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Accueil du site > Tribune Libre > Lénine, le porte drapeau des opprimés et des exploités

Lénine, le porte drapeau des opprimés et des exploités

« Sa volonté était uniquement inébranlablement tendue, comme une force irrésistible de la nature, vers un seul but : la Révolution ». Clara Zetkin.

 

JPEG Cent ans après la Révolution d'octobre, il est utile et nécessaire, surtout en cette sombre période, de rappeler quelques idées d'un homme qui a, qu'on le veuille ou non, profondément marqué l'histoire contemporaine. Parler de Lénine, c'est en quelque sorte lui redonner la parole, citer ses écrits et souligner son rôle décisif dans la glorieuse Révolution d'octobre 1917. La révolution que la bourgeoisie hait de toute ses forces, Lénine lui a consacré et sacrifié toute sa vie. Seule la révolution socialiste mondiale peut sauver l'humanité du capitalisme et de ses ravages qui deviennent aujourd'hui de plus en plus évidents et de plus en plus insupportables. Pour faire triompher la révolution, Lénine s'appuyait sur la doctrine de Marx et d'Engels, inconciliable avec le charlatanisme et la superstition. C'est lui qui disait « sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire » (1), phrase ô combien actuelle par ces temps de débandade idéologique généralisée. Lénine a déclaré une guerre implacable à la société de classe, à l'esclavage salarié, à l’État bourgeois, à la soumission de la femme à l'homme, au chauvinisme national, à toute forme d'opportunisme, à l'oppression, bref à toutes les conditions économiques, sociales et politiques qui méprisent et avilissent les hommes.

 

Pour Lénine, la marche en avant vers le socialisme ne peut résulter d’une quelconque perfection de la démocratie bourgeoise, de la conciliation des classes etc. Seule une révolution est en mesure de mettre un terme à la résistance de la minorité d’exploiteurs, et d’enfanter une nouvelle société. « Les hommes, disait Lénine, ont toujours été et seront toujours en politique les dupes naïves des autres et d'eux-mêmes, tant qu'ils n'auront pas appris, derrière les phrases, les déclarations et les promesses morales, religieuses, politiques et sociales, à discerner les intérêts de telles ou telles classes. Les partisans des réformes et améliorations seront dupés par les défenseurs du vieil ordre de choses, aussi longtemps qu'ils n'auront pas compris que toute vieille institution, si barbare et pourrie qu'elle paraisse, est soutenue par les forces de telles ou telles classes dominantes. Et pour briser la résistance de ces classes, il n'y a qu'un moyen : trouver dans la société même qui nous entoure, puis éduquer et organiser pour la lutte, les forces qui peuvent - et doivent de par leur situation sociale - devenir la force capable de balayer le vieux et de créer le nouveau » (2).

 

Lénine s'est battu inlassablement avec toute son énergie et sur tous les fronts pour rendre possible la Révolution socialiste tant rêvée et espérée par tous les opprimés et par tous les exploités du monde.Toutes ses forces, toutes ses actions pratiques, tout son travail théorique et toutes ses tactiques tendaient vers la même stratégie, l'émancipation des travailleurs, vers la révolution non seulement en Russie mais à l'échelle planétaire.

 

Mais aujourd'hui pour tous les bourgeois du monde, petits et grands, Lénine est un monstre, un démon, un dictateur responsable de tous les crimes et de toutes les horreurs possibles et imaginables. On ne lui pardonnera jamais d'avoir appelé les ouvriers, les paysans pauvres et les soldats à se dresser, les armes à la main, contre la société bourgeoise. « Malheur au génie qui s’oppose fièrement à la société bourgeoise et qui forge les armes qui lui donneront le coup de grâce. A un tel génie, la société bourgeoise réserve des supplices et des tortures qui peuvent paraître moins barbares que ne l’étaient le chevalet de l’Antiquité et le bûcher du Moyen Age, mais qui au fond n’en sont que plus cruels » disait Franz Mehring parlant d'un autre génie, Karl Marx (3). De son vivant déjà, Lénine était haï, détesté, calomnié et persécuté par les classes possédantes et par tous les opportunistes du mouvement ouvrier. On a même tenté de l'assassiner à coups de revolver. Les balles qui l'ont touché ont certainement contribué à abréger sa vie. Cet attentat sur la personne de Lénine montre à l'évidence la haine viscérale que lui vouent les ennemis de la classe ouvrière. Rien de plus normal dans une société fondée sur la lutte des classes ! « Du vivant des grands révolutionnaires, les classes d'oppresseurs les récompensent par d'incessantes persécutions ; elles accueillent leur doctrine par la fureur la plus sauvage, par la haine la plus farouche, par les campagnes les plus forcenées de mensonges et de calomnies » disait Lénine (4).

