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Accueil du site > Tribune Libre > Le « problème à traiter » de Jean-Marc Jancovici

Le « problème à traiter » de Jean-Marc Jancovici

Dans sa leçon inaugurale à SciencesPo du 29 août 2019, où il reprend son cours au Mines de Paris, Jean-Marc Jancovici souligne remarquablement le « problème à traiter » en partant d’un constat difficilement contestable, à savoir que toute notre vie n’est composée que de ressources transformées, elles-mêmes n’étant toutes, que de l’énergie transformée. Il précise que ce sont les machines qui ont fait de nous des « supermen pour de vrai », en multipliant notre puissance personnelle en moyenne par 200, et en occident dans les villes par mille ou deux mille. Cela s’est fait en deux siècles en passant des énergies renouvelables aux énergies fossiles dont le côté apparemment illimité n’a jamais permis de réflexion sur le coût de leur reconstitution qui devrait en toute logique être pourtant provisionné.

Avec quelques formules-chocs il nous rappelle des vérités oubliées : « L’énergie c’est la capacité à transformer l’environnement », « Dans un seul litre d’essence il y a la même capacité à transformer l’environnement que dans 10 à 100 jours de travail de force d’un être humain », « Dépenser de plus en plus d’énergie c’est utiliser de plus en plus de machines », « Chaque être humain exploite sans s’en rendre compte des milliers de machines ». Il constate que nous avons simplement remplacé l’esclavage humain par l’armée d’esclaves que sont les machines, en considérant toujours que la ressource est illimitée donc gratuite, et que l’on ne paye que son ramassage.

Le problème est parfaitement posé mais il bute sur les solutions en commençant pourtant par donner une excellente définition de l’économie, « l’économie c’est la compréhension des facteurs limitants dans la production ». Mais il ne tire pas les conséquences de sa propre définition car il ne parle que des facteurs limitants que sont pour lui l’émission de CO2 par toutes les machines thermiques et la lente destruction de la Terre par une consommation inconsidérée de ses ressources.

Il ne parle pas du premier facteur limitant, le plus naturel, celui qui devrait nous mettre obligatoirement et naturellement devant notre problème pour utiliser notre intelligence à le résoudre, même si nous ne savons pas aujourd’hui comment. Il élimine au contraire cette limite essentielle en disant : « Du pognon il y en a ». Ce facteur limitant normal dont il ne dit pas un mot, c’est la rareté normale de l’énergie monétaire. Le problème de notre civilisation, c’est que nous avons volontairement oublié la source de cette énergie pour ne pas voir son épuisement. Nous avons sombré dans la « pigilithie » dont nous devons nous vacciner car elle nous empêche, par la fuite en avant, d’affronter notre problème. La monnaie est une énergie dont nous avons perdu la source. C’est cette énergie sans source qui fabrique les machines qui grignotent la Terre. Jean-Marc Jancovici a parfaitement raison de dire que « PIB ou CO2, il faut choisir » mais il doit prendre conscience que le PIB n’est que la somme de nos dépenses de consommation ou d’investissement et que ce PIB est fabriqué artificiellement par une énergie monétaire sans source, « apigique ».

Certains pourront se contenter de la réponse proposée par Contrepoints D’où vient l’argent ? Du chiffre d’affaires des entreprises, point. Personnellement cette réponse me fait simplement me remémorer la réplique culte de Thierry Lhermitte : « Je n’aime pas dire du mal des gens mais effectivement elle est gentille ». D’autres pourront, comme Jean-Marc Jancovici, vouloir soigner le malade sans chercher la cause de la maladie, faire des vœux pieux : « Faire des propositions qui n’ont plus besoin de la croissance ». Mais c’est en s’intéressant plus sérieusement à la source de l’énergie monétaire que les solutions apparaîtront enfin. C’est en faisant une vraie révolution personnelle par la compréhension que l’énergie monétaire n’est pas plus gratuite que les énergies fossiles que les générations montantes pourront sortir du constat désespéré de Jean-Marc Jancovici et sauver notre… leur civilisation.


