veille.
 
Par ailleurs les Etats-Unis alertent le monde sur un déploiement de forces chinoises à Shenzhen, de l'autre côté de ce qu'ils appellent une "frontière" à savoir la limite administrative du territoire chinois de Hong Kong, ingérence qui contraste singulièrement avec leur franc soutien, au printemps 2014, à l'envoi de l'armée ex-ukrainienne équipée de lance-roquettes multiples et de missiles balistiques SS-21 contre la population civile du sud-est qui occupait pacifiquement des bâtiments publics en protestation contre le coup d'Etat du 22 février...
 
Enfin les Etats-Unis apportent un support direct, par le biais de leur représentation diplomatique, aux insurgés hongkongais. Rappelant le peu de discrétion des diplomates étatsuniens en poste à Caracas, mardi 6 août Julie Eadeh, chef de la section politique du consulat étatsunien à Hong Kong (experte en subversion et habituée des affectations en zones de conflit), a rencontré à l'hôtel Marriott des chefs séparatistes (Joshua Wong et Nathan Law), comme en témoigne une photographie publiée par des médias locaux, puis les aveux de l'un desdits activistes. Les autorités chinoises ont demandé à l'ambassade des explications sur les affirmations de la presse locale au sujet de cette réunion, mais au lieu de répondre ou de rappeler l'intéressée les Etats-Unis ont contre-attaqué en traitant la Chine de "régime bandit" (thuggish regime) pour avoir laissé publier cette photographie. L'affaire a fait la une de la presse chinoise dans le monde entier, et oblige le gouvernement chinois à riposter à ce qui, selon la résolution 3314 de l'Assemblée Générale de l'ONU, constitue un acte d'agression (entrée en guerre) caractérisé. Occultée par les médias occidentaux, cette agression n'est pas moins grave que si l'ambassade de Chine aux Etats-Unis avait été prise en flagrant délit d'aide aux séparatistes texans ou lakotas, ce qui aurait certainement débouché sur l'expulsion immédiate de tous les diplomates chinois des Etats-Unis, de leurs alliés et même de l'ONU (en violation de l'accord de siège comme l'année dernière). Pour l'instant la Chine s'est contentée d'annuler l'escale à Hong Kong de deux navires militaires étatsuniens.
 
D'après certains médias occidentaux la Chine menacerait maintenant de se défaire brutalement de toutes ses obligations étatsuniennes. Car la relation la plus critique entre les Etats-Unis et la Chine n'est pas la relation client-fournisseur mais la relation débiteur-créancier. La Chine était jusqu'en mai (elle vient d'être dépassée par le Japon) le premier créancier des Etats-Unis, et elle a compris que cette dette est irrécouvrable puisque les Etats-Unis n'ont aucune intention de tenter de retrouver la solvabilité (ce qu'ils ont montré en 2008), comme leur parlement l'a encore confirmé le mois dernier en suspendant une fois de plus, pour deux ans, le plafond d'endettement du gouvernement fédéral, c'est-à-dire en réaffirmant leur ambition d'endettement illimité. Evidemment la Chine n'a aucun intérêt à provoquer un effondrement subit du cours d'un dollar dont elle détient une quantité énorme. Elle n'agira vraisemblablement que lorsque cet effondrement inévitable lui paraîtra imminent, et pas uniquement de cette manière.
 
Sur le plan militaire on se rappelle que lorsque les Etats-Unis avaient fait connaître l'existence de leurs plans de bombardements nucléaires contre la Chine, début 2014, celle-ci avait annoncé sa capacité de vitrifier la totalité de leur territoire, concrètement en deux vagues par l'ouest et par le nord, espérant susciter ainsi aux Etats-Unis un mouvement de protestation populaire contre les plans du gouvernement. On se rappelle aussi de la tentation étatsunienne, vingt ans plus tôt, de déclencher un conflit au motif des Paracels et des Spratleys tant que les Etats-Unis disposaient de la supériorité navale : ils connaissaient alors les plans de développement de la marine chinoise, tout en ignorant la percée technologique des missiles hypersoniques qui rendrait leur propre marine vincible même sans engagement de la marine adverse. Aujourd'hui les raisons de leur recherche manifeste d'un conflit sont obscures, mais s'il s'agit toujours d'affirmer leur suprématie il est trop tard.
 
