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Accueil du site > Tribune Libre > Le peuple souverain s’avance....

Le peuple souverain s’avance....

Faut-il s'inscrire dans le « grand débat » et tomber dans le piège tendu qui consiste à amuser la galerie pour détourner les gilets jaunes de la rue ?

Faut-il le boycotter ?

Ce sont les deux questions que se sont posées les militants qui veulent un changement de cap.

Durant le mouvement dit des « gilets jaunes », j'ai noué des contacts avec les occupants des ronds points.

Les discussions que j'ai eues m'ont réconforté dans l'idée que je me suis fait ; le « français moyen » comme on l'appelle , qui travaille dur et a du mal à finir ses fins de mois n'est pas dans une situation totalement différente de celle vécue par un « titulaire » du RSA.

D'ailleurs,combien de ces « français moyens »se retrouvent très vite, suite à un licenciement dans la même galère que celui ou celle qui touche le revenu de « solidarité active » ?

 

Ce mouvement inégalé par la combinaison de son ampleur et de sa forme a ouvert plein de bouches.

Je le constate tous les jours en tenant les permanences sociales associatives et en lisant sur les pages facebook intituées « Melun ma ville » ou « tu sais que tu viens de Melun quand ».

Ces pages pullulent et sont intéressantes et riches.

Laissons de côté les donneurs de leçons qui font des leçons d'orthographe aux contributeurs et restons à l'essentiel.

Sur la première page citée, des locataires ont fait part de leurs malheurs dans le quartier des Mézereaux : des logements indécents dans un bâtiment, l'état déplorable de certains communs, l'humidité et l'absence de chauffage et une inquiétude à propos de la solidité de l'ensemble.

Deux d'entre elles, invitées à venir nous rencontrer sont venues pour témoigner et pour commencer une bataille contre le bailleur.

Elles ont rédigé une pétition, qu'elles ont fait circuler.

C'était la première fois que ces dames se mobilisaient.

Forts de cette expérience et des rencontres, notre association a décidé d'organiser un débat en mars.

Ce débat aura lieu en partenariat avec la CSF et sous l'égide de l'UDAF .

Je vais d'ailleurs là répondre aux questions que j'ai posées au début de l'article : nous n'avons que faire du grand débat national par contre nous organisons une réunion d'échanges le 14 mars.

Nous nous fixons deux objectifs :

  • libérer la parole pour qu'un maximum de personnes vivant dans les cités s'expriment ;

  • élaborer des propositions que nous ferons vivre au local .

Plusieurs propositions sous-jacentes ont déjà été portées par des hommes et surtout des femmes qui sont entrés en mouvement.

 

Il existe partout en France, dans les villes et des campagnes, des personnes de tout âge et de toute condition qui sont prêtes à débattre, à proposer et à descendre dans la rue sur des objectifs clairs.

C'est le peuple souverain qui s'avance....Il n'a pas le pouvoir, il subit la politique des puissants mais il aspire au changement que l'on doit construire ENSEMBLE !

 

Jean-François Chalot


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7 réactions à cet article    


  • rogal 23 février 10:39

    Un souverain sans pouvoir, c’est-à-dire pas grand chose de plus qu’un un roi d’Angleterre.
    Dans les méandres des réflexions sur le RIC il importe de garder ce cap : l’enjeu n’es tni plus ni moins que l’exercice effectif de la souveraineté.


    Le peuple souverain s’avance,
    Tyrans descendez au cercueil...


    • Arogavox 23 février 11:03

      Le peuple souverain a bien compris ce que révèle le lapsus ballot du « Le grand débat ».

       Car, reconnaître la nécessité d’un « Le grand débat », c’est reconnaître un échec de notre système politique à permettre le partage du pouvoir par ce peuple souverain ; 

      et, ne prévoir qu’un seul (LE !) « grand débat » c’est signaler qu’on ne va que faire semblant de remédier à cet échec ! Car l’échec n’est pas dû uniquement à un concours de circonstances : c’est un échec profond et structurel, qui ne saurait être masqué par un cautère sur une jambe de bois !

        

       Le piège des appels à participations soit-disant délibératives est bien connu, et depuis longtemps.

        Quels partis politiques en France, n’ont pas organisé des prétendus « débats » entre adhérents et sympathisants, juste pour favoriser le recrutement ? Dès la récréation finie (à la fin des ateliers organisés pour donner aux pigeons l’illusion d’avoir été attentivement écoutés, entendus et compris), vient l’heure de la messe au cours de laquelle seuls les califes en lice auront la parole pour catéchiser leurs « synthèses » !