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31 réactions à cet article    


  • Arogavox 3 septembre 11:44

    Sauf que, bien évidemment, la monnaie n’est pas une énergie !

     La monnaie n’est qu’une convention, une confiance implicite supposée partagée par ceux qui l’utilisent. Alors, à moins de considérer que toute activité cérébrale consomme de l’énergie (principalement tirée du sucre) et que la confiance ne peut résulter que d’une activité cérébrale ... il est un peu rapide de comparer l’énergie exploitable à partir d’un litre d’essence à l’énergie nécessaire à nos neurones pour faire confiance, les yeux fermés, à une pièce frappée par César ! 


    • Marc Dugois Marc Dugois 3 septembre 12:35

      @Arogavox

      Nous sommes là au coeur du problème avec des « évidemment » et même des « bien évidemment » qui vont droit contre le bon sens et qui ne sont là que pour dispenser de réflexion.

      L’énergie est une force en action. Et la force de l’argent de nous permet-elle pas de manger, de voyager, de se loger, de se chauffer. Que cette force ne sait elle pas faire quand elle réussit à fabriquer aussi bien un Macron qu’un Rockefeller, un Staline qu’un Mao ?

      Tant que des gens qui se croient réfléchis continuent à ergoter pour savoir si la monnaie est une marchandise, un symbole ou une institution, le tout pour éviter de reconnaître que c’est avant tout une énergie, nous n’affronterons pas notre problème qui est de mettre la source de cette énergie à son estuaire.


    • HELIOS HELIOS 3 septembre 12:57

      @Marc Dugois

      les problèmes ne viennent pas de l’énergie, de l’argent ou du CO2, mais seulement (oui seulement et j’insiste) de la réglementation qui permet la constitution de groupes de pouvoirs (économiques, politiques, spirituels) qui sacralisent les inégalités (attention a l’interprétation du mot « inégalité »)

      Pour remédier a tout cela, il faudrait, helas, des lois et des reglementations économiques fortes comme la limitation des pouvoirs d’une entreprise et son impossibilité d’etre multinationale.... il faudrait une reglementation rendant réellement la décisions aux structures nationales souveraines.... et enfin une sectorisation forte pour que les groupes civilisationnels supportant les religions restent stables par limitation des migrations heterogènes.

      ... exactement l’inverse de ce que nous faisons !

      Bon, pour ce que j’en dis, je ne suis que spectateurs....


    • Marc Dugois Marc Dugois 3 septembre 13:04

      @ Helios

      Vous avez à mon avis parfaitement raison mais toutes les dérives que vous citez ne sont que des conséquences de notre système bancaire qui met la source de l’énergie monétaire à son estuaire.


    • Arogavox 3 septembre 14:48

      @Marc Dugois
      Ce n’est pas une « force » de l’argent qui nous permet de manger, de voyager, de se loger, de se chauffer  : la confiance (voire l’abus de confiance, c’est selon) que nous plaçons (à tort ou à raison) dans l’argent ne nous permet que de faciliter les trocs par lesquels passent la réalisation de ces actes !
       Ce qui a « fabriqué » un Macron, ..etc.. est tout autant un abus de confiance,qui n’a fait que transiter ; accessoirement, par la confiance placée dans l’argent ! 
       Et la source de l’abus de confiance par le vecteur de la technique dévoyée de la monnaie n’est pas une énergie mais une duperie millénaire ! 
      « Il faut rendre à César ce qui est à César ... » 


    • Marc Dugois Marc Dugois 3 septembre 15:09

      @Arogavox

      Vous dissertez sur la source de l’énergie monétaire, pas sur sa réalité qui est difficilement niable mais que les universités ont formaté leurs étudiants à ne pas voir.

