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Le dogme et la conviction

La conviction est un essentiel qui vient de l’intérieur, le dogme est un essentiel qui vient de l’extérieur. La conviction motive, le dogme rassure, justifie et crée le lien social. Le but de toute éducation est d’apprendre à se forger des convictions, d’assumer sa liberté et de comprendre les dogmes. Le but de tout pouvoir est de faire confondre ses dogmes avec la vérité et s’ils sont faux, le pouvoir mène son peuple à sa perte car les convictions se heurtent aux dogmes.

L’éducation nationale est aujourd’hui un oxymore, une obscure clarté, une intelligence bornée, un apprentissage de fausses vérités. Quand l’éducation nationale ne réussit pas à instiller les dogmes, le politique fait des lois mémorielles qui les imposent sous peine de sanctions pénales. La conviction n’a plus droit de cité, l’homme n’a plus le droit d’être debout, la liberté d’expression n’est plus qu’un étendard que l’on courtise en le poignardant.

En économie les faux dogmes génèrent des techniques de paupérisation de plus en plus sophistiquées pour le plus grand profit de ceux qui les imaginent, qui n’existent que par leur inventivité et qui coûtent fort cher. Ces techniques ne prospèrent que parce que l’on a convaincu le peuple qu’il était incompétent en économie, que son bon sens ne valait pas intelligence et que les dogmes actuels de l’économie étaient vrais alors qu’ils sont faux.

Le premier faux dogme est que l’échange enrichit durablement alors qu’il n’est que double contentement, enrichissement mental de l’instant. Vénérer le libre échange, c’est prendre l’instant pour le durable et faire payer son erreur par le peuple. Pour faire croire à la solidité du dogme, on a inventé le PIB, somme de toutes les dépenses que l’on a le culot d’appeler produit pour le présenter à tous ceux qui ne comprennent rien, comme une création de richesse à se partager, ce que font avec zèle tous les médias. Le libre échange coûte en réalité extrêmement cher. Il coûte d’abord cher en argent avec des coûts de transport faramineux, avec le chômage qu’il crée et que l’on rémunère, et avec les baisses de salaire. Il coûte aussi cher en diminution de la biodiversité. Il est d’ailleurs regrettable que les médias ne nous parlent que de la diminution de la biodiversité animale et végétale sans jamais parler de la biodiversité humaine tout aussi en danger et pourtant tout aussi nécessaire. Et comme il faut bien payer ces dépenses du libre échange, la paupérisation du peuple est une nécessité. Il grogne sans comprendre car on lui a dit que nous étions un pays riche puisque nous dépensions beaucoup. On l’a même convaincu, en en faisant un seuil, que la vraie pauvreté, c’était de ne pas dépenser.

Le deuxième faux dogme est que seules les entreprises peuvent demander à chacun le meilleur de lui-même et que lorsque l’État le fait, soit il déguise en fonction publique une sinécure permanente de moins en moins supportable par ceux qui n’en bénéficient pas, soit il tue dans l’œuf ses propres créations comme successivement, les ateliers de charité, les ateliers nationaux, les ateliers sociaux et les ateliers de travail et de charité permanents. On en arrive à tuer les entreprises en leur faisant supporter l’entretien de millions de chômeurs que l’on trouve normal de payer à être inutiles tout en entendant Macron redire qu’il faut « demander à chacun le meilleur de lui-même ». Et quand l’entreprise meure, elle laisse ses dettes à la charge de la collectivité. On paupérise partout par la surtaxation des entreprises, par l’entretien de chômeurs involontaires et d’une masse incroyable d’inutiles subventionnés. La nouvelle coqueluche de l’auto-entreprenariat permet de reculer pour mieux sauter.

Le troisième faux dogme est la croyance que l’on peut créer de la monnaie avant de créer de la richesse, qu’il suffit d’investir comme ils disent. On semble avoir complètement oublié que la monnaie ne doit pouvoir être créée que pour équilibrer le constat d’un peuple qu’il a préalablement créé de la richesse à ses propres yeux. C’est ce troisième faux dogme dramatique qui rend présentables et apparemment crédibles depuis au moins un demi-siècle, grâce aux banques, les deux premiers faux dogmes, tout en ouvrant malheureusement la porte au quatrième.