 

Près d'un siècle après sa mort, les idées de Lénine font toujours peur à tous les défenseurs de l'ordre établi. Car Lénine s'est attaqué aux fondements même des pouvoirs de cette minorité d'exploiteurs qui n'hésite et qui ne recule devant rien pour perpétuer ses privilèges. Lénine a démontré que sans le renversement du capitalisme par une révolution socialiste, point de salut pour tous les travailleurs et pour tous les opprimés. Le véritable crime de Lénine c'est d'avoir remplacé la Révolution bourgeoise de février 1917 par la Révolution socialiste d'octobre. Ce crime là, la bourgeoisie ne lui pardonnera jamais. « Lénine doit naturellement apparaître comme Attila venu détruire la Rome du bien-être et du confort bourgeois, basé sur l'esclavage, le sang et le pillage. Mais de même la Rome antique a mérité sa perte, de même les crimes du monde contemporain justifient la nécessité de sa destruction » disait Maxime Gorki (5).

 

Lénine était aimé et admiré par les ouvriers et les paysans pauvres. Il savait leur expliquer des choses profondes avec des mots simples. John Reed le décrivait ainsi : « Peu fait, physiquement, pour être l'idole de la foule, il fut aimé et vénéré comme peu de chefs au cours de l'histoire. Un étrange chef populaire, chef par la seule puissance de l'esprit. Sans brillant, sans humour, intransigeant et détaché, sans aucune particularité pittoresque, mais ayant le pouvoir d'expliquer des idées profondes en termes simples, d'analyser concrètement des situations et possédant la plus grande audace intellectuelle » (6).

 

Il ne s'agit pas ici de verser dans le culte de la personnalité ou de l'idolâtrie. Lénine lui-même combattait fermement ce genre de futilités. Ce sont les masses qui font l'histoire et non « les grands hommes ». « Il n'est pas de sauveurs suprêmes » disait Eugène Pottier dans l'Internationale. Mais pour faire la révolution, les masses ont besoin de chefs de la trempe de Lénine et des intellectuels révolutionnaires : « les ouvriers ne pouvaient pas avoir encore la conscience social-démocrate. Celle-ci ne pouvait leur venir que du dehors. L'histoire de tous les pays atteste que, par ses seules forces, la classe ouvrière ne peut arriver qu'à la conscience trade-unioniste, c'est-à-dire à la conviction qu'il faut s'unir en syndicats, mener la lutte contre le patronat, réclamer du gouvernement telles ou telles lois nécessaires aux ouvriers, etc. Quant à la doctrine socialiste, elle est née des théories philosophiques, historiques, économiques élaborées par les représentants instruits des classes possédantes, par les intellectuels. Les fondateurs du socialisme scientifique contemporain, Marx et Engels, étaient eux-mêmes, par leur situation sociale, des intellectuels bourgeois. De même en Russie, la doctrine théorique de la social-démocratie surgit d'une façon tout à fait indépendante de la croissance spontanée du mouvement ouvrier ; elle y fut le résultat naturel, inéluctable du développement de la pensée chez les intellectuels révolutionnaires socialistes » (7).

Sans Lénine, la Révolution d'octobre 1917 n'aurait probablement jamais triomphé. La révolution était le produit des rapports sociaux de la Russie de l'époque. Mais Lénine agissait dans le cadre des conditions sociales et politiques particulières. La Première Guerre mondiale et la Révolution de février étaient des occasions, des opportunités à ne pas manquer pour renverser le Gouvernement provisoire et donner ainsi le pouvoir aux ouvriers et aux paysans pauvres. « Il sentait l'âme du soldat, du soldat abasourdi par trois ans d'un carnage diabolique – sans raison et sans but –, du soldat éveillé par le tonnerre de la révolution » disait Trotsky (8).