S'ils obligent la Chine à choisir entre perdre Hong Kong (puis évidemment Macau) et perdre sa créance irrécouvrable de valeur faciale un billion de dollars (un trillion en échelle courte étatsunienne), la Chine gardera Hong Kong et jettera les bons du trésor étatsunien sur les marchés pour leur valeur réelle, révélant leur insolvabilité. Mais comme on le montrera prochainement elle peut frapper encore plus fort pour moins cher, toujours sur le plan économique et là où ça leur fera mal (la bourse), sans autre but que défensif.
 
C'est alors que les Etats-Unis en viendront à l'assertion ultime qu'ils ont annoncée et qu'ils préparent contre la Russie, pour les raisons et de la manière qu'on vient d'exposer dans le Onzième Coup de Minuit de l'Avant-Guerre (www.lulu.com/content/livre-à-couverture-souple/le-onzième-coup/24888474).

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25 réactions à cet article    


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 20 août 18:25

    « S’ils obligent la Chine à choisir entre perdre Hong Kong  »

    Hong-Kong est une région administrative spéciale de la République populaire de Chine, la plus grande et la plus peuplée des deux régions administratives spéciales (RAS) de cette république, l’autre étant Macao. Cette ancienne colonie aglaise a été restituée à la Chine par la déclaration commune sino-britannique, signée le 19 décembre 1984, par laquelle le Royaume-Uni s’engageait à remettre à la Chine l’ensemble de la colonie en 1997. La République populaire, quant à elle, s’engageait à maintenir les systèmes économique et législatif et le mode de vie hongkongais pendant 50 ans. C’est la politique dite « un pays, deux systèmes ». Tout est clair, non ? What else ?


    • Paul Leleu 20 août 20:36

      @Séraphin Lampion

      les gens n’ont ils pas largement eu le temps de quitter Hong-Kong si ils ne voulaient pas devenir chinois ? De son côté, la Chine a largement intérêt à maintenir ces places financières sous contrôle indirect. C’est gagnant-gagnant il me semble.

      Maintenant, les gens rêvent si ils s’imaginent que la Chine va laisser s’implanter une base de l’US-Army à Hong-Kong pour « défendre les droits de l’homme, la veuve et l’orphelin »...

      donc, je ne comprends pas trop ce qui se passe là-bas.


    • Désintox Désintox 20 août 19:06

      Intéressant.


      • Paul Leleu 20 août 20:44

        « Aujourd’hui les raisons de leur recherche manifeste d’un conflit sont obscures, mais s’il s’agit toujours d’affirmer leur suprématie il est trop tard. »

        oui, c’est un peu ce qu’on se demande... peut-être cherchent-ils à pousser les chinois à la faute, pour en tirer avantage. De toutes façons, on n’a certainement pas tous les éléments en main pour comprendre.

        Je me dis aussi que les USA doivent continuer de montrer à leurs vassaux qu’ils sont les maîtres du monde... car des « alliés » comme la Corée du Sud seraient las de leur alliance américaine. Dans le monde entier, des pays ont vu les USA se faire virer de Syrie, et ça peut donner des idées à certains... aller chercher du soutien en Chine et en Russie. En maintenant une pression maximum, les USA n’ont pas l’intention d’abattre la Chine, mais de maintenir leurs vassaux dans l’obéissance .


