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Accueil du site > Tribune Libre > Le prosélytisme turco-islamiste d’« un expert » du CNRS sur France (...)

Le prosélytisme turco-islamiste d’« un expert » du CNRS sur France Culture

L’invité des « Matins de France Culture  », vendredi 25 février 2011, un certain Jean-François Bayart, a été présenté comme « le spécialiste le plus avisé  » de « L'Islam républicain  » de la Turquie, de l’Iran et même du Sénégal, « politiste, directeur de recherches au CNRS  ». Cette radio a un goût immodéré de la titulature scolastique pour faire croire qu’elle n’accueille que des « experts », autorités devant lesquelles l’auditeur est appelé à s’incliner (1).

On s’incline donc devant l’expertise de ce M. Bayart, sans peur mais non sans reproche, dont le prosélytisme turco-islamiste s’accommode mal du doute méthodique du chercheur. Il a même prétendu offrir la Turquie en modèle aux Français. « La Turquie, a-t-il déclaré, nous rappelle qu’il n’y a aucune contradiction entre la République d’une part et d’autre part l’Islam. C’est une leçon que les Français devraient méditer  ».
 
Tout dépend évidemment de ce qu’on entend par le mot « République » qui n’est nullement synonyme de démocratie. Dans son sens originel tiré des mots latins très vagues « Res publica  » - opposés à « Res privata - il ne désigne guère plus que « les affaires publiques » ou « l’État » : la République romaine n’a d’ailleurs jamais connu qu’un embryon de démocratie. En revanche, l’Histoire depuis 1789 a fait de la République en France un régime particulier associé à la démocratie et édifié pierre par pierre au fur et à mesure qu’ont été progressivement reconnus aux citoyens des droits individuels et collectifs assortis des devoirs correspondants.
 
I - Deux contradictions
 
Dans le plaidoyer turco-islamiste de l’expert du CNRS, deux contradictions ont d’abord sauté aux yeux.
 
1- Minimisation du rôle de l’Islam et reconnaissance de son omniprésence
 
La première oppose la préoccupation de minimiser le rôle de l’Islam dans la République turque et l’aveu de son omniprésence :
 
- « Le fait majeur sur lequel il faut réfléchir, a-t-il dit d’un côté, ça n’est pas l’Islam, c’est l’effondrement d’un monde d’empires, l’empire des Habsbourg, l’empire Ottoman et le remplacement de ce monde impérial par un monde d’États-nations » Ou encore, a-t-il soutenu, « L’Islam en Turquie, il faut le situer historiquement : il est indissociable de l’État turc et d’un code civil qui a été voté en 1926, qui est un code civil suisse et qui n’a rien à voir avec la Charia ! »
 
- Or, il convient en même temps qu’ « à bien des égards, l’Islam est le fil caché qui relie la Turquie contemporaine à l’empire Ottoman ». Qu’entendre par « fil caché  » ? Est-ce à dire, a demandé l’animateur Marc Voinchet, que « l’Islam a toujours été très présent dans la constitution de ce pays, qui fait partie intégrante de ce nationalisme dont vous dites qu’il a les signes de la moustache et du petit drapeau ?  » L’expert du CNRS a dû acquiescer.
 
2- L’éloge d’une laïcité à la turque… très confessionnelle
 
Une seconde contradiction est l’éloge de la drôle de laïcité à la turque reconnue pourtant par l’expert comme contraire à la laïcité à la française.
 
- « La française, a-t-il rappelé fort justement, repose sur la séparation des cultes et de l’État  par la loi de 1905. »
 
- « La laïcité turque, a-t-il expliqué en revanche, c’est la subordination de la religion, essentiellement de l’Islam, à l’État, dans la continuité de l’empire Ottoman et du Césaro-papisme de l’empire Byzantin. »
 
Pis, a-t-il renchéri, la citoyenneté turque est définie implicitement en termes ethno-confessionnels ! Jolie laïcité ! : « Si vous êtes Turc, turcophone d’origine sunnite, hanafite, précise-t-il, vous êtes implicitement beaucoup plus Turc que si vous êtes Turc, kurdophone, sunnite de rite Chaffi, et a fortiori si vous êtes chrétien ou juif ».
 