 

En 1915, un an seulement après le déclenchement de cette terrible guerre impérialiste, Lénine appelait déjà à la transformer en guerre civile : « Le caractère réactionnaire de cette guerre, le mensonge éhonté de la bourgeoisie de tous les pays, qui dissimule ses visées de brigandage sous le manteau de l'idéologie “ nationale ”, suscitent nécessairement, dans la situation révolutionnaire qui existe objectivement, des tendances révolutionnaires au sein des masses. Notre devoir est d'aider à prendre conscience de ces tendances, de les approfondir et de leur donner corps. Seul le mot d'ordre de la transformation de la guerre impérialiste en guerre civile exprime correctement cette tâche, et toute lutte de classe conséquente pendant la guerre, toute tactique sérieusement appliquée d'“ actions de masse ” y mène inévitablement » (9).

 

Lénine expliquait à qui veut l'entendre qu'il ne s'agit nullement d'une simple opposition à la guerre, mais de renverser tous les gouvernements en guerre à commencer par celui de la Russie.

Mais son propre parti n'était pas prêt à cette tâche c'est-à-dire mener la révolution bourgeoise déclenchée en février jusqu'à son terme. La plupart des dirigeants bolcheviks, avant le retour de Lénine de l'exil en avril 1917, étaient prêts à travailler avec le Gouvernement provisoire de Kérenski composé de bourgeois et de propriétaires terriens.

Dans ses célèbres « thèses d'avril », Lénine exige des Bolcheviks de se préparer à l'insurrection et à la prise du pouvoir : « Ce qu'il y a d'original dans la situation actuelle en Russie, c'est la transition de la première étape de la révolution, qui a donné le pouvoir à la bourgeoisie, à sa deuxième étape, qui doit donner le pouvoir au prolétariat et aux couches pauvres de la paysannerie » (10).

 

Les thèses de Lénine ont été accueillies avec beaucoup d'hostilité :« Même ses camarades de parti, les bolcheviks ahuris, se détournèrent alors de lui » écrivait Trotsky dans « Histoire de la révolution russe ». Lénine se trouva alors seul avec ses idées révolutionnaires. Mais en même temps, il savait qu'il pouvait compter sur les ouvriers, les paysans pauvres, la base du parti et sur les soldats qui désertaient massivement le front. Lénine disait que « ce pays d'ouvriers et de paysans indigents était mille fois plus à gauche que les Tchernov et les Tsérételli et cent fois plus à gauche que nous autres, bolcheviks » (11) . Les masses opprimées savent que les puissants ne renoncent jamais à leurs privilèges, qu’ils n’accordent jamais rien par générosité ou grandeur d’âme et qu’ils ne reculent devant rien pour sauver leurs intérêts et perpétuer leur système. Elles ont compris, comme Lénine, que le moment était venu pour s'emparer du pouvoir les armes à la main.

Mais la direction du parti continue à tergiverser. Lénine devient de plus en plus impatient « Les bolchéviks doivent prendre le pouvoir sur le champ disait-il dans une lettre au comité central. (…) Temporiser est un crime. Attendre le Congrès des Soviets, c'est faire preuve d'un formalisme puéril et déshonorant ; c'est trahir la révolution » (12).

Le 24-25 octobre (6-7 novembre) 1917, les ouvriers, les paysans et les soldats russes s'emparent du pouvoir, un pouvoir qui les asservissait, qui les opprimait.

 

En ces premiers moments historiques, « quelque chose s’était brusquement éveillé en tous ces hommes écrivait John Reed. L’un parlait de la révolution mondiale en marche, un autre de l’ère nouvelle de fraternité, où tous les peuples ne seront plus qu’une grande famille (…) Mus par une commune impulsion, nous nous trouvâmes soudain tous debout, joignant des voix dans l’unisson et le lent crescendo de l’Internationale. Le chant roulait puissamment à travers la salle, ébranlant les fenêtres et les portes et allant se perdre dans le calme du ciel ».(13).

La Révolution d'octobre 1917 a renversé l'ordre ancien et ouvert les perspectives pour une nouvelle forme supérieure de vie. « La seule raison du succès des bolcheviks, c’est qu’ils réalisaient les vastes et élémentaires aspirations des couches les plus profondes du peuple, les appelant à l’ œuvre de destruction du passé et coopérant avec elles pour édifier sur ses ruines encore fumantes un monde nouveau » (14). Après la glorieuse Commune de Paris, les masses opprimées guidées par Lénine et les bolcheviks s’emparent à nouveau du pouvoir et entrent dans l’Histoire.