      Mais comme la source de cette énergie est actuellement à son estuaire, si l’on en prend conscience, c’est tout l’édifice qui s’effondre d’un coup.

      Je comprends que ce soit pour beaucoup surhumain.


    • eau-pression eau-pression 4 septembre 13:14

      @Marc Dugois

      L’énergie du désespoir se mesure-t-elle en Joules, comme l’énergie d’Armstrong montant le Ventoux ? S’il fallait la mesurer, j’utiliserais la même unité que celle de l’enthousiasme. Et je me garderais bien de mesurer l’enthousiasme en tonus musculaire, ou en toute autre énergie qui nous meut. Le tonus, la « pêche », qu’on pourrait envisager de mesurer en Watts (unité de puissance, je sais), sont simplement des conditions nécessaires à l’activité humaine.

      Donc, plutôt d’accord avec Arogavox, ce n’est pas le pognon qui manque, c’est la confiance. Quand E.Macron ricane « qu’ils viennent me chercher », fin de la confiance pour ceux qui lui en accordaient. Retour à la bonne vieille arnaque. Avant lui, les politiques ne narguaient pas si ouvertement le citoyen. Mais passons, pas besoin d’aller chercher si loin les situations bloquées par manque de confiance.

      Le pognon ne manquerait pas pour les innovations qui nous permettraient de changer les modes de production, stockage, utilisation (et même économie) de l’énergie si le risque associé n’était pas si elevé : marché mondial oblige, il faut investir beaucoup d’argent pour industrialiser quelque chose de nouveau, alors qu’un produit concurrent venu de l’autre bout du monde peut rendre votre truc invendable du jour au lendemain.

      Un petit coup de gueule contre Bruno Lemaire, qui déclare qu’on a besoin de l’Europe pour développer des dispositifs de stockage. Pour en inventer un, il suffit d’un individu. Pour le mettre au point, il y faut une équipe. Pour l’industrialiser, je vois mal l’Europe le faire en douce, à l’insu de la Chine.

      Pour que des individus, des organisations, se lancent dans l’innovation, il faut qu’ils se sachent soutenus, et pour trouver du soutien il faut qu’ils le méritent. Pensez à la voiture à air comprimé.


    • Matb 4 septembre 15:00

      @Marc Dugois vous avez lu JMJ un peu vite. Écrire qu’il a dit « de l’argent il y en a » est réducteur. Il comparait ici les 25 milliards qui vont être investis dans l’éolien offshore et une autre utilisation qui pourrait en être faite avec la subvention de 6000€ par foyer pour s’équiper de pompes à chaleurs en remplacement de chaudières au fioul.
      De plus cela réintégrera des dépenses internes (nucléaire) à la place d’importations de pétrole, c’est gagnant/gagnant.


    • Marc Dugois Marc Dugois 4 septembre 16:07

      @Matb

      Ecoutez-le, il a dit « Du pognon il y en a », et ça, c’est très réducteur.


    • Pauline pas Bismutée 3 septembre 13:16

      Son exposé est magistral (quoique évidemment ce n’est pas très optimiste, mais qui a dit « l’enfer, c’est la vérité vue trop tard » ?) et sa vue devrait être obligatoire dans les écoles, administrations, etc.

      Après on pourrait continuer avec de très intéressantes interviews dans « Thinkerviews » et les pertinentes colères de Pierre Jovanovic ... et enfin virer les banquiers ...


      • Marc Dugois Marc Dugois 3 septembre 14:15

        @Pauline pas Bismutée

        Oui sa vue est magistrale dans son approche du physicien polytechnicien qu’il est.

        Mais elle l’est beaucoup moins quand il dit que « Du pognon il y en a » et qu’il ne réalise pas que le drame qu’il annonce presque discrètement sous ses différentes formes, ne peut arriver que parce que nous avons mis la source de l’énergie monétaire à son estuaire. Sortir, sans en prendre conscience, de ce problème premier, fondamental et source de tous les autres, c’est s’aveugler volontairement.