On ne voit pas très bien comment la laïcité française pourrait s’accommoder de cette emprise islamique, pas plus que l’Islam de cette laïcité. Rien d’étonnant ! Une religion à vocation hégémonique ne saurait tolérer de rivales ni de limites privées à son expression. Les apparences de modération ou d’extrémisme qu’elle offre tour à tour, ne sont qu’adaptations tactiques conjoncturelles aux lieux et circonstances au service de la même stratégie totalitaire poursuivie.
 
II- Un amalgame
 
Sentant que la contradiction passait mal, l’expert du CNRS s’est alors livré à un amalgame audacieux pour faire croire que la Droite française avait elle aussi une définition ethno-confessionnelle de la citoyenneté : « Lorsque, par exemple, M. Hortefeux, ministre de l’Intérieur et des cultes, s’est-il écrié, considère qu’un arabe ça va et que quand il y en a beaucoup ça pose problème, lorsqu’on a le sénateur Gérard Longuet qui parle du corps traditionnel français, lorsque l’on a M. Sarkozy, ministre de l’Intérieur, qui dit : « La France tu l’aimes ou tu la quittes » à l’endroit des immigrés, il faut bien reconnaître que tous ces personnages politiques français sont très proches de l’extrême-droite turque (…) (dont le) slogan (vociféré par) ses militants à chaque enterrement de militants nationalistes, c’est « la Turquie, tu l’aimes ou la quittes » ». L’expert prétend même que « la définition de la citoyenneté par (le Premier Ministre, M.) Erdogan se montre plus universaliste  ».
 
Or, si malheureuses que soient les formules incriminées, peut-on en déduire qu’en France la citoyenneté soit définie en termes ethno-confessionnels comme en Turquie ? N’est-ce pas au contraire l’échec de cette intégration citoyenne par suite d’un ethno-confessionnalisme revendiqué que traduisent ces formules ?
 
III- Euphémisme, amalgame et leurre de diversion
 
Enfin, l’expert du CNRS a jeté le masque, quand l’animateur Marc Voinchet lui a mis sous les yeux quelques données cruelles, difficiles à écarter : « Est-ce que vous n’êtes pas un peu angélique, lui a-t-il demandé, avec votre amour de la Turquie ? On a vu qu’Erdogan, (le Premier Ministre turc ), il n’y a pas longtemps s’était indigné de la levée de boucliers qui a suivi sa tentative de faire voter une loi contre l’adultère. Il a récemment déclaré que l’homme et la femme n’étaient pas égaux et que cette dernière devait avoir au mois trois enfants ». L’expert, à court d’expertise et acculé à l’aporie, a alors fui pitoyablement ces questions de trois manières.
 
1- Il a d’abord usé d’un euphémisme pour qualifier le choix politique qui soutient l’inégalité entre les hommes et les femmes et entend régenter leurs relations privées en matière d’adultère : il a jugé M. Erdogan simplement « conservateur », quand les termes les plus appropriés sont « extrémiste réactionnaire  » pour qualifier qui professe le sexisme.
 
2- Il a même osé comparer par un nouvel amalgame le Premier ministre turc à ses homologues européens : « Erdogan est incontestablement un conservateur, a-t-il répété. Il se définit tel quel. Il est très proche idéologiquement d’Aznar en Espagne, de Berlusconi en Italie et paradoxalement d’Angela Merkel et, comme je l’ai montré, de Nicolas Sarkozy  ».
 
3- Enfin, à l’objection indignée de l’animateur qui lui a fait remarquer que « M. Sarkozy ne (réclamait tout de même) pas des lois pareilles  », l’expert du CNRS a fui dans un leurre de diversion. Il n’a pas répondu et a préféré parler d’autre chose : il s’est s’égaré dans ce qui lui apparaît comme plus important « (l’) orientation néo-conservatrice (de M. Erdogan) qui fabrique beaucoup d’inégalité sociale, (…) une conception développementaliste furieuse  » anti-écologique. Insensible à l’inégalité entre les hommes et les femmes érigée en dogme par l’Islam, l’expert du CNRS a lancé un leurre d’appel humanitaire pour tenter de faire croire encore à son humanité.
 
