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Le problème des ressources et les guerres de l’énergie

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Les conséquences de l’utilisation d’armes de destruction massive sont connues de tous, quelles que soient les raisons et les prétextes. Mais les propos répétés sur l’escalade de la «  guerre de l’énergie  » entre la Russie et l’Occident impliquent un scénario non moins destructeur que ces armes.

Une guerre de l’énergie, telle qu’elle est dépeinte dans les médias internationaux, est futile et ne mène nulle part, car à long terme, tout le monde est perdant.

Il ne s’agit pas des bénéfices de l’économie russe provenant des ventes de pétrole et de gaz, ni des pertes dues à la forte inflation et à la récession dans les économies occidentales en raison des prix record de l’énergie et du poids du coût de la vie. L’énergie n’est pas un instrument de conflit dans le jeu de la compétition internationale pour la domination et l’influence.

La production de pétrole en Russie a récemment retrouvé son niveau du début de cette année. Elle a presque atteint le plafond de la production pétrolière quotidienne avant le début de la guerre en Ukraine, ce qui signifie que l’économie russe ne souffrira pas des sanctions et des embargos imposés par les pays occidentaux contre ses exportations énergétiques.

En outre, l’économie russe bénéficie énormément de l’augmentation du prix mondial du baril de pétrole à la suite de la crise ukrainienne. Cette situation est considérée comme un échec de la politique de sanctions énergétiques imposée à la Russie avant même qu’elle ne commence, puisque les sanctions européennes contre les exportations de pétrole russe doivent entrer en vigueur en novembre.

En revanche, les économies occidentales souffrent grandement de la réduction des approvisionnements énergétiques en provenance de la Russie. Les entreprises et les consommateurs occidentaux devraient souffrir le plus dans les mois à venir.

Ces derniers jours, de nombreux médias se sont fait l’écho de ce qui attend les sociétés européennes, qui devront se préparer à un hiver sans suffisamment de gaz en raison de l’interruption de l’approvisionnement en gaz russe.

Selon certaines estimations, les prix du gaz seraient multipliés par cinq si la Russie interrompt ses livraisons de gaz à l’Europe, malgré toutes les possibilités de récession massive de l’économie mondiale, qui va bien sûr de pair avec une baisse de la demande mondiale de pétrole et de gaz.

Les prévisions des géants mondiaux de l’énergie annoncent un hiver rigoureux en Europe et une augmentation significative des prix de l’énergie. On craint de plus en plus que le gazoduc russe Nord Stream 1 soit arrêté pour maintenance et ne soit pas repris.

Les craintes sont grandes de voir la Russie devancer la décision des pays de l’UE de réduire de deux tiers les importations de gaz russe d’ici un an. Raison pour laquelle l’Agence internationale de l’énergie met en garde contre les conséquences de l’arrêt de l’approvisionnement en gaz russe l’hiver prochain.

Avant la guerre en Ukraine, les pays de l’UE importaient environ 40 % de leurs besoins en gaz de Russie.

Progressivement, ce chiffre a chuté à environ 20 %. Une partie de cette baisse est liée aux réductions des flux de gaz russe pour des raisons que Moscou qualifie de «  techniques  » et que l’Occident qualifie de «  politiques », tandis que d’autres sont liées aux politiques de réduction des importations de gaz russe.

Mais en fin de compte, les réserves de gaz dans les installations de stockage de gaz européennes à l’approche de l’hiver ne représentent qu’un peu plus de la moitié de leur taille. Cela met une pression énorme sur la prise de décision en Europe, qu’il s’agisse de la crise en Ukraine ou d’autres questions.

L’hiver prochain sera probablement un tournant dans les relations entre l’Europe et la Russie, car il y a des raisons de croire que les installations de stockage de gaz européennes ne seront pas pleines avant l’hiver en raison d’une réduction des approvisionnements russes, quelle que soit la cause de cette réduction. La pression sur les capitales européennes est donc énorme.

Les conséquences ne se limiteront pas aux relations avec la Russie, mais pourraient également affecter les relations intra-européennes, car les positions au sein de l’Union sont divisées sur la dépendance aux importations de gaz russe.

L’Allemagne, par exemple, pense pouvoir imposer une interdiction complète des importations de pétrole russe d’ici à la fin de 2022 (elle obtient 25 % de ses besoins en pétrole et 40 % de ses importations de gaz de la Russie), et a donc l’intention de renforcer les sanctions contre la Russie. Dans les autres pays, c’est différent.

Des pays comme la Hongrie s’opposent à toute mesure qui exposerait l’approvisionnement en gaz russe à une rupture totale. La situation semble compliquée et dangereuse à la fois. La question n’est pas seulement d’adopter une politique européenne commune sur les importations de gaz russe.

Il est aussi question de prévoir une violation de la politique de l’UE par les pays qui paieraient la facture des importations énergétiques russes en roubles pour assurer leur continuité, car il est difficile de trouver des alternatives qui permettraient de respecter la politique européenne.

La Commission européenne estime que payer le gaz russe en roubles serait une «  violation des sanctions  » et «  inacceptable ». Cela pourrait ouvrir la porte à de vifs désaccords européens dans un avenir proche.


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3 réactions à cet article    


  • Clark Kent Philippulus 18 août 18:20

    Ce n’est pas d’aujourd’hui. Tout a commencé le 28 août 1928.

    Et ça pourrait finir très mal. Pour tout le monde, malheureusement.



    • Sylfaën.H. Sylfaën.H. 23 août 09:51

      Bonjour,

      ... et au début fut... compter.

      ( + , - ) : + colonne de gauche, colonne de droite ; statiquement, bancairement.

      ( ± , + ) : flux, stock ; évolutif

      Le problème a 3000Ans et s’appelle La Monnaie.

      Ils ne peuvent pas s’en sortir. Le Moteur de leur ponzi est : « investir+crédits+dettes », parfaitement adapté aux espaces infinis.

      L’Energie joue le même rôle que la monnaie dans le tryptique Marxien : « A-M-A | M-A-M ». Lorsqu’indistinction entre objet|relation, comme énergie|matière, les banques infestant les chaine-de-valeur sont « à la fête », se gavent.

      Faut une Conférence Economique et Monétaire, à régler Problème-Haut, tel 1933.

      Le Problème-bas consiste au règlement de la distribution, territorialement travaillé depuis 2016 avec Préfets en exercice, pour Avis positifs.

      Consultation des forces...

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