      • JL JL 3 septembre 15:06

        Bonjour Marc Dugoi,

         

         je pense que vous confondez source d’énergie et réservoir d’énergie.

         

        Augmenter le contenu de ce réservoir avec de la monnaie créée ex nihilo par une planche à billets est aussi vain que d’augmenter le contenu d’une cafetière avec de l’eau.


        • Marc Dugois Marc Dugois 3 septembre 15:25

          @JL

          Bonjour,

          Je crois être encore capable de distinguer une source d’un réservoir, l’origine d’un train de son attente en gare.

          Deux sujets sont distincts et doivent être pris un par un pour ne pas tout brouiller.

          Le premier est de reconnaître que l’argent est une « force en action » et donc une énergie par la définition même de l’énergie.

          Le second est de comprendre comment un bout de papier a cette force et donc qu’elle est l’origine de cette énergie. J’affirme que cette origine est normalement l’énergie humaine. Jean-Marc Jancovici le dit fort justement quand il voit le capital comme une simple réutilisation de productions humaines. Mais c’est l’oubli de ce fait essentiel qui ridiculise la monnaie en la réduisant à un instrument de servage des peuples. On crée de la monnaie non sur les productions humaines déjà produites et reçues comme richesses, mais sur les productions futures prédéfinies arbitrairement comme richesses. On met la source à l’estuaire.


        • JL JL 3 septembre 16:28

          @Marc Dugois
           
          une force n’est pas une énergie. Passons.
           
          Une source d’énergie n’est pas une énergie à ceci près qu’il faut une transformation ou un travail pour produire quelque chose à partir d’une source ou d’un réservoir. Le produit de cette transformation peut être de la monnaie ou un bien ou un service.
           
          La monnaie c’est donc le moyen qui permet de différer dans le temps ou l’espace la (re)production d’énergie. Mais ce moyen se dilue dans la cafetière commune. Et si quelqu’un y a ajouté de l’eau, alors il vous aura chipé une partie de cette énergie. Je ne dis pas autre chose.
           


        • Marc Dugois Marc Dugois 3 septembre 17:23

          @JL

          « Une force n’est pas une énergie. Passons »
          Non ne passons pas. C’est la définition même d’une énergie chez les physiciens que d’appeler énergie une force en action. Ayons le même français sans ce « Passons » bête et dédaigneux.

          La monnaie est comme l’électricité. On peut ergoter des heures pour savoir si l’électricité est une énergie ou un véhicule d’énergie. C’est pareil pour la monnaie on peut dire que c’est une énergie ou un véhicule d’énergie. L’important est de savoir quelle en est la source quand pour l’électricité on en connait clairement les sources.


        • JL JL 3 septembre 17:53

          @Marc Dugois
           
           Dommage que vous y voyiez du dédain. Ce n’était pas volontaire.
           
           Une force en action n’est pas une force tout court. Le poids est une force.
           
           « en action » (sur un système) ça veut dire qu’ « il se produit une transformation » (du système) ; et inversement.
           
          La monnaie n’est pas comme un courant électrique (ie une force électromotrice) c’est comme un accumulateur, lequel peut être chargé jusqu’à la limite de sa capacité par un courant électrique, et ou restituer une quantité finie de courant électrique.
           
          Faire marcher la planche à billets ça revient à augmenter la capacité du réservoir, mais pas à augmenter la puissance contenue.


        • Marc Dugois Marc Dugois 3 septembre 18:49

          @JL

          Faire marcher la planche à billet c’est vouloir inverser le temps et mettre la source à l’estuaire. L’argent ne peut être créé qu’après constat par le groupe de la création de ce qu’il voit comme une richesse.

          Créer de l’argent sans avoir constaté précédemment une nouvelle richesse devrait être un délit. Actuellement et depuis le 15 août 1971 (en fait depuis la guerre) on crée de l’argent en espérant des richesses futures ce qui est la base de notre problème. Cela dévalorise la force énergétique de la monnaie en la volant à la collectivité.