On a peine à croire qu’il puisse exister en France au sein même de l’institution de recherche scientifique qu’est le CNRS, un prosélyte aussi aveugle de l’Islam, si peu regardant sur les moyens d’en faire la promotion à la radio qu’il mobilise à tout va tour à tour contradictions, amalgame, euphémisme et leurre de diversion humanitaire pour défendre l’indéfendable. À quoi bon la recherche dans ces conditions quand la découverte du dogme la précède ? Paul Villach
 
 
(1) Extrait de l’émission « Les Matins de France Culture », vendredi 25 février 2011  :
« Islam et démocratie : la Turquie peut-elle être un modèle ?  » - Invité : Jean-François Bayart, spécialiste de la Turquie, mais aussi de l’Iran et du Sénégal ; auteur de « L'islam républicain : Ankara, Téhéran, Dakar  », Albin Michel, 2010.
 
Marc Voinchet .- Quelle est cette expérience turque ? Quel est donc ce modèle turc ? Jean-François Bayart, vous êtes le spécialiste le plus avisé de toutes ces questions, politiste, directeur de recherches au CNRS. Nous avons eu envie de questionner un modèle turc et pourquoi il faudrait le plaquer tel quel sur le Tunisie, la Lybie et l’Égypte ? Qu’entend-on par modèle turc ?
 
Jean-François Bayart.- À peu près le contraire de ce que l’on croit en France ! Déjà cette fameuse laïcité turque. Elle existe parce qu’elle est inscrite dans la chair à la fois historique, politique et constitutionnelle du pays. Mais il faut bien voir que la laïcité turque est le contraire de la laïcité française. La française repose sur la séparation des cultes et de l’État, la loi de 1905. La laïcité turque, c’est la subordination de la religion, essentiellement de l’Islam à l’État, dans la continuité de l’empire Ottoman et du Césaro-papisme de l’empire Byzantin. Donc ce sont deux modèles de laïcité qui sont antagoniques. C’est un point fondamental.
Deuxièmement, les Français s’imaginent toujours qu’il y a une espèce de jeu à somme nulle entre l’Islam et la République de Turquie kémaliste. Les choses sont beaucoup plus compliquées
 
MV.- L’Islam aurait été contenu, étouffé, mis de côté, on ne s’en occupe plus, on le surveille, on le réprime presque. Or, c’est pas du tout le cas.
 
JFB .- C’est beaucoup plus compliqué en effet parce que d’abord un grand théroricien du nationalisme turc à partir des années 1910 définit la nation turque par deux traits : la langue et la religion. Implicitement, la religion, c’est l’Islam sunnite de rite Hannafite qui était le grand courant de l’Islam Ottoman. Deuxièmement, Mustapha Kémal a contrôlé, bureaucratisé, centralisé l’Islam mais dans la continuité de ce qu’avait fait le Sultan Abdulamid II, à la fin de l’empire Ottoman. Il n’a pas véritablement lutté contre la religion, il l’a contrôlée. Troisièmement, c’est l’armée qui en 1969, pour des tas de raisons, à la fois le réarmement moral de la nation dans le contexte de la Guerre froide, mais aussi la volonté de l’armée de diviser la droite traditionnelle qu’elle avait renversée par le coup d’État de 1960. En 1969, c’est l’armée qui met sur orbite Erbakan, le père du parlementarisme, des premiers partis parlementaires se réclamant de l’Islam. Il n’y a pas un jeu à somme nulle entre la République de Turquie et l’Islam, il y a plutôt une synergie. Et à bien des égards, l’Islam est le fil caché qui relie la Turquie contemporaine à l’empire Ottoman
 
MV .- Le fil caché ? L’Islam a toujours été très présent dans la constitution de ce pays, qui fait partie intégrante de ce nationalisme dont vous dites qu’il a les signes de la moustache, du petit drapeau ?
 