 

Mais on ne peut parler de Lénine sans évoquer sa compagne Nadejda Kroupskaïa. Comme disait Clara Zetkin « Il est impossible de parler de lui sans penser à elle. Elle était la main droite de Lénine, son meilleur secrétaire, sa compagne dévouée, la meilleure interprète de ses idées » (15).

Son dévouement a beaucoup aidé Lénine à supporter la clandestinité et la vie pénible des révolutionnaires partout traqués par la police du Tsar. Rappelons que Lénine et Nadejda Kroupskaïa ont passé plus de quinze ans dans l'immigration changeant sans cesse de pays, de villes et de logements. Kroupskaïa a probablement souffert plus que Lénine des affres de l'exil. Elle menait de front plusieurs combats et plusieurs tâches. En plus de ses travaux scientifiques dans le domaine de la pédagogie qui embrassent tous les domaines de la politique éducative (16), elle consacrait une grande partie de son temps à la diffusion des brochures et documents du parti, combattait les ennemis de Lénine, engageait des luttes pour la cause des femmes etc. mais si « la vie n'était pas gaie » en exil, le retour du couple en Russie en avril 1917 était triomphal : « Les masses, ouvriers, soldats, matelots, s'étaient portées au-devant de leur chef. Tout autour de nous, c'était une mer humaine qui bouillonnait. Qui n'a pas vu la révolution ne peut s'en imaginer la beauté majestueuse, triomphale » disait Nadejda Kroupskaïa dans « Souvenirs sur Lénine » (17).

Au crépuscule de sa vie, malade, affaibli et éloigné du pouvoir, Lénine pouvait encore et toujours compter sur sa plus fidèle camarade, Nadejda. C'est dire le rôle joué par cette femme discrète dans la vie de Lénine et partant dans la révolution d'octobre.

 

Le 21 janvier 1924, Lénine, le grand Lénine a cessé de vivre à l'âge de cinquante quatre ans après une lente agonie. Si la vie lui avait accordé quelques années de plus, le sort de la Révolution d'octobre aurait été probablement très différent. En tout cas, ses ennemis se sont empressés, contre la volonté de sa veuve, d'embaumer son corps afin de consolider leur propre pouvoir et pour mieux enterrer ses idées révolutionnaires.

Parlant des chefs des classes opprimées en lutte, Lénine disait « Après leur mort, on essaie d'en faire des icônes inoffensives, de les canoniser pour ainsi dire, d'entourer leur nom d'une certaine auréole afin de "consoler" les classes opprimées et de les mystifier ; ce faisant, on vide leur doctrine révolutionnaire de son contenu , on l'avilit et on en émousse le tranchant révolutionnaire »(18).

Après l'adieu officiel à Lénine, Nadejda Kroupskaïa prononça ces paroles : « Camarades, ouvriers et ouvrières, paysans et paysannes. Ne laissez pas votre peine se transformer en adoration extérieure de la personnalité de Vladimir Ilitch. Ne construisez pas de palais ou de monuments à son nom. A toutes ces choses, il accorda peu d'importance au cours de sa vie. Ça lui était même pénible.(...) Si vous voulez honorer la mémoire de Vladimir Ilitch, construisez des crèches, des jardins d'enfants, des maisons, des écoles, des hôpitaux, et mieux encore vivez en accord avec ses préceptes » (19). Son avertissement n'a pas été entendu.

 

Mohamed Belaali

 

 

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(1)Lénine, « Que faire », Éditions du progrès, page 46.

(2)Lénine « Sur Marx et Engels » Éditions de Pékin, p age 65.

(3)Franz Mehring « Karl Marx, histoire de sa vie », Bartillat, page 261.

(4)Lénine « L'Etat et la révolution » :

https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/08/er1.htm

(5)Maxime Gorki dans V I Lénine : http://gallica.bnf.fr/ark :/12148/bpt6k1478992/f1.image

(page 13).

(6) John Reed, « Les dix jours qui ébranlèrent le monde », Editions Tribord, 2010, page 220 .

(7)Lénine, « Que faire ? » op cit, page 56.

https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1902/02/19020200g.htm

(8)https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1924/04/lt1924042100c.htm

(9)https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1915/08/vil19150800b.htm

(10) https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/04/vil19170407.htm

(11)https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1924/04/lt1924042100c.htm

(12)https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/10/vil19171001b.htm

(13)John Reed, « Dix jours qui ébranlèrent le monde ». Op cit. pages 228 et 229.