        • Stratediplo 20 août 21:55

          @Paul Leleu
          Une agressivité destinée en fin de compte à impressionner les vassaux des Etats-Unis, vous avez peut-être raison. Ou alors c’est lié à la bourse d’or de Hong Kong, créée il y a quelques années avec l’objectif d’être non seulement la porte d’entrée de l’or acheté par la Chine aux pays occidentaux, mais aussi un marché qui resterait ouvert après le défaut de Londres et New York et déterminerait donc un dernier cours (véritable) après que les bourses occidentales aient déclaré que sa dernière cotation était, par exemple, 1600 dollars l’once. En tout cas certains flairent la menace, puisque depuis quelques semaines le nombre de lingots entreposés dans les coffres-forts hongkongais baisse au même rythme que les stocks singapouriens augmentent...


        • Matlemat Matlemat 21 août 12:12

          @Paul Leleu

          « se faire virer de Syrie » ? Ils occupent pourtant bien la région de Syrie à l’est de l’Euphrate ?


        • Stratediplo 22 août 13:42

          Je me corrige : la vieille bourse de Hong Kong qui a acquis ces dernières années une importance capitale en Asie.


        • jjwaDal jjwaDal 20 août 21:37

          C’est trop tard, bien trop tard pour les USA. Quand on n’a pour politique que l’horizon du prochain mandat et la satisfaction d’un pourcent des habitants de son propre pays, on ne peux voir la vague consécutive à un tsunami à l’autre bout du monde , qui avance vers vos côtes. On n’est pas mentalement équipé pour .
          Il y aurait beaucoup à dire et je manque du tout pour cela. mais j’avoue qu’il y a de quoi sourire qu’en vous dites que les Japonais sont les premiers détenteurs de la dette US : une « monnaie de singe » soutenue à bout de bras par une autre qui ne vaut pas une feuille de papier toilette, ça vaut son pesant d’or.
          La seule réalité dans tout cela est que le potentiel de la Chine est gigantesque et celui des USA ne peut aller qu’en déclinant. Leur montagne de dettes n’est pas remboursable et donc, le jour où le monde économique comprendra que deux infirmes ne peuvent se maintenir mutuellement debout bien longtemps, il y aura un point d’inflexion qui signera le déclin officiel du « petit blanc » et de sa longue histoire de génocides, colonisations à la bayonette, esclavages, guerres mondiales et j’en oublie.
          Les chinois n’ont pas oublié les « guerres de l’opium », les européens en Indochine, les deux bombes atomiques sur des populations civiles japonaises , etc.. Les américains, eux ont oublié depuis longtemps le génocide des indiens. C’est juste une histoire de mémoire collective...


          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 20 août 21:52

            @jjwaDal

            Le petit blanc que je suis t’emmerde , connard de raciste.


          • jjwaDal jjwaDal 21 août 05:11

            @Aita Pea Pea
            Belle analyse, qui omet juste un détail ou deux, à savoir que je suis aussi blanc de peau qu’on peut l’être et que je fais une critique politique (politiques passées et présente) et pas d’une population à la peau peu pigmentée qui n’a pas plus décidée de l’esclavage et de la déportation des noirs africains que de la colonisation.
            Je continuerai à utiliser l’expression « le petit blanc » pour rappeler que nous sommes fort loin d’être le somment de ce que l’humanité peux produire en termes de valeurs humaines, juste un aspect de la noodiversité que nous avons tant de difficulté à accepter (par racisme justement, nous croyant supérieurs...).
            Merci cependant de nous faire rire. On en a bien besoin par les temps qui courent.


          • Paul Leleu 22 août 00:56

            j’ai lu je ne sais plus où, que certains en Corée du Sud avaient envie de se rapprocher de la Chine... non pas dans l’objectif de se fondre dans le système chinois, car les sud-coréens sont également jaloux de leur liberté... mais pour plusieurs facteurs :

            - la Chine est devenue capitaliste à sa manière, et ne prétend donc plus exporter son modèle à l’étranger... mais simplement commercer... donc plus de danger d’exportation maoïste...
            - la Chine est devenue le principal partenaire de l’économie sud-coréenne, y compris dans les hautes technologies... les oligarques sud coréen n’ont donc plus envie de se brouiller avec leur voisin, mais au contraire de profiter des opportunités de croissance. Et la courroie de rappel étasunien les indispose d’autant plus.
            - une partie de la bourgeoisie sud-coréenne retrouve un peu de fierté identitaire avec la « nouvelle chine » tout à la fois puissante économiquement, moderne, et néo-traditionnelle sur certains points culturels. Il y a donc une volonté de se débarasser de la tutelle « occidentale » blanche...