        • San Jose 4 septembre 09:48

          @Marc Dugois
          .
          C’est la définition même d’une énergie chez les physiciens que d’appeler énergie une force en action.
          .
          Je trouve que c’est bien brumeux. 
          On pourrait définir (mais pas dans chaque cas d’énergie), une quantité d’énergie comme ce qui permet à une force d’effectuer une action, puisqu’une force existante mais immobile ne met aucune énergie en jeu, et n’en a souvent pas besoin pour durer indéfiniment (exemple : un poids qui tire sur la ficelle qui le retient).
          En revanche je n’appellerai pas énergie « une force en action », l’énergie n’étant pas la force. 
          Ou alors il faut pratiquer une extension du sens des mots, mais ce n’est plus de la physique. 


        • lloreen 3 septembre 15:35

          "C’est en faisant une vraie révolution personnelle par la compréhension que l’énergie monétaire n’est pas plus gratuite que les énergies fossiles que les générations montantes pourront sortir du constat désespéré de Jean-Marc Jancovici et sauver notre… leur civilisation.

          Pour sauver la civilisation -si sauvetage il devait y avoir, ce dont je doute fortement il faudrait déjà commencer par s’interroger sur l’intérêt qu’il y aurait à avoir de l’argent.Pour ceux qui s’en sont toujours servi « l’argent » est incontournable.

          Or, il faut préciser que l’argent et l’or sont des minerais sur lesquels les monnaies ne sont plus adossées au plus tard depuis 1971et la fin de la parité du dollar avec l’or.La question est donc réglée à ce niveau.

          L’énergie n’a jamais été monétaire.L’énergie a toujours été humaine car sans humains pour réaliser les différentes tâches et les objets il n’y aurait pas plus de monnaie qu’il n’y aurait de papier pour l’imprimer.

          Il faut donc cesser de croire, à tort, qu’une monnaie a de la valeur.

          Quant à toutes les énergies, le constat est le même:ce qui n’a pas été créé ne doit pas pouvoir être vendu.

          Les technologies actuelles permettent largement de régler définitivement le problème de l’énergie encore faut-il qu’elles ne soient pas mises sous le boisseau par les escrocs qui s’accaparent les ressources pour s’enrichir sans cause.


          • Marc Dugois Marc Dugois 3 septembre 15:59

            @lloreen

            Vous faites un très joli méli-mélo d’affirmations vraies et d’autres complètement fausses comme « Les technologies actuelles permettent largement de régler définitivement le problème de l’énergie ».

            Je cherche votre conclusion de votre mélange très personnel.



          • Attilax Attilax 3 septembre 20:07

            Et oui, pour changer le monde (enfin la société humaine) il faudra forcément changer de système monétaire.

            C’est le constat fait par la Monnaie Libre, qui pourrait être un embryon de réponse, puisque la source monétaire de la ML, ce sont les membres qui la composent...

            https://monnaie-libre.fr

            Ne reposant ni sur la croissance ni sur la dette, c’est à l’heure actuelle la seule monnaie capable de supporter la décroissance sans rareté monétaire.


            • jjwaDal jjwaDal 3 septembre 21:15

              Non. Mettez ensemble des matériaux naturels, de la main d’oeuvre désireuse de travailler ensemble, des compétences pour construire une hutte de paille voire une maison moderne et vous l’aurez, sans avoir besoin d’argent pour la bâtir. Mettez un gros tas d’argent au sol en lui demandant de bâtir la hutte de paille ou la maison et vous verrez le résultat. Vous confondez l’ordre des conditions « sine qua non » de faisabilité de toute entreprise humaine.
              Comme le dit Lordon « l’argent n’est que l’outil qui met en branle les puissances d’agir dans les structures du capitalisme et en particulier dans ce rapport de servitude par lequel beaucoup doivent passer pour leur subsistance, qu’est le rapport salarial ».
              On pourrait manquer d’énergie, d’humains, de compétences, de technologies, on n’en manque nullement. Il est impossible qu’on manque d’argent et tout le monde en cherche.
              Ce manque factice est une construction humaine