Le quatrième faux dogme est que l’artificiel remplace facilement le naturel et que l’équilibre instable du funambule peut remplacer avantageusement l’équilibre stable du porte-manteau. La machine pourrait produire et l’intelligence artificielle concevoir, en laissant l’homme simplement consommer, dormir, se distraire et courtiser ses élites autoproclamées. On en arrive même à faire croire que la machine et l’intelligence artificielle sont moins coûteuses que l’homme, tant dans sa fabrication que dans son usage. Le dogme prétendant que l’homme demanderait plus d’énergie que la machine pour être conçu, nourri et réparé, est évidemment faux mais il fait ses ravages dans la recherche médicale et dans l’industrie dite « de pointe » qui, pour nous faire lutter contre la mort et pour nous laisser nous croire enfin des dieux, dépensent une énergie monétaire considérable à augmenter la population mondiale, la soumettre à notre façon de vivre et en déduire qu’il faut en changer tellement le résultat est catastrophique.

La somme de ces quatre faux dogmes laisse croire qu’il suffit pour se croire riches de fabriquer de l’argent pour acheter des machines, et encore fabriquer de l’argent pour acheter leurs productions. Comme cela ne marche évidemment pas, il faut absolument faire payer les autres peuples et donc être une « puissance », ce mot mi-sexuel mi-guerrier dont tous les Politiques s’habillent comme leur seule raison d’être. La « puissance » chiffrée par le PIB et générant même un prétendu « PIB mondial » n’est que la somme de toutes les dépenses payées par la création monétaire ex nihilo des banques. Ce pack bien ficelé est fourgué aux peuples que l’on a formatés à tout gober, comme une création de richesses dont ils ne voient évidemment jamais la couleur s’ils n’endettent pas leur descendance. On a inventé pour cela l’expression « développement économique » dont la racine latine veut dire soulever le voile, ce qui se dit en grec apocalypse. Le voile une fois soulevé, ce développement, cette apocalypse nous permettent de voir de mieux en mieux l’impasse dans laquelle on nous pousse tant que nous accepterons d’en être nous-mêmes par facilité les complices.

Les faux dogmes ne détruisent pas que l’économie. Le libéral crée le libertaire. Les mots deviennent creux. La république se réduit à l’oligarchie, la loi du petit nombre. Ce petit nombre peut même n’être qu’un seul comme le dit Mélenchon avec son « La république c’est moi » ou comme le vit Macron, ce jeune monarque improvisé que la réalité ne dérange même plus.

Les faux dogmes défient aussi la réalité en niant la faiblesse physique de la femme comme son monopole absolu dans les maternités et comme la nécessité d’un homme et d’une femme dans la conception et l’éducation des enfants. Simplement dire ces évidences devient un crime de lèse-dogme à mépriser avec d’autant plus d’ardeur que ce crime n’est que simple observation. Nier une vérité ne trouve sa force que dans l’idolâtrie du dogme.

Les faux dogmes détruisent encore le lien social en considérant la sexualité comme une orientation sans jamais s’aventurer à se demander, de peur de s’entredéchirer, si sa boussole se trouve dans les gènes ou dans l’éducation. Le dogme impose l’homosexualité comme un état alors que les Grecs la voyaient comme un passage utile et organisé entre l’autosexualité et l’hétérosexualité, passage dont il fallait savoir sortir. A-t-on encore le droit d’avoir des convictions sur ce sujet sans être embastillé pour homophobie ? Peut-on encore suggérer que l’homme a autant besoin de la femme que la femme de l’homme et que l’un sans l’autre ne peut être un équilibre à lui tout seul ?