(14)John Reed, op. cit.

(15)Clara Zetkin, « Souvenirs sur Lénine » : https://www.marxists.org/francais/zetkin/works/1924/01/zetkin_19240100.htm

(16)http://www.ibe.unesco.org/sites/default/files/kroupskf.pdf

(17)Nadejda Kroupskaïa, « Souvenirs sur Lénine » :

https://www.marxists.org/francais/kroupskaia/works/1924/00/emigration.htm )

(18) Lénine, « L’État et la révolution », op.cit.

(19)Cité dans Tariq Ali, « Les dilemmes de Lénine », Sabine Wespieser éditeur, 2017, page 459.

 


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124 réactions à cet article    


  • sarcastelle sarcastelle 17 octobre 09:32

     smiley smiley smiley smiley smiley smiley smiley smiley smiley


    • Christian Labrune Christian Labrune 17 octobre 13:39

      @sarcastelle
      L’auteur ne nous dit rien de la momie de Vladimir Oulianov...
      je suppose qu’elle est encore dans son mausolée, mais comment va-t-elle ? Nous informer sur le passé de Lénine, c’est bien, mais c’est encore mieux quand on lit les historiens sérieux qui ont à peu près tout dit sur la question. L’article, sur ce plan-là, n’innove guère, s’en tient à une ancienne « pravda », comme dirent nos amis russes, qui a fait son temps, mais qui convient très bien quand même, reconnaissons-le, à ce projet particulier qui était de nous faire rire par une ironie à froid.

      La presse qui nous informe des détails les plus insignifiants de la vie des stars et des grands de ce monde ne nous dit plus jamais rien de ce pauvre Lénine dans son mausolée. J’ai regardé les titres, tout à l’heure, chez le marchand de journaux, et il n’en est question nulle part. J’avais entendu dire, il y a quelques années, que Vladimir souffrait d’affections dermatologiques. Est-ce qu’on aura pu enfin trouver un traitement efficace ? Est-ce que quelqu’un aurait pu le voir ces derniers temps et nous donner quelques nouvelles ?

      Tout ce que j’ai pu trouver sur la question, c’est cet article déjà vieux de deux ans. Mais qu’en est-il aujourd’hui même ? L’article me paraît exagérément optimiste : 90 ans après sa mort, Lénine vivrait encore, et mieux. Pourvu que ça dure !
      http://www.slate.fr/story/100897/lenine-cadavre-embellir


    • sarcastelle sarcastelle 17 octobre 14:36

      @Christian Labrune

      .
      On trouve un intéressant historique des maladies de la momie léninskaïa dans le retournement de Vladimir Volkov ; dommage que cet auteur moqueur ne puisse s’empêcher de traiter un si grave sujet avec humour. smiley
      La France a fait ses preuves en guérissant Ramsès II de ses affections mycologiques. Bon, l’homme était tout de même plus honorable. 

    • Christian Labrune Christian Labrune 17 octobre 16:00

      @sarcastelle

      Il faudrait que je lise ça, en dépit du dégoût que m’inspire le vieux débris du Kremlin.

      Votre comparaison avec Ramsès II, même si c’est pour rehausser le plus ancien des deux, me paraît presque injurieuse pour lui. N’était le fait qu’on a gardé leurs momies, tout les sépare. Ramsès II aura été un très grand roi à la tête d’un pays extrêmement prospère, dépositaire de la plus magnifique culture de l’antiquité. Après Ramsès III, qui fut aussi un très grand bonhomme, dont on peut voir encore le sarcophage au Louvre, au milieu de la crypte d’Osriris, les choses se dégraderont un peu sur le plan économique, mais on avait là une société fort paisible, d’un extrême raffinement, où la condition des femmes différait bien moins de celle des hommes que plus tard à Athènes ou à Rome, et même que chez nous avant la guerre de 14. Peu d’époques dans l’histoire auront atteint un tel niveau de civilisation. Lénine, lui, ouvre les temps barbares d’un totalitarisme abject et répugnant dont on n’est malheursement pas encore sorti.