            Ce mode de pensée pourrait être aussi répandu, dans une moindre mesure certes, au Japon... un désir d’une nouvelle donne dans une résurgence asiatique... où la Chine reprendrait son ancienne place de leader mais sans hégémonie... permettant à l’ensemble de l’aire confucéenne de se trouver une nouvelle direction (sans l’ingérence américaine). Il y a donc bien une sorte de réflexe identitaire asiatique qui renait... reste à savoir son poids réel dans les affaires


          • Julot_Fr 20 août 21:50

            Les revolutions colorees sont initiees a la city of london. La cia impliquee a HK travaille vraissemblablement plus avec la city qu’avec trump comme signalee par le denouement en cours du russiagate. On peut donc se demander pour les fake news (media de masse connes) passe sous silence le licenciement du boss d’HSBC et la retention d’un diplomate brit en deplacement depuis HK vers shenzen.. il y a aussi eu la plainte de l’ambassade brit initialement quand les chinois ont evoque un coup us + brit


            • Julot_Fr 21 août 21:48

              Pour etre plus clair, ce sont les financiers de la city de londres qui organisent les protestations a HK (la cia travaille avec ce reseau), pour mettre les evenements actuels en contexte, voir https://www.sgtreport.com/2019/08/there-is-a-wall-of-fire-shortly-ahead-set-by-a-british-arsonist-will-you-walk-through-it/


            • banban 21 août 03:21

              Rien sur le fait que les etat-unis tiennent Pékin par les couilles, en ayant le monopole de techno non maitriser par la chine, mais indispensable a leurs économies ( je pense notament aux semi-conducteur et autre techno liés à l’informatique hardware et sofware) toute ces technologie on besoin de 30 ans pour etre développé , alors qu’une mine de terre rare serait opérationnelle en moins de 10 ans. Trump est peu être moins abrutie qu’il en a l’aire, et sait ou se situe le rapport de force.


              • Paul Leleu 22 août 01:20

                je le pense aussi en partie... mais c’est très difficile de savoir... sur le papier ça fonctionne pour les USA... grâce à Trump, ils reprennent l’initiative... ils défont le libre-échange maintenant qu’il ne leur est plus favorable, et ils vont faire du protectionnisme selon leur propre calendrier, et baiser tout le monde... et grâce à leur avance technologique, leur domination culturelle, leur créativité californienne et financière, et leur armée, ils peuvent remettre 30 ou 40 ans dans la vue à tout le monde...

                dans la réalité ça me semble plus complexe. Le choix des USA de quitter le libre-échange n’est pas véritablement lié à leur cycle économique interne... mais simplement au fait qu’ils se sont fait bouffer le trône par les chinois en juste 15 ans... et c’est une nuance de taille... en fait les USA sont en mouvement non par choix réel, mais par contrainte... ils ne sont pas réellement « à l’initiative »... alors évidemment les USA sont encore les plus forts... mais c’était pas prévu de devoir quitter le libre échange... il y a pas 10 ans ont nous disait que la Chine bla-bla... et il n’en a rien été...

                alors évidemment la Chine a encore ces faiblesses que vous soulignez... mais les USA aussi... ils ont d’ailleurs perdu le contrôle des terres-rares en Afrique à ma connaissance... plus largement, la Chine rachète leurs réseaux de vassalités un peu partout dans le monde (jusqu’en Israël ou en Europe de l’Ouest !)... Les « terres d’empire » en Europe sont en crise et dislocation, c’est plus le G7 d’il y a 30 ans... l’Allemagne devient un « deuxième Japon » qui leur bouffe clairement l’assiette, sans rien payer pour la défense en retour... et maintenant l’Europe du Sud signe avec la Chine (Italie, Espagne, Portugal, Grèce)... et puis les USA non plus ne peuvent plus remonter des industries perdues si facilement...