Tous les faux dogmes actuels ont besoin de dérivatifs pour occuper les esprits d’une jeunesse généreuse de son énergie mais que tous ces faux dogmes empêchent d’être utile. Ils ont généré des nouvelles religions pour étrangler la spiritualité collective qui donne trop de place au bon sens et qu’ils abandonnent à l’islam. Ils ont d’abord sorti de leur chapeau la laïcité qui décrète que la spiritualité n’est qu’individuelle alors qu’elle ne l’est que pour une infime minorité d’ermites. Comme la laïcité patine, on a inventé une autre religion qui, sous le prétexte de bienveillance et à l’inverse de la démocratie, survalorise les minorités pour un égalitarisme dogmatique qui n’est toujours que dans un seul sens. C’est la religion de la « discrimination positive » que l’on appelait autrefois la distinction, c’est la religion du « celles et ceux » tellement entendu et de la parité qui exclut la femme de la représentation de « ceux », mais qui ne bronche pas quand la parité se perd dans la magistrature et bientôt dans la médecine et dans les médias. Cette religion suicidaire culpabilise toute majorité, ne pousse pas les faibles à devenir forts mais imposent aux forts d’être faibles tout en prônant la compétition et en dédaignant la collaboration. Comme cette religion n’est pas fondée sur une générosité mais sur une obligation dogmatique, elle patauge aussi et n’enflamme personne. On a enfin inventé une religion qui peut enflammer la jeunesse. C’est le réchauffement climatique dont l’origine serait humaine. Personne ne commence par expliquer pourquoi la Terre a été glaciale et brûlante à différentes époques bien avant l’arrivée de l’homme. Or, sans avoir compris le pourquoi de ce large éventail de températures dont l’homme ne porte aucune responsabilité, est-il sérieux d’imputer à l’homme, par simple affirmation d’un GIEC composé de gens très divers qui y ont tous intérêt, la responsabilité du petit réchauffement actuel que l’on retrouve plusieurs fois dans les siècles passés. La religion du réchauffement climatique a en plus, pour l’élite autoproclamée, le gros avantage de prendre en charge le déclin bien réel de la biodiversité en en absolvant le vrai coupable, le libre échange. Et n’est-elle pas aussi une façon efficace de détourner l’énergie de la jeunesse de là où elle pourrait être utile donc vraiment dérangeante ?


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12 réactions à cet article    


  • Christian Labrune Christian Labrune 2 mai 11:24

    à l’auteur,

    Votre manière d’opposer la conviction, qui serait une certitude intérieure, au dogme qui est une imposition extérieures à la conscience du sujet me paraît fort peu pertinente.

    Il n’y a pas de conviction sans dogme, et je suis toujours consterné d’entendre des policiens qui, pour faire l’éloge de l’un des leurs, trouvent bon de dire qu’il « a des convictions ». S’il a des convictions, c’est qu’il adhère, par un acte de foi, à un type d’analyse ou à une théorie politique. Or la question des fondements, dans les sciences très molles, renvoie presque toujours au domaine des apories. Comme on ne peut pas fonder d’une manière satisfaisante le parti qu’on prend, on préfère donc congédier le scepticisme, attitude première de toute philosophie, pour CROIRE à la validité de la position qu’on adopte. Quelle différence avec la soumission à un dogme ?

    Un scientifique peut bien avoir des réticences sur une théorie, en préférer ou en souhaiter une autre, tel Einstein heurté par la physique quantique naissante. Mais on ne dira jamais qu’il a « des convictions ». Ils sait très bien que toute théorie scientifique, comme l’a montré Popper, est falsifiable, que toutes, un jour ou l’autre, si elles ne sont invalidées, seront forcément dépassées par d’autres plus complexes qui, au mieux, les engloberont.


    • Christian Labrune Christian Labrune 2 mai 11:33

      ADDENDUM

      J’ajouterai que vous parlez des « faux dogmes », mais c’est un pléonasme : le dogme, qui induit toujours une adhésion aveugle à une vérité fabriquée, qui encourage à faire l’économie du travail de l’esprit critique, est toujours faux. Si vous posez que certains dogmes sont faux, cela signifie qu’il y en aurait qui seraient vrais ; vous justifiez ainsi la croyance, la conviction toujours bornée , et pourquoi pas le fanatisme !


    • JL JL 2 mai 11:44

      @Christian Labrune
       
       ’’toute théorie scientifique, comme l’a montré Popper, est falsifiable

      ’’
       
       C’est même à ça qu’on les reconnait ! C’est ce qui fait la différence entre dogme et théorie.
       
      On peut douter d’une théorie, pas d’un dogme. Les dogmatiques ne doutent pas de leur dogme ; d’ailleurs, c’est interdit : par conséquent ils se méfient de ceux qui n’y adhèrent pas et qu’ils appellent les complotistes - comprenez : ceux qui complotent contre le dogme.


    • JL JL 2 mai 12:14

      @Christian Labrune
       
       si un dogme est toujours faux, que dite de son contraire, son opposé ?
       


    • Marc Dugois Marc Dugois 4 mai 06:53

      @Christian Labrune

      Vous abordez, sur un ton peut-être trop polémique, le difficile problème le l’approche de la vérité.

      Les Grecs distinguaient etumos, la Vérité inaccessible que chacun cherche et qui nous a donné l’étymologie, et aletheia, la vérité constitutive du groupe qui varie suivant les groupes et qui n’a donné aucun mot français.