    • nono le simplet nono le simplet 17 octobre 16:39

      @BambiXsall

      salut nono,
      calmos sinon tu vas encore tomber dans les limbes smiley

    • Laulau Laulau 17 octobre 17:59

      @Christian Labrune
      "Ramsès II aura été un très grand roi à la tête d’un pays extrêmement prospère"

      Les milliers d’esclaves qui lui ont construit ses temples et tombeau ne le voyaient peut-être pas du même œil. Faites gaffe, vous allez vous faire mal voir par les juifs intégristes.


    • Christian Labrune Christian Labrune 17 octobre 21:34

      @Laulau
      Les temples et les tombeaux, en Egypte, ont toujours été construits par des artisans très bien formés et très bien traités. Votre observation traduit une totale ignorance de l’histoire.

      Texte inscrit sur une stèle de l’an 6 du règne de Séthi Ier, mais pas très bien traduit :

      « Sa majesté ordonna que l’on fasse venir un messager royal, à la tête d’un corps de citoyens de l’armée : savoir : mille hommes pour transporter le monument en belle pierre de grès destiné à son père Amon-Rê et à son Ennéade divine. Sa Majesté donna plus que ce qui avait été fait pour l’armée en onguents, viandes de boeuf et légumes frais, innombrables ; chaque homme parmi eux recevait ainsi : vingt deben [presque deux kilos] de pain chaque jour, des bottes de légumes, de la viande rôtie. Aussi travaillaient-ils pour Sa Majesté d’un coeur aimant, et ses projets étaient appréciés dans la bouche des hommes qui étaient avec le messager royal. Ce dont celui-ci disposait : du meilleur pain, de la viande de boeuf, du vin, de l’huile, du miel, des figues et des légumes chaque jour ».
      Cité par Claire Lalouette in « L’empire des Ramsès », pages 405-6 dans l’édition Fayard

      Il y eut bien aussi des pénuries sur certains chantiers, et même des grèves quand il n’y avait pas assez à bouffer. Ce que nous appellerions des conflits sociaux, mais le texte ci-dessus reflète un ’idéal du bon gouvernement très partagé par les princes de l’Egypte antique, et qu’on essaie de réaliser au mieux.
      Je pourrais vous copier quantité de textes du même genre à différentes époques. Le régime alimentaire qui est décrit ici n’a pas grand chose à voir avec celui des opposants qui, à la fin du règne de Lénine, ont eu le bonheur de découvrir les charmes d’un goulag qu’on venait d’inventer. Nul doute aussi que les que les Ukrainiens qui ont connu dès 1932 l’holodomor (4 millions sont morts de faim) auraient probablement préféré vivre au bord du Nil sous le Nouvel Empire et le règne des Ramsès.


    • Laulau Laulau 19 octobre 09:22

      @Christian Labrune
      Il parait même que les « artisans » avaient droit à des massages toutes les heures pour soulager leurs pauvres muscles endoloris par leurs joyeux efforts pour hisser des cailloux de plusieurs tonnes au sommet des temples en construction.
      Je savais que vous pouviez croire n’importe quelle propagande mais dites moi, Claire Lalouette c’était un témoin direct ou bien elle a simplement retranscrit ce que les prêtres de l’époque faisaient écrire sur les murs de leur temple ?


    • francois 17 octobre 09:33

      « Lénine : le porte drapeau des opprimés et des exploités » c’est pour ça que l’oppression est vite devenue la règle après 1917 au prétexte que la commune de Paris avait été un échec.




      • CN46400 CN46400 17 octobre 09:45

        @francois

        Après 1917, il a surtout fallu faire face, jusqu"en 21, à la guerre civile et à l’intervention extérieure (France, Allemagne, GB, Tchécoslovaque...) contre la jeune république. Et Lénine a résisté comme l’avaient déjà fait en 1793 Robespierre, Danton, Bonaparte et les autres pour sauver la république française...


      • nono le simplet nono le simplet 17 octobre 10:32

        @CN46400
        « Et Lénine a résisté comme l’avaient déjà fait en 1793 Robespierre, Danton, Bonaparte et les autres pour sauver la république française... »

        qu’est ce c’est beau ! je croyais que c’était Robespierre et Jean Marc Thibaud ...

      • McGurk McGurk 17 octobre 16:24

        @nono le simplet

        Nan mais dans le dico bolcho « résisté » = « zigouillé un paquet de types à tout va et pris le pouvoir ».