              • Paul Leleu 22 août 01:38

                @banban

                en résumé, c’était pas prévu que les USA reprennent « la guerre de mouvement »... même si Trump le fait avec talent, c’est bien parce-qu’ils se sont fait bouffer le trône par les chinois... les USA sont donc « contraints » de prendre l’initiative... voilà mon sentiment... c’est pas vraiment une libre initiative...

                alors, ils ont l’avantage de celui qui lance la guerre de mouvement (avec toutes leurs capacités)... et puis Trump a du talent, comme vous dites... mais il y a cette petite dissonnance à ne pas oublier... l’Empire n’avait pas prévu de devoir repartir en campagne... c’est une guerre (commerciale) contrainte... car clairement, il y a 10-15 ans, personne ne pensait qu’on en arriverait là... tout le monde pensait que la Chine s’integrerait (se soumettrait) dans la mondialisation anglo-saxonne... et c’est pas ce qui s’est passé...

                l’offensive américaine est assez « floue » dans ses objectifs lointains... il ne s’agit plus d’une offensive « jeune » pour aller piller les ressources précises de l’autre... mais d’une offensive « vieille » parce-qu’on s’est fait un peu remplacer struturellement... c’est donc pas très bon signe...


              • jjwaDal jjwaDal 22 août 11:24

                @banban
                Non, simplement non...
                Sur le plan économique, ils ont besoin de la Chine pour continuer à s’endetter pour rembourser leurs emprunts passés. Ils peuvent certes répudier leur dette, mais révèleraient alors la valeur réelle de leur monnaie de singe et perdraient toute crédibilité pour la restaurer. Par contre récupérer leur tissu industriel est une chimère, car si les américains devaient acheter du « made in America » ils auraient un très gros problème, vu qu’ils se sont déjà endettés à mort pour acheter chinois. Aucun politique ne veut mettre en pleine lumière le sacrifice du travailleur US au bénéfice de la finance. On ne peut plus acheter US avec les salaires actuels (en simplifiant).
                Pour les technologies, vous oubliez le pillage industriel et la tradition de la copie en Chine, qui est valorisée. Pas besoin de faire les recherches en partant de zéro, puisqu’on fait les composants chez eux et pour les plans de montage, ils savent trouver. Dans beaucoup de domaines, ils font déjà aussi bien et même mieux. Il est un peu tard pour constater que le voeu pieux d’une Chine fabriquant des produits « intensifs en main d’oeuvre » contre des achats de produits « intensifs en temps de cerveau », était juste une illusion, même pas un mauvais calcul.
                Du temps des « guerres de l’opium », j’aurai accepté l’expression « tenir par les couilles », mais au mieux ils auraient une victoire à la Pyrrhus.


              • Stratediplo 22 août 15:06

                @Paul Leleu
                C’est peut-être parce que j’ignore tout des semi-conducteurs que je ne connais aucun domaine où les Etats-Unis disposent de la moindre supériorité ou avance technologique (pourrait-on m’en citer ?). Quant à la « créativité californienne », elle s’éteindra dès que les expatriés européens, indiens et autres quitteront la Silicon Valley, c’est-à-dire dès que les dollars ou IOU de leurs salaires seront sans valeur ou inconvertibles. En tout cas tant que le dollar est accepté par leurs fournisseurs les Etats-Unis n’abandonneront pas volontairement le libre-échange puisqu’ils sont incapables de produire plus de 20% de ce qu’ils consomment, aussi quand surviendra la fin du commerce international ils souffriront bien plus que d’autres pays. Ils sont incapables d’en « remettre 30 ou 40 ans dans la vue à tout le monde ». Vous avez raison quant à leur agressivité apparemment désordonnée, elle ne vise pas à s’accaparer des ressources mais seulement à défendre l’acceptabilité internationale du dollar imprimé à volonté, à savoir leur « free lunch ». C’est le fondement de toutes leurs stratégies, et qui les amène aux préparatifs et menaces très explicites et extrêmement graves que j’expose dans le Onzième Coup de Minuit de l’Avant-Guerre.