        

        Comment le marionnettistes, en France, peuvent-ils croire que les milliers (ou plus) de gens échaudés par les manipulations des « indignés », ou des « nuits debout » ... n’auraient pas encore compris que la recherche d’un haut score de formulations de doléances n’est qu’un piège destiné à noyer le poisson ?! 
       Plus le nombre de ces expressions de doléances est grand, plus chacune de ces doléances, donc toutes ces doléances sont relativisées, ramenées à peau de lapin.

        Chaque ’Le grand débat’ s’avère vite alors n’avoir été qu’un grand « lapin » ... où l’on a perdu son temps et s’est fait ridiculiser !
        

        Pour que le peuple devienne souverain, il faut que le débat devienne permanent, et il faut, en permanence, et en temps réel rechercher des consensus autant sur la formulation des « doléances » (à regrouper, en minimisant les « doublons ») que sur la façon de cautionner et d’évaluer chacune de ces « doléances ». cf sur le Web : doléances Kdo forum ...


      • foufouille foufouille 23 février 11:46

        vivre avec le RSA est de la survie, juste avec le RSA. comparer avec un smic ou plus .......


        • Arogavox 23 février 19:03

          " la même galère que celui ou celle qui touche le revenu de « solidarité active »

          "
          >>> sans compter que celles et ceux qui peuvent se faire supporter par des proches (famille ou amis), en méprisant et refusant cette mascarade, ne ’touchent’ même pas (à) ce RSA ! (quitte à n’avoir droit à aucun soin ...)  Celles et ceux qui paient de leur propre poche cette solidarité gratuite pour l’Etat et non reconnue, n’en pensent pas moins ! Ce qui fait d’autant plus de monde en France à savoir pertinemment à quel point l’hypocrisie et le mensonge sont au pouvoir dans ce beau pays !


        • Claire Claire 23 février 20:37

          @CHALOT

          C’est le peuple souverain qui s’avance....Il n’a pas le pouvoir, il subit la politique des puissants

          ______________

          Le peuple souverain avait la possibilité d’envoyer Mélenchon au deuxième tour puis de l’élire si tel avait été son désir. Il aurait également pu envoyer Marine Le Pen à l’Élisée, au lieu de ça il a préférer envoyer Macron. Alors dire que le peuple n’est pas souverain c’est faux, il l’est et l’a prouvé. Le problème ne vient pas d’une absence de souveraineté populaire mais d’une indifférence du pouvoir et de ceux qui l’ont élu aux problématiques des classes sociales les plus fragiles et minoritaires. Je déplore que les partis de gauche dans les grandes démocratie aient tous peu à peu séparé la lutte pour les minorités ethniques et celle pour les minorités sociales car à mon sens, les problématiques sociales n’ont pas de couleur de peau et la détresse économique à les mêmes effets quelle que soit notre origine. Mais peut-être faut-il aussi comprendre qu’en faisant cela la gauche a cédé à un certain réalisme économique. Il existe tout un ensemble de secteurs économiques comme le bâtiment ou la restauration qui constituent des piliers de l’économie et qui ne pourraient souffrir une hausse trop importante des salaires. Or, plus les jeunes Français sortent instruits de l’école plus rare et donc plus chère est les main-d’œuvre sans qualification. Faire entrer des travailleurs sans qualification en masse pour conserver les salaires à leur plancher semblent en cette circonstance une nécessité économique vitale. Difficile de reprocher à la gauche d’avoir voulu faire entrer des immigrés et du coup, difficile de lui reprocher de s’être engagée dans la défense des intérêts de ces nouveaux venus, dont on imagine qu’ils resteront pour longtemps plus fragiles que les autres. Mais cela a des conséquences. Les Français peu qualifiés (ou mal-qualifiés) qui auraient pu voir leur salaire augmenter du simple fait des lois du marché, les ont vu au contraire se maintenir durablement à un faible niveau et cela non pas du fait du marché, mais d’une décision politique assumée ! Et c’est ainsi que des Gilets jaunes se retrouvent dans la rue. Quelle était la bonne solution ? Ne pas faire entrer les travailleurs étrangers sans qualification ? La croissance économique en aurait été lourdement impactée avec pour conséquence du chômage. Personnellement je suis une fervente partisane de l’impôt négatif. Nous ne pouvons pas abandonner les classes sociales les plus faibles à leurs problèmes en leur tirant des balles dans les yeux. Mais nous ne pouvons pas non plus laisser s’envoler les prix des métiers peu qualifiés. L’impôt négatif permettrait de corriger les trop gros écarts de revenus en répartissant mieux la richesses et au final, tout le monde en sortirait gagnant.

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