JFB .- Le drapeau est omniprésent. On peut en voir plusieurs manifestations. La première, anecdotique mais assez intéressante, l’auteur de l’hymne national de la République de Turquie, c’est Mehmet Akif Ersoy qui était lui-même un intellectuel islamique qui a été d’ailleurs contraint à l’exil politique à l’époque de M. Kémal. C’est un islamiste qui a écrit l’hymne national de la République y compris dans ce qu’elle a de plus laïc. (…) Il y a des choses plus importantes, c’est la définition de la citoyenneté qui reste implicitement une définition ethno-confessionnelle de la citoyenneté alors même que cette définition est battue en brèche par des démocrates turcs.
Je m’explique. Le fait majeur sur lequel il faut réfléchir, ça n’est pas l’Islam, c’est l’effondrement d’un monde d’empires, l’empire des Habsbourg, l’empire Ottoman et le remplacement de ce monde impérial par un monde d’États-nations. Je m’inscris dans la continuité de ce que vient de dire Hubert Védrine, sur l’importance du fait de l’État-nation au 20ème siècle. Et la République de Turquie est le surgeon nationaliste de ce monde impérial, la recomposition sur le mode de l’État-nation de cet espace qu’on appelle aujourd’hui la Turquie. Et on ne peut pas dissocier l’invention de la nation turque par exemple de l’exemple de l’invention de la nation grecque, de la nation serbe et également du sionisme. Et tous ces mondes d’États-nations sont nés de l’effondrement de l’empire. Et le fil caché c’est la définition ethno-confessionnelle de la citoyenneté turque dont on retrouve exactement l’équivalent en Israël, en Grèce ou en Serbie. Si vous êtes turc, turcophone d’origine sunnite, hanafite, vous êtes implicitement beaucoup plus turc que si vous êtes turc, kurdophone, sunnite de rite chaffi, et a fortiori si vous êtes chrétien ou juif. Exactement de la même manière si vous êtes israélien arabe, vous êtes un petit peu moins citoyen israélien qui si vous êtes israélien juif.
 
MV .- Donc cet État laïc qui serait débarrassé, protégé de toute question fondamentaliste islamique ou en tout cas de présence très forte de la religion, c’est donc vraiment un cliché.
Le conseiller diplomatique de N. Sarkozy a déclaré récemment : « La Turquie est un État laïc et en même temps le parti au pouvoir se réclame de l’Islam. Donc une grande démocratie où l’Islam a toute sa place  »
 
JFB .- Oui, la Turquie nous rappelle qu’il n’y a aucune contradiction entre la République d’une part et d’autre par l’Islam. C’est une leçon que les Français devraient méditer. Parce qu’au fond nous avons en France le même débat qu’il y a en Turquie. En Turquie vous avez cette définition de la citoyenneté en terme ethno-confessionnel, mais vous avez des Turcs qui militent contre cela. Par exemple les Turcs qui demandent la reconnaissance du génocide des Arméniens, les Turcs qui contestent cette prédominence du Sunnisme hanafite qui est garanti par la domination politique de l’armée paradoxalement. Mais le paradoxe n’est qu’apparent. C’est un parti qui promeut une conception plus universaliste de la démocratie.
Mais ce débat, nous l’avons en France. Lorsque par exemple, M. Hortefeux, ministre de l’Intérieur et des cultes considère qu’un arabe ça va et que quand il y en a beaucoup ç pose problème, lorsqu’on a le sénateur Gérard Longuet qui parle du corps traditionnel français, lorsque l’on a M. Sarkozy ministre de l’Intérieur qui dit : « La France tu l’aimes ou tu la quittes » à l’endroit des immigrés, il faut bien reconnaître que tous ces personnages politiques français sont très proches de l’extrême-droite turque. Le slogan de l’extrême-droite turque que ses militants vocifèrent à chaque enterrement de militants nationalistes, c’est « la Turquie, tu l’aimes ou la quittes ».
Vous avez deux conceptions de la citoyenneté qui s’affrontent aussi bien en France qu’en Turquie. Et c’est la raison pour laquelle la candidature de la Turquie à l’Union Européenne n’est pas simplement un problème de politique étrangère. Ce qui est posé c’est aussi la définition que nous donnons à l’Europe. Est-ce que nous voulons une Europe dont la citoyenneté serait définie en termes ethno-confessionnels ou universalistes dans ce qu’on espère être la véritable tradition de la République française.
 