              • Stratediplo 22 août 15:16

                @jjwaDal
                Vous avez tout dit. D’ailleurs aujourd’hui les Etats-Unis importent de Chine des produits manufacturés (et de haute technologie), et y exportent surtout des matières premières (notamment agricoles). Comme beaucoup d’anciennes puissances industrielles ils ont développé une économie de services (dans leur cas essentiellement la distribution au service de la consommation) mais cette économie fonctionne à perte et son résultat négatif doit chaque année être compensé par un accroissement de l’endettement. Et ce pays n’acceptera pas volontairement un renversement de ce système qui semble fonctionner. En passant devant le quinzième étage, puis devant le troisième, l’homme qui avait sauté du gratte-ciel disait encore « jusque-là tout va bien ».


              • the clone the clone 21 août 07:11

                mais la jeune classe moyenne chinoise est de plus en plus exigeante en qualité et il n’est pas certain qu’on puisse longtemps lui faire avaler les poulets chlorés étatsuniens que l’Union Européenne entend imposer à ses propres populations


                L’UE devient la déchetterie du reste du monde grâce a sa population qui avale toute la bouffe de merde venue d’ailleurs , merci les traités imposés par des politiciens corrompus qui eux ont les moyens de se nourrir bio ...... 


                • baldis30 21 août 07:44

                  bonjour,

                   article très clair, et très intéressant ... On pourrait ajouter que le marché dépendant de l’océan Pacifique est le plus important du monde entre Chine, Japon, Philippines et Amérique Latine ou Centrale ....

                  Hégémonie quand tu nous tiens ! .........

                  Par ailleurs je m’étonne de cette phrase à la fin du premier pragraphe :

                  "promesses de transferts de technologies, voire de commissions subornatoires occultes.

                  "

                  Les trois derniers mots suggèreraient-ils une dérive morale de pays donneurs de leçons et de ce fait au-dessus de tout soupçon. Curieux comme expression. En France nous ne connaissons pas ce type de fraude, d’où mon incompréhension.


                  • cathy cathy 21 août 11:15

                    Soit la Chine accepte la république LGBT, soit elle paie la note au prix très très fort.


                    • MagicBuster 21 août 14:19

                      @cathy

                      Sinon vous envoyez les chars de la gay pride  ???

                      ( panpan cucul )

                      MDR


                    • Mohammed MADJOUR Mohammed MADJOUR 21 août 14:18

                      «  »Le monde s’interroge sur le sérieux et les conséquences possibles du différend sino-étatsunien.«  »

                      ------------------

                      Chacun doit s’interroger en effet sur les comportements honteux et tellement hypocrites... 

                      Pourquoi certains auteurs sur ce site me bloquent depuis des années, pas suite à la publication d’un commentaire qui ne leur plait pas mais suite à ce qu’il ne veulent pas avouer ? 

                      J’ai déjà signalé ce comportement honteux aux responsables d’Agoravox, sans résultat !

                      Je vous prie de bien vouloir m’excuser si je donne cette réponse « ici »...

                      à « Chems Eddine Chitour » qui vient de publier : https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-revolution-du-22-fevrier-2019-217333


                      Suite à son article il y a en effet l’insolite interdiction : 

                      «  »En raison de signalements pour non respect de la charte, vous ne pouvez plus réagir sur cet article«  »


                      --------------

                      A cet individu qui ne connait pas la situation algérienne, je donne cette réponse publiée ici : 

                      https://www.facebook.com/M.A.Madjour


                      https://twitter.com/MadjourMohammed


                      https://www.facebook.com/M.A.Madjour/posts/3579761612049226


                      « GRAVE CARENCE INTELLECTUELLE »

                      https://www.facebook.com/notes/mohammed-madjour/grave-carence-intellectuelle/1209795075712570/


                      • concepto 21 août 14:55

                        Quelle clarté cet article, bravo !

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