      Un dogme, c’est un aletheia que l’on considère comme un etumos. Ce n’est évidemment pas la Vérité absolue mais le groupe, pour survivre, a besoin d’y croire.

      Quand Montaigne écrivait « Quelle est cette vérité qu’une montagne borne ? », il s’interrogeait en étant conscient de la fausseté comme de la nécessité d’un aletheia.

      Aucun groupe ne se constitue jamais qu’autour d’une vérité qu’il dogmatise en raison même de sa fragilité. Nous oublions trop facilement cette nécessaire ambiguïté parce que notre individualisme nous a fait perdre provisoirement le sens de l’indispensabilité du groupe.

      En grec le premier sens de dogma est opinion. Ce n’est que le second sens qui est décret.


    • JL JL 2 mai 11:25

      Qui trop embrasse mal étreint.

      Ceci dit :

       

       ’’En économie les faux dogmes génèrent des techniques de paupérisation de plus en plus sophistiquées pour le plus grand profit de ceux qui les imaginent’’

       

      Un dogme n’est ni vrai ni faux. C’est bien ce que montre votre exemple, non ?


      • JL JL 2 mai 12:09

        @JL
         
         Théories et dogmes ne sont ni vrais ni faux.

         Une théorie est féconde ou n’est pas, universellement
         
         Un dogme est profitable ou pas, individuellement.


      • zzz'z zzz’z 2 mai 12:41

        Le réchauffement climatique est la scénarisation de l’apocalypse dans son acception étymologique ; Avec les grenouilles plongées dans la marmite d’eau tiède, si elles s’agitent : elles font chauffer l’eau !

        @Marc Dugeois

        Mortel, votre article.


        • JL JL 2 mai 13:17

           Ces êtres ne sont pas corrompus. Ils sont la corruption
           
          « Ils croient à la compétition et à la compétitivité. Ils méprisent la coopération, la générosité et l’altruisme. Ils ont réussi à faire passer la bienveillance pour de la naïveté, la solidarité pour de la faiblesse, l’empathie pour de la lâcheté.
           
          « Il est de plus en plus clair qu’il n’y a pas de place pour nous et nos enfants dans l’utopie néolibérale en construction, sinon comme esclaves ou comme pièces détachées.

           »
           
           Comment croire en l’UE quand le pays qui en tient les rênes est un paradis fiscal ?


          • troletbuse troletbuse 2 mai 14:19

            Le vrai but de l’éducation aujourd’hui : abêtir les élèves pour en faire de parfaits mougeons.peut comparer le nouveau du certificat d’études des années 1900 au bac d’aujourd’hui.


            • Esprit Critique 2 mai 18:49

              La Laïcité implique, pour la gestion de la vie politique et sociale commune, le refus de toutes affirmations dogmatiques. L’islam ne peut a voir de place dans un pays qui n’est pas « Islamique ».

              Au travail !


              • ddacoudre ddacoudre 2 mai 22:30

                Bonjour

                Intéressant article Il y a de dans le développement des sociétés sédentarisées pour produire son nécessaire la contrainte d’un rassemblement de singularités qui se définissent dans le regard des autres qui leurs disent comment elles s’appelle afin de se reconnait et de se répartir les tâches en fonction des aptitudes de chacun. UN jeu de rôle complexe ou le plus fort n’est plus l’homme mais le dominant systémique qui coopte ceux des Hommes qui le serviront et dont ils se penseront détenteurs d’une puissance qu’ils ne doivent qu’à la crédulité des d’autres qui les acceptent ou les désignent comme tel par attachement au dominant systémique qui les fondent. La stabilité de l’ensemble collectif va dépendre de la conviction de disposer des raisons supérieur de vivre comme l’organise le dominant systémique afin de fluidifier la concentration humain qui s’altère en situation de surpopulation dans des espaces restreint les villes, citées etc. Alors le dogme vient solidifier cela, l’immobiliser par ignorance, peur, intérêt, autant de raisons qui freinent toutes adaptation au mouvement, au changement constant de l’environnement planétaires et humain. Comment l’accompagner, cela se fait par la confrontation constante de convictions et de certitudes dogmatiques qui sont toujours aussi fausse que les convictions car il faut que nos existences soient assurés pour fuir le doute qui génère les angoisses si utiles pour rechercher ce qu’il sera bon de faire demain et reverser le dogme qui fragilisera le dominant systémique, soit en le détruisant ou en revisitant ses fondements. Cordialement ddacoudre overblog.

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