MV .- Est-ce que vous êtes d’accord avec cette définition de la Turquie telle que Dorothée Schmidt dans Le Figaro du 22 février l’a commentée : tous les éléments de ce modèle turc où l’Islam a toute sa place qui est aujourd’hui dirigé par un parti islamiste modéré, l’AKP, sont fragiles et discutables parce que la Turquie est en phase de transition.
JFB .- D’abord, la notion de transition, je n’y crois pas trop. Il y aurait beaucoup de chose à dire sur cette conception téléologique de l’Histoire. Deuxièmement nous sommes plutôt en Turquie dans une phase de consolidation de la démocratie avec la remise en cause du rôle de l’armée, de la suppression de la peine de mort, toute une série de réformes qui ont été introduites par la majorité actuelle. Et je crois qu’il faut saluer cette incontestable réussite politique : jamais la Turquie n’a été aussi démocratique, dynamique culturellement et même économiquement, industriellement. Si on considère que c’est un échec, un pays qui caracole avec 9 % de taux de croissance soit un échec par rapport à la France qui se traîne avec 1 % de croissance.
 
MV .- Est-ce que vous n’êtes pas un peu angélique, JFB, avec votre amour de la Turquie ? On a vu qu’Erdogan, il n’y a pas longtemps s’était indigné de la levée de boucliers qui a suivi cette tentative de faire voter une loi contre l’adultère. Il a récemment déclaré que l’homme et la femme n’étaient pas égaux et que cette dernière devait avoir au mois trois enfants.
 
JFB .- Erdogan est incontestablement un conservateur. Il se définit tel quel. Il est très proche idéologiquement d’Aznar en Espagne, de Berlusconi en Italie et paradoxalement d’Angela Merkel et comme je l’ai montré de Nicolas Sarkozy.
 
MV .- Mais enfin Nicolas Sarkozy ne réclame pas des lois pareilles…
 
JFB .- Non, bien entendu ! Mais tout de même, je vous rappelle que la définition de la citoyenneté par Nicolas Sarkozy et sa majorité est étrangement proche non pas de la définition de la citoyenneté par Erdogan qui en l’occurrence se montre plus universaliste mais de la droite la plus profonde de la Turquie.
Le vrai problème que pose le modèle turc, c’est son orientation néo-conservatrice qui fabrique beaucoup d’inégalité sociale. C’est une conception développementaliste furieuse qui par exemple construit des barrages dans toute l’Anatolie avec des risques écologiques et des dommages archéologiques absolument considérables. Et le véritable risque que court Erdogan, c’est une espèce d’évolution autoritaire, mais ça n’est pas en tant que tel l’Islam.
 
MV .- Alors c’est un modèle pour les pays en révolution aujourd’hui ?
 
JFB .- D’une part, je ne crois pas à la transition ni au modèle. L’Islam en Turquie il faut le situer historiquement : il est indissociable de l’État turc et d’un code civil qui a été voté en 1926 qui est un code civil suisse et qui n’a rien à voir avec la Charia ! »

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10 réactions à cet article    


  • dupont dupont 2 mars 2011 11:16

    Si vous voulez vendre vos pommes, ne criez pas à la cantonade qu’elles sont pourries.
    Le monsieur, (sans M), c’est et sait ce qu’il fait.
    Ce qui me gêne un peu, c’est qu’il soit payé avec mes Impôts, ma CSG, ma RDS, ma TVA pour faire son apologie de la malhonnêteté. 


    • FRIDA FRIDA 2 mars 2011 11:32

      Depuis peu on entend un nouveau mantras « le model islam turc », dans tous les médias et sur la bouche de tous les politques à commencer par ceux de Washington. Ils veulent nous faire croire que la Turquie une République islamique model. Ils Zappent facilement un pan de l’histoire où K. Ataturk fut hostil à l’application dans la société de le religion et a souvent dû l’extirper plus ou moins par la force.
      Le model de l’islam en Turquie c’est de la mauvaise herbe qui n’a pas été entièrement éradiquée qui reprend maintenant.