              • San Jose 3 septembre 22:48

                C’est marrant ce fétichisme de l’argent, comme si faute d’argent préexistant on n’avait pas la possibilité d’agir. Ce sont des idées d’épargnant qui a peur de voir ses sous perdre leur signification.

                (quand on dispose d’une épargne notable il faut impérativement la changer en biens tangibles, mais si on a l’esprit aventureux on peut s’amuser à le garder en grosses assurances-vie). 


                • San Jose 3 septembre 22:49

                  @San Jose
                  .
                  « à la garder »


                • Old Dan Old Dan 3 septembre 23:50

                  ...discussion vaine d’un monde passé...

                  .

                  [... comme on le fait depuis 60 ans quand il s’agit d’agir pour un futur vivable ! ]


                  • Désintox Désintox 4 septembre 14:35

                    « rareté normale de l’énergie monétaire »

                    Article incompréhensible.


                    • Marc Dugois Marc Dugois 4 septembre 16:00

                      @Désintox

                      Relisez-le tranquillement. Je suis sûr que vous le comprendrez, une fois désintoxiqué.

                      Si la monnaie n’est pas rare, elle ne remplit pas son rôle, ce qui est malheureusement le cas aujourd’hui.


                    • rugueux 5 septembre 14:21

                      On aura tout vu sur AV ! La monnaie une énergie !!!!

                      Oui à la rigueur si on brûle un kilo de biffetons de 500€ on doit en retirer +/- 12 à 15 MJ....


                      • Marc Dugois Marc Dugois 6 septembre 13:28

                        @rugueux

                        Toutes les énergies ne se brûlent pas. L’énergie monétaire fait manger, voyager, s’habiller et se loger entre autres.... Que la monnaie soit une énergie est difficilement contestable. Mais la question de savoir d’où elle tire cette énergie, reste trop sans réponse.

                        Mon espoir en écrivant sur Agoravox est de faire réfléchir. Dois-je désespérer ?


                      • njama njama 6 septembre 13:49

                        @Marc Dugois

                        La monnaie serait une énergie hydraulique plutôt. Ce n’est pas pour rien qu’on l’appele aussi du liquide ! et que Mr Macron parle de ruissellements.
                        Pour comprendre le système il suffit d’imaginer un potager et un réseau d’irrigation. On arrose plus les tomates, les melons, que les carottes, l’ail, les oignons,... on peut freiner la croissance, ou l’accélérer où on veut.
                        Exemples de villes énormes ont poussé comme des champignons, Dubaï, Astana,... miracles monétaires !
                        En fait celui qui contrôle le réseau (les banques centrales, et leurs succursales) envoient du liquide (même s’il est dématérialisé aujourd’hui) où ça les arrange pour faire prospérer leurs affaires, le commerce internationale, l’achat des matières premières,... et peu d’eau dans les secteurs qu’elles souhaitent voir péricliter, ou simplement ralentir, pour favoriser des entreprises concurrentes, pour récupérer le business à bon compte, pour permettre aux entreprises de délocaliser...
                        Aujourd’hui par exemple les banques ont ouvert les vannes en grand pour l’immobilier. Dans les années 80 il fallait 20% d’apport pour de l’achat dans l’ancien (un sacré frein au marché, mais pas à l’épargne), 10 % pour du neuf ou moins prêts PAP, frais de notaires non compris. Vers le neuf c’était pour doper la construction, quand le bâtiment va tout va ! Ce n’est pas l’immobilier qui a bougé, ce sont les règles du jeu. Qui contrôle l’argent contrôle l’avenir.

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