      • Xenozoid Xenozoid 17 octobre 16:32

        @McGurk


        tu viens de naître gurk ?

        t’as encore du lait dans les narines ?

        je te donne une claques dans le nez,quel couleur il a ?

      • nono le simplet nono le simplet 17 octobre 17:19

        @nono le simplet

        ah oui mais non non !
        moi c’était d’avoir mis Danton, Robespierre et Bonaparte dans le même panier ... quoique les deux premiers ont fini par s’y trouver smiley
        tiens d’ailleurs, si quelqu’un a un lien du procès de Danton joué par Depardieu, je suis preneur ...

      • Laulau Laulau 17 octobre 18:01

        @CN46400
        Même que la glorieuse armée française y avait envoyé un certain Charles de Gaulle.


      • CN46400 CN46400 17 octobre 09:35

        Article excellent et correctement documenté, reste à constater si les commentaires seront à la hauteur.

        Il est écrit : « On a même tenté de l’assassiner à coups de revolver. Les balles qui l’ont touché ont certainement contribué à abréger sa vie. »
         Et on a évidemment envie d’essayer de savoir ce que la prolongation de sa vie, décédé à 54 ans, aurait pu changer dans l"histoire ultérieure, particulièrement tragique, que nous connaissons...


        • antiireac 17 octobre 10:57

          @CN46400
          lenin est mort tout simplement de le syphilis.


        • antiireac 17 octobre 11:02

          @antiireac
          ...de la syphilis...



        • CN46400 CN46400 17 octobre 11:14

          @antiireac

          Ouais, la syphillis transmise par une balle de revolver tirée par la SR, Fanny Kaplan, en 1918, qui n’acceptait pas la capitulation de Brest-Litvosk. Balle qui a effleuré l’artère carotide, suffisamment pour déclencher une cicatrisation qui progressivement a obturé l’artère.


        • McGurk McGurk 17 octobre 16:29

          @antiireac

          En fait non je viens de regarder vite fait et personne n’est d’accord sur quoi que ce soit. Il y a trop d’hypothèses pour en être sûr.

          Mais bon, on ne va pas pleurer sur la disparition d’un boucher.


        • McGurk McGurk 17 octobre 16:29

          @CN46400

          " Et on a évidemment envie d’essayer de savoir ce que la prolongation de sa vie, décédé à 54 ans, aurait pu changer dans l"histoire ultérieure, particulièrement tragique, que nous connaissons.."

          Ah non non non, on a pas envie de savoir justement smiley .


        • CN46400 CN46400 17 octobre 17:18

          @McGurk

          Ben si. Si Staline au lieu de choisir le « socialisme dans un seul pays » avait maintenu la NEP que Lénine avait annoncé pour plusieurs générations, la face du monde en aurait peut-être été changée.
          Demandez à Trump si la NEP de Deng Xiao Ping n’a rien changé dans les rapports mondiaux ?

          Par exemple Lénine voulait intéresser les capitalistes allemands et américains au développement de l’URSS. Si cela s’était réalisé, Hitler serait-il parvenu au pouvoir à Berlin ?


        • McGurk McGurk 17 octobre 17:30

          @CN46400

          * « Demandez à Trump si la NEP de Deng Xiao Ping n’a rien changé dans les rapports mondiaux ? »

          La politique de développement chinoise est purement catastrophique et très hypocrite. Ouverture directe au capitalisme, pollution massive entraînant la mort d’un nombre incalculable de chinois et d’espèces,destruction de patrimoine millénaire pour mettre immeubles et usines, militarisation excessive compte tenu des besoin de la population et des plus pauvres, corruption à très grande échelle et création d’une élite affreusement riche comparé au reste des chinois, etc.

          Un magnifique gâchis d’argent et une belle connerie ces « NPE ».

          * « Si cela s’était réalisé, Hitler serait-il parvenu au pouvoir à Berlin ? »

          Si les alliés avaient tendu la main à l’Allemagne pour l’aider à se reconstruire, dans une relation d’égal à égal au lieu de l’enfoncer, ce fou n’aurait jamais dépassé le stade de la brasserie. La France a tout de même préféré empêcher un peuple d’avoir un avenir en intervenant militairement, bloquant les usines et mines, préférant enfoncer un peu plus son ennemi plutôt que de guérir le mal.


        • nono le simplet nono le simplet 17 octobre 17:32

          @CN46400
          « la syphillis transmise par une balle de revolver ... Balle qui a effleuré l’artère carotide, suffisamment pour déclencher une cicatrisation qui progressivement a obturé l’artère. »

          la vérole était dans la cicatrice smiley 
          treponema pallidum est une bactérie très fragile et de plus microaérophile et je doute qu’elle survive à l’expulsion d’une balle de revolver ... 

        • CN46400 CN46400 17 octobre 17:38

          @McGurk
          Dans quelle tranchée vous avez fait 14-18, pour être si bien documenté ?


        • McGurk McGurk 17 octobre 17:44

          @CN46400

          Documentaires et articles.

          La France et le RU rêvaient de faire de l’Allemagne, un pays moderne et industriel, un pays... pacifié de paysan. Ce que le pays n’a évidemment pas accepté.

          On a commis énormément d’erreurs, qui nous ont pété en pleine figure, à sous-estimer nos voisins. Dans la haine, la violence et les préjugés au lieu de pardonner et passer à autre chose.


        • CN46400 CN46400 17 octobre 17:56

          @McGurk

          Moi je pense que les bourgeoisie française et RU ne voulaient pas partager le gâteau colonialiste avec les capitaliste allemands, derniers parvenus, et qu’il fût décidé, à Sarajevo, de fusiller quelques millions d’européens (hors communisme pour Spartacus) pour régler ce pb....et qu’on a doublé, ou triplé, la mise 20 ans plus tard...


        • Laulau Laulau 17 octobre 18:11

          @CN46400
          Le père de Lénine est mort à 54 ans de la même façon et au même âge, à savoir d’une hémorragie cérébrale. Certains ici diront que la Syphilis est héréditaire ou que c’est le père qui a contaminé le fils. De toute façon leur connerie est incommensurable.


        • CN46400 CN46400 17 octobre 18:42

          @Laulau

          La momie a subit une « restauration » en 2000 et JJ Marie rapporte dans sa biographie de 2004 le constat des « restaurateurs » qui avaient à leur disposition d’autres moyens que ceux de 1924.


        • antiireac 17 octobre 18:59

          @Laulau
          Des savants se sont penchés sur son cas et le moins qu’on puisse dire que le doute n’est plus permis c’est bien la syph qui l’a emportés en enfer où il est en train de rôtir pour l’éternité pour ses crimes.


        • Laulau Laulau 18 octobre 07:31

          @antiireac
          C’était des « savants » de Marseille ?


        • mmbbb 18 octobre 13:30

          @CN46400 c’est ce qu on fait les Chinois une super NEPapres la mort de Mao et sous l initiative de Deng Xioping


        • CN46400 CN46400 18 octobre 14:32

          @mmbbb

          Bien sûr, à la différence près que Lénine a théorisé la NEP (capitalisme d’état= l’état contrôle le capital) et en a défini publiquement les buts, à savoir, combler le retard des forces productives russes (URSS) par rapport à celles de l’Occident, et en a évalué la durée à « plusieurs générations ». Deng a, lui, parlé d’un « demi siècle » et usé d’une image : « peu importe la couleur du chat s’il attrape les souris » pour décrire publiquement cette politique.


        • nono le simplet nono le simplet 17 octobre 10:29

          enfin une vision objective de la révolution d’Octobre ! ça faisait bien 100 ans que j’attendais ça !

          je suis ravi !
          le coup de « l’embaumement par ses ennemis pour enterrer ses idées » mais pas son corps, quelle subtilité !
          ravi ! ravi ! 
          « la révolution d’octobre qui renverse l’ordre ancien » c’est bien aussi ...
          ravi ! ravi !

          • nono le simplet nono le simplet 17 octobre 17:34

            je rajoute qu’elle tellement fragile qu’on n’a pas pu encore la cultiver ...


          • mmbbb 18 octobre 13:44

            @nono le simplet Sauf que l ordre ancien est de retour La religion en particulier , les églises sont pleines et la croyance est vive en Russie L image du petit des peuples est désoramis oubliée. Les croyants ont changes d icones L avènement du communisme est dû à l effondrement des empires liberaux apres la guerre de 14 C ’est qu oublie souvent la droite ,


          • LE CHAT LE CHAT 17 octobre 10:56

            après le CHE , encore un article à la gloire d’un boucher psychopathe et sanguinaire , ça devient la mode sur Agoravox ...

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Mohamed Belaali


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