      • FRIDA FRIDA 2 mars 2011 11:37

        « Deuxièmement, Mustapha Kémal a contrôlé, bureaucratisé, centralisé l’Islam mais dans la continuité de ce qu’avait fait le Sultan Abdulamid II, à la fin de l’empire Ottoman. Il n’a pas véritablement lutté contre la religion, il l’a contrôlée. Troisièmement, c’est l’armée qui en 1969, pour des tas de raisons, à la fois le réarmement moral de la nation dans le contexte de la Guerre froide, mais aussi la volonté de l’armée de diviser la droite traditionnelle qu’elle avait renversée par le coup d’État de 1960. »
        Il réecrit l’histoire, et pour faire passer son message, il saute du coq à l’âne.


        • 2102kcnarF 2 mars 2011 14:00

          D’abord l’islamisme modéré turc est né de la crainte par l’armée turque d’une contagion irrésistible de l’islam plus dur de L’Iran.... Donc quand on parle de modèle turc pour l’Egypté par exemple, on ne se trompe pas, sauf à oublier la source iranienne, modèle de résistance à l’occupant chrétien.... J’ajoute que si ce scénario le plus probable se vérifie, alors le monde musulman renaîtera de ses cendres. On comprend mieux la trouille de certains qui on parfaitement compris qu’il faudrait alors choisir entre l’Etat juif et le pétrole islamiste, ou faire la guerre à l’ensemble du monde musulman dans chacune de ses composantes nationales. Ca va pas être facile à expliquer aux opinions occidentales.
          Je ferais un petit addendum à propos de ce que nous appellons, ici, les démocrates du monde musulman. Ils sont unanimement méprisés par leur peuple, car complétement phagocytés par l’idéologie occidentaliste, de vrais singes en fait.... et ont toujours profité des systèmes en place.
          Je vois donc l’islamisme modéré et sa sensibilité sociale triomphée dans un premier temps dans des pays où il n’y a pas de mannes pétrolières suffisantes, puis le mouvement s’étendre et se durcir.
          Je vous parie une bouteille de champ’ (igny) que les Usraêliens sont tout sauf tranquilles dans leur slip made in china ....  smiley


          • pigripi pigripi 2 mars 2011 19:34

            France culture, France Inter, France Info ont un goût très marqué pour l’Islam et devraient changer de nom : Islam sans culture, Islam international et Islam désinfo smiley)))


            • pigripi pigripi 2 mars 2011 19:49

              Plus sérieusement, tant que la Turquie ne reconnaîtra pas le génocide chrétien arménien et tant qu’elle continuera à persécuter les quelques chrétiens qui y vivent, ne pouvant pas prétendre à entrer dans l’Europe, elle enverra ses zélateurs construire l’Eurabia.

              Monsieur Bayart a-t-il le droit de se faire entretenir par les contribuables français en même temps que par les islamistes turcs ? Je demande une enquête financière.

              Et la laïcité de la Turquie, jugeons-en :

              Les Arméniens restés en Turquie continuent à être discriminés et persécutés. Ainsi, le 1er octobre 2010, des centaines de musulmans turcs ont fait les prières du vendredi – namaz – en la Cathédrale de la Sainte Vierge à Ani où ils se seraient rendus en chantant « Allah Akhbar ». Devlet Bahceli, le chef du Mouvement Nationaliste (MHP), a affirmé qu’ils suivaient les pas du conquérant Seldjoukide Alp Arslan, qui, en envahissant Ani en 1064, avait démonté la croix placée au sommet la cathédrale. Le dirigeant nationaliste a rappelé qu’il agissait en signe de protestation contre la liturgie du 19 septembre qui s’est tenue en l’église Sourp Khatch à Aghtamar en mémoire du génocide arménien.

              Hayk Demoyan, le directeur de l’Institut du Musée du Génocide arménien, a déclaré que « Pour gagner des dividendes politiques, le leadership turc utilise la religion et l’héritage culturel d’autres nations. Prier sur les ruines d’Ani montre la face hideuse du nationalisme turc… En permettant ce namaz, les autorités turques impliquent Allah dans leur campagne anti-arménienne. » Demoyan a de plus caractérisé les prières de « coup et défi sérieux » à l’héritage culturel européen. « Le namaz est une claque infligée à la civilisation européenne, » a-t-il dit. « Cette action devrait recevoir la réponse adéquate non seulement de l’Arménie, mais de l’Europe aussi. »

              http://ripostelaique.com/Vers-un-genocide-des-chretiens